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Notre relation avec la matérialité (2e partie)

+ Notre relation avec la matérialité (2e partie) :

-> Ne gâchez pas votre énergie à courir après le luxe, il vaut mieux l'utiliser pour profiter de ce que l'on a déjà.
[Rambam - Iguéret haMoussar]

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-> "Le manque et l'insatisfaction chez l'homme sont proportionnels à [son] attrait pour le matériel"
[Maharal - Nétivot Olam]

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-> "Telle est la voie qui mène à la Torah : de pain et de sel tu te nourriras, de l’eau avec mesure tu boiras, sur le sol tu dormiras, une existence de peine tu vivras, et dans [l’étude de] la Torah tu te dépenseras.
Si tu agis ainsi, tu es heureux et tu t’es acquis le bonheur.
Tu es heureux : dans ce monde-ci ; tu t’es acquis le bonheur : dans le Monde Futur."
[Pirké Avot 6,4]

=> On peut comprendre que l'on aura une récompense dans le monde à venir, mais en quoi cela nous garantit une vie heureuse dans ce monde?

-> Le Sfat Emet répond qu'il s'agit d'une personne qui est contente quoiqu'elle puisse avoir (même le minima), sans avoir de demande particulière.
[ce que j'ai réellement besoin, c'est ce que Hachem a déjà mis en ma possession.]

-> Le Ramban explique qu'on ne garantit pas à une personne qui craint Hachem d'avoir tout le bien du monde, mais ce sentiment de manquer de rien.
Une telle personne est satisfaite de son sort, du coup il ne lui manque rien!

A l'inverse, chez quelqu'un d'autre, qui ne place pas sa émouna en D., il sera toujours dans une situation de manque, et d'une certaine façon même si il a énormément de richesses, il sera beaucoup plus pauvre que l'autre, puisque lui manquant tellement!

[ => avec la émouna, on apprécie ce que l'on a (puisque fait sur mesure par Hachem), tandis que sinon, on apprécie ce que l'on n'a pas, entraînant une tristesse à l'évocation de ce que l'on a (quoiqu'il puisse avoir, il pensera : il me manque tellement!)!]

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-> "Pourquoi est-ce que les fêtes à Bavél étaient tellement joyeuse?
Car ses habitants étaient pauvres"
[guémara Shabbath 145b]

Le ‘Hatam Sofer explique que c’est également parce que les riches ont tellement de soucis, d’inquiétudes, comme il est écrit : "l’abondance de biens entraîne l’abondance de soucis" (Pirké Avot 2,7).
Pour cette raison, il est plus dur pour les riches d’être joyeux au moment des fêtes.

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-> La guémara ('Haguiga 9b) dit que la pauvreté (caractérisée par des manques) sied bien à Israël, car dans cet état, leur cœur est brisé et ils ne comptent que sur Hachem pour combler leurs manques, s'attachant ainsi davantage à Lui.
[drachot rabbi Iben Cho'im]

-> "Toute année qui commence dans la pauvreté [de l’égo] finira dans la richesse"
[guémara Roch Hachana 16b]

Rabbi Leib ‘Hassman (Ohr Yahel) enseigne que le principe de base de notre conduite à Roch Hachana, dans notre prière et nos supplications, est que nous devons exceller dans le métier de mendiants, et plus un homme s’humiliera, plus il sera digne de louanges, comme nos Sages l’on dit : "Plus l’homme s’abaisse, plus son esprit est grand" (guémara Roch Hachana 26b).

Les Tossefot explique : Si les enfants d’Israël se sentent véritablement pauvres en début d’année, leur cœur est alors brisé, et depuis le Ciel, on aura pitié d’eux pour les sortir de cet état de pauvreté et les "enrichir".

-> "Lorsqu’un juif reconnaît que son seul espoir réside en D., qu’il s’en remet uniquement à Lui, alors cette dépendance vis-à-vis de son Créateur lui donne le mérite que ses requêtes soient agréées."
[Rav Chlomo Levinstein]

-> Le Ben Ich 'Haï fait remarquer : "D’où (méayin – מאין) viendra mon aide?" (Téhilim 121,1).
Mon aide viendra de : אין (ayin – rien). [מ : signifiant : de]
=> Si je me considère comme rien (à l'image d'un mendiant qui a besoin même du minimum vital!), si je reconnais mon manque de valeur, c’est de là que viendra mon aide de Hachem.

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-> "Il est très facile au pauvre de s'en remettre à Hachem. A qui d'autre voudriez-vous qu'il se confie?
Mais qu'il est difficile au riche d'avoir confiance en Hachem. Toute sa fortune est là qui lui cire : 'Fie-toi à moi' "
[rabbi Moché Leib de Sassov]

-> Le défaut du pauvre? Il s'imagine que la richesse va le sortir de sa détresse!
[rabbi Ber de Radochitz]

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-> Si les riches n'ont pas honte de leur richesse, pourquoi les pauvres auraient-ils honte de leur pauvreté?
[rabbi Naftali de Ropshitz]

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-> Rabbi Nissim Yaguen (Nétivé Or) enseigne :
"Lorsque nous voulons convaincre un enfant de bien étudier ou de faire ses devoirs, on lui promet une récompense : une friandise.
Chaque homme sensé sait bien que la friandise n'est pas un but en soi, mais le moyen d'encourager l'enfant à s'investir dans ses études. Lorsque l'enfant pense à la récompense promise, il étudie avec joie et fait facilement face aux difficultés.

Dans ce ce sens, nous devons nous rappeler que les plaisirs de ce monde, ne sont en quelque sorte qu'une friandise pour nous encourager à accomplir et acquérir des mérites éternels.
Tous les plaisirs et les profits n'ont été conçus qu'en tant que moyens pour servir Hachem, mais en aucun cas, ils n'ont de réelle valeur.
La valeur de tous les profits de ce monde, n'atteint pas un millionième du plus petit profit du monde futur.

[...]

En réalité, la chose qui nous pousse à toujours vouloir plus, dans la spiritualité comme dans la matérialité, a été enfouie en nous par Hachem, pour notre bien.
Hachem a fait l'homme avec une nature à aspirer à toujours plus, pour que toute sa vie, il ambitionne d'atteindre des niveaux supérieurs, plus élevés, qu'il ne se suffise jamais de ce qu'il a obtenu, qu'il aspire sans cesse à une plus grande perfection.

En ce qui nous concerne, que faisons-nous? Cette tendance, qui a été créée pour nous permettre d'acquérir une vie spirituelle, nous aider à gravir les échelons de la spiritualité, nous nous en servons pour "progresser" dans ce monde matériel.
Nous ne nous suffisons pas de ce que nous possédons, nous désirons toujours plus ...
Si nous avons une villa, nous en voulons deux. Si nous avons une voiture datant d'un an, nous en voulons une neuve. Si nous voyons un bel habit sur un autre, nous le jalousons et voulons le même, et ainsi de suite ...

Si nous voulons réellement être heureux, nous devons consacrer l'énergie de notre ambition, uniquement à un but spirituel. Nous mériterons dans ce cas de remplir notre tâche ici-bas et d'obtenir une merveilleuse existence éternelle.
[...]

Nos Sages disent : "Celui qui prend sur soi le joug de la Torah, se verra préservé du joug de la royauté et du joug de ce monde" (Pirké Avot 3,5).
Leur intention est de nous dire que l'homme est né pour devenir esclave, mais esclave de qui?
L'homme choisit lui-même : moins il sera l'esclave d'Hachem, plus il sera l'esclave des autres.

Le choix est simple ..."

[moins on est esclave de la spiritualité, plus on sera esclave de la matérialité. Et inversement!]

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-> Rabbi Yéhouda haNassi dit : "Quiconque accepte les jouissances de ce monde-ci, on le privera des jouissances du monde futur ; et quiconque n’accepte pas les jouissances de ce monde-ci, on lui accordera les jouissances du monde futur."
[Avot déRabbi Nathan – chap.25]
[chacun définira, en toute honnêteté, sa limite caractérisant une jouissance non vitale, non nécessaire (nous sommes humains et non des anges!)]

