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La parole

La parole est la vitalité de l’être humain, et cette vitalité provient d'Hachem.
Ainsi, lorsqu’une personne prononce une "bonne parole", cette parole s’élève vers les cieux et éveille la "Parole" suprême. Cela a pour effet qu’une vitalité supplémentaire lui émane d’en-Haut.
Si, toutefois, une personne prononce quelque chose de mauvais, la force vitale l’a quittée et ne s’élèvera pas. Il est donc probable que toute sa vitalité lui soit retirée.
[Baal Shem Tov - Tsava'at haRivach - 103]

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-> "Lorsqu’une personne parle, le souffle sort de sa bouche. Ce souffle fait partie de sa vitalité ; il provient de son âme ... c’est pourquoi il nous est enjoint de ne pas nous livrer à des propos futiles, car cela fait perdre une partie de son âme".
[rav 'Haïm Vital - Likouté Torah - Ekev 8,1-3 ]

-> La parole qui sort de la bouche de l’homme s’élève et suscite une réaction d'en-Haut, pour le bien ou pour le mal (Zohar II:47b).
Lorsque l’homme prononce un mot sacré, un mot de la Torah, cela produit un son qui s’élève vers les hauteurs et éveille les saintetés (c’est-à-dire les Séfirot) du Roi suprême, et celles-ci couronnent sa tête, et il y a de la joie en-Haut et en bas (Zohar III,105a).

-> "Lorsque [les gens] prononcent de bonnes [paroles] et y joignent la pensée, ils relient le Monde de la Parole au Monde de la Pensée et accomplissent le bien. De même, lorsqu’ils prononcent de mauvaises [paroles], ils accomplissent le mal, à D. ne plaise". (Keter Shem Tov, sect. 273)

Explorateurs & Notre amour d’Israël amène la guéoula

+ Explorateurs & Notre amour d'Israël amène la guéoula :

1°/ Selon le rav Avraham Its'hak haCohen Kook :

-> La faute des explorateurs (méraglim) qui ont calomnié la terre d’Israël est une tache sur l’âme juive dont le rav Kook (qui a vécu de 1865 à 1935) estime que toutes les générations doivent s’efforcer de réparer.
Même celui qui n’a pas encore émigré en Israël peut réparer la faute des explorateurs en aspirant et en priant pour pouvoir s’installer en Israël, et en élevant ses enfants dans le désir de faire leur alya. ​

-> Il écrit (dans Eretz 'Heifetz - 48) :
"Nous vivons l’exil et la médiocrité parce que nous ne proclamons pas (suffisamment) la valeur et la sagesse de la terre d’Israël. Nous n’avons pas réparé la faute des explorateurs bibliques qui ont calomnié le pays.
Nous devons donc faire le contraire de ce qu’ils ont fait : nous devons raconter et proclamer au monde entier la gloire et la beauté de cette terre, sa sainteté et son honneur.
Alors, après toutes ces louanges, espérons avoir exprimé au moins un dix millième (1/10 000e) de la beauté de cette terre si sublime (physiquement, mais surtout spirituellement) : la beauté de la lumière de sa Torah, la nature exaltée de la lumière de sa sagesse, et l’esprit saint qui bouillonne en son sein."

-> De même (dans Eretz 'Heifetz - 38) :
"L’exil et la dégradation s’abattent sur le monde parce que nous ne proclamons pas (suffisamment) la valeur et la sagesse de la terre d’Israël.
Nous ne réparons pas la fauteexplorateurs qui ont calomnié la Terre.
Mesure pour mesure, nous devons raconter et proclamer, à travers le monde entier, sa splendeur et sa magnificence, sa sainteté et sa gloire."

-> Le rav Kook enseigne (dans Moadé Harayah - 419-420) :
"Nous avons le devoir impérieux de réveiller l’amour ancestral de Sion : un amour qui est éternel et qui brûle d’une flamme de feu sacré dans le cœur du peuple juif, où qu’il se trouve.

