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Les bénédictions

+ Les bénédictions :

-> Peuple de l'exil, prenez soin de connaître votre D. et bénissez-Le 100 fois par jour, afin d'être bénis à travers elles. Car c'est grâce à ces bénédictions que nous vivons et subsistons dans l'exil.
Ecoutez-moi donc et ne les prenez pas à la légère.
[rav Ména'hem Lonzano - décédé en 1608 - dans le Shté Yadot ]

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-> Dans le monde à Venir, il n'y aura aucune limite à la récompense [pour avoir loué le nom d'Hachem].
Celui qui maudit Hachem est puni par lapidation (voir Emor 24,16).
[Or, selon Tossefta (Sotah 4,1) : "mérouba midat atov mimidat apour'anout al a'hat mé'hamech méot" - le rapport entre la mesure (mida) de bien et la mida négative est de un à 500 fois supérieur.]
La mida de bien est 500 plus importante que la mida négative, c'est pourquoi 500 fois de la vie doit être donnée pour chaque bénédiction (en opposition à une condamnation à mort par lapidation).
[Rokéach - parachat 'Hayé Sarah - chapitres 24, 27]
[on voit de là à quel point toute bénédiction est une occasion puissante d'obtenir de la source de vie. ]

-> Les 100 bénédictions protègent contre les 100 malédictions.
[Rokéa'h 320]

-> Depuis que nous avons fauté devant Lui, le Temple a été détruit, et il n'y a plus de Mizbéa'h (Autel) ni de korban (sacrifice), mais Hachem désire la paix avec nous, et c'est pourquoi Il nous a ordonné de réciter 100 bénédictions chaque jour, tout comme Il l'avait garanti à Avraham ...

Avraham a dit devant Hachem : "Maître du monde, fais-moi savoir par quel mérite mes descendants seront soutenus dans le monde".
Il lui a répondu : ""Prends pour Moi trois génisses" (Lé'h Lé'ha 15,9) et sacrifie-les comme korban devant Moi".
Avraham dit : "C'est bien pendant que le Temple existe, mais pendant les temps de destruction, qu'en sera-t-il pour eux?"
Hachem lui répondit : "Ils diront 100 bénédictions chaque jour, et je considérerai cela comme s'ils avaient apporté tous les korbanot devant moi".
[Rokéa'h - introduction au Sidour ]

[le Rokéa'h souligne que les 100 bénédictions correspondent aux 100 versets qui contiennent en eux tous les sacrifices. ]

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-> Lorsque l'âme veut descendre dans ce monde, Hachem lui fait jurer de respecter les mitsvot de la Torah et d'accomplir Sa volonté. Et Il donne à l'âme 100 clés, qui sont les bénédictions de chaque jour (où l'on remercie chaque fois Hachem).
[Zohar I,76b ]

-> La plus grande de toutes les mitsvot et le plus fort de tous les services [divins] est celui des bénédictions.
Car quiconque croit est tenu de bénir notre D. pour tout ce qu'Il a créé dans ce monde.
[rav Israël bar Yossef HaYisraeli (élève du Roch) - mitsvot Zémaniyot ]

-> La voie principale et primordiale de la avoda dans la Torah est de contempler la sagesse d'Hachem dans la création. C'est pourquoi nous prononçons la bénédiction "yatsar ét aadam bé'hokhma" (qui a créé l'homme avec sagesse), car l'homme peut voir Hachem de sa chair en voyant l'œuvre de sa création ... C'est pourquoi il doit Le remercier et Le bénir.
[Rachbatz - Magen Avot - chap.4 ]

-> La bénédiction de "chéakol niyé bidvaro" (tout [ce qui se passe] est selon Sa parole [rien ne peut se produire sans un décret d'Hachem]) adoucit la Rigueur et affaiblit la force du Satan.
C'est pourquoi de nombreux guédolim prenaient soin de réciter cette bénédiction avant de quitter ce monde.
[rabbi Chanoch Karlinstein ]

Lors de l’alliance que fit Hachem avec Avraham (brit ben habétarim), Hachem lui dit : "(Tes descendants) seront asservis et opprimés pendant 400 ans". Cela constitua un décret d’esclavage qui fut explicitement prononcé par D.
Et malgré tout, lorsque les Bné Israël furent écrasés par la servitude et qu’ils crièrent vers Hachem : "Leur supplique monta vers D. depuis leur servitude" (Chémot 2,23) et ils furent libérés de l’esclavage après seulement (si l’on peut dire) 210 ans d’exil (au lieu de 400 ans).

