Aux délices de la Torah

Pâtisserie spirituelle depuis 5771 - b'h
 

"Pense à toutes les merveilles qui t'entourent et sois heureux."

[Anne Franck - 1929-1945]

+++ Un jour un homme très riche, venu visiter le 'Hafets 'Haïm, exprima son étonnement devant la maison toute simple de son hôte, et lui demanda :
"Pourquoi n'avez-vous pas une habitation digne du plus grand Sage de la génération" (avec des beaux meubles, un divan confortable, ...)?

Le 'Hatefs 'Haïm rétorqua : "Et où sont tes meubles?"
Le visiteur lui répondit : "Ici, dans cette ville, je ne suis qu'un simple invité ; viens chez moi, et tu verras ma maison luxueuse!"

Le 'Hafets 'Haïm lui répliqua : "Moi aussi, je suis un invité ici dans ce monde ; viens et tu verras ce qui m'est réservé dans le monde à venir ..."

---> Cette histoire peut se rattacher au pirké avot (4;16) :
"Rabbi Yaakov dit : Ce monde ressemble à un vestibule devant le monde à venir [éternel]. Prépares-toi dans le vestibule [en accomplissant des bonnes actions, des mitsvot dans ce monde] pour entrer dans le palais.'

D'après cette michna, le monde ici-bas n'est pas le but principal (la finalité) de la création de l'homme ; c'est le moyen par lequel, nous pouvons accéder au monde à venir.

---> De même, le midrach (Kohélét Rabba 1,15) enseigne :
"Ce monde ressemble au vendredi ; celui qui s'est fatigué le vendredi pourra manger le Shabbath ; mais celui qui ne s'est pas fatigué le vendredi, que mangera-t-il Shabbath?
Ce monde est comparé aussi à la terre ferme, et le monde à venir, à la mer : celui qui ne se prépare pas de provisions n'aura rien à manger pendant la traversée!"

 "De même que les étoiles du ciel, nous apparaissent comme des points minuscules, alors que ce sont des mondes extraordinaires, certains juifs qui ne paient pas de mine ici-bas seront extraordinaires quand ils monteront au ciel."

[le Baal Chem Tov]

Rabbi Méir Baal haNess

+ Grande est la part de Rabbi Méïr Baal haNess dans la rédaction de la Michna.
En effet, "toute michna anonyme est un enseignement formulé par Rabbi Méïr, suivant l'opinion de [son maître] Rabbi Akiva."

Rabbi Méïr Baal haNess se distingue par son esprit aiguisé.
Les Sages déclarent : "Dans la maison d'étude, Rabbi Méïr donne l'impression de déraciner des montagnes, et de les broyer l'une contre l'autre."
[Guémara Sanhédrin 24a]

Rabbi Yéhouda haNassi affirme que le simple fait d'avoir vu Rabbi Méïr Baal haNess de dos a aiguisé son esprit ; le voir de face l'aurait rendu encore plus vif!
[Guémara Erouvin 13b]

En dépit de sa grandeur, ses avis n'ont pas été retenus par la hala'ha, parce que son esprit était trop profond, comme l'explique Rabbi A'ha bar 'Hanania :
"Celui qui a créé le monde par Sa parole sait pertinemment que Rabbi Méïr n'a pas son pareil dans sa génération.
Pourquoi les Sages n'ont-ils pas fixé la hala'ha comme lui?
Parce que ses collégues ne pouvaient pas comprendre le fond de sa pensée.
En effet, il était capable de prouver que ce qui apparaissait impur était pur, et vice-versa." (et ils ne savaient pas comment se fonder sur ses propos).

Selon une béraïta, son vrai nom, n'était pas Méir, mais Néhouraï ; il a été surnommé Méir, parce qu'il éclairait (méir) les yeux des Sages dans la hala'ha.
[Guémara Erouvin 13a]

 "La différence entre la Torah et les futilités est aussi grande qu'entre la lumière et les ténèbres."

[Rabbi Méïr Baal haNess - Kohélet Rabba 2,1]

"Il ne manque rien en Erets Israël."

[Rabbi Méïr Baal haNess - Guémara Béra'hot 36b]

+ "Les jugements de D. sont vérité, ils sont justes ensemble" (Téhilim 19;10)

--> "Les jugements de D. sont équitables, en ce qu'ils sont justes envers chacun, et envers tous, même les membres de la famille de l'homme puni.
Le jugement de D. prend en compte aussi la douleur que les châtiments de D. vont leur causer."

