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Servir Hachem dans la joie

+ Servir Hachem dans la joie :

-> Les cours de moussar de rabbi Shalom Shwadron étaient parsemés d'humour, et il se moquait de façon comique des comportements destructeurs/néfastes. Certains personnes pensaient que c'était de la moquerie, et lui ont dit qu'il n'était pas approprié de parler de cette manière.

Le rabbi Shwadron est allé demander conseil au géant de la génération le 'Hazon Ich.
Le 'Hazon Ich a demandé : " Donnez-moi un exemple de ce que vous dites lors de vos cours (drachot)."
Rabbi Shalom Shwardon a pris un shtender et a parlé exactement comme il le ferait devant de nombreuses personnes.

Le Chazon Ich a ri et a dit : "Tu dois toujours parler de cette de cette façon. Avec ton humour, tu sauveras les juifs! En Lituanie, il y avait de grands sages en Torah (talmidé 'hakhamim), et ils étaient des croyants d'Hachem exceptionnels, néanmoins, beaucoup de jeunes sont tombés dans la Haskala parce que les maskilim ont incorporé la joie, alors que nous ne l'avons pas fait.
Nous avons besoin de beaucoup de joie aujourd'hui. Nous devons servir Hachem avec joie"
['Hazon Ich - Maasé Ich - vol.5 p.130]

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[Certes à toutes les époques, nous avons une mitsva de servir Hachem dans la joie.
Mais dans le monde actuel, il y a tellement d'occupations qui viennent en concurrence avec la Torah, et sans une pratique dans une grande joie, nous risquons d'amoindrir notre relation avec Hachem (il y a mieux, plus intéressant ailleurs).
Servir Hachem dans la joie, c'est donner de la vie à nos actes (qui ne sont plus machinales/routiniers), et cela leur donne une valeur beaucoup plus élevée et appréciée d'Hachem.
N'oublions pas les paroles du 'Hazon Ich : Nous avons besoin de beaucoup de joie aujourd'hui. Nous devons servir Hachem avec joie"

(dans les générations passées, les cours/paroles pouvaient être très durs, pleins de réprimandes, de détails sur les punitions terribles pour nos fautes. Mais dans notre génération, nous avons besoin de beaucoup d'amour, de positivisme et de joie pour nous pousser à donner le meilleur de nous même.)]

Reich Lakich dit : Celui qui lève la main [pour frapper] un autre, même s'il ne le frappe [finalement] pas, est appelé méchant (racha).
[guémara Sahnédrin 58b]

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-> Celui qui frappe le visage d'un juif est considéré comme s'il avait giflé le visage de la Présence Divine. [guémara Sahnédrin 58b]

-> Le Ben Ich 'Haï (Ben Yéhoyada) commente :
Le Chla haKadoch souligne que le nom de D. en 4 lettres (יהוה) est gravé sur le visage d'une personne.
Chacun des 2 yeux ressemble à la lettre youd (י), et le nez ressemble à la lettre vav (ו).
Le total est de 26 (2*10+6), la guématria du Nom (יהוה).
Cela se répète aussi dans le nez lui-même. Les 2 narines sont 2 youd, et la cloison nasale qui les sépare est un vav.

La lumière de la Présence divine repose en effet sur le visage d'un juif, comme le suggère le verset : "La crainte de Lui sera sur vos visages" (Yitro 20,16).

L'âme de l'homme vit éternellement, tandis que le corps physique meurt.
Les réchaïm sont donc appelés morts, parce qu'ils se livrent uniquement aux intérêts du corps, tandis que les justes sont vivants avec les objectifs de l'âme.
Il faut être attentif à ne pas laisser son attention sur le corps empêcher ses yeux de voir son âme.
[Sfat Emet]

L'enthousiasme et la joie dans l'étude de la Torah et les autres domines du service d'Hachem sanctifient et purifient considérablement l'âme, et ce pour plusieurs raisons : l'âme est composée de nombreuses couches, et en général, une intensification du service d'Hachem ne perfectionne qu'une partie de ces couches.
Cependant, lorsque l'enthousiasme vient s'ajouter à l'étude ou à l'accomplissement d'une mitsva, cela touche plus de couches, et en particulier des couches qui se trouvent plus en profondeur, ce qui engendre une purification importante de l'âme.
[rav Yaakov Ades - s'attacher à Hachem - chap.20]

Donner de la vie à son âme

+ Dans le cœur de chaque juif, réside une âme pure dont le seul désir est d'accomplir la volonté divine de toutes ses forces ... l'âme est formée de nombreuses couches, dont certaines peuvent être influencées [négativement par l'entourage, nos actions, ... ] ... néanmoins au plus profond de son être, l'âme reste toujours intacte et pure ...

