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Les mitsvot

-> Selon le Zohar (vol.II,210b), les mitsvot qu’une personne accomplit tout au long de sa vie deviennent un vêtement pour son âme lorsqu’elle quitte ce monde ...
Si une personne faute, elle entache ce vêtement et celui-ci est déchiré en lambeaux.

Nous savons également que la Chékhina (présence Divine dans ce monde) se trouve au-dessus de la tête d’une personne (Zohar vol.III,187a), comme le dit le verset : "Ton front ne manquera jamais d’huile" (Kohélet 9,8).
[la lumière de la Chékhina au-dessus de la tête d’une personne nécessite une abondance spirituelle appelée "huile". Ainsi, une personne doit accomplir de nombreuses mitsvot afin de ne pas manquer d’huile au-dessus de sa tête (voir Binat ha'Hotam). ]

De plus, nous savons (Tikounim - tikoun 10) que tant qu’une personne s’accroche à ses mauvaises voies et reste impure, ses prières ne sont pas acceptées, et toute étude de la Torah ou toute mitsva qu’elle a pu réaliser alors qu’elle était mauvaise sont tous livrés aux forces de l’impureté, D. nous en préserve. (d'où l'importance de faire une téchouva sincère)
[rabbi Yaakov Abou'hatséra - Pitou'hé 'Hotam - Tazria 13,45-46 ]

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-> Lorsqu’une personne faute, cela laisse une marque sur elle, et cette marque se trouve sur la partie du corps qui a commis la faute, qu’il s’agisse de ses yeux, de son cœur ou de tout autre organe.
Une marque est également laissée sur le vêtement spirituel extérieur de son âme.
De plus, le rav 'Haïm Vital écrit que le nom d’une personne correspond à ce vêtement spirituel extérieur de son âme (Shaar haGuilgoulim - début de la hakdamah 1).
[...]

Lorsqu’une personne se repent pleinement (téchouva chéléma) et répare sérieusement tous les dommages qu’elle a causés, elle est dotée de pureté et de sainteté provenant des mondes spirituels supérieurs, ce qui la purifie complètement ... la marque de ma faute la quitte, et aucune trace de faute ne subsiste.
[rabbi Yaakov Abou'hatséra - Pitou'hé 'Hotam - Tazria 13,55-58 ]

Comme nous le savons (guémara Shabbat 101b et commentaire de Rachi), toute personne vertueuse, c'est-à-dire celle qui étudie la Torah avec des intentions pures et accomplit de bonnes actions (mitsvot) pour l’amour d'Hachem, porte en elle une étincelle de l’âme de Moché Rabbénou.
Par exemple, nous trouvons dans la guémara (Shabbat 101b) qu’un sage dit à un autre : "Moché, tu as bien parlé", même si son nom n’était pas Moché Rabbénou. Cela signifie plutôt qu’il porte en lui une étincelle de Moché.
[rabbi Yaakov Abou'hatséra - Pitou'hé 'Hotam - Tétsavé 27,20 ]

-> Une personne s’attache à la présence Divine (Chékhina) par ses mitsvot et son étude de la Torah ...

En étudiant la Torah remplie d'humilité, une personne mérite ... d'allumer les lumières spirituelles des mondes supérieurs et les unir ...

En étudiant la Torah et en accomplissant de mitsvot avec des motivations pures, une personne peut extraire et élever les étincelles de sainteté qui ont été piégées et dispersées à travers le monde ...

Lorsqu’une personne étudie la Torah et réalise des mitsvot pour l’amour du Ciel, lorsqu’elle dort la nuit, elle mérite que son roua'h et sa néchama (ses parties d'âme) s’élèvent vers les mondes supérieurs ...
[rabbi Yaakov Abou'hatséra - Pitou'hé 'Hotam - Tétsavé 27,20 ]

Quand fauter devient à postériori positif

-> "Parfois, faire une transgression de la Torah équivaut à son observance.
C’est ce que nous apprend la parole de D. adressée à Moché après qu’il eut brisé les Tables : "C’est toi qui les as brisées" (Ki Tissa 34,1), ce qui implique une approbation de son geste."
[guémara Ména'hot 99b]