Car la volonté initiale du Créateur au moment où Il prononça ce décret était que, grâce à leurs suppliques, ils modifient ce décret. Cela signifie que lorsque Hachem décrète une sentence, Il décrète en même temps qu’elle soit annulée grâce à la prière.
[Arvé Na'hal]

Lorsqu'une personne prie, elle s'élève à un niveau supérieur et devient une nouvelle personne. Et bien qu'Hachem ait décrété sur la personne précédente un certain décret, avec la prière à Hachem ... elle est devenue une nouvelle essence.
Ce n'est pas qu'Hachem ait changé son désir, mais plutôt que le décret n'a jamais été placé sur cette personne qui est actuellement ici.
[ Bné Yissa'har ]

Lorsque l'on prie, il faut croire que :
1°/ Hachem peut aider (Il peut tout faire) ;
2°/ Il veut nous aider ;
3°/ mes prières font une différence (chacune de mes prières a un impact).
[rav Elimélé'h Biderman ]

Rien ne peut s’opposer à la prière

De même que rien ne peut s'opposer à la [force de la] téchouva, rien ne peut s'opposer à la prière ...

Bien qu'il y ait des barrières qui empêchent une prière [de monter au Ciel], la personne qui est confrontée à cela, mais qui continue à appeler Hachem, croyant fermement au pouvoir de la prière, pour elle toutes les barrières tomberont finalement.
Alors la lumière de la prière qui était étouffée par les barrières jaillira puissamment, avec une force exaltée, frayant des chemins à des myriades de prières qui étaient bloquées, tant ses prières que les prières de tous les peuples (à l'avantage du peuple juif et d'Hachem).
[rav Avraham Kook - Orot haTéchouva 15,8]

La prière en minyan ne peut être réduite au silence

+ La prière en minyan ne peut être réduite au silence :

-> Nos Sages utilisent l’expression : "davar chébé'minyan afilou bé'elef lo batoul" (si quelque chose porte un nombre, il ne peut être annulé, même par un nombre mille fois plus grand).
Le séfer Divré Israël indique que cela suggère que lorsqu’on prie avec un minyan, même mille anges ne peuvent annuler nos prières [les empêchant d'atteindre le Ciel].
C’est ce que disent nos Sages (Béra'hot 8a) : "Hachem ne rejette jamais les prières du rabbim (de la communauté)".

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-> Le rav Aharon de Karlin disait que la prière bétsibour (en minyan) est plus efficace que les prières du tsadik de la génération (tsadik hador).

[De nos jours,] l'élément essentiel qui permet à une personne de se purifier profondément, et l'élément essentiel de cette purification, est la prière avec une intention intérieure (kavana), pratiquée avec crainte et amour ...

Mais l'essentiel est précisément de prier en communauté (minyan). Même si les membres de la communauté prient rapidement ou longuement, il est nécessaire de renoncer à ses propres considérations afin d'atteindre des niveaux spirituels très élevés [par le mérite du minyan].
[Maor Vachéméch - Vaét'hanan 4,29]

Hachem écoute la prière de tout juif

+ Hachem écoute la prière de tout juif :

-> Hachem a dit à Moché : "Moché, tu ne peux pas pleinement comprendre Mes voies, mais Je t’en ferai connaître certaines.
Quand Je vois des gens, même si ni eux ni leurs ancêtres ne possèdent la gloire de la Torah et les bonnes actions, s’ils se contentent de se lever, de Me remercier, de Me bénir, de Me louer et de prier abondamment, Je les écoute et double leur subsistance, comme il est dit : "Il a exaucé la prière de ceux qui criaient, et Il n’a pas dédaigné leur prière" (Téhilim 102,18)."
[Tana déBé Eliyahou Zouta - chap.6 ]

Celui qui prie régulièrement est immédiatement exaucé

+ Celui qui prie régulièrement est immédiatement exaucé :

-> Il est rapporté dans le midrach (Dévarim rabbah 2,11) :
Rav 'Hanina bar Papa demanda à Rav Shmouel bar Nahman : le verset dit : "ma prière s’élève vers Toi, Hachem, au moment propice" (Téhilim 69,14). Qu'est-ce que cela signifie?
[il ressort de ce verset que les prières ne sont pas acceptées en tout temps, mais seulement en des "temps favorables, propices".)

Il lui répondit : Les portes de la prière sont parfois ouvertes, parfois fermées.

Rav Anan dit : Les portes de la prière ne sont jamais fermées, comme il est dit : "Comme Hachem votre D. est proche à tout moment lorsque nous L'appelons" (Vaét'hanan 4,7).
"Appeler" fait référence à la prière, comme il est dit : "C’est avant que vous n’appeliez que je vous répondrai" (Yéchayahou 65,24).

Rav 'Hiya bar Rava dit : Il est écrit : "Espère en Hachem. Renforce et fortifie notre cœur et espère en Hachem" (Téhilim 27,14). Priez et priez encore, et le temps viendra où ce que vous désirez vous sera accordé."

