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Le notion de Tsadik

-> "Il établit une distinction entre la lumière et les ténèbres" (Béréchit 1,4).

-> Le midrach (Béréchit raba 1,6) enseigne : "La lumière, ce sont les actes des justes (tsadikim) ; les ténèbres, ceux des mécréants (réchaïm)".

[dans le monde physique où nous vivons, Hachem créa des forces opposées et donna à l'homme le libre arbitre de choisir entre elles : choisir la lumière au lieu des ténèbres (obscurité), le bien au lieu du mal, le vrai au lieu du faux.
Son but dans la Création était que l'homme choisisse et définisse pour lui-même l'itinéraire à emprunter.
Quand l'individu discerne la lumière de l'obscurité, il représente une force positive dans la Création. Il se trouve sur le chemin qui mène à la vérité, sur la voie de l'intégrité.
Hachem créa le monde pour celui qui réussit à dominer complétement ses désirs physiques (matériels), pour le Tsadik. ]

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+ Comment gagner ce titre de Tsadik?

-> "Quand Hachem décida de créer le monde, Il demanda conseil aux âmes des Tsadikim" (midrach Béréchit raba 7,7).
On pourrait se demander : Quels Tsadikim? Pouvait-il exister quelque chose avant la Création? Et même si les âmes existaient, comment pouvaient-ils être Tsadikim avant de subir les épreuves de ce monde? N'est-il pas nécessaire d'exercer son libre arbitre afin de gagner le titre de Tsadik?

-> Nous trouvons à plusieurs reprises dans la Torah que l'âme de certains Tsadikim était prête bien longtemps avant qu'ils ne viennent vraiment accomplir sa mission spéciale dans la vie.
"Avant que Je t'eusse formé au sein de ta mère, tu étais destiné à être un prophète", dit Hachem au Prophète (Yirmiyahou 1,5).
Autre exemple: à la Création, le verset (Béréchit 2,7) stipule que "Hachem façonna l'Homme, Haadam".
Le midrach (Béréchit raba 14,6) enseigne que cet homme se rapporte à Avraham. Mais si le monde était créé pour Avraham, pourquoi ne fut-il pas créé en premier? C'est qu'Avraham vint plus tard pour pouvoir éventuellement rectifier les péchés du fauteur potentiel.
Le midrach (Béréchit raba 30,4) enseigne aussi que Moché fut préparé pour être le rédempteur d'Israël ... Mordé'haï aussi.
En fait, nous savons, d'après le Talmud, que le machia'h fut créé avant l'univers (Pessa'him 54a ; cf. Ets Yossef).
[rav 'Haïm Kramer]

-> Le Tsadik, le Tsadik parfait fut choisi pour accomplir sa mission avant même sa naissance. Doué de grandeur spirituelle, il reçut le pouvoir de descendre sur cette terre pour y servir de chef et de guide de la Nation d'Hachem.
Cependant, l'homme garde toujours son libre arbitre et peut choisir sa voie dans la vie.
Bien que ce Tsadik unique fût destiné et choisi avant sa naissance, il avait malgré tout le libre choix. Cependant, il refoula ses désirs corporels au point de s'élever au-dessus du simple choix entre le vrai et le faux et exhaussa l'exercice de son libre arbitre à un niveau infiniment plus élevé.
[Likouté Moharan I, 190 ]

[Le paradoxe intellectuel entre la Connaissance divine de toutes les actions de l'homme et la possibilité qu'il a d'exercer son libre arbitre, dépasse notre entendement, car nous ne pouvons nous détacher de notre matérialité (Hachem a créé la notion de temps (le béréchit), et Il en est au-dessus) ; cf. Hilkhoth Téchouva 5,5, du Rambam, et le Likouté Moharan I 21,4].

-> Le Arizal (Chaar Haguilgoulim - 36) enseigne :
"Aussi grand qu'il fût au moment de sa naissance, notre maître Moché ne fut pas créé au niveau particulièrement élevé auquel il devait accéder à la fin de sa vie. Il acquit sa grandeur grâce aux nombreuses bonnes actions qu'il accomplit."