Nous devons lutter de toutes nos forces contre toute haine envers notre Terre Sainte, qui a commencé à affecter certains d’entre nous.
Avec un bras puissant de l’esprit et avec la sainteté éternelle de la Terre bien-aimée, nous devons détruire la contamination (souillure spirituelle) des explorateurs, une souillure qui a commencé à se propager au moment même où la rédemption (guéoula) était possible.

"La parole de notre D. subsistera à jamais". La sainteté de la terre et sa beauté n’ont jamais changé et ne changeront jamais. Toutes les circonstances amères, physiques et spirituelles, qui ont affecté la Terre Sainte ne la vaincront pas.
Tout comme aucune destruction physique ne peut détruire notre amour pour la terre bien-aimée, aucune désolation spirituelle ne peut réduire notre amour saint et profond pour cette Terre de vie.

Le lien profond entre l’âme du juif et Sion, avec tout ce qui s’y passe, reste ferme pour toujours. Et la lumière de cet amour s’intensifiera sept fois plus. Elle enflammera chaque cœur et exaltera chaque esprit, sanctifiant et encourageant chacun."

-> b'h, voir également : https://todahm.com/2026/06/09/faire-son-aliya-reparer-la-faute-des-explorateurs

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=> Les réflexions du rav Kook sur la faute des explorateurs et l’importance de parler positivement d’Israël restent un message puissant pour les Juifs d’aujourd’hui, qu’ils vivent en Israël ou dans la diaspora.
[à la différence de la faute du Veau d'or, celle des explorateurs était si grave que les juifs sont restés 40 ans dans le désert avant de rentrer en Israël, et tous les hommes juifs ayant plus de 20 ans y sont morts dans le désert.
Selon nos Sages de même que nous avons pleuré suite aux rapports négatifs des explorateurs sur Israël, alors de même nous pleurons chaque année pour la non reconstruction du Temple.
Plus nous aimons et partageons notre amour pour la terre d'Israël, plus nous réparons cette faute, et plus nous pouvons prétendre à ne plus avoir besoin de pleurer sur une absence du Temple, et donc par cela on provoque la guéoula! ]

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En renforçant le yichouv et en augmentant le nombre de juifs en terre Sainte d'Israël, la guéoula arrivera plus tôt.
Car il est clair que la Délivrance (guéoula) dépend de l'augmentation du nombre de juifs en Terre sainte ... Plus les exilés (en dehors d'Israël) reviendront, plus nous recevrons de bénédictions suprêmes pour hâter la Délivrance.
[rav Avraham Kook - Michpat Cohen - sec.63,p.129]

=> Chaque juif qui vient résider en Israël rapproche la guéoula, apportant de nombreuses bénédictions en ce sens.

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2°/ Selon le rabbi Yissa'har Shlomo Teichtal :

-> Il est né en Hongrie en 1885 dans une famille de rabbanim et de dirigeants juifs renommés.
Il a suivi leurs traces, devenant rabbin et Av Beit Din de Pishtian, en Tchécoslovaquie, en 1921. Il a occupé ce poste pendant 20 ans.
Le point de vue de rabbi Teichtal sur l’aliyah était à l’origine similaire à celui de la plupart des juifs hongrois de l’époque : il décourageait tout mouvement massif d’immigration juive vers Israël et attendait qu'Hachem ramène le peuple juif dans sa patrie.
Cependant, l’expérience de l’Holocauste a radicalement changé la perspective de rabbi Teichtal. Il a consigné dans son livre Eim Habanim Sémékha les arguments en faveur de sa nouvelle conviction quant à la reconstruction de la terre d’Israël, à savoir que nous devons œuvrer activement pour hâter la guéoula en faisant notre aliyah.

