Pâtisserie spirituelle depuis 5771 - b'h
 

"Lorsque le peuple juif fera clairement et totalement la différence entre le Shabbath et les jours de la semaine, nous deviendrons clairement et totalement différents des autres nations du monde.
Alors, la guéoula arrivera."

[le Maharal - 'Hidouché Aggadot - guémara Shabbath 118b
commentant les mots de la Havdala disant que D. a séparé "Israël des nations, le 7e jour des 6 autres jours de la semaine"]

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+ "Jérusalem a été détruit car ils profanaient le Shabbath"

[guémara Shabbath 119b]

-> Rabbeinou Yona de commenter :
"Cette déclaration [de nos Sages], ainsi que de nombreuses autres, soulignent l'aspect central du Shabbath dans la vie juive et le rôle majeur que son observance peut avoir dans notre délivrance future."

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+ Le Temple et Shabbath :

-> Il y existe un lien entre le Shabbath (qui est le Temple dans le temps) et le Temple (qui est le Temple dans l'espace).

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+ Le Rambam enseigne que la sainteté du site du Temple durera pour toujours, même lorsque le bâtiment est détruit.
(Hilkhot Beit haBékhira 7,7).

+ "Observez mes Sabbath et révérez mon Temple" (Vayikra 26,2)

Le rav Elyah Lopian disait sur ce double lien dans ce verset, que l'un enseigne quelque chose sur l'autre.
En effet :
-> le Shabbath se célèbre chaque semaine, et s'il venait à disparaître rien qu'une fois, le monde ne pourrait plus continuer à exister (Shabbath étant le cœur du monde, qui lui donne la force nécessaire pour se maintenir encore jusqu'au prochain Shabbath).

=> Le Shabbath vient nous apprendre que, de même qu'il est éternel (c'est un signe éternel de D. avec nous), de même, le Temple est éternel (la présence divine y réside toujours).
Même s'il nous semble matériellement détruit, il est en réalité déjà construit, prêt à descendre, à tout moment, selon notre comportement.

-> Le Temple :
Imaginez que vous avez la possibilité de rentrer dans le Temple : la demeure terrestre de D.
Quelle sera votre attitude?

A priori, conscient de la grandeur de la situation, vous témoignerez un profond respect pour le lieu.

=> Le Temple vient nous apprendre qu'on doit avoir la même attitude lors de l'entrée du Shabbath, que si on entrait dans le Temple, au plus proche de D.

Le rav Pinkous dit qu'accueillir le Shabbath, c'est accueillir la présence divine.
D'ailleurs, c'est tellement puissant de recevoir la présence divine, qu'une âme supplémentaire nous est ajoutée afin de pouvoir y survivre.

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-> Le lien entre le Sanctuaire et le Shabbath réside aussi dans le lien entre les 39 travaux nécessaires à sa construction, et les 39 catégories de travaux créatifs interdits durant Shabbath.

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+ Lorsque les juifs se trouvaient en Egypte, ils devaient servir les égyptiens en accomplissant toutes les 39 catégories de travaux, comme il est écrit : "Les égyptiens firent travailler les juifs avec dureté (béfaré'h - בְּפָרֶךְ)" (Chémot 1,13).

En utilisant le système de la guématria appelé "at-bach" [selon lequel chaque lettre de l'alphabet est remplacée par la lettre de l'alphabet dans l'ordre inverse : soit aléph par le tav, bét par le chin, ...], le mot : "péré'h" (פרך) devient : וגל, et a une valeur numérique de : 39.
=> Ceci fait allusion aux 39 catégories de travaux que nous avons été contraints d'accomplir en Egypte.
[avec dureté (béfaré'h) = avec ces 39 catégories!]

A notre libération, Hachem nous ordonna de ne faire aucune des catégories de travaux accomplis en Egypte.
Dans le Kiddouch et la Amida, nous disons que le Shabbath "commémore la sortie d'Egypte" (zéh'er litsiyat Mitsaryim)

[Tossafot sur la guémara Pessa'him 117b - rapporté par le Méam Loez (Yitro 20,10)]

[il y aura un parallèle entre notre libération d'Egypte et celle très prochaine avec le machia'h.
Ainsi, si nous voulons être délivrés, nous devons briser les chaînes de la "dureté" (פרך) de notre exil, nous devons respecter la halakha des 39 catégories de travaux de Shabbath.]

