Aux délices de la Torah

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"Que nos bouches soient aussi pleines de chants que la mer" (ilou pinou malé chira kayam).

-> Il faut comprendre ce passage comme signifiant que si "nos bouches étaient aussi pleines de chants que la mer", nous ne serions pas capables de remercier Hachem même pour ce que nous comprenons à notre niveau actuel.
Même la petite part de bonté que nous pouvons percevoir ne serait pas suffisamment couverte par une expression de remerciement donnée avec une bouche "aussi pleine de chants que la mer".
[rav Moché Soloveitchik]

Les réchaïm peuvent-ils louer Hachem?

-> Le rav Aharon Leib Steinman soulignait souvent l’importance de louer Hachem. Il citait les paroles du piyout que nous récitons dans le moussaf de Yom Kippour : "Et pourtant, tu désires la louange ... de [l’homme] qui contemple la faute ... de ceux qui sont souillés par le péché dont la souillure est incrustée" (véavita téhila ... mé'horéché réché ... mikétoumé chéméts).
Mais nous savons que Hachem ne répond pas aux prières des réchaïm et n’accepte même pas leurs mitsvot (voir Rambam - Hilkhot Avodat Kochavim 14,3).

La réponse est que louer Hachem est si significatif et important que Hachem l’accepte de la part de tout le monde, même d’une personne racha.
Le rav Steinman citait également le séfer Shaaré Moussar, qui souligne qu'Hachem désire les louanges des hommes, même des fauteurs, plus que celles des anges eux-mêmes!

Mitsvot avec enthousiasme = brûlez toutes les fautes :

+ Mitsvot avec enthousiasme = brûlez toutes les fautes :

-> Le Shem miShmouel (sur Shékalim) explique que Moché comprenait la valeur inestimable de chaque âme juive. Il savait qu'un seul juif vaut plus que tout l'argent du monde entier. Sachant cela, il ne comprenait pas comment une personne ayant corrompu son âme pouvait compenser ses fautes en donnant un demi-shekel en guise de paiement. Comment une petite pièce pouvait-elle compenser la destruction d'un bien aussi précieux qu'une âme juive?

Pour répondre à sa question, Hachem lui montra une vision d'une pièce de feu. Celle-ci symbolisait le feu et la passion d'un juif passionné par la Torah et la avoda.
Le feu qu'un juif crée par l'enthousiasme pour sa Torah, ses prières et ses mitsvot est si puissant qu'il peut brûler toute la saleté, l'impureté et les taches de nos fautes.
Cela ne peut se faire que si un juif est ardent et passionné dans sa Torah et sa avoda. S'il possède ce feu intérieur (non uniquement une action extérieure), il peut purifier son âme et la ramener à son état originel.

Une personne devrait garder cette leçon à l’esprit et ne pas laisser passer un jour sans servir Hachem avec passion et feu.

Donner la tsédaka, c’est comme apporter un Korban

+ Donner la tsédaka, c'est comme apporter un Korban :

-> Nos Sages (Yérouchalmi Shékalim 1:1) disent que Moïse était confus au sujet du shekel jusqu'à ce que Hachem lui montre une "pièce de feu".

Le séfer Divré Shmouel explique que Moché ne comprenait pas comment on pouvait obtenir le pardon de ses fautes en donnant un objet inanimé (domem) comme de l'argent en tsédaka.
Il comprenait qu'un korban pouvait expier une personne, car un animal n'est qu'à un pas d'elle, tout comme un animal est un 'haï (un être vivant), et une personne un "médaber" (un être doué de parole).
Cependant, l'argent étant si éloigné d'une personne, comment peut-il expier pour elle?

Hachem lui montra alors une pièce de monnaie enflammée pour lui apprendre que lorsqu'une personne donne de la tsédaka avec ardeur et passion, même si elle désire vraiment conserver son argent, et qu'elle s'efforce de le donner malgré tout, cela équivaut littéralement à apporter un korban pour Hachem avec abnégation et enthousiasme.

Cela explique également la guémara (Baba Batra 10b) qui dit que Rabbi Éliézer donnait de la tsédaka avant de prier. Avant de prier, il faut donner quelque chose de soi-même. Si quelqu'un prend son argent, qu'il souhaite vraiment garder pour lui, et s'efforce de le donner afin d'accomplir la mitsva de Hachem, il peut alors prier pour Lui par le mérite de son sacrifice.

Faire sa hichtadlout pour recevoir la lumière divine

+ Faire sa hichtadlout pour recevoir la lumière divine :

"Moché dit aux Bné Israël : "Voyez, Hachem a désigné nominativement Bétsalel, fils d'Ouri, fils de 'Hour, de la tribu de Yéhouda"." (Vayakel 35,30)

-> Le séfer Yessod Ha'avoda écrit que ce verset suggère que pour mériter d'être influencé par la lumière divine, une personne doit d'abord faire son hichtadlout, plutôt que d'attendre que la lumière vienne à elle.