-> Autre part, le Arizal parle de Tsadikim qui furent en mesure, durant leur vie, d'élever à un niveau encore plus haut leur âme déjà sublime, à sa racine.
Il mentionne à cet effet le cas de Rabbi Akiva et ses cinq disciples : Rabbi Méir, Rabbi Yéhoudah, Rabbi Yossi, Rabbi Chimon bar Yo'haï et Rabbi Né'hounya.
Leurs âmes provenaient d'un endroit du Ciel beaucoup plus élevé que le Monde des Ames (c'est-à-dire des cinq guévourot du Da'at de Zer Anpin).
Quant à Rabbi Chimon bar Yo'haï, on nous apprend qu'il s'était élevé au niveau de la Binah, le niveau que Moché Rabénou a atteint au Mont Sinai quand il reçut les 2e Tables de la Loi (cf. Zohar III, 132b, 287b, Nitsoutsé Orot ; Chaar hakavanot, Drouché Pessa'h - 12).
Son âme avait ainsi accédé, grâce à ses efforts dans ce monde, à un niveau encore plus élevé que celui auquel elle avait eu droit à la naissance.

-> Rabbi Na'hman met également l'accent sur l'importance extrême de l'effort de l'homme en quête d'intégrité. Quand quelqu'un suggéra une fois à Rabbi Na'hman que l'élévation de son âme lui avait permis ses prouesses, il parut irrité : "Comme vous vous trompez! Vous pensez que les Tsadikim accèdent à leur grandeur simplement parce qu'ils ont une très grande âme. C'est absolument faux! J'ai eu beaucoup de mal à arriver à mes fins. J'ai déployé tant d'efforts! Les gens pensent que je suis digne de ce haut niveau parce que je descends du Baal Chem Tov et que j'ai une grande âme. C'est une erreur! C'est simplement grâce à mes dévotions et aux efforts que j'y ai consacrés".
[Si'hot haRan - 165 ]

-> Il résulte de tout cela que l'intégrité du Tsadik est généralement déterminée par deux facteurs distincts.
Il y a des Tsadikim qui sont voués à leur état depuis l'époque de la Création. Leur intégrité, qu'ils doivent de toutes façons confirmer par leurs bonnes actions, leur est donnée afin qu'ils accomplissent une certaine mission pour Hachem.
Il est d'autres individus qui s'élèvent au niveau de Tsadik en maîtrisant leurs désirs physiques. Ils ont littéralement gagné leur titre.

La différence entre ces deux types de Tsadikim est quelque peu similaire à celle qui existe entre un Cohen et un érudit en Torah. Nous ne pouvons pas choisir d'être des descendants d'Aharon ; c'est un privilège qui nous est accordé ou non à la naissance.
Il n'en est pas de même pour le degré plus haut de maître ou d'érudit en Torah, auquel tout le monde peut accéder, à condition qu'il y consacre effort et dévouement.
La grandeur réelle du Tsadik dépend en fait de ses dévotions, et le Arizal enseigne à cet effet (Chaar haguilgoulim, #1) qu'il est donné à chacun d'accéder au niveau de Moché Rabénou. C'est exactement de cette façon que Rabbi Na'hman conclut sa discussion avec le 'Hassid dont nous avons parlé plus haut: "N'importe qui peut atteindre mon niveau et devenir exactement comme moi. Tout dépend des efforts que l'on investit" (Si'hot haRan - 165).
[rav 'Haïm Kramer]

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+ La grandeur du Tsadik :

-> "Le monde fut créé même pour [le mérite d'] un seul Tsadik" (Yoma 38b).

-> "Si les Tsadikim le désiraient, ils créeraient des mondes" (Sanhédrin 65b).

-> "Le monde entier subsiste grâce à un seul Tsadik, comme il est écrit : "Le juste est le fondement du monde" (tsadik yessod olam - Michlé 10,25)" ('Haguiga 12b).

