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Avraham & vivre en terre d’Israël

+ Avraham & vivre en terre d'Israël :

-> Il est connu qu'Hachem a initialement donné comme commandement à notre premier Patriarche : "Quitte ta terre, ta patrie et la maison de ton père, et va vers le pays que je te montrerai" (Lé'h Lé'ha 12,1).
Cependant, on sait moins qu'Avraham, le "pilier du monde" (Rambam -Hiklhot Avodat Kochavim 1,2), qui s'est empressé d'aller accomplir avec joie le commandement divin d'égorger son fils unique, a eu beaucoup de mal à accomplir le commandement d'Hachem de s'installer en Terre d'Israël.

Le Roch (Yébamot 6,12) affirme que la raison pour laquelle Avraham n'a pas eu d'enfants en dehors de la terre d'Israël est "parce qu'Hachem lui a ordonné : "Quitte ta terre pour le pays que je te montrerai", mais il a procrastiné et il n'est pas parti. Et même après son arrivée en terre d'Israël, il est retourné dans son lieu [de naissance] ... C'est pourquoi il a été puni."

-> Le Ramban (sur Lé'h Lé'ha 12,10 ; voir aussi 15,12) est du même avis :
"Sachez qu'Avraham Avinou a commis une grande faute, involontairement, en mettant sa femme vertueuse dans une situation où elle risquait de fauter, parce qu'il craignait qu'ils ne le tuent ...
De plus, son départ de la Terre, qui lui avait été ordonné au départ, en raison de la famine, était également une faute qu'il avait commise. Car Hachem, en période de famine, le délivrera de la mort (voir Iyov 5,20 : "en temps de famine, il te sauvera de la mort").
A cause de cet acte, ses descendants ont été condamnés à l'exil en Egypte, aux mains du Pharaon. "

La source du Ramban est le Zohar (Lé'h Lé'ha 81b) : "Rabbi Yéhouda dit : "Puisqu'Avraham est descendu en Egypte (quittant la Terre Sainte) sans permission, ses descendants ont été asservis en Égypte pendant 400 ans."

[imaginons l'horreur de l'esclavage en Egypte, et on se rend compte de la grandeur et de l'importance du fait de résider en Israël. ]

-> On a un principe : "Les actes des Patriarches sont un signe pour leurs descendants".
Le même phénomène de faiblesse dont Avraham a fait preuve s'est reproduit tout au long de notre longue histoire, et Hachem est très strict lorsque nous négligeons la mitsva de résider en terre d'Israël.
Ne pensez pas que notre premier Patriarche manquait d'explications ou d'excuses solides pour ses actions. Cependant, Hachem a les moyens d'annuler les excuses.
Lorsque nous tombons amoureux de l'exil, Il nous jette dans la fournaise ardente : "Lorsque [Avraham] fut jeté dans la fournaise ardente [à Our Kasdim], c'était un signe qu'il devait s'éloigner de là" (Chla haKadoch - Chné Lou'hot haBrit - Torah Chébikhtav - Lé'h Lé'ha p.11b).
[Tsvi Glatt]

Comme nous le savons (voir Réchit 'Hokhma - chaar HaKédoucha - chap.7), lorsqu'une personne (tout juif!) étudie la Torah pour elle-même (lichma), elle provoque l'unification d'Hachem et de Sa Chékhina, et Hachem se réjouit de ses paroles de Torah.
[rabbi Yaakov Abou'hatséra - Pitou'hé 'Hotam - Vayé'hi 49,21]

Lorsque l'homme faute, l'Attribut de Rigueur (Jugement) porte une accusation contre lui devant Hachem et exige qu'il soit retiré de ce monde.
Mais alors, un ange défenseur apparaît pour parler en sa faveur. Il tente de trouver une raison pour laquelle Hachem ne devrait pas le punir malgré sa culpabilité. Peut-être se repentira-t-il plus tard, partiellement ou totalement. Peut-être approfondira-t-il son étude de la Torah, qui lui apprendra à suivre le droit chemin, ou peut-être développera-t-il un trait de caractère que l'on retrouve chez nos Patriarches, ou chez Moché et Aharon, Yossef ou le roi David, et qui le protégera (Zohar III,214a).
[rabbi Yaakov Abou'hatséra - Pitou'hé 'Hotam - Vayéra 18,23-24]

