Pâtisserie spirituelle depuis 5771 - b'h
 

Pessa’h = la naissance du peuple juif

+ Pessa'h = la naissance du peuple juif :

-> Le rav Its'hak 'Haver, fut un disciple du rav Ména'hem Mendel de Shklov, qui était un disciple du Gaon de Vilna.
Dans l'introduction de sa Haggada Yad Mitsraïm, il présente une idée du Arizal : le séjour du peuple juif en Egypte fut analogue à une gestation, une période d'incubation, durant laquelle le peuple juif, le fœtus, se développa et attendit d'émerger en tant que nation.
L'Egypte couvait, pour ainsi dire, le peuple juif. La sortie d'Égypte constitua la naissance de la nation juive.
Tout comme le monde renaît au printemps, le peuple juif naquit durant la période de la sortie d'Egypte.

L'Egypte est appelé par exemple : "la nudité de la terre" (érvat aarets - Mikets 42,9).
Pour quelle raison fut-il nécessaire que le peuple juif soit exilé dans un endroit aussi bas et sombre que l'Egypte?

Le rav 'Haver explique que l'Egypte fut choisie parce que la période que le peuple juif y passa correspondait à celle d'incubation du peuple juif, et pour qu'un embryon se développe correctement, il a besoin d'un endroit sombre et exigu.
Sa meilleure croissance a lieu dans un environnement que l'on peut décrire comme "révulsant" (ma'ous). L'Egypte correspondait parfaitement à ce modèle. Il n'y avait aucun endroit au monde qui soit spirituellement plus sombre que l'Égypte.

-> Le rav Its'hak 'Haver poursuit en expliquant que le temps que le peuple juif passa en Egypte peut se répartir en trois périodes distinctes.
1°/ La première période débuta lorsque Yaakov et ses fils émigrèrent de la terres d'Israël vers l'Egypte. Ils vécurent à Gochen, où ils s'occupaient de leurs animaux.
Tant que Yaakov Avinou et les tribus (chévatim) étaient encore en vie, le peuple juif ne fut pas asservi ; il séjournait simplement dans un pays étranger, comme le dit le verset : "vos descendants seront des étrangers dans un pays qui ne leur appartiendra pas (Lé'h Lé'ha 15,13).

2°/ La deuxième période commença après la mort de Lévi, le dernier des tribus (encore en vie). Pharaon mit le peuple juif au travail, le réduisant finalement à l'esclavage, comme l'avait annoncé Hachem à Avraham, "et ils les serviront" (vaavadoum - Lé'h Lé'ha 15,13).

3°/ La troisième période, la plus amère, débuta avec la naissance de Myriam, qui est liée au mot מר (mar - amer). Cette période dura 86 ans pendant laquelle l'esclavage s'intensifia et le peuple d'Israël connut le "ko'hi ha'hiboud" (la dureté de l'esclavage).

Le rav Its'hak 'Haver illustre comment ces trois périodes coïncident et s'apparentent aux trois trimestres de la gestation.

<--->

+ Les 3 trimestres :

-> Pendant le premier trimestre, le bébé en développement est complètement caché du monde extérieur. Le fœtus n'est pas reconnaissable et on ne voit pas que la femme attend un enfant.
De même, lorsque les Bné Israël descendirent en Égypte, Yaakov vint avec ses fils, les Chévatim, et ils furent traités royalement. Ainsi, leur futur esclavage était encore imprévisible; ils étaient simplement des étrangers dans un pays étranger et n'étaient pas esclaves.

Au cours du deuxième trimestre, l'état de la femme commence à être perceptible et il est évident qu'un bébé est en route. De même, nouveau roi s'éleva sur l'Égypte (Chémot 1,8). La mère d'accueil, Mitsraïm (l'Egypte), commença à contraindre le peuple juif à travailler.
L'asservissement débuta, et il devint évident qu'ils étaient en exil (galout).

Enfin, au cours du troisième trimestre, le bébé grandit, le moment de l'accouchement approche et le travail doit commencer. Les douleurs de l'accouchement sont une indication que la naissance de l'enfant est imminente.
De même, le troisième trimestre pour le peuple juif commença avec la naissance de Myriam. C'est à ce moment-là que l'esclavage s'intensifia. Les conditions de vie du peuple juif devinrent de plus en plus difficiles, et les Égyptiens pensèrent que les Bné Israël resteraient esclaves pour toujours, alors qu'en réalité, c'était exactement le contraire.

L'esclavage devint plus difficile et s'intensifia. Cette situation accéléra le moment de la sortie d'Egypte et donc de sa naissance en tant que nation.

Le rav Its'hak 'Haver affirme que les 210 ans en Egypte constituent la période de gestation du peuple juif.
Le travail et l'accouchement du peuple juif commencèrent la nuit de Pessa'h, lorsque Hachem frappa les premiers-nés, et durèrent jusqu'au septième jour de Pessa'h à l'ouverture de la mer Rouge.