-> "Hachem décrète et le Tsadik a le pouvoir d'annuler le décret. Mais le Tsadik décrète et Hachem exécute son décret" (Moéd Katan 16b).

-> "Dans l'avenir, les anges contempleront les Tsadikim et s'exclameront : "Kadoch (Saint!)" exactement comme ils le font maintenant devant Hachem" (Baba Batra 75b).

-> "Les Tsadikim ont tellement de mérite qu'ils peuvent apaiser Hachem et annuler Ses décrets" (midrach Béréchit raba 33,3).

-> "Les Tsadikim font descendre [et révèlent] la Présence divine dans le monde" (midrach Chir Hachirim raba 5,1).

-> "Les Tsadikim sont non seulement en mesure d'annuler les décrets, mais ils sont bénis par la suite pour cela" (Zohar I,101b).

-> "Toutes les bénédictions du monde proviennent du mérite du Tsadik" (Zohar I, 189a).

-> "Grands sont les Tsadikim car, même après leur mort, leur mérite subsiste de génération en génération" (Zohar I, 183a).

-> "Le monde ne pourrait pas subsister ne serait-ce qu'un moment sans les prières des Tsadikim disparus" (Zohar III, 71a).

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-> "Le Tsadik est "tout dans les cieux et sur la terre" (Divré haYamim I 29,11).
Qu'est-ce qui relie le ciel et la terre? Le Tsadik (Zohar III, 257a).
Le Tsadik unit le monde Supérieur au monde Inférieur et tout ce qui s'y trouve. C'est ainsi que se révèle la Divinité dans le monde".
[rabbi Na'hman - Likouté Moharan II 7,7 ]

-> Ainsi, le Tsadik est un pont entre le physique et le spirituel.
Il se trouve au-dessus du physique (matérialité), mais il n'est pas, et ne pourra jamais, atteindre le niveau spirituel d'Hachem.
Qu'est donc ce "pont"?
Ayant dépassé toute notion physique, le Tsadik est à même de comprendre vraiment ce qu'est la spiritualité. Il peut de par son autorité "saisir" les aspects les plus prodigieux de la Divinité et les "faire descendre" au niveau de perception de la personne la plus simple.

-> "L'homme devrait prier avec la plus extrême ferveur pour trouver quelqu'un qui lui explique ce qu'est la Divinité. Il est très difficile de rencontrer une telle personne. Seul un très grand maître est capable d'expliquer la grande sagesse d'Hachem
[Likouté Moharan I 30,2]

-> "Nous trouvons que nos Sages étaient très expérimentés dans tous les aspects de ce monde.
[comment est-ce possible d'être compétent dans l'agriculture, l'astronomie, ... alors qu'ils passent leur temps à étudier la Torah?]
C'est que leur compréhension était fondée sur leurs perceptions et connaissances spirituelles. La connaissance des principes spirituels leur permettait de comprendre leur application au monde physique (matériel)."
[Likouté Moharan II, 58 ]

-> Ainsi, parlant de la construction de certains outils et récipients, Rabbi Yo'hanan ben Zakaï fit remarquer une fois (Kélim 17,26) : "Malheur à moi si je révèle! Malheur à moi si je ne révèle pas!"
Malheur à moi: si je révèle ce principe, les gens malhonnêtes apprendront peut-être à tricher avec ces idées ; malheur à moi si je ne l'enseigne pas, parce que les gens diront que les Rabbins sont ignorants dans ces domaines.
De plus, comme l'écrit le Maharcha (Guitin 68b) : "Tu ne peux prétendre qu'il manque une discipline dans le Talmud ... Tu peux y trouver le remède pour n'importe quelle maladie ... à la seule condition que tu comprennes le langage des Sages".