-> Le Baal Shem Tov (Kéter Shem Tov 34) enseigne :
Comment une transgression de la Torah pourrait-elle renforcer son observance?
Cela s’explique par le fait que toutes choses aspirent à retourner à leur source. Par conséquent, lorsqu’on mange, boit ou s’occupe d’autres affaires mondaines (de ce monde matériel), on "enfreint" la Torah en ne l’étudiant pas ou en ne servant pas explicitement Hachem à ce moment-là.
Son âme a alors l’occasion de se reposer de son enthousiasme, et elle rassemble de nouvelles forces pour revenir à un niveau encore plus élevé de proximité avec Hachem.
Ce phénomène spirituel est évoqué dans le verset : "Les 'hayot (anges) courent çà et là" (Yé'hezkiel 1,14), et c’est pourquoi "enfreindre" la Torah revient parfois à l’observer.

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-> Le Toldot Yaakov Yossef (Tazria 2 ; Dévarim 2) rapporte cela, et explique :
il y a deux raisons pour lesquelles il doit en être ainsi. Premièrement, si l’on ne "se refroidissait" pas périodiquement après des expériences spirituelles intenses, on pourrait atteindre un stade où l’âme deviendrait si unie avec Hachem qu’elle perdrait complètement son individualité, et à ce moment-là, elle ne serait plus capable de retourner dans le corps physique.
Une autre raison est que le plaisir perpétuel perd de son attrait et se transforme en ennui. Ainsi, si l’on vivait constamment des plaisirs spirituels à leur apogée, ils ne seraient plus des expériences agréables.
Quant à savoir pourquoi on s’élève alors vers des expériences encore plus intenses, c’est parce que l’angoisse de la séparation intensifie le plaisir du retour.

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-> Nos Sages (comme rabbi Na'hman de Breslev - Likouté Moharan 22:11) parlent de "yérida létsoré'h aliya" (une chute/descente [spirituelle] dans une fait de monter [finalement davantage] ).
A postériori, nous devons appréhender positivement une faute qui a déjà été faite (un moment où l'on s'est "endormi" spirituellement, préférant la matérialité, nos désirs), afin de s'encourager le plus possible pour aller de l'avant, encore plus fort, avec plein d'ambitions spirituelles.

Lorsque tu envisages d’accomplir une mitsva, ne t’en abstiens pas par [crainte d’un sentiment d’] orgueil ou pour toute autre arrière-pensée qui y serait liée.
Car, comme on le sait, "C’est en agissant chélo lichma qu’on parvient à agir lichma" (Pessa'him 50b).
Le simple fait de réaliser une bonne action crée déjà en-Haut un récipient de bonté, et la nature intérieure de ce récipient est déterminée par l’intention.
[Baal Shem Tov - Tsava'at haRivach - 126-127]

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-> La réalisation d'une mitsva a une validité objective en soi, même si l'intention appropriée fait encore défaut : l'action en elle-même est comme le "corps" de la mitsva (ou ses effets), tandis que la kavana (l'intention) en est l'âme.
Ainsi, soumettez-vous d'abord à vos obligations et accomplissez la mitsva. L'accent mis sur la kavana et la dvékout ne vise en aucun cas à passer outre les obligations halakhiques.
[d'après le Baal Chem Tov - Kéter Shem Tov]

L’honneur reçu fait perdre nos mérites futurs

+ L'honneur reçu fait perdre nos mérites futurs :

-> Le Yérouchalmi (Péa 8,6) rapporte que Rabbi Eliezer était un gabaï tsédaka qui accueillait des invités.
Lorsque ses invités le bénissaient et priaient pour lui, il disait que pour cette hospitalité, il ne recevrait pas de récompense. Lorsque d’autres invités l’humiliaient et le maudissaient, il disait que pour ces invités, il recevrait une récompense.

En effet, le séfer 'Hassidim (84) déclare : "Que ton cœur ne se réjouisse pas si les gens t’honorent, car selon l’honneur et le plaisir qu’une personne reçoit en ce monde pour ses actes, on lui enlève de ses mérites dans le monde à Venir."

