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Le yétser ara commence à séduire l’homme en le convainquant de prendre part aux vanités du monde et de passer plus de temps à s’y adonner. Plus il se concentre sur les activités de ce monde, plus il s’éloigne de la prière et des autres mitsvot.
De plus, une fois que cela s’installe dans l’esprit d’une personne comme un idéal, la poursuite des plaisirs de ce monde, elle regrette toutes les prières et les mitsvot qu’elle a accomplies dans le passé (voir Nazir 4b, Tossafot "alé'ha") ...

Lorsqu’une personne s’adonne aux plaisirs mondains, cela l’amène à se détourner des mitsvot ...
car ces deux choses sont étroitement liées : l’une conduit automatiquement à l’autre.
[rabbi Yaakov Abou'hatséra - Pitou'hé 'Hotam - Vayichla'h 36,22]

Etre juif = un privilège unique

+ Etre juif = un privilège unique :

"Un homme qui apportera, de parmi vous, une offrande pour 1'Eternel" (Vayikra 1,2)

-> Le Ben Ich 'Haï rapporte au nom du midrach que lorsque Hachem a ordonné à Israël de réaliser des sacrifices, les nations du monde se sont rassemblées chez Bilaam.
Elles lui demandèrent: pour quelle raison Hachem a-t-il donné la paracha des sacrifices à Israël alors qu'à nous, Il n'a rien ordonné?
Il leur répondit : insensés ! Israël a reçu la Torah et par conséquent la paracha des sacrifices. En ce qui vous concerne, vous n'avez pas reçu la Torah et par conséquent vous n'avez pas reçu la paracha des sacrifices.

Le Ben Ich 'Haï demande à propos de cet enseignement : bien que les nations du monde n'aient pas reçu la Torah, elles ont pourtant la possibilité de transgresser les sept lois Noa'hides qui leur furent attribuées, alors pourquoi ne pas leur donner la possibilité de faire expiation sur ces éventuelles transgressions?

Le Ben Ich 'Hai répond d'après un machal : un homme possédait une coupe en cristal de très grande valeur transmise de génération en génération. Un jour, son épouse affairée à l'entretien de la maison cassa la coupe par inadvertance.
Que pouvait-elle faire? Que pouvait-on lui conseiller?
De mijoter un bon plat apprécié par son mari, de préparer une belle table et de faire comme la reine Esther le fit pour trouver grâce et bonté aux yeux de son mari. Cependant, si la coupe avait été déposée chez un étranger et que ce dernier l'eut brisée, il est évident que même en lui préparant un très bon plat de très grande valeur cela ne l'aurait en rien aidé à apaiser son propriétaire. Le maladroit aurait quand même dû rembourser la valeur du verre.

Ainsi, il faut comprendre la réponse du midrach : la Torah établit une alliance entre le Créateur et le peuple d'Israël qu'Il considère comme Ses enfants.
Comme tous les enfants, ils peuvent parfois commettre des fautes graves et susciter ainsi la colère de leurs parents. Malgré tout, nous sommes très précieux pour le Créateur et Lui-même conseille : "de Le consoler" par nos actes et nos sacrifices.
En revanche, les nations du monde qui n'ont pas reçu la Torah n'ont pas établi d'alliance avec le Maître de l'univers et ne peuvent pas Le "consoler" par des sacrifices. Elles devront payer le prix fort pour chaque faute, qu'elle soit volontaire ou involontaire.
Sachons apprécier à sa juste valeur ce lien si précieux qui nous lie à notre Créateur et apprenons grâce à l'étude de notre sainte Torah, à le mériter tous les jours un peu plus.

Selon le Zohar (vol.II,144a), les 3 Patriarches et le roi David sont considérés comme les 4 roues du char divin (Merkava), et c’est grâce à leur mérite que le peuple juif est protégé.
Lorsque le peuple juif ne suit pas la volonté de Hachem, les Patriarches et le roi David prennent sa défense et alors, même si un décret a été promulgué, il sera annulé.
Comme l’ont dit nos Sages (Tikounim 139a) :
"S’ils [le peuple juif] méritent d’être brûlés, alors Avraham, qui a été jeté dans le feu pour l’amour de Hachem, servira de mérite pour les protéger. S’ils méritent d’être tués par l’épée, alors Its'hak servira de mérite. S’ils méritent d’être exilés, alors Yaakov servira de mérite".
Concernant David, nous pourrions suggérer : S’ils méritent de souffrir, alors le roi David servira de mérite. Chacun d’eux protège le peuple juif d’une manière différente, en fonction de ce qu’ils ont eux-mêmes enduré au cours de leur vie.
[rabbi Yaakov Abou'hatséra - Pitou'hé 'Hotam - Chémini 11,22]

