Pâtisserie spirituelle depuis 5771 - b'h
 

[En entendant] chacun des commandements sortir de la bouche d'Hachem, les Bné Israël ont rendant l'âme, [et Hachem] fit descendre la rosée qui, dans l'avenir, ressuscitera les morts et ressuscita ces morts.

Au fur et à mesure que chaque commandement sortait de la bouche d'Hachem, le monde entier s'emplissait de l'arôme des épices parfumées.
Si le monde en était déjà si rempli après le premier commandement, où est allé cet arôme pour qu'il se remplisse à nouveau après le deuxième commandement?
Hachem a libéré un vent de sa réserve dont les courants ont dissipé chaque vague de parfum à tour de rôle.
[guémara Shabbath 88b]

=> Mais pourquoi l'âme des juifs s'est-elle éteinte en entendant les commandements?

-> Pour répondre à cette question, examinons la transition que le peuple a effectuée à ce moment-là (du don de la Torah au mont Sinaï).
Au départ, ils étaient des non juifs justes qui n'étaient pas encore obligés par la Torah et ils sont devenus des juifs observant la Torah.
L'âme d'un non juif qui observe les 7 lois noa'hides, aussi précieuse soit-elle, est insignifiante par rapport à l'âme d'un juif qui observe l'ensemble des 613 commandements.
La "transplantation" qui s'est produite au Sinaï, la greffe de cette nouvelle âme juive sur l'âme beaucoup plus petite qu'ils avaient auparavant, a été une expérience si traumatisante qu'ils ont perdu conscience, leurs âmes ont expiré.
[Sfat Emet - Shavouot 5649 ]

<--->

[issu du dvar Torah : https://todahm.com/2024/06/07/42514 ]

"Si un homme a eu l'intention d'accomplir un commandement (mitsva), mais a eu un empêchement, Hachem le lui compte comme s'il avait accompli cette "mitsva".
Par contre, Hachem n'assimile pas une mauvaise intention à une mauvaise action."

[rav Assi - guémara Kidouchin 40a]

<--->

-> Lorsqu'un homme est animé d'une bonne intention pour accomplir une mitsva ou une bonne action, son niveau spirituel augmente.
Si un cas de force majeure l'empêche de réaliser cette mitsva ou cette bonne action, le surplus d'énergie spirituelle développé par sa bonne intention l'aidera à mieux accomplir une autre mitsva qui se présentera à lui, et ainsi sa bonne intention initiale n'est pas perdue.

C'est pourquoi, il est recommandé d'avoir toujours de bonnes intentions, même si elles ne sont pas réalisables dans l'immédiat.
[rav Dessler - Mikhtav méEliyahou - tome.5,p.290-291]

-> Si un homme avait une bonne intention (kavana tova) qu'il n'a pas pu réaliser à cet instant par empêchement, et si plus tard il réalise cette mitsva, mais sans bonne intention (par exemple : mécaniquement ou de façon intéressée), Hachem associera la bonne intention première avec cette action de façon à obtenir une mitsva entière sans défaut.

En effet, toute bonne action créé un Ange défenseur : la bonne intention crée l'âme de cet Ange, et l'action (même de façon intéressée) créé le corps de l'Ange.
Ainsi, du fait qu'Hachem a associé la bonne intention initiale et l'action finale, un Ange défenseur (âme + corps) est créé en faveur de cet homme.
[Hamakné]

"Hachem fait correspondre l'un à l'autre" (Kohélet 7,14) ...

Rabbi Akika explique (ce verset) : Il (Hachem) a créé des tsadikim et aussi des réchaïm ; Il a créé le Gan Eden et aussi le Guéhinam.
A chaque personne sont attribuées 2 parts : l'une au Gan Eden et l'autre au Guéhinam.

Si un homme a le mérite d'être un tsadik, il prendra une double part au Gan Eden : la sienne et celle de son prochain.
Si un homme est un racha, il prendra une double part au Guéhinam : la sienne et celle de son prochain.

[guémara 'Haguiga 15b]

<--->

=> Comment le tsadik peut-il bénéficier d'une part de Gan Eden initialement réservée à son prochain?

