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Le mois d’Elloul

+ Le mois d'Elloul :

-> "Nos Sages enseignent que pendant le mois d'Elloul, les Portes célestes de la miséricorde sont ouvertes, nous donnant l'opportunité de réparer nos fautes"
[Rabbi Pin'has Horowitz - le Panim Yafot]

-> "Le mois de Elloul a toujours été un temps de réconciliation avec Hachem.
Lorsque le peuple juif a commis la faute du veau d'or et que suite à cela les 1eres Tables de la Loi ont été brisées, Moché a imploré la miséricorde divine.
C'est à Roch 'Hochech Elloul que Hachem s'est apaisé et a demandé à Moché de monter [au ciel] afin de recevoir les 2e Tables de la loi (lou'hot).

Il y est resté pendant 40 jours, jusqu'au 10 Tichri, qui est Yom Kippour, jour durant lequel Moché est redescendu avec les 2e lou'hot, que Hachem a donné au peuple juif en signe d'une faveur divine renouvelée.

Depuis cela, la période de 40 jours allant de Roch 'Hodech Elloul à Yom Kippour est établie pour les générations comme des jours de miséricorde et de faveur divine.

Ces 40 jours servent également comme signe de la téchouva pour la faute du veau d'or, qui a été construit exactement 40 jours après le don de la Torah."
[Kaf ha'Haïm]

-> "Le mois d'Elloul est la source des bénédictions pour notre service de Hachem durant toute l'année.

Toute personne qui s'impliquera pendant ce mois, ne vivra que de la joie durant toute l'année. Servir Hachem lui sera alors facile.
Mais être paresseux pendant le mois d'Elloul amène de la tristesse, rendant plus difficile de servir Hachem par des prières sincères."
[Rabbi Morde'haï de Lechovitz]

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-> L'homme doit se repentir au début du mois d'Elloul également pour la raison suivante : la formation de l'âme ressemble à celle d'un embryon qui dure 40 jours.
L'homme repenti est semblable à un nouveau-né. Il faudra 40 jours à son âme pour se renforcer complètement.
Si l'homme se repent au début du mois d'Elloul, son âme sera complète à Yom Kippour.
[Méam Loez - Ki Tissa 34,35]

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-> Le Bné Yissa'har trouve une allusion aux yamim noraïm dans le verset : "Le lion (arié - אַרְיֵה) a rugi: qui n'aurait peur?" (Amos 8,3).
Les lettres du mot "arié" renvoient à :
-> aleph = Elloul ;
-> réch = Roch Hachana ;
-> youd = Yom Kippour ;
-> 'hé = Hochana Rabba.

Ce sont les 4 moments de l'année où submergé de crainte et de tremblement, un juif est inspiré à faire téchouva ("Qui n'aurait peur?").

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+ Sonner le Shofar durant le mois d'Elloul :

1°/ Le Yichma'h Moché explique que dans le Téhilim 150 (Louez D. en son sanctuaire - Hallélou El békod'cho), il y a 12 fois le mot : 'Hallélou', en parallèle avec les 12 mois de l'année.

Elloul est le 6e mois de l'année, et correspond au 6e Hallélou, qui est : "Louez-le aux sons stridents du Shofar" (Hallelou'ou bétéka Shofar).

=> Cela fait référence à l'habitude de sonner du Shofar pendant le mois d'Elloul.

2°/ "Le Shofar sonnera-t-il dans une ville sans mettre le peuple en émoi?" (Amos 3,6)

Le Pirké déRabbi Eliézer enseigne que le Shofar a une qualité spéciale, faisant que toute personne écoutant ses sonneries est ébranlée et est portée à faire Téchouva, ce qui explique que nous le sonnons durant le mois d'Elloul, afin de rappeler à faire téchouva.

3°/ Suite à la faute du veau d'or (le 17 Tamouz), Moché a imploré pendant 40 jours Hachem.
A la fin de cette période (à Roch 'Hodech Elloul), Moché a dû monter la montagne et rester au Ciel pour 40 jours et 40 nuits afin de recevoir les 2e Tables de la Loi.

Pendant chacun de ces 40 jours, le Shofar était entendu dans tout le campement et une annonce était faite : "Votre attention, s'il vous plaît! Sachez que Moché a monté la montagne, il ne redescendra qu'après y avoir passé 40 jours et 40 nuits!"

Cela était fait afin d'éviter toute erreur de calcul, comme cela a eu lieu lorsque Moché est monté la 1ere fois, et qui a conduit à faire le veau d'or.

=> Afin de se souvenir de cette sonnerie du Shofar, nous le sonnons également durant tout le mois d'Elloul.
[le Tour - Ora'h 'Haïm]

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-> Le Gaon de Vilna affirme qu'il y a 3 jours douloureux dans le calendrier pour le yétser ara, où il ne peut pas inciter les gens à fauter.
Il s'agit de Roch 'Hodech Elloul, Roch Hachana et Yom Kippur.

Roch Hachana – Se réjouir en tremblant

+ Roch Hachana - Se réjouir en tremblant :

-> La michna (Roch Hachana 8a) enseigne : "Le premier Tichri, c’est le nouvel an des années".
La guémara explique que cela concerne le jugement rendu en ce jour, comme il est écrit : "Depuis le début de l’année jusqu’à la fin de l’année" (Ekev 11,12), verset que nos Sages commentent ainsi : "Depuis le début de l’année, on décrète ce qu’il y aura à la fin".
Rachi explique : "Hachem juge en Tichri tous les êtres du monde et tout ce qui leur arrivera jusqu’au prochain Tichri".

-> "Hachem les a faits de sorte qu’ils Le craignent en étant devant Lui" (Kohélet 3,14).
Selon le Zohar (III, 98b), il s’agit du jour de Roch Hachana, qui est un jour placé sous le signe de la crainte et de la grandeur de la gloire d’Hachem.

-> Une fois, une mouche s’acharna à déranger le ‘Hazon Ich en tournant sans cesse autour de lui. Malgré les tentatives de la personne qui se trouvait à proximité du Rav de la chasser, rien n’y fit." Laisse, lui dit le ‘Hazon Ich, c’est une mouche de Roch Hachana!", voulant ainsi signifier que, depuis longtemps déjà, durant les jours de Roch Hachana, il avait été décrété que cette mouche viendrait le tourmenter, et rien ne l’empêcherait d’accomplir le décret d’Hachem.

-> Une fois, au mois de Chevat, un jeune Avrékh attrapa une pneumonie, suite à un refroidissement, et n’en réchappa pas. Le rav ‘Haïm Chemoulévitch déclara alors : "Vous pensez que cet Avrékh est mort maintenant, en hiver, à cause du froid? En fait, il était déjà "décédé" au moment où le soleil dardait ses rayons sur nos têtes, au beau milieu du Ma’hzor de Roch Hachana (c’est là-bas qu’il s’est refroidi, car sa prière était alors "froide")."