-> Se lancer dans des poursuites superflues, c'est le signe le plus évident d'un attachement excessif au monde matériel.
[rav Shraga Mendelowitz]

-> Selon rav Israël Salanter acheter quelque chose de non nécessaire est détestable.
[car signifiant que nous accordons trop d'importance au matériel!]

-> Habitues ton âme au minimum, car sinon, il [ton corps avec ses désirs] va t'exiger le maximum.
[Tséma'h Tsédek]

["Celui qui a 100, veut 200, ..." = Plus on a, plus on veut davantage!
Quoiqu'on puisse avoir, plutôt que d'en profiter, on a déjà la tête sur la prochaine chose à devoir posséder!
Plutôt que de vivre sa réalité, dans la Torah/Hachem, on est sans cesse dans l'imaginaire, esclaves de nos désirs matériels superflus.]

-> Le Séfer ha'Hinoukh (mitsva 387) explique que la mitsva de ne pas aller après notre cœur et nos yeux, fait référence à tous nos désirs pour la nourriture, l'argent, ...

-> A Novardok, le propriétaire d'un nouveau vêtement, le donnait à quelqu'un d'autre pour qu'il le porte pour la 1ere fois.
C'était une façon de diminuer l'attachement aux choses matérielles.
En ce sens, d'une manière plus générale, les étudiants y avaient l'habitude de se prêter des vêtement ou autres objets, dans l'espoir de retirer leur dépendance à ces choses.

[lorsque l'on témoigne de l'excitation pour de la matérialité, on affaiblit notre attachement à la spiritualité.
Par exemple, en faisant de la nourriture et de la boisson le principal, nous renforçons en nous l'idée qu'il n'y a pas d'autre monde que l'actuel (alors profitons à fond!), ne percevant pas le besoin de se préparer au monde à venir.
Il faut manger pour avoir les forces nécessaires à notre santé et à nos réalisations spirituelles, et non par pure gloutonnerie.]

-> Lorsque l'on fait de la Torah notre priorité, et qu'on limite son business, on en vient rapidement à réaliser que beaucoup de nos "nécessités" sont purement du luxe, et que nos vrais besoins sont rapidement pourvus.
[Pélé Yoets]

-> Quand est-ce qu'une personne sait qu'elle a besoin de quelque chose?
Lorsque Hachem la lui fournit.
[Rabbi Shlomke Zhviller]

-> Une fois, on a demandé à rabbi Moché Feinstein s'il fumait, et il a répondu : "Je ne me rappelle pas avoir mis quelque chose dans ma bouche uniquement pour le plaisir".
Son fils Réouven, rapporte qu'il ne s'appuyait pas sur le dossier de sa chaise lorsqu'il étudiait la Torah, toujours en avant, pencher avec ferveur sur le livre devant lui.
Il n'a jamais dormi plus que le minimum nécessaire pour maintenir sa santé.

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-> Lorsqu'un tsadik prie, il est certainement attaché à Hachem avec des pensées pures, claires et saintes.
Cependant, lorsqu'il mange, il tremble à l'idée que cet acte matériel/physique puisse le rabaisser et rompre sa connexion avec la sainteté.

Ainsi, lorsqu'il mange un tsadik lutte bien davantage pour se sanctifier et se lier à Hachem avec un grand attachement spirituel.
Il en découle qu'un tsadik est plus saint lorsqu'il mange que lorsqu'il prie
Pour la majorité des gens, c'est le contraire ; ils se sanctifient par leur prière davantage que lorsqu'il mange.
[Noam Elimélé'h - Kora'h]

-> "Ne vous adonnez pas trop librement à un repas que vous appréciez" [guémara Guitin 70a]
Le Divré Emet (Réé) dit que nous devons manger en l'honneur de Hachem (pour la mitsva, pour prendre des forces pour mieux Le servir, ...), et si nous apprécions trop fortement la nourriture, alors cela signifie que nous n'en mangeons plus de manière désintéressée.
Il faut alors savoir se retenir et casser son désir, jusqu'à ce que l'on ressente que nous pouvons manger avec les bonnes intentions, et alors nous pouvons retourner à notre repas.
[Hachem ne nous interdit pas de prendre de bons repas, mais même dans un acte matériel, l'essence doit rester spirituelle, et l'animalité en nous ne doit pas prendre le dessus.]

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-> La Torah (et la sagesse) ne peuvent s'accomplir qu'en "écrasant" sa matérialité, comme on "broie" les olives pour en faire de l'huile.
[Ben Ich 'Haï - guémara Kidouchin 49b]

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-> Le Maharal de Prague (Nétsa'h Israël - chap.7) enseigne :
"La matérialité du corps et la spiritualité de la Torah sont totalement antinomiques. La Torah ne peut s'acquérir que par quelqu'un qui annule complètement ses désirs corporels et domine parfaitement son mauvais penchant.
S'il en est ainsi, comment peut-on accomplir la Torah dans un univers de matérialité?
La Torah ne peut s'accomplir que chez celui qui est prêt à se tuer pour elle."

-> D'après cet enseignement, nous pouvons comprendre la question posée par Alexandre le Grand aux Sages d'Israël : "Que doit faire un homme pour vivre? Les Sages répondent qu'il doit se tuer lui-même. Alexandre le Grand demande alors : que doit faire un homme pour mourir? Il doit se laisser vivre". (guémara Tamid 32a)

A présent, expliquons les paroles énigmatiques de cet échange : lorsque les Sages répondent à la première question d'Alexandre le Grand en disant que l'homme doit "se tuer lui-même" cela signifie qu'il doit tuer son égocentrisme qui le pousse à poursuivre les futilités de ce monde et à assouvir ses envies primaires.
Il ne peut pas accéder à une vie authentique, comme cela est rapporté dans la Michna : "La jalousie, l'envie et les honneurs sortent l'homme du monde" (Pirké Avot 4,21).
A la seconde question d'Alexandre le Grand, qui demandait comment un homme doit-il faire pour mourir, les Sages répondent : "Il doit se laisser vivre" = c'est-à-dire se laisser emporter par ses désirs et ses pulsions. Il ne pourra jamais se connecter à ce qu'il vit ou tirer un quelconque profit authentique dans sa vie et sera considéré comme mort.
[Tsor ha'Haïm - 'Houkat]

-> Rabbi Yéhouda Hanassi dressa ses 10 doigts vers le ciel et déclara avant de mourir : Maître de l'univers, il est établi devant Toi que je n'ai pas tiré profit dans ce monde-ci même de mon petit doigt. (guémara Kétoubot 104a)
Tossefot explique que l'homme doit prier pour que la Torah pénètre intégralement son corps afin de pouvoir le dominer.

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-> "Depuis que le Temple a été détruit, Hachem n'a dans Son monde que 4 coudées de halakha" (guémara Béra'hot 8a)

=> Que signifie "4 coudées"?

Le Maharal nous explique que le minimum vital dans ce monde est de 4 coudées (environ 2 mètres).
Car la guémara (dans Baba Batra) nous dit que si 2 voisins ont un terrain de 7 coudées au carré, on ne peut pas le partager en leur donnant à chacun 3 coudées et demie. Ce n'est possible que s'ils ont 8 coudées, on pourra alors partager en 2 en attribuant à chacun 4 coudées.

Le Maharal dit ainsi : un homme désirant être attaché à Hachem ne doit prendre de ce monde que le strict minimum. S'il prend un peu plus que ce qui lui est nécessaire, c'est sur le compte de son attachement à Hachem.

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+ L'étude de la Torah = ce qui compte c'est l'effort investi!

-> "Quiconque aime la richesse et les plaisirs ne peut pas étudier la Torah Orale, car celle-ci exige que l’on se donne beaucoup de peine, que l’on se prive de sommeil et que l’on sacrifie son corps pour elle"
[midrach Tan’houma – paracha Noa’h]

-> Le midrach (Tan'houma - Parachat Noa'h, sec. 3) demande :
"Que signifie '[la Torah] ne se trouve pas dans la terre des vivants' (Ivov 28,13)? Peut-elle se trouver dans la terre des morts?
Cela veut dire que la Torah Orale ne se trouve pas chez celui qui recherche les plaisirs terrestres, [la satisfaction de ses] désirs, l'honneur et le prestige dans ce monde.
Elle se trouve seulement chez l'homme qui 'se tue' pour elle, comme il est écrit (Bamidbar 19,14) : 'Voici la Torah : un homme qui meurt dans une tente'.
Voici la voie de la Torah : mange du pain trempé dans le sel, bois de l'eau modérément, dors à même le sol, mène une vie de souffrance, et peine dans l'étude de la Torah."