-> "Il ne nous est pas donné de comprendre la tranquillité des réchaïm, ni les souffrances des tsadikim" (Pirké Avot 4,15).

Rachi explique qu'Hachem apporte le bien-être et un état de tranquillité au racha dans ce monde-ci, afin qu'il prenne dans le Guéhinam non seulement sa part mais aussi la part de Guéhinam du tsadik (juste).
De même, Hachem apporte des souffrances à un tsadik dans ce monde-ci afin qu'il prenne dans le Gan Eden non seulement sa part, mais également celle d'un racha qui a perdu la sienne.

-> Le Beit haLévi (Noa'h) enseigne :
Toute action d'un homme, bonne ou mauvaise, a une influence sur tous les autres hommes.
C'est ainsi que lorsqu'un racha commet une transgression, il renforce le désir de commettre cette transgression dans le monde, même chez les tsadikim.
C'est pourquoi, lorsqu'un tsadik commet une transgression occasionnelle, une grande part de cette faute est attribuée au racha qui l'a influencé indirectement.
Ainsi, le racha est sanctionné pour ses propres fautes (qu'il expiera dans sa propre part du Guéhinam) et aussi pour les quelques fautes du tsadik commises sous son influence (que ce racha expiera dans la part du Guéhinam de son prochain tsadik).

De même, la bonne action d'un tsadik renforce le désir de bien agir dans ce monde, même chez le racha.
C'est pourquoi le tsadik recevra sa récompense non seulement dans sa part de Gan Eden, mais également dans celle de son prochain racha dont les quelques bonnes actions ont été réalisées sous influence du tsadik.

<--->

-> Le Iyoun Yaakov explique :
Dans ce monde-ci, souvent grâce au tsadik, le monde bénéficie de certains bienfaits et même le racha en tire profit.
C'est pourquoi, en échange de ce mérite, le tsadik prendra aussi la part du monde futur du racha.

De même, à cause de l'attitude du racha, certains malheurs s'abattent sur ce monde-ci et même le tsadik subit ces malheurs.
C'est pourquoi, en échange du tort qu'il cause, le racha prendra également la part du Guéhinam du tsadik.

<--->

-> Le rav Dessler (Mikhtav méEliyahou - tom.4,p.118) écrit :
La récompense dans le monde à venir dépend des efforts fournis par la personne sur terre.
Ainsi, si Réouven choisit la voie du mal, il aura une influence négative sur Chimon qui aura ainsi plus de difficultés à choisir la voie du bien.
Si Chimon choisit quand même, par son libre arbitre, la voie du bien, avec des efforts plus grands à cause de l'attitude de Réouven, alors la récompense de Chimon sera donc supérieure (double) dans le Ciel : il prendra donc sa part du Gan Eden, ainsi que celle de Réouven.

De même, si Réouven choisit la voie du bien, il aura une influence positive sur Chimon qui aura plus de facilité à choisir la voie du bien.
Si Chimon, malgré cette facilité, choisit quand même, par son libre arbitre, la voie du mal, il sera donc davantage sanctionné, ce qui explique sa double part dans le Guéhinam : la sienne et celle de Réouven.

<---->

-> b'h, également sur le fait que chacun de nos actes impacte le monde environnant : https://todahm.com/2020/12/26/29654

Quiconque frappe les juifs cause dommage à la prunelle de ses yeux (à lui-même).

[guémara Guittin 57a]

<--->

-> De même que celui qui frappe la prunelle de ses yeux peut provoquer la perte de la vue, celui qui frappe Israël pour lui causer du mal provoque l'extinction de la lumière [du monde] (oro chel olam).
C'est ainsi que dans la guémara (Baba Batra 4a), Bava Bar Bouta dit à Hérode qui avait tué les sages de sa génération : tu as éteint la lumière du monde.
[Maharcha]

-> Le midrach (Bamidbar rabba 20,6) relate que lorsque Bil'am est parti pour "frapper" le peuple juif en le maudissant, il a été frappé de la cécité d'un de ses 2 yeux, en accord avec le verset : "Quiconque vous touche, touche à la prunelle de ses yeux" (Zékharia 2,12) ...
Quiconque frappe les juifs, frappe la prunelle de ses propres yeux, c'est-à-dire se fait du tort à lui-même.
[Iyoun Yaakov]