=> Cela témoigne d'à quel point le jour de Roch Hachana aura un impact dans notre année à venir, et nous ne pouvons pas l'aborder avec légèreté, mais plutôt avec sans crainte de ce qui pourrait en résulter.

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=> D'un côté nos jours nous enseignent que Roch Hachana est un jour de crainte, et d'un autre que c'est un jour de joie. Comment est-il possible d'avoir ces 2 sentiments simultanément?

-> Le rav Bounim de Peshischa (dans une lettre à la fin de son Kol Sim'ha) explique qu'il n'y a en cela aucune contradiction : durant ces jours-là, Hachem donnera le mérite à l’homme de vivre les deux choses ensemble : la joie et l’inquiétude dissimulée dans la crainte du jugement.

-> Cette notion est explicite dans le Séfer Ha’hinoukh (mitsva 311) :
"Un de fondements de la mitsva de cette fête (Roch Hachana) émane de la bonté que manifeste Hachem pour Ses créatures en se préoccupant d’elles et en examinant leurs actes une fois par an, afin que leurs fautes ne se multiplient pas (indéfiniment) et qu’il y ait place pour l’expiation. Puisqu’Il est rempli de bonté et fait pencher la balance vers la bonté, Il les efface, et s’il y en a, parmi elles, certaines qui nécessitent d’être purgées, Il se les fait payer petit à petit ...
Il se trouve donc que ce jour solennel constitue le maintien du monde. C’est pourquoi il convient d’en faire un Yom Tov (jour de fête [joie]) et de le compter parmi les fêtes si chères, de toute l’année.
Néanmoins, puisque c’est le moment du jugement de toutes les créatures, il convient d’être alors dans la crainte et l’anxiété, plus que pour toutes les autres fêtes."

-> Le rav Pin’has de Koritz développe sur cette apparente contradiction :
"A priori, on peut opposer, un verset explicite : "Mangez des mets succulents et buvez de suaves boissons ... et ne soyez pas attristés, car la joie en Hachem est votre force" (Né'hémia 8,10 - paroles que Né'hémia a dit à Roch Hachana), aux paroles du Arizal (Chaar Ha Kavanot 90a) selon lesquelles : "Celui qui ne pleure pas dans les prières de Roch Hachana, c’est le signe que son âme n’est pas parfaite."
Et le rav de Koritz l'explique par le fait que cela ressemble à un mariage : d’un côté, on éprouve une joie immense, mais d’un autre, notre coeur bat également d’inquiétude et de crainte de voir cette union réussir (de nombreuses prières et sanglots ont précédé le mariage et se poursuivent même jusque sous la ‘Houpa).
Il en est de même en ce grand jour, celui où le monde a été conçu : d’un côté, le fait que nous, êtres de chair et de sang, méritions de faire régner son Nom de gloire et de proclamer dans le monde entier : HaMélé'h (Ô Roi !) est une immense joie. Y a-til quelque chose de plus doux au palais?
Mais, d’un autre, nous pleurons, car nous ignorons ce que ce jour entraînera et ce que cette nouvelle année qui s’annonce dissimule à notre débit. C’est pourquoi nous "rampons et tremblons, en ce jour de jugement". [plus nous avons de la crainte, plus cela témoigne qu'on croit réellement que chaque chose de l'année à venir dépendra de Roch Hachana, ce qui est terrifiant de responsabilité! ]

La prière est l’avoda de Roch Hachana

+ La prière est l'avoda de Roch Hachana :

-> La prière est la façon dont nous nous rapprochons d'Hachem.
L'objectif principal sur lequel nous devons nous concentrer pendant Roch Hachana est nos prières.
[...]

Roch Hachana est un jour entièrement consacré à la prière. Nous sommes préoccupés toute la journée par les prières ; nous ne disons aucun vidouï (confession de nos fautes).
Grâce à nos prières à Roch Hachana, nous pouvons mériter une année de gépula et de yéchoua (collective et/ou individuelle).
Les prières sont notre source de vie. Tout ce qui se passe tout au long de l'année, pour chacun et pour tout, est basé sur ces prières.
La avoda de ces prières, de les dire et se concentrer sur elles, est si importante que grâce à cette avoda, chacun d'entre nous peut devenir une nouvelle création et un tsadik complet.
[...]

À Roch Hachana, par les mots de nos prières, nous reconnaissons le Maître du monde (boré olam). Nous reconnaissons Avraham, le pilier du 'hessed ; Its'hak, le pilier de la crainte d'Hachem (qui maintient le monde en existence) ; et Yaakov, le pilier de la Torah.
Nous passons deux jours entiers sans penser à nous-mêmes. Nous deviendrons automatiquement des personnes différentes.
La prière, la prière, la prière, c'est l'avoda de Roch Hachana.
[rav Nathan Wachtfogel - Léket Réchimot ]

"La majorité des gens pense que l'on fait téchouva en raison de nos mauvaises actions, et même si c'est vrai, cela ne prend pas en compte l'aspect le plus important.

La véritable téchouva porte sur le fait de ne pas avoir réalisé de soi-même, ce qu'on aurait pu être."

[Rabbi Avigdor Miller]

Le Shofar

+ Le Shofar :

Le Shofar a une extrémité :
-> large = là où la corne était attachée à l'animal ;
-> étroite = la fin de la corne.

Le Choul'han Arou'h (Ora'h 'Haïm 586,12) nous dit que si on arrive à faire que l'extrémité large devienne petite, et que celle qui est étroite devienne large, le Shofar serait non casher.
[déré'h aavarto = de la manière selon laquelle il est sur la tête de l'animal]

De même, il n'est pas possible d'inverser le sens du soufflement.
[selon le Téhilim (118,5) : min amétsar karati ya, anéni bamer'hav ya - De l'étroitesse de ma détresse j’ai invoqué D. : il m’a répondu [en me mettant] au large => étroit -> large].
On soufflera donc toujours depuis la petite ouverture.

-> Le midrach (Chir hachirim rabba 5,3-6) dit que D. pousse les juifs à faire téchouva en leur disant :
"Ouvrez-Moi une porte de Téchouva comme le chas d'une aiguille, et Je vous ouvrirai une porte dans laquelle des charrettes et des carrosses pourront entrer."

Le midrach s'interroge : Des carrosses remplies de quoi?
Et de répondre : "Pleins d'aide et d'assistance divine et de bénédictions spirituelles sans fin!"

-> Le Rabbi de Kotsk nous explique au sujet du fait que l’on attend de nous qu’un petit trou de la taille d’une aiguille : "Mais, ce doit être un début approfondi. Il peut être infime en proportion, mais doit pénétrer totalement la personnalité.".
[A l’image de l’aiguille qui fait, certes un tout petit trou en taille, mais qui est très pénétrant en profondeur.]

