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"Quand un juif est tué par les non-juifs, D. prend Son vêtement et le trempe dans le sang de ce juif.
Lorsque le jour du jugement final arrivera, D. revêtira cet habit."

[ midrach Yalkout Chimoni 869
sur le Téhilim (110,6) : "Il fera justice contre les nations" ]

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-> Lorsqu'un individu est tué par une autorité étrangère, même s'il n'a pu se confesser, il a part au monde futur.
Hachem possède une tenture écarlate, teinte par le sang de tels martyrs. Une image de chacun d'eux y figure avec leur nom, afin que D. puisse venger leur mort le jour du Jugement.
[Méam Loez - Vayéchev 39,21-23]

Ô Jérusalem

+ Ô Jérusalem :

-> "Si je t'oublie, ô Jérusalem, que ma droite perde sa force. Que ma langue s'attache à mon palais si je ne me souviens pas de toi, si je ne place Jérusalem au sommet de toutes mes joies" (Téhilim 137,5-6)

-> Selon le midrach (Béréchit Rabba 56,10), le mot : "Yérouchalayim" (Jérusalem) est composé de 2 noms.
D'après la tradition, c'est à cet endroit qu'Avraham offrit son fils Its'hak en sacrifice à D.
Lorsque l'épreuve fut achevée, Avraham érigea un autel et nomma cet endroit : "Puisse D. être vu" (Yéraé), car la présence divine y était palpable, et en ce lieu, le cœur humain s'éveillait à la crainte de D.

Quant à Chèm, le fils de Noa'h, qui dirigea la ville sous le nom de Malkitsédék, il appela cet endroit : Chalèm, un lieu de rencontre où règnent la paix et la perfection.

=> D. accola les 2 noms : Yéraé + Chalèm = pour former : Yérouchalayim  [ce nom témoigne aussi qu'à l'image de D., qui a cumulé les 2 noms donnés, afin de ne vexer ni Avraham, ni Chèm, nous devons être prêt à faire des concessions afin de préserver la paix, ciment de la nation et génératrice de toutes les bénédictions divines].
En ce lieu de rencontre avec la présence divine, l'homme peut atteindre la paix et la perfection.

-> "Nos pieds s'arrêtent dans tes portiques, ô Jérusalem, toi qui es bâtie comme une ville d'une harmonieuse unité!
Car c'est là que montent les tribus de D. qui sont un témoignage pour Israël, afin de louer le Nom d'Hachem" (Téhilim 122,2-4)

=> Bien que très différentes, lorsque les tribus d'Israël se réunissaient à Jérusalem dans le but commun de louer le Nom de D., alors toutes leurs différences étaient effacées.
Elles ne firent plus qu'une.

-> "Jérusalem est la ville qui lie entre eux tous les juifs."
[guémara Yérouchalmi Baba Kama 7,7]

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-> "Va proclamer aux oreilles de Jérusalem ce qui suit : "Ainsi parle D. : Je te garde le souvenir de l'affection de ta jeunesse, de ton amour au temps de fiançailles, quant tu me suivais dans le désert, une région hostile". " (Yirmiyahou 2,2)

Le rav 'Haïm de Volozhin s'étonne de la référence faite de Jérusalem dans cette prophétie.
Depuis quand Jérusalem a-t-elle des oreilles?
A quel moment Jérusalem s'est-elle trouvée dans le désert?
Et pourquoi Yirmiyahou s'adresse-t-il uniquement à Jérusalem et non au reste du peuple juif?

Le Rav 'Haïm de Volozhin répond à sa propre question, en nous apprenant que Jérusalem est le nom donné au peuple juif lorsqu'il est uni dans sa quête de perfection.

Il nous explique que parallèlement à la Jérusalem terrestre, la Kabbala décit la Jérusalem céleste comme étant le : makom knéssiat itklalélout néchamot chél Klal Israël.

=> Ici-bas et dans les Hautes Sphères, Jérusalem est le nom donné à la force unificatrice existant au sein du peuple juif.

Lorsque nous pleurons Jérusalem, nous pleurons l'absence d'une telle force unificatrice au sein du peuple juif.

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"La Jérusalem à laquelle nous aspirons tant, et dont nous avons pleuré la perte pendant des milliers d'années, n'a rien à voir avec la terre et les édifices que nous languissons.
Ce que Jérusalem incarne, c'est le lien suprême avec D."