"Béni soit le D. Miséricordieux qui a fait honte à Abdan dans ce monde-ci"

[rabbi Na'hman ben Its'hak - guémara Yébamot 105b]

<--->

-> Les souffrances dans le Guéhinam du monde à venir sont très supérieures à celles subies dans ce monde-ci, si sévères soient-elles, pour expier nos fautes.
C'est pourquoi il faut bénir Hachem qui a sanctionné Abdan dans ce monde-ci plutôt que dans le monde à venir.
[Ramban]

[lorsque nous souffrons dans ce monde en réparation de nos fautes, il faut voir cela positivement car Hachem nous offre une réduction énorme sur la souffrance que nous devions avoir, par rapport au prix que nous serons amenés à payer dans le monde à venir!
Ici, peu de souffrance vaut énormément de souffrance dans le monde!]

<--->

-> "Souviens-toi combien est bon Hachem lorsqu'Il agit en amenant sur toi des souffrances, car chacune d'elles permet de rendre ta vie éternelle tellement plus agréable."
[midrach Yalkout Chimoni - Haazinou - sur les mots : "zékhor yémot olam"]

[Dans le monde de Vérité, où tout devient clair, nous ne regarderons pas nos souffrances en nous en plaignant, mais au contraire on remerciera Hachem, et on aurait aimé en avoir bien plus.]

-> Lorsque le frère du Gaon de Vilna (rabbi Avraham) était malade à la fin de sa vie, il avait une douleur épouvantable. Personne n'a jamais entendu une plainte de sa part.
Il a répondu à son fils (rabbi Eliyahou) s'affligeant de voir son père autant se détériorer : "Pourquoi pleures-tu alors que Hachem me donne le meilleur des cadeaux? Si j'en avais la force, je me lèverai pour danser et chanter des louanges à Hachem pour la bonté ('hessed) qu'Il me fait en me donnant ces souffrances.
Pourquoi regardes-tu alors négativement mon cadeau (souffrances)?"

[nous n'avons pas conscience d'à quel point les souffrances dans ce monde nous sont bénéfiques pour nous nettoyer et purifier des conséquences de nos fautes, nous faisant acquérir des mérites énormes valables éternellement.
Pour le moment cela est au-dessus de notre compréhension, nous obligeant à déployer notre émouna pour avoir une bonne vision des choses, de grande la miséricorde de D. à notre égard.]

Notre perception dans le monde futur = notre perception dans ce monde

La mort physique d'une personne ne modifie pas sa nature intérieure qu'elle possédait de son vivant :

- Le racha, qui a vécu ici-bas dans l'illusion et qui a donné beaucoup d'importance à la matérialité, demeurera attaché à l'imaginaire et aux biens terrestres dans le monde à venir après sa mort.

Du fait que le monde à venir est un monde de vérité et sans matérialité, les désirs de cette personne pour les choses de ce monde-ci ne pourront pas être satisfaits, donc ces désirs se renforceront, et elle ressentira un grand manque ... ce qui la rendra malheureuse et insatisfaite pour l'éternité du monde à venir.

- Par contre, un tsadik attaché dans ce monde-ci à la vérité et à son contenu spirituel auxquels il aspire profondément, trouvera dans le monde à venir la plénitude de l'âme.
En effet, le tsadik retrouve dans sa personnalité les racines du monde à venir : il n'aspire pas à ce qui est extérieur à lui et cette indépendance par rapport à ce qui se trouve au dehors de lui le rend heureux de son sort, [et ce pour l'éternité du monde à venir].

