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Et le mois d’Elloul, il va parler …

+ Et le mois d'Elloul, il va parler ...

Laissons l'orthographe du mot : Elloul (אלול) s'exprimer :

1°/ Regarder en arrière, pour repartir en avant sur de bonnes bases ...

Pour démarrer un processus de Téchouva (repentir), il faut prendre conscience de ce qu'on a mal fait.
En lisant le mot Elloul (אלול) en suivant cette logique ( =partir du début et regarder en arrière), on peut décomposer le mot en 2 :  לו (à Lui - lo) et לא (Non - lo).

=> A Lui (D.), source de toutes les bontés, et qui nous permet d'exister à chaque instant, nous Lui avons trop souvent dit cette année : "Non!"   [ =j'ai mieux/plus important à faire que de suivre Tes commandements/Ta volonté!]

==> Le mois d'Elloul est le moment où l'on ferme la boutique pour inventaire, et où suite à cela on entame un processus de téchouva par la reconnaissance de nos erreurs/fautes à D.

2°/ Avec le mois d'Elloul, on s'achemine vers la fin d'une nouvelle année juive dans notre vie.
Afin d'essayer de la comprendre, il faut la regarder rétroactivement.

En lisant le mot Elloul (אלול) en suivant cette logique de regarder en arrière et en se rapprochant du présent, on obtient : לולא (si ce n'était - loulé = Elloul à l'envers)

Comment se serait passée mon année, si ce n'était ... ma bêtise, mon insensibilité à la détresse d'autrui, mon orgueil/égo, ...

=> Elloul est le moment qui nous permet de faire le bilan, et d'apprendre de nos erreurs, afin de repartir sur des bases encore plus parfaites.

Par ailleurs, l'expression : 'loulé' (Si ce n'était) nous permet aussi de regarder en arrière pour prendre conscience :
- de tout ce que l'on a fait de bien => Je suis fier de moi, et je vais capitaliser sur cela dans le futur.
- de tout ce que D. nous a fait de bien durant cette année. => un grand grand MERCI à D. pour tout!!

==> Elloul est le moment privilégié pour s'autocritiquer, se remercier, remercier autrui (sa femme/mari, ses parents, ...) et surtout D.,  pour tout ce qu'ils nous ont apporté.
C'est un tremplin pour repartir sur une nouvelle feuille blanche (année) en s'assurant d'y écrire de belles choses, de  beaux succès.

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-> "loulé" peut se traduire par : Ah! Si ce n'était.
Rabbi Hoffman enseigne à ce sujet que c'est le travail du mot de Elloul (אלול) = pourquoi aurai-je pu faire tant de choses supplémentaires l'année passée, j'aurai pu mieux me comporter, si ce n'était ... (לולא).
On a tous le désir de faire de belles choses dans notre vie, mais lorsqu'il s'agit de les mettre en pratique on trouve pleins de super circonstances pour éviter de les faire, les fameuses : "si ce n'était ça alors je le ferai!" (le loulé).
=> Le travail d'Elloul est de travailler à la source pour que notre volonté positive s'exprime de la potentialité à la réalité sans déperdition. Nous devons inverser le : לולא (si ce n'était), en Elloul(אלול) qui est à l'opposé du remettre à plus tard (donc souvent à jamais!).
En effet, il est écrit : "Il n’y a pas de "maintenant" (עַתָּה) si ce n’est pour un langage de téchouva" (midrach Béréchit rabba 21 – en véata ella lachon téchouva).

==> Elloul c'est passer de notre tendance naturelle : "j'agirai au meilleur de moi-même plus tard", à : "si je dois le faire, alors c'est maintenant, et non pas après, car cela sera tard!".
[il faut inverser notre tendance naturelle en ce qui concerne la volonté de D. = c'est maintenant! ; et pour ce qui provient de notre yétser ara : "loulé" (si ce n'était => après je t'écoute, là je suis occupé!)]