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-> On demanda au 'Hafets 'Haim de prononcer le discours d’ouverture à la Knessia Guédola, mais il refusa. On lui a dit qu’en toute logique, il devrait être le premier à prendre la parole, puisqu’il était un Cohen et le plus âgé des sages du groupe.
"Je ne suis ni un rav, ni un roch yéchiva", répondit-il. "Je ne suis qu’un simple vendeur de séfarim (livres), mais je reçois beaucoup d’honneurs, et je crains qu’il ne me reste plus rien dans l’Olam Haba (monde à Venir). Laissez-moi un peu pour le monde à Venir, et cessez de m’honorer!"

-> On raconte qu’après le décès de rav Méir Shapiro, il apparut à l’un des directeurs de la yéchiva et lui révéla qu’au Ciel, l’accent n’était pas mis sur sa yéchiva 'Hakhmé Lublin ou sur sa fondation du Daf Yomi, mais sur le fait qu’il ait été humble et soumis.
Nous pouvons expliquer que, bien que ses réalisations prodigieuses aient certainement été notées au Ciel, la cour céleste examine d’abord s’il en a tiré de l’honneur et du plaisir, auquel cas il a peut-être déjà "mangé" son monde de son vivant.

-> A la fin de sa vie, le rav Elazar Ménachem Mann Shach demanda à quelqu’un : "Qu’emporterai-je avec moi en Olam Haba?"
La personne ne comprit pas la question. "Le rav viendra avec 70 ans d’enseignement de la Torah!" répondit-elle.
"Qu’emporterai-je avec moi au Olam Haba?" répéta le rav Shach.
"Le rav viendra avec les volumes de son Avi Ezri sur le Rambam", répondit la personne.
"Qu’emporterai-je avec moi dans l’Olam Haba?" demanda-t-il à nouveau.
"Je ne comprends pas la question", dit la personne.
"Pour toutes ces choses, j’ai déjà reçu des honneurs", dit le rav Shach, "et une mitsva pour laquelle on a été honoré est comme un ticket de bus usagé."

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-> Le 'Hafetz 'Haïm dut un jour se rendre à Moscou pour les besoins de sa yeshiva, et il écrivit une lettre à une de ses connaissances dans cette ville, le priant de ne pas faire connaître son arrivée, afin que les gens ne l’accueillent pas publiquement.
Plus tard, son hôte lui demanda pourquoi il empêchait ses nombreux admirateurs de gagner le mérite de lui rendre l’honneur dû à un sage de la Torah.
"Aimez-vous le kugel?" demanda le 'Hafetz 'Haim en réponse.
"Oui", répondit l’homme, surpris par la question.
"Votre femme prépare-t-elle du kugel pour le Shabbat?"
"Oui", répondit-il, de plus en plus perplexe.
"Et mangez-vous le kugel le soir du Shabbat?"
"Non", dit-il. "Je le mange le jour du Shabbat".
"Vous comprenez donc que cet honneur nous est également réservé dans le monde de la récompense", expliqua le 'Hafets Haim. "Si nous en jouissons dans ce monde, que nous restera-t-il dans le monde de l’éternité?"

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-> "Sachez que toute publicité autour d’une mitsva accomplie dissipe nos mérites.
C’est comme un billet de train déjà utilisé! …"
[Rav Chakh]

-> Qu'est-ce qu'une mitsva accomplie à la perfection?
Le rav Chakh disait souvent :
"[Il s'agit] d'une mitsva accomplie si discrètement qu'aucun de ceux qui sont là ne le sauront jamais.
Personne n'en sait rien, c'est là le mérite le plus grand, de loin plus élevé que celui de réunir des masses et de leur enseigner la Torah!

Car la sensation de "gloire" ou de tout autre plaisir escompté réduit considérablement la valeur d'un acte méritoire."

"Une mitsva doit être naki, propre, sans honneur, sans publicité.
Seul D. doit le savoir ...
Et il faut le faire pour Lui et pour rien d'autre ... c'est cela qui fait mériter la vie éternelle"

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-> Parfois, on a besoin de reprendre des forces dans notre service divin, et le regard positif d'autrui (en public) peut nous encourager, nous donner des forces pour repartir plus fort de l'avant dans notre relation personnelle avec Hachem.
Il est aussi nécessaire de faire des actes publiques afin d'impacter par l'exemple nos enfants. Notre comportement positif étant l'outil pédagogique le plus puissant.