[rav Dessler - Mikhtav méEliyahou (tome 2, page 62-63)]

Trois cadeaux précieux Hachem a fait au peuple d'Israël, et tous ces dons passent par des épreuves.
Ce sont : la Torah, la terre d'Israël, et le monde à venir.
[rabbi Chimon bar Yo'haï - guémara Béra'hot 5a]

-> Les épreuves et les tourments ont pour effet le polissage de l'âme et sa purification, ainsi que l'amoindrissement des plaisirs réclamés par le corps afin que la personne soit apte à recevoir ce surplus de sainteté et de spiritualité fourni par ces cadeaux.
Evidemment, ces souffrances expriment l'amour d'Hachem à notre égard (yissourim chel aava).
[Maharal de Prague - Nétiv hayissourim - chap.2]

<--->

-> Dans les Pessouké déZimra, nous disons : "boné Yérouchalayim Hachem" (Hachem construit Jérusalem).
Le terme "boné" (construit) est au présent, et cela signifie que Hachem est en constamment en train de construire Jérusalem.
Le Sia'h Its'hak (dans son pérouch sur la prière), cite le Ram'hal : "Toutes les souffrances que nous subissons font véritablement partie du processus de la guéoula".

[la guéoula est tellement quelque chose d'incroyable, que pour mériter cette bonté d'Hachem nous devons subir des souffrances.
Le rav Israël Moché Sorotskin écrit : "Lorsque nous comprenons que nos difficultés et souffrances actuelles deviennent des éléments constitutifs de Jérusalem, de la guéoula, et de toutes les bontés futures qui nous arriverons, alors nous pouvons les accepter avec joie et amour".]

-> Selon le 'Hafets 'Haïm : notre souffrance, en elle-même, peut nous amener à être méritants pour la guéoula (puisque la souffrance nous nettoie de nos fautes).

-> Le Shévet Moussar (chap.51) écrit que le fait que nous avons surmonter toutes les difficultés de l'exil et que nous ne nous sommes pas révoltés, et que nous avons essayé de notre mieux d'apprendre la Torah et de faire les mitsvot, parfois même ce sacrifice de soi peut retirer toutes les accusations et nous sera une source énorme de récompense lorsque la guéoula arrivera.

En ce sens, le Séfer Emouna vé'hachgakha (basé sur les enseignements du Gaon de Vilna) explique que notre bita'hon fort pendant toute la période avant l'arrivée du machia'h, peut être notre mérite principale pour la guéoula.

[on souffre, c'est dur, on ne comprend pas, ... mais on accepte plein de émouna, sans se révolter.
Le machia'h allumera la lumière de l'obscurité de notre exil, et avant cela, notre bita'hon, notre acceptabilité et fidélité à Hachem malgré nos souffrances, difficultés, nous sera notre principal mérite pour avoir une guéoula éternelle la plus sublime possible! ]

<--->

+ La Torah & les souffrances :

-> La recherche des plaisirs matériels de ce monde est un obstacle à l'étude assidue de la Torah et favorise le bitoul Torah (l'absence de l'étude ou son interruption).
Les épreuves et les difficultés affaiblissent le désir des plaisirs matériels, et favorisent l'étude et l'acquisition de la Torah.
[Maharal]

-> Pour savoir si un homme étudie la Torah de façon désintéressée (léchem chamayim) et par amour pour elle, Hachem l'éprouvera pour vérifier s'il continue à l'étudier malgré ses souffrances, ce sera une preuve de son amour pour la Torah et que son étude est désintéressée.
Bien que D. connaisse le cœur de l'homme, Il l'éprouve pour révéler au Tribunal Céleste les intentions pures de cet homme et augmenter la récompense de cette étude.
[Ben Ich 'Haï]

-> L'acceptation avec joie de nos difficultés de la vie, ou tout au moins avec sérénité, est une condition préalable à l'intégration de la Torah.
En effet, la joie dans les souffrances vient parfaire l'annulation de soi, ce qui favorise l'attachement à la Torah et sa réception.
L'aspiration à s'élever sur le plan spirituel fait que l'on aime tout ce qui nous rapproche de Hachem, et même les souffrances qui nous rapprochent de Lui.
[rav Eliyahou Dessler - Mikhtav méEliyahou (tome 5 - p.205)]

<--->

+ Acquisition du monde à venir & les souffrances :

-> Le monde à venir (olam aba) est l'endroit où l'homme bénéficie de la récompense de la Torah étudiée et des mitsvot accomplies sur terre. Il est évident que cette récompense est liée aux efforts déployés pour la Torah et à la quantité (et à la qualité) des mitsvot.
Cependant, c'est essentiellement la réaction de l'homme aux souffrances, que lui envoie Hachem dans ce monde-ci, qui va déterminer son véritable niveau et sa place dans le monde à venir :

- S'il perd le goût de la vie parce que ses épreuves l'empêchent de s'investir dans l'étude de la Torah et de réaliser toutes les mitsvot comme il l'aurait désiré, et que par conséquent sa récompense dans le monde à venir sera moindre, c'est la preuve que tout son investissement sur le plan spirituel avait pour but d'obtenir la récompense maximale afin de bénéficier au mieux du monde à venir, avec état d'esprit, il n'est pas digne du monde futur.