Beaucoup de personnes pensent que c'est trop dur de faire téchouva (c'est pour les tsadik!), qu'elles ont fait trop de fautes, qu'il est trop tard (fichue pour fichue!), ...
Le message du Shofar est que la téchouva est simple et accessible à tous.

On souffle de tout cœur par une petite entrée, et l'air sort par une extrémité large, en produisant en plus du bruit.
=> Ainsi, le Shofar transmet l'idée que si tu fais un petit effort sincère, cela peut te rapporter très gros.

-> Le Rambam (Hilkhot Téchouva 3,4) dit que même si le Shofar est une des 613 mitsvot, il doit nous permettre de sortir de notre torpeur, de notre sommeil, pour se repentir.

Ainsi, une mitsva (petite ouverture) entraîne toutes les autres (large).

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-> La forme du Shofar : c'est se voir petit et courbé à Roch Hachana (être très humble, surtout face à l'infinie grandeur de D.) et viser grand pour notre vie juive.

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-> Aboudraham écrit au nom du Baal Minhagot que nous devons sonner le Shofar, à l'image d'un roi qui va alerter son armée et réunir ses troupes pour la bataille.

A ce moment, tous nos anges créés par nos mitsvot, vont venir faire face à nos anges créés par nos fautes.
Le son du Shofar est le signe d'appel à la bataille spirituelle, c'est la bataille pour notre vie qui se joue alors.

L'heure est grave, alors tournons-nous du plus profond de notre être vers D., afin d'en sortir vainqueur.

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-> Le terme : "léshapèr" (embellir) a la même racine que : Shofar.
Quelque soit notre entourage, notre niveau, ... il faut toujours chercher à s'améliorer, à s'embellir au niveau spirituel (à se voir comme la petite ouverture, qui vise à devenir plus grande).

-> Le Alshich Hakadosh dit que le Shofar est lié au terme : ré'out (l'amité).
Le Shofar réveille en chaque juif sa spiritualité interne, ce qui contribue à nous unir tous ensemble autour d'un même objectif : reconnaître et proclamer le joug divin.
D'un individu (petite ouverture), le Shofar fait passer à un peuple grand et fort (comme l'ouverture et le bruit sonné).

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Pourquoi dit-on "Heureux sont les personnes qui connaissent (yodé) le son du Shofar" et non pas "qui soufflent" (toké) ou bien "qui écoutent" (shomé)?
Il est préférable d'écouter 100 sonneries du Shofar à Roch Hachana (cf. Choul'han Arou'h haRav 596,1).
Le mot "yodé" (qui sait) a une valeur numérique de 100, renvoyant à cela.

Les Séli’hot

+ Les Séli'hot :

Les Séfarades, commencent la lecture des Séli'hot au début du mois d'Elloul, et les Ashkénazes les démarrent à partir de la sortie du Shabbath précédant Roch Hachana.

La Halakha veut que les Séli'hot durent au moins 4 jours (Rema - Ora'h 'Haïm 581,1).
Dans le cas où il n'y en aurait pas suffisamment de jours, les Séli'hot démarrent à la sortie du Shabbath précédant.

-> Pourquoi 4 jours minimum de Séli'hot?

Le Rema répond en apportant le midrach (Eliyahou Rabba) qui fait remarquer que :
-> pour les sacrifices de moussaf, il est écrit : "Vous devez apportez un holocauste" (vé'ikravtèm ola),
-> alors que pour les sacrifices de Roch Hachana, il est écrit : "Vous devez faire un holocauste" (va'ashitèm ola - Bamidbar 29,2).

Le midrach explique qu'à ce moment (Roch hachana), nous devons faire de nous des sacrifices.

De même qu'un sacrifice a besoin de 4 jours d'inspection afin d'être sûr qu'il n'a pas de défaut (guémara Ména'hot 45b), de même, nous commençons les Séli'hot au moins 4 jours avant Roch Hachana, afin de nous inspecter et d'être sûr que l'on n'a pas de défaut.

[toute saleté pouvant être "nettoyer", comme neuf, par notre super nettoyant : la téchouva]

Chaque personne étant la plus qualifiée pour s'examiner, elle sera à la fois le sacrifice et l'inspecteur afin de s'assurer qu'aucun défaut ne reste.

[Roch Hachana est un moment où l'on déclare la grandeur de D. tellement puissamment en nous, qu'on en vient à sacrifier toute trace de notre égo, d'où l'importance de la période des Séli'hot qui nous permet d'éliminer toute imperfection interne ]

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-> On vient de voir que l'habitude (des Ashkénazes) est de commencer les Séli'hot à partir de la sortie du Shabbath.

Il est écrit dans la guémara (Shabbath 12a) :
"Une personne doit vérifier ses vêtements [du mouktsé], la veille de Shabbath, avant la tombée de la nuit"

Ses vêtements, se dit : "bébigdo", et vient de la même racine que le mot : "béguida" (une trahison).

Ainsi, de même qu'avant l'entrée de Shabbath, on doit s'assurer de ne rien avoir dans ses poches, on doit également se scruter afin de ne pas avoir d'actes de trahison, de rébellion envers D. (des avérot), à l'approche de Roch Hachana, en préparation à notre jugement.

-> "Scrute tes actions à la tombée de la nuit et à l'aube, car ainsi tu n'auras pas à aller loin" (guémara Tamid 27b)

Ici, le mot "actions" se dit : "nafcha'h", qui signifie aussi : "ton âme".

=> Quel précision de langage de nos Sages, qui nous disent : "Scrute ton âme à la tombée de la nuit et à l'aube, car ainsi tu ne t'éloignera pas trop loin de ton Créateur", et ta téchouva en sera que plus facile et possible.

Ainsi, les Séli'hot vont bien au-delà d'une simple lecture, c'est surtout l'occasion de faire un examen de soi-même, avant que la journée ne démarre, et en préparation au jour du jugement.

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-> "Les Séli'hot, c'est se lever tôt afin de : retirer la pierre de l'ouverture du puits "
[Rav Mordé'haï de Vealcatch - Golél éven méal pi abé'er]

Cela fait référence à la pierre que Yaakov a retiré du puits lors de sa 1ere rencontre avec Ra'hel (Béréchit 29,10).

On doit retirer la "pierre" de la "bouche" du "puits".
Le Ramban enseigne que la pierre fait référence à notre cœur de pierre, qui se doit d'être brisé, en vue du jour de Jugement.
Le puits représente nos prières.

Par le fait d'aller au plus profond de notre cœur, on descend au plus bas le sceau afin de remonter de l'eau, c'est-à-dire nos larmes, lorsque l'on prie.

