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Une réprimande naît de la proximité

-> Un signe significatif de la proximité entre Hachem et Son peuple s’est manifesté à un moment où il semblait que nous étions le plus éloignés. Lorsque peuple juif venait à Jérusalem pour les Shalosh Régalim, on pouvait voir la proximité entre l'assemblée d'Israel et Hachem à travers les Kérouvim (chérubins) sur la paro'hét, qui s’unissaient miraculeusement en signe de cette proximité.
Lorsque le peuple juif accomplissait la volonté d'Hachem, les kérouvim se faisaient face.
Lorsque le peuple juif n’accomplissait pas la volonté d'Hachem, les kérouvim se détournaient l’un de l’autre. [guémara Baba Batra 99a]

Cependant, bien que l’on puisse supposer que lors de la destruction du 2e Temple, les kérouvim se seraient détournés l’un de l’autre, ce ne fut pas le cas. Au contraire, la proximité entre Hachem et le peuple juif transparaissait à travers les kérouvim, ce qui poussa ceux qui détruisaient à ce moment le Temple à se moquer de ces kérouvim en position si intimes (dans un lieu normalement si saint). [Yoma 54b]

L’étreinte des kérouvim au moment de la destruction du Temple témoignait de l’amour d'Hachem pour Son peuple, comme cela avait toujours été le cas. Cette étreinte montrait au peuple juif que ce n’est qu’après avoir manifesté Son amour profond pour lui qu'Hachem avait donné libre cours à Son attribut de justice (rigueur) pour détruire le Temple.
Une véritable réprimande et un véritable châtiment ne peuvent provenir que d’un amour sincère envers celui qui est réprimandé.
[rav 'Haïm Shmoulévitz - Si'hot Moussar 85]

=> Hachem nous enseigne que même pris d'une grande colère, on doit d'abord réveiller autant que possible notre amour envers autrui, avant d'en venir à le réprimander.
A l'image des chérubins, d'abord met ton coeur totalement face à celui d'autrui (en l'aimant, en le comprenant, en voulant son bien), et ensuite tu peux réagir.

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-> La destruction du Temple fut une manifestation de la miséricorde de Hachem, car Il déversa Sa colère sur un édifice inanimé et épargna ainsi le peuple.
[midrach Eikha raba 4,14]

La sinat ‘hinam

1°/ découle du fait de trop s'aimer :

-> À l’époque du 2e Temple, le peuple juif étudiait la Torah et accomplissait les mitsvot. Pourtant, il fut détruit à cause de la sinat 'hinam. [Maharcha - Guittin 55b]

-> Selon l'Atler de Kelm ('Hokhma ouMoussar 2:161), la sinat 'hinam découle d’un amour excessif de soi-même, qui se transforme ensuite en haine envers autrui.

Une telle haine est 'hinam (gratuite), c’est-à-dire sans raison. On n’a aucun objectif à atteindre, et on n’accomplira rien avec une telle haine. Le feu de l'orgueil alimente cette haine, poussant à vouloir être au sommet et à ne pas pouvoir tolérer le succès ou l’existence d’autrui. [rav Eliyahou Dessler - Mikkhtav méEliyahou 3:215]

Il faut certes s’aimer soi-même, mais pas au point que cet amour se transforme en haine envers autrui. [rav Wolbe - Alé Sor II, p.509]

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2°/ découle d'un manque de bita'hon :

-> La racine de toute sinat 'hinam (se matérialisant en jalousie et haine d'autrui) réside dans un manque de midat bita'hon. Une personne qui possède une solide assise en tant que baal bita'hon n’est jamais dérangée par de mauvaises midot envers autrui.
Cette personne est toujours en "relation" avec Hachem ; elle prie sans cesse Hachem, lui demande et espère, sachant que Hachem est la source de toute bénédiction pour elle et pour son prochain juif. Elle sait qu’elle ne peut rien gagner ni perdre vis-à-vis d’autrui à moins que Hachem ne le décrète ainsi.
[ex: il n'y a pas de concurrence en autrui, puisque aucun centime, bien, qualité, ... ne peut venir ou partir sans un accord du Ciel, et Hachem peut donner l'infini à chacun. ]