La raison principale pour laquelle une personne vient au monde est de perfectionner son âme, et cela s'accomplit en étudiant la Torah, en observant les mitsvot et en priant avec une intention appropriée.
Lorsqu'une personne rectifie son néfech, son roua'h et sa néchama (les trois parties de l'âme, par ordre croissant d'importance), elle mérite alors de s'attacher à la Chékhina (la Présence divine).
[rabbi Yaakov Abou'hatséra - Pitou'hé 'Hotam - Chémot 1,1]

Lorsqu'une personne étudie la Torah avec des motivations pures (lichma), c'est comme si elle tenait une épée qui coupe les forces spirituelles néfastes et les klipot (forces impures, du mal) ... qui sont enlevées de lui et n'ont plus le pouvoir de régner [négativement] sur lui.
[rabbi Yaakov Abou'hatséra - Pitou'hé 'Hotam - Noa'h 10,25]

La plus grande cause de malheur pour une personne, ce qui permet aux anges du mal (sous leur aspect dit masculin et féminin) Samaël et Lilith (la Matriarche de tout mal - avta bichta) d'avoir le contrôle sur une personne [en l'impactant négativement], est l'orgueil (car ces anges partagent également le trait de caractère de l'orgueil).
[rabbi Yaakov Abou'hatséra - Pitou'hé 'Hotam - Noa'h 10,7]

Une fois qu'une personne est plongée dans la faute, elle finit par nier l'existence d'Hachem. Elle se dit : "Personne ne me regarde, il n'y a pas de loi et il n'y a pas de juge".
[en bref, elle se rebelle contre Hachem. ]
[midrach Béréchit rabba 26,6]

Tout ce que Hachem fait, Il le fait pour le bien. En [renforçant ce concept], on peut adoucir tous ses jugements et changer l'Attribut divin de Rigueur en miséricorde.
[Yessod Ha'Avoda - michtav 22 ]

La tristesse

+ La tristesse :

-> La tristesse empêche la avodat Hachem et la réalisation des mitsvot ; elle empêche l'immersion dans l'étude de la Torah et la concentration pendant la prière ; elle empêche les bonnes pensées au service d'Hachem, et elle ouvre la porte au yétser ara qui commence alors à séduire ...
Le contraire est de servir Hachem avec joie ... car la joie augmente le désir et l'amour de s'attacher à Hachem.
[rav 'Haïm Vital - Chaaré Kédoucha 2,4 ]

-> La tristesse est une maladie du corps, et lorsqu'une personne est malade, elle est incapable de servir correctement le Créateur.
[Rabbénou Yona - Bera'hot 21a ]

-> "Un cœur joyeux rend le visage serein, mais la tristesse du cœur abat l'esprit" (Michlé 15,13).
Car le désir d'une personne d'accomplir une mitsva ou de se livrer à toute autre activité vient de l'esprit.
Une personne au cœur triste aura un esprit abattu, c'est-à-dire brisé et angoissé, et elle ne sera capable d'accomplir quoi que ce soit.
[Gaon de Vilna Gaon - Michlé 15,13 ]

-> La tristesse n'est pas une faute. Cependant, même la plus grande faute n'est pas capable d'alourdir le cœur autant que la tristesse, qui l'entraîne dans les profondeurs les plus basses.
[rav Aharon de Karlin ]

-> Le Beit Aharon explique que la tactique la plus courante du yétser ara consiste à pousser une personne au désespoir à cause de ses fautes, la plongeant ainsi dans la tristesse, ce qui lui permet de succomber davantage au facilement. De toute évidence, le désespoir est pire que la faute elle-même.

Le rav Yé'hezkel de Kouzmir conseille à celui qui a succombé à la faute de ne pas se laisser envahir par le désespoir et de ne pas revenir sur ses actes. Il doit plutôt se renouveler et se consacrer à la Torah et à la prière, en allant de l'avant avec une joie pure. Ce faisant, il rectifiera naturellement ce qu'il a fait de mal.
Il explique cela à l'aide d'une parabole d'un voleur qui cambriole un magasin et s'enfuit. Derrière le magasin, une bande de voleurs attend, espérant que le propriétaire poursuivra le premier voleur et laissera toutes ses marchandises sans surveillance pour qu'ils puissent les piller.