L'homme dispose de plusieurs moyens pour parvenir à activer son âme, et un des moyens principaux nécessite 2 conditions : prendre conscience de l'intensité du bien qui se trouve en nous et et du potentiel que nous détenons [tous] pour atteindre des niveaux élevés dans le service d'Hachem ; et réaliser l'immense influence de chaque, action, chaque parole, chaque pensée ou chaque désir positif.

Chaque juif doit savoir que s'il était pleinement conscient de l'intensité de ces 2 puissances, il aurait la force de résister à toutes les tentations et de servir Hachem nuit et jour, et il est même possible que la notion d'échec disparaitrait complètement. Certes, ces hauts niveaux sont généralement au-delà de nos capacités. Néanmoins, plus notre conscience y sera éveillée, plus notre enthousiasme et notre force pour le service d'Hachem iront en augmentant.
[rav Yaakov Ades]

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-> Chacun ressent, et parfois même, comprend que son âme est bien plus profonde qu'il ne le saisit. Cependant, puisqu'il ne comprend pas clairement toutes ses facettes, il ne parvient pas à s'y attacher.
Lorsque l'homme n'est pas lié à la grandeur de son âme, celle-ci se gaspille et est remplacée par une sensation de vide et de manque dont il est impossible de se libérer.
Ainsi, le seul moyen d'échapper à de tels sentiments est de mieux comprendre la profondeur de l'âme et de s'y attacher ...

L'homme est composé d'un corps et d'une âme. Le corps est la partie visible, accessible à tous ; mais que représente l'âme?
On peut la comparer aux rayons du soleil : si on intercale une planche dans leur trajectoire, ils cessent d'être vus au-delà de celle-ci. Puisqu'ils ne sont qu'une prolongation du soleil, ils cessent d'exister au cas où cette source d'énergie en vient à disparaître.
Le Ram'hal (dans sonAdir baMarom) explique qu'il en est de même pour l'âme : toute son essence est un flux spirituel émanant d'Huchem ; elle est donc entièrement spirituelle, sans que l'intelligence physique ne puisse la saisir.

L'inclination au mal qui semble exister dans l'âme paraît donc étonnante : en effet, ce flux d'origine divine ne devrait-il pas être entièrement positif?
En réalité, le mauvais penchant de l'homme ne provient pas de son âme, mais des forces spirituelles négatives qui l'accompagnent et qui risquent de la séduire. L'âme elle-même reste toujours pure et ne comporte aucun aspect négatif.
[rav Yaakov Ades]

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+ La lumière spirituelle, une nécessité pour l'âme :

-> L'homme doit obligatoirement s'alimenter, et ce n'est pas seulement son corps qui a besoin de nourriture ; son âme aussi nécessite une "nourriture spirituelle" sans laquelle elle souffre de faim. Et si cette situation de manque persiste, l'homme finira par se trouver en détresse psychologique ...

Le seul moyen d'être véritablement heureux est d'alimenter l'âme. Quelle est donc sa nourriture?
Le roi David répond à cette question dans le Téhilim (42) : "Comme le cerf aspire aux cours d'eau, mon âme aspire à Toi, Hachem. Mon âme a soif d'Hachem, du D. vivant. Quand viendrai-je et pourrai-je voir la face d'Hachem?"
La nourriture de l'âme est la lumière spirituelle d'origine divine, et tant qu'elle en est privée, elle est comparable à un cerf assoiffé qui parcourt le désert à la recherche d'une source d'eau pure.
[rav Yaakov Ades]

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+ Les moyens d'illuminer l'âme :

=> Comment obtenir la lumière divine si indispensable à l'âme?
La réponse à cette question se divise en 2 parties, qui sont en réalité complémentaires.

1°/ La première façon est d'établir une relation spirituelle avec Hachem en Lui parlant, comme l'a fait le roi David dans le Livre des Téhilim, riche en supplications et en louanges à Hachem qui expriment une véritable effusion lyrique.
2°/ La deuxième façon est de forger un lien avec la Torah qu'Hachem a transmise au peuple juif, parce que la Torah n'est pas seulement un recueil de sagesse et qu'elle renferme également une lumière spirituelle dont celui qui s'y attache peut bénéficier.