"Lorsque nous accueillons le Shabbath, en réalité, c'est la présence divine que nous accueillons."

(Rav Pinkous - Néfech Shimshon - Kédouchat Shabbath)

=> La façon dont on va accueillir, vivre et terminer notre Shabbath témoigne de nos sentiments vis-à-vis de la présence divine.

Imaginez que vous ayez la possibilité de voir votre fiancée adorée (bo'i kala), l'amour de votre vie, uniquement une fois tous les 7 jours.
A quel point seriez-vous impatient de la revoir?
A quel point utiliseriez-vous précieusement chacun des instants en sa présence?
A quel point, seriez-vous triste au moment de se séparer?

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-> b"h, un dvar Torah relatif à cette notion est disponible, ci-après : https://todahm.com/2015/02/16/shabbath-mon-amour

-> Le 'Hafets 'Haïm fait remarquer que lorsque Shabbath coïncide avec une autre fête juive, dans la prière propre à cette fête, on va ajouter le mot : "bé'aava" (avec amour), car Shabbath est notre expérience concrète d'amour avec notre fiancée (la présence divine), avec D.

-> "La veille de Shabbath, nos Sages d'antan rassemblaient leurs étudiants, revêtaient leur talith et disaient : Venez, sortons accueillir Shabbath, la reine!"
[Rambam - Hilkhot Shabbath 30,2]

"La façon dont une personne observe le Shabbath est un "test" déterminant la nature de sa part dans le monde futur"

[le Zohar - ki haShabbath shél aadam hi habéchina Olam haba shélo]

Le rav Wolbe (Alei Chour - vol.2) d'expliquer que le Shabbath est : "mé'ein Olam haba" (un semblant du monde futur), et ainsi, la manière dont nous vivons notre Shabbath, va nous fournir un aperçu de ce que nous ressentirons dans le monde futur.

Le Shabbath est un baromètre donnant notre niveau d'appréciation de la spiritualité.
Est-ce qu'on va savourer et exploiter au mieux toutes les opportunités de développement spirituel de ce jour?
Ou est-ce qu'on va attendre impatiemment qu'il finisse afin de reprendre une vie "normale"?

"Le mois d'Elloul doit nous servir de mézouza dans le temps"

[Rav Yéchiel Spéro]

Lorsque nous rentrons dans une pièce, la mézouza nous invite à nous arrêter et à réfléchir au but de notre vie.

-> Le Maharal (Tiféret Israël - 22) nous dit que la mézouza a pour objectif de fixer en nous la Torah d'Hachem.

-> Le Rambam (Hilkhot Mézouza 6,13) enseigne que le but de la mézouza est d'amener chaque personne à sortir de son sommeil (spirituel) et de ses erreurs, qui proviennent du fait que l'on se préoccupe de choses vaines.

D'ailleurs, c'est très similaire aux paroles du Rambam sur l'objectif du Shofar (Hilkhot Téchouva 3,4), qui est de : "Réveillez-vous, Réveillez-vous, dormeurs, de votre sommeil"

=> A l'image d'une mézouza, le mois d'Elloul est un moment nous obligeant à sortir de notre routine, à nous arrêter et à réfléchir : Où en suis-je dans ma vie? En toute honnêteté, quelle est la direction que je souhaite lui donner?

+ Lorsque [Hachem] créa les jours, le plus unique (Yom Kippour) n'en faisait pas partie (yamim youtsarou vélo é'had bahém - Téhilim 139,16).

-> Ce verset est interprété par le midraxh (Yalkout Téhilim 888) comme faisant référence à Yom Kippour.