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-> L'âme du juif provient des plus hauts niveaux de la Création (cf. Likouté Moharan I 17,2). Elle est envoyée dans ce bas monde physique pour y être purifiée, sanctifiée et, une fois son niveau découvert, revenir par la suite à sa source spirituelle. Mais, à cause des limites physiques (matérielles) qui lui sont imposées dans ce monde, l'homme, presque sans exception, ne parvient pas à percevoir ce niveau spirituel.
Le Tsadik constitue l'exception. Il saisit le spirituel. Il peut découvrir, non seulement son niveau et son itinéraire, mais également celui des autres.
Un certain nombre de Tsadikim nous transmettent leurs connaissances par leurs enseignements, d'autres par leurs actes. En observant les Tsadikim, soit par leurs leçons orales, soit dans leurs enseignements écrits, nous serons convaincus de leur capacité de discerner ce qui est important.
Le Tsadik sait sur quoi et comment concentrer son énergie ; il sait ensuite comment ajuster ses connaissances à un niveau de perception qui peut être accessible au commun des mortels.

C'est en fait cette capacité à saisir toute cette connaissance qui nous manque, alors que le Tsadik la possède. Nous devons beaucoup œuvrer et accroître notre croyance que les Tsadikim ont en fait accédé au domaine spirituel et sont en mesure de le mettre à la portée du plus petit d'entre nous.
[...]

"Moché a reçu la Loi (Torah) au mont Sinaï et l'a transmise à Yéhochoua. Yéhochoua l'a transmise aux Anciens, et les Anciens aux Prophètes ; ceux-ci, à leur tour, l'ont transmise aux membres de la Grande Assemblée" (Pirké Avot 1,1).
La Loi juive, dans son intégralité, la Torah écrite et orale, a été donnée à Moché par Hachem. Pourquoi ne la donna-t-Il pas directement aux juifs?
... Parce que la lumière de la Torah aurait été trop aveuglante. Etant en soi l'extension de la Sagesse infinie d'Hachem, pas moins, elle est bien trop grande pour être reçue directement par l'individu moyen.
Pour pouvoir soutenir cette lumière, nous avons besoin de "lunettes teintées", sorte de filtre qui "traite" cette lumière et la transforme en quantités supportables. Ce filtre, c'est le Tsadik.
[rav 'Haïm Kramer]

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+ Un Tsadik = un intermédiaire? :

-> Le Tsadik étant quelqu'un qui a réussi à maîtriser la matérialité de ce monde et à s'intégrer dans le royaume de l'esprit, il sert d'agent catalysateur chargé de canaliser la spiritualité dans ce monde.
Ayant accédé à la sagesse et à la compréhension nécessaires pour servir Hachem de façon vraie et correcte, le Tsadik Le sert en révélant Sa volonté à l'humanité et en faisant connaître aux gens Hachem dans tous les aspects de leur vie.
L'individu moyen, étant incapable de percevoir la Volonté divine, doit se tourner vers quelqu'un qui peut le faire. Dans ce sens, le Tsadik est un intermédiaire.

Il y a un autre aspect dans le rôle du Tsadik en tant qu'intermédiaire. Enfants d'Hachem et membres du peuple élu, nous n'avons aucun besoin d'intermédiaire entre Hachem et nous. Mais savons-nous quoi faire? Savons-nous de notre propre chef quelles prières réciter, quelles actions entreprendre? Et qu'arrive-t-il quand nous nous détachons de Hachem par nos méfaits? Qui nous défendra? Qui parlera en notre faveur?
Nous avons besoin de quelqu'un qui, non seulement nous montrera comment nous amender, mais qui prendra notre parti et nous servira d'avocat.
Nos Sages enseignent : "Qui a un malade dans sa famille doit aller chez le sage et lui demander de prier en sa faveur" (Baba Batra 116a).
Le rav Avraham 'Hazan (Biour Halikoutim, 10,17) interprète ainsi cette sentence : "Considérer le Tsadik comme un intermédiaire et un mandataire d'Hachem est absolument interdit. Cependant, se tourner vers lui pour se faire inclure dans ses dévotions, pour obtenir une prière méritoire, est non seulement permis, mais même recommandé."
Dans ce sens, le Tsadik est un porte-parole, un intermédiaire, et même celui qui réconcilie le Père avec son fils.

