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Un jeûne = un sacrifice de soi à Hachem

-> Lorsqu’une personne jeûne, cela tient lieu d'un sacrifice (un korban à Hachem).
Tout comme le sang et les graisses sont prélevés sur un animal offert en sacrifice, de même, lorsqu’une personne jeûne, elle donne une partie de ses propres graisses et de son propre sang.
Lors d’un jour de jeûne, une personne doit également faire un don à la tsédaka, à l’instar de la portion du sein de l’offrande qui est donnée au Cohen, afin que son offrande soit complète ...

En réalité, un jeûne doit s’apparenter à un sacrifice de deux manières.
Premièrement, tout comme la graisse et le sang d’une offrande sont donnés à Hachem, de même, lorsqu’une personne jeûne, elle renonce à sa graisse et à son sang.
Deuxièmement, tout comme la partie de la poitrine d’une offrande est donnée au Cohen, de même, lorsqu’une personne jeûne, elle doit donner la tsédaka, et la tsédaka lui apporte du mérite en Haut.
[...]

Il faut comprendre que c’est la tsédaka qui réveille les mérites de cette personne au Ciel.
[rabbi Yaakov Abou'hatséra - Pitou'hé 'Hotam - Tsav 7,29-30]

Ressentir la perte du Temple

+ Ressentir la perte du Temple :

-> Le rav Aharon Leib Steinman fait remarquer : de nos jours, les gens ont du mal à ressentir la perte du Temple. La différence entre notre génération et les précédentes est très marquée à cet égard. En Europe, même le juif le plus simple se levait à minuit pour réciter le tikoun 'hatsot en versant de nombreuses larmes (sur la destruction du Temple).

De même, la guémara (Kétoubot 62a) rapporte qu’un non-juif poursuivait un jour un juif, mais vit qu’il ne pouvait le rattraper. Il mentionna alors le fait que le Temple avait été détruit, ce qui affaiblit le juif et lui permit de le rattraper. Tel était l’effet que la destruction avait sur les juifs des générations précédentes.

Le rav Steinman explique qu’autrefois, l'exil était beaucoup plus manifeste. Les juifs souffraient énormément des persécutions des non-juifs et vivaient également dans une extrême pauvreté. Il leur était donc plus facile de ressentir une nostalgie du Temple.
En revanche, nous vivons dans un confort relatif et ne souffrons pas beaucoup de la part des non-juifs.

Nos Sages (Taanit 30b) nous disent qu’une personne doit s'attrister sur le Temple en le pleurant comme un avel (comme quelqu'un qui a perdu un être cher, et qui en prend le deuil).
Il faut visualiser ce que l’on ressent lorsqu’un être cher décède, et essayer de ressentir la même chose face à la perte du Temple.

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[ainsi, d'un côté Hachem fait en sorte que notre exil soit plus agréable, mais nous devons faire en sorte de prendre un moment pour malgré tout ressentir l'amertume de l'exil, et en venir à pleurer la perte du Temple.
(sinon, D. préserve, Hachem risque de nous envoyer des difficultés/malheurs pour qu'on en vienne à ce constat!) ]

Exiger le Temple

+ Exiger le Temple :

-> Trois fois par jour, nous récitons la Amida, nous demandons à Hachem de reconstruire Jérusalem : "vélirouchalayim ire''ha béra'hamim tachouv vétichkon béto'ha kaasser dibarta" (et à Jérusalem, Ta ville, puisses-Tu revenir dans Ta miséricorde, et puisses-Tu y reposer, comme Tu l'as dit).

Cela ne doit pas être considéré comme une simple demande, mais plutôt comme une exigence qu'Hachem tienne Sa promesse et reconstruise Jérusalem : "comme Tu l'as promis!" (kaacher dibarta). Nous disons à Hachem que nous voulons qu'Il tienne Sa promesse de reconstruire et de restaurer Tzion.

Rabbi 'Haïm Kanievsky cite un Yalkout Shimoni (Shmouël II remez 165) étonnant.
Ce midrach enseigne que la raison pour laquelle de nombreux soldats sont morts à l'époque du roi David est qu'ils n'ont pas exigé la construction du Temple.
Ces soldats, ajoute le midrach, n'avaient jamais vu le Temple (qui ne sera construit qu'après la mort du roi David), mais ils ont été blâmés pour ne pas avoir exigé sa construction, et ils l'ont payé de leur vie.

=> Nous devons tirer les leçons de ce récit et prendre la résolution d'exiger de tout cœur qu'Hachem reconstruise immédiatement le Temple.

