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Pourquoi étions-nous si pressés de sortir d’Egypte?

+ Pourquoi étions-nous si pressés de sortir d'Egypte? (selon le rav Elyachiv)

-> La raison pour laquelle nous mangeons de la matsa le soir du Séder est déclarée ici dans la Haggada :
"Nous mangeons de la matsa pour commémorer le fait que la pâte de nos pères n'eut pas le temps de lever avant que le Roi des rois, le Saint, béni soit-Il, Se révéla à eux et les délivra".

La Baal Haggada cite le verset:
"Ils firent cuire la pâte qu'ils avaient apportée d'Égypte en pain azyme, car elle n'avait pas fermenté parce que, repoussés de l'Égypte, ils n'avaient pu attendre et ne s'étaient pas munis d'autres provisions" (Bo 12,39).

Ainsi, nous avons quitté l'Égypte en toute hâte, et la pâte n'eut pas le temps de lever. La question que soulève le rav Shlomo Elyachiv (Léchem chévo véAkhlaman), est de savoir pourquoi les membres du peuple juif durent quitter l'Égypte en toute hâte; pourquoi cette nécessité de se précipiter?

L'enseignement du Arizal est bien connu : le peuple d'Israël était descendu au 49e niveau d'impureté, et s'il était resté en Égypte un moment de plus, il serait tombé au point de non-retour. S'ils avaient disposé du temps nécessaire pour sombrer au 50e niveau d'impureté, ils auraient été piégés en Égypte.

Cet enseignement est devenu un principe accepté de la compréhension traditionnelle de la sortie d'Egypte. Cependant, le rav Elyachiv maintient qu'il ne peut être pris pour argent comptant. En effet, bien que le peuple juif eût effectivement chuté spirituellement, cette descente dans l'impureté s'arrêta lorsque les plaies débutèrent et que la servitude prit fin.
Une fois le processus de délivrance entamé, les Bné Israël ne furent plus soumis aux forces de l'impureté, qui commencèrent à décliner.

La Torah rapporte que lorsque le peuple juif quitta l'Egypte "yé'hérats kélev léchono" (même les chiens se turent - voir Bo 11,7). Cela reflétait le fait que les forces du mal avaient totalement disparu.
La puissance de la Révélation Divine était devenue si écrasante que les forces du mal furent maîtrisées de manière complexe.

Le peuple juif ne risquait plus d'être entraîné plus loin dans l'abîme spirituel, alors pour quelle raison dut-il se hâter de quitter l'Égypte? Pourquoi n'avoir pas pu attendre que leur pâte lève, moment auquel ils auraient pu faire cuire leur pain habituel?

-> Dans un revirement incroyable, le rav Shlomo Elyachiv explique que la raison pour laquelle le peuple juif ne pouvait rester en Égypte un instant de plus est que si tel avait été le cas, les forces du mal auraient été si totalement éradiquées qu'elles auraient éliminé la possibilité du libre arbitre.
La Révélation Divine à laquelle le peuple juif put accéder dans les jours précédant la sortie d'Égypte était si impressionnante et le niveau de sainteté auquel il fut propulsé était si élevé que si le peuple juif était resté là un instant de plus, les puissances du mal auraient été complètement vaincues.

En l'absence de celles-ci, le libre arbitre ne serait plus possible.
Comme le temps de la rectification Finale (tikoun haAkharon), n'était pas encore arrivé, et que Hachem souhaitait que l'homme continue à lutter entre le bien et le mal, Il jugea bon que nous soyons déplacés immédiatement.

La Torah déclare : "L'Egypte s'imposa au peuple avec force, en se hâtant de le repousser du pays, car ils disaient : "Nous périssons tous" (koulanou métim)." (Bo 12,33).
Le rav Elyachiv explique que leur inquiétude, "koulanou métim", de tous périr, n'était pas due au fait qu'ils se souciaient de mourir physiquement. Ils craignaient que si le peuple juif restait en Egypte, cela provoquerait la chute de toute l'impureté existant en Egypte. Ce pays étant l'épicentre du mal, cela signifierait en réalité l'éradication mondiale de tout mal et de toute impureté.

En conséquence, selon le rav Elyachiv, nous ne pouvions pas retarder notre départ de l'Égypte, car cela nous aurait catapultés à un niveau que le temps n'était pas encore venu pour le peuple juif d'atteindre.

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-> cela éclaire le fait que d'un côté cette génération a pu atteindre le 49e niveau d'impureté et que selon le Zohar : "il n'y aura jamais de génération comme celle de la sortie d'Egypte jusqu'à la venue du machia'h".
[ainsi quelque soit soit la bassesse de notre niveau spirituel, même si on est descendu au plus bas, à l'image de la génération en Egypte, nous pouvons très rapidement atteindre des sommets spirituels (au point qu'elle a du sortir rapidement d'Egypte tellement elle avait fait disparaître toute impureté).]

-> L'instruction de croire en la délivrance d'Egypte implique de croire et d'aspirer à la Délivrance Finale (guéoula), avec la venue du machia'h.
[Smak - mitsva aléf]

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