-> Moché dit à Israël : "Combien ai-je souffert pour la Torah! Combien ai-je peiné et combien me suis-je acharné pour l’acquérir … J’ai dû passer au milieu des anges et des Séraphins, dont un seul d’entre eux pourraient brûler le monde entier … Je suis allé parmi les créatures célestes, j’ai donné mon âme et mon sang pour la Torah !
De même que je l’ai apprise dans la souffrance, vous aussi, étudiez-la dans la souffrance"
[midrach Yalkout Chimoni - chap.942]

-> "Les paroles de Torah ne se maintiennent que chez les hommes qui se sacrifient pour elle." [guémara Shababth 83b]
Le Maharcha (dans la guémara Guittin 57) précise que "se sacrifier" pour la Torah signifie : "donner la mort à son corps, en le privant de toute jouissance superflue."

-> "La Torah que j’ai étudiée dans la frustration (af), c’est elle qui s’est maintenue"
[le roi Salomon – midrach Kohélét rabba – chap.2 : "même (af) ma sagesse se maintint"]

-> "Chez qui trouve-t-on la Torah?
Chez celui qui laisse son visage se noircir pour elle [par l’exténuement], autant que le corbeau est noir "
[guémara Erouvin 21b]

-> "La Torah n’est pas au Ciel" (Dévarim chap.30) : mais si elle y était, tu aurais dû y grimper pour la retrouver, et si elle était au-delà des océans, tu aurais dû les franchir pour l’obtenir."
[guémara Erouvin 55a]

-> "L’homme peine pour comprendre [jusqu’à la limite de sa compréhension], et la Torah œuvre pour lui [révéler ses secrets]."
[guémara Sanhédrin 99b]

-> Les Tossafot (guémara Kétoubot 104a) écrivent : "Avant que l’homme prie pour que la Torah pénètre en lui, qu’il prie d’abord pour que les plaisirs matériels n’envahissent pas son corps."
En effet, un intérêt trop important envers les plaisirs matériels empêche la réussite de nos recherches spirituelles.

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-> Le Kédouchat Tsion (rabbi de Bobov) disait que pour l'étude de la Torah, les femmes auront une récompense supérieure à celle de leur mari, car elles font des sacrifices pour leur permettre d'étudier, tout en se privant de ressentir la joie de l'étude de la Torah lichma.

D'ailleurs le rav 'Haïm Chmoulévitch conseillait de dire chaque jour à sa femme avant de quitter la maison combien nous la remercions et combien nous lui demandons pardon pour tout le temps passé loin d'elle [puisqu'étant en train d'étudier la Torah].

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-> "Celui qui est rassasié fait fi des rayons de miel, mais pour celui qui a faim, tout ce qui est amer semble doux" (michlé 27,7)
Le Gaon de Vilna explique que si un homme cède à tous ses désirs, il ne ressentira aucune attirance pour l’étude de la Torah.
S’il abstient de ces satisfactions, toutes les difficultés de l’étude continue de la Torah lui seront favorables et agréables, car il goûtera la douceur de la sagesse enfouie dans la Torah.

-> "Sans farine [de quoi se nourrir], point de Torah ; sans Torah, point de farine" (Pirké Avot 3,17)
Le Knesset Israël commente : S'il n'y a pas de satisfaction avec les nécessités de base, symbolisées par la farine, et qu'une personne recherche le luxe, alors elle ne méritera pas de véritables accomplissements dans la Torah.

-> Dans la guémara (Sanhédrin 111a), on trouve l’anecdote suivante : Rav vit que rav Kahana se frottait la tête [Rachi : et il se détendait pendant qu’il étudiait la Torah ].
Lorsqu’il se présenta devant Rav, ce dernier lui dit : "Elle est introuvable au pays des vivants" (Iyov 28) = on ne trouvera pas la Torah chez ceux qui se préoccupent de leur bien-être en l’étudiant."

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-> Hachem a placé la nourriture de l’âme et la sainteté dans la bouche, qui est le lieu de la nourriture du corps et de sa force, afin que l’homme s’en inspire pour que la tâche sainte, qui se déroule en cet endroit, soit accomplie au moins aussi bien que la tâche profane.
Puisqu’avec la bouche on accomplit le travail du corps avec plaisir et beaucoup d’empressement, de tout son corps, qu’on accomplisse de la même manière la tâche sainte, qui est l’étude de la Torah, et se trouve également dans la bouche, ainsi que l’ont dit nos Sages : "Elle est la vie pour ceux qui la font sortir de leur bouche".

Si les deux tâches ne sont pas exécutées de la même façon, il n’aura rien à répondre au moment du jugement.
C’est pourquoi l’homme doit se sanctifier par l’étude de la Torah avec joie et enthousiasme, par la force de la matérialité qui se trouve dans la même bouche, qu’elles soient au moins comparables.
[Ben Ich 'Haï]

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-> Le Rav Wolbe écrivit une fois une de ses lettres alors qu'il voyageait en avion de la Suisse à la France :
"La durée du trajet que j'entreprends est d'environ une demi-heure car je voyage par les airs. Le même trajet par la terre ferme prendrait à peu près 8 heures, même en train (et en voiture encore bien plus).
La raison en est que, malgré les performances du chemin de fer, celui-ci demeure encore tributaire du relief du terrain sur lequel il doit avancer, les montagnes et les plaines, les descentes et les montées.
Il en est de même du travail de l'homme : tant qu'il est encore lié au matérialisme, son chemin pour parvenir à des degrés spirituels est beaucoup plus long. Plus il s'efforcera de s’en détacher, plus il raccourcira ce chemin et atteindra facilement ce qui lui demande de fastidieux efforts tout au long de l'année."

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-> Rabbenou Bé’hayé ('Hovot haLévavot - prichout chap.2) au sujet des effets de l'étude :
"l'intention de la Torah est que l'esprit dirige tous les penchants et désirs de l'âme et tous les plaisirs du corps ; et que l'esprit soit plus fort qu'eux.
Il est très connu que le renforcement des désirs (taavot) contre l'esprit est la racine de toutes les fautes et la raison de toutes les dégénérescences. Je sais que le Peuple ne s'est rapproché de la matière qu'après s'être éloigné de l'étude de la Torah".

-> "Celui qui demande le désir (taava) se sépare (nifrad)" (Michlé 18,1).
Le Gaon de Vilna explique : le roi Shlomo vient enseigner que seul celui qui se sépare de la Torah réclame la taava, car la Torah casse les taavot. Quand l'homme s'éloigne de la Torah alors les taavote le poursuivent et il les poursuit également.

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-> "Ni de ton manger tu en tireras un profit" (Béhar 25,37) = c'est-à-dire la Torah nous met en garde que même le manger qui t'est permis, il faut en consommer mesurément, car si l'homme se laisse entrainer par son palais, il dépasse les limites de ce qui est bien, et par cela la lumière de son âme s'obscurcit.
Lorsque l'un se relève l'autre redescend = c'est-à-dire, que lorsque l'homme augmente les plaisirs matériels il diminue en lui les désirs spirituels.

[Ohr ha'Haïm haKadoch - Béhar 25,37]

Notre relation avec la matérialité (3e partie) :

+ Notre relation avec la matérialité (3e partie) :

-> Le luxe nécessite de l'argent. L'argent demande un grand investissement en temps.
Qui est-ce qui veut échanger des milliers de pages de guémara pour des extravagances décoratives?"
['Hafets 'Haïm]

[le fait de décorer luxueusement notre maison dans ce monde éphémère, vient au détriment des décorations de notre "maison" dans le monde à venir éternel.]

Au cours d'une visite chez un de ses proches qui avait des stores à ses fenêtres, le 'Hafets 'Haïm a dit : "Je vois des pages de guémara suspendues aux fenêtres".

=> En ce sens, le Steïpler faisait remarquer que l'on met des pages du talmud sur nos murs, des pages de michnayot sur nos tables et nos chaises élaborées, et toutes les halakhot décorent nos habits à la mode.