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-> Nous trouvons également que le Tsadik peut lui-même se trouver tellement éloigné de notre entendement que nous avons besoin d'un intermédiaire entre lui et nous. Ce que le Tsadik dit ou fait est parfois au-delà de l'entendement de l'individu moyen, de sorte que nous avons besoin des services de quelqu'un d'autre, qui est plus proche du Tsadik. Il nous aidera à suivre et à comprendre la voie spirituelle qu'emprunte le Tsadik.
Tout comme le Tsadik sert de médiateur qui nous fait comprendre la volonté de Hachem, cet intermédiaire nous aidera à mieux comprendre la volonté du Tsadik (qui est en tout cas la volonté de Hachem, car il a fait de la volonté d'Hachem sa volonté).

-> En ce sens, rabbi Na'hman de Breslev (Likouté Moharan I, 140) enseigne :
"Le Tsadik ressemble à un tampon en caoutchouc où toutes les lettres sont inversées. A moins qu'on ne l'imprime d'abord sur du papier et qu'on voie ce qui y est écrit, il est pratiquement impossible de savoir ce qu'il dit.
Il en est de même du Tsadik. Il nous est impossible de comprendre ses voies. Mais il laisse son impact sur ses disciples et ce sont eux qui nous permettent de déceler un faible reflet de sa grandeur."

-> Les Rouleaux de la Torah, les Téfilin et les Mézouzot, enseigne le Talmud (Shabbat 108a), doivent être écrits sur la peau d'animaux propres à la consommation.
Rabbi Nathan de Breslev (Likouté Halakhot - Téfilin 5,35) écrit : "Même quelque chose d'aussi matériel que la peau d'un animal, peut être élevé au plus haut niveau de sainteté si on y inscrit les lettres de la Torah."
"C'est ce que le Tsadik a fait de son corps. Il a pris sa "peau" et l'a purifiée" ('Hayé Moharan - 234).

-> En examinant le rôle du Tsadik, nous devons donc comprendre que son niveau spirituel se trouve bien au-delà de ce que nous pouvons même imaginer. Tout Juif peut vraiment accéder à un niveau tel qu'il peut servir Dieu sans recevoir de conseils ou de directives du Tsadik, il peut devenir lui-même un Tsadik, mais l'expérience montre que cest rarement le cas, mis à part des êtres exceptionnels.
Nous avons par conséquent besoin du Tsadik comme intermédiaire.

Le terme intermédiaire a malheureusement été trop souvent utilisé par ceux qui ne comprennent pas ou ne peuvent comprendre ce qu'est un Tsadik. Ils dénigrent et remettent en question son rôle et, en agissant de la sorte, ils induisent les gens en erreur et les éloignent du Tsadik.
Déjà dans les temps bibliques, "les gens raillaient les messagers d'Hachem" (Divré Hayamim II 36,16) ; ces "messagers" n'étaient rien d'autre que les Tsadikim et les Prophètes de cette génération-là.
Tout comme de nos jours, les gens n'avaient aucune conception de la grandeur de ces dirigeants. Ils se croyaient capables de choisir eux-mêmes la voie du service divin, ce qui causa la destruction du Temple et l'exil.

Le concept du Tsadik nous a toujours accompagnés.
Une génération après l'autre a vu ses géants spirituels, des hommes qui menaient, dirigeaient le peuple et agissaient comme intermédiaires pour leurs frères.
Cependant, notre compréhension et notre perception de la Torah diminuent avec les siècles, tout comme notre compréhension et notre appréciation du rôle du Tsadik. Nous devons par conséquent nous attacher aux Tsadikim et nous tourner vers eux pour qu'ils nous dirigent dans la compréhension de la volonté d'Hachem. En acceptant et en suivant leurs conseils, en modelant nos dévotions sur les leurs, nous pouvons tous nous rapprocher d'Hachem par leur intermédiaire.
[rav 'Haïm Kramer]

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+ S'attacher à un Tsadik :

-> "On ne peut accéder à la crainte et à l'amour du Ciel que par l'intermédiaire du Tsadik.
Le Tsadik peut révéler la beauté et la grâce de l'âme juive. Cette âme provient des niveaux les plus sublimes, de la source même de la Création ; sa racine remonte aux sphères célestes, à la Pensée Initiale d'Hachem.
Le Tsadik révèle cette beauté et révèle en même temps la signification profonde de cet amour et de cette crainte."
[rabbi Na'hman de Breslev - Likouté Moharan I 17,1-8 ]

-> "Chaque individu a au moins un trait de caractère où il excelle ; un point par lequel il surpasse de loin son prochain (qui peut lui être supérieur dans plusieurs autres domaines)" (Likouté Moharan I 34,4).