=> En brisant notre cœur (la pierre), lorsque l'on fait les Séli'hot, c'est s'ouvrir la possibilité de pleurer pour D., c'est augmenter notre intimité, notre sensibilité à Hachem, au point d'en arriver à pleurer d'amour pour Lui, chose qui n'a pas de prix ...

On peut ainsi citer : "Un cœur brisé et abattu, ô D., tu ne le dédaignes point." (Téhilim 51,19).

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-> Le Lé'hem Shlomo (Drouch Aleph) dit que les Séli'hot sont lues soit très tôt le matin, soit très tard le soir.
Par cela, nous transmettons à D. que nous ne pouvons pas dormir, car nous prenons tellement à cœur notre jugement qui arrive, que nous en sommes nerveux, anxieux et très préoccupés.

=> Les Séli'hot sont l'occasion d'exprimer par un acte pas évident (se lever tôt!), notre tension et notre sentiment de panique, notre conscience que l'heure est grave.

C'est insuffler en nous la notion que le mois d'Elloul et Roch Hachana, ne sont pas seulement des notions théoriques, mais aussi et surtout, une réalité au combien vitale pour notre avenir et celui du monde entier.

 

Source (b"h) : compilation et traduction personnelle de divré Torah du rav Yaakov Galinsky (au début) + de divré Torah du rav yé'hiel Spéro (depuis : retirer la pierre de l'ouverture du puits, jusqu'à la fin)

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-> Dans le Choul'han Arou'h, le chapitre sur les lois de Roch Hachana (581) commencent par les mots : "C'est une coutume de se lever tôt le matin afin de réciter les Séli'hot et les supplications".
Ce passage est une exception, car d'habitude, le Choul'han Arou'h ne mentionne pas les coutumes. Qu'est-ce que cela vient nous apprendre?
Les Séli'hot marquent le début des jours de jugement (yémé hadin).
Le mot : "din" a 2 significations : à la fois "loi" et "jugement".
Si une coutume est contraire à une loi, la règle est que la coutume a priorité sur la loi.
Rabbi Shalom de Belz dit que l'auteur du Choul'han Arou'h, Rabbi Yossef Karo, fait ici allusion au fait que si notre coutume de se lever tôt pour les Séli'hot a le dessus sur la loi (le din), alors par cela on va également avoir le dessus et d'annuler les jugements (din) difficiles qui peuvent être émis à notre égard.

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-> Le Ich Matslia'h explique que nous récitons les Séli'hot à l'aube (qui est un moment propice à la Miséricorde Divine) : le Rambam affirme que pour certains péchés, on ne peut obtenir l'expiation que par des souffrances. On se lève donc particulièrement tôt pour les Séli'hot, demandant à Hachem de considérer cet effort comme une souffrance.

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La récitation des Séli'hot permet de raviver les étincelles de feu qui sont enfouies dans le cœur.
Comment se fait-il alors que certaines personnes qui participent quotidiennement aux prières de Séli'hot ne soient pas transformées?

La récitation des Séli'hot n'est pas un phénomène miraculeux. Elle métamorphose uniquement ceux dont le cœur est sensible, qui sont animés d'aspirations spirituelles, et dont le seul problème est que leurs sentiments sont étouffés par la vie quotidienne.
Dans ce ce cas, les Séli'hot chassent les écrans qui les empêchent de se rapprocher de Hachem.
Mais si quelqu'un a endurci son cœur et ne cherche pas à éveiller son âme, il ne lui sert à rien de réciter les Séli'hot qui sont alors comparables à l'ampoule qui n'est d'aucune utilité à l'aveugle.
[Méacher léAvinou - p.111 - rapporté dans le Ma'hzor Ich Matslia'h (Roch Hachana)]

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-> Le Mabit écrit :
"Celui qui a commis une faute a fait par là 2 abominations :
1°/ d'une part la faute elle-même, qui entraîne une punition naturelle sur le fauteur ;
2°/ d'autre part, de cette faute émane une autre faute : l'homme a transgressé la parole d'Hachem, s'est éloigné de Lui, et par cela il a énervé D. (comme un ministre qui transgresserait délibérément les ordres et recommandations de son Roi, au profit du pays voisin). [Nous avons préféré servir notre roi égo, plutôt que Sa volonté.]

Ainsi, l'homme qui fait téchouva doit en plus de réparer les conséquences de sa faute, essayer d'apaiser la "colère" du Roi : Hachem, qu'il a provoqué en transgressant Sa parole et en le trahissant.
Pour être agréé de nouveau auprès du Roi comme nous l'étions avant de l'avoir trahi, il y a besoin d'un agrément, d'un apaisement (ritsouï) de D. que la téchouva elle-même ne procure pas forcènement, sans l'aide des Séli'hot."

=> Le but des Séli'hot n'est donc pas de se protéger des punitions et d'obtenir plein de bénédictions matérielles.
Il s'agit d'apaiser le Roi des rois, comme on apaiserait son meilleur ami ou Roi après l'avoir trahi.

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-> Les Séli'hot se font souvent au détriment du sommeil, par le fait de devoir se lever plus tôt.
Il est intéressant de rapporter les paroles suivantes du Ben Ich 'Haï (1ere année - Vayichla'h) :
"Il ne faut pas penser que le sommeil est bénéfique pour la santé en grande quantité. La médecine a prouvé qu’un homme ne doit pas dormir moins que 6 heures et pas plus que 8. Il en ressort qu’à partir de 6 heures de sommeil, l’homme est quitte de son hichtadlout (effort personnel) pour garder son corps en santé, il ne devra donc pas dormir plus et consacrer le reste de ses nuits à la santé de son âme, par l’étude de la Torah.
Et pour les nuits d’Elloul par exemple ou on ne peut pas dormir ces 6 heures [minimales], le fait de rajouter du temps à sa santé spirituelle le protégera de ne pas abîmer sa santé corporelle."

La pomme et le miel

+ La pomme et le miel (à Roch Hachana) :

-> "Hachem, D. n'avait pas envoyé la pluie sur la terre" (Béréchit 5,2)
Rachi de commenter :
"Il n'a pas fait pleuvoir parce qu'il n'y avait pas d'homme pour cultiver la terre et apprécier les bienfaits de la pluie.
Lorsqu'Adam a été créé, il a compris son importance pour le monde : il pria et la pluie est tombée, faisant pousser les arbres et la végétation."

Le rav Yaakov Galinsky dit qu'à partir des paroles de Rachi, on peut penser que c'est parce qu'il n'y avait personne pour prier que la pluie n'est pas tombée.
Mais ceci est une erreur, et ce n'est pas le sens de ces paroles.