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-> Chacun ressent qu’il lui manque de l’argent, mais peu de personnes réalisent qu’il leur manque de la sagesse.
[Baal Tsor haMor – Rav Moché Saba]

-> Le 'Hafets 'Haïm déplorait que l'on consacre tellement de temps, de soucis à acquérir des biens dans ce monde passager, et qu'en parallèle, nous ne pensons que très peu à notre monde à venir.
[en témoigne le fait que l'on va jalouser autrui sur ce qui a une durée de vie courte, au lieu d'avoir une jalousie positive afin d'acquérir un maximum de mérites éternels.]

Le 'Hafets 'Haïm disait : "Nous investissons la plupart de nos efforts à agrandir et à décorer notre maison dans ce monde, et nous ne réalisons pas que par cela nous réduisons la taille de notre maison éternelle ".

-> Le Séfer 'Hassidim (84) explique que les plaisirs dans ce monde diminuent notre récompense dans le monde à venir.
[Nous ne devons pas oublier que ce que nous voulons véritablement, ce n'est pas ce monde-ci, mais c'est avoir le plus possible de proximité avec Hachem.]

-> Lorsque nous arriverons dans le monde de Vérité et que nous nous rendrons compte que nous avons préféré échanger des diamants (Torah, mitsvot) contre de vulgaires lentilles, et même pire que nous avons jalousé d'en avoir, en arrivant à critiquer la gestion du monde faite par Hachem, nous en ressentirons alors une honte terrible et éternelle, qui ne diminuera jamais en intensité.
[Rav Shabsai Yudelevitz - Drachot haMaggid]

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Nos Sages font remarquer que la Torah a été donnée :
- dans le désert = lieu où il y a le strict nécessaire, allusion au fait que nous devons savoir être heureux avec peu ;
- avec le feu = il faut avoir un enthousiasme et une dévotion ardentes pour l'étude de la Torah ;
- avec l'eau (selon le Shirat Dvora, les Nuées faisaient aussi tomber de l'eau). Or, selon la guémara (Taanit 7a), l'eau symbolise l'humilité, car dès que possible elle quitte sa place la plus élevée pour aller vers le bas.

=> Pour acquérir la Torah, il faut sacrifier de la matérialité, afin de pouvoir laisser de la place pour se lier au maximum à la spiritualité.

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-> "C’est un avantage pour moi d’avoir connu la misère, pour que j’apprenne Tes préceptes." (Téhilim 119,71)

-> "Soit vigilant à l'éducation des enfants de pauvres, car c'est [plus probable que ce soit] d'eux que sortira la Torah!"
[guémara Nédarim 81a]

-> Le roi David dit à Hachem : "Maître de l’univers! … Le riche se fait remarquer [devant Toi] grâce à sa richesse [qui lui permet d’être généreux]. Mais que doit faire le pauvre?"
"Le pauvre atteindra la célébrité grâce à ses enfants … D. accorde aux pauvres des fils qui deviennent des maîtres de Torah."
[Tana débé Eliyahou rabba – chap.18]

-> Lorsqu'il était jeune, le Nétsiv a rendu visite au Rachash, et ce dernier lui a demandé de clarifier une difficile explication de la guémara (Tossafot), qu'il n'arrivait pas à solutionner.
Le Netsiv lui a brillamment répondu avec un commentaire sublime.
Le Rachash a été ravi de sa réponse, et il a demandé au Nétsiv : "Pourquoi est-ce que cette explication ne m'a-t-elle pas été révélée? [Pourquoi est-ce que moi je n’ai pas trouvé la même chose?]"
Le Nétsiv lui a alors dit : "Parce que vous étudiez la Torah dans l’abondance, la richesse et les honneurs, alors que moi je peine dans l’étude de la Torah. Quand on acquiert la Torah avec difficultés, par des efforts, de nouvelles sources s’ouvrent à l’homme".

=> On voit de là que même si une personne étudie à la perfection dans le luxe, elle aurait pu atteindre des niveaux plus élevés si elle l'avait fait en se contentant du minimum.
[ainsi, lorsque l'on jalouse les biens d'autrui (souhaitant être plus riche), on doit avoir conscience que l'on renonce à de la Torah qui va avec notre situation actuelle!]

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-> Le rabbi Eliyahou Dessler (Mikhtav méEliyahou II, p.39) explique que : "celui qui tient à son âme s’éloignera de l’abondance en ce monde-ci et se consacrera uniquement à l’étude de la Torah et à l’accomplissement des mitsvot avec amour.
Malheur à celui qui aspire à ce monde-ci et le poursuit, s’imaginant qu’il méritera les deux. Il finira par trébucher, car le matérialisme aura une emprise sur lui et le transformera en quelque chose de totalement matériel, et la gloire de la Torah s’en trouvera amenuisée.
Celui qui opte pour la Torah et fuit les désirs de ce monde-ci est comme quelqu’un qui fuit un danger mortel."

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-> Nous apprenons du roi David que le juif ne se lie pas à l'argent et à l'or.

On raconte à son sujet qu'il était paré d'une couronne en ornée de diamants, trophée de guerre, qui pesait plusieurs centaines de kilos.
La guémara (Avoda zara 44a) rapporte qu'il parvenait à la porter par un phénomène magnétique qui la maintenait en l'air, au-dessus de sa tête. [selon rabbi Yossi, ben rabbi 'Hanina]

Le roi David voulait ainsi faire comprendre aux juifs que l'or et l'argent n'avaient aucun rapport avec lui, se trouvant au-dessus de tête, hors de son esprit.
De plus, il ne passait pas son temps à compter sa fortune, si bien que son esprit, ainsi libre, pouvait s'imprégner de Torah et de sainteté, comme il est écrit : "Ta Loi (Toraté'ha) a pénétré jusqu'au fond de mes entrailles" (Téhilim 40,9).

La Torah était en lui, dans son corps et dans sa tête. Quant aux honneurs et à la couronne royale, ils étaient suspendus dans les airs, n'ayant aucune prise sur son corps.
Ce fut de cette manière qu'il combattit le mauvais penchant durant toute son existence.

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-> L'amour de l'argent est comparé à l'idolâtrie.
[Iguéret haKodéch - à la fin du Noam Elimélé'h]

[d'une certaine façon lorsque nous donnons tellement d'importance à notre argent, au point de lui vouer un cule idolâtre, nous ne laissons alors plus de place pour que Hachem réside en nous. Ainsi, plus la matérialité a de la place à nos yeux, moins D. n'a de place pour être avec nous!]

["Tout homme qui a en lui de l'orgueil, c'est comme s'il était idolâtre" - guémara Sotah 4b]

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-> "L’homme court après l’argent et cherche la richesse, mais il ne sent pas et ne comprend pas du tout que plus il reçoit d’un côté, plus les forces du mauvais penchant augmentent en proportion.
Le pauvre croit que s’il avait de l’argent, il serait le maître de son argent, alors que le résultat est que l’argent qu’il a acquis devient son maître."
['Hafets 'Haïm]

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-> "Accorde-moi ni la pauvreté ni la richesse" (Michlé 30,8)
Rabbénou Bé'hayé explique que le roi Chlomo affirme qu'il est préférable de n'être ni pauvre ni riche, car ces 2 états sont mauvais.
Lorsqu'un homme est riche, il devient aisément orgueilleux. Le monde lui appartient, et il ne prête aucune attention au monde futur.
Quand un homme est pauvre, il flatte autrui, ment et accomplit d'autres péchés sans s'en rendre compte.

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-> "La fortune ne sert à rien au jour de la faute" (Michlé 11,4)
-> "Par le 'hessed et la verité, la faute sera expiée" (Michlé 16,6)
-> "Celui qui donne la tsédaka et pratique la justice est préféré par Hachem à un sacrifice" (Michlé 21,3)
-> "La tsédaka sauve de la mort" (Michlé 10,2)
Nos Sages expliquent : Même si quelqu'un a fauté et que l'ange a la permission de le frapper, la tsédaka qu'il a donnée a aidé des gens à vivre, et elle sauvera son âme de la mort.

=> Combien nous devons voir nos richesses comme un moyen magnifique pour améliorer notre vie spirituelle, et non uniquement notre confort matériel éphémère, ou bien encore de le laisser dormir à la banque plutôt que de l'investir pour fructifier nos mérites éternels.