Le Shabbath avant le 9 Av est appelé Shabbath 'Hazon (Shabbath de la contemplation, de la vision).
Nous lisons la Haftara : 'hazon Yéchayahou (Vision de Yéchayahou, fils d'Amots, qui prophétisa sur Yéhouda et sur Jérusalem - Yéchayahou 1,1).
Imaginez à quoi ressemble la vie d’un juif lorsqu’elle est remplie de sainteté et de purification, de crainte de Hachem et de joie avec Lui.
[rav Yaakov Landau]

=> Plus nous faisons l'effort de visualiser ce que nous perdons en l'absence du Temple, plus nous pouvons pleinement en prendre le deuil, et espérer de tout cœur sa reconstruction au plus vite.

[c'est un moment où l'on réalise ce qui est vital pour nous, et ce qui est futile. ]

Depuis le jour où le saint Temple a été détruit, il n'y a plus de rire devant Hachem.
[guémara Avodah Zara 3b ]

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-> Rabbi Chimon bar Yo'haï dit : "Venez voir combien Israël est aimé d'Hachem : partout où le peuple juif est exilé, la Présence Divine (Chékhina) est avec lui."
[guémara Méguila 29a]

La mort d’un tsadik, similaire à une destruction du Temple

+ La mort d'un tsadik, similaire à une destruction du Temple :

-> Lorsqu'un grand tsadik (juste) disparaît, le monde juif tout entier est plongé dans le deuil, et même si l'on ne connaissait pas personnellement le tsadik, la perte est palpable. Pourquoi en est-il ainsi?

Le guémara (Béra'hot 8a) affirme que lorsque le Temple a été détruit, une partie de la présence Divine (Chékhina) a été enlevée. Où se trouve la manifestation de D. après la destruction?
Le guémara répond dans les 4 coudées de la Halakha (loi juive).
["Tout ce qu'Hachem a dans ce monde, ce sont les 4 coudées de la Torah" (én lo l'Hachem béolamo éla arba amot chel halakha bilvad) ]

Le Rambam interprète cette déclaration comme signifiant que la présence de D. repose sur les tsadikim (les justes) de chaque génération.

Peut-on alors s'interroger sur la réaction du peuple juif à la disparition d'un tsadik?
Lorsqu'un tsadik quitte ce monde, c'est comme si devant nos yeux le Temple avait été détruit, et nous sommes affligés et pleurons en conséquence.
[ rav Yonathan Eibshitz - Yaarot Dvach 2,3 ]

Tout ce qu'une personne rectifie contribue à la construction de la Jérusalem qui est au Ciel, une pierre à la fois.
C'est pourquoi nous disons [la bénédiction] "qui construit Jérusalem", parce que chaque jour, il se construit lentement.
[ rabbi Shmelke de Nikolsburg - Divré Shmouel - Bé'houkotaï - p.132 ]

"C'est dans l'exil que le peuple juif a les plus grandes opportunités de croissance spirituelle".
[Sfat Emet - Vaéra 5646]

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-> Le Ram'hal (Daat Tévounot 40), le Kli Yakar (Béréchit 30,1) et le rav Shamshon Raphael Hirsch (Béréchit 2,17) font tous écho au thème selon lequel, puisque l'exil apporte la kappara (l'expiation de nos fautes), nous devrions être reconnaissants pour cette opportunité d'obtenir le pardon et de grandir positivement.

=> L'exil renvoie à une période de difficulté/obscurité spirituelle, ainsi la souffrance afférente génère une expiation de nos fautes et de grandes opportunités de croissances spirituelles.

Lorsqu'une personne pleure la destruction du Temple, ses larmes ont [toujours] un véritable impact au Ciel.
[rabbi Lévi Its'hak de Berditchev - Kédouchat Lévi - Eikha 1,2 ]

Notre émouna reconstruira le Temple

+++ Notre émouna reconstruira le Temple :

"Jérusalem ne fut détruite que parce que les gens de foi disparurent d’elle" [guémara Shabbath 119b]

=> Ainsi le manque de foi fut la raison qui provoqua la destruction du Temple et de Jérusalem.
Dès lors, on en déduit que le renforcement de notre foi (émouna) permet de hâter la reconstruction du Temple dans toute sa splendeur et d'amener la guéoula, comme nos Sages (midrach Tan'houma Béchala'h 10) l’enseignent : "Et les exilés ne seront amenés à être délivrés à l’avenir que comme récompense de la foi".