Cet attachement à la Torah se fait sur 2 niveaux, également complémentaires : l'étude et la pratique. Chaque instant consacré à la Torah, que ce soit en l'étudiant ou en accomplissant l'un de ses commandements, imprègne l'âme d'une lumière divine.
[...]

Puisque l'âme se trouve dans ce monde, dans l'écran formé par le corps, elle est comme anesthésiée et ne ressent pas intégralement la lumière divine. Ce n'est qu'après la mort, lorsque l'âme quittera le corps, qu'elle bénéficiera pleinement de la lumière sublime créée par chaque mitsva effectuée au cours de la vie et qu'elle souffrira cruellement des blessures causées par chaque péché.
[...]

Lorsqu'une personne décide d'étudier la Torah ou d'accomplir une mitsva, si elle se concentre auparavant et médite la puissance infinie d'Hachem, le Créateur du monde qui le maintient à tout instant ; si elle prend conscience que cette étude ou bonne action sera le "conduit" spirituel qui permettra à son âme de s'associer à Hachem et grâce auquel elle jouira de l'abondance et de la lumière divines, alors les étincelles seront rapidement perçues par son âme de manière très concrète.
[rav Yaakov Ades]

[Après leur mort, même les réchaïm] acceptent la justice du jugement de D., et disent devant Lui : "Maître de l'Univers, Tu as bien jugé, Tu as bien acquitté, Tu as bien condamné, et il convient que Tu aies préparé le Guéhinam pour les réchaïm et le Jardin d'Eden pour les justes.
[guémara Erouvin 19a]

[on a beau faire le malin ici-bas, mais dans le monde de Vérité tout devient évident et l'on ne peut que reconnaisse la réalité d'Hachem.
Une des plus grandes souffrances après notre monde, et la réalisation de ce qu'on aurait pu faire de notre vie et que nous n'avons pas fait, notre yétser ara nous l'ayons volé. ]

Mitsva & ADN de la Torah

La Torah "est un arbre de vie" (éts 'haïm hi - Michlé 3,18).

Le frère du Gaon de Vilna, Rabbénou Avraham (au début de son séfer Maalot HaTorah) écrit :
un arbre est une seule entité se ramifiant en de nombreuses branches qui elles-mêmes fructifient, les fruits étant à leur tour composés de diverses parties avec de nombreux pépins. Chacun, une fois semé, peut reproduire un arbre entier. Cela signifie que chaque graine porte en elle un potentiel de tout un nouvel arbre.
La même chose est vraie pour les mitsvot, fruits de l’arbre de la Torah. Chaque mitsva est une entité distincte mais chacune contient l’essence de toute la Torah, le "code" spirituel de l’Arbre de vie.
Ainsi, toutes les mitsvot sont inextricablement interconnectées au point qu’un aspect d’une certaine mitsva peut être lié et représentatif d’une autre.
On peut comprendre cela avec la comparaison au corps humain formé de plusieurs membres et organes avec chacun leur fonction spécifique. Néanmoins, chaque partie du corps partagent le même ADN.
Idem pour chaque mitsva qui renferme l’ "ADN" de la Torah qui unifie tous les commandements.

Avoir confiance en soi, et en chaque juif

"De même que l'on doit croire en Hachem, de même un juif doit croire en lui-même.
Cela signifie qu'il doit croire qu'Hachem s'intéresse à lui. Il doit croire que son âme provient de la source de vie, d'Hachem, et que Hachem retire du plaisir lorsqu'il accomplit Sa volonté."
[rav Tsadok haCohen - Tsikdat haTsadik 154]

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-> Le Sfat Emet (Vaéra תרס"ג) enseigne :
"Tout comme nous sommes obligés de croire en Hachem, même si nous ne comprenons pas toujours Ses voies, de même nous devons aussi croire dans les juifs, même quand ils semblent "noirs" (obscurs).
Comme il est dit : "Je suis noir, mais je suis beau" (ché'hora ani vénava - Chir HaChirim 1,5) = nous pouvons paraître noirs [de par nos fautes (parfois très graves)], nos bonnes actions sont manquantes, mais pourtant Hachem voit notre beauté."

[notre yétser ara nous pousse à regarder notre comportement, nos fautes, et il nous persuade que : "Je suis noir". Mais la réalité est quoiqu'un juif puisse faire, pour Hachem c'est : "que tu es beau! que Je t'aime mon fils adoré!"
Cela doit nous donner beaucoup de forces, de satisfaction et d'envie d'agir pour que papa Hachem soit encore plus fier de nous! ]

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-> "De même qu'un homme doit croire en Hachem qu'Il existe et que rien d'autre que Lui n'existe, de la même manière il doit croire qu'il est lui aussi important aux yeux d'Hachem"
[rabbi Na'hman de Breslev - Likouté Moharan 1,61]

[on comprend l'importance suprême dans la vie juive de développer notre croyance en Hachem, et bien il doit en être de même, nous devons constamment faire des efforts pour savoir que nous sommes importants aux yeux d'Hachem. (et à l'image du bita'hon vs émouna, cela doit être pour nous une réalité concrète! )]

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-> Le midrach (Chémot rabba 2,5) enseigne :
"Pourquoi est-ce que Hachem parle-t-il à Moché spécifiquement de l'intérieur d'un buisson d'épines (un sané - סנה) ?" Pourquoi Hachem n'est-il pas apparu à Moché à partir d'un plus bel arbre?
Le סנה (buisson d'épines) était en fait un rosier. Les roses dans le buisson représentent les tsaddikim du peuple juif et les épines représentent les rechaïm de notre nation.
Néanmoins, Hachem résidait également parmi les épines.
[Hachem chérit et réside avec tout juif, que cela soit le plus grand tsadik ou bien le plus grand racha. ]

-> Le Maharal (Guévourat Hachem ch.23) explique que le buisson d'épines représente les juifs qui tombent à des niveaux inférieurs.
La Présence Divine (Chékhina) est apparue dans un buisson d'épines (et non dans un arbre plus beau), afin que nous sachions que Hachem réside avec chaque juif, même le plus bas.

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-> Le rav Levi Its'hak de Berditchev souligne l'importance de "faire connaître à chaque juif son incroyable valeur et l'endroit d'où son âme a été prise [pour venir dans ce monde], car en vérité, chaque âme juive provient du Trône de Gloire [d'Hachem]".
Il ajoute que chaque juif doit avoir conscience de l'immense fierté et de la joie qu'Hachem retire de ses mitsvot, et de la joie qui éclate dans les mondes spirituels supérieurs à chaque fois qu'il accomplit une mitsva.
[Kédouchat Lévi - 'Houkat]

-> Personne n'a jamais été identique à une autre personne depuis le début de la Création jusqu'à aujourd'hui, et personne n'est capable de réparer ce qu'une autre personne est capable de réparer.
[Yessod haAvoda - au nom du Arizal]

-> Chaque personne est douée de quelque chose de valeur qu'aucune autre personne ne possède.
[rav Pin'has de Koritz]

-> Lorsqu'une personne sait qu'Hachem aime chaque juif d'un grand amour, il est plus facile de vouloir de bonnes choses pour les autres de la même manière que l'on veut de bonnes choses pour soi-même.
[Ramban]

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-> b'h, voir également : Hachem nous dit : "Je t'aime!" : https://todahm.com/2016/04/25/4315-2

Si une personne se sent heureuse simplement par le fait d'être juive, je vous garantis qu'il ne lui arrivera rien de mal, ni spirituellement ni physiquement.
[rabbi Shlomo de Karlin]

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-> "Quel est le riche? C’est celui qui est heureux de sa part (ce qu'il possède)" (Pirké Avot 4,1)
Le mot : חֶלְקוֹ ('helko - sa part) est l'acronyme de : 'ham, la'h, kar, véyavech (chaud, humide, froid et sec).
Cela laisse entendre que c'est une mitsva d'être heureux avec notre part quelque soit le temps et les circonstances.
[rabbanit Feldbrand]

[le Zohar nous rapporte que la plus grande joie possible est sur le fait d'être juif. (et en ce sens, les juifs sont extrêmement riches car ils ont de quoi être 'facilement' heureux de leur part, du fait d'être juifs, les enfants adorés d'Hachem)]

Notre relation avec la souffrance

+ Une personne endurant beaucoup de douleur et de souffrance a demandé au rav Aharon Leib Steinman : comment pouvait-elle être joyeuse à Yom Tov?