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-> Une personne qui renonce aux plaisirs matériels obtient [entre autre] le bénéfice suivant : elle ne réduit pas la récompense qui lui est destinée au monde futur. Si un homme profite de la vie en ce monde et assouvit tous ses désirs, il risque de perdre une si grande part de sa récompense qu'il ne lui restera rien au monde futur.
[...]

Dans le domaine spirituel, l'âme vient en ce monde pour acquérir les pierres précieuse et l'or que sont les commandements et les bonnes actions. Ces richesses peuvent être acquises seulement ici-bas.
Au monde futur, elles seront revendues à très bon prix.

Lorsque le voyage se fait long, certains commettent l'erreur d'échanger ces magnifiques "pierres précieuses" contre de vulgaires valeurs matérielles.
Ils perdent ainsi leur capital pour le monde futur.

Par contre, les hommes perspicaces ne vendent pas leurs bonnes actions à bas prix. Ils savent que la différence entre prix d'une bonne action en ce monde et dans le monde futur dépasse l'imagination.
Elle est bien plus importante que celle de la vente d'une pierre précieuse en Inde ou à Venise.
Comme l'enseigne nos Sages : "Une heure de tranquillité au monde futur est meilleure que toute la vie en ce monde" (Pirké Avot 4,22).

[Méam Loez - Kédochim 19,1-2]

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-> L'avare n'a pas confiance en Hachem et porte constamment son œil (ayin - עין) sur son argent (késsef - כסף).
Ce lien entre son œil (עין) de guématria 130 et son argent (כסף) de guématria 160, donne une guématria totale de 290, qui est la valeur numérique du mot : "tsar" (étroit - צר).

[lorsque nous regardons notre vie par des yeux matériels (argent), plutôt que spirituels, il en découle que nous avons un regard qui est très étroit. Nous passons à côté de notre vie, se comportant de façon très petite par rapport à nos potentialités! ]

Par contre, l'homme généreux et bienveillant fait confiance à Hachem et porte constamment ses yeux vers Lui.
[Ben Ich 'Haï]

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-> voir également : L'attirance pour l'argent, un esclavage : https://todahm.com/2022/05/18/lattirance-pour-largent-un-esclavage

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+ Pourquoi est-ce la sagesse ou la richesse, et non pas les deux?

-> Rabbi Its'hak dit : Celui qui veut acquérir la sagesse (de la Torah) doit tourner son visage vers le Sud et celui qui veut acquérir la richesse (matérielle) doit tourner son visage vers le Nord.
Il existe un signe (pour se souvenir de ces directions) : la Table (dans le Sanctuaire) était placée au Nord et la Ménora était placé au Sud.
[guémara Baba Batra 25b]

-> Selon rabbi Its'hak, un homme tourne son visage vers le sud dans sa prière pour acquérir la sagesse ou bien son visage vers le nord pour acquérir la richesse.
Du fait que s'il tourne son visage vers le sud, il ne peut pas simultanément le tourner vers le nord et inversement, il semble donc qu'il soit impossible de devenir à la fois Sage en Torah et riche ; c'est l'un ou l'autre!
Pourquoi cela?
C'est parce que tout don attribué à un homme (la sagesse ou la richesse) dans ce monde-ci est une épreuve pour lui : va-t-il s'enorgueillir de ce don et ramener les choses à lui, preuve que cette sagesse ou cette richesse matérielle est extérieure à sa personne, ou bien va-t-il utiliser ce don pour autrui et pour mieux servir Hachem?
Or, l'épreuve d'un homme sage est différente de l'épreuve d'un homme riche ; c'est pourquoi le Ciel ne donne pas en général à un même homme riche ; c'est pourquoi le Ciel ne donne pas en général à un même homme sagesse et richesse, car cela constituerait 2 épreuves très difficiles à gérer.
Cependant, si un homme a travaillé sa qualité d'humilité, modestie, alors il ne se sentira pas "propriétaire" de cette sagesse ou de cette richesse matérielle, et pour lui, ces dons ne sont qu'un outil pour mieux servir Hachem ; un tel homme pourrait bénéficier des 2 tables : spirituelles (par sa sagesse) et matérielle (par sa richesse).
[rav Dessler - Mikhtav méEliyahou - tome.4]

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-> "Ce qui se trouve dans les Cieux, en haut, ou sur la terre, en bas" (Vaét'hanan 5,8)

Le Ben Ich 'Haï interprète : pour le niveau spirituel (bachamayim - dans les cieux), regarde plus haut (mima'al) que toi, et pour le niveau matériel (baarets - sur la terre), regarde plus bas (mita'hat) que toi.

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=> Quelle est l'intention des signes : la Table et de la Ménora?

L'emplacement dans le Temple de la Table, symbole de la parnassa, au nord, et de la Ménora, symbole de la sagesse au Sud ont été choisis par rabbi Its'hak pour se remémorer des directions dans lesquelles il faut se trouver pour acquérir la richesse ou la sagesse.

-> Le Maharcha explique :
La Table, placée au Nord dans le Temple, ne contenait que les pains de proposition (lé'hem apanim) consommés par les Cohanim de service. Si cette Table (choul'han) symbolise la richesse matérielle, c'est-à-dire la table des princes et des riches, c'est pour enseigner à ces derniers qu'ils ne doivent pas compter sur leurs excédents financiers et matériels, car ils ne se rassasieront que du pain qui vient de la direction Sud opposée.
La Ménora placée au Sud se suffit de l'huile mise dans les gobelets pour éclairer.
Cette Ménora, qui symbolise la lumière de la Torah et sa sagesse, vient enseigner à celui qu'aspire à la sagesse qu'il doit se suffire (et être content) de peu, afin d'illuminer son âme appelé : lumière Divine (ner Elokim).

-> Le Méor Enayim enseigne :
L'activité essentielle d'un homme doit s'exercer sur les choses qui ont le plus de valeur, c'est-à-dire les paroles de Torah et la sagesse qui sont plus précieuses que l'or fin ...
Si la recherche des besoins matériels devient l'essentiel et l'activité de la Torah provisoire et secondaire, nous ne pouvons acquérir ni l'une ni l'autre.
C'est ce message qui est véhiculé dans les signes de la Table et de la Ménora.
En effet, la Ménora, symbole de la sagesse de la Torah, est placée au Sud, donc à droite (si on se place à l'ouest, face à l'est) et la droite représente le côté fort (comme la main droite) ; la Table symbole de la parnassa (subsistance) est placée au Nord, donc à gauche et la gauche représente le côté faible (comme la main gauche).

Notre relation avec la matérialité (4e partie)

+ Notre relation avec la matérialité (4e partie) :

+++ Le matériel est quand même nécessaire :

-> "L'argent est une bonne chose, tant qu'il est utilisé à de bonnes fins, et tant que l'on n'en devient pas trop attaché."
[l'Alter de Novardok]

-> En donnant la manne avant la Torah, Hachem a indiqué que les besoins matériels nécessaires sont un prérequis pour le service Divin.
[Rabbi Meir d'Apta - élève du 'Hozé de Loublin - Ohr Lashamayim]

-> "Etre excessif avec ses désirs est un extrême, et l'absence totale du moindre plaisir en est l'exact opposé.
Les 2 sont détestables."
[Rambam - Chémona Pérakim - chap.4]

-> Celui qui prend la route de l'ascétisme est appelé un fauteur.
[Rambam - Hilkhot Déot 3,1]

-> Lorsque nous sommes anxieux, tendus, tristes, ... nous ne pouvons pas donner notre maximum à Hachem.
Dans la limite du raisonnable, il peut alors être nécessaire de profiter des plaisirs de ce monde (permis par la loi juive), afin de retrouver nos pleines aptitudes pour servir Hachem dans la joie.
[Rav Yossef Leib Bloch - Chiouré Daat]

-> Le Maharil rapporte que Rabbénou Tam plaçait des pièces en or sur sa table d'étude dans le but d'élargir sa compréhension des passages difficiles de son étude.
[l'idée est qu'il ne faut pas repousser totalement la matérialité, mais faire en sorte de l'utiliser pour que notre spiritualité s'en trouve renforcée!]

