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+ "La fille de Tsion a vu partir toute sa splendeur" (Eikha 1,6)

-> "La splendeur des juifs est les sages et les érudits en Torah [talmidé 'hakhamim]" (midach Kohélet rabba 1,33].

Lorsqu'ils ont été envoyés en exil, Tsion a perdu sa splendeur.

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+ "Elle est tombée, la couronne de notre tête" (Eikha 5,16)

La véritable couronne de nos têtes est les érudits en Torah de chaque génération, qui nous guident durant les périodes de paix et de tragédies.
Cela s'applique également à leur femme (selon le rav Avraham Yéchayahou Steinman, petit-fils du rav Steinman et du rav 'Haïm Kanievsky).

Quelques années avant sa mort, la Rabbanit Kanievsky (femme du rav 'Haïm Kanievsky) s'est fait hospitalisée pendant plusieurs jours.
Le docteur a alors dit au rav 'Haïm qu'elle avait besoin de repos, ce qui n'était pas possible chez elle, au regard des centaines de personnes qui leur rendaient visite chaque jour.

Le rav 'Haïm Kanievsky a alors répondu : "Ce n'est pas un problème, je vais me tenir devant sa porte avec mon Shtender et ma guémara, et je m'assurerai qu'aucune femme ne soit autorisée à rentrer pour voir la Rabbanite."
Le médecin était alors surpris : "Pourquoi est-ce si important pour vous qu'elle rentre à la maison tout de suite?"

Rav 'Haïm de répondre : "Lorsque la Rabbanite est à la maison, mon étude est tellement meilleure!"

=> Elles sont également la couronne de notre tête!

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-> Le rav 'Haïm Kanievsky a demandé :
"Nous savons tous que si un Séfer Torah tombe par terre, nous sommes alors tous horrifiés et nous nous précipitons pour le ramasser, nous assurant qu'il ne reste pas une seule seconde sur le sol.
De plus, suite à cela, beaucoup de personnes vont jeûner ou faire un don à la tsédaka afin d'expier nos fautes, qui ont causé la chute du Séfer Torah.

Mais qu'en est-il si un érudit en Torah tombe en même temps qu'un Séfer Torah : est-ce que l'on doit ramasser le Séfer Torah avant d'aider l'érudit à se relever?
[on parle d'une situation où l'érudit n'a pas de dommage physique]

Rav 'Haïm a répondu de marnière catégorique:
"L'érudit en Torah doit être relevé avant le Séfer Torah!

La loi peut se voir clairement des mots de la guémara (Makot 22a) : "Qu’ils sont stupides ces hommes qui se lèvent devant un rouleau de la Torah, et non devant le disciple d’un Sage qui est un rouleau de la Torah vivant".

De cette guémara, il est clair qu'un érudit en Torah est un rouleau de Torah vivant, auquel on doit donner encore plus d'honneurs qu'à un Séfer Torah.
Agir autrement est de la folie pure! "

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-> "Lorsque les juifs ont été exilés en Babylonie, pas un seul n'a alors été capable d'expliquer son étude [de la Torah convenablement]"
[midrach Kohélet rabba 12,7]

-> "Il n'y a pas de plus grande perte d'étude de la Torah, que le fait que les juifs ont été exilés de leur terre" [guémara 'Haguigua 5b]

La destruction du Temple et l'exil, causent une réduction majeure des niveaux d'étude de la Torah.

=> Ainsi, "La fille de Tsion a vu partir toute sa splendeur" (Eikha 1,6), on parle de toute sa Torah!

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-> A la toute fin de la Amida nous disons : "Que Hachem se soit Ta volonté que ... le Temple soit reconstruit, rapidement de nos jours, et accorde nous notre part dans Ta Torah"

Pourquoi notre demande de reconstruction du Temple suit directement notre demande de réussir dans l'étude de la Torah?

Le rav 'Haïm Kanievsky explique qu'une conséquence terrible de la perte du Temple et de l'exil qui en a suivi, est le fait que nous ne pouvons plus étudier la Torah comme les juifs le faisaient auparavant, car la présence du Temple fournissait le cadre nécessaire à un niveau spirituel élevé, ce que nous n'avons plus de nos jours.

[avec le Temple, il y avait un présence divine qui était beaucoup plus proche, ce qui faisait qu'il y avait de la véritable joie, plus de sagesse en Torah, ...].

De plus, de nombreuses lois de la Torah ne peuvent plus être pratiquées : comme celles en relation avec le Temple, celles relatives à la pureté et à l'impureté, celles en relation avec ce qu'on devait retirer de notre récolte (térouma, maaser), ...