À la fin des six jours de la Création, lorsque l'homme fut créé, il fut chargé à jamais d'un instinct matériel le poussant à fauter. Une fois par an, chaque Yom Kippour, nous inversons le processus et ramenons l'homme à son état originel qui existait avant la Création.
[Sfat Emet - Kippour 5649 ]

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-> Le verset (Téhilim 139,16) peut également faire allusion au caractère transcendant de Yom Kippour. Hachem a créé les "jours" (yamim youtsarou) et les a assignés à servir dans ce monde comme des unités de temps finies, à l'exception d'un seul (vélo é'had bahem).
Ce "seul" jour est Yom Kippour, qui n'a pas été relégué à servir dans ce monde fini et imparfait, mais a conservé les attributs du monde à venir. Chaque Yom Kippour, une très petite quantité de la radiance du monde à venir pénètre dans ce monde.

Dans le milieu de Yom Kippour, profondément enraciné dans l'au-delà, il devient évident que le Satan perd son pouvoir de tenter Israël à fauter (cf. Yoma 20a). Car les forces du mal, de par leur nature même, sont confinées à ce monde et n'ont aucune influence dans le monde futur.
[...]

Le verset (Téhilim 139,16) qui suggère que Yom Kippour est un jour vraiment distinct du reste de l'année ... en intégrant une partie du caractère surnaturel de Yom Kippour dans l'année, nous pouvons véritablement dire que Yom Kippour est l'un des jours de l'année.
[Sfat Emet - Kippour 5652 ]

L'amour d'Hachem pour les juifs n'a jamais été affaibli. Si nos fautes créent une barrière entre nous et Hachem, une téchouva sincère transcende cette barrière et ravive l'amour inné d'Hachem pour nous.
[Sfat Emet - Asséret yémé téchouva 5639 ]

Revisiter l’Eden

+ Revisiter l'Eden :

-> Le nom שופר (shofar) évoque (שופרא - shoufra - la beauté).
Cela implique que le shofar nous transporte des limites étroites de ce monde vers le royaume splendide du monde à Venir (cf. Téhilim 27,4 où le roi David décrit le olam aba comme la'hazot bénoam Hachem).

En fait, il fut un temps où la beauté sublime du monde à Venir embellissait cet univers, dans le gan Eden. Malheureusement, cette période fut de courte durée.
Mais il y eut une autre tentative pour créer l'ambiance du monde à Venir sur terre, lors de la remise de la Torah. Hélas, lorsque Israël vénéra le Veau d'or, ce plan fut contrecarré.
Notre rêve, notre souhait le plus cher, tel que le transmet le shofar, est de retourner aux jours heureux de l'Eden.
[Sfat Emet - Roch Hachana 5637 ]

Shofar – Exploiter nos propres racines célestes

+ Shofar - Exploiter nos propres racines célestes :

-> Crier est un moyen d'éveiller nos racines célestes.
Chaque fois que nous crions et utilisons le shofar pour exprimer nos souhaits et nos aspirations, nous recevons la même réponse : "Pourquoi cris-tu vers Moi? Vos cris ne sont pas la solution à votre problème, mais plutôt un moyen d'exploiter une source de mérite encore plus grande que votre prière silencieuse, d'atteindre le sanctuaire le plus élevé du ciel, les racines spirituelles de chaque juif."
Si les sources spirituelles de l'âme juive se trouvent au ciel, nos cris peuvent nous aider à puiser dans ces sources latentes de mérite et rappeler à Hachem, que même si nous nous sommes éloignés dans notre quête des objectifs matériels de ce monde, nos véritables objectifs conservent leur caractère céleste, intacts et purs comme toujours.

Cette capacité du son inarticulé du shofar à évoquer les racines célestes du juif est une partie essentielle de notre héritage depuis la proclamation d'Its'hak : "Cette voix est la voix de Yaakov".
Seuls Yaakov et ses descendants ont le pouvoir d'évoquer les composantes célestes de l'âme juive, seuls nous sommes capables d'utiliser le shofar en plus de nos propres supplications silencieuses.
[Sfat Emet - d'après Roch Hachana 5637 ]

Penser à l’avenir

+ Penser à l'avenir :