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-> Le Pélé Yoets transmet l'idée que le fait de se réjouir des plaisirs matériels de ce monde, n'a pas pour finalité de toujours en vouloir davantage (en enviant ce que possède autrui), mais cela doit être canalisé pour développer notre amour de Hachem.
En effet, si j'apprécie ce bien matériel passager, à plus forte raison je me dois d'aimer mon Créateur qui est la Source de tout amour et de tout plaisir.

-> Le Kli Yakar développe également cette idée, en comparant l'argent au feu.
D'un côté, on ne peut pas s'en passer, mais d'un autre côté, nous ne devons pas en être trop près.
Les plaisirs doivent nous servir afin d'aimer davantage D. (reconnaissance) en réponse à tout ce qu'il fait pour nous.
A l'inverse, une attitude ingrate où la finalité est d'avoir toujours davantage ou différemment, ne fait que développer de la jalousie.

-> Le Réchit 'Hokhma dit que les bontés de D. doivent inspirer en nous de la joie dans notre cœur, comme il est écrit : "Je serai heureux et en joie par Ta bonté" (Téhilim 31,8).

[De nos jours, quoique nous puissions avoir, cela semble ne jamais être assez.
Ce qui étaient les luxes d'hier, sont devenus les indispensables d'aujourd'hui.
=> N'oublions pas de l'apprécier, de remercier Hachem pour ces bontés! En effet, combien notre vie est luxueuses/confortables par rapport à celles de nos ancêtres de par le passé!]

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-> "L'homme doit apprendre de son aspiration pour la matérialité comment aspirer à la spiritualité".
[rav Saadia Gaon]

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-> "L'essentiel de l'amour dont on aime son propre corps et sa propre âme doit provenir de l'amour qu'on porte à son Créateur, comme un homme aime les instruments de son art et veille à ce qu'ils ne se salissent pas et ne se cassent pas, parce qu'il s'aime lui-même et veut pouvoir continuer à s'en servir.
C'est bien plus encore qu'il doit veiller sur son corps et son âme, afin qu'ils ne se souillent ni ne se brisent, car ce sont eux les instruments qui lui permettent de servir Hachem.
C'est là-dessus que doit porter toute l'intention quand on veille sur son corps et son âme, alors Hachem viendra à notre aide et sera notre soutien."
[Pélé Yoets]

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-> "Ne fais pas pour toi d'idoles de métal" (Ki Tissa 34,17)
Selon rabbi Mendel de Kotzk, cela signifie : "ne fais pas du métal un dieu!"

-> "Tu réuniras l'argent dans ta main" (Réé 14,25)
Le rabbi Méir de Prémichlan explique : "Il faut que tu restes, en toute circonstance, le maître de ton argent et que lui ne devienne jamais ton maître".

[ainsi il faut être vigilant à ce que la matérialité soit un outil permettant de mieux servir et grandir Hachem, et non l'inverse comme s'efforce à le faire notre yétser ara.]

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-> "Avraham se leva de bonne heure, sangla son âne" (Vayéra 22,3)
Nos Sages ont dit à propos de cet âne, qu'il est celui qui a porté la femme et les enfants de notre maître Moché, et il sera l'âne qui portera le machia'h ...

Le Maharal explique : l'âne qu'a monté Avraham, Moché, et qui portera le roi machia'h, c'est "le matériel" (un âne en hébreu se dit 'hamor, le matériel se 'homer, la différence est seulement dans la ponctuation, mais les 2 s'écrivent de la même manière : חמר), car ces 3 tsadiim ont complètement vaincu le matériel, au point de le dominer entièrement.

Avraham a dominé son penchant au matériel, et il a pu surmonter ses instincts naturels pour aller sacrifier son fils unique qui est né lorsqu'il avait 100 ans.
Moché a été choisi pour devenir le libérateur du peuple d'Israël, juste après avoir complètement dominé son penchant au matériel.
Le machia'h sera celui qui réussira à dominer le penchant au matériel et le dompter entièrement.

Quant à nous, bien que parfois nous ne réussissions pas à entièrement dominer le matérialisme, il est recommandé de prendre cette tâche à cœur. On s'efforcera au moins de ne pas se laisser dominer par lui ...
Que ce ne soit pas une domination illimitée, afin de ne pas marcher dans la rue avec le matériel sur nos épaules.
[rabbi Nissim Yaguen - Nétivé Or]

La crainte du Ciel

+ La crainte du Ciel (par le rav Nathan Watchfogel) :

-> "Si une personne n'a pas de crainte [d'Hachem], elle n'a pas non plus de sagesse" (Pirké Avot 3,17).
... La seule façon de gagner en crainte d'Hachem est d'étudier du moussar, il adoucit nos cœurs de pierre.
Cela nous ouvre les yeux, nous remarquons la main d'Hachem dans nos vies, et nous ressentons plus de crainte d'Hachem grâce à cela.
[rabbi Nathan Watchfogel]

-> Une personne doit commencer à apprendre le moussar par le biais du yira (crainte d'Hachem), mais cela doit immédiatement se transformer en joie.
Si une personne prend le moussar qu'elle étudie et en fait vraiment une partie de sa vie, et le prend vraiment à cœur, alors cela lui apporte de la joie, parce qu'au fond de nos cœurs, la joie nous vient plus naturellement que la peur/crainte.
Lorsqu'une personne étudie le moussar comme il se doit, elle est immédiatement remplie de joie.
[rabbi Nathan Watchfogel]

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-> Aujourd'hui, il y a beaucoup plus de gens qui s'assoient et étudient dans le monde entier. Il y a beaucoup plus de yechivot et de kollélim. Avec autant d'étude, nous devrions nous attendre à ce que cette nouvelle génération produise plus de guédolé hador que jamais auparavant, mais nous n'avons pas constaté que c'était le cas. Pourquoi?

Les gens sont occupés à étudier la Torah, mais ils ne font pas d'effort pour acquérir la crainte d'Hachem.
Il est dit : "Sans crainte (d''Hachem), il n'y a pas de 'hochmah (sagesse)" (Pirké Avot 3,21).
Comme le dit le rav 'Haïm de Volozhin (Néfech ha'Haïm), la yirat Chamayim (crainte du Ciel) est l' "entrepôt" de la Torah.
Le rav de Volozhin écrit : "Plus l'entrepôt de yirat chamayim qu'une personne se construit est grand, plus elle peut y mettre de 'grains' de Torah et les garder en sécurité dans son entrepôt" (Néfech ha'Haïm 4,5).
Nos Sages (guémara Yoma 72b) disent : "Malheur aux talmidé 'hakhamim qui étudient la Torah mais n'ont pas de yirat Chamayim".
Etudier le moussar est ce qu'une personne doit faire pour acquérir la yirat chamayim. C'est ce qui permet de réussir dans la Torah.
[rabbi Nathan Watchfogel]

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-> Sans un séder de moussar quotidien, "la chose la plus importante manque".
Le rav Yérou'ham Lévovitz a dit que le yétser ara laissera une personne faire tout ce qu'elle veut, juste pour qu'elle n'étudie pas le moussar!

-> Le rav El'hanan Wasserman parlait un jour au 'Hafets 'Haïm d'une nouvelle yéchiva qui venait d'ouvrir, et il en disait beaucoup de bien.
Le 'Hafets 'Haïm lui demanda s'il y apprenait le moussar.
Lorsque Rav El'hanan répondit par la négative, le 'Hafets 'Haïm dit : "Si c'est le cas, alors la yéchiva ne vaut même pas une bouffée de tabac".

Leçon sur la prière – à partir du récit de Kamtsa et Bar Kamtsa

+ Leçon sur la prière - à partir du récit de Kamtsa et Bar Kamtsa :

-> Nos Sages (Guittin 55b) disent : "Jérualem a été détruite à cause de Kamtsa et de Bar Kamtsa".
Un homme, ami de Kamtsa et ennemi de Bar Kamtsa. Cet homme préparait un banquet. Il dit à son serviteur : "Va inviter Kamtsa".
Le serviteur alla inviter Bar Kamtsa.
L'homme trouva Bar Kamtsa assis à côté de son banquet.
Qu'est-ce que c'est? s'écria-t-il. "Tu es mon ennemi! Que veux-tu ici? Lève-toi et va-t'en!"
"Maintenant que je suis venu, dit Bar Kamtsa, laisse-moi rester. Je paierai ce que je mangerai et boirai."
"Non!" dit l'hôte.
"Je paierai la moitié de votre banquet", dit Bar Kamtsa.
"Non!" dit l'hôte.
"Je paierai tout votre banquet", dit Bar Kamtsa,
"Non!" dit l'hôte. Il saisit Bar Kamtsa et l'expulsa de force.