=> Nous constatons que les avis divergent parmi les Sages quant au moment où les prières sont exaucées. Certains affirment que les portes de la prière sont parfois fermées, tandis que d'autres affirment qu'elles ne se ferment jamais. Chacun justifie son opinion par un verset. Si tel est le cas, on peut se demander comment tous les versets peuvent être interprétés selon l'un ou l'autre de ces avis.
Dans un verset, il est dit qu'il existe un "moment propice" pour prier, tandis que dans l'autre, il est dit que Hachem est proche de nous chaque fois que nous L'invoquons. Comment répondre à cette apparente contradiction?

-> Le Maguid de Doubno (séfer Michlé Yaakov) explique avec un machal :
Un homme riche payait un salaire conséquent au médecin local pour qu'il vienne chez lui chaque matin examiner la santé des membres de sa famille et soigner tout membre de la famille souffrant d'une maladie. Les autres habitants de la ville n'étaient pas aussi aisés ; ils ne faisaient donc appel au médecin que pour une visite à domicile lorsqu'un membre de leur famille était malade, et ils lui versaient une somme forfaitaire pour la consultation.

Comme le médecin savait que les gens ordinaires le payaient à la consultation, il prenait son temps pour soigner leurs malades. Il ne leur donnait pas immédiatement le meilleur médicament. Il préférait commencer par d'autres traitements, ce qui lui obligeait à venir plusieurs fois et à recevoir quelques paiements.
Cependant, comme l'homme riche le payait pour venir chaque jour, il n'avait aucun intérêt à prolonger les traitements de sa famille ; il guérissait donc son proche malade le plus rapidement possible.

Le principe fondamental est que si une personne croit pouvoir réussir par ses propres efforts et ses propres capacités, elle ne se tournera vers Hachem que si elle s'y sent vraiment obligée. Elle ne priera que si elle ne voit aucun moyen de s'aider elle-même.
Elle compte d'abord sur elle-même et ne se tourne vers Hachem qu'en dernier recours.

Hachem ne répond pas immédiatement aux prières d'une telle personne, car Il sait que s'Il lui donnait immédiatement ce dont elle a besoin, Il n'entendrait plus parler d'elle.
C'est pourquoi Il prend son temps pour l'aider, afin de prier pendant plusieurs jours.
En revanche, les tsadikim prient Hachem chaque jour. Ils comptent sur Lui pour tout et prient vers Lui pour tout ce dont ils ont besoin. Il n'a donc aucune raison de ne pas les exaucer immédiatement.

De même, le roi David dit : "Aie pitié de moi, Hachem, car je T'invoque tout le jour" (ki élé'ha ékra kol ayom - Téhilim 86,3). Le roi David semble dire que Hachem devrait avoir pitié de lui, car il prie vers Lui tous les jours.
Le séfer Arvé Na'hal (parachat Vaéra) explique le cas d'un enfant qui souhaite que son père lui donne quelque chose. Si l'enfant demande constamment ce qu'il désire, son père ne pourra pas le lui refuser, car il sait qu'il n'aura pas de répit tant qu'il n'aura pas exaucé son souhait. Mais si l'enfant demande une ou deux fois, le père pourrait le repousser, sachant qu'il finira par oublier.

Si l'enfant est intelligent et ne veut pas avoir à demander à son père plusieurs fois avant de comprendre qu'il est sérieux, il dira : "Sache que je le veux vraiment et que je ne cesserai de te le demander tant que tu ne me l'auras pas accordé. Autant accepter maintenant, sinon tu devras m'entendre te harceler à ce sujet encore et encore".
C'est ce que le roi David disait : "Hachem, je T'invoquerai toute la journée. Alors, au mieux, aie pitié de moi maintenant, sinon je continuerai à Te demander jusqu'à ce que tu cèdes".

=> Ceci explique tous les versets (ci-dessus). Tout dépend de la fréquence à laquelle on prie.
Si on prie constamment, notre prière sera exaucée immédiatement, quelle que soit notre prière. Cependant, si une personne ne prie que lorsqu'elle désire quelque chose, les portes de la prière ne lui seront pas toujours ouvertes.

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[le risque en priant régulièrement est de le faire avec moins de cœur, voir machinalement. Il faut donc trouver des astuces personnelles (ex: modifier un peu les termes) pour garder cette flamme du premier jour. ]

Adoucir les décrets par la prière

+ Annuler les décrets par la prière :

"Et j'ai imploré Hachem à ce moment-là en disant" (Vaét'hanan 3,23)

-> Le rabbi de Kretchnif (cité dans Guilyon Kol Emouna) explique que dès qu’on prie Hachem, les décrets amers sont adoucis.

Le verset dit : "J’ai imploré Hachem en disant" = dès qu’on prie Hachem, Ses paroles deviennent "en disant" (לֵאמֹר - lémor - peut se décomposer en lo mar = pas amer - לא מר), c’est-à-dire qu’elles deviennent des paroles douces. [le mot "lémor" indique toujours une voix douce].
La preuve en est que la haftara de la paracha Vaét'hanan est "Na'hamou Na'hamou Ami". Cela indique que l’on reçoit du réconfort dès qu’on prie Hachem.