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L’amour d’Hachem

+ L'amour d'Hachem :

-> A propos du verset : "Tu aimeras l'Eternel ton D. de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton pouvoir" (Vaét'hanan 6,5), le Sifré enseigne:
"Accomplis les mitsvot par amour [d'Hachem] afin d'avoir droit à une récompense est bien plus important que celui qui le fait par crainte du châtiment".

Lorsqu'on a peur d’un non juif ou d’une arme telle qu’une épée, on doit se dire : "Pourquoi aurais-je peur d’un être humain comme moi? Le Créateur, béni soit-Il, réside assurément en cet être humain ; à combien plus forte raison devrais-je donc avoir peur de Lui, béni soit-Il!"
[Baal Shem Tov - Tsava'at haRivach - 120]

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[notre crainte d'Hachem doit toujours avoir le dessus sur notre crainte d'autre chose, car rien ne peut exister, agir, sans un décret d'Hachem le permettant. ]

-> "Maintenant que Hachem nous a rapprochés de Son service" (véa'hchav kérvanou aMakom laavodato)

Le Ram'hal (Daat Tévounot - p.180) enseigne que "cette louange se renouvelle chaque jour pour le peuple juif". [comme en témoigne le mot : véa'hchav (maintenant) ]
Dans la mesure où nous nous rapprochons d'Hachem, Il nous rapproche de Lui.

Hachem est constamment face à moi

+ Hachem est constamment face à moi :

-> Le principe le plus important de la Torah est que chacun s'imagine être à chaque instant devant Hachem et ne penses pas que s'il est enfermé dans sa chambre, Hachem ne le voit pas.
Comme il est dit : "Quelqu'un peut-il se cacher dans un lieu occulte sans que Je le voie? dit Hachem" (Yirmiyahou 23,24).

En effet, le Réma (premier paragraphe du Choul'han Aroukh) dit que : "J'ai Hachem devant moi tout le temps" (chiviti Hachem lénegdi tamid) est un grand principe de la Torah. Lorsqu'un homme est seul chez lui et vaque à ses occupations, il ne se comporte pas de la même façon que s'il agissait devant un roi.
Quand un individu prend conscience qu'il se tient devant le Roi des rois, Hachem dont la gloire remplit l'univers, qui voit le moindre de ses actes, (la moindre de ses pensées), on éprouvera immédiatement de la crainte et soumission vis-à-vis d'Hachem.

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-> Le Saba de Kelm ('Hokhma ouMoussar) écrit que la différence entre un tsadik et un racha ne tient qu'à la force d'imagination.
Il disait : "Efforce-toi beaucoup mon frère d'imaginer, tu en retireras du bien à jamais!"
[ex: que ce soit l'animal sacrifié qui prend notre place (imaginer la gravité des punitions de nos mauvaises actions), ou bien placer Hachem devant nous constamment.]

Crainte & amour d’Hachem – Transcendance & immanence

+ Crainte & amour d'Hachem - Transcendance & immanence :

"Vous vous prosternerez à distance" (Michpatim 24,1)

-> Pour ainsi dire, il y a 2 aspects à D., c'est-à-dire en ce qui concerne la façon dont Il se rapporte à la création : distant et proche, c'est-à-dire transcendant et immanent.
Il est distant, car, comme nous le croyons, la lumière du Ein Sof (l'Infini) est primordiale et précède toutes les autres formes d'existence. C'est pourquoi aucune créature ne peut le comprendre.
Il est impossible à la faculté de penser de Le saisir, puisque la pensée elle-même est une création et que Hachem a précédé toute la création.
Aucun ange céleste, aucun ofan ou séraphin ne peut même Le comprendre, car Il est au-delà de toute compréhension. C'est ce que nous voulons dire lorsque nous disons qu'Il est loin : Il est éloigné de toute compréhension.

D'autre part, D. est proche, car, comme nous le croyons, Hachem remplit tous les mondes (il se trouve à l'intérieur de tous les mondes, il entoure tous les mondes, et aucun endroit n'est vide de Lui), car "toute la terre est remplie de Sa gloire". C'est son aspect immanent.

Le peuple juif est tenu de croire aux 2 aspects : qu'Hachem est à la fois distant et proche.
C'est le sens profond des versets : "Que la paix soit sur ceux qui sont loin et sur ceux qui sont proches, dit D." (Yéchayahou 57,19). Il s'agit des justes qui croient que Hachem est à la fois lointain et proche, et en réponse à ces personnes qui manifestent cette croyance appropriée en D., alors D. accorde toutes sortes de bienfaits à ce monde.

Il existe deux émotions fondamentales : la crainte et l'amour.
Nous ne craignons que ce qui nous dépasse. En réponse à la transcendance de D., nous ressentons de la peur ou de la crainte. Mais en réponse à la proximité de D., nous ressentons de l'amour.
Sur cette base, le verset dit : "Vous vous prosternerez" = puisque le peuple juif craignait Hachem "à distance". Le mot "à distance" (méra'hok) peut être interprété comme signifiant "en raison de" : C'est parce qu'on a pris conscience de la distance de D. que le peuple juif a atteint la crainte de D.