Bar Kamtsa alla dire à l'empereur romain : "Les juifs se sont rebellés contre toi."

[ "Jérualem a été détruite à cause de Kamtsa et de Bar Kamtsa".
Nous comprenons que le Temple a été détruit à cause de Bar Kamtsa, car c'est lui qui a calomnié la nation juive auprès de l'empereur romain et qui a déclenché sa colère. Mais comment Kamtsa a-t-il causé le Churban ?
Le Maharcha écrit que Kamtsa était peut-être le père de Bar Kamtsa.
En suivant cette approche, nous pouvons expliquer que Kamtsa, le père, était également responsable de la destruction du Temple, car s'il avait appris à son fils Kamtsa à rechercher la paix, à pardonner et à oublier, et à rester silencieux lors d'une dispute et lorsqu'il était humilié, Bar Kamtsa aurait réagi d'une bien meilleure manière.
Kamtsa est donc Kamtsa est donc également responsable du Churban.
(éventuellement, on voit également ici l'importance pour les parents d'éduquer leur enfant par l'exemple. En ce sens, prends encore plus sur toi de respecter autrui, comme cela ce comportement sera partie intégrante de ton enfant. (mais si tu le dis sans le faire, alors il est probable qu'il n'y accorde pas beaucoup d'attention, car si même mon père ne le vit pas ... ))]

-> Bar Kamtsa alla dire à l'empereur romain : "Les juifs se sont rebellés contre toi."
"Quelle preuve y a-t-il? demanda l'empereur.
La guémara (Guittin 56) indique que Bar Kamtsa a conseillé à l'empereur romain d'envoyer un korban à Jérusalem et de voir s'ils le sacrifieraient. En effet : "s'ils ne le sacrifient pas, ce sera la preuve que les juifs se rebellent contre vous."

L'empereur envoya un bœuf pour qu'il soit offert comme sacrifice (korban).
Sur le chemin de Jérusalem, Bar Kamtsa coupa la lèvre supérieure du bœuf (ou, selon une autre opinion, il mutila son œil), ce qui rendit le bœuf impropre à être offert en sacrifice.
Lorsque le korban arriva au Temple, les Sages dirent qu'ils devaient le sacrifier, malgré son défaut l'invalidant, car ils savaient que l'empereur romain serait en colère s'ils n'offraient pas son korban.

Rabbi Zé'haria ben Avkoulas n'était pas d'accord. Il dit : "Si nous apportons ce korban, les gens penseront qu'il est permis de sacrifier un korban avec une défaut".
Les Sages eurent une autre idée. Ils tueraient Bar Kamtsa, afin qu'il ne revienne pas dénoncer la nation juive auprès de l'empereur romain.

Rabbi Zé'haria ben Avkoulas n'était pas d'accord.
Il dit : "Si nous tuons Bar Kamtsa, les gens diront que quiconque fait un défaut sur un sacrifice (korban) doit être tué".
Les Sages acceptèrent l'opinion de Rabbi Zé'haria ben Avkoulas.
Le korban ne fut pas sacrifié et Bar Kamtsa ne fut pas tué. Ce dernier rapporta l'incident au roi, et suite à cela la destruction du Temple eut lieu.

Rabbi Yo'hanan conclut : "L'humilité de Rabbi Zé'haria ben Avkoulas a détruit notre maison, brûlé le hei'hal et nous a exilés de notre pays".

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Le Méor Enayim (Guittin) pose les questions suivantes :
1°/ Est-ce l'humilité de Rabbi Zé'haria ben Avkoulas qui a causé la destruction du Temple?
Il semble que ce soit sa prudence excessive qui ait causé la destruction ('hourban). Il semble que ce soit sa crainte que les gens n'en viennent pas commettre une erreur dans la halakha.
Pourquoi Rabbi Yo'hanan attribue-t-il la destruction du Temple à son humilité?

2°/ La halakha stipule que l'on doit transgresser toutes les halakhot de la Torah pour sauver la vie d'un seul juif. Alors pourquoi n'ont-ils pas offert le korban (ou tué Bar Kamtsa) pour sauver de toute la nation juive?
Pourquoi Rabbi Zé'haria s'inquiétait-il que des halakhot allaient être oubliées, alors que la vie de tant de juifs était en jeu?

-> Le Méor Enayim répond que Rabbi Zé'haria était le gadol hador [le géant spirituel de la génération] (la preuve en est que ses opinions ont été immédiatement acceptées par tous les érudits) et qu'il avait du roua'h hakodech (esprit saint prophétique).
Grâce à son roua'h hakodech, il savait que la destruction du Temple était imminente et que rien ne pouvait être fait pour changer ce décret.
C'est la raison pour laquelle Rabbi Zé'haria n'a pas autorisé le meurtre de Bar Kamtsa ou le sacrifice du sacrifice (korban) avec le défaut invalidant.
Il savait que cela ne servirait à rien. La destruction du Temple se produirait de toute façon. C'est pourquoi sa principale préoccupation était de s'assurer que la Torah ne soit pas oubliée.

=> Pourquoi Rabbi Zé'haria n'a-t-il pas dit aux Sage de l'époque ce qu'il savait avec son roua'h hakodech?
Il aurait dû leur dire :
"Vous avez raison, c'est du pikoua'h néfech (question de vie et de mort sur le peuple juif), et selon la halakha, nous devons sacrifier le korban bien qu'il ait un défaut le rendant invalide, et ce pour protéger la nation juive.
Je sais par roua'h hakodech que la destruction du Temple aura lieu, et nous ne pouvons rien y changer. Même si nous apportons le korban ou si nous tuons Bar Kamtsa, le 'hourban aura lieu et la vie de toute la nation juive est en grand danger. Par conséquent, préservons au moins les halakhot."
Pourquoi Rabbi Zé'haria ne leur a-t-il pas dit cela?

La réponse est que Rabbi Zé'haria était humble et ne voulait pas leur dire qu'il avait le roua'h hakodech.
C'est pourquoi Rabbi Yo'hanan dit : "L'humilité de Rabbi Zé'haria ben Avkoulas a détruit notre maison, brûlé le hé'hal et nous a exilés de notre terre" = s'il leur avait dit ce qu'il savait avec roua'h hakodech, les Sages auraient prié pour que la destruction du Temple ne se produise pas, et ils auraient également incité les gens à faire téchouva.
Mais Rabbi Zé'haria ne leur a pas dit ce qu'il savait avec le roua'h hakodech, et les Sages n'étaient pas conscients que le 'hourban avait été décrété dans le Ciel, et ils n'ont donc pas investi dans les prières et la téchouva. [pas conscients de la gravité de la situation]

Le Méor Enayim écrit :
"C'est la signification : "l'humilité de Rabbi Zé'haria ben Avkoulas a détruit ..." = car sans son humilité, il leur aurait parlé du 'hourban, ils auraient prié, fait téchouva, imploré Hachem d'avoir compassion d'eux, et le décret aurait été annulé.
C'est donc l'humilité de Rabbi Zé'haria qui a causé la destruction. Il ne voulait pas révéler [qu'il avait le roua'h hakodech]".

=> En ce qui nous concerne, nous apprenons de cela que les juifs auraient pu annuler le décret de destruction du Temple avec leurs prières et leur téchouva, mais ils ne savaient pas que cette destruction était imminent.
La téchouva et la prière sont toujours efficaces. Elles auraient permis d'éviter le 'hourban (destruction du Temple).

