L’humilité – Quelques réflexions de nos Sages

+ L’humilité – Quelques réflexions de nos Sages :

-> Le ‘Hazon Ich disait que l’humilité c’est avoir une compréhension objective de qui nous sommes.

Par exemple, si quelqu’un mesure plus de 2 mètres, il doit reconnaître qu’il est largement plus grand que les autres.
N’y étant pour rien, d’un côté, il n’a aucune raison de s’en vanter, mais d’un autre côté, cela serait de la fausse modestie que de nier cette vérité.

La situation est la même lorsque Hachem nous dote de capacités, de situations, … qui sont avantageuses au-delà
de la moyenne.

<—–>

-> Le fait de savoir que nous avons tous en nous une partie divine (l’âme), doit générer un sentiment de grande dignité et une conscience que nous avons des potentialités énormes (puisque divines!).

[D. me donne une partie de Lui-même, faisant de moi une sorte de mini-dieu!]

Cette réalisation de notre grandeur doit se faire en parallèle d’une humilité extrême, au regard de notre trop faible exploitation de nos potentialités pour faire la volonté de Hachem.

[Rabbi Moché Feinstein – Michnat Rabbi Aharon]

=> Plus on en vient à prendre conscience de notre réelle valeur interne, plus on en vient à réaliser ce que Hachem attend de nous.
C’est cela l’humilité : être un juif conscient et responsable des incroyables ressources dont Hachem nous dote.

-> Le ‘Hafets ‘Haïm a dit à un homme faisant preuve d’une humilité exagérée : « Pourquoi te fais-tu si petit alors que tu n’es pas si grand? »
=> L’orgueil est le fait de se voir trop grand ou trop petit.
L’humilité, c’est connaître sa place, connaître ses forces et ses faiblesses, et les exploiter au mieux.

<——>

-> « S’enorgueillir de la conscience de notre grandeur et de l’origine très élevée de notre âme, n’est pas seulement acceptable, c’est en réalité une obligation.
C’est un devoir impératif que de reconnaître nos qualités et de vivre en y étant conscient. »
[Rabbi Avraham Grodzinsky – Torat Avraham]

-> « L’orgueil est un effort par lequel une personne essaie de surmonter un sentiment de manque de valeur de soi-même »
[Rabbénou Yona]

A l’inverse, l’humilité est le signe que l’on se sent si bien avec soi-même, que nous n’avons pas besoin de prouver notre valeur par le biais d’autrui, en exagérant à leurs yeux ce que l’on est réellement.
En effet, lorsqu’une personne ne prend pas la peine de se connaître et de s’apprécier, elle va alors faire dépendre son bonheur de l’approbation que vont lui témoigner les autres personnes.

A ce sujet, le rav Israël Salanter dit : « Il n’y a pas de personne plus dans le besoin que celle qui poursuit les honneurs. »

-> Une personne qui n’apprécie pas sa propre valeur est incapable d’apprécier l’importance d’autrui.
[Rabbi Yaakov Yossef de Polonne – un des 1ers élèves du Baal Chem Tov]

-> L’humilité est un sens qui vient de l’intérieur. Lorsque cela implique des choses venant de l’extérieur, c’est une indication que ce n’est absolument pas de la vraie humilité.
[Rav Ména’hem Mendel de Kotzk]

-> « L’homme qui s’enorgueillit et se vante de ses qualités, révèle ses défauts.
Par son orgueil, il dévoile à tous son imperfection et sa sottise. »
[Noam Eliméle’h – Yitro (20,23)]

-> « Un être ne peut être complet que s’il a conscience d’avoir un manque »
[Maharal de Prague]

=> Une personne orgueilleuse se pense au-dessus de tout, et ainsi elle n’est plus dans une démarche de se remettre en question, chose indispensable pour aller de l’avant.