Il a écrit ce livre, publié pour la première fois en 1943, alors qu’il fuyait et se cachait des nazis. Il y a également inclus une critique des rabbanim religieux pour ne pas avoir encouragé l’aliyah ; la nécessité de rectifier la faute des explorateurs par l’aliyah ; la nature particulière de la terre d’Israël et son lien unique avec le peuple juif ; et comment l’exil a conduit le peuple juif à perdre de vue l’importance de vivre en Terre d’Israël.
[b'h, ci-dessous nous allons uniquement des passages (issus du Eim Habanim Sémékha) d'abord montrant que notre amour d'Israël amène la guéoula (en liant avec les enseignements du rav Kook), et ensuite l'impact de la faute des explorateurs. ]

-> "Nous ne devons pas tarder. Nous devons rejoindre ceux qui ont entrepris la tâche sacrée de construire le pays. Ce n’est que là, en terre d’Israël, que nous pourrons devenir une seule nation.
Les juifs qui aspirent sincèrement à servir le Créateur doivent monter en grand nombre pour s’installer sur cette terre et la bâtir.
Ainsi, le peuple, la terre et la Torah ne feront plus qu’un, et la guéoula aura lieu."

-> "La Tossefta (Avoda Zara 5:4) commente le verset : "Et Je les implanterai véritablement dans cette Terre de tout Mon cœur et de toute Mon âme" (Yirmiyahou 32,41) : "S’ils ne sont pas sur la Terre (d'Israël), ils ne sont pas véritablement implantés devant Moi, ni de tout mon cœur ni de toute mon âme".
Il est frappant qu'Hachem dise que lorsque le peuple d’Israël n’est pas en terre d’Israël, il ne s’attache pas à Son cœur et à Son âme ... lorsque nous nous efforcerons de retourner en terre d’Israël, nous nous accrocherons immédiatement à tout Son cœur et à toute Son âme.
Le point essentiel est qu'Hachem attend que nous prenions l’initiative, que nous désirions et aspirions au retour en terre d'Israël.
Il ne veut pas que nous attendions qu’Il nous y amène. Il nous a donc dit : "Et Je les implanterai véritablement dans cette Terre". C’est-à-dire que lorsque nous, de notre propre gré, sincèrement et de toutes nos forces, désirons et nous efforçons [de retourner dans la terre d'Israël], alors Hachem mènera notre œuvre à bonne fin."

-> "La guéoula dépend uniquement de notre amour pour la Terre Sainte. Plus nous la chérissons, plus la rédemption se rapproche. Le Gaon de Vilna (dans Even Shéléma 11,9) écrit que la guéoula future dépend du mérite des Patriarches, et non de la repentance (téchouva).
C’est pourquoi nous disons trois fois par jour : "Qui se souvient des bienfaits des Patriarches et qui envoie un rédempteur aux enfants de leurs enfants". Ainsi, la guéoula dépend du mérite des Patriarches, qui dépend à son tour de l’amour que nous portons à la Terre (d'Israël). "

-> "Nous vivons à la fin de l’exil. Il ne suffit pas de simplement désirer retourner sur la terre de nos ancêtres, tout en attendant un réveil de la part d'Hachem. Nous devons prendre la résolution de retourner sur notre Terre (d'Israël) et commencer réellement à y retourner, tout comme l’a fait Yaakov Avinou.
Alors, nous recevrons l’aide divine, et la Terre (d'Israël) viendra à notre rencontre ...
Si toutefois nous n’agissons pas en la matière, mais attendons des miracles et des prodiges, alors nos espoirs seront vains. Hachem attend que nous initions le processus (de retour en Israël, ou à défaut de le désirer ardemment), tout comme Il a attendu Yaakov Avinou, de mémoire bénie."

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+ Le rav Teichtal critique les rabbins religieux de la Diaspora pour ne pas encourager l’aliyah.

-> "Les juifs orthodoxes ont fait du silence leur vertu et se sont accrochés au principe selon lequel "il vaut mieux rester assis (ici en diaspora) et ne rien faire (ne pas aller en terre d'Israël)", comme cela a toujours été leur politique.
Les extrémistes non religieux ont été influencés par la nouvelle ère qui a apporté la liberté au monde. Ils ont dit : "C’est ici que j’habiterai, car je l’ai désiré". Ils s’attendaient à trouver la tranquillité ici, dans les terres de l’exil, voyant qu’ils avaient obtenu les mêmes droits que tous les autres citoyens.