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+ Supplément :
Le mot 'loulé' se trouve dans le téhilim 27 qui est lu habituellement pendant le mois d'Elloul.
Il y est écrit (téhilim 27,13) : "loulé é'émanti lir'ot bétouv Hachem bé'érets 'haïm = "[J'aurais été anéanti] si je n'avais eu foi [de mériter] de voir le bien de D. [en étant encore] sur la terre des vivants."

On peut remarquer :
- que ce verset commence par le mot Elloul à l'envers : loulé ( ="Si je n'avais eu [foi]")  ;
-  le verset se poursuit par l'expression d'une émouna (foi) totale en D. (s'appuyant par exemple sur le souvenir de tout le bien que D. nous a fait dans le passé, et notamment durant l'année passée) ;
- le verset se finit par le mot : 'haïm ( = guématria 68 = guématria du mot Elloul : 67 + 1 pour notre pas en avant, pour notre expression de émouna en D.)

Le verset suivant, termine ce pérék 27 des téhilim :
"[Mon âme!] Espère en [la délivrance de] D., renforce et encourage ton coeur, et espère [encore] en [la délivrance de] D."

==> Utilisons ces jours du mois d'Elloul comme un moteur dans notre émouna/notre confiance en D.
Tâchons de démarrer la nouvelle année du bon pied ...

"Renforce et encourage ton coeur, et espère [encore] en [la délivrance de] D."

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+ Le Téhilim 27 :

-> Le Malbim explique que le Psaume 27 exprime la manière dont l’attachement à Hachem (דבקות - Dvékout), conduit à la Providence divine (השגחה - Hachga’ha) qui a pour effet l’annulation de tous les projets néfastes de nos ennemis. Cet attachement au divin nous procure alors une confiance totale en notre Créateur.

La lecture du Téhilim 27, durant la période définie, est une grande Ségoula (bienfait), comme l’atteste plusieurs écrits de nos Maîtres, parmi lesquels : "Il lui est assuré [à celui qui le lit] que son année et ses jours seront bons et agréables. Hachem lui assure également que sa demande sera exaucée et qu’il n’aura aucun manque de nourriture durant toute l’année" [Chaaré Ra’hamim].

Cette lecture est aussi bénéfique pour l’annulation des décrets et des accusations célestes [voir Chaaré Téfila].
Il est mentionné treize fois le Nom de D. (Tétragramme) dans ce Psaume, faisant référence aux "13 Attributs de Miséricorde" qui brillent durant cette période (à noter que la lecture à Cha’harit et à Min’ha ou au début d’Arvit, fait que 26 fois le Nom d’Hachem est mentionné, indiquant ainsi la protection qu’apporte une telle lecture : 26x26 = 676 est la valeur numérique du mot רעות [Raot – afflictions], en référence au verset : "Nombreux sont les maux רעות du Juste, mais de tous l’Eternel le sauve" - Téhilim 34,20).

Le Arizal enseigne que la lecture du Téhilim 27 permet d’ouvrir les treize canaux conduisant aux "13 Attributs de Miséricorde", afin que ceux-ci s’épanchent vers nous. Le Téhilim 27 commence par les mots "De David : Hachem est ma lumière (אורִֹי - Ori) et mon salut (וִיׁשְִעי - Véich’i)".
Le midrache Téhilim nous dit que "ma lumière" fait référence à Roch Hachana tandis que "mon salut" fait référence à Yom Kippour [à noter que la valeur numérique des mots אורִֹי (Ori) et וִיׁשְִעי (Véich’i) totalise 613 [217+396] (le nombre de Commandements de la Torah) : Ma lumière (אורִֹי - Ori) est associé aux 248 mitsvot positives dont l’accomplissement découle de l’acceptation de la Royauté divine, sujet du jour de Roch Hachana.
Mon salut (וִיׁשְִעי - Véich’i) est associé aux 365 mitsvot négatives dont l’expiation de leur transgression est obtenue à Yom Kippour. Il est également enseigné que le verset ultérieur (verset 5) : "Car au jour du malheur, Il me cachera dans Son pavillon (בְּסֻכֹּה)" fait clairement allusion à Souccot.