Il y est écrit : "il n'y avait pas d'homme pour cultiver la terre et apprécier les bienfaits de la pluie".
Le Maharal (Gour Aryeh) d'expliquer : "Il est interdit de faire une faveur à une personne qui ne l'apprécie pas".

Nous recevons tant de D., et nous ne savons que demander, que se focaliser sur ce que nous n'avons pas encore.

Nous avons la pomme (ce qui est déjà super!), et ce qui nous manque c'est le miel (l'extra!).

En exprimant notre reconnaissance à D., en disant à quel point nous sommes sensibles à tout ce qu'Il nous a donné, nous nous permettons d'avoir des bénédictions futures.
A l'inverse, celui qui n'apprécie pas ce que D. a fait pour lui, s'interdit qu'Il lui fasse des faveurs.

La pomme, c'est : la Shana Tova (la bonne année) ; et le miel, c'est : le métouka (la douceur).

En prenant la pomme, on dit à D. : "Merci pour tout ce que tu m'as donné au quotidien dans ma vie".
Puis, on prend le miel, et on exprime : "S'il te plaît ajoute encore plus de douceurs".
On demande alors : une shana tova, une pomme avec du miel.

[c'est la dynamique des prières d'une manière générale : remercier pour le passé, et demander pour le futur.]

-> Le rav Leibele Eiger dit que le miel est produit par les abeilles, et pour le récolter nous devons faire avec le risque de piqûres.
De même, nous demandons à D. de se focaliser sur notre beauté intérieure, et de faire abstraction de nos écarts, nos fautes (vent de folie : qu'est-ce qui m'a piqué à faire ça!).

-> Rav Yé'hiel Spéro rapporte que même si au final la pomme et le miel sont agréables, ils ont des origines différentes :
-> la pomme = elle est naturellement bonne, et elle grandit sur un arbre beau, majestueux et feuillu.
Il symbolise la bonté et la beauté.

-> le miel = provient de l'intérieur des abeilles, qui sont connues pour leurs piqûres douloureuses et désagréables.
Elles symbolisent ce qu'on souhaite éviter, la douleur.

Mais au final, malgré ses origines, le miel est plus doux et plus agréables que la pomme, comme on peut le constater avec les enfants qui en demandent toujours plus.

Pour tout un chacun, chaque année, la vie est pleine de pommes et de miel.
En effet :
-> certaines situations sont intrinsèquement bonnes, agréables (ex : les fêtes, nos réussites, nos satisfactions, ...) ;
-> on doit aussi faire face à des circonstances qui ressemblent à la piqûre de l'abeille.

Sur le moment : "ça pique, ça fait mal!", mais en regardant avec une bonne perspective, on peut en arriver à goûter de la douceur.

Après coup, on se rend compte qu'une situation qui nous met en difficulté va se révéler plus bénéfique pour nous qu'une situation qui est agréable sur le moment.
En effet, il en découle par exemple : une mise au grand jour de nos belles potentialités (on devient meilleur), une appréciation des choses (quand on peine pour quelque chose, cela lui donne plus de goût), ...

=> Ainsi, les piqûres de la vie vont générer le miel de notre vie.

Le mot miel se dit : dvach, et a la même valeur numérique que : av aRa'haman (Père miséricordieux - 306).

Le fait d'avoir en tête qu'absolument tout ce qui m'arrive vient que de D., qu'Il nous aime à la folie, va contribuer à rendre chacune de mes épreuves douces et agréables.
Bien que sur le moment, ça peut piquer fort et faire très mal, mais puisque cela vient de D., c'est que c'est pour mon bien.

En mélangeant la pomme avec le miel, on demande à D. de nous aider à voir la vie avec la certitude que dans les moments difficiles et agréables, c'est le même D. qui agit envers nous, toujours avec un amour et une miséricorde qui sont infinies.

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Le Ben Ich 'Haï fait remarquer que :
-> tapoua'h (une pomme) est lié à : "liftoa'h" (ouvrir).
En ajoutant le miel, on demande par allusion à D. de nous ouvrir grand Sa miséricorde, Sa douceur à notre égard.

-> Une pomme est rouge extérieurement, mais blanche à l'intérieure.
C'est un appel à D. pour passer de la rigueur à la miséricorde, et alors pouvoir nous recouvrir de Son meilleur miel ...

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-> La pomme est un fruit très commun, présent quasiment partout dans le monde.
En prenant un tel fruit, qui est un peu négligé par son caractère simple (on va pas être fier devant ses invités d'avoir de la pomme), et en le trempant dans de la douceur, nous apprenons à avoir de la reconnaissance et à remercier Hachem même au sujet de choses qui sont simples et banales.
Nous prenons conscience que nous pouvons trouver de la douceur dans tout ce qu'Il nous donne, et ce même dans la plus simple des pommes.

Nous devons apprécier et témoigner de la reconnaissance pour tout cela (à l'image de la pomme qui a tous les honneurs une fois que le miel, le positif lui est ajouté).

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-> "Que Tes paroles sont douces à mon palais! Le miel l’est moins à ma bouche" (Téhilim 119,103)
En trempant une pomme dans le miel, nous faisons allusion que la Torah , c'est-à-dire la pomme, est notre occupation principale, et que le miel n'est que secondaire.
Nous faisons une bénédiction sur la pomme mais pas sur le miel, afin de démontrer qu'à nos yeux, la Torah a priorité sur les valeurs matérielles.

Mais cependant nous ne pouvons pas totalement faire abstraction de la matérialité, comme l'affirme nos Sages : "sans farine la Torah ne peut pas survivre".
Ainsi, nous demandons : "Hachem renouvelles-nous une bonne et douce année".
"bonne" = représente la Torah, et "douce" = représente les besoins matériels.
[rabbi Yissa'har Dov de Belz - Vayaged Yaakov]

[d'autres commentent : bonne + douce = nous souhaitons que l'année soit bonne, d'une manière qui nous soit visible (douce), et non pas cachée (c'est alors amère et nous devons proclamer : gam zou létova!)]

L’écoute du Shofar

+ L'écoute du Shofar :

La mistva du jour de Roch Hachana est le Shofar, et plus particulièrement le fait de l'écouter.

Rabbi Yé'hiel Spéro dit que durant la sonnerie du Shofar, nous écoutons le cri de notre âme à nos D., exprimant : "Nous voulons être meilleur! Nous voulons être au plus proche de Toi, notre Père adoré ..."

En hébreu : "écoute" se dit : "Shéma", et fait penser au "Shéma Israël" : l'acceptation du joug divin.

Le Rachba (5,55) dit que le mot Shéma a 3 implications :
1°/ Ecoute ;
2°/ Comprend ;
3°/ Accepte.

=> Ainsi, durant la sonnerie du Shofar, on écoute, on comprend et on accepte, le fait que D. est Unique, on déclare pleinement en nous-même : Shéma Israël.