-> Le rav Aharon Leib Steinman lui a répondu :
"Imaginez qu'une personne vous gifle, mais qu'elle vous offre 250 euros en compensation. Vous ressentirez toujours la douleur mais vous pourriez être réconforté par le fait que vous avez reçu de l'argent.
Maintenant, si la même personne était prête à vous donner 1 000 euros pour chaque coup, vous accepteriez probablement quelques coups de plus.
S'il vous offrait 100 000 euros par coup, vous le supplierez de vous frapper encore plus.
S'il vous offrait 1 000 000 euros pour chaque coup, vous danseriez de joie et vous le remercieriez avec gratitude chaque fois qu'il vous frappe!

Quand une personne souffre dans ce monde, la récompense éternelle qu'elle reçoit vaut bien plus qu'un million d’euros! Si vous comprenez bien cela, non seulement vous tolérerez la douleur, mais vous serez heureux de chaque souffrance que Hachem vous envoie."
[Haggada du Rabbi Aharon Leib]

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-> Le Steïpler a reconnu que le fait de souffrir est difficile à supporter, mais il a souligné que les souffrances passées ont une grande valeur et deviennent une source de bénédiction. Après la guérison, la douleur ressentie précédemment par un malade équivaut à une fortune en mérites. [Kréna déIgarta]
[en ce sens, il est écrit : "les souffrances sont précieuses" ('havivim yissourim - guémara Sanhédrin 101a)]

-> Pourquoi est-ce qu'on doit dire le gomel dans 4 cas de figure?
Parce que l'on a survécu à des défis mortels, et on exprime alors notre reconnaissance parce que cette souffrance qu'on a pu avoir dans ce monde nous sauvera de beaucoup de souffrances dans le monde à venir. [selon le Ohr haGanouz]

-> b'h, voir également : https://todahm.com/2022/09/28/37215

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-> La providence divine d'Hachem ne fonctionne pas de la même manière que les êtres humains.
Le 'Hafets 'Haïm dit que relativement parlant, nous avons un esprit comme le cerveau d'une fourmi, ou peut-être une créature encore bien plus petite, mais nous souhaitons comprendre le monde entier avec nos petites têtes. [et limite parfois on donne même des conseils à D.! (ex: pourquoi j'ai pas ça, pourquoi il se passe ceci, ...) ]
L'homme est trop insignifiant pour comprendre les voies d'Hachem, les calculs derrière chaque miette de souffrance sont bien au-delà de nos connaissances.
Le Ram'hal (Daat Tévounot 180) enseigne : "Celui qui fait confiance à Hachem sait avec certitude que toutes les actions d'Hachem sont justes, certainement bonnes et non mauvaises."
Selon le Chaaré Téchouva (chaar 2), il est vital de toujours relier les points entre nos souffrances et la bonté divine d'Hachem.

-> Selon le Yaavets : "la souffrance peut sembler terrible, mais elle n'est envoyée au final que pour notre bénéfice".

-> Le rav Mendel de Premichlan se réjouissait lorsque la souffrance l'atteignait. Et quand un long moment s'écoulait sans souffrance, il suppliait : "Maître du monde, m'as-tu oublié?"
[Imré Pin'has haShalem]

-> b'h, voir : Notre relation avec les souffrances : https://todahm.com/2017/12/11/notre-relation-avec-les-souffrances

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-> Bien qu'il semble que la douleur et la souffrance sont négatives et qu'il soit difficile d'y voir un quelconque avantage, nous devons continuer à nous rappeler que par essence, la situation est pour le bien, comme l'enseigne nos Sages : "Aucun mal ne descend d'en-Haut" (midrach Béréchit rabba 51,3).

-> Selon le Rambam (Moré Névou'him part.2 chap.22), une véritable connaissance d'Hachem est acquise lors de nos moments de souffrances, sinon cela ne l'est qu'à un niveau superficiel.