- Par contre, s'il accepte les épreuves avec sérénité, car il est conscient que ses épreuves sont la Volonté d'Hachem, c'est la preuve que son seul but est d'accomplir la Volonté de Hachem, et non pas la récompense qui l'attend au Ciel, c'est pourquoi l'empêchement d'accomplir les mitsvot à cause de ses épreuves et la diminution de la récompense ne le perturbe pas, cet état d'esprit le rend digne du monde à venir.

[Ben Ich 'Haï]

<--->

+ Shabbath : un super cadeau!

-> Hachem dit à Moché : "J'ai un beau cadeau dans Mon trésor, son nom est Shabbath. Je désire l'offrir au peuple d'Israël, va leur faire savoir" (guémara Bétsa 16a).
Le Shabbath est qualifié de beau cadeau (matana tova) et s'il n'est pas cité avec les 3 autres dons, c'est que ces derniers ne s'acquièrent qu'à travers des souffrances, tandis que Shabbath est un don précieux donné à Israël sans passer par des souffrances.
[Sifté 'Hakhamim]

<--->

-> Il est possible qu'un homme puisse bénéficier du don de la Torah sans passer par des épreuves, ou bénéficier de sa résidence en Israël sans épreuve. Par contre, il est impossible de bénéficier dans ce monde-ci de tous ces dons à la fois : être un ben Torah, un résident d'Israël et vivre une dimension de Olam ava sur terre sans passer par une phase de souffrances.
[Ben Ich 'Haï]

+ Une harpe était suspendue au-dessus du lit du roi David, et à minuit exactement le vent du nord venait souffler sur l’instrument et faisait vibrer ses cordes.
Aussitôt David se levait et étudiait la Torah jusqu'à l'aube.
[guémara Béra'hot 3b]

-> Le mot : harpe (kinor - כנור) est composé de : כו (de même valeur numérique : 26, que le nom Divin - יהוה) et נר (nér - lumière).
Ainsi, l'harpe fait allusion à l'inspiration Divine (roua'h akodech) avec laquelle Hachem éclairait le roi David, par le mérite de la Torah qu'il étudiait avec assiduité.
[Ben Ich 'Haï]

-> Plus on pince vigoureusement les cordes de la harpe, plus le son est intense, plus elle résonne.
De même, plus Hachem pinçait fort le cœur du roi David par ses épreuves et ses souffrances, plus son âme était stimulée et plus ses chants étaient forts et résonnaient.
Cela en accord avec le verset : "Réveille-toi ô mon âme, réveillez-vous, ô luth et harpe (Téhilim 57,9).
[rav Yonathan Eibschutz - Yaarot Dvach]

=> Cela donne un nouvel éclairage à nos souffrances, qui ne sont pas des moments où Hachem s'éloigne de nous, mais au contraire Il désire nous entendre, Il souhaite que nous nous rapprochons davantage de Lui!

<--->

-> De façon intéressante, il est écrit dans la guémara (Pessa'him 117a) :
Lorsque dans un téhilim le mot mizmor (chant) précède le nom de David (mizmor léDavid), c'est que David a commencé à chanter et ensuite la Présence Divine s'est posée sur lui.
Mais lorsque le nom de David précède le mot mizmor (léDavid mizmor), c'est que la Présence Divine s'est d'abord posée sur lui, puis sous cette inspiration Divine, David s'est mis à chanter.