[Rabbi Bounim de Pchis'ha]

+ "Et si ton frère devient pauvre auprès de toi" (Béhar 25;39)

Ci-dessous un commentaire du 'Hafets 'Haïm, qui comme à chaque fois, nous éblouit par ses paroles ...
b"h, que ses mérites nous protègent ...

-> Le 'Hafets 'Haïm a dit :
"Les gens en viennent facilement à critiquer les riches qui renâclent à pratiquer la bienfaisance, tout en affirmant que s'ils étaient à leur place, et étaient aussi nantis qu'eux, ils ne resteraient pas insensibles à la misère humaine, et donneraient généreusement aux oeuvres charitables.

Ce que ces personnes ignorent, c'est que si elles devenaient elles-mêmes riches, leurs coeurs s'endurciraient aussi, et deviendraient des "coeurs de riches".

A quoi cela ressemble-t-il?
A un ivrogne, qui se vautre sur la chaussée, et se salit de la tête aux pieds.
Vient à passer un passant qui, pointant un doigt accusateur vers l'alcoolique, lui dit : "Je suis étonné qu'un homme, comme vous ne sache pas les dégâts, que peut produire la boisson. Si je devais un jour m'enivrer, j'essaierais au moins de ne pas me donner en spectacle!"
Il en va ainsi de la richesse, qui a, elle aussi, des effets grisants!!"

-> A ce sujet, le 'Hafets 'Haïm a aussi dit :
"L'homme court après l'argent ; il est constamment en quête de richesse et de bien-être.
Malheureusement, il ne sait pas que plus il en acquiert d'un côté, plus se renforcent, de l'autre, les ressources du yétser ara à son encontre.

Un individu pauvre s'imagine que s'il avait de l'argent, il en serait le maître.
Or, dans la réalité, une fois qu'il en possède, c'est l'argent qui le domine!"

 

Source (b"h) : le "talelé Oroth" du rav Yissa'har Dov Rubin

Jusqu’à 120 ans. Pourquoi?

+++ Pourquoi souhaiter à quelqu'un de vivre jusqu'à 120 ans? ...

-> "La 50e année sera l'année du jubilée" (Béhar 25,11)

Un disciple du voyant de Lublin (Rabbi Herchely de Ziditchov) souhaita un jour à son maître de vivre 120 ans.
Il justifia cela de la façon suivante :
"Par 120 ans, je veux dire les cent vingt jubilés (yovel) pendant lesquels le monde existera [car le monde existera pendant 6 000 ans, or 120 jubilés de 50 ans font un total de 6 000 ans!].
Or, la Torah appelle l'année du jubilé : "éternel".
Par conséquent, 120 ans, c'est comme l'éternité."

Moché a vécu 120 ans, correspondant aux 120 jubilés du monde.
Chaque année de sa vie influa sur un jubilés et donc, à toutes les années d'existence du monde.

 

Source (b"h) : le livre "mayana chel Torah" du rav Alexander Zoucha Friedman

Rabbi Akiva …

--> Quelques éléments sur sa vie Rabbi Akiva
A 40 ans, Rabbi Akiva gardait encore les troupeaux de Kalba Saboua, l’un des riches de Jérusalem, appelé ainsi parce que celui qui entrait chez lui affamé comme un chien (kélev), repartait rassasié (savèa).
La fille de Kalba Saboua perçut ses grandes qualités morales et sa pudeur, et elle lui demanda : « Si j’accepte de t’épouser, iras-tu apprendre la Torah dans une maison d’étude ? »
Après qu’il eut donné son accord, ils se marièrent.
Lorsque Kalba Saboua l’apprit, il la chassa de sa maison, et lui interdit toute jouissance de ses biens.

Après leur mariage, Rabbi Akiva et sa femme dormirent, en plein hiver, sur de la paille ; Rabbi Akiva enlevait les brins de paille des cheveux de son épouse en lui disant : "Si j’en avais la possibilité, je t’offrirai : ir chel zahav (= un bijou sur lequel était gravé un dessin de la ville de Jérusalem !) ."

Rabbi Akiva alla étudier 12 ans chez Rabbi Eliézer et Rabbi Yéhochoua.
Au bout de 12 ans, il revint chez lui et entendit un vieillard qui disait à Ra’hel, sa femme : "Jusqu’à quand resteras-tu comme une veuve du vivant de ton mari ?"
Elle lui répondit : "S’il m’écoutait, il resterait encore 12 ans à la maison d’étude."
Rabbi Akiva se dit : "Puisqu’elle m’a donné la permission, je vais repartir."
[il n’entra même pas dans sa maison pour dire bonjour à sa femme, de peur de ne plus avoir le courage de la quitter ; ou bien, il préférait étudier pendant des années sans la moindre interruption]

Après ces 12 nouvelles années d’étude, il revint accompagné de 24 000 élèves, et tout le monde sortit à sa rencontre.