Le Rav 'Haïm Kanievsky nous dit qu'à cause de cela nous n'avons pas une compréhension correcte de ces sujets, qui représentent presque la moitié des 6 ordres de la michna (Zéraïm, Kodachim et Taharot).
Ce n'est que lorsque le Temple sera de nouveau là, que nous pourrons alors comprendre clairement ces sujets.

Par ailleurs, lorsque le Machia'h arrivera, Eliyahou haNavi viendra et clarifiera toutes les questions de la Torah que nous n'aurons pas pu clarifier, comme nous pouvons le voir dans la guémara à chaque fois que nos Sages n'ont pas trouvé une solution satisfaisante, il est dit : "Tékou" (תיקו), qui est l'acronyme de : "Le Tichbit (Eliyahou haNavi) répondra à nos difficultés et nos doutes" (Téchbi yétaréts kouch'yot véiba'éyot).

Le rav 'Haïm Kanievsky de dire également :
"On nous enseigne que lorsque le Temple a été détruit, de nombreux secrets de la Torah nous ont été alors cachés, mais ils nous serons révélés à nouveau avec la guéoula.
Lorsque le Temple sera reconstruit, avant que nous commençons à y servir Hachem, la Torah sera de nouveau complète : on nous rendra automatiquement notre part dans la Torah qu'il nous manquait pendant toutes ces années."

On comprend donc l'immense manque de l'absence du Temple, et notre besoin de prier pour que notre part dans la Torah soit à nouveau totale.

L’assurance que nous serons délivrés

+ Comment savons-nous que malgré notre exil depuis des centaines d'années, nous serons un jour délivrés?

Nous allons voir une réponse du rav 'Haïm Kanievsky.

Selon nos Sages (guémara Pessa'him 54b), il existe un décret faisant qu'une personne décédée est finalement oubliée par le cœur, de telle façon qu'on ne prenne pas éternellement le deuil de ses proches.

Bien que les morts ne sont pas oubliés dans l'esprit (on peut toujours se souvenir de nos êtres chers), néanmoins, ils sont oubliés par le cœur, ce qui fait qu'à leur souvenir nous n'avons plus des larmes.

Cependant, si une personne est portée disparue, et est toujours vivante, elle n'est jamais oubliée, car il n'y a pas à son sujet un décret de D., faisant qu'elle sera oubliée par le cœur.
Par exemple, lorsque Yossef a été vendu et amené en Egypte, son père Yaakov a fait son deuil pendant 22 années.
Puisqu'il était toujours en vie, il n'était pas oublié par le cœur de son père Yaakov, qui en était inconsolable.

=> Le fait que nous sommes toujours en train de prendre le deuil du Temple, qui n'est pas oublié par notre cœur, qui nous amène toujours à le pleurer, cela nous indique qu'il n'est pas "mort" (détruit pour toujours), mais que sa perte n'est que temporaire.

Il est écrit : "Mes yeux, mes yeux ruissellent de larmes" (Eikha 1,16)
==> Nos émotions (ex: nos larmes) à l'égard du Temple démontrent qu'il n'est pas définitivement parti, qu'il est encore bien "vivant", et qu'il va nous être retourné, dès que nous serons méritants.

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-> "Les pleurs sont le signe de l’éveil aux rigueurs des nations du monde qui ont détruit le Temple, exilé et oppressé Israël, lui imposant de nouveaux et terribles décrets.
A l’avenir, ces pleurs se transformeront en pierres qui serviront à la reconstruction du Temple et seront à l’origine de la délivrance et de l’édification de Jérusalem."
[Rav Avraham Azoulaï - le grand-père du 'Hida - Or ha’Hama]

Comment lier la joie et le deuil?

+ Comment lier la joie et le deuil?

-> "Servez Hachem avec joie" (Téhilim 100,2)
-> "Lorsque le mois de Av arrive, il faut diminuer notre joie" (Choul'han Arou'h - Ora'h 'Haïm 551,1)

=> Comment concilier les 2, et ce d'autant plus, le 9 Av, jour où nous servons Hachem en prenant le deuil?

Le rav Steinman de donner l'explication suivante :
L'obligation de "servir Hachem dans la joie" ne signifie pas d'être simplement joyeux, cela veut dire que nous devons servir Hachem, en faisant Ses mitsvot, et cela dans un état de joie.
Comment cela?