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L'oreille n'est pas un organe comme les autres.
Rabbénou Yona (Chaaré Téchouva 2,12) rapporte la halakha que si une personne a rendu une autre sourde, elle doit lui payer en dédommagement la valeur totale de cette personne.
("Chir'ho nosèn lo démé koulo - guémara Baba Kama 85b)

-> "Prêtez-moi l'oreille et venez à moi, écoutez et votre âme renaîtra" (Yéchayahou 55,3)
=> Afin de guérir spirituellement nos âmes, notre téchouva doit commencer par l'écoute.

-> "Tu ne souhaites ni sacrifice ni oblation, tu m’as perforé des oreilles [pour entendre]" (Téhilim 40,7)

Rachi explique que lors du don de la Torah, D. n'a pas demandé aux juifs d'agir, mais uniquement d'écouter.
La réception de la Torah est liée à l'écoute : les tonnerres, les éclairs et le son du Shofar.

Le rav Mattitiayahou Salomon dit que c'est le thème de Roch Hachana : Accepter sur nous même le joug divin, comme au moment du don de la Torah, qui a été donné par le son du Shofar.

=> Le Shofar est comme un électrochoc.
Il ne peut nous laisser identique et nous devons sortir de notre torpeur.
Que puis-je faire dans mon quotidien pour rendre concret cette réalité (prier mieux, étudier plus, faire plus de tsédaka, ...).

-> Dans le livre de Yéhoshoua (chap.6), lors de la capture de la ville de Yéricho, le 7e jour, après le 7e tour autour de la ville, les Cohanim ont soufflé du Shofar, le peuple poussa des cris et les murailles protégeant la ville se sont effondrées.

Le Rav Shimshon Pinkous explique que c'est ce que le Shofar accomplit en nous-même : il fait tomber toutes les barrières qui nous séparent de la spiritualité.

Lors de la sonnerie du Shofar, on se retrouve alors au plus profond de nous-même : "nez à nez" avec notre papa Hachem!!
Comment restez insensible ...

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Le signe du mois de Tichri est la balance, qui symbolise le fait qu'on va peser nos mitsvot face à nos avérot.
Le mot balance se dit : "moznayim", et contient le mot : "ozèn" (oreille).

L'oreille compte pour beaucoup dans la capacité de jugement d'une personne.

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Le rav Eliyahou Méir Bloch recommande que durant le Shéma, on s'arrête un moment afin de penser à toutes les personnes qui ont dit ces mots dans des circonstances particulières.

On peut citer l'exemple de Rabbi Akiva, qui criait Shéma Israël alors qu'on lui arrachait la peau avec des peignes de fer.

On raconte aussi qu'un garde allemand a écrit dans ses mémoires, que lorsqu'il était à l'extérieur d'une chambre à gaz, cela ressemblait à une synagogue le jour du jugement.
En effet, les cris de Shéma Israël était alors pénétrant ...

En se liant à la sonnerie du Shofar, on se lie à tous les cris de souffrances, de douleur du peuple juif, au travers les temps, et on se remplit d'énergie de pouvoir poursuivre au mieux le job jusqu'à l'arrivée du Machia'h, très bientôt, b"h.

Source (b"h) : traduction personnelle et adaptation de divré Torah du Rabbi Yé'hiel Spéro

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-> Le son du Shofar vient directement du cœur.
C'est bien différent du langage qui est généré à travers la prononciation d'une série de consonnes et de voyelles, et qui trouve son origine dans l'intellect.
Le son simple du Shofar, qui émane du cœur, transcende les limites de l'intellect.
[le Baal haTanya - Likouté Torah - Roch Hachana]

Coutume de la tête de poisson ou d’agneau

+ Coutume de la tête de poisson ou d'agneau (à Roch Hachana) :

Pourquoi?

-> La guémara (Roch Hachana 16b) dit que les tsadikim sont immédiatement inscrits et scellés dans le livre de la vie, alors que le jugement des personnes moyennes (bénoni) est mis en attente, pour être rejugé à Kippour, en fonction de l'attitude durant les 10 jours de repentance.

Ainsi, en mangeant une tête, on fait une allusion, un signe à D., que nous espérons être en tête de liste avec les tsadikim et être ainsi immédiatement inscrit dans le livre de la vie.

-> On dit : "chéniyé léroch" (Puissions-nous être à la tête).
Le mot : "léroch" (לראש - à la tête) est l'acronyme de : "Laassot Rétson Avinou Chébachamayim" (faire la volonté de notre Père céleste).

=> Nous prions de pouvoir accepter la volonté de D. durant toute cette année.
[que nous puissions toujours mettre en tête de nos priorités Hachem!]

-> L'expression "chéniyé léroch", sert aussi à exprimer notre désir de s'attacher à des Sages, qui à l'image d'une tête vont nous permettre de suivre une véritable vie juive.

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-> Ce jour n'est pas appelé : Té'hilat Hachana (le commencement de l'année), mais plutôt Roch Hachana (la tête de l'année).

"Roch" fait allusion à la tête, et "Chana" : à la notion de changement (choné).

De même que le corps suit la tête, de même le restant de l'année va suivre son commencement.

C'est pourquoi, nous devons nous "défoncer" positivement, afin de donner une impulsion qui va irradier toute l'année à venir.

En prenant une tête, nous exprimons à D. notre envie d'avoir une année qui soit à la tête de toutes nos désirs (ce qu'on aura sera encore mieux que tout ce qu'on peut rêver de bien pour nous!).

Source (b"h) : traduction personnelle d'un dvar Torah du rabbi Bogomilsky (Védibarta Bam)

-> La tête symbolise notre envie de percevoir clairement que la tête, l'origine première de toute chose est Hachem. Ainsi, par exemple, lorsqu'une situation difficile se présente nous sommes rassurés car derrière il y a un décret de D. Ou bien, au lieu d'attribuer à la normalité, à l'homme des choses (ex: le confort et la technologie actuels), qu'on puisse se rappeler que ce sont des bontés de D. à notre égard, et qu'on puisse Le remercier pour cela.

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-> A Roch Hachana, nous demandons à Hachem : "Puissions-nous être à la tête (léroch - לראש) et non à la queue (lézanav - לזנב)".

Rabbi Matia ben 'Harach dit : "Situe-toi à la queue des lions plutôt qu’à la tête des renards" (Pirké Avot 4,15)

-> Le Ohèv Israël (le rav d'Apt) explique que cela signifie qu'il vaut mieux être en lien avec le plus bas niveau de la grandeur (queue des lions), que le plus haut niveau de la médiocrité (tête des renards).
C'est pourquoi nous demandons à Hachem d'être spécifiquement "à LA tête" (léroch) de la grandeur, et à aucune autre.