Également, fait remarquer le Baal Hatourim (sur Nitsavim 30,6), le mot לוּלֵא - Loulé (si) du verset 13 de notre Téhilim : "Ah! si je n’avais (לוּלֵא - Loulé) la certitude de voir la bonté de Dieu sur la terre des vivants», est composé des mêmes lettres que אלול Elloul.

Bonne (re)naissance à tous …

+ Bonne (re)naissance à tous ...

Grâce à D., il est connu que les 1eres lettres de : 'ani lédodi védodi li' (אני לדודי ודודי לי = "Je suis à mon bien aimé, et mon bien aimé est à moi.") forment : Elloul (אלול).
Maintenant, observons les dernières lettres ...

... nous avons 4 youd, nous donnant un total de 40.

De même qu'il faut 40 jours à l'embryon pour se former avant que ne se mette en fonction le cerveau (siège où l'âme pénètrera alors, et commencera à vivre), D. a donné 40 jours à l'homme pour qu'il forme son projet et se repente (du 1er Elloul à Yom Kippour).

Roch Hachana et yom Kippour sont alors 2 moments forts, couronnant la décision de retourner vers D., permettant l'enfantement d'un renouveau qui prendra corps au fur et à mesure de l'année à venir.

Après ces 40 jours de réflexion, nous devons être en état d'unir notre corps à notre âme renouvelée et former ainsi un nouvel être, plein de "l'envie de D." !!

Source (b"h) : compilation personnelle de dvar Torah du rav Menahem Berros sur les fêtes de Tichri

+ Elloul = faire un pas en avant pour la vie ...

Le mois d'Elloul (אלול = guématria 67), c'est le moment privilégié pour faire un pas en avant vers D., afin de mériter le top dans la vie ( = חיים = guématria 68 = les 67 du mot : 'Elloul' + 1 pour le pas en avant).

Durant tout le mois d'Elloul, D. est plus accessible/proche que jamais, alors profitons à fond de chacun des 30 jours à venir en allant vers D., afin de mériter une vie plein de joie, de santé, de shalom, ... pour nous, nos proches et tout Israël (b"h) !!

Il faut juste faire le 1er pas vers D.  ...

+ Produit indispensable ...

En ce mois d'Elloul, un "produit" est indispensable, c'est le : "tahiti" = dire à D. et à autrui : "J'ai fauté envers toi ..."
Produit indispensable afin de pouvoir se laver de toutes avérot/fautes, et arriver ainsi tout propre à Roch Hachana.

N'hésitons pas à utiliser le : 'Tahiti' ...  🙂

Source (b"h) : traduction du mot : 'tahiti' en français (littéralement : "je me suis égaré ...")

 

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Hachem pardonne à celui qui reconnaît ses péchés entre les sonneries du Shofar

+ Hachem pardonne à celui qui reconnaît ses péchés entre les sonneries du Shofar :

-> Le rav de Kamarna (séfer Zohar 'Haï) écrit que seul Hachem a le pouvoir de nous pardonner nos fautes, car aucun beit din n'est capable de le faire.
Il dit qu'entre les tékiot, il faut se taire et confesser nos fautes dans son cœur, et que si l'on fait cela, Hachem lui-même dira : "Sala'hti" (Je te pardonne!).

[on devra faire attention que notre confession des fautes ne nuit pas à une bonne écoute des sonneries. ]

Selon la halakha, lorsqu'on revoit un ami après une séparation de plus de 12 mois, on récite la bénédiction de : Mé'hayé HaMétim (qui fait revivre les morts).
La Michna Béroura discute du fondement et de la justification de cette bénédiction. Elle cite le Maharcha, qui explique que puisque lors de chaque Roch Hachana, une personne est jugée pour la vie ou pour la mort, chaque année, à cette occasion, son existence est en péril.
Donc, ne pas voir son ami pendant 12 mois signifie que celui-ci a été jugé et a survécu au din de Roch Hachana, ce qui est comparable à la résurrection des morts. Par conséquent, puisque cet ami a vécu une forme de résurrection des morts, il convient de réciter la bénédiction de Mé'hayé HaMétim.