L'essence de faire les mitsvot est de réaliser la volonté de Hachem.
Lorsque nous faisons Sa volonté comme il le faut, nous devons ressentir une joie intrinsèque.
Ainsi, quelque soit la mitsva que nous faisons, il n'y a pas de différence : une mitsva qui est naturellement joyeuse (ex: faire les fêtes juives) ou bien une mitsva qui est très loin de la joie (ex: prendre le deuil de la perte du Temple).

Une personne peut ressentir de la peine pour la perte du Temple, et cependant au même moment ressentir un sentiment de joie intérieure par le fait qu'elle accomplit la volonté de Hachem.
Ainsi, malgré le deuil, il y a quand même un aspect de joie. Ce n'est pas contradictoire.

[La même chose s'applique lorsqu'une personne prend le deuil d'un proche. Bien qu'elle ressent une forte douleur liée à la perte d'un être cher, elle peut également ressentir un sentiment de joie, car malgré tout, elle suit les instructions de la Torah relatives au deuil, suivant ainsi la volonté de papa Hachem.]

Le Pélé Yoets explique ce concept : les étudiants du Arizal enseignent qu'il faut pleurer pendant la prière.
Cependant, de telles larmes ne sont pas contradictoires au fait de servir Hachem avec joie.

Une personne doit lier ces 2 émotions ensemble : prier d'un œil larmoyant, mais avec un cœur plein de joie.
D'un côté, la joie d'avoir le privilège de servir D., de faire Sa volonté [et d'être face à lui dans la prière], et d'un autre côté, des larmes sincères de regret de nos mauvaises actions [et de Lui décharger toutes nos inquiétudes en étant certain que seul Hachem peut et va les résoudre].

+ "Nous sommes [à chaque instant] dans les mains de Hachem, il n'y a aucune raison de s'inquiéter.

Il nous a guidé pendant des milliers d'années, Il sait ce qui est bon pour nous et Il nous guide vers cela.
Nous ne savons pas ce qui est bon pour nous, Hachem est l'Unique qui le sait, et le mal ne vient pas du Ciel"

[le Steïpler - paroles durant la guerre de Kippour]

-> La méguila Eikha décrit en longueur les nombreux drames qui sont arrivés aux juifs, suite à la destruction du Temple.
Bien qu'en surface cela soit une terrible tragédie, en réalité sa finalité est le bien de la nation juive, car au travers la destruction du Temple, les fautes des juifs, ont été pardonnées, comme il est écrit : "Tes fautes sont expiées, fille de Tsion" (Eikha 4,22).

Nos Sages (midrach Béréchit rabba 42,3) enseignent que Hachem "a laissé éclater sa colère sur le bois et les pierres", ce qui signifie qu'au lieu de détruire les juifs pour leurs fautes, Il a redirigé Sa colère sur le Temple et a expié nos fautes par sa destruction.

-> On sait qu'un prophète ne peut avoir de prophétie que s'il est dans un état de joie (guémara Shabbath 30b).
Les mots de la méguila Eikha sont ceux d'un deuil intense, et cependant ils ont été donnés par prophétie à Yirmiyahou.
Comment est-ce possible?

Yirmiyahou a réalisé que malgré les malheurs horribles qui sont arrivés aux juifs, la destruction du Temple a été au final pour leur bien : expier leurs fautes.
En ayant conscience de cela, il a atteint un état de joie nécessaire à la prophétie, et ce même en y décrivant d'aussi terribles horreurs.

Ce concept ne s'applique pas uniquement à la destruction du Temple.
Le rav Aharon Steinman dit que toutes les souffrances dans ce monde servent d'expiation pour nos fautes, que nous soyons conscient ou pas de ces fautes.
Ainsi, chaque soucis qui nous arrive, vient avec précision de notre papa Hachem, et est au final, c'est pour notre bien.

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+ "De s'asseoir solitaire en se résignant silencieusement, lorsque Dieu le lui impose" (Eikha 3,28)

Rachi d'expliquer : Lorsqu'une tragédie s'abat sur une personne, elle doit s'asseoir en silence et l'accepter, puisque c'est un décret de Hachem.

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-> "Toutes nos souffrances et toutes nos joies proviennent du même D."
[Rabbi Yé'hiel Spéro]

Tout est pour notre bien, et ce qui change est le regard que nous portons sur ce qui nous arrive.
Lorsqu'on va enlever une dent, nettoyer un enfant, ... il va pleurer de toutes ses forces (méchant papa!), mais en réalité c'est uniquement pour son bien.
Il en est de même dans notre relation avec notre papa Hachem, qui peut tout et qui nous aime d'une façon infinie.