Le verset peut être interprété comme disant : "Ben Ouri" (בֶּן אוּרִי) = comment mérite-t-on de recevoir la lumière divine (ohr)? En étant un "fils 'Hour". Le mot : 'Hour peut désigner un petit trou.
Ceci peut être interprété comme une référence aux paroles de nos Sages (Chir Hachirim rabba 5,3) selon lesquelles "si quelqu'un ouvre une ouverture de la taille d'un trou d'aiguille, Hachem ouvrira pour lui une ouverture de la taille d'une immense salle".
Ainsi, le verset dit qu'il faut faire une petite hichtadlout, et l'on recevra alors l'aide divine.

Shabbath ha’Hodech

+ Shabbath ha'Hodech :

-> Le Shabbath ha'Hodech est le Shabbath, qui précède roch 'hodech Nissan, où l'on va annoncer ce premier mois où le peuple juif a été créé (suite à la sortie d'Egypte). En ce sens, dans la Torah, les mois sont comptés par rapport à Nissan (1er mois de l'année).
Le terme "ha'Hodech" renvoie à la notion de renouvellement, de renaissance sur une nouvelle base encore plus spirituelle.

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+ Une Providence Divine constante :

-> Le rabbi de Berditchev (Kédouchat Lévi - Shekalim) écrit que la paracha Ha'hodech nous apprend qu’il ne faut pas, dire qu’une fois Hachem a créé le monde, Il ne s’en soucie plus.
Au contraire, il faut croire qu’Hachem guide constamment le monde et le renouvelle en permanence (mé'hadech - tout est comme nouveau - 'hadach = rien ne peut exister un seul seconde sans Hachem le décrète), comme nous le disons dans la prière du matin avant le Shéma : "dans Sa bonté, Hachem renouvelle perpétuellement l'œuvre de la Création" (mé'hadech bétouvo bé'hol yom tamid maassé béréchit).

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+ Un renouveau de la Kédoucha :

-> Le séfer Torat Emet écrit que durant le mois de Nissan, un niveau de sainteté renouvelé s'éveille dans chaque partie de l'âme juive.
Tout comme le monde a été créé en Nissan, la sainteté de chaque juive est renouvelée en ce mois. C'est donc le moment où nous pouvons sortir de la klipa d'Égypte et retrouver notre sainteté innée.

C'est pourquoi le Shabbat précédant Roch 'Hodech Nissan est appelé 'paracha ha'Hodech".
Ce Shabbat marque le début du renouveau de nos âmes (car il est connu que toute chose sainte trouve son origine dans le Shabbat précédent).

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+ Renouveau le Shabbat Ha'hodech :

-> Le séfer Sifté Tsadik (parachat Za'hor - ot 8) écrit que le jour de la parachat Ha'hodech, une étincelle de lumière nouvelle apparaît dans ce monde, permettant de recommencer sa vie littéralement comme un homme nouveau.

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+ Comme un homme nouveau :

-> Le Beit Avraham écrit que ce mois [qu'on annonce en ce Shabbath - Nissan] est appelé "roch" car c'est un moment propice pour se remettre dans l'ordre. Même si l'esprit est rempli de pensées impures, il peut être renouvelé et repartir de zéro.
Il dit que c'est le sommet de l'année entière, car celui qui se renouvelle à ce moment et accepte de servir Hachem constatera qu'il reçoit Son aide toute l'année.

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+ Renouveau de la Torah :

-> Le rav Tsadok de Lublin (séfer Pri Tsadik) écrit que ce Shabbat est marqué par les influences célestes. Il y a des choses qui, dans ce monde, aident une personne à accroître son étude de la Torah.
Il rapporte que le rabbi Bounim de Peshischa dit qu'en ce Shabbat, il y a un renouveau des influences divines de la Torah.

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+ Elever les plaisirs terrestres à la sainteté :

-> "Ce mois-ci [Nissan] est pour vous le commencement des mois ; il sera pour vous le premier des mois de l'année. " (Bo 12,2).

Le rav Moché de Kobryn (Imrot Moché) écrit que le mot "la'hem" (לָכֶם) possède les mêmes lettres que le mot "mélé'h" (roi - מלך). Cela indique que le peuple a accepté Hachem comme roi à cette époque.

Il est ensuite dit que ce sera "richon" (le premier). Le mot "richon" symbolise les plaisirs terrestres, comme l’indique le verset : " Les prémices nouvelles de ta terre" (réchit bikouré admaté'ha - Ki Tissa 34,26).
Ainsi, le verset peut être compris comme affirmant que la principale façon d'accepter la règne de la divinité est d'élever les plaisirs terrestres et de les sanctifier.

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+ Le salut à crédit :

-> Certains, récite un piyout à Shabbath Ha'hodech, où il est écrit : "Le mois entouré (makifot) des saluts de Hachem".

Le séfer Bé'érot Hamayim explique que durant ce mois [de Nissan], Hachem nous paie "à crédit". (le mot "makif" peut signifier "entourer" ou "accorder du crédit").
Hachem nous paie à crédit en nous envoyant des saluts, même si nous ne les méritons pas, dans l'espoir que nous les "rembourserons" en les méritant plus tard.