[Rav Mattitiahou Salomon]

Lorsque nous pleurons Jérusalem, nous exprimons au grand jour notre envie d'avoir une relation d'une extrême proximité avec D.
Que c'est dur de ne pas avoir un lien plus intense avec toi D. !

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+ Se tourner vers Jérusalem lors de nos prières :

-> "Lorsqu'un homme se lève pour prier, il doit tourner son visage en direction de la terre d'Israël.
Il doit également orienter son cœur vers Jérusalem, le saint Temple et le saint des Saints"
[Choul'han Aroukh - Ora'h 'Haïm 94,1]

-> "Même si cet homme ne peut tourner son visage dans cette direction, il doit s'imaginer se tenir dans le Temple de Jérusalem, dans le saint des Saints"
[la Michna Béroura]

La source de la michna béroura est (Mala'him I 8,48-49) :
"S'il revienne vers Toi de tout leur cœur et de toute leur âme dans le pays où leurs ennemis les détiennent, et qu'ils T'adressent leurs prières dans la direction du pays que Tu as donné à leurs pères, dans la direction de la ville que Tu as élue et de la Résidence que j'ai bâtie en Ton honneur.
Du haut du ciel, dans Ton auguste demeure, Tu entendras, Tu écouteras leur prière suppliante et Tu leur feras justice"

-> Le roi Salomon supplia D. d'accepter les prières prononcées au Temple de Jérusalem, et D. répondit (Mala'him I 9,3) :
"J'accueille ta prière et la supplication que tu M'as adressée : cette Résidence que tu as bâtie, je la sanctifie en y faisant régner mon Nom à jamais, en y dirigeant constamment Mes yeux et Ma pensée"

Le rav Mattitiahou Salomon fait remarquer que c'est l'une des rares occasions où D. précise spécifiquement qu'une prière a été acceptée.
D. a promis que Ses yeux et Son cœur accepteraient les prières s'élevant du Temple jusqu'au Ciel.
Il est ainsi important que toutes nos prières, où que nous nous trouvions, s'élèvent du Temple de Jérusalem vers les Cieux.

-> Le 'Hafets 'Haïm, dans son Séfer Ma'hané Israël, prodigue des conseils aux soldats juifs enrôlés dans l'armée du Tsar, sur la manière de vivre en tant que juifs dans ces conditions éprouvantes.
Dans le chapitre 10 de ce livre, le 'Hafets 'Haïm fait figurer une prière que tout soldat juif doit prononcer avant de se rendre sur le champ de bataille.
Affrontant un danger tellement immense et ne sachant pas s'il lui sera accordé un jour d'existence supplémentaire, il doit se préparer à l'éventualité de sa mort, tout en priant de toutes ses forces pour avoir la vie sauve.

Comme l'on peut l'imaginer, cette prière particulièrement longue et émouvante comporte à la fois des aveux, des plaidoyers, des supplications et des manifestations de confiance et de foi en D.

Le 'Hafets 'Haïm commente que cette prière ne doit pas nécessairement être prononcée en hébreu.
Elle peut être récitée dans la langue comprise parfaitement par le soldat.
Mais deux conditions sont essentielles :
1°/ elle doit être dite avec une sincérité absolue et émaner du plus profond de son âme (idéalement avec des larmes) ;
2°/ le soldat doit s'assurer qu'il dirige sa prière vers la terre d'Israël, et plus particulièrement vers Jérusalem, le saint Temple, et le saint des Saints, et ce, afin que ses paroles s'élèvent vers les Cieux.

Le 'Hafets 'Haïm poursuit en citant le roi Salomon qui précise que D. accepte les prières s'élevant vers le Cieux, à partir du Temple Saint : "Si quelque membre de Ton peuple Israël Te supplie et T'implore, chacun connaissant la plaie de son cœur et étendant les mains vers cette Maison, Toi, Tu l'entendras du ciel, Ton auguste résidence et Tu pardonneras" (Mala'him I 8,39)

Le rav Mattiahou Salomon dit que lorsque le roi Salomon érigea le saint Temple, il créa une connexion entre les mondes physiques et spirituels, une courroie de transmission permettant à nos prières de monter directement vers le Trône Céleste et d'être reçues favorablement.

=> Quelle que soit la plaie, la maladie ou le danger mortel qu'un juif doit affronter, il peut envoyer sa prière directement vers les Cieux, à condition que sa tête et son cœur soient tournés vers la terre d'Israël, et plus particulièrement vers Jérusalem, le saint Temple et le saint des Saints.