[selon le Séder Olam (raba 3), Lévi survécut à tous les autres Chévatim, et à sa mort l'esclavage débuta pour une durée de 117 ans.
Par ailleurs, l'esclavage très difficile n'a commencé qu'à la naissance de Myriam, soit 86 ans avant la sortie d'Egypte. ]

<--->

+ La plaie des premiers-nés = l'intervention personnelle d'Hachem :

-> Hachem dit au peuple juif : "Je traverserai le pays d'Egypte cette nuit-là, et Je tuerai tous les premiers-nés du pays d'Egypte, et sur tous les dieux d'Egypte J'exécuterai des jugements, Je suis Hachem" (Bo 12,12).

Pourquoi était-il si important que Hachem accomplisse tout cela Lui-même, sans avoir recourt à un ange?

Le rav Its'hak 'Haver explique, en s'appuyant sur une guémara (Taanit 32a), qu'il existe trois clés dont Hachem garde le contrôle et qu'Il ne les confie à aucun émissaire. Ce sont:
- la clé de la pluie, car seul Hachem fait pleuvoir, aucun ange ne peut faire pleuvoir ;
- la clé de la résurrection des morts ;
- la clé de la vie, c'est-à-dire de l'accouchement.
Les médecins essaient de prédire quand un bébé naîtra, mais seul le Maître du monde tourne la clé pour permettre la naissance. La sortie d'Egypte fut la naissance du peuple juif, une chose dont seul Hachem détient la clé. Ainsi, cette tâche était réservée à Hachem Lui-même. Ce n'était pas une mission pouvant être remplie par un ange.

-> Le verset rapporte : "et il y eut un grand cri en Egypte" (Bo 12,30).
En fait, il était si fort que le verset affirme : "il y aura un grand cri dans tout le pays d'Egypte, tel qu'il n'y en a jamais eu et tel qu'il n'y en aura plus jamais" (Bo 11,6).
Lorsque Hachem tua les premiers-nés des égyptiens, il y eut un cri comme on n'en avait jamais entendu auparavant et qu'on n'en entendra plus jamais. Pourquoi ce cri est-il sans précédent dans toute 'Histoire?

Selon le rav Its'hak 'Haver, personne ne crie plus fort qu'une femme en travail (à l'accouchement). Mais qu'en est-il de ce cri s'il s'agit de la naissance d'une nation entière?
Ce serait un cri sans précédent! C'est ce qui se passa la nuit de Pessa'h

Il est dit : "et quelle divinité entreprit jamais d'aller se chercher miraculeusement un peuple au milieu d'un autre peuple" (Vaét'hana 4,34).
Hachem fit sortir le peuple juif de la matrice d'Egypte ; ce fut un travail et un accouchement sans précédent, et par conséquent, cela donna lieu à un cri sans précédent.

<--->

-> Le rav Its'hak 'Haver (Haggada Yad Mitsraïm) aborde le concept selon lequel le peuple juif est né au moment de la sortie d'Egypte, pour expliquer la raison pour laquelle l'interdiction du 'hamets est si stricte.

Le 'Hamets et la matsa (חמץ et מצה) sont deux mots essentiellement composés des mêmes lettres. Ils ont chacun un mem et un tsadi.
La seule différence est que le 'hamets comprend un 'het, tandis que la matsa a un hé. La différence entre un 'het (ח) et un hé (ה) est la petite ouverture sur le côté gauche.

Jusqu'à notre départ d'Égypte, ce pays était fermé, ce qui est symbolisé par le 'het, qui est fermé.
[par exemple, sur le fait que l'Egypte était fermée : https://todahm.com/2016/03/12/49445 ]

La sortie d'Egypte constitua la naissance, et l'ouverte présente le l'ouverture qui permit la naissance du peuple juif.
Pour cette raison, à Pessa'h, nous ne pouvons pas consommer de 'hamets. Nous mangeons de la matsa pour signifier que c'est le moment de notre naissance.
Nous devons être extrêmement prudents et vigilants pour nous éloigner même de la plus petite quantité de 'hamets, afin de nous assurer que l'ouverture du hé de la matsa permettra notre sortie d'Égypte.
Cette mesure est essentielle pour que le peuple juif puisse quitter le ventre de l'Egypte et accéder à la liberté.

Nous devons donc nous tenir à distance du 'hamets d'une manière qui est inédite en ce qui concerne les autres aliments interdits. Le 'hamets symbolise un utérus scellé duquel nous ne pouvons pas nous échapper. Nous prenons donc toutes les précautions possibles pour éviter de rester enfermés dans la matrice spirituelle d'Égypte (nous n'en voulons pas même une seule miette de cette mauvaise influence).

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *