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La prière sans kavana

-> Certaines autorités halakhiques affirment que celui qui prie sans kavana n’a pas accompli la mitsva de la prière (voir Rambam - Hilkhot Téfila 4,15). Bien que nous ne statuions pas ainsi, cette décision du Rambam souligne l’importance de la kavana lors de la prière.
[si le Rambam fixe ainsi la loi, c'est que tout juif peut avoir de la kavana dans sa prière, et que c'est véritablement un élément vital et indispensable (pas une piété réservée à une élite spirituelle, comme veut nous le laisser croire notre yétser ara). ]

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+ une comparaison avec l'idolâtrie :

-> "Tu ne te feras point d’idoles d’argent ni d’idoles d’or avec Moi" (Yitro 20,20), Rabbénou Bé'hayé commente ce verset que "avec Moi" (li - לִּי), lorsque tu pries en Mon nom, tu ne dois pas laisser tes pensées s’égarer vers ton propre or et ton propre argent.
Si tu laisses tes pensées s’égarer, cela revient à avoir fabriqué des idoles d’or et d’argent.

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+ comme un Cohen dans le Temple :

-> Puisque la prière remplace les sacrifices, lorsqu’une personne prie, elle doit se considérer comme si elle était un Cohen officiant dans le Temple.
Par conséquent, tout comme les pensées du Cohen pouvaient invalider un sacrifice, cela s’applique également à ses prières.
Ce ne sont pas seulement les pensées pécheresses qui peuvent invalider une prière. Il est également interdit de penser à ses affaires commerciales et à d’autres préoccupations pendant la prière.
Le Zohar (Pékoudé 245b) dit qu’un ange veille à l’entrée de la chambre [au Ciel] où les prières pénètrent dans le monde Supérieur. Les prières souillées par des pensées superflues (étrangères) se voient refuser l’accès et flottent simplement dans le monde, jusqu’à ce qu’un autre ange les rassemble et les conserve dans la guéniza.

-> Le Zohar poursuit en expliquant qu’il est possible de rectifier toutes ces prières.
Lorsqu’on constate que nos prières ne sont pas exaucées et qu’on commence à faire téchouva sur notre manque de kavana ; lorsqu’on prend conscience qu’on a agi avec un grand manque de respect en s’adressant au D.ieu Grand, Puissant et Impressionnant sans réfléchir à ce qu’on disait, et qu’on décide de changer nos habitudes et de ne plus prier qu’avec kavana à l’avenir, ce même ange sort les prières conservées de la guéniza.
L'ange présente ces prières devant Hachem, en même temps que la toute première prière qu’on récite avec kavana, et elles forment une couronne avec toutes les autres prières du peuple juif.
C’est là une immense bonté d'Hachem, que l’on puisse rectifier toutes ses prières grâce à une seule prière récitée avec kavana.
[Kav haYachar 8]

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+ Toutes les prières sont restées dans le beit midrach :

-> Le Baal Shem Tov vint un jour dans un beit midrach et se tint près de l’entrée, refusant d’entrer.
Lorsqu’on lui demanda pourquoi il ne voulait pas entrer, il répondit qu’il ne pouvait pas entrer car la pièce était totalement remplie de la Torah et de la prière, de mur à mur.
Les paroles de la communauté n’étaient pas prononcées avec la kavana requise, du plus profond de leur cœur ; ainsi, toute leur Torah et toutes leurs prières restaient dans le beit midrach au lieu de monter au Ciel comme elles auraient dû le faire.
Le beit midrach était donc trop bondé pour qu’il puisse y entrer.

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+ comme un corps sans vie :

-> Les mots prononcés pendant la prière sont comme l’écorce d'un fruit, et les pensées que l’on a sur la signification de ces mots sont comme le fruit lui-même.
De même, la prière est comme le corps, et ses pensées sont comme l’âme de ce corps.
Si l’on prie avec la bouche, mais que l’on est distrait par d’autres choses, notre prière est comme un corps sans vie, comme une écorce sans fruit à l'intérieur ; notre corps prie mais notre cœur n’y participe pas, comme le dit le verset : "Dans la mesure où ce peuple s’est approché [de Moi], il M’a honoré de sa bouche et de ses lèvres, mais il a éloigné son cœur de Moi, leur crainte de Moi est comme l'étude par cœur de commandements humains" (Yéchayahou 29,13).

On peut également comparer cela à un serviteur dont le maître est venu chez lui. Le serviteur a ordonné à sa femme et à ses enfants de traiter le maître avec respect et de pourvoir à tous ses besoins, tandis que lui-même s’occupait de ses propres affaires et ne s’impliquait absolument pas pour servir son maître et lui témoigner le respect qui lui est dû. Le maître était tellement en colère que le serviteur ait abandonné ses propres responsabilités pour les faire peser sur les autres. C’est pourquoi le maître a tout rejeté afin de montrer au serviteur que ce service n’avait aucune valeur.
Si quelqu’un prie uniquement avec sa bouche, c’est comme si les membres de sa famille servaient le maître, tandis que lui-même, dans son cœur, reste totalement indifférent. Hachem n’accepte pas une telle prière.
['Hovot haLévavot - chaar VIII - 'Hechbon haNéfech 3,9]

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+ c'est comme si l'on ment :

-> Le Yessod véChorech ha'Avoda (introduction) dit que si quelqu’un prie sans kavana, il est malhonnête, et comme le dit le verset : "Celui qui ment ne restera pas devant Moi" (Téhilim 101,7) ; "Il M’a honoré de sa bouche et de ses lèvres, mais il a éloigné son cœur de Moi" (Yéchayahou 29,13).
[sans kavana c'est comme si le texte prononcé énonce une totale confiance et dépendance en Hachem, mais notre comportement (nos pensées, coeur ailleurs), notre intériorité est en contradiction avec notre extériorité (lèvres qui bougent), ce qui est malhonnête. ]

-> À la fin de la Amida, nous disons : "Que les paroles de ma bouche et la méditation de mon cœur soient agréables devant Toi" (Téhilim 19,15).
Comment peut-on en venir à réfléchir à des affaires matérielles pendant la Amida , puis demander que "la méditation de mon cœur" soit agréable à Hachem?
C’est inacceptable : prétendre s’adresser à Hachem alors que notre cœur n’y est pas, puis demander à Hachem d’accepter une telle prière.
Lorsque Rabbi Eliezer était sur le point de quitter ce monde, l’une des choses essentielles qu’il transmit à ses disciples fut : "Lorsque vous priez, sachez en présence de Qui vous priez".
[guémara Béra'hot 28b]

Introduction sur la kavana dans la prière

-> La prière est appelée "avoda chébalev" (le service du cœur) [et non des lèvres (qui remuent)]. Comme le disent nos Sages (Taanit 2a ; Sifri - Ekev) : ""Et de Le servir de tout ton cœur". Qu’est-ce que le service du cœur? C’est la prière."
La guémara précise également qu’une prière prononcée avec kavana est acceptée par Hachem, comme le dit le verset : "Guide leur cœur, que Ton oreille soit attentive" (Téhilim 10,17).
Nous demandons à Hachem de nous guider pour prier avec kavana ; Il entendra alors nos prières.
Bien que d’autres mitsvot puissent exiger de la kavana pour leur accomplissement, celle-ci ne fait pas partie intégrante de la mitsva elle-même. En ce qui concerne la prière, cependant, la kavana est l’essence même de la mitsva ; sans kavana, la prière n’a que peu ou pas d’effet.