-> Occasionnellement, il peut être utile de "composter" notre "billet de train" (mitsva) pour impacter positivement autrui :
- le fait que je donne en public (de l'argent, du temps, ...) va entraîner d'autres à donner ;
- le fait que je fasse publiquement une mitsva, va inciter d'autres à suivre l'exemple (ex: si lui il prie alors pourquoi pas moi!) ;
- partager la Torah à autrui ;
- ...

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-> Rabbi El'azar dit : Celui qui donne la tsédaka en cachette est plus grand que Moché Rabbénou.
[guémara Baba Batra 9b]

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-> Le Pélé Yoets explique que les actes et les conduites obéissant à la halakha peuvent être exécutés en public, mais ceux qui correspondent à des ajouts volontaires faits par piété doivent être accomplis dans la discrétion. Celui qui désire faire des 'houmrot doit le faire entre lui et lui-même, sans publicité.

-> S’appuyant sur le Zohar, le 'Hida écrit que, si quelqu’un publie ses bons actes, il reçoit ainsi sa récompense dans ce monde, tandis que, dans le suivant, il sera puni pour cela. Non seulement il ne recevra pas de récompense, mais en plus, il sera puni.
A l’inverse, celui qui cache ses bonnes actions, Hachem le protège et le cache, le mettant à l’abri des puissances impures, comme le souligne le verset : "Je veux ... suivre la droiture de mon cœur dans l’enceinte de ma maison ... Je déteste les agissements des pervers : rien de commun entre eux et moi" (Téhilim 101, 2-3).
Celui qui œuvre discrètement dans ce monde en sera grandement récompensé dans le suivant, en vertu de la promesse du verset : "Ah! Qu’elle est grande Ta bonté, que Tu tiens en réserve pour Tes adorateurs" (Téhilim 31,20).

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-> Le Sfat Emet résidait dans la ville de Gour où il étudiait la Torah jour et nuit et s'affairait au service d'Hachem. Il ne quittait jamais sa ville. Quand son épouse tomba malade, il voyagea avec elle à Vienne pour consulter les médecins.
Quand le Rav attendait le train dans la gare de Varsovie, ses disciples lui demandèrent de leur transmettre un enseignement avant de se séparer.
Alors le Sfat Emet leur dit : "On doit apprendre des enseignements pour le service Divin à partir de chaque chose. Mais que pouvons-nous apprendre du train?
La locomotive traîne, par la force de la vapeur, des dizaines de wagons, des centaines de personnes, des tonnes de marchandises. Mais d'où vient sa force? Quel est son secret?
Toute sa force vient du fait que la locomotive renferme en elle la vapeur sans la laisser s'échapper.
Il en est de même dans le Service d'Hachem. Plus une personne renferme en elle-même le feu de l'enthousiasme sans le laisser transparaître à l'extérieur, plus il recevra de la force et de la puissance dans le Service Divin!"

Le Arizal (chaar haGuilgoulim - intro 23) écrit que dans les mondes supérieurs, il existe un côté saint et un côté impur chez l'homme. Grâce à la Torah et aux mitsvot que nous accomplissons tout au long de notre exil, nous libérons les étincelles de sainteté qui ont été capturées par le côté impur de l’homme.
Une fois que toutes ces étincelles auront été libérées, le côté impur de l’homme s’effondrera et se réduira à néant, en accomplissement du verset : "La mort sera engloutie pour toujours" (Yéchayahou 25,8).

Avoir de la joie dans la mitsva

-> On nous enseigne que nous devons accomplir les mitsvot avec joie. Pourquoi donc?

Le rav Aharon Leib Steinman donne la parabole suivante : si quelqu’un prépare un repas pour une occasion importante ou un invité de marque, il veille à utiliser les meilleurs ingrédients et à bien l’assaisonner. S’il néglige d’assaisonner le plat, il montre que l’occasion ou l’invité n’a pas d’importance, et qu’il n’accorde donc que peu d’importance au repas.
De même, la joie avec laquelle on accomplit une mitsva est la "saveur" de la mitsva. Si quelqu’un accomplit une mitsva sans joie, il montre que la mitsva n'a pas d’importance à ses yeux.