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+ Pourquoi est-ce que les juifs souffrent plus que toute autre nation?

On nous enseigne (guémara Yébamot 121b) que Hachem est particulièrement sévère envers les justes.
Si une personne est plus proche de Hachem, alors D. va tenir envers elle des standards plus élevés, faisant que la punition pour ses fautes est plus sévère.

Ainsi, puisque le peuple juif a atteint un niveau de proximité avec Hachem qu'aucune autre nation n'a atteint, ses fautes vont être punies plus sévèrement que toute autre nation.

Plus un père a des attentes élevées envers son enfant, plus il va être exigeant à son égard.
Nos souffrances doivent nous conduire à faire téchouva, à voir ce que l'on peut améliorer dans notre vie, à nous tourner en prières vers Hachem.
On ne doit pas les souhaiter, mais si elles sont déjà là on doit les vivre le plus positivement possible (c'est le signe que je suis proche de mon papa et qu'il voit que j'ai de grandes capacités!).

Lorsqu'un enfant fait une bêtise, son papa va par amour lui faire des réprimandes (afin qu'il s'améliore), même si cela lui est difficile sur le moment.
[A l'inverse, être insensible aux erreurs de son enfant, ce n'est pas lui rendre service pour la suite de sa vie].

Ainsi, dans notre vie, nos souffrances sont une manière de dire : papa Hachem est là, au plus proche de moi, Il s'occupe à chaque instant de moi (pour mon bien ultime), Il ne m'oublie pas, contrairement aux autres nations, dont Il est plus distant et qui ne sont pas réprimandées.

Cas de la venue du machia’h le 9 Av

+ Que se passe-t-il si le Machia'h arrive pendant la journée du 9 Av?
Est-ce que l'on doit s'arrêter de jeûner, ou bien est-ce que l'on doit continuer jusqu'à la fin?

Rav 'Haïm Kanievsky donne la réponse suivante.
Nous trouvons dans la michna (Taanit 3,9) une question similaire.
Si la communauté juive a déclaré un jeûne afin de prier pour la fin d'une sécheresse, et qu'il commence à pleuvoir en plein milieu, la règle est :
-> s'il a commencé à pleuvoir avant le milieu juif de la journée ('hatsot), alors on arrête immédiatement de jeûner et l'on observe le restant de la journée comme un jour de fête.
-> s'il a commencé à pleuvoir après le milieu de la journée, on continue à jeûner jusqu'à la fin.

Il en est de même pour le 9 Av : si le Machia'h arrive avant le milieu de la journée, nous devons arrêter de jeûner, sinon nous devons le faire jusqu'à la fin.

Selon le Rambam (Hilkhot Taaniyot 5,1), le 9 Av a 2 objectifs : être un jour de deuil, et également être un jour de repentir (téchouva).
Une fois que le Machia'h arrive, il n'y aura plus de place au deuil.
En effet, imaginons qu'on est en deuil pour la perte d'un être cher, et que cette même personne décédée revient à la vie, il est évident que notre deuil n'a plus lieu d'être.

Cependant, l'aspect de devoir se repentir est toujours nécessaire.

=> Ainsi, nous continuerons à jeûner, sans deuil, dans un état d'esprit de téchouva et de se rapprocher de Hachem.

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+ Bénédictions à réciter :

Rav 'Haïm Kanievsky dit que lorsque le Machia'h viendra, il nous faudra réciter plusieurs bénédictions.

1°/ La bénédiction de "Shéé'hiyanou" : remercier D. de nous avoir laissé en vie pour vivre un tel moment.

Le Shoul'han Arou'h (Ora'h 'Haïm 225,2) statue que l'on doit dire "Shéé'hiyanou" lorsque l'on rencontre un ami que l'on n'a pas vu depuis au moins 30 jours.
Mais on ne doit pas réciter de bénédiction dans le cas où on ne l'a jamais rencontré par le passé (ex : on devient très bon ami par le biais d'une correspondance).
La michna Béroura note que la 1ere fois que l'on voit son enfant, on doit quand même faire cette bénédiction de "Shéé'hiyanou", car nous ressentons alors une joie énorme.

=> Il en sera de même lors de la venue du Machia'h, même si nous ne l'avons encore jamais vu par le passé, nous aurons alors une joie sans limite, et nous devrons alors réciter cette bénédiction.