Obtenir une délivrance & émouna

-> La émouna dans les promesses d'Hachem, même lorsqu'elles semblent ne pas correspondre à la réalité que nous percevons, génère un mérite extrêmement puissant pour nous.
En fait, le midrach (Yalkout Chimoni - Hochéa 2) affirme que la émouna que les juifs en Égypte avaient concernant leur libération éventuelle était en fait ce qui a permis à leur délivrance de se produire.
C'est la raison pour laquelle Moché a d'abord partagé la nouvelle de la délivrance avec les juifs lorsqu'il est retourné en Égypte. Ce n'est qu'ensuite qu'il alla parler à Pharaon (Chémot 4,31 ; 5,1). Il avait besoin d'allumer la flamme de la émouna des juifs avant que la délivrance ne se produise.
De même, le Sforno (Bo 12,11) écrit que lorsque le peuple juif a mangé le Korban Pessa'h la nuit précédant la sortie d'Égypte, il lui a été ordonné de le faire "(avec) vos reins ceints, vos chaussures aux pieds et votre bâton à la main" (Bo 12,11). Les juifs devaient agir comme s'ils étaient déjà en train de partir. Ils démontraient ainsi leur foi en la réalisation de la sortie d'Egypte, ce qui leur permettait de partir (voir Sforno - Vaéra 6,9).

-> Il nous est enseigné que c'est également de cette manière que la délivrance future doit se produire.
Ce même midrach (Yalkut Chimoni - Hochéa 2) poursuit : "Par le mérite de la émouna, nous mériterons la délivrance future et le rassemblement des exilés .... [tout comme] ils ont quitté l'Égypte grâce à [leur] émouna".

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-> Ce concept est également crucial pour notre vie quotidienne.
Le moyen de nous racheter de nos difficultés personnelles est également la émouna.
Le midrach (Béréchit rabba 98,14) affirme que l'on se libère de la souffrance grâce à "l'espoir".
Le rav Yérou'ham Lévovitz explique cette affirmation ainsi :
Supposons qu'un juif souffre et qu'il renforce sa émouna en pensant que toute sa douleur vient d'Hachem. Il affirme qu'Hachem peut mettre fin à sa douleur à tout moment, et cette connaissance l'imprègne du grand espoir que les choses changeront.
C'est précisément cette émouna et cet espoir qui fournissent le mérite par lequel la délivrance [personnelle] d'une personne peut survenir.

Pourquoi en est-il ainsi?
La réponse est simple : Hachem veut nous racheter de nos problèmes. Cependant, Il attend que nous renforcions notre émouna.
En effet, le but même de la souffrance est souvent de renforcer notre émouna et de nous rapprocher de Lui.

"Ma colombe, nichée dans les fentes du rocher, au bord de la falaise, laisse-moi voir ton visage, entendre ta voix, car ta voix est douce et ton visage est beau" (Chir haChirim 2,14)

-> Le Ben Ich 'Haï (Even Chéléma) explique :
Un pauvre qui reçoit un repas gratuit cache son visage à son bienfaiteur par honte (Yérouchalmi - Orla 1:3 ; Kidouchin 36b, Tossafot).
L'âme qui va naître est semblable à un pauvre.

Avant de venir dans ce monde, l'âme se prélasse de l'éclat de la Présence divine. Mais son plaisir est gâché par la honte de recevoir ce qu'elle n'a pas mérité. Elle est gênée de regarder la Présence Divine, comme un pauvre qui est gêné de regarder son bienfaiteur en face.
Hachem envoie donc l'âme dans ce monde pour "gagner" sa récompense éternelle en luttant contre le mauvais penchant.
En rentrant chez elle, elle jouira alors sans honte de l'éclat de la Présence divine.

Hachem dit à l'âme : "Ma colombe, tu es venue dans ce monde, qui est aussi inhospitalier et inconfortable pour toi que de faire ton nid "dans les fentes du rocher (ou) au bord de la falaise".
Le but est que, lorsque vous retournerez chez vous, vous n'ayez pas honte de Me regarder et de "Me laisser voir votre visage".
C'est pourquoi, tant que vous êtes dans ce monde, ne cherchez pas le repos et la détente, mais "faites-Moi entendre votre voix". Élevez-la sans cesse dans l'étude de la Torah, jour et nuit.
"Car si ta voix est douce" dans l'étude de la Torah en ce monde, "ton visage (sera) beau" pour Moi dans le monde à venir.

+ Israël en exil parmi les nations est comme une rose parmi les épines.
Si les juifs produisent des "roses" de mitsvot et de bonnes actions, ils seront distingués des nations.
Dans le cas contraire, l'ange de la destruction peut traiter Israël comme il traite les nations. Nos Sages ont dit à ce sujet : "Une fois que l'ange de la destruction a reçu la permission de détruire, il ne fait pas de distinction entre les justes et les réchaïm" (guémara Baba Kama 60a).
[Ben Ich 'Haï - Even Chéléma]

Un grand incendie s'est déclaré dans la ville de Gour, causant des dégâts et des pertes dans de nombreuses maisons. Une fois l'incendie éteint, une enquête a été lancée pour en déterminer la cause, et il s'est avéré que quelqu'un avait négligemment jeté une cigarette allumée dans les bois.