-> Le Séfer Yéchayahou décrit le châtiment sévère qui attend le peuple juif pour avoir prié sans kavana.
Il est écrit : "Hachem dit : "Dans la mesure où ce peuple s’est approché [de Moi], il M’a honoré de sa bouche et de ses lèvres, mais il a éloigné son cœur de Moi, leur crainte de Moi est comme l'étude par cœur de commandements humains." (Yéchayahou 29,13)
Puisque le peuple juif priait sans kavana, se contentant de prononcer des paroles en l’air, Hachem exhorte le peuple juif : "C’est pourquoi, voici, Je continuerai à accomplir davantage de prodiges contre ce peuple, prodige sur prodige ; la sagesse de ses sages sera perdue et l’intelligence de ses savants sera voilée" (Yéchayahou 29,14).
Les commentaires de nos Sages expliquent ce verset en indiquant que de nombreux événements surviendront au peuple d’Israël qui choqueront celui qui les observera, comme il est dit : "prodige sur prodige". Le Prophète (Yéchayahou) révèle qu’à ce moment-là, la sagesse des sages du peuple d’Israël sera perdue et l’intelligence de ses savants deviendra cachée.
Nous pouvons comprendre cela de trois manières différentes. Premièrement, le sens littéral (pchat) est que la sagesse des sages ne suffira pas à les aider à échapper aux terribles événements qui se déroulent sous leurs yeux. Deuxièmement, Rachi (Yéchayahou 29,14) cite un midrach (Eikha raba 1,37) qui dit que cela fait référence à la mort des tsadikim. Enfin, la guémara explique ce verset en indiquant que la Torah sera oubliée par le peuple d’Israël.

=> Tout ce qui précède survient en punition de ce qui est écrit dans le verset mentionné ci-dessus.
Lorsqu’ils prient, ils se contentent de prononcer les mots, sans aucune kavana ; ils prient simplement par cœur, sans y réfléchir. Prier sans kavana peut entraîner la mort des tsadikim et conduire à la disparition de la véritable étude de la Torah parmi nous. Cela nous enseigne la gravité de la prière sans kavana.

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-> Prier sans kavana revient à offrir au roi un cadeau de grande valeur dans un panier vieux, usé et sale. Un tel cadeau trouverait-il grâce aux yeux du roi? Ce cadeau n’honorerait pas le roi, ce serait en réalité une insulte à son égard!
De la même manière, comment ne pas éprouver de la gêne à nous adresser à Hachem dans notre prière lorsque nous prions sans kavana, alors que nos cœurs sont envahis par les distractions de la vie quotidienne?

Nous devrions notamment nous en préoccuper lorsque nous récitons la Amida.
Le Rambam (Hilkhot Téfila 4,15) dit que celui qui récite la Amida sans kavana n’a pas du tout accompli la mitsva.
Le rav 'Haïm de Brisk explique que la kavana selon laquelle on se tient devant la Chékhina fait partie intégrante de la récitation de la Amida. Si quelqu’un est distrait et ne se perçoit pas comme se tenant en présence (en face à fae) de la Chékhina, il n’a pas accompli la mitsva de la prière.
Tout comme celui qui accomplit un acte par inadvertance, ce que la Halakha appelle "mit'assek" est considéré comme s’il n’avait pas accompli cet acte du tout, de même celui qui prie sans kavana est considéré comme s’il n’avait pas prié. Il est donc clair que la kavana est essentielle pour accomplir la mitsva de la prière de la Amida.
[cela n'a pas zéro impact, zéro valeur, mais en comparaison d'une kavana minimale cela l'est quasiment, tellement la kavana donne de la force à notre prière]

De plus, le Rambam (Hilkhot Téfila 4,15) écrit : "Il est interdit à celui qui se sent confus et distrait de prier tant qu’il n’a pas retrouvé la paix de l’esprit. Par conséquent, une personne qui revient d’un voyage, fatiguée et stressée, ne devrait pas prier tant qu’elle n’a pas retrouvé la paix de l’esprit. Nos Sages ont dit : "Il faut attendre trois jours, jusqu’à ce qu’on soit détendu et apaisé. Ce n’est qu’alors qu’il doit prier" (Choulkhan Aroukh - Orakh 'Haïm 98,2).
Bien qu’aujourd’hui nous soyons loin de ce niveau, et que nous ne statuions (selon la loi juive) donc pas ainsi, nous pouvons tirer de ce concept que la kavana est un élément essentiel de la prière. La plus grande difficulté à laquelle l’homme est confronté quotidiennement dans la prière est de prier avec kavana. [Rokéa'h - Biour Téfilat - Shemoné Esré - Bérakha 2]