-> La souffrance est destinée à élargir l'esprit d'une personne. Quand les choses sont faciles, l'homme devient "limité" dans son coeur et son esprit. Il n'y a pas de place pour de grandes pensées et attitudes "de grande portée".
[rav Shamshon Raphaël Hirsch - Téhilim]

-> Considérez la souffrance comme un tremplin vers la sainteté, car elle vous incite à faire téchouva.
[Ménorat haMaor]

-> La réalité négative engendrée par la faute ne peut être renversée que par la force puissante de la souffrance. Un homme sage qui désire être proche d'Hachem embrassera la souffrance pour sa capacité à l'éloigner de la faute et à purifier son âme de tout ce qu'il y a de mauvais dans la matérialité.
[Maharcha - 'Hidouché Aggadot - guémara Shabbat 88]

-> Tant que le corps et l'âme sont égaux, l'âme (néchama) n'a aucune chance, mais lorsque le corps est atténué, l'âme peut le dominer. [Zohar - Toldot 90]
Face à la souffrance, l'intellect prend le contrôle et les instincts sensuels sont contraints de s'incliner devant la justice d'Hachem. [Drachot haRan]
Autrement dit, les souffrances garantissent que nous ne nous noyons pas dans la mer de nos désirs. [rabbi Tsadok haCohen - Pri Tsadik]

-> Par la souffrance, un homme est recréé dans une configuration sans faute/péché. [Irin Kadichin Tanina 17,2]
C'est la dernière étape du processus de purification qui sépare le bien du mal. [Rabbénou Bé'hayé - Chaaré Téchouva]

-> La souffrance pénètre le noyau interne de l'individu, supprimant les pulsions animales de base, rendant la personne à nouveau parfaite (comme à l'origine). [Maharcha]
Le Torat Avraham (Shlémout véYissourim) écrit : "les souffrances affaiblissent intrinsèquement nos désirs et nous séparent progressivement de notre attachement à toutes les questions matérielles. Nous voyons qu'il est possible de vivre sans désirs, sans confort, sans arrogance mesquine et sans honneur illusoire.
Petit à petit, nous nous libérons nous-même des perspectives limitantes résultant de notre âme asservie, jusqu'à ce que nous soyons enfin capables de voir notre véritable essence."

-> La souffrance envoyée sur le chemin d'une personne est censée la conduire vers de plus hauts sommets, la reliant [davantage] à Hachem dans ce monde et dans le monde à venir. [Rabbénou Yona]

-> Le Gaon de Vilna compare les souffrances au fait de travailler et labourer une terre afin que de belles plantes puissent y pousser. De même, lorsque Hachem désire que notre âme brille, il afflige notre corps, nous pouvons alors absorber les leçons de la vie et mieux la reconsidérer.

-> Une fois que nous sommes illuminés par la lumière de vérité, nous méritons un esprit de sainteté, et nous sommes bénéficiaires de la bonté d'Hachem. C'est pourquoi le bien est appelé "tov", mais la punition est appelée "tov méod" (très bien). Les résultats de la souffrance sont la quintessence du bien.
[Béer Mayin 'Haïm - 'Houkat 19,2]
[n'oublions pas que Hachem est encore plus avec nous dans nos souffrances (à l'image d'un parent plus proche d'un enfant ayant des douleurs), qu'Il les ressent Lui aussi, et bien que nécessaire, Hachem profite des souffrances d'une personne pour lui donner ensuite beaucoup de bonnes choses qu'elle n'aurait pas eu sinon.
De plus, Hachem octroie à chaque souffrance une durée (à la seconde près!), une intensité, ... c'est une opération de grande précision faite avec amour et sagesse infinie de notre papa Hachem. ]

-> "D. examina tout ce qu'il avait fait c'était très bien." (Béréchit 1,31)
Le midrach (Béréchit rabba 9,7) commente les termes : "très bien " (tov méod), comme faisant référence au yétser ara.
Pourquoi? Car grâce au yétser ara, il nous est possible de grandir en surmontant les luttes spirituelles qu'il nous présente, et à travers cela, accomplir notre but dans la vie." [Séfer 'Hassidim 155]

-> Le rav Israël Eliyahou Weintraub explique que lorsqu'il apparaît qu'une personne ne terminera pas sa mission dans ce monde, la souffrance vient l’accélérer vers son objectif. Il n'y a pas de cruauté, pas de colère, mais c'est parce qu'une tâche accomplie avec souffrance a beaucoup plus de valeur que 100 tâches accomplies sans souffrance. [vaYaal Eliyahou béSéara]

[il faut toujours replacer dans le contexte que nous sommes de bref passage dans ce monde afin de préparer ce que sera notre vraie réalité pour l'éternité. En ce sens, une souffrance temporaire peut amener d'incroyables belles choses dont nous bénéficierons éternellement.]