Héro d’un jour, héro de tous les jours …

+ Au début de la guerre du Golfe (en 1991), le Dayan Aharon Dunner demanda au rav Chakh :
"Que devons-nous recommander de faire aux personnes d'Amérique, d'Angleterre et du reste de l'Europe?
Elles veulent faire téchouva, elles veulent faire quelque chose!"
Le rav Chakh répondit :
"Dites-leur de prendre de petits engagements qui ont un sens pour elles et qu'elles maintiendront durant les 3 prochains mois."

Il s'engagea lui-même, durant cette période, à réciter le birkat hamazone à partir d'un texte lorsqu'il dînait chez lui.

--> Le rav Dessler dit qu'une ascension spirituelle réussie suppose de petits degrés de progression quotidiens, qui amènent peu à peu à des niveaux de plus en plus élevés (à l'image de la vision de Yaakov : "une échelle dressée sur la terre dont le sommet touchait le ciel").

=> Ce qui compte ce n'est pas à quel niveau de l'échelle nous nous trouvons, mais combien de barreaux nous avons grimpé par nos efforts constants, et celà par rapport à ce que D. nous donne la possibilité de faire.

Tant qu'il y a de la vie, il y a des marches à monter, une après l'autre, sans espérer prendre l'ascenceur ...
Notre seul "ennemi" potentiel dans la vie, c'est nous-même ...
[= arrêtons de mettre autant d'efforts pour espérer en faire moins, arrêtons de se mentir, s'anesthésier la vie, dépendre du regard des autres, ...]

"Lorsque l'année entière est comme le mois d'Elloul, alors seulement le mois d'Elloul est vraiment Elloul."

[Rav Israël Salanter]

Vivre toute l’année comme si c’était Rosh Hachana

+ Vivre toute l'année comme si c'était Rosh Hachana :

-> Le rav Pin'has de Koritz (cité dans le Imré Pin'has - Moadim - ot 121) dit que Roch Hachana est le modèle pour toute l'année. La façon dont on se comporte à Roch Hachana est la façon dont on sera traité toute l'année.
Il dit que c'est la raison pour laquelle nous ne mangeons pas d'aliments au goût amer à Roch Hachana. Nous ne voulons pas avoir un "goût amer dans la bouche" toute l'année.

Pour cette raison, le rav de Koritz ne prononçait pas de dracha avant les sonneries du shofar, car il craignait de dire par inadvertance quelque chose d'inapproprié, ce qui aurait pu avoir un effet sur toute son année.
Il dit qu'à Roch Hachana, il fallait parler le moins possible, en limitant ses paroles à la Torah et à la prière.

Il comparait également Roch Hachana à la construction d'une maison. Avant de construire une maison, il faut dessiner les plans, et la maison est construite selon ces plans. De même, à Roch Hachana, nous dessinons les plans pour toute l'année.

Que faut-il faire pendant que le ‘Hazan « traîne »?

 

Rabbi Its'hak Ména'hem d'Alexender appréciait beaucoup les chants qui accompagnaient les prières de Roch Hachana et de Yom Kippour.

L'un de ses fidèles vint, une fois, le voir à propos de ces chants qui le dérangeaient quelque peu.

"Que faut-il faire, demanda-t-il, pendant que le 'Hazan traîne durant les passages "chantés"?

Quelque peu étonné, le Rabbi lui lança : "Tu es déjà un homme d'un certain âge et tu ne sais pas ce qu'il faut faire durant ces passages!

Mais à ce moment-là, il faut faire Téchouva!".

 

Source : le Rav Gérard Touaty (A.J. du 29 Août 2012)