-> Le rav Moché de Bick enseigne à ce sujet :
"La Torah nous demande d'être un "anav" (un humble - ענו) et non pas un "zanav" (une queue - זנב).
Nous devons être humble, mais pas au point de nous dévaloriser pour devenir [à nos yeux] comme la queue d'un animal."

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-> Nous demandons de pouvoir faire la volonté de D. alors que nous sommes à "la tête" de notre vie = lorsque nous sommes encore jeune, dans la force de l'âge.
Nous ne voulons pas commencer à faire téchouva "à la queue" = à la fin de notre vie, lorsque la vigueur de notre jeunesse a décliné.
[Sifté Shimon - Michpatim]

[nous témoignons par cela de notre envie d'immédiatement vouloir faire téchouva, nous améliorer, et non pas remettre à plus tard, comme l'incite notre nature humaine (yétser ara).]

-> Nous demandons : "Puissions-nous être à la tête", et non pas être la tête.
En effet, nous ne pouvons pas être l'unique responsable du peuple juif, car cette place est réservée pour machia'h, qu'il puisse arriver très bientôt b'h.
[Torat SHimon haChalem]

"Le téchouva, la prière et la tsédaka suppriment le mauvais décret"
[prière de Ounétané Tokéf]

Nous allons, b"h, analyser chacun de ces éléments, qui nous permettent d'enlever le mauvais jugement, qui pourrait être sur nous.

+ La Téchouva :

Un juif est intrinsèquement bon, il souhaite faire le bien, et le fait de fauter est totalement contraire à sa nature.
Lorsqu'un juif faute cela ne va pas changer son essence propre, mais cela va créer quelque chose qui lui est étranger, qui n'adhère pas à lui.

=> Ainsi, faire téchouva, c'est retourner à son véritable soi-même, c'est se débarrasser des écrans, des saletés qu'a pu amener nos mauvais comportements.

On est composé d'une âme et d'un corps, et l'âme, partie divine, en est le principal.
Faire téchouva, c'est reformer l'union totale entre notre âme et sa source divine, état de fusion qui a été temporairement stoppé par nos fautes.

=> La téchouva, c'est remettre son âme comme maître de son corps, c'est être véritablement soi-même.

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Les lettres du mois : Elloul, permettent de former : "Ani léDodi, véDodi li" - Je suis à mon bien-aimé, et mon bien-aimé est à moi (Chir haChirim 6,3 - אֲנִי לְדוֹדִי וְדוֹדִי לִי).

Ce verset est lié à la notion de téchouva, car nos fautes nous séparent de D., et par le biais de la téchouva (ani lédodi), alors on enclenche le fait d'être reconnecté à D. (véDodi li).

Le Rambam définit cela : "Hier une personne était séparée de Hachem ... mais aujourd'hui elle est liée à la présence divine" (Hilkhot Téchouva 7,7).
Par ailleurs, il est écrit dans Mala'hi (3,7) : "Revenez à moi, et je reviendrai à vous."

Dans le Chir haChirim, il est étonnant de constater qu'on trouve auparavant : "Dodi li, Vaani Lo" - Mon bien-aimé est à moi, et moi, je suis à mon bien-aimé (Chir haChirim 2,16 - דּוֹדִי לִי וַאֲנִי לוֹ).

= C'est exactement la même phrase, mais en inversé.

Tout d'abord, il y a : "Mon bien aimé est à moi" (dodi li).
Je dois avoir conscience que D. me permet de vivre à chaque instant.
Je dois être plein de gratitude, de reconnaissance envers Hachem, sans qui je ne peux rien et à qui je dois tout.

Ensuite, je dois avoir conscience de ma grandeur, en effet :
-> "Hachem, la Torah et les juifs ne sont qu'un" (Zohar - Vayikra)
-> "De même que l’homme doit croire en D., ainsi doit-il croire en lui-même. […] L’homme doit être convaincu que son âme vient de la Source de la Vie, et que D. a plaisir et jouissance d’elle."[Rabbi Tsadok haCohen de Lublin – Tsidkat haTsadik 1,54]

Sans tomber dans l'orgueil, en ayant conscience de sa grandeur, de toute la confiance que D. nous témoigne, en nous permettant par exemple de vivre (rabba émounaté'ha), nous ne pouvons pas nous abaisser à fauter, à ne pas viser l'excellence.

On doit être conscient qu'on est des princes, des fils uniques de D., et on doit se comporter en adéquation (on représente D.!).

C'est le mois d'Elloul, c'est la mode de parler de téchouva.
Très bien! Et moi dans l'histoire, qu'est-ce que j'en pense?

Avant de faire téchouva, il faut se retrouver, seul avec soi-même, et utiliser cette période pour remettre à plat toute sa vie.
Comment est-ce que je vois ma vie? Quelles sont mes envies? mes priorités?
Lorsque ma vie sera finie, qu'est-ce qui me rendra fier?

=> Une fois que j'ai de la gratitude envers D., que je rêve de faire de grandes choses de ma vie, et que j'ai une envie personnelle assumée et sincère de m'améliorer, alors je peux commencer à faire téchouva.

[c'est le sens du : "lédodi li, ani lo", qui précède le : "ani lédodi, védodi li" ...
Je me retrouve d'abord seul avec moi-même, pour mieux m'ouvrir, fleurir dans ma relation avec D. et autrui.]

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On peut citer le dvar Torah suivant : https://todahm.com/2014/10/23/reveille-lespion-qui-est-en-toi

Il est écrit : "Les explorateurs revinrent de cette exploration du pays, au bout de 40 jours" (Bamidbar 13,25)
Ils revinrent = ils ont fait téchouva.
Quand? = au bout de 40 jours, comme la période entre Elloul et la fin des 10 jours de pénitence.

=> C'est un moment propice à l'introspection, à aller au fond de soi-même.

Le Ram'hal enseigne, qu'il faut :
-> examiner nos actions négatives : Pourquoi les a-t-on faites? Comment ne pas les reproduire?
-> examiner ses mitsvot, actes positifs : Comment les améliorer?

=> Elloul est un œil critique, qui va éliminer le négatif et ajouter du positif.
Notre passé devient une grande force pour notre futur.

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Il est intéressant de noter que le terme : Shofar, est en relation avec : "léchapèr" (=embellir).
Ainsi, on peut être fier de ce qu'on a pu accomplir, mais on ne doit jamais se satisfaire de notre situation actuelle (ex : en disant que c'est pas si mal par rapport à la majorité des juifs, par rapport à notre entourage, ...).
=> Nous devons toujours chercher à nous améliorer, à nous embellir.

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+ La Téfila :

Par le biais, de la prière une personne devient unie et attachée à D.