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+ Hachem tire du plaisir de chaque mitsva de chaque juif :

-> "Et Hachem dit à Moïse ... ce mois est pour toi" (Bo 12,2).

Le séfer Avodat Israël (paracha Ha'hodech) explique que le but principal de la Création est que les juifs accomplissent la volonté de Hachem. Et Hachem en tire du plaisir.

Les philosophes affirment qu'il est impossible à un D. tout-puissant de tirer du plaisir d'êtres humains chétifs. Par conséquent, ils n'accordent aucune importance à Son service et préfèrent servir des idoles.
Les juifs, quant à eux, croient que notre service envers Hachem Lui procure du plaisir.

En conséquence, le verset dit : "Ce 'hodech est pour toi". La voie vers le renouvellement de Sa gloire (le mot : " 'hodech" peut signifier "mois" ou "nouveau") dépend de toi.
Si nous faisons Sa volonté, Il sera heureux.

"Voici les comptes (élé pékoudé) du Michkan, le Michkan du Témoignage, qui furent établis sur l'ordre de Moché" (Pékoudé 38,21)

-> Rachi déclare : "haMichkan, Michkan" (Le mot Michkan est écrit deux fois). Cela fait allusion au Mikdach, qui a servi de garantie (machkon) lors des 2 destructions [les 2 Temples], pour les fautes d'Israël ... Le Michkan du Témoignage. Le Michkan était le témoignage pour Israël qu'Hachem leur avait pardonné l'incident du Veau d'or, car Il avait fait reposer Sa Chékhina parmi eux."

-> Le Maguid de Doubno souligne que ces deux affirmations semblent contradictoires, l'une ayant une connotation négative et l'autre une connotation positive.
D'une part, le mot "Michkan" est écrit deux fois pour indiquer que nos fautes ont causé la destruction du Temple. D'autre part, les mots "Michkan Ha'édout" suggèrent que Hachem nous a pardonné notre faute.

La Torah nous enseigne que même si nous avons perdu le Temple à cause de nos fautes, nous l'avons simplement donné comme un machkon (garantie).
Très bientôt, le machkon nous sera rendu, avec la reconstruction du temple dans toute sa splendeur.

"Vous pensez que vous pouvez amasser beaucoup de richesses et que votre yétser ara restera la même que lorsque vous étiez pauvre.
En réalité, plus vous vous enrichissez, plus votre yétser ara de ne pas donner la tsédaka grandira, et votre mida d'avarice deviendra de plus en plus grande."
['Hafets 'Haïm]

Yossef a béni toute la terre d’Egypte

+ Yossef a béni toute la terre d'Egypte :

"Yossef se retira de devant Pharaon et parcourut tout le pays d'Egypte" (Mikets 41,46)

-> Le séfer miZékénim Et'bonen note que tout ce qu'Hachem a fait arriver à Yossef, cela l'a amené à traverser tout le pays d'Égypte.
Il explique la raison pour laquelle il était si important pour lui de le faire à l'aide du récit suivant :
Le Saba Kadicha de Léchovitch avait un élève nommé rav Yéchaya de Zachovitz. Le rav Yéchaya possédait un certain nombre d'animaux, avec lesquels il gagnait sa vie. Les non-juifs chassaient ses animaux dans leurs champs, de sorte qu'il devait les récupérer et les ramener à la maison. Lorsqu'on leur demandait pourquoi ils agissaient ainsi, ils répondaient : "Partout où cet homme juste se promène, il trouve la bénédiction. Lorsqu'il marche dans nos champs, nos récoltes poussent bien.

En conséquence, le verset dit que Yossef a marché à travers tout le pays d'Egypte et que partout où il est allé, la terre a été bénie et les champs ont produit de bonnes récoltes. Cela a été très bénéfique pour Yossef, car tout le monde a reconnu qu'il était un saint homme et, par conséquent, ils l'ont traité avec beaucoup d'honneur et de respect.

Les pastèques et la Torah

-> Le rav Aharon Leib Steinman se promenait un jour avec son petit-fils. Ils passèrent devant un marché en plein air, où un vendeur de pastèques annonçait : "Pastèques à vendre, pastèques à vendre!"
Le rav Steinman fit remarquer : "Ne se lasse-t-il jamais de répéter sans cesse la même chose : "pastèques à vendre" ?
La réponse est que tu ne l’entends pas correctement ; il ne parle pas vraiment de pastèques ; il dit : "Je veux de l’argent, je veux de l’argent!"
Ce qui l’intéresse vraiment, c’est l’argent qu’il recevra en échange des pastèques. Comme il aime l’argent, il ne se lasse pas de le répéter encore et encore."

Le rav Steinman poursuivit : "Il en va de même pour l’étude de la Torah. À quelques pas d’ici, le rav 'Haïm Kanievsky est assis et étudie. Se lasse-t-il jamais d’étudier la même guémara encore et encore? Non, car pour le rav Haïm, l’étude est la chose la plus précieuse dans la vie et il en a un amour profond. Tout comme l’homme d’affaires ne se lasse pas de gagner plus d’argent, le rav 'Haïm ne se lasse pas d’étudier de plus en plus la Torah."