Ma’hlokét plus grave que l’avoda zara

La manne tombait chaque jour dans le désert (sauf Shabbat, tombant double le vendredi), y compris le jour de l'épisode du Veau d'or.
Pourtant, le jour où Kora'h a suscité une "ma'hlokét" (une discorde), la manne n'est pas tombée.

Le Shevet Moussar explique que cela nous enseigne une leçon frappante : la "ma'hlokét" est encore plus destructrice que la avoda zara (l'idolâtrie).
Alors que l'idolâtrie sépare l'homme de Hachem, la "ma'hlokét" sépare les enfants de Hachem les uns des autres.

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=> on comprend la gravité de la sinat 'hinam et toutes les destruction que cela a pu causer.

L’une des plus grandes tragédies de la destruction du Temple est que nous ne réalisons plus ce que nous avons perdu.

Le rav Yonathan Eibshitz (Yaarot Dvach 1:253) écrit :
"Si nous comprenions l’ampleur de notre perte ... nous ne voudrions ni manger ni boire. Nous voudrions nous rouler par terre, accablés par la détresse."

En vainquant le yétser ara de la haine [d'autrui] et en développant un sentiment de bienveillance et de responsabilité envers le klal, nous posons les fondations du 3e Temple et méritons une géoula chéléma.
[rav 'Haïm Friedlander - Sifté 'Haïm III, p.276]

Toute génération au cours de laquelle le Temple n’a pas été construit est considérée comme s'il a été détruit à son époque.
[Yérouchalmi Yoma 1a ; Yalkout Téhilim 886]

Partager les peines et les joies du peuple, de la Terre sainte et de Jérusalem

+ Partager les peines et les joies du peuple, de la Terre sainte et de Jérusalem :

-> Lors de la destruction du Temple, quand le peuple d'Israël fut exilé de son pays à cause de ses fautes, Hachem se retira dans les hauteurs, pour ne pas voir le Temple détruit et Son peuple en exil.
A ce moment-là, la Chékhina partit en exil avec les Bné Israël.
Lorsque Hachem redescendit, Il vit le Temple brûlé et le peuple en exil. Il demanda des nouvelles de la "reine", la Chékhina (présence de D. dans ce monde), et voilà qu'elle était partie en exil.
Alors, "Hachem, le D. des armées, invita en ce jour à pleurer, à se lamenter, à se raser la tête et à ceindre un cilice" (Yécha'ya 22,12).

Et à propos de la Chékhina aussi, il est dit : "Pleure, comme une vierge ceinte d'un cilice pleure l'époux de sa jeunesse" (Yoel 1,8) qui n'est plus là, car il s'est éloigné et séparé d'elle.
Même le ciel et la terre se sont affligés, puisqu'il est écrit : "Je revêts les cieux d'un crêpe et Je les drape d'un sombre cilice" (Yéchayahou 50,3).
Les anges en firent autant, car il est dit : "Voilà les braves guerriers qui se lamentent dans les rues, les anges de paix qui pleurent amèrement" (Yéchayahou 33,7).

De même, pour le soleil et la lune, dont la lumière fut assombrie, comme il est dit : "Le soleil sera obscurci dès son lever, la lune ne jettera plus de clarté" (Yéchayahou 13,10).
Tous les êtres Supérieurs et inférieurs pleurèrent. Pourquoi?
Parce que les forces du mal régnaient sur les Bné Israël et sur la Terre sainte. Puisque la royauté céleste a été rabaissée tandis que la royauté scélérate s'est renforcée, chacun doit prendre le deuil et se sentir rabaissé avec elle.
Celui qui le fait se réjouira avec elle lorsque la royauté céleste se relèvera et que le monde entier sera en liesse, comme il est dit : "Réjouissez-vous avec Jérusalem et soyez dans l'allégresse à cause d'elle, vous qui l'aimez! Prenez part à sa joie, vous tous qui étiez en deuil à son sujet! (Yéchayahou 66,10).
[Zohar - Vayigach 210a ]

Unité & reconstruction du Temple

+++ Unité & reconstruction du Temple :

La clé de la rédemption finale (guéoula) consiste à rassembler les juifs et à renforcer notre unité.
[midrach Béréchit rabba 98,1]