À l’époque du 1er Temple, ce sentiment de bita'hon était profondément enraciné. Le yétser ara les faisait trébucher dans d’autres domaines, et même lorsqu’ils fautaient, cela n’entraînait qu’un bref exil de 70 ans.
Cependant, à l’époque du 2e Temple, l’absence de bonnes midot indiquait qu’Israël n’était pas en "relation" avec Hachem. Leur bita'hon était plus faible qu’à l’époque du 1er Temple, et par conséquent, ils ne vivaient pas correctement sous la hachgakha d'Hachem. Leur haine et leur jalousie ont conduit à un exil qui se poursuit encore aujourd’hui.
Lorsque le cœur d’une personne est fort en bita'hon, lorsque sa sécurité et sa confiance reposent entièrement en Hachem, elle est libérée d’une vie de soucis et n’est jamais prisonnière d’une haine ou d’une jalousie infondée envers autrui.
[rav Nathan Wachtfogel - Léket Réchimot , Even Shéléma 3]

-> Nos Sages (Tana déBé Eliyahou Zouta 14,5) affirment que ce n’est pas la douleur de l’exil qui provoque la guéoula, mais plutôt dix juifs assis ensemble et s’appliquant à l’étude de la Torah.
Nous constatons aujourd’hui qu’il y a tant de personnes qui s’assoient pour étudier, et pourtant le machia'h n’est toujours pas venu. Que manque-t-il?
Ils doivent "s’asseoir ensemble", ils doivent faire preuve d'unité, sans qu’aucune barrière de mauvais midot ne les sépare. Les mauvais midot, cause première de cet exil (galout), sont ce qui empêche le machia'h de venir.
[rav Nathan Wachtfogel - Léket Réchimot ]

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-> Ces midot ne se limitent pas aux relations avec les autres. On peut agir de manière négative même envers soi-même, lorsqu’on ne reconnaît pas sa valeur ou qu’on laisse la tristesse nous accabler.
Une personne remplie de tristesse ne peut se supporter ni supporter les autres.
C’est un élément qui doit être supprimé, et lorsqu’on y parvient, on peut s’épanouir et laisser resplendir la véritable grandeur qui réside en soi.
[rav Nathan Wachtfogel - Léket Réchimot ]

=> On a vu que la sinat 'hinam peut venir soit : si l'on s'aime trop, et là on voit également : si on a une image trop négative de soi-même.
L'idée est si on n'est pas épanoui, en paix avec soi-même (ex: à sa place et en phase avec ce qu'on veut réellement dans la vie), alors plutôt que de travailler ce problème en nous, on va projeter cette frustration à l'extérieur avec de la haine gratuite (sans raison propre à cette personne).
On va alors céder à la facilité de dévaloriser, dénigrer autrui, pour mieux se valoriser (momentanément).

La émouna (bita'hon) est une aide vitale dans notre chemin d'être heureux en nous-même (ex: peu importe ce qu'on les autres), par le regard, l'approche que nous avons dans la vie.

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+ Utiliser avec intelligence l'orgueil ou l'humilité de soi :

Il est intéressant de trouver que nos Sages nous conseillent des choses apparamment contraires :
-> Dans la michna (Pirké Avot 1,15) :
"Si je ne suis pas pour moi, qui sera pour moi?" (im en ani mi li) = on a le devoir de penser à soi, de se sentir important, de s'aimer, ...
On ne doit pas servir Hachem en se négligeant, dont notre confiance en soi, ce que nous avons besoin de nécessaire (non accessoire) pour être épanoui, apprécié l'impact que nous avons dans le monde, ...
Le Pirké Avot poursuit : "Et si je ne suis que pour moi, que suis-je donc?" (oukhchéani léatsmi ma ani) = on ne doit pas trop s'aimer au point d'oublier d'être à l'écoute de notre environnement, de laisser de la place à autrui pour qu'il puisse s'épanouir, ...