Pendant ce temps, ils ont laissé notre mère sacrée [la terre d’Israël] se vautrer dans la boue et rester en ruines. Ils ont laissé ses yeux devenir une fontaine de larmes, pour pleurer et se lamenter sur nous parce que nous restons en exil et n’envisageons pas de retourner dans son giron et de rétablir son foyer.
[...]
La terre d’Israël, notre mère (patrie), n’est-elle pas déshonorée et outragée par cela? Ses fils l’outragent cruellement en s’opposant à quiconque souhaite élever la voix et inspirer les masses pour la fortifier et la relever de la poussière, comme Hachem, nous l’a ordonné.
Les pseudo-saints d’aujourd’hui la diffament et la dégradent à tel point qu’il est interdit de parler en public pour le bien de l'importance d'habiter en terre d'Israël.
Et si, par hasard, quelqu’un énonce courageusement et sans crainte la vérité telle qu’elle est, ils disent qu’il est interdit d’écouter son sermon.
De mes propres oreilles, j’ai entendu non pas une, mais de nombreuses personnes dire que des milliers et des dizaines de milliers de juifs ont été punis parce qu’ils se sont engagés dans le fait de résider et de reconstrir la terre d'Israël.
N’est-ce pas là un blasphème, une insulte à notre sainte Torah? Cela ne cause-t-il pas chagrin et douleur à la sainte Présence divine, qui est la Royauté, et à la Terre d’Israël, la mère d’Israël, qui est aussi la Royauté?
Malheur aux oreilles qui ont entendu cela. C’est manifestement une faute grave que de prononcer de telles choses.

Toute personne intelligente dotée d’un cerveau se rendra compte que c’est exactement ce qui s’est passé avec Yéhochoua et Calev (avec les explorateurs dans le désert). Ils n’ont pas eu peur de proclamer la vérité en public, s’opposant à toute la communauté (du peuple juif), y compris aux princes (nési'im) qui se "sanctifiaient" en perturbant et en empêchant les Bné Israël d’entrer en terre d’Israël. "

-> "Cela explique les paroles de notre maître, le Ohr Ha'Haïm hakadoch. Il écrit (Béhar 25,25) que les dirigeants d’Israël à travers les générations seront tenus pour responsables du fait que nous sommes toujours en exil, car ils auraient dû inspirer les enfants d’Israël à aimer la terre d’Israël.

Le brillant prince de la Torah de Dvinsk abonde dans ce sens dans son fascicule (intitulé Yéchivat Eretz Israël - 85a) : "Les gaonim qui siègent dans les tentes de la Torah et de la sagesse et sur les sièges du rabbinat (que D. leur accorde une longue vie) ont pour obligation première de faire connaître cette mitsva bien-aimée, noble et profonde, qui touche à l’existence et au caractère mêmes de notre nation. Car la longue durée de l’exil a fait que beaucoup de gens ont pratiquement oublié cette mitsva (d'habiter en terre d'Israël). Il y en a même qui sont assez obstinés pour s’y opposer publiquement. Cette erreur ne peut être facilement éradiquée à moins que nos brillants rabbins, qui siègent en jugement, ne se mobilisent pour réformer ces personnes obstinées."

Ces fanatiques ont répandu la haine et l’animosité dans tout le monde orthodoxe contre le groupe qui s’était consacré à redonner à notre terre d'Israël sa gloire d’antan.
En conséquence, ils ont également fait en sorte que cette Terre tant convoitée soit méprisée. Ils se sont laissés piéger par la faute des explorateurs, à propos desquels il est dit : "Ils murmuraient dans leurs tentes ... Ils méprisaient la Terre tant convoitée" (Téhilim 106,24-25).
Quel fut le résultat de l’action des explorateurs? Ils ont causé un chagrin éternel.
Les "explorateurs" d’aujourd’hui, eux aussi, ont ajouté la douleur à la douleur, nous conduisant à notre situation actuelle où nous voyons horreur après horreur et pleurs après pleurs dans la Maison d’Israël.
Tout cela s’est produit parce que nous avons méprisé la terre désirable. "

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+ Le faute des explorateurs est une faute que nous devons rectifier par l'aliyah :

-> "Le Tana déBé Eliyahou (1:2) nous dit de ne pas […] suivre les voies des explorateurs qui ont méprisé le terre d'Israël.
Ils ont dit que la Torah précédait la terre d’Israël, c’est pourquoi ils ne voulaient pas entrer dans le pays. Ils préféraient rester dans le désert et étudier la Torah avec Moché Rabénou, car la Torah n’était donnée qu’à ceux qui mangeaient la manne.
Ainsi, Eliyahou nous dit que "la voie de la Terre" = c’est-à-dire la voie qui mène à la terre d’Israël, précède la Torah.
Par conséquent, le midrach (Sifré - Réé 28, Dévarim 12,29) déclare : "Habiter en terre d’Israël l’emporte sur toute la Torah".

Le rabbi Akiva Yossef Schlesinger (1838-1922) écrit également que la raison pour laquelle les explorateurs ont échoué et n’ont pas voulu entrer en terre d’Israël est qu’ils craignaient le fait que les fautes commises là-bas, sont plus graves que celles commises en dehors de la Terre. [Tossafot Ben Yé'hiel - Eliyahou raba 1,1]
C’était une faute de leur part, car ils étaient comme les nations païennes qui refusent d’accepter le joug de la Torah pour la même raison. Le peuple juif, en revanche, a dit : "Nous ferons et nous comprendrons" (naassé vénichma - Michpatim 24,7), car il avait une grande confiance en Hachem ; et Hachem aide ceux qui viennent pour se purifier (Shabbath 104a)."
[ Hachem déclare : "Si seulement Mes enfants étaient auprès de Moi en terre d'Israël, quand bien même, ils souilleraient le pays" (midrach Yalkout Chimoni 2,1038 ; Eikha rabba 3,7) - cela témoigne de l'importance aux yeux d'Hachem de notre présence en Israël, même par rapport aux mitsvot. ]

-> "Tout comme à l’époque des explorateurs, tous les Bné Israël s’étaient unis pour le mal, pour s’opposer à la terre d’Israël ; aujourd’hui aussi, nous devons unir tous les juifs pour le bien, pour soutenir la terre d’Israël.
Ainsi, nous rembourserons notre dette, nous déchirerons notre registre de responsabilités, et nous ferons briller sur nous la gloire d'Hachem avec la guéoula complète, rapidement, de nos jours."

-> "Sachez que tous ceux qui s’opposent à (la nécessité de faire son) aliyah, de construire et d'habiter la terre d'Israël appartiennent au camp des explorateurs.
Mais tous ceux qui choisissent l’aliyah appartiennent au camp de Yéhochoua et de Calev."

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+ L'exil conduit le peuple juif à perdre de vue l'importance de vivre en terre d'Israël :

-> Le Chlah hakadoch et le 'Hatam Sofer ont déploré le fait que certains juifs sont complètement absorbés par leur terre en diaspora ... Ils ne se soucient et ne souhaitent qu'y gagner honorablement leur vie et construire une grande maison avec une cour en pierres taillées (de même avec un très bel appartement, au-delà du nécessaire). Ils la construisent pour qu’elle dure de nombreuses années, afin de pouvoir la léguer à leurs enfants et petits-enfants, qui naîtront sur une terre étrangère, car ils espèrent avoir une nombreuse descendance et vivre longtemps en exil.
C’est ainsi que nous avons perdu des centaines et des milliers d’années en exil et donné toute notre force et notre richesse à notre belle-mère (la terre en dehors d'Israël) ...
Au contraire, nous devons nous lever et monter vers notre véritable mère (terre d'Israël) et lui consacrer toutes nos forces, dès maintenant et pour toujours, afin de construire ses murs et de réparer ses ruines."