<—>

-> Les 3 clefs qui permettent à une personne de trouver grâce aux yeux d’Hachem sont : l’humilité, l’étude de la Torah avec amour et le savoir-vivre (déré’h érets), c’est-à-dire des comportements de moralité élevée, aux mœurs raffinées, conformes à l’esprit de la Torah.
[rabbi ‘Haïm Chmoulévitch – Si’hot Moussar (si’ha 4)]

<——->

-> « Fruits de l’humilité : la crainte de Dieu, richesse, honneur et vie! » (Michlé 22,4)

Le Noam Elimélé’h (Ekev) enseigne :
L’humilité est la racine et la source de tout ce qui est saint (kadoch), c’est la fondation de toute chose.
« Fruits (ékev) de l’humilité (anava) ». Le mot : ékev, signifie aussi : « le talon du pied », puisque le pied supporte le corps entier.
De même, il doit y avoir un élément d’humilité dans tout ce qu’une personne fait.
[l’humilité étant le support de toute action, à l’image du talon dans le déplacement d’une personne.]

<——->

-> La Torah protège et délivre une personne. Cependant, cela ne s’applique uniquement lorsqu’une personne est humble.
[Noam Elimélé’h – Ki Tétsé]

<——->

-> Une personne humble réalise que rien ne lui est dû, et ainsi elle se sent satisfaite avec ce qu’elle a.
Un telle personne n’élève pas son regard sur ce qui est au-dessus d’elle.
Elle a constamment une tranquillité d’esprit et ressent un joie de vivre.
[rabbi de Vizhnitz – rabbi ‘Haïm Meïr Hagar]

[si on pense par orgueil qu’absolument tout nous revient, alors s’il nous manque une miette parmi tout, alors nous ne sommes pas satisfait.
A l’inverse, si on considère que rien ne nous est un dû, alors nous sommes toujours satisfait car nous avons plus que rien dans notre vie.
Ce que l’on a, est ce que Hachem considère comme étant le mieux pour nous afin de mener à bien la mission de notre vie dans ce monde.]

<——->

-> Voir également à ce sujet (b’h) :
https://todahm.com/2018/12/25/lhumilite-quelques-citations-de-nos-sages
https://todahm.com/2018/10/10/fierte-detre-juif-et-conscience-de-sa-grandeur
https://todahm.com/2014/08/07/humilite-connaitre-sa-place

<——————————>

-> « Considère 3 choses et tu n’en viendras pas à la faute : sache d’où tu proviens, où tu aboutiras et devant qui tu es appelé à rendre compte. » (Pirké Avot 3,1)

Le Alshich haKadoch dit qu’on y voit toute la dualité d’un juif :
– d’un côté on sera toujours un fils aimé de Hachem (fait à son image, donc divin!),
– mais d’un autre côté, on provient d’une goutte puante, on finira comme poussière mangée par les vers, et on devra rendre des comptes avec précision devant D., sans possibilité de rien cacher ou pouvoir baratiner.

[On ne nous demandera pas si on a été plus fort que notre prochain, mais : qu’est-ce que TU as fait de ta vie par rapport à ce que TU aurais pu en faire? ]

=> Selon les situations de la vie, il faut savoir utiliser intelligemment : le fait que le monde n’existe que grâce à moi (pour sortir de la déprime, de la tristesse), et le fait que je ne suis que poussière (pour redescendre de notre nuage d’orgueil).

<—–>

-> « Sois excessivement humble, car l’espérance de l’homme est dans la vermine. » (Pirké Avot 4,4)

Selon le Zohar, l’homme a une tendance naturelle à penser qu’il fait partie d’un groupe de personnes qui est immortel, contrairement au restant de l’humanité.
La prise de conscience que nous sommes tous de bref passage sur la scène de ce monde, que nous finirons dévorés par les vermines, doit nous conduire à la plus grande humilité.

[la mort et les vers ne font pas de différence à savoir si c’est la personne la plus riche au monde, la plus importante, … Qui que nous soyons, notre finalité est de servir de nourriture à une simple vermine!]

<—–>

-> Rabbi Yo’hanan ben Zakaï disait : « Si tu as appris beaucoup de Torah, ne t’en fais pas l’éloge, car c’est dans ce but que tu as été créé. » (Pirké Avot 2,8)

Le Ramban (dans sa Iguérét) rapporte qu’en s’enorgueillant de sa richesse, de son intelligence, de sa force … en réalité on s’approprie tout le mérite de choses qui proviennent à 100% de Hachem (allo lélokim ou!), c’est se revêtir des habits Divins et s’en attribuer les mérites.

C’est pourquoi le ‘Hida enseigne qu’il n’est pas nécessaire de travailler directement son humilité. En effet, il nous suffit d’acquérir le caractère d’être vrai, et notre orgueil disparaîtra d’elle-même.