-> Le rav Yérou'ham Lévovitz déclare que tout au long de l'année, même si une personne trébuche, elle doit continuer à penser à l'avenir. Elle doit aller de l'avant et ne pas rester bloquée dans le passé. [un moment court et intense de téchouva sur nos fautes]
Il n'y a qu'un seul jour par an où nous sommes autorisés à penser au passé [longuement, toute la journée], et c'est Yom Kippour. C'est à ce moment-là que nous disons le vidouï et que nous mentionnons tant de choses que nous avons faites de travers, avec tant de détails.
Sans la sainteté du jour qui nous protège, le vidouï nous ruinerait. Même avec la sainteté de Yom Kippour, nous ne pouvons le faire qu'avec la force spéciale de la téchouva. Le reste de l'année, nous devons aller de l'avant et ne pas nous préoccuper du passé.

C'est une faiblesse que les gens ont, de [trop] continuer à vivre dans le passé (se roulant dans la boue, plutôt que de faire des efforts pour se relever et avancer). Nous devons nous élever au-dessus de cela.
[une fois la téchouva faite, on doit se considérer comme un nouvel être, pur, plutôt que de continuer à s'attrister, se dévaloriser, de ce qu'on a pu faire de mal. ]

Le dernier Shabbath de l’année

+ Le dernier Shabbath de l'année juive :

-> Le Baal Hatanya dit une fois au nom de son Maître, le Maguid de Mézéritch, qui lui-même l'entendit de la bouche du Baal Chem Tov que ce Shabbat qui est pourtant le dernier avant le mois de Tichri, on ne ne prononce pas la bénédiction sur le nouveau mois comme à l'accoutumée. Car c'est Hachem en personne qui le bénit et c'est cette bénédiction qui nous donne le pouvoir de prononcer la bénédiction ensuite sur tous les mois de l'année.

-> Le Béer Mayim 'Haïm écrit que : toutes les bénédictions, le bien dont nous jouissons pendant toute la semaine découlent toutes du Shabbat qui précède tant pour le particulier que pour la collectivité ... Il s'ensuit que même ce grand et redoutable jour de Roch Hachana durant lequel D. juge son peuple Israël et où sont décrétées l'existence même, la subsistance et les ressources de chacun, tout cela découle du Shabbat qui précède qui constitue la source de vie de tout la création.

-> C'est la raison pour laquelle le Choulkhan Aroukh (428,4) stipule que l'on doit obligatoirement lire la paracha Nitsavim avant Roch Hachana car les premiers mots "Vous vous tenez tous aujourd'hui" font référence au jour de Roch Hachana (Zohar Pin'has 231a). Et dès le Shabbat qui le précède, ce jour est déjà évoqué et apparaît en filigrane.
Ce qui signifie que dès ce Shabbat, Hachem commence déjà ''à faire défiler toutes Ses créatures, comme le menu bétail sous le bâton du berger'' (Roch Hachana 16b).
Celui qui est doté de bon sens s'efforcera donc de tirer le meilleur profit de ce Shabbat si élevé.

-> Selon le rav Pin'has de Koritz, c’est au moment de la Séouda Chlichite que l’on décide dans le Ciel de la conduite à tenir envers chaque juif. D’autre part, explique-t-il, ce troisième repas de Shabbat surnommé par les cabalistes "Séouda Dé Zéir Anpine" (le repas de "petite face") vient évoquer que l’homme doit être humble à ses propres yeux.
Rabbi Chmere’l Vor’hivoker ajoute que les deux choses sont liées : au moment de Séouda Chlichite du Shabbat précédent Roch Hachana, on demandera spécialement que Hachem nous aide à acquérir l’humilité et la soumission nécessaires pour aborder ce grand jour (la guémara (Roch Hachana 26b) enseigne en effet que le jugement est d’autant plus favorable que l’homme soumet sa volonté devant celle d’Hachem).
Et en effet, nos Sages enseignent que "toute année qui est pauvre à son début, est riche à la fin" (Roch Hachana 16b) et Tossefot d’expliquer que "les Bné Israël se considérant comme pauvres, leur cœur est contrit et on les prend en pitié dans le Ciel".