[ => Ainsi, parfois une souffrance est nécessaire pour nous pousser à "chanter" à Hachem ("Réveille-toi ô mon âme"), et grâce à cela ensuite nous méritons davantage de proximité avec la Présence Divine (elle vient se poser sur nous!). ]

<----------------------->

-> Il existe 2 catégories de souffrances ou d'épreuves envoyées par le Ciel à un homme :
1°/ les souffrances qui ont un but de faire une expiation sur les fautes d'un homme et qui ne font pas l'objet d'une récompense ;
2°/ les souffrances d'amour (yissourim chel aava) qui ne sont pas liées à des fautes, mais ont pour but d'augmenter la récompense de l'homme dans le monde futur.
[Sifté 'Hakhamim]

<--->

-> Rava ou rav 'Hida enseigne : lorsqu'un homme voit que des souffrances viennent sur lui, qu'il examine ses actes. S'il a examiné et qu'il n'a pas trouvé de faute, qu'il fasse dépendre ses souffrances de son manque d'étude de Torah. S'il a cherché et il n'a pas trouvé : ce sont des souffrances d'amour (issourim chel aava) [phénomène qui n'arrive qu'aux très grands tsadikim].
[guémara Béra'hot 5a]

-> Le rav Dessler (Mikhtav méEliyahou - tome 2) écrit :
"Hachem réserve les souffrances d'amour à ses tsadikim, afin de les purifier et d'augmenter leur récompense dans le monde à venir. Ces souffrances sont un signe de l'amour d'Hachem à son égard, afin de le rapprocher davantage de Lui.
Ces "issourim chel aava" ne seront efficaces qu'à la condition qu'elles soient acceptées avec sérénité, faute de quoi, il montrerait qu'il n'est pas rattaché à Hachem."

<-------->

-> Selon le Ram'hal (Derekh Hachem - tome.2 ot.8), les souffrances acceptées avec "amour" par un tsadik ont le pouvoir d'effacer les fautes de sa génération et de faire disparaître la stricte justice (midat hadin).
Ainsi, grâce aux épreuves acceptées des tsadikim, le monde bénéficie de la bienveillance ('hessed) du Ciel.
[on voit l'importance d'accepter les souffrances, puisque provenant avec précision et amour de notre papa Hachem]

Se réjouir de pouvoir servir Hachem

+ Se réjouir de pouvoir servir Hachem :

"Parce que tu n'as pas servi Hachem, ton D., dans la joie et de bonté de cœur" (Ki Tavo 28,47)

-> Il s'agit là d'un ordre clair d'être heureux chaque jour, dans tout notre service d'Hachem.
Nous devrions tous être comblés de joie [et de fierté] d'avoir le privilège de servir Hachem (le Roi des rois) et reconnaissants qu'Hachem nous ait donné la capacité d'être joyeux lorsque nous Le servons.
[rav 'Haïm Kanievsky]

<--->

-> Une fois, lors d'un Yom Tov, le rav 'Haïm Kanievsky a discuté de la mitsva d'être joyeux pendant Yom Tov. Il a rapporté une explication du Dubno Maggid.

La Torah nous commande d'être joyeux pendant la fête de Souccot : "Tu te réjouiras pendant ta fête" (vésama'hta bé'haguékha - Réé 16,14).
Comment devons-nous accomplir cela? Une personne peut-elle simplement devenir joyeuse quand on lui dit de l'être?

Le Maguid de Dubno donne la parabole suivante :
un homme était le gestionnaire financier d'un groupe d'orphelins, et il investissait leur argent avec soin. Les orphelins étaient trop jeunes pour comprendre les fluctuations du marché, et le gestionnaire ne se donnait pas la peine de leur expliquer chaque jour comment leurs investissements se portaient.
Cependant, de temps en temps, il leur disait : "Aujourd'hui, vous devriez être joyeux." Ils comprenaient alors que leurs investissements avaient rapporté de l'argent ce jour-là.
Parfois, le gestionnaire disait : "Aujourd'hui, vous devriez être tristes", et ils réalisaient alors que leurs investissements avaient subi une baisse.

Nous accomplissons des mitsvot tous les jours ; cependant, comme des enfants qui ne comprennent pas les marchés financiers, nous ne savons pas quel effet nos mitsvot ont au Ciel, ni quel est le succès de nos efforts dans l'étude de la Torah.
Cependant à Souccot, Hachem nous dit : "Aujourd'hui, vous devez être joyeux!" et nous comprenons qu'il nous informe que les mitsvot que nous accomplissons pendant cette fête sont particulièrement précieuses au Ciel ; nos efforts portent leurs fruits et nous valent une grande récompense.