L'individu doit se demander : "Quel trait de caractère me singularise? Dans quel domaine suis-je particulièrement brillant?"
Il a pour cela besoin de conseils judicieux. C'est là que le besoin de s'attacher au Tsadik se fait le plus sentir. C'est lui qui lui révélera le domaine où il excelle, son trésor caché.
Quel est le but de cet attachement? C'est très simple : l'attachement, c'est ce dont l'homme a besoin pour s' "assurer" qu'il suivra de son mieux les conseils du Tsadik, advienne que pourra.
[notre yétser ara a tendance à nous focaliser sur ce qui ne va pas en nous, ou à nous faire oublier ce qu'on a de bien, et le Tsadik est celui qui nous rephase avec ce qu'on est réellement, pour pouvoir passer du potentiel au réel du mieux qu'on peut, et ne pas passer à côté de sa vie (comme le veut notre yétser ara qui nous endort, le temps passant si vite). ]

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-> "Attache-toi aux Attributs d'Hachem ; tout comme Il est miséricordieux, tu dois être miséricordieux; tout comme Il est clément, tu dois être clément" (Shabbath 133b).

-> Le lien que nous cherchons à créer avec le Tsadik est un lien spirituel. Il ressemble en ce sens à celui que chaque juif désire créer entre Hachem et lui : ce lien est naturellement lui aussi spirituel.
Comment peut-on alors s'attacher spirituellement avec Hachem?
Selon nos Sages, nous voyons qu'en suivant l' "exemple" d'Hachem, c'est-à-dire en mettant en pratique Ses Attributs, nous établissons ce lien et cet attachement entre Hachem et nous. En faisant preuve de miséricorde et de clémence, nous nous attachons spirituellement à Lui et ainsi nous nous imprégnons de Divinité.

Il en est de même quand on s'attache au Tsadik. En suivant son exemple et ses attributs, c'est-à-dire en acceptant ses conseils et en suivant ses directives, on se lie à sa personne.
En faisant ce qu'il dit, en agissant comme il le fait, on s'attache spirituellement à lui et on s'imprègne de son intégrité.
Comme enseigne rabbi Na'hman : "Recevoir des conseils d'un Tsadik crée un lien entre celui qui donne et celui qui reçoit. Cela ressemble en quelque sorte à un mariage. Une union se crée entre le Tsadik et la personne qui reçoit ses conseils" (Likouté Moharan I 7,4).

Rabbi Na'hman enseigne aussi que l'on arrive à la spiritualité en écoutant tout ce que dit le Tsadik, sans s'écarter d'un millimètre. Il suffit d'accepter ses enseignements en toute simplicité. (Likouté Moharan I 123)

-> Le Tsadik perçoit avec une acuité incomparable ce que nous devons faire dans la vie (à l'image d'un père avec ses tous jeunes enfants). Plus tard, après vous être fortement attaché au Tsadik, vous arriverez aussi à cette perception.
En ce sens également : "Fais toi un rav, et défais-toi du doute" (assé lé'ha rav, véhistalék min assafék - Pirké Avot 1,16).
Il faut "se faire" un rav, un Tsadik chez qui nous pouvons puiser des conseils judicieux. Non seulement il nous libérera du doute et de l'incertitude, mais il nous guidera sur le bon chemin, rectifiera et perfectionnera notre âme.
Car le Tsadik connaît la source de l'âme de chaque individu et la place qu'il doit atteindre dans les cieux. Il peut nous indiquer la bonne direction et révéler la crainte et l'amour qui existent déjà en nous, la beauté et la grâce au plus profond de notre âme, l'incitant ainsi à s'élever vers sa source.
[d'après le rav 'Haïm Kramer]