-> "Par conséquent, ceux qui ont un parti pris sur ce sujet (d'habiter en Israël) ne verront pas la vérité et ne se laisseront pas convaincre par nos paroles. Toutes les preuves du monde ne les toucheront pas, car ils sont frappés d’aveuglement, et leurs préjugés intérieurs les poussent à nier même des choses qui sont claires comme le jour.
Qui parmi nous est plus grand que les explorateurs? La Torah atteste qu’ils étaient des hommes intègres (les meilleurs chefs spirituels du peuple). Néanmoins, influencés par leur soif de pouvoir, ils ont rejeté la terre promise et ont égaré les autres, provoquant ainsi cet exil amer (comme l’expliquent nos Sages).
Yéhochoua et Calev se mirent à discuter avec eux et tentèrent de prouver l’authenticité de Moché et de sa Torah. Ils proclamèrent : "Montons sans tarder" (Lé'h Lé'ha 13,30). Ils avancèrent même de longs arguments et des preuves pour montrer que les Bné Israël réussiraient [à entrer dans la Terre], comme le dit Rachi. Néanmoins, ils ne parvinrent pas à les convaincre [les explorateurs], car ceux-ci étaient aveuglés par des motivations cachées. (les explorateurs pensaient bien faire, être dans le émet!)

Il en va de même à notre époque, même parmi les rabbins. Celui-ci occupe un poste rabbinique prestigieux ; celui-là est un admour renommé ; et celui-ci possède une entreprise ou une usine rentable, ou un emploi prestigieux qui lui procure une grande satisfaction.
Ils craignent que leur statut ne décline s’ils se rendent en terre d’Israël.
Les personnes de ce genre sont influencées par leurs motivations égoïstes profondément enracinées à tel point qu’elles ne se rendent pas compte elles-mêmes que leurs préjugés parlent en leur faveur.

Le Zohar (III,158a) et le Chlah hakadoch expliquent que les explorateurs craignaient de perdre leurs positions de dirgieants (spirituels) en entrant en Israël.
Rachi (commentaire sur Kidouchin 69b), indique que les juifs qui vivaient confortablement en exil ne sont pas montés avec Ezra en terre d’Israël.
Seules les âmes pauvres et abattues (découragées) sont montées avec lui.
De plus, le Séder HaDorot cite notre maître, le S’ma, qui a lu ce qui suit dans Maassé Nissim (du Rokéa'h - rabbi Eliézer de Worms) :
Ezra envoya des lettres à toutes les communautés de la diaspora pour les exhorter à monter avec lui en terre d’Israël. L’une de ces lettres parvint à la ville de Worms, en Allemagne. Les juifs qui y résidaient répondirent : "Tu peux habiter dans la grande Jérusalem, nous habiterons ici dans la petite Jérusalem".
Ils dirent cela parce qu’ils étaient très importants aux yeux des ministres et des non juifs. Ils étaient extrêmement riches et vivaient paisiblement en exil ...
Ils (ces juifs de Worms) s’étaient installés là-bas au moment de la destruction du premier Temple, mais quand Ezra leur demanda de revenir à la fin des 70 ans, ils refusèrent ...

Il en a toujours été ainsi ; quand les juifs vivent confortablement en exil, ils ne veulent pas entendre parler d'aliyah vers la Terre d’Israël. '
[si Hachem décide que c'est le moment de revenir en Israël (pour permettre au processus de guéoula de se finaliser), alors soit on y va de nous-même (faisant un kidouch Hachem qu'on quitte un confortable exil par vrai amour de la mitsva de résider en Israël, où le divin est beaucoup plus présent), soit Hachem doit nous y pousser par des coup de bâton, des malheurs, que D. préserve. ]

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3°/ Selon le Gaon de Vilna :