Le 'Hidouché haRim a réagi à ces conclusions avec beaucoup d'émotion :
"Si une minuscule cigarette, jetée par une personne négligente, peut causer une telle destruction, nous savons que "mida tova mérouba", les forces positives sont toujours beaucoup plus grandes.
Imaginez tout le bien que peut faire un seul juif, une seule personne qui veut vraiment le bien!"

Chaque juif a une étincelle de grâce (nékoudat 'hén) du Créateur, un domaine dans lequel il trouve grâce/faveur auprès d'Hachem, qu'il est le seul à avoir.
Et si une personne pense qu'elle est consciente de ce qui la rend unique aux yeux d'Hachem, elle a tort.
En effet, l'être humain ne peut voir que ce qui est visible à l'œil, et seul Hachem voit ce qui se trouve dans le cœur.
['Hidouché haRim]

"Mon grand-père (le Baal Chem Tov) disait qu'il est difficile de dire à un non-juif ce qu'est un juif, parce qu'il ne peut pas comprendre.
Et moi, je dis qu'il est encore plus difficile de dire à un juif ce qu'est un juif, car nous ne pouvons pas bien comprendre ..."
[rabbi Barou'h de Mezhibuzh]

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-> Rabbi Na'hman de Breslev exprime dans sa célèbre chanson : "Si un juif avait conscience de ce qu'est être juif, alors il serait joyeux et il danserait jusqu'à 120 ans!" (im yéhoudi aya yodéa ...).

[ce n'est pas que de belles paroles. Vraiment, si nous avions pleinement conscience de ce qu'est être juif, alors nous passerions notre temps à danser de joie sur le fait de l'être! ]

-> également : https://todahm.com/2021/09/10/sale-juif-2

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[nous n'avons pas idée de l'infinie grandeur d'un juif. Hachem a mis en nous une partie de Lui, nous permettant d'agir à Son image. En ce sens, un mot, un acte, ... peut avoir un impact phénoménal dans ce monde et au Ciel.
Notre yétser ara passe son temps à faire en sorte que nous n'apprécions pas l'infinie valeur de notre étincelle juive interne (ex: on ne voit pas de différence apparente entre nous et les non-juifs, tendant à croire qu'on est pareil), car sinon on agirait avec davantage de grandeur! Et en ce sens, il est encore plus difficile à un juif de l'apprécier, car il doit constamment faire des efforts pour contrecarrer le yétser ara ... ]

Quelques conséquences de l’orgueil (par le Ben Ich ‘Haï)

+ Quelques conséquences de l'orgueil (par le Ben Ich 'Haï) :

-> "Tout homme (אדם) qui fait preuve d'orgueil finira par être diminué."
[guémara Sota 5a]

-> L'homme a 3 partenaires : Hachem, son père et sa mère (guémara Nida 31a).
Les parents commencent le processus ; ensuite Hachem apporte sa contribution.

Les 3 partenaires sont évoqués dans le mot même mot אדם (adam - homme).
La première lettre aléf (א soit 1), fait allusion au D. unique. [aléf = composé de 2 youd et un vav = 26 (valeur du Nom Divin), et renvoie : "Aloufo Chel Olam" (le Maître du Monde). ]
Les deux dernières lettres (דם) sont numériquement égales à אב אם (av ém - père, mère).

Hachem dit de l'orgueilleux : "Lui et moi ne pouvons habiter dans un même lieu" (guémara Arachin 15b).
C'est pourquoi "tout homme (אדם) en qui il y a de l'arrogance à la fin sera diminué" = l'alef représentant la part de D., qui vient à la fin, le quittera.
[Ben Ich 'Haï - Ben Yéhoyada]

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-> "Tout homme (אדם) qui fait preuve d'orgueil finira par être diminué." [guémara Sota 5a]

-> "Il devient pauvre. Puisque les pauvres sont humbles, la punition de l'orgueil est la pauvreté."
[Ben Ich 'Haï - Ben Yéhoyada]

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-> Si quelqu'un ... devient orgueilleux, il attire la colère (af - אף) sur le monde ...
Rava dit : Si deux érudits en Torah habitent la même ville et ne sont pas agréables l'un envers l'autre en matière de halakha, ils suscitent la colère (אף) et l'élèvent [contre eux-mêmes (Rachi)].
[guémara Taanit 8a]

-> Avant que D. ne crée le monde, la lettre א était appelée אף (af), ce qui signifie "colère".
Voyant que le monde ne pouvait exister ainsi, Il a ajouté un ל pour en faire אלף (alef). [selon le 'Hida - Na'hal Kédoumim]

Le lamed (ל) domine [par sa hauteur] le reste de l'alphabet hébraïque. Une personne qui pense qu'elle domine le reste de l'humanité enlève le lamed (ל) de אלף (aléf), laissant אף (af).
Ainsi, "[l'orgueilleux] apporte la colère [du Ciel] au monde".

Le lamed (ל) représente le limoud (לימוד - l'étude [de la Torah]). Si deux érudits en Torah ne sont pas agréables l'un pour l'autre dans la halacha, ils font une faille dans leur limoud.
Cela supprime le lamed (ל) de אלף (aléf), laissant אף (af) = "ils suscitent la colère et l'élèvent contre eux-mêmes".