-> Rabbi Eliyahou Lopian enseigne :
La signification de l’humilité ne veut pas dire qu’on ne connaît pas sa propre valeur, mais au contraire il faut qu’on connaisse les forces de son âme, et en fonction de cela on n’en viendra pas à l’orgueil, la preuve en est que l’un des 13 principes de la foi est de croire d’une foi sincère que Moché notre Maître est le maître de tous les prophètes. Et Moché, comme tout homme d’Israël, doit lui aussi croire cela.
On doit donc nécessairement dire qu’il est possible que les 2 choses coexistent, d’une part être le plus humble de tous les hommes, et croire qu’on est le maître de tous les prophètes.

[cela fait penser aux paroles de rabbi Sim'ha Bounim de Peschi'ha :
"Que l'Homme ait toujours 2 poches.
Dans l'une, il inscrira : "Je ne suis que poussière et cendre."
Dans l'autre : "Le monde n'a été créé que pour moi"."

=> Au cours de notre vie à nous d'utiliser le message de la bonne poche au bon moment.
(le trop peu de confiance en soi n'est pas bon, et l'inverse aussi)

(notre yétser ara va nous pousser à inverser les choses, nous dévalorisant quand on devrait se valoriser, et inversement.)]

Au moment de la destruction, Hachem a remanié la composition de Ses officiers célestes chargés d’exécuter Sa volonté sur la création. En effet, il y avait parmi le peuple d’Israël des sorciers malfaisants qui comptaient sur leur capacité à contrôler les anges chargés de veiller sur la création, et qui auraient ainsi pu empêcher la destruction (du Temple).
[Rachi - Eikha 2,5]

La destruction du Temple est synonyme de destruction du monde. Un monde détruit est un monde qui ne possède même pas un seul recoin purifié et sanctifié où la Chékhina puisse résider.
[rav Shlomo Wolbe - Alé Shour II, p.407]

Quiconque pleure sur Jérusalem méritera de voir sa joie [future], et quiconque ne pleure pas sur Jérusalem ne verra pas sa joie future (zo'hé véroé bésim'ha).
[guémara Taanit 30b]

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-> Les larmes sont le langage du cœur et atteignent les profondeurs du cœur. Chaque personne ressent une certaine proximité avec Hachem lorsqu’elle atteint le stade où les larmes coulent, que ce soit ou non le niveau auquel elle se trouve habituellement.
Lorsque nous entendons le cri d’un enfant, nous courons vers lui et nous nous occupons de lui, car les larmes mènent à la proximité. Cette proximité brise les séparations (avec papa Hachem, qui sont causées par nos fautes).
Rien ne résiste à de telles larmes, car elles sont le langage du cœur et proviennent d’un état de perfection (chlémout).
[...]

Lorsque l’on pleure sur la destruction, cela nous conduit à un état d’éveil, où l’on ressent la construction de l’avenir.
Nos Sages affirment que celui qui pleure Jérusalem est "zo'hé" (mérite) de voir sa reconstruction (sa joie). Le terme "zo'hé" est au présent, ce qui signifie qu’une telle personne commence immédiatement à se sentir proche et connectée, et commence à ressentir la consolation (né'hama).
[rav Nathan Wachtfogel - Léket Réchimot ]

Nous prions chaque jour (à la fin de la Amida) pour que le Temple soit reconstruit et que chacun de nous reçoive sa part dans la Torah d'Hachem (ten 'helkénou béTorata'h).
Avec la reconstruction du Temple, le peuple juif se rassemblera, et la part de chacun dans la Torah s’unira à celui des autres, et ensemble, il y aura la perfection (chlémout).
[Sifté 'Haïm III, p.272]

Les cris de joie des ennemis, qui se réjouissaient de la destruction [du Temple], résonnaient tout aussi fort que lorsque les juifs y chantaient et s'y réjouissaient.
[Rachi - Eikha 2,7]

La téchouva peut tout changer

-> Névou'hadnétsar ordonna à son général, Névouzaradan, que lorsqu’il conquerrait Jérusalem, il ne devait pas laisser au peuple un seul instant pour prier, car leur D. est toujours disposé à accepter la téchouva. S’ils ouvraient leur cœur dans la prière, leur téchouva serait acceptée et ils ne seraient pas exilés. [midrach Eikha raba 5,5]