On peut aussi expliquer le verset comme suit : Le Arizal (Pri Ets 'Haïm - chaar kriat séfer Torah 10) écrit qu'en prononçant les mots de la prière Alénou léchabéa'h qui disent "Et nous nous prosternons" (ana'hnou michta'havim), nous devrions être conscients qu'en nous prosternant, nous attirons dans le monde une abondante générosité de la part de l'Infini.
C'est le sens profond de notre verset : "Vous vous prosternerez", ce qui signifie, puisque la prosternation fait allusion à l'abaissement de quelque chose, qu'il a été dit au peuple juif d'attirer une abondante générosité "de loin", c'est-à-dire en raison de leur conscience de la dimension transcendante d'Hachem, ce qui les amène à Le craindre.
[rabbi Lévi Its'hak de Berditchev - Kédouchat Lévi ]

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-> La conscience de la transcendance de D. nous amène à le craindre ; la conscience de son immanence nous amène à l'aimer.

Craindre Hachem quand personne d’autre n’est là

+ Craindre Hachem quand personne d'autre n'est là :

"Vous servirez Hachem, votre D., et Il bénira ton pain" (Michpatim 23,25)

-> Le séfer Ohr laChamayim cite le verset : "Vous craindrez Hachem, votre D." (Vaét'hanan 6,13), et explique que lorsque personne n'est là, et que l'on est seul avec Hachem, on doit quand même Le craindre. C'est là la véritable crainte d'Hachem. Lorsque l'on a ce niveau de crainte d'Hachem, on mérite d'être capable de Le servir correctement.

C'est également la signification de ce verset : "Vous servirez Hachem, votre D." = si personne d'autre n'est présent et que l'on est seul avec Hachem, et que l'on continue à Le servir, il s'agit là d'un véritable service d'Hachem. Si l'on fait cela, Hachem "bénira ton pain".
Cela signifie également qu'Hachem mènera ses batailles pour lui (car le mot "la'hmékha" peut signifier "ton pain" ou "tes guerres"), et qu'Il assurera ses victoires.

Lorsqu'une personne souhaite saisir la grandeur de D., elle doit se dépouiller de toute sa physicalité/matérialité afin d'atteindre le niveau de la crainte de D.
[ notre orientation naturelle, matérielle, s'oppose à la crainte d'Hachem ; c'est pourquoi une personne doit s'éloigner de la physicalité centrée sur elle-même afin de devenir craintive à l'égard de D. ]
[rabbi Lévi Its'hak de Berditchev - Kédouchat Lévi - Béchala'h 15,8]

Lorsque l'on découvre la grandeur du Créateur, le cœur s'éveille, l'âme aspire et la passion brûle comme le feu d'un véritable amour, désirant être toujours proche de D., afin de ne pas être séparé, éloigné ou déconnecté de Lui, mais d'être toujours connecté à Lui, en voyant Sa grandeur, Son élévation et Sa gloire.
Cet amour signifie que l'on sera toujours avec le Créateur, c'est-à-dire que l'on ne se séparera pas de Lui, ne serait-ce qu'un instant.
[rabbi Lévi Its'hak de Berditchev - Kédouchat Lévi - Likoutim]

Selon nos Sages (Béra'hot 6b), les paroles de quelqu'un qui a la crainte du Ciel (yirat chamayim) pénètrent [dans le cœur].

Que fais-tu pour Hachem?

+ Que fais-tu pour Hachem?

-> Le rav Haïm de Brisk a un jour demandé à un homme riche : "Vos machst du?" (c’est une salutation yiddish standard qui signifie littéralement : "Que faites-vous?").

L’homme a répondu qu’il était impliqué dans une certaine entreprise et qu’il avait beaucoup de réussite. Quelques minutes plus tard, Rav Haïm a demandé à nouveau : "Vos machst du?"

L’homme a pensé que peut-être rav Haïm ne l’avait pas entendu la première fois, alors il a répété sa réponse.

Le rav 'Haïm de Brisk posa alors la même question une troisième fois, et l’homme riche dit avec étonnement : "J’ai déjà dit que je fais telle et telle affaire (avec succès)!"

Le rav 'Haïm dit alors : "Je ne t’ai pas demandé ce que fait Hachem. Hachem s’occupe de tes affaires et te fournit ton parnassa. Je te demande ce que tu fais toi. Nos Sages disent que tout est entre les mains de Hachem, sauf la crainte du Ciel (yirat chamayim). Je te demande ce que tu fais pour la yirat chamayim. Est-ce que tu étudies et sers Hachem? Est-ce que tu fais du 'hessed et donnes de la tsédaka?"