2°/ Lorsque nous verrons les personnes décédées revivre, nous ressentirons une grande joie en les voyant, et nous réciterons alors la bénédiction de "Shéé'hiyanou", et également la bénédiction de "mé'hayé amétim" (qui fait revivre les morts), afin de remercier Hachem de les avoir ramener à la vie.

3°/ Nous réciterons également la bénédiction de "shé'halak mikévodo lébassar vadam" (qui a distribué de Son honneur aux êtres humains), que nous disons à la vue d'un roi juif, puisque le Machia'h sera notre roi.

4°/ Nous dirons également la bénédiction de "shé'halak mé'ho'hmato liréav" (qui a distribué de Sa sagesse à ceux qui Le craignent), qui nous disons à la vue d'un grand sage en Torah, ce que sera évidement le Machia'h.
Nous dirons également cette bénédiction lorsque nous verrons la résurrection des géants en Torah de chaque génération.

5-6°/ Le Rav 'Haïm Kanievsky a dit que selon le Lev 'Haïm, il faudra également dire la bénédiction "gaal Israël" (qui a délivré Isarël), et que selon la Knessét haGédolah, il faudra réciter aussi le Hallel.

Le rav Kanievsky de conclure : "Que nous puissions mériter bientôt de voir ce que nous ferons [à l'arrivée du Machia'h]".

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+ Lors de la venue du Machia'h nous aurons besoin d'une vache rousse afin de nous purifier.
On a demandé au rav Steinman, si une vache qui est née rousse suite à une manipulation génétique est valable en tant que vache rousse (para adouma).

Il a répondu :
"Probablement, cela est valable, car la loi juive demande uniquement qu'elle soit entièrement rousse et qu'elle n'ai pas de tâches ...
Cependant, cela ne sera pas nécessaire, car lorsque le Machia'h viendra, Hachem nous fournira une vache rousse, de la même façon qu'Il nous donnera tous les autres objets dont nous aurons besoin, ce qui comprend bien entendu le Temple.
Nous n'aurons pas à préparer la vache nous-même."

"Tout le monde affirme que nous sommes arrivés à l'ère prémessianique ...
Dans ce cas, beaucoup [d'efforts] sont requis car il faut se préparer pour devenir digne de mériter ces temps.
Il faut acquérir la crainte [la connaissance] de D., aspirer à une vie spirituelle, s'attacher aux bons traits de caractères (midot) ; alors, on sera digne de recevoir ce que les jours du machia'h auront à nous offrir ..."

[Rav Yé'hezkel Levenstein]

-> "Notre vie est-elle suffisamment imprégnée de l'esprit du judaïsme? S'inspire-t-elle assez largement de la pensée de la Torah? [...]
Avons-nous posé les bases pouvant constituer le cadre idéal pour ériger un Temple de D. parmi nous?"

[Rabbi Shimshon Raphaël Hirsch]

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-> "[Durant notre vie], Ne pas assister à la construction du Temple, c’est comme assister à sa destruction" (guémara Yérouchalmi Yoma 1,1)

Ainsi, cette année (si le machia'h ne vient pas), on doit s'imaginer qu'en ce 9 Av, toutes les télévisions du monde, les journaux, ... ont fait comme une : "La splendeur du monde : le Temple, vient d'être détruit!"

On doit être très attristé par cette perte subie, mais on doit surtout effectuer une analyse de soi-même à aujourd'hui : Qu'est-ce qui dans mon comportement a bien pu entraîner la destruction du Temple cette année? Comment vais-je pouvoir m'améliorer pour participer à sa construction au plus vite?

C'est ainsi que dans les 3 Haftarot qui précédent le 9 Av, le prophète Yéchayahou ne se lamente pas sur la destruction du Temple, mais sur ses causes.

Si on pense sincèrement que le Machia'h arrive, alors il n'y a plus le temps d'attendre (de remettre à demain), il faut faire téchouva et agir au mieux selon la volonté de D.

Par un tel état d'esprit dans nos actions au quotidien, nous crions à Hachem : Reconstruit Ton Temple! Car en son absence, Ton éloignement qui en résulte nous est trop dur à supporter! Reviens pleinement parmi nous!! HM on t'aime et on veut encore plus te ressentir/percevoir!!!

"Depuis que le Temple a été détruit, les Bné Israël qui ont une confiance (totale) en D., ont disparu"

[guémara Sotah 48a]

La guémara donne un exemple :
"Quiconque a du pain dans son panier et qui se dit : 'Qu'allons-nous manger demain?' fait partie des gens de peu de foi."
[guémara Sotah 48b]

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=> On peut s'interroger sur la raison pour laquelle on dit de cet homme qu'il a peu d'émouna.
Hachem lui a-t-il promis qu'il aurait de quoi manger le lendemain, pour qu'on puisse exiger de lui d'être confiant?