-> La faute des explorateurs (méraglim) ... plane sur la nation d’Israël à chaque génération ...
beaucoup de ceux qui se sont rendus coupables de cette grande faute consistant à "mépriser la terre [d'Israël] tant chérie", ainsi que de nombreux gardiens de la Torah, ne sauront ni ne comprendront qu’ils sont pris au piège de la faute des explorateurs, qu’ils ont été entraînés dans la faute des explorateurs par de nombreuses idées fausses et des affirmations creuses.
Et ils dissimulent leurs idées derrière l’erreur déjà démontrée selon laquelle la mitsva de résider en Israël ne s’applique plus de nos jours, une opinion qui a déjà été réfutée par les géants du monde, les Richonim et les Achronim, qui ont établi que "qu'habiter en terre d’Israël équivaut à toutes les mitsvot de la Torah".
[le Gaon de Vilna - rapporté par rabbi Hillel de Shklov (qui était un disciple et un petit-neveu du Gaon de Vilna) - dans son Kol Hator - chap.5]

=> Le Gaon de Vilna critique vivement les chefs spirituels (les gardiens de la Torah) qui n’encouragent pas l’aliyah, ainsi que ceux qui n’apprécient pas et ne reconnaissent pas le cadeau de la terre d’Israël qu'Hachem avait fait au peuple juif (dont on bénéficie en y résidant, ou à défaut en aspirer sincèrement y vivre).

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4°/ Autres :

-> "En vérité, Jérusalem sera reconstruite quand les juifs en auront une nostalgie extrême, à tel point, qu’ils chériront ses pierres et sa poussière."
[Rabbi Yéhouda haLévi (1075-1141) – le Kouzari 5,27]
[d'une certaine façon peu importe notre niveau spirituel, peu importe ce qu'on a pu faire de mal dans notre vie, ce qui compte pour amener le machia'h qui reconstruira le Temple, c'est notre amour pour Israël, dont la ville de Jérusalem.
ainsi d'une certaine façon en proclamant : "l'année prochaine à Jérusalem", nous développons de l'aspiration pour elle, et par ce mérite nous provoquons le fait qu'elle sera reconstruite et que tous les juifs s'y retrouveront! ]

-> Le Sforno (1470-1550) explique que les juifs furent exilés parce qu'ils méprisaient le pays d'Israël, et la délivrance viendra à travers la réparation de cette faute.

-> Le Maharcha (guémara Taanit 15a) écrit que lorsque les habitants d'Israël chérissent les pierres et la poussière de la terre d'Israël, ils hâtent d'autant le moment fixé pour la Délivrance (guéoula).
[le Maharcha a vécu de 1555 à 1631. ]

-> Le rabbi Yissa'har Shlomo Teichtal, qu'on a pu voir précédemment, écrit (dans Ein haBanim Sémé’ha) :
"La guéoula dépend uniquement de l'amour que les juifs témoignent à la terre d'Israël.
Le plus ils la chérissent, le plus vite la guéoula arrivera."

-> La terre d'Israël (erets Israël - ארץ ישראל) possède la même valeur numérique que : "tét lev" (prendre à cœur - תת לב).
Si tous les juifs prennent à cœur de [vouloir] monter en terre d'Israël, le machia'h viendra.
['Hida (1724-1806) - Na'hal Kédoumim]

-> Lorsque le 'Hafets 'Haïm a entendu que des implantations ont été créés en Israël : à Ré'hovot, à Richon léTsion et à Guédéra, il a dit en yiddish : "Voici! la chose (guéoula) a déjà commencé".

-> "Tant que Sion est en ruines, le Rédempteur n'est pas encore venu" (Rachi - Yéchayahou 54,20)
[ainsi en bâtissant le pays d'Israël, on hâte la rédemption]

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-> Le Ohr ha'Haïm haKadoch (Béhar 25,25) écrit que les leaders (spirituels) d'Israël, à travers les générations, seront tenus pour responsables de ce que nous nous trouvons toujours en exil, car ils auraient dû inspirer aux Bné Israël l'amour pour la terre d'Israël.
[il a vécu de 1696 à 1743
d'une certaine façon, on peut dire que de même que des leaders spirituels (ex: nessi'im) ont participé à la faute en tant qu'explorateurs, ou n'ont pas réagi suite au récit des explorateurs, de même ils doivent réparé cette erreurs en étant des moteurs pour réveiller un amour puissant pour la terre d'Israël, et l'importance incroyable pour tout juif d'y vivre. ]