-> "Celui qui n'écoute pas et ne suit pas les conseils des Sages peut vraiment arriver à la folie ...
Et même la personne la plus insensée, si elle écoutait les gens normaux et agissait selon leurs dires, se comporterait en personne équilibrée et serait considérée comme telle"
[rabbi Na'hman - Si'hot haRan - 67).
En refusant de suivre leurs conseils, il risque la folie. S'il est sur le mauvais chemin — et il va sans dire que sans directives précises, la vaste majorité des gens s'y trouvent inévitablement — tout ce qu'il essaiera d'entreprendre sera mauvais.

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-> "Il est impossible à l'homme de saisir même la moindre parcelle des enseignements du Tsadik, s'il n'a pas complètement rectifié sa Brit ; c'est-à-dire qu'il doit être très pur et saint.
Les enseignements du Tsadik risquent autrement de le tromper."
[rabbi Na'hman - Likouté Moharan I 36,5 ]

[évidemment qu'on ne doit pas attendre d'être parfait pour se lier au Tsadik, mais plutôt cela doit nous faire réaliser qu'on a besoin d'un réceptacle pur pour recevoir pleinement l'influence du Tsadik.
Si on a une démarche pure (sincère) Hachem nous aidera et guidera sur ce chemin de pureté et de vérité. ]

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+ Le maître et le disciple :

-> Comme nous l'avons vu, on accède à sa propre voie de croissance spirituelle en recevant les conseils du Tsadik et en s'attachant à lui.
Rabbi Na'hman parle des visites au Tsadik comme de "quelque chose dont dépend le judaïsme tout entier" (Likouté Moharan I 66,4).
Cependant, une personne peut être amenée à se demander : "Qu'ai-je à faire avec un Tsadik aussi exceptionnel? Je ne cherche pas à accéder à des niveaux tellement élevés pour avoir besoin d'un maître aussi saint et important. Je me contente de mon niveau actuel ou au maximum, pour commencer, de celui de mon chef spirituel local. Je pourrai par la suite m'efforcer de chercher un plus grand maître. Pourquoi chercher maintenant un Tsadik d'une telle envergure?"

-> Rabbi Na'hman de Breslev (Likouté Moharan I 30,2) enseigne :
"On ne devrait jamais se satisfaire d'un maître moins compétent.
On ne devrait jamais penser qu'il suffit de ressembler à un tel rabbin, à un tel maître, ...
Plus l'individu est ou s'imagine insignifiant, plus il a besoin d'un grand maître pour le guider.
Celui qui est légèrement malade va consulter son médecin de famille ; celui qui est plus gravement malade demandera l'avis d'un spécialiste ; quant à celui dont la maladie est des plus graves, il aura à cœur de consulter les professeurs les plus éminents.
Il en est de même dans le domaine spirituel. Plus l'individu est éloigné d'Hachem, plus il est ancré dans le matériel, plus il a besoin d'un guide qui lui insuffle la sagesse céleste nécessaire à sa guérison spirituelle."

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-> Le Arizal (Chaar Haguilgoulim - 38) écrit que les âmes de la majorité des gens ressemblent en fait à des feuilles qui poussent sur les branches d'âmes plus grandes, celles des Tsadikim.

Chaque Tsadik possède ainsi ses "feuilles" dont il est responsable. Plus le Tsadik est grand, plus ces âmes sont nombreuses. Et le Tsadik authentique a toutes les âmes sous son autorité.
Rabbi Na'hman (Likouté Moharan I, 70) enseigne : "Il existe un Tsadik qui est le fondement du monde. En lui sont enracinées toutes les autres âmes, même celles des Tsadikim. Certains Tsadikim constituent les branches [principales], d'autres les rameaux de ces branches."
Commentant le verset : "600 000 âmes sont celles qui sont à mes pieds" (chéch méot élef ragli - Béaaloté'ha 11,21), le Arizal écrit que "toutes les 600 000 âmes juives n'étaient que des parties de l'âme de Moché" (Chaar Hapéssoukim 2,3 ; cf. Likouté Torah - Béaaloté'ha où il est expliqué que le Prophète Eliyahou accéda au même niveau).