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-> Nos Sages (guémara Yérouchalmi Yoma 1,1) enseignent que "lorsque le Temple n'est pas reconstruit dans notre génération, c'est comme s'il avait été détruit à notre époque".
Outre le deuil, nos Sages nous disent que nous devrions examiner notre comportement pour voir ce que nous pouvons faire pour mériter le Temple une fois de plus. En effet, le midrach (Eikha rabba 32,1) indique explicitement que le deuil de cette période (particulièrement applicable pendant les 3 semaines menant au 9 Av) concerne à la fois la perte du Temple et également les fautes qui l'ont causée.
[ainsi nous devons nous attrister sur ce qu'implique une absence de Temple, mais également sur ce qui ne va pas dans notre comportement empêchant sa reconstruction. ]

Nos Sages (guémara Yoma 9b) nous disent quels étaient ces fautes : Pendant la période du 1er Temple, la nation a commis les 3 péchés cardinaux qu'un juif doit éviter en donnant sa vie : l'effusion de sang, l'idolâtrie et l'immoralité. Pendant la période du 2e Temple, la faute était sinat 'hinam (haine gratuite/injustifiée).

Le Maharal (Nétsa'h Israël 4) note que ce n'est que pendant la période du 1er Temple que les gens étaient motivés pour transgresser les trois péchés capitaux. Cependant, depuis lors et jusqu'à nos jours, le mauvais penchant qui a fait que nous n'avons pas de Temple motive la sinat 'hinam.
Pourquoi en est-il ainsi? Qu'est-ce qui a changé?

Le Maharal explique que la Présence Divine (Chékhina) était clairement présente dans le 1er Temple. Il y avait la prophétie ; le feu descendait du ciel pour accepter les offrandes de la nation, et la fumée qui s'élevait de l'autel n'était jamais balancée par le vent (voir Yoma 9b et 21b).
Le Maharal note que le libre arbitre, face à une révélation aussi impressionnante/visible d'Hachem, a exigé qu'un puissant penchant au mal travaille contre lui. Ce désir amena les juifs à transgresser les trois péchés capitaux, engendrant une grande impureté. Ainsi, la Chékhina ne pouvait plus demeurer parmi eux, le Temple n'avait plus sa place et fut détruit.

En revanche, il n'y a plus eu de prophétie pendant la période du 2e Temple. La Chékhina n'était pas présente et aucun feu ne descendait du ciel pour accepter les offrandes (ibid.). Sans révélation Divine, le Temple ne servait plus qu'à unir la nation au service d'Hachem.
Le libre arbitre n'exigeait pas que le mauvais penchant incite les juifs à transgresser les trois péchés capitaux. A la place, il s'employait à saper l'unité de la nation.
L'unité [entre les juifs] étant le seul but du 2e Temple, nous n'en avions plus le mérite une fois l'unité perdue, et il a donc été détruit.

Le 2e Temple n'est pas la seule chose qui dépendait de notre unité. Le rav 'Haïm Chmoulévitz note qu'à bien des égards, nous recevons des bénédictions grâce à notre attachement au peuple juif. En effet, cette unité était une condition préalable à la réception de la Torah (voir Yitro 19,2, et le Ohr ha'Haïm).
C'est cette unité qui a permis à des individus moins méritants, tels que Datan et Aviram, de recevoir la Torah dans le désert. Et ce, uniquement parce qu'ils vivaient en harmonie au sein de la nation.
En revanche, le juste Yéhochoua bin Noun, lorsqu'il quitta le campement pour attendre Moché au mont Sinaï, eut besoin d'un mérite spécial pour que la manne lui parvienne [puisque c'étant mis à l'égard de la communauté] (voir Yoma 76a).

Nos Sages ont formulé nos prières au pluriel, de sorte que nous demandons que nos besoins soient pris en compte parmi le restant de la nation. Nous prions Hachem de nous donner la sagesse, la guérison, les moyens de subsistance et d'autres choses. En priant pour les besoins de la nation en même temps que pour nos besoins personnels, nous rendons nos prières dignes d'intérêt.
En effet, même lorsqu'une personne part seule en voyage, la prière du voyageur qu'elle prononce est exprimée au pluriel.

Cette idée s'exprime également dans le Tana'h. Lorsque le prophète Elicha demanda à son hôtesse si elle souhaitait une aide particulière pour quoi que ce soit, elle répondit :"J'habite parmi mon peuple" (Mélachim II 4,13). Elle disait que le lien avec son peuple lui donnait une plus grande bénédiction que tout ce qu'elle pourrait recevoir individuellement.