Le réel problème est que cet homme s'inquiète du lendemain et pas du jour-même. Pourquoi?
Hachem lui a-t-il promis quoi que ce soit pour aujourd'hui?
Non. Mais l'homme est confiant qu'aujourd'hui il pourra manger le pain qu'il possède actuellement dans son panier et qu'il peut donc s'arranger sans Hachem. C'est en cela qu'il a peu d'émouna.

On peut aussi expliquer selon le moussar : lorsque l'homme demande "que mangerons-nous demain?", cela n'exprime pas seulement une inquiétude, mais se traduit aussi, en pratique, par une hichtadlout de sa part.

Nos Sages nous enseignent que celui qui fait des efforts pour le lendemain ne le fait pas à cause du commandement de la hichtadlout et de l'obligation de ne pas compter sur le miracle, car si tel était le cas il lui aurait suffi de se préoccuper du jour-même.
Là, il s'efforce parce que, selon lui, la hichtadlout lui apporte la parnassa.
C'est pourquoi il est considéré comme faible en émouna.
[rav Yaakov Israël Pozen]

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-> Durant la période du 2e Temple, les juifs étudiaient la Torah et faisaient du 'hessed. Pourquoi fut-il détruit?
"Parce qu'il y avait de la haine gratuite". Et la haine prend sa source dans le manque de bita'hon.
L'homme croit que l'autre lui cause préjudice, lui fait du mal et peut le ruiner ; de ce fait, il le jalouse et le hait.
C'est donc le manque de bita'hon qui mena à la destruction du second Temple.
[rav Yaakov Israël Pozen]

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+ A noter :

Il est intéressant de constater que le mot : "souci" se dit en hébreu : 'déagua' (דאגה).
Ce mot est composé de chacune des 5 premières lettres de l'alphabet, sauf qu'il manque la lettre 'bét' (ב), qui est l'initiale du mot : "bita'hon" (בטחון), comme pour dire : c'est le manque de confiance en D. qui fait que l'homme se soucie exagérément du lendemain.

Roch Hachana – Se réjouir en tremblant

+ Roch Hachana - Se réjouir en tremblant :

-> La michna (Roch Hachana 8a) enseigne : "Le premier Tichri, c’est le nouvel an des années".
La guémara explique que cela concerne le jugement rendu en ce jour, comme il est écrit : "Depuis le début de l’année jusqu’à la fin de l’année" (Ekev 11,12), verset que nos Sages commentent ainsi : "Depuis le début de l’année, on décrète ce qu’il y aura à la fin".
Rachi explique : "Hachem juge en Tichri tous les êtres du monde et tout ce qui leur arrivera jusqu’au prochain Tichri".

-> "Hachem les a faits de sorte qu’ils Le craignent en étant devant Lui" (Kohélet 3,14).
Selon le Zohar (III, 98b), il s’agit du jour de Roch Hachana, qui est un jour placé sous le signe de la crainte et de la grandeur de la gloire d’Hachem.

-> Une fois, une mouche s’acharna à déranger le ‘Hazon Ich en tournant sans cesse autour de lui. Malgré les tentatives de la personne qui se trouvait à proximité du Rav de la chasser, rien n’y fit." Laisse, lui dit le ‘Hazon Ich, c’est une mouche de Roch Hachana!", voulant ainsi signifier que, depuis longtemps déjà, durant les jours de Roch Hachana, il avait été décrété que cette mouche viendrait le tourmenter, et rien ne l’empêcherait d’accomplir le décret d’Hachem.

-> Une fois, au mois de Chevat, un jeune Avrékh attrapa une pneumonie, suite à un refroidissement, et n’en réchappa pas. Le rav ‘Haïm Chemoulévitch déclara alors : "Vous pensez que cet Avrékh est mort maintenant, en hiver, à cause du froid? En fait, il était déjà "décédé" au moment où le soleil dardait ses rayons sur nos têtes, au beau milieu du Ma’hzor de Roch Hachana (c’est là-bas qu’il s’est refroidi, car sa prière était alors "froide")."

=> Cela témoigne d'à quel point le jour de Roch Hachana aura un impact dans notre année à venir, et nous ne pouvons pas l'aborder avec légèreté, mais plutôt avec sans crainte de ce qui pourrait en résulter.