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-> De son côté, le rav Elimélé'h Biderman donne une autre explication sur le fait que Rabbi Zé'haria a été agit trop humblement, ne croyant pas qu'il avait le pouvoir de la prière.
Il ne croyait pas en sa force. De plus, il ne pensait pas que la nation juive pouvait prier et annuler le décret.
C'est la forme négative de l'humilité. C'est le cas lorsque l'on ne croit pas en ses forces.
Cette humilité mal placée a entraîné la destruction du Temple.
[au contraire, il faut savoir par moment faire preuve d'orgueil de la sainteté (gaava dikedoucha).
Particulièrement le 9 Av, on prie de tout coeur pour la reconstruction du Temple, montrant par là qu'on a appris de nos erreurs, que la prière est quelque chose qui se "tient au sommet du monde" (Béra'hot 6b), que "la prière s’élève jusqu’au ciel" (Rachi - Béra'hot 6b). ]

[le prophète Yirmiyahou dit au roi Tsidkiyahou : "Hachem dit que si tu vas vers les officiers du roi de Bavel [pour conclure un traité de paix avec eux] ... la ville [Jérusalem] ne sera pas brûlée, et toi et ta famille vivrez. Mais si vous n'allez pas vers eux, cette ville sera conquise... ils la brûleront et vous ne survivrez pas" (Yirmiyahou 38,17-18).
Le rabbi de Kamarna demande : puisque le décret de destruction de Jérusalem était déjà scellé dans les cieux, comment le fait que Tsidkiyahou aille vers les officiers de Bavel pourrait-il aider?
La réponse est que l'humilité annule les décrets sévères. Si le roi Tsidkiyahou s'était rendu humblement devant les officiers de Bavel (en suivant la directive du prophète Yirmiyahou), cela aurait protégé le peuple d'Israël et le Temple aurait été épargné.
(on voit ainsi un exemple d'humilité positif (selon la volonté de D., transmise par Yirmiyahou), et également une humilité négative (impulsé par notre yétser sous couvert de bien agir = humble) avec Rabbi Zé'haria. L'une comme l'autre a pu mettre à la destruction du Temple.)]

Ne plus avoir d’aspiration à grandir = faut prier!

+ Ne plus avoir d'aspiration à grandir = faut prier!

-> Il y a des moments où une personne peut se sentir tellement brisée par les circonstances de la vie qu'elle ne peut même pas se résoudre à vouloir grandir (spirituellement).
Elle peut se sentir ainsi dans un domaine particulier de la croissance, ou peut-être même dans tous les domaines. Dans de telles circonstances, y a-t-il un espoir de croissance?

Cependant, il est essentiel de comprendre que même si l'on ne pense pas vouloir grandir (spirituellement), [en réalité, en nous,] on le veut vraiment. Chaque juif veut grandir. C'est inhérent à la nature même de l'âme juive.
La raison pour laquelle une personne peut avoir l'impression de ne pas vouloir grandir est que son désir est enfoui au plus profond d'elle-même. Par conséquent, elle ne le ressent pas. Il est pourtant là.

La preuve qu'elle est là, même si elle n'est pas ressentie, est que malgré le fait qu'on ne veuille pas grandir, on admettra probablement qu'on a envie de grandir.
Et même s'on ne veut pas vouloir grandir, on voudra probablement vouloir grandir. Et même si on ne veut pas vouloir grandir, il est probable qu'on veuille vouloir grandir, et ainsi de suite.
Cela peut être enfoui profondément, mais c'est là parce qu'un juif veut toujours grandir (spirituellement).

L'objectif est donc de permettre à ce "désir" de remonter à la surface. Pour ce faire, il faut d'abord le localiser, c'est-à-dire déterminer à quelle profondeur il est enfoui et à combien de "désirs" il se trouve.

Ensuite, il faut en parler à Hachem : dites-lui que vous n'avez pas d'envie de grandir. Dites-lui à quelle distance se trouve votre "désir". Dites-lui pourquoi vous pensez que vous n'avez pas envie de grandir et ce qui vous en empêche. Demandez-lui de l'aide.

Il faut se fixer un moment régulier pour avoir cette conversation avec Hachem. Ce peut être une fois par jour, une fois par semaine ou même une fois par mois. Si, au bout d'un certain temps, la conversation devient robotique, parlez-lui moins souvent, il est important que la conversation reste significative.

Si, au bout d'un certain temps, on ne sent pas de changement dans son désir et qu'on ne veut pas encore croître plus intensément (même un peu), il faut essayer d'avoir une conversation plus fréquente avec Hachem.
Si cela ne suffit pas, il faut essayer de parler à Hachem du fait qu'on essaie, que cela ne nous aide pas et que c'est frustrant.

Plus on parle à Hachem de ce qu'on veut, plus on s'attaque à ce qui bloque notre "désir", et plus on s'approche de le faire remonter à la surface. Ce faisant ... on grandit.
[rav Kalonymus Shapira - Aish kodech ]

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-> Le rav Kalonymus Shapira révèle que, tout comme la émouna et l'amour pour Hachem, le désir de se rapprocher d'Hachem est naturel pour un juif, et provient de son âme. Toute déconnexion d'avec elle est un sentiment, et non la réalité, et parce que quelque chose s'y oppose.

"Chaque personne doit se demander : 'Quand mes actes atteindront-ils ceux d'Avraham, d'Its'hak et de Yaakov, qui ont acquis ce monde et l'autre grâce à leurs bonnes actions et à l'étude de la Torah?' " (Tana déBé Eliyahou - chap.23)

-> Le Yalkout Chimoni (Vaét'hanan 830) cite cet enseignement d'une manière quelque peu différente : "Une personne est obligée de se demander : 'Quand mes actes atteindront-ils ceux d'Avraham, d'Its'hak et de Yaakov' ".

Cette formulation suggère une obligation réelle, pas moins que toute autre obligation trouvée dans les enseignements de nos Sages, que nous devons nous efforcer d'accomplir avec messirout néfech (abnégation, don de soi).
Dans toutes les situations où l'on peut se trouver au cours de notre vie, nous devons essayer de suivre les traces des Patriarches (Avot), et leur mérite nous aidera à le faire.
Dans la mesure où l'on s'efforce d'atteindre cet objectif avec la messirout néfech (agissant au mieux de nos capacités personnelles), nous méritons la lumière et l'assistance du Ciel.
[rabbi David Abou'hatséra]

Le peuple demanda à Moché : "Que nous réserve Hachem dans le monde à Venir?"
Moché répondit : "Je ne le sais pas, mais ce que je peux vous dire (à vous les juifs), c’est que vous avez de la chance pour ce qui vous attend."
[Sifri - Dévarim 356 ]

Les fautes nourrissent les forces du mal

Les forces de l’impureté (forces du mal), de par leur essence même, ont faim, soif et sont desséchées, car elles ne possèdent aucune énergie vitale qui leur soit propre. Elles prospèrent plutôt en incitant les gens à fauter, en leur enlevant leurs étincelles de sainteté et en s’en nourrissant.
Plus elles poussent les gens à fauter, plus elles gagnent en vie. Ce sont ces fautes qui donnent de la force aux forces de l’impureté ; c’est pourquoi elles aspirent constamment, avec soif et faim, à pousser les gens à fauter afin de pouvoir se nourrir de leur sang innocent ...

Lorsque Hachem voit que cette personne s’est repentie et a exprimé un véritable regret dans son cœur et son âme, Hachem accepte sa prière et l’aide à détruire ces démons ... mais aussi à extraire des étincelles supplémentaires de sainteté de ces forces d’impureté.
[rabbi Yaakov Abou'hatséra - Pitou'hé 'Hotam - 'Houkat 21,1-3]

Unicité de chaque juif

+ Chaque juif a un apport unique à transmettre à l'Histoire juive :

-> "De même que 2 personnes n'ont pas le même visage ... [ainsi] chaque individu a un devoir particulier de révéler Hachem"
[rav Eliyahou Dessler - Mikhtav méEliyahou]

-> "Non seulement chaque personne se voit assigner un rôle spécifique de révéler l'honneur d'Hachem [dans ce monde], mais elle doit également accomplir sa tâche particulière telle qu'elle a été déterminée par Hachem dans Sa suprême sagesse."
[Ram'hal - Daat Tvounot - Siman 128]

[envier autrui, ne pas se satisfaire de notre situation/moyens/capacités ..., c'est refuser d'accepter les outils que D. met à notre disposition afin de réaliser notre mission unique dans ce monde.]