On peut distinguer nos prières personnelles et nos prières plus imposées (Cha'harit, min'ha, arvit).
Ces dernières ne sont pas composées uniquement de requêtes, car l'essentiel de la prière est d'être un moment où du plus profond de notre cœur, nous nous lions à D.

A l'image d'une personne qui est en train de couler et dont son sauvetage ne peut venir que de la personne se trouvant sur le pont du bateau.
En priant, on crie de tout cœur que tout vient et n'est possible que grâce à D.
On quitte toutes les certitudes liées à notre égo (c'est moi qui, c'est grâce à moi que, ...) pour se jeter dans le vide de la émouna, et dire : "D., c'est que vers Toi que je veux me tourner, espérer de l'aide ... Tu es tout pour moi, Prend moi dans tes bras ..."

Même dans nos demandes, le plus important est le rapprochement, le lien que cela a engendré, plutôt que son résultat, qui n'est qu'un moyen de donner de la fraîcheur et de la force d'adhésion à notre prière.

Prier à D. autant que possible, c'est rendre réelle une notion qui peut être facilement abstraite.
Ainsi, dans notre vie quotidienne, si on ne cherche pas chaque occasion pour demander de l'aide à D. ou pour le remercier, il devient compliquer de donner vie à la notion de présence divine.

Rabbi Benjamin Blech dit que la prière, c'est lorsque je parle à D., et que la Torah, c'est lorsque D. me parle.

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Elloul est l'acronyme également de : "ét lévavé'ha véét lévav zar'a'ha" - Ton cœur et celui de ta descendance (Dévarim 30,6 - אֶת-לְבָבְךָ, וְאֶת-לְבַב).

C'est en relation avec la notion de prière, comme par exemple :
-> le service du cœur = la prière (guémara Taanit 2a) ;
-> "Lorsqu'une personne prie, elle doit diriger son cœur vers D." (guémara 31a)
-> " 'Hanna parlait en son cœur" (Chmouel I 1,13) ;

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+ La Tsédaka :

L'idée reçue est que celui qui donne n'a aucune obligation de le faire, il ne doit rien au pauvre, et il ne le fait que par pure générosité.
En réalité, c'est le contraire.

La racine de ce mot est : "tsédék", qui signifie : "justice".
Ainsi, plutôt qu'un acte bénévole, il y a 2 raisons de faire la tsédaka :
-> une personne est obligée de donner à une autre, car l'argent n'est pas le sien.
D. le lui a donné dans l'espoir qu'il le redonne à autrui.

-> D. n'est pas redevable à l'homme, malgré le fait qu'Il lui fournisse tout ce dont il a besoin.
On doit suivre cet exemple et donner à autrui, même si on ne lui est pas redevable de quelque chose.

D. va alors agir, mesure pour mesure, avec nous.
Puisqu'on a transcendé notre nature, notre instinct, en donnant, Il va nous donner plus que ce que l'on mériterait normalement.

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Elloul est aussi l'acronyme de : "ich léré'éou oumatanot laévyonim" - [Envoyer des présents] l'un à l'autre et des dons aux pauvres (méguilat Esther 9,22 - אִישׁ לְרֵעֵהוּ, וּמַתָּנוֹת לָאֶבְיֹנִים).

Cela représente la tsédaka.

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+ Pour conclure :

Ainsi, à Roch Hachana :
-> par la Téchouva = on remet à jour notre relation avec soi-même, on retourne à ce que l'on est véritablement ;

-> par la Téfila = on met à jour notre relation, notre union avec D.;

-> par la tsédaka = on met à jour notre relation avec autrui

Au moment de démarrer une nouvelle année, il est important de définir clairement ces 3 interactions (avec moi, avec D., avec autrui), afin de vivre une vie pleinement épanouie.

[La téchouva, la téfila et la tsédaka, nous supprimant tout mauvais décret ... ]

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+ Bonus : la prière de Ounétané Tokéf :

Cette prière a été écrite par Rabbi Amnon de Mayence, il y a environ 1000 ans, et est un des temps forts de la répétition du moussaf de Roch Hachana et de Kippour.

-> Son histoire :

L'évêque de Mayence a demandé à son conseiller Rabbi Amnon de se convertir au christianisme.
Afin de gagner du temps, Rabbi AMnon a demandé 3 jours de réflexion.
A son retour chez lui, il a regretté d'avoir donné l'impression qu'il pouvait être prêt à quitter Hachem.

Il a alors jeûné et prié pendant 3 jours, et n'est pas retourné voir l'évêque.
Lorsqu'il a été amené de force à l'évêque, il lui a dit que sa langue devait être coupé pour avoir laissée dire qu'on pouvait y réfléchir.

L'évêque furieux a alors ordonné qu'on coupe les jambes et les mains, articulation par articulation.
A chaque fois, on lui demandait s'il voulait se convertir, et Rabbi Amnon a toujours refusé, jusqu'à ce qu'on le laisse rentrer chez lui totalement estropié.

Quelques jours plus tard, à Roch Hachana, Rabbi Amnon a demandé à sanctifier le nom de D., juste avant la Kédoucha, dans la synagogue.
Il a alors récité une prière personnelle : "Ounétané Tokéf", et en la terminant, il a rendu son âme à Hachem.

Trois jours plus tard, Rabbi Amnon est apparu au célèbre Rabbi Kalonymus ben Méshoullam de Mayence, et lui a enseigné le texte, puis lui a demandé de l'insérer dans la liturgie juive de Roch Hachana.
Son désir a été exaucé, et son texte a même été ajouté lors de l'office de Kippour.

=> N'hésitons pas à penser à lui à ce moment de la prière, afin qu'au-delà de notre téchouva, téfila et tsédaka, son mérite puisse nous protéger, b"h.

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"Avec ceci (bézot - בְּזֹאת) Aharon viendra dans le Sanctuaire" (A'haré Mot 16,3)

-> "Le téchouva, la prière et la tsédaka suppriment le mauvais décret" (prière de Ounétané Tokéf que nous récitons durant les Yamim Nora'im).

Dans la majorité des livres de prières, 3 mots sont écrits directement au-dessus de cette phrase introductive : tsom (le jeûne - צום) ; kol (la voix - קול) ; mamon (l'argent - ממון).
Ils ont tous une même guématria de 136.
En cumulant la valeur de ces 3 mots (136*3), nous obtenons : 408, qui est la valeur du mot : zot (זֹאת).

Ceci est une allusion à notre verset : "Avec ceci (bézot) Aharon viendra dans le Sanctuaire".
Lorsque les juifs font sincèrement téchouva, prient de tout leur cœur, et donnent généreusement à la tsédaka, alors les 3 se combinent pour produire "zot", que va prendre avec lui le Cohen Gadol en entrant dans le Sanctuaire, en tant que messager du peuple, et qui va permettre d'accepter sa prière et d'amener le pardon aux juifs.