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=> D'un côté nos jours nous enseignent que Roch Hachana est un jour de crainte, et d'un autre que c'est un jour de joie. Comment est-il possible d'avoir ces 2 sentiments simultanément?

-> Le rav Bounim de Peshischa (dans une lettre à la fin de son Kol Sim'ha) explique qu'il n'y a en cela aucune contradiction : durant ces jours-là, Hachem donnera le mérite à l’homme de vivre les deux choses ensemble : la joie et l’inquiétude dissimulée dans la crainte du jugement.

-> Cette notion est explicite dans le Séfer Ha’hinoukh (mitsva 311) :
"Un de fondements de la mitsva de cette fête (Roch Hachana) émane de la bonté que manifeste Hachem pour Ses créatures en se préoccupant d’elles et en examinant leurs actes une fois par an, afin que leurs fautes ne se multiplient pas (indéfiniment) et qu’il y ait place pour l’expiation. Puisqu’Il est rempli de bonté et fait pencher la balance vers la bonté, Il les efface, et s’il y en a, parmi elles, certaines qui nécessitent d’être purgées, Il se les fait payer petit à petit ...
Il se trouve donc que ce jour solennel constitue le maintien du monde. C’est pourquoi il convient d’en faire un Yom Tov (jour de fête [joie]) et de le compter parmi les fêtes si chères, de toute l’année.
Néanmoins, puisque c’est le moment du jugement de toutes les créatures, il convient d’être alors dans la crainte et l’anxiété, plus que pour toutes les autres fêtes."

-> Le rav Pin’has de Koritz développe sur cette apparente contradiction :
"A priori, on peut opposer, un verset explicite : "Mangez des mets succulents et buvez de suaves boissons ... et ne soyez pas attristés, car la joie en Hachem est votre force" (Né'hémia 8,10 - paroles que Né'hémia a dit à Roch Hachana), aux paroles du Arizal (Chaar Ha Kavanot 90a) selon lesquelles : "Celui qui ne pleure pas dans les prières de Roch Hachana, c’est le signe que son âme n’est pas parfaite."
Et le rav de Koritz l'explique par le fait que cela ressemble à un mariage : d’un côté, on éprouve une joie immense, mais d’un autre, notre coeur bat également d’inquiétude et de crainte de voir cette union réussir (de nombreuses prières et sanglots ont précédé le mariage et se poursuivent même jusque sous la ‘Houpa).
Il en est de même en ce grand jour, celui où le monde a été conçu : d’un côté, le fait que nous, êtres de chair et de sang, méritions de faire régner son Nom de gloire et de proclamer dans le monde entier : HaMélé'h (Ô Roi !) est une immense joie. Y a-til quelque chose de plus doux au palais?
Mais, d’un autre, nous pleurons, car nous ignorons ce que ce jour entraînera et ce que cette nouvelle année qui s’annonce dissimule à notre débit. C’est pourquoi nous "rampons et tremblons, en ce jour de jugement". [plus nous avons de la crainte, plus cela témoigne qu'on croit réellement que chaque chose de l'année à venir dépendra de Roch Hachana, ce qui est terrifiant de responsabilité! ]

Kippour – Se réconcilier avec son prochain même quand ce dernier est en tort

+ Kippour - Se réconcilier avec son prochain même quand ce dernier est en tort :

-> La guémara (Yoma 87b) rapporte le récit suivant :
"Rav lisait un passage des Néviim en présence de Rabbi lorsque Rav 'Hiya entra. Rav reprit alors sa lecture depuis le début et continua. Puis, Bar Kapara entra, et à nouveau, Rav reprit sa lecture. Rabbi Chimon, fils de Rabbi entra également, et encore une fois, Rav recommença depuis le début.
C'est alors que Rabbi Hanina bar 'Hama entra, mais cette fois-ci, Rav ne recommença pas depuis le début. Rabbi 'Hanina lui en tint rigueur. Avant Yom Kippour, Rav se rendit chez. lui 13 fois afin de se réconcilier, mais il n'accepta pas ses excuses."

Or la guémara remarque : "La loi est que l'homme demande pardon 3 fois, pas plus. Cependant, bien que ce soit le Din, Rav se montra rigoureux envers lui-même."

-> Le Sfat Emet pose la question suivante : si selon la halakha Rav ne blessa pas Rabbi 'Hanina, pourquoi lui demanda-t-il pardon? Et s'il lui demanda, pourquoi ne se contenta-t-il pas de 3 fois, comme la Halakha nous enseigne?