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+ La nécessité de la kavana dans la prière :

-> Selon la guémara (Béra'hot 31a) : "Nos Sages nous ont enseigné : "Celui qui prie doit diriger ses pensées vers le Ciel."
Abba Shaul dit : “Une indication [de la justesse] de ce sujet [se trouve dans le verset] : "Ils dirigent leur cœur, tu leur prêtes l’oreille" (ta'hin libam, takchiv ozné'ha - Téhilim 10,17).” (ainsi plus on fait des efforts pour donner notre cœur en prière (plutôt que nos lèvres), plus Hachem écoute notre prière)"

La guémara ajoute ensuite : "Rabbi Hamnouna dit : Combien de halakhot importantes peut-on tirer des versets relatifs aux prières de Hanna, "Or, Hanna parlait dans son cœur" ; de là, [nous apprenons] que celui qui prie doit tourner son cœur [vers Hachem]."

Le Tour (Ora'h 'Haïm 98) explique cette guémara en précisant que lorsqu’on prie, il faut comprendre les mots que l’on prononce.

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-> La guémara (Taanit 8a) rapporte : "Rav Ami dit : "La prière d’une personne n’est acceptée que s’il met son cœur entre ses mains ; [c’est-à-dire que sa prière est sincère], comme le dit le verset : "Élevons nos cœurs avec nos mains [vers Hachem dans les cieux]" (Eikha 3,41)".
Le Maharcha explique qu’il faut prier avec une kavana totale.

-> Il faut être extrêmement méticuleux en matière de kavana lorsqu’on prie. Lorsque le Temple existait encore, celui qui avait fauté apportait un korban. Aujourd’hui, nos prières tiennent la place des korbanot (sacrifices).
Par conséquent, il faut concentrer ses pensées sur sa prière et éviter toute pensée susceptible de le distraire de ses prières ; tout comme des pensées extérieures peuvent invalider un korban, elles peuvent également invalider une prière.
[Shévet Moussar 20:9]

-> Le Eliyah Raba (Ora'h 'Haïm 5 - citant Tséda laDéré'h 10) souligne que bien que nos Sages (Roch Hachana 28b) aient dit : "Les mitsvot ne requièrent pas de kavana", cela concerne les mitsvot qui impliquent une activité physique.
En revanche, la prière est avant tout une mitsva qui fait appel au cœur, à ses émotions et à ses pensées.
Comme le cœur peut facilement être distrait, nos Sages ont établi que, lors des prières, nous devons réciter les mots tout en en intériorisant le sens.
Il suffit de considérer les derniers mots de la Amida : "Que les paroles de ma bouche et la méditation de mon cœur soient agréables devant Toi, Hachem, mon rocher et mon rédempteur", pour s’en rendre compte.
Si l’on se contente de répéter machinalement les paroles de la prière tout en étant complètement distrait, on aura certainement honte de s’approcher de son Créateur pour Lui demander d’accepter les paroles de sa bouche et la méditation de son cœur.

-> Le Chla Hakadoch (Assara Maamarot 3) souligne que la kavanat halev, c’est-à-dire se concentrer sur sa prière avec joie et attachement (dvékout) en Hachem, est une avoda considérable. Il faut s’entraîner à ce que son cœur soit attaché (connecté), lié totalement, sans aucune distraction.
C’est pourquoi nos Sages ont dit que la prière implique un travail spirituel sérieux du cœur : concentrer totalement ses pensées sur la signification des mots prononcés. Le travail spirituel de la prière est donc qualifié de "de tout ton cœur et de tout ton être" (bé'hol lévavé'ha ouvé'hol nafché'ha - Vaét'hanan 6,5).