-> Le Tsadik est un homme qui a plusieurs faces. Dans le conte de Rabbi Na'hman, "le Baal Téfilah" (le Maître de la Prière) était une sorte de caméléon habile, capable d'adapter ses paroles à la pensée spécifique de chacun, quel que fût son interlocuteur (Les Contes - n°12).

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-> "Les Tsadikim sont appelés les "yeux de la communauté" (Horayoth 5b).
Nos yeux s'ouvrent grâce aux Tsadikim, et nous voyons alors notre véritable apparence, l'image de ce que nous sommes réellement."
[Rabbi Na'hman de Breslev - Likouté Moharan II, 67 ]

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+ Trouver le Tsadik qu'il faut suivre :

-> C'est seulement par une recherche constante et inlassable, tout comme on recherche le compagnon parfait ou qu'on vise un excellent emploi ; tout comme on désire le meilleur foyer, on doit déployer tous ses efforts pour essayer de trouver le vrai chef spirituel. C'est ce que Rabbi Na'hman nous conseille
(Likouté Moharan I 30,2)

-> Nous devons prier Hachem de nous diriger vers la vérité, de nous faire trouver le Tsadik authentique.
Le moyen de le chercher est limité par notre connaissance ... Ce que nous comprenons de la spiritualité nous guidera vers ce que nous pensons être vrai (selon notre racine d'âme, et notre reparation dans ce monde). La prière peut cependant nous faire accéder à un plus haut niveau spirituel, aux plus hauts niveaux, en fait. Elle peut nous élever bien au-delà de nos capacités et nous permettre de trouver le Tsadik authentique.
[rav 'Haïm Kramer]

-> Rabbi Nathan de Breslev (Likouté Halakhot - Shabbath 5,13) enseigne :
"Les gens éprouvent un grand trouble dans leur recherche du Tsadik, et plus particulièrement du Tsadik authentique. Il y a tout d'abord les faux dirigeants, ceux qui fondent leur enseignement de la Torah sur la philosophie et l'athéisme. Ce ne sont pas du tout des chefs spirituels."

-> La guémara (Shabbath 69b) enseigne : "Quiconque s'est perdu dans le désert et ne sait pas quel jour c'est, doit compter six jours et considérer le septième comme Shabbath.
Il doit en observer toutes les lois, à l'exception du minimum de travail qu'il doit fournir pour rester vivant. Pendant les "jours de la semaine", il doit également veiller à vivre chaque jour comme si c'était Shabbath. La seule différence entre son Shabbath et ses jours de semaine est qu'il fait le Kidouch et la Havdalah le jour de repos qu'il s'est choisi. Il doit agir de la sorte jusqu'à ce qu'il trouve le vrai jour du Shabbath."

Rabbi Nathan de Breslev compare cette loi au dilemme qui se présente à qui recherche le Tsadik authentique. Le Zohar (III, 144b) compare le Tsadik au Shabbath. Quiconque recherche le Tsadik authentique et ne le trouve pas, doit accepter tous les Tsadikim. Il faut néanmoins qu'il en choisisse un comme son "Shabbath", son dirigeant spirituel, jusqu'à ce qu'il puisse trouver le Tsadik authentique.
Il doit s'engager pendant ce temps à un minimum de travail afin d'utiliser le temps dont il dispose pour la recherche du Tsadik. Ce n'est pas facile.
Il ressemble à celui qui s'est égaré dans le désert. Tout dépend cependant en fin de compte de l'intensité de sa volonté dans cette recherche. S'il est animé d'un désir assez fort, rien ne peut lui faire obstacle.
[Likouté Halakhot - Shabbath 5,13 ]

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