Dès le début de l'exil, Israël n’a pas eu le temps de se reposer. (voir Eikha raba 1,3)
Lorsque le peuple d’Israël a été exilé, ses ennemis ne lui ont pas permis de se reposer avant d’avoir atteint les fleuves de Babylone. S’il avait eu un instant pour se reposer, il aurait eu le temps de faire téchouva et aurait alors pu retourner sur sa terre. Ses ennemis se sont donc empressés de le faire sortir de la terre d'Israël. C’est pourquoi il est dit : "Sur les rives de Babylone, nous nous sommes assis et nous avons pleuré" (Téhilim 137,1), c’était leur première occasion de s’asseoir. [midrach Téhilim 139]

Nous voyons ici que le racha Névou'hadnétsar connaissait la midat hara'hamim d'Hachem (son Attribut de miséricorde).
Si Hachem entendait ne serait-ce qu’un instant de téchouva, l’ensemble du décret serait modifié. C’est pourquoi il ne pouvait pas les laisser prier. Névou'hadnétsar fit marcher Israël pendant 15 jours d’affilée, sans repos, jusqu’à ce qu’ils atteignent Bavel.

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=> Même si nous sommes dans une situation catastrophique, à l'image du Temple qui doit se faire détruire, avec une téchouva sincère, de tout notre être, on peut tout réparer.

À l’époque de Pourim, avant la yéchoua (délivrance), il y avait de la souffrance, de l'obscurité et du hester panim (une apparente dissimulation d'Hachem). Il est alors apparu que Pourim est l’un des jours les plus saints de l’année.
Il en va de même pour le 9 Av. La lumière qui réside en ce jour est grande, bien qu’elle soit cachée dans les ténèbres et le hester panim.
La grande obscurité que nous ressentons en ce jour fait écho à la grande lumière et à la joie qui seront révélées lors de la guéoula.
[rav Nathan Wachtfogel - Léket Réchimot]

Puisse cette lumière de guéoula et de joie briller sans tarder de notre vivant!

Le 9 Av = un moèd

-> Nous ne récitons pas de Ta'hanoun le 9 Av car c'est un jour dénommé : "moèd" (impliquant une notion de joie).
Le midrach (Bamidbar raba 13,5) dit que le 9 Av n'est pas un jour tragique et douloureux, mais plutôt un jour de joie, un jour où nous devrions être plein de joie.

Le terme "Moèd" signifie se réunir et se connecter. (ce sont des moments propices pour nous rapprocher et relier bien davantage avec Hachem).

-> Il existe des Moadim de proximité, tels que les trois fêtes (Shalosh Regalim), et il existe des Moadim d’éloignement, tels que Ticha BéAv.
Un Yom Tov est appelé "Moèd" en raison de la grande influence céleste qui s’exerce durant cette période.
Ticha Beav est également appelé "Moèd" en raison de la midat hadin qui prédomine à ce moment-là et du retrait de la proximité de la Chékhina. Nous nous réunissons avec Hachem en ce Moèd du 9 Av, mais pas dans un état de joie comme lors des autres Yamim Tovim ; nous sommes plutôt ensemble dans un état de tristesse. (
notre moyen de nous rapprocher, lier à Hachem est par les larmes, la tristesse, à la différence des autres fêtes où la joie est un élément indispensable [ex: zman sim'haténou] )
[rav Moché Shapira]

-> Le 9 Av est une célébration de la distance. Lorsque nous prenons conscience de notre éloignement avec Hachem et du fait que nous sommes nous-mêmes à l’origine de cet éloignement, cela nous réveille et nous rapproche d'Hachem.
[rav Wolbe - Alé Shour II, p.412]

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-> Si Ticha béAv est appelé "Moèd", ce n'est essentiellement pas parce que le machia'h naîtra ce jour-là (comme l'affirme le Eikha Zouta) et que nous tournons notre regard vers l’avenir, mais plutôt en raison de la destruction et du mal qui ont eu lieu à cette époque, et qui nous poussent à faire téchouva (revenir vers notre Source, notre papa Hachem).
[certes il y a eu une destruction, nous pleurons cette situation conscient de nos manquements, mais précisément de là nous construisons une relation de grande proximité avec Hachem (d'où l'appellation joyeuse du 9 Av comme Moèd). ]

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-> b'h, également : Le 9 Av = un jour de joie : https://todahm.com/2023/08/20/le-9-av-un-jour-de-joie