Le rav 'Haïm Chmoulévitz dirait que l'aide du ciel est plus efficace lorsque nous nous intégrons à la communauté/peuple juif.
En revanche, il est beaucoup plus difficile d'obtenir de l'aide sur la base de nos propres mérites.

Depuis la destruction du Temple, Hachem ne donne pas de bonté à la nation juive sans prière.
[Rokéa'h ]

Le 9 Av et la nécessité de prendre le deuil

+ Le 9 Av & la nécessité de prendre le deuil ...

Il est difficile de s’attrister de la perte de quelque chose que l’on n’ a jamais eu.
Néanmoins, pleurer pour le Temple à Ticha Béav est capital pour la survie et la reconstruction de Jérusalem.

-> La guémara (Taanit 30b) nous dit :
"Tout celui qui pleure pour Jérusalem méritera de partager sa joie [quand le Temple sera reconstruit]."

-> Le rav Eliahou Kitov (Séfer haTodaa - chap.33) nous enseigne :
"On raconte l’incident suivant au sujet de Napoléon, empereur de France.
Une fois, il passa devant une synagogue à Paris pendant Ticha Béav et il vit des juifs assis par terre, pleurant et se lamentant de la destruction de leur Temple et de leur terre comme si cette tragédie avait eu lieu la veille.
Il resta bouche bée et dit ensuite : "Je jure qu’a la fin ce peuple aura du bien dans sa propre terre ! Où voyons-nous un autre peuple dans le monde qui continue à pleurer et à languir pendant des millénaires sans diminuer d’intensité ?"

-> Le rav 'Haïm Friedlander de nous expliquer :
"Il y a une signification intrinsèque au fait de pleurer annuellement la destruction des Temples.
C’est un témoignage important de la survie spirituelle du peuple juif parce qu’il n’y a aucun autre peuple qui commémore ses échecs.

A l’opposé, toutes les nations commémorent leurs victoires.
Mais le peuple juif observe le jour de la destruction des deux Temples chaque année."

=> Pleurer pour les erreurs du passé est une garantie pour le futur.
Agir ainsi est une preuve de notre survie spirituelle.

-> Le rav Emmanuel Feldman a écrit un beau texte sur le 9 av (Ticha béAv) :
"Ticha Béav n’est pas le jour préféré de tout le monde, mais c’est l’un de mes préférés à moi, non pas parce qu’il y ait de quoi se réjouir, mais parce qu’on peut se repentir.
J’aime Ticha Béav du fait de ce que cela évoque pour moi au sujet des Juifs : que nous sommes un peuple qui se souvient et qui sait que son passé conduit vers un futur.

Il y a bien plus d’Italiens dans le monde que de Juifs. Et pourtant, personne ne pleure (l'ancien) Rome.
Il y a bien plus de Grecs dans le monde que de Juifs. L’Acropole et le Parthénon sont des attractions touristiques, mais qui pleure leur destruction ?

La Babylonie, la Perse, l’Assyrie, la gloire de l’Egypte antique, qui s’en souvient, qui verse une larme, qui s’en soucie ?

J’aime le 9 Av parce que seul un peuple qui peut pleurer pourra un jour rire.

Et j’aime Ticha Béav parce que j’en ai besoin

Dans tout mon confort, je dois enlever mes chaussures en cuir et diminuer les lumières.
Je dois jeûner et ne pas me faire plaisir. Je dois lire les Lamentations et pleurer les souffrances vécues par mon peuple dans son histoire sanglante. Je dois me concentrer sur quelque chose d’extérieur à moi.

J’ai besoin de Ticha Béav parce que ça me rappelle ce que c’est qu’être juif et qu’Essav hait Yaakov, Pharaon opprime Israël et Haman veut nous détruire et que les empires du monde détestent le juif parce qu’il appartient "au peuple qui vit seul".

J’aime Ticha Béav parce que ça nous enseigne quelque chose de profond, que pour le judaïsme, les événements historiques ne sont pas seulement de l’histoire, pas seulement des événements.
"L’Histoire" et "les événements" ont lieu à un moment dans le temps, mais dans le judaïsme, quand un événement à lieu, il fait partie de nous. C’est un nouveau savoir, une nouvelle connaissance et une perception continue, une nouvelle conscience.

J’aime Ticha Béav parce qu’il contient un message d’espoir profond et de foi profonde.
Ce jour-là, nos Sages nous enseignent que le Machia'h est né.
Comme c’est pénétrant, comme c’est ironique que justement le jour de la destruction la rédemption a commencé.
La fin est également le début."