De même, le yétser ara nous vole un objet, espérant que nous le poursuivrons avec désespoir. Si nous tombons dans ce piège, cela permet au yétser ara de piller complètement notre âme.
[ainsi pour le yétser ara l'essentiel n'est pas de nous faire tomber dans une faute, mais plutôt par la suite toutes les fautes que nous n'allons pas faire ou moins bien, en raison de notre tristesse, désespoir sur notre niveau spirituel (et cela a été alimenté en partie par cette première chute). ]
Un marchand avisé ne poursuivra pas l'objet volé, mais gardera plutôt toutes ses marchandises restantes et organisera de nouvelles ventes qui compenseront la perte.

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-> C'est un principe général dans la avodat Hachem que de se distancier de la tristesse.
On trouve dans le Zohar que la tristesse est une trace d'avodah zarah.
[Maor Vachémech - parachat Béhaaloté'ha ]

Ailleurs, le Maor Vachémech (Yisma'h Lev - Massé'hét Béra'hot) écrit que le terme "atsvout" (tristesse - עַצְבוּת) est en lien avec : "atsabé'em kessef vézahav" (עֲצַבֵּיהֶם כֶּסֶף וְזָהָב - Leurs idoles sont d’argent et d’or - Téhilim 115,4).

[d'une certaine façon, le judaïsme attend tellement de nous que nous ne soyons pas triste, que le fait de l'être (plus que nécessaire) implique que l'on sert un dieu étranger qui nous laisse croire en une fausse réalité sombre. ]

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-> Le rav Ména'hem Mendel de Vitebsk (Pri Ha'aretz) dit que si tout Israël est rempli de mitsvot comme une grenade, pourquoi alors nos Sages (Erouvin 19a) affirment : "les pécheurs d'Israël sont remplis de mitsvot comme une grenade"? Pourquoi sont-ils qualifiés de pécheurs?
La réponse est qu'ils ne se réjouissent pas du tout, et qu'à cause de cela, ils tombent dans l'immonde jusqu'à fauter [sans limite].

-> "A l'origine, les Cohanim attachaient un fil cramoisi (rouge foncé) à l'ouverture du Heichal à l'extérieur. S'il devenait blanc, le peuple juif se réjouissait [car cela indiquait qu'il était expié] ; s'il ne devenait pas blanc, il était triste.
Ils ont institué qu'il devait être attaché à l'ouverture du Heichal à l'intérieur [afin que moins de gens puissent le voir]. Cependant, ils continuaient à jeter un coup d'œil et à le voir; s'il devenait blanc, ils se réjouissaient ; s'il ne devenait pas blanc, ils étaient tristes.
Ils ont alors décidé que la moitié devait être attachée à un rocher et l'autre moitié entre les cornes du bouc émissaire (seir laAzazel)". [Roch Hachana 31b ]

Nous devons comprendre pourquoi ils ont institué cela, car le contraire semblerait approprié, à savoir qu'ils devraient savoir s'ils ont été expiés ou non. Quelle est la valeur de la joie?
Il semble que l'implication de "s'il ne blanchissait pas, ils seraient tristes" soit que leur moral serait complètement au plus bas ... C'est pire que tout.
Car une personne doit se renforcer et faire téchouva, ne pas se décourager, et plutôt prendre un nouveau départ dans la mesure de ses capacités.
[Chem MiChmouel - Séli'hot Zékhor Brit 5670 ]

-> Les avertissements de la Torah contre les gémissements (plaintes) et les inquiétudes sont si explicites et évidents dans les paroles des prophètes qu'il n'est même pas nécessaire d'en discuter.
[Rambam - Pérouch HaMichnayot - Béra'hot 9,5 ]

-> La crainte [du Ciel] ne doit pas dépasser ses limites, au point de nous faire désespérer du pardon et de l'expiation, nous laissant inquiet pour le reste de ses jours. Cela violerait tout ce que le Créateur a ordonné de se réjouir de ce qu'Il nous a donné, comme il est dit : "Tu te réjouiras de tout le bien que Hachem, ton D., t'a donné" (Ki Tavo 26,11).
[Kouzari 3,11 ]

L'étude de la Torah n'est pas seulement une mitsva, mais une obligation qui incombe à chacun ...
Il est admis que sans la Torah, il est impossible d'être juif. Quiconque se libère du joug de la Torah se retire du peuple juif.
['Hafets 'Haïm - Michtavim 71]