Puisque tous les juifs sont interconnectés, un juif qui accomplit une mitsva à un bout du monde peut élever et soutenir un juif dans une autre partie du monde qui est incapable d’accomplir cette même mitsva.
[rabbi de Loubavitch]

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[chacune de mes actions peut impacter un juif vivant actuellement dans le monde, mais également ceux morts et ceux à naître. ]

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+ Chacune de nos actions impacte tous les juifs :

-> Le midrach (Vayikra raba 4,6) explique que le peuple juif est comparé à un troupeau de brebis égarées
(Yirmiyahou 50,17), car tout comme lorsqu’une brebis est frappée à la tête ou à l’un de ses membres, tous ses membres ressentent la douleur, de même, lorsqu’un juif faute, tout le peuple juif ressent la douleur.
Rabbi Shimon bear Yo'haï compare l’effet qu’un fauteur a sur la nation juive à celui d’une personne assise dans un bateau qui commence à percer un trou dans le plancher du bateau sous ses pieds.
"Que fais-tu au bateau?" demandent les autres passagers. Il répond : "En quoi cela vous concerne-t-il ? Ne suis-je pas en train de percer sous mes pieds?"
Ils s’écrient : "L’eau monte par ce trou et inonde tout le bateau!"

Le midrach nous enseigne que la nation juive tout entière est considérée littéralement comme un seul corps. Lorsqu’un juif faute, il attire le mal sur tout le peuple, et il ne peut pas prétendre, face à quelqu’un qui cherche à l’empêcher de fauter, que cela ne regarde pas cette personne.
Nous sommes tous dans le même bateau, et nous sommes tous affectés par les transgressions des uns et des autres.
Du côté positif, lorsque nous sommes unis comme un seul corps, nous méritons l’affection particulière de Hachem, et c’est notre tâche, à chaque génération, de parvenir à cette unité.

-> Un soldat juif venu en Russie avec l’armée de Napoléon se rendit à la yéchiva de Volozhin, où il dit à rav 'Haïm de Volozhin : "Au lieu de vous pencher [sur l'étude] sur les paroles du Rambam, vous auriez pu œuvrer pour empêcher les juifs de Paris de s’assimiler".
Rabbi 'Haïm répondit : "En nous penchant ici sur les paroles du Rambam, nous empêchons les juifs de Paris de s’assimiler."
Il exprimait ainsi que les membres du peuple juif sont tous garants les uns des autres, et forment un seul corps.

-> Dans le même esprit, le rav Israël Salanter observe que lorsqu’un juif pieux d'Osieck (toute petite ville de Pologne) redouble d’efforts pour étudier la Torah, il incite un juif non pratiquant de Varsovie à fermer son commerce une heure avant le Shabbat, et un étudiant juif de Paris à manger dans un restaurant casher.
De même, le 'Hazon Ich (dans ses lettres vol.3,82) écrit qu’un véritable étudiant en Torah suscite des sentiments de repentance chez tous ceux qui l’entourent.

[rav Moché Sternbuch - Haggada shel Pessa'h]

Fauter = bloquer la bénédiction Divine

Chaque faute commise par une personne cause une tache à la Chékhina. Or, la principale source de bénédiction et de prospérité dont bénéficie le peuple juif provient de la Chékhina.
Si une personne cause une tache à la Chékhina, elle empêche la bénédiction et la prospérité de se répandre sur le peuple juif.

C'est peut-être ce à quoi le roi Shlomo faisait allusion lorsqu'il a dit : "Celui qui retient le grain sera maudit par le peuple, mais la bénédiction sera sur la tête de celui qui le fournit" (Michlé 11,26).
En d'autres termes, si une personne, par ses fautes, empêche du bien (le grain) d'être distribué au peuple (juif), elle "sera maudite", mesure pour mesure.

Cependant, si une personne, par ses bonnes actions (ses mitsvot), amène la Chékhina à donner une abondance de bénédictions au monde, elle sera également bénie.
Mais "il n'y a pas d'homme [parfaitement] juste sur terre qui [seulement] fasse le bien et ne faute jamais (Kohélet 7,20). Par conséquent, si une personne commet une faute, elle doit immédiatement se mobiliser par la prière, les supplications et les larmes pour réparer le mal qu'elle a causé. Plus elle attend, plus elle cause de dommages.
[rabbi Yaakov Abou'hatséra - Pitou'hé 'Hotam - Michpatim 22,27-28]