[Il faut être honnête avec soi-même et prendre conscience de tout ce que fait Hachem pour nous (ex: je peux respirer, voir, entendre, bouger, penser, …)]

<——————->

-> Le roi David marchait toujours les yeux regardant vers le bas (par humilité), provenant de la crainte de son Créateur.
[Zohar, Chémot 101b]

Dans le Téhilim 131, il est écrit : « Cantique des degrés. De David. Hachem, mon cœur n’est pas gonflé d’orgueil », lorsque Chmouël oint roi, « mes yeux n’ont pas été hautain » lorsque j’ai tué Goliath …

Selon le Avot déRabbi Nathan (40,14), tout celui qui voit le roi David dans un rêve doit se tourner vers l’humilité.

<—–>

-> « Noa’h trouva grâce aux yeux de Hachem » (Béréchit 6,8)

-> Le mot : « matsa (trouva – מָצָא) a la même valeur numérique que : « anava » (humilité – ענוה), allusion au fait que Noa’h a trouvé grâce aux yeux de Hachem par le mérite de son humilité.
Hachem aime les humbles.
[Tsoar haBayit]

<—–>

-> L’essentiel de la Création du monde réside dans l’humilité.
Le midrach (Béréchit rabba 8,8) enseigne que quand Hachem a voulu créer l’homme, il a pris conseil auprès des anges du Service.
Cela nous enseigne que le monde a été créé par l’humilité, car le Roi du monde s’est abaissé, et a pris conseil des anges du Service.

<—–>

-> Selon le rav Dessler, les 3 étapes de prosternation durant la prière renvoient au processus interne suivant :
– 1ere étape : barou’h = Tout d’abord, nous reconnaissons D. comme la source de toutes les bénédictions, et nous prenons conscience de notre petitesse. [on courbe le dos ou fléchit les genoux]

– 2e étape : « ata » = nous nous heurtons alors à l’essence divine, et nous nous annulons. [en baisant plus fortement la tête]

– 3e étape : « Hachem » = on se redresse jusqu’à dire le nom de D., qui jaillit des profondeurs de notre intériorité : nous reconnaissons pleinement Hachem.

=> C’est cette capacité à annuler notre égo, qui nous permet de nous tenir debout et de vivre un moment intense de révélation divine (amida).

-> La guémara (Béra’hot 34) fait remarquer que le Cohen Gadol et le roi d’Israël, qui ont une très haute position sociale, doivent davantage se prosterner pour combattre la tendance naturelle à l’arrogance.

[ainsi, selon l’avis du Gaon de Vilna, le Cohen Gadol doit se prosterner au début et à la fin de chaque bénédiction, et le roi du début à la fin de la amida.]

<——————->

-> Selon le rav Ben Tsion Abba Chaoul :

– concernant le futur = nous devons être plein d’orgueil, du fait de pouvoir réaliser la volonté de Hachem.

[Ce sentiment de fierté est sain, productif, et il témoigne de notre amour pour D., de notre joie de nous consacrer à son service.
Par exemple, nous devons répondre avec plein d’orgueil à notre yétser ara qui nous pousse à la faute : « Tu sais qui je suis : un prince, un fils du Roi des rois! Alors comment oses-tu me déranger pour une chose si minable, honteuse pour quelqu’un de mon rang! »]

– concernant le passé = nous devons rester humble, car « Tout cœur hautain est en horreur à Hachem » (Michlé 16,5).

<—>

-> « Ainsi parle Hachem : Que le sage ne se glorifie pas de sa sagesse, que le fort ne se glorifie pas de sa force, que le riche ne se glorifie pas de sa richesse!
Que celui qui se glorifie se glorifie uniquement de ceci : d’être assez intelligent pour me comprendre et savoir que je suis Hachem, exerçant la bonté, le droit et la justice sur la terre, que ce sont ces choses-là auxquelles je prends plaisir »

[Yirmiyahou 9,22-23]

À propos kol26
rak kol26. Tous unique, tous unis!

3 Responses to L’humilité – Quelques réflexions de nos Sages

  1. Ping: L’humilité – Quelques citations de nos Sages | Aux délices de la Torah

  2. Ping: L’orgueil – Quelques citations de nos Sages | Aux délices de la Torah

  3. Ping: Aux délices de la Torah

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :