+ Vin de Pourim & mort de Rav Zéra :
-> Le guémara (Méguila 7b) rapporte :
Les Amoraïn Rabba et Rav Zéra ont mangé ensemble la Séouda de Pourim. Ils se sont enivrés, et Rabbah a tué Rav Zéra. Le lendemain, lorsque Rabba a retrouvé ses esprits, il a réalisé ce qu'il avait fait ; il a prié Hachem, et Rav Zéra a été ressuscité. L'année suivante, Rabba invita à nouveau Rav Zéra à se joindre à lui pour le repas de Pourim. Rav Zéra refusa, disant : "Un miracle ne se produit pas à chaque fois!"
-> Les commentateurs proposent de nombreuses explications à cette guémara. b'h, voir : 2°/ Meurtre mystérieux : https://todahm.com/2023/04/13/boire-du-vin-a-pourim-le-saviez-vous
-> Le rav 'Haïm Knaievsky propose une explication donnée par son père, le Steïpler :
Rabbah et Rav Zéra avaient des approches différentes de leur service d'Hachem.
Rabba était de nature très joyeuse (voir, par exemple, Shabbat 30b, qui indique que Rabba : "avant de commencer à enseigner la halakha aux Sages, il lançait une plaisanterie, ce qui les faisait applaudir. Ensuite, il s'asseyait dans la crainte et commença son enseignement").
Rav Zéra avait un caractère plus sombre : il jeûnait tous les vendredis en signe de deuil pour le Temple qui avait été détruit, et il jeûnait à de nombreuses reprises pour être épargné du châtiment dans le Guéhinam (voir Baba Métsia 85a ; Yérouchalmi - Taanit 2,12).
Or, lorsqu'une personne est ivre, ses traits de caractère intrinsèques sont souvent amplifiés. Ainsi, lorsque Rabba s'enivrait, il devenait encore plus joyeux. En revanche, Rav Zéra devenait plus morose (triste) et se mettait à pleurer.
Rabba se tourna alors vers Rav Zéra et lui dit : "Tu pleures maintenant, le jour de Pourim!" En signe de protestation, Rabba égorgea Rav Zéra.
Le rav 'Haïm Kanievsky ajoute avec légèreté : "Souvent, on voit des talmidé 'hakhamim ivres se mettre à pleurer sur leurs fautes. Si Rabba était là, il les tuerait! Selon lui, Pourim est un moment réservé à la joie!"