Et il nous donne la réponse suivante : "Bien que selon la Halakha pure, Rav ne lui portât pas atteinte, malgré tout son acte contenait une once d'offense à Rabbi 'Hanina. S'il n'avait repris sa lecture pour personne, Rabbi 'Hanina n'aurait pas été blessé. Mais après avoir relu le passage pour 3 autres personnes, il est compréhensible que Rabbi Hanina ait été blessé lorsqu'il ne voulut pas reprendre sa lecture pour lui également."

Le Sfat Emet explique : "En réalité, selon la loi, Rav n'avait pas besoin de reprendre sa lecture pour Rabbi 'Hanina, et donc ce sentiment de rancœur de Rabbi 'Hanina envers Rav n'était pas justifié. Malgré tout, Rav agit sagement lorsqu'il se rendit chez lui la veille de Yom Kippour afin de se réconcilier, car en ce jour, il y a une insistance particulière sur le fait de se réconcilier avec son prochain, et il n'y a pas de différence s'il a raison de lui tenir rigueur ou non."

La raison à cela est la suivante : si tu as offensé ton ami, la réalité est telle qu'il se sent blessé. Ainsi, ton intention (de vouloir ou non l'offenser) ne change rien.
Même si selon la halakha il n'y a pas eu d'offense, cela n'annule pas la réalité ; cet homme est blessé.
Puisqu'il y a une insistance particulière à ce sujet le jour de Kippour, réconcilie-toi donc avec ton prochain et efface la colère qu'il a contre toi, pour l'avoir blessé.
[rav Barou'h Rozenblum]

Soucca = les Noms d’Hachem

+ Soucca = les Noms de Hachem

-> Le mot soucca s'écrit généralement סוכה, dont la guématria est de 91.
Le Nom Divin יהוה et אדני ont une guématria cumulée de 91 (soit 26 et 65).
Ainsi, la soucca reflète la combinaison et la fusion de ces deux Noms de Hachem.
['Héchek Shlomo, rav Shlomo haCohen de Vilna]

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-> A la fin de Néila, à Yom Kippour, dans une de ses versions nous implorons : "ya'hbiénou bétsel yado" (protège-nous à l'ombre de Ta main". À quoi fait référence cette demande?

Le rav Shlomo Zalman Auerbach explique cette prière en notant que lorsque l'on enroule son bras autour d'une autre personne en une étreinte, le bras entoure l'autre sur trois côtés.
Le haut du bras, l'avant-bras et la main symbolisent en fait les dimensions précises d'une soucca halakhique : deux murs pleins et un téfa'h.
Cette prière fait donc référence à la mitsva de la soucca : nous demandons à Hachem de nous étreindre dans la soucca, avec laquelle nous sommes entourés sur trois côtés.
S'asseoir dans la souka, représentant deux de Ses Noms, équivaut à recevoir une étreinte de Hachem.

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-> Le rav Nathan Wachtfogel suggère que lorsque nous nous plaçons à l'ombre de la soucca, nous transmettons un message tacite à Hachem.
Nous admettons ignorer l'issue des Yamim Noraïm. Lorsque nous entrons dans la soucca, nous proclamons à Hachem que puisque nous plaçons notre confiance en Lui, nos besoins doivent être pourvus, que nous le méritions ou non.
En entrant dans la souka, nous montrons que nous sommes sous Sa protection. Après tout, la soucca est le "Tsel" (l'ombre), du Maître du monde.

Nous sommes sous la protection de Hachem lorsque nous entrons dans la soucca, et pour cette seule raison, nous méritons d'être protégés et exaucés. Il est dès lors obligé de subvenir à nos besoins, même si nous n'avons pas mérité une issue favorable à Yom Kippour.

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[d'une certaine façon, même si l'on a pu donné le meilleur de soi à Roch Hachana et Kippour, on reste humble en affirmant que 100% de notre vie dépend de Toi Hachem.
Symboliquement on jette tout notre être (en ayant aucun plan B, aucun moyen d'espérer avoir quelque chose qu'en D.). Hachem nous attrape de Sa toute Main (Soucca), signe que plus on se repose dans la vie sur Hachem, plus on a confiance dans la façon dont Il gère notre vie, alors plus Il sera présent au plus proche de nous, pour notre bien. ]

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-> La récompense pour celui qui s'engage dans la guemilat 'hassadim est qu'après sa mort sa dernière demeure sera à l'ombre d'Hachem.
[Yalkout Chimoni Ruth - ot 422]

=> La récompense pour avoir accompli du 'hessed (bonté) est la protection à l'ombre d'Hachem.Lui-même!