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-> Le Shomer Emounim (partie.2, porte.3, chap.2) enseigne :
"Chaque fois qu'une personne déclare que le jugement d'Hachem est juste et que sa souffrance est juste, cela créé un ange défenseur qui passe à l'action, faisant campagne en son nom.
Cet ange est rejoint par d'autres bons anges qui se sont développés à partir de son expiation, qui a été provoquée par sa souffrance."

-> De même, rabbi Avraham Yéhochoua Heschel d'Apt disait que pour qu'une punition/souffrance de ce monde ait le plus d'impact dans le monde à venir, on doit toujours reconnaître que c'est Hachem qui l'a envoyée, comme expiation pour nos péchés.

-> Lorsqu'une personne se plaint de son affliction, sa souffrance ne fera qu'augmenter, car elle ajoute de la méchanceté à ses fautes antérieures, car elle proclame haut et fort son refus de la providence divine.
La meilleure réaction est de verbaliser notre foi en disant : "[Hachem] vois ma souffrance et enlève mes péchés". [Igra déParka]
[au-delà de pousser à faire téchouva, se remettre en question, les souffrances ont un pouvoir de purification. Il y a un principe : toute souffrance dans ce monde, nous dispense d'une souffrance infiniment plus élevée dans le monde à venir, c'est comme si dans ce monde on nous faisait une grande réduction pour être lavée de l'impact de nos fautes (de nos réincarnations). Le problème est que dans ce monde nous ne voyons pas clairement la Vérité (qu'au final tout est pour notre bien).]

-> Lorsque Hachem a créé ce monde, son intention initiale était que la justice soit la force spirituelle dominante. Cependant, pour assurer la continuité du monde, Hachem a également introduit la compassion/miséricorde. Dans le monde à Venir, seule la justice régnera ...
Ainsi, dans ce monde où la bonté domine, cela signifie qu'une petite quantité de souffrance ici sauve une personne de beaucoup de souffrance dans le Guéhinam.
[d'après le Tanya ; Ohr léTsion - Yissourim]

-> Selon le Séfer 'Hassidim, une spécificité de l'homme est sa capacité de savoir qu'au final le bien dépassera de nombreuses fois la souffrance.

-> Connaître l'utilité de la souffrance est réconfortant. Lorsque la souffrance a un sens, elle rend la douleur plus supportable.
Nos Sages prennent l'exemple suivant : si quelqu'un nous ordonnait d'enlever et de remettre ses chaussures et celles des autres, nous nous sentirions humilié par cette tâche.
Mais considérons que nous sommes le propriétaire d'un magasin de chaussures, que notre magasin regorge d'acheteurs potentiels et que nous courrions d'une paire de pieds à l'autre, nous en serions alors ravis. [encore des clients encore!]
Pourquoi n'y a-t-il pas de sentiment d'humiliation? Parce que nous gagnons beaucoup d'argent, et cela nous rend heureux. [de même avec nos souffrances qui sont certes désagréables sur le moment, mais elles nous rapportent très gros pour l'éternité du monde à venir.]
[rav Tsvi Hirsch Braude]

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-> Le rav Yaakov Israël Lugassi dresse une liste des résultats bénéfiques de la souffrance :
1°/ On se sent plus proche d'Hachem [on a tendance à vivre notre vie, prononçant les prières avec automatisme, et ce n'est que dans la douleur qu'on se tourne de tout coeur vers Hachem, se réfugiant et appréciant Sa présence permanente à nos côtés ] ;
2°/ on est plus conscient de notre dépendance à Hachem ;
3°/ on prie avec plus d'intensité ;
4°/ nos traits de caractère s'améliorent : on acquiert de l'humilité, on est plus empathique, on est plus tolérant, ...
5°/ on devient plus spirituel.

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-> "Les colonnes de la terre sont à Hachem (métsouké éréts), c'est lui qui en a fait les supports du monde" (Chmouël I 2,8)
Le terme "métsouké" peut être traduit par colonnes/piliers, et il peut également être traduit par "ceux qui souffrent".
Parfois, les personnes justes sont appelées à souffrir pour le bien des autres. Le verset nous dit que le monde entier repose sur ces individus qui souffrent.
[rav Ezra Attia]