Le rav Kanievsky ajoute : En vérité, nous devrions penser aux nombreuses mitsvot que nous avons le privilège d'accomplir chaque jour : chaque mot de la Torah, chaque "Amen" que nous prononçons, chaque fois que nous récitons Acher Yatsar, chaque centime que nous donnons à la tsédaka, ... chaque mitsva construit des mondes au Ciel et apporte satisfaction à Hachem.
Il suffit de méditer quelques instants sur cela pour être rempli de joie.
Si nous nous concentrons sur les choses qui comptent, les mitsvot et l'étude de la Torah qui nous valent la vie éternelle, nous ne laisserons pas les problèmes éphémères de ce monde nous attrister.

<--->

-> Un érudit de la Torah vint voir le rav Kanievsky et se plaignit d'être déprimé. Le rav lui dit : "Tu n'étudies pas la Torah!"
"Bien sûr que j'étudie la Torah !" protesta le visiteur.
Le rav Kanievsky répondit : "Le roi David a dit que la Torah réjouit ceux qui l'étudient : "pikoudé Hachem yécharim, méssamé'hé lev" (les ordres d'Hachem sont droits, ils réjouissent le cœur - Téhilim 19,9). Si vous étudiez la Torah comme il le faut, vous vous rendrez compte que vous êtes joyeux. Consacre plus d'efforts à l'étude sérieuse de la Torah et plonge-toi dans son étude, même pour une courte période, comme une heure ou deux par jour, et tu verras que tu surmonteras cette tristesse."

Aimer Hachem par la gratitude d’avoir la Torah et les mitsvot

+ Aimer Hachem par la gratitude d'avoir la Torah et les mitsvot :

-> Le 'Hafets 'Haïm (Shem Olam 1,20) enseigne :
"Une personne devrait vraiment se réjouir des jours de vie qu'Hachem lui a donnés. Grâce à eux, elle peut atteindre le plaisir éternel. Elle peut être liée à la vie éternelle et se réjouir d'Hachem pour toujours.
Si l'on réfléchit à cela, on développera un amour puissant pour Hachem en appréciation de la vie qu'il nous a donnée.

Ainsi, le sens du verset : "Hachem circoncira ton cœur et le cœur de tes enfants afin que tu aimes Hachem ton D. de tout ton cœur et de toute ton âme, pour le bien de ta vie" (Nitsavim 30,6) devient clair.
A première vue, le sens des mots "pour le bien de ta vie" (lémana 'hayékha) n'est pas évident. Mais selon ce que nous avons dit, il est tout à fait clair ... Hachem a apporté Son précieux trésor, la Torah et ses mitsvot, dans ce monde pour nous.
Pendant toute la durée de notre vie, Il nous permet de prendre tout ce que nous voulons de ce trésor, qui est si précieux que même le plus petit détail d'une mitsva a plus de valeur que tous les joyaux du monde ... Cela devrait rendre une personne très joyeuse des jours de vie qu'Hachem lui a donnés et l'amener à aimer Hachem d'un amour intense et fidèle pour lui avoir donné cette opportunité.

Cependant, la vérité est que nos cœurs sont bloqués et que nous sommes incapables d'apprécier la véritable valeur de la Torah et des mitsvot, et donc nous ne les apprécions pas [comme nous le devrions].
En conséquence, il n'est pas courant d'éprouver de l'amour pour Hachem, sauf lorsque Hachem accorde à une personne un avantage dans les choses matérielles de ce monde.
Mais à l'avenir, lorsque Hachem circoncira nos cœurs, en supprimant le blocage, nous serons en mesure d'apprécier véritablement la valeur de la Torah et des mitsvot. Nous aimerons alors Hachem sincèrement pour chaque instant de vie qu'Il nous accorde, car ce sont des occasions de connaître [et de nous lier davantage à] Hachem ...
C'est ce que signifie le verset lorsqu'il dit : "Hachem circoncira ton cœur ... pour le bien de ta vie". Le don des jours de ta vie sera à lui seul une raison suffisante pour aimer Hachem intensément."