Arrivée près de lui, sa femme se jeta à terre, et lui embrassa les pieds.
Les disciples de Rabbi Akiva voulurent la repousser, mais il leur dit : « C’est à elle que nous devons ma Torah, et la vôtre!»

Kalba Saboua voulu profiter de la venue d’un grand Sage pour se délier de son vœu interdisant toute jouissance de ses biens à sa fille.
Rabbi Akiva lui demanda : "Aurais-tu fait ce vœu si tu avais su que le mari de ta fille deviendrait un grand homme ?"
Il lui répondit : "S’il avait su même un chapitre ou une hala’ha, je n’aurai pas fait ce vœu."
Rabbi Akiva lui dit : "C’est moi !"
Il tomba contre terre, lui embrassa les pieds, et lui donna la moitié de ses biens.
[Guémara Nédarim 50a & guémara Kétoubot 62b]

Devenu riche, Rabbi Akiva se souvint de sa promesse qu’il avait faite à sa femme, et il lui acheta un bijou sur lequel était gravé un dessin de la ville de Jérusalem.
Ses élèves lui dirent : "Notre maître ! Tu nous fait honte en lui achetant ce bijou, car nous ne pouvons en faire autant pour nos femmes."
Il leur dit : "Elle a beaucoup souffert avec moi pour la Torah ! "
[ Avot de Rabbi Nathan – chap.6]

Quand la femme de Rabban Gamliel demanda à son mari de lui acheter le même bijou, il lui répondit : "As-tu fait pour moi, ce qu’elle a fait pour lui ?
Elle a vendu ses tresses de cheveux pour qu’il puisse étudier la Torah."
[Guémara Talmud de Jérusalem 6,1]

"A l’âge de 40 ans, Rabbi Akiva n’avait encore rien appris.
Une fois, il vit un trou dans une pierre.
Il demanda : "Qui a fait ce trou ?"
On lui répondit : "Ne connais-tu pas le verset : "L’eau érode les pierres" (Iyov 14,15), le trou a été percé par l’eau qui tombe sur elle jour après jour."
Aussitôt, Rabbi Akiva fit ce raisonnement : si l’eau , liquide, réussit à fendre le roc, les paroles de Torah, dures comme pierre, arriveront certainement à pénétrer dans mon cœur de chair et de sang.
[Avot de Rabbi Nathan – chap.6]

Rabbi Akiva a commencé à étudier à 40 ans, en n’hésitant pas à aller apprendre les bases avec des petits enfants.
D’ailleurs, au début, cela lui a été gênant, et sa femme a déguisé d’une façon bizarre un âne et l’a amené au marché.
Le 1er jour, tout le monde a été étonné, le 2e jour, un peu moins de monde s'est étonné de la chose, le 3e, de même, jusqu’à ce que tout le monde s’y soit habitué.
Elle envoya ainsi à son mari l’idée qu’avec le temps, sa situation sera banalisée.
[Combien on doit apprendre de Ra’hel, la femme de Rabbi Akiva !! ]

Au début de son apprentissage, Rabbi Akiva était très pauvre.
Il apportait des fagots de bois, vendait la moitié pour sa subsistance et utilisait l’autre moitié pour ses besoins personnels.
Avec lui, se vérifia l’enseignement : "Celui qui apprend la Torah dans la misère finira par l’apprendre dans la richesse." (Pirké Avot 4,9)

Rabbi Akiva fut mis à mort par les Romains, qui lui déchiraient la peau avec des peignes de fer.
A ce sujet :
- Moché Rabbénou demanda à D . : "Maître du monde ! C’est la Torah, et c’est sa récompense!"
D. lui répondit : "Tais-toi ! Tel est Mon bon vouloir !"
[guémara Ména’hot 29b]

- Rabbi Akiva dit à ces élèves : "Toute ma vie, j’étais tracassé par le verset : "Tu aimeras D. ... de toute ton âme" (Dévarim 7;5), même s’il te prend la vie.
Je me demandais quand j’aurai le mérite d’accomplir ce commandement, et de me vouer corps et âme en Son honneur ; à présent, je laisserais passer l’occasion qui m’est offerte!"
Rabbi Akiva finit le 1er verset du Shéma, et rendit l’âme alors qu’il s’attardait sur le mot é’had.
L’écho d’une voix proclama : "Heureux sois-tu, Rabbi Akiva, car tu es convié à la vie du monde à venir."
[guémara Béra’hot 61b]