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-> Le Orkhot 'Haïm l'haRoch (2:36) écrit :
"Aie de la kavana dans ta prière, car la prière est le travail spirituel du cœur. Si votre fils vous parlait sans sincérité, ne seriez-vous pas en colère? Vous ne devriez pas vous comporter comme un serviteur à qui l’on a confié une tâche importante pour son propre bien et qui n’a pas rempli sa mission. Comment un tel serviteur pourrait-il se présenter devant le Roi! ...
S’il n’est pas possible d’avoir de la kavana dans toutes les prières, il faut au moins veiller à en avoir pendant la première bénédiction de la Amida et le premier verset de la Kriat Shéma, car on ne remplit pas son obligation de réciter ces prières si on les dit sans kavana."

Le soleil ne cesse jamais de briller.
Lorsque sa lumière ne nous parvient pas, c’est la fenêtre qu’il faut nettoyer.
Il en va de même pour la lumière d'Hachem.
La prière nettoie la fenêtre de nos cœurs, permettant à Sa lumière et à Ses bénédictions d’illuminer nos vies.
[d'après le Ram'hal ]

"Une personne (juive) entre dans une synagogue, se tient derrière l’amoud et prie à voix basse.
Hachem écoute sa prière ... Il est aussi proche de Ses créatures que la bouche l’est de l’oreille."
[guémara Yérouchalmi - Béra'hot 9:1 ]

Par la prière, nous préparons le récipient.
Alors seulement Hachem peut répandre Sa abondance (de bontés), car il existe désormais un récipient digne de la recevoir.
[rav Yéhouda Ashlag ]

La prière de chaque juif (sans exception) a le pouvoir de lui apporter tout ce dont il a besoin, immédiatement.
Ce qui nous retient, ce n'est pas le pouvoir de la prière elle-même, mais notre foi en ce pouvoir.
Lorsque nous prions avec une foi totale, convaincus qu'Hachem entend (véritablement) chaque prière et peut y répondre instantanément, notre prière ouvre les cieux.
[rav Moché de Kobrin]

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[le yétser ara ne cherche pas tant à nous empêcher de prier, mais plutôt à empêcher de prendre conscience de sa grandeur.
Par exemple, rabbi Na'hman de Breslev dit qu'avoir de la émouna implique être certain qu'Hachem se trouve vraiment en face-à-face de nous lorsque nous prions.
De même, la guémara (Béra'hot 6b) parle des "choses qui se tiennent au sommet du monde, mais que les gens traitent avec légèreté."
Rachi commente : "Par exemple, la prière qui s’élève jusqu’au ciel."
Le rav Moché Sternbuch dit que le fait que tant de personnes ont de si grandes difficultés à prier avec ferveur/concentration est la preuve de son importance. (le yétser ara faisant tant d'effort pour nous endormir dans ce domaine). ]

La prière est bien plus que les mots que nous prononçons.
C'est le véhicule qu'Hachem nous a donné pour nous faire progresser spirituellement.
[d'après le rav Yé'hezkel Levenstein ]

Il existe un principe : la lumière ne peut être donnée sans un réceptacle pour la recevoir.
Ce réceptacle, c’est le désir humain. Par conséquent, le Créateur (Hachem) ne donne que lorsqu’une personne a du désir. La prière façonne ce désir.
[rav Barou'h Shalom Ashlag, fils du rav Yéhouda Ashlag - Birkat Shalom - Mikhtavim - mikhtav 49 ]

Si les prières d’une personne ne sont pas exaucées, c’est parfois parce que la douleur ou la souffrance de son prochain n’a pas touché son cœur et qu’elle ne l’a pas incluse dans ses prières.
[ séfer 'Hassidim - 553 ]

Selon le Zohar (Bamidbar 117a), lorsqu’une personne bénit quelqu’un, elle doit le faire avec un "œil bienveillant" pour que la bénédiction se réalise.
Par "œil bienveillant", on entend qu’une personne se réjouit du succès d’autrui.
[Zéra Shimshon - Balak 22,6]

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[ainsi, on devra idéalement avoir la kavana de prier pour autrui, mais aussi de se réjouir par avance de ce qu'il pourra avoir (confiant en Hachem et heureux du bonheur d'autrui). ]