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-> La guémara (Yoma 9b) enseigne : "Le premier Temple, pourquoi fut-il détruit? A cause des 3 choses qui y régnaient : l’idolâtrie, la débauche et le meurtre … Ils étaient fauteurs, mais ils plaçaient leur confiance en Hachem.
Mais le deuxième Temple, où ils étudiaient la Torah, pratiquaient les mitsvot et la bienfaisance, pourquoi fut-il détruit? Parce qu’il y régnait la haine gratuite."
[il est enseigné également au même endroit : "les premiers, leur faute était dévoilée, dès lors, la fin (de leur exil) leur fut dévoilée ; les derniers dont la faute n’était pas dévoilée, la fin (de l’exil) ne leur fut pas dévoilée"].

-> Selon la guémara (Yérouchalmi Yoma 1,3) : "Nous avons trouvé que le Temple ne fut détruit une première fois que parce qu’ils étaient idolâtres, qu’ils se débauchaient et commettaient le meurtre ; mais dans le deuxième, nous savons qu’ils étudiaient avec effort la Torah, et qu’ils veillaient à accomplir les mitsvot et à prélever la dîme, et qu’ils possédaient toutes les bonnes habitudes.
Cependant, ils aimaient l’argent et se vouaient les uns aux autres une haine gratuite. Or, la haine gratuite est aussi grave que l’idolâtrie, la débauche et le meurtre."

Le Gaon de Vilna explique que la racine de la haine gratuite réside dans un manque d’émouna.

-> Le rav Elimélé'h Biderman explique :
qui hait son prochain gratuitement? En général, il le hait parce qu’il lui a causé un préjudice ou l’a humilié, volé ou pour beaucoup d’autres raisons possibles. Pourquoi, dès lors, cette haine est-elle considérée comme "gratuite" puisqu’elle a une cause qui a entraîné que son cœur soit rempli de haine?

On est forcé de dire que s’il avait eu la émouna que ce n’est pas son prochain qui lui a causé du tort, mais Hachem (dans les moindres détails), un homme n’étant pas en mesure de provoquer la moindre perte à son prochain même d’un demi centime ou la moindre peine/douleur si cela n’a pas été décrété dans le Ciel auparavant, sa haine aurait disparu sur le champ.
Il en résulte que s’il en éprouve, c’est le signe indéniable qu’il a perdu de sa émouna, et donc que sa haine est gratuite puisqu’en vérité, ce n’est pas son prochain qui est coupable.

C’est pourquoi, à l’époque du 1er Temple, ils étaient certes très fauteurs et leurs actes étaient très mauvais, puisqu’ils transgressaient des interdits pour lesquels un homme est tenu de donner sa vie plutôt que de les enfreindre, néanmoins, leur cœur était très bon. Ils plaçaient leur confiance en Hachem, et la valeur de cette confiance surpasse tout. Aussi, la fin de leur exil leur fut dévoilée.
En revanche, à l’époque du 2e temple, leur faute n’était pas dévoilée, car extérieurement, ils étaient justes, bons, pieux et érudits en Torah. Cependant, dans leur cœur (dissimulé du regard d’autrui), régnait entre eux la haine gratuite qui provenait d’un manque de émouna. Pour cette raison, la fin de leur exil ne leur fut pas dévoilée, car l’absence de émouna est pire que tout, et entraîne jalousie et haine. Cette attitude fut si grave que la fin de leur exil ne leur fut pas dévoilée.

Le meilleur moyen pour un homme de s’éloigner de la haine gratuite est donc de se renforcer dans la émouna que tout ce qui lui arrive est le fruit d’un décret Divin et que son prochain n’est qu’un émissaire qui accomplit sa mission ; pourquoi dès lors, s’en prendre à lui puisque c’est Hachem qui l’a envoyé?

Et c’est selon ce principe que certains tsadikim (rapporté par exemple au nom du Yisma’h Moché) expliquent la guémara (Béra'hot 33a) : "Rabbi Eliézer dit : ‘Tout homme qui possède de l’intelligence est digne que le Temple soit reconstruit de ses jours’." [kol adam chéyech bo déa ké'ilou nivra haMikdach béyamav]
A priori, quel rapport existe-t-il entre l’intelligence et la reconstruction du Temple? Quelle grandeur et quelle qualité si importante en rapport avec ce sujet possède celui qui est doté d’intelligence?
C’est qu’en fait, puisque le Temple fut détruit à cause de la haine gratuite, et que l’amour gratuit est la clé de sa reconstruction, celui qui possède l’intelligence sait discerner la racine des choses.
Il sait que si l’on a bafoué son honneur, c’est parce que cela a été décrété dans le Ciel. Il n’en viendra donc pas à la haine gratuite. Dès lors, c’est comme si le Temple était reconstruit de son temps.