-> Le Yaavets (Sidour Beit Yaakov - Soulam beit El) écrit que lorsque les juifs négligent la terre d'Israël, de cruelles persécutions viennent les frapper.
[il a vécu de 1697 à 1776 ]

-> " Toutes les souffrances qui arrivent aux juifs le sont car ils ne désirent pas ardemment la terre d'Israël"
[midrach Téhilim 17,1]
[on a pu voir que la faute des explorateurs où l'on a pleuré en écoutant le lachon ara sur la terre d'Israël, conduit au fait que nous pleurons chaque année sur la perte du Temple, on peut ajouter qu'en réalité tous nos malheurs viennent du fait qu'on a pas réparer cela en développant de l'amour fou pour notre Terre. ]

(b'h, également à ce sujet : https://todahm.com/2018/05/30/6452-2 )

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-> Nos Sages (cf. Pessikta rabbati 27-32) affirment que notre mère Sion pleure et se lamente sur nous lorsque nous sommes en exil et qu'elle attend que nous retournions en son sein.
[on peut ajouter à cela la notion que nous avions un lien de vie avec Israël, d'où les émotions fortes en cas d'éloignement : https://todahm.com/2026/06/11/terre-disrael-un-lien-vivant-un-lien-divin ]

-> Hachem déclare : "Si seulement Mes enfants étaient auprès de Moi en terre d'Israël, quand bien même, ils souilleraient le pays"
[midrach Yalkout Chimoni 2,1038 ; Eikha rabba 3,7]

-> Hachem dit : "Un petit groupe dans la terre d'Israël m'est plus cher [à Mes yeux] qu'un Sanhédrin entier en dehors de la terre [d'Israël]."
[guémara Yérouchalmi Sanhédrin 86]

[papa Hachem nous supplie de Le retrouver en terre d'Israël, le palais du Roi, lieu où Il se trouve d'une façon beaucoup beaucoup plus présente qu'ailleurs. Est-ce que notre but dans la vie c'est d'être proche de Lui, de Lui faire plaisir en étant à Ses côtés, ou bien préférons-nous aspirer à faire ce que JE préfère, ce qui m'arrange, ...  (laissons Hachem loin de nous, Son enfant adoré!)
(si sincèrement on ne peut pas vivre actuellement en Israël, néanmoins on doit le désirer plus que tout, on doit considérer la terre d'Israël plus belle et importante à nos yeux que tout autre endroit dans le monde, ... )]

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-> Rabbi Chimon bar Yo'haï enseigne : "les Bné Israël ont méprisé 3 choses : le royaume des Cieux, le royaume de la Maison de David et le Temple."
Rabbi Chimon ben Ménassia dit : "Il ne sera pas montré à Israël de signe favorable avant qu'il ne se repente et ne se mette en quête de ces 3 choses"."
[Yalkout Chimoni 2,106]

-> Le rav Alcalaï (Min'hat Yéhouda - section 18) commente :
"Puisqu'il est dit qu'Israël ne verra pas de signe favorable avant de se mettre en quête de ces 3 choses, nous avons certainement un grand devoir de nous y consacrer.
- le royaume des Cieux = le Zohar (III, 276a) affirme : "Hachem n'est appelé "Roi" qu'en terre d'Israël".
Ainsi, le premier acte de repentir d'Israël à la fin des temps sera de se mettre en quête du royaume des Cieux. Autrement dit, ils retourneront en terre d'Israël de sorte que Hachem puisse être appelé "Roi" ...
en effet : "Celui qui demeure en dehors du pays [d'Israël] est comme celui qui n'a pas de D." (guémara Kétoubot 110b).

Le rav Yéhouda Bibas explique le verset : "Revenez à Moi, et Je reviendrai à vous" (Mala'hi 3,7) = Israël reviendra s'abriter auprès de D. en terre d'Israël, ensuite de quoi, Hachem fera résider Sa Présence Divine au milieu de nous.

Le Zohar (II,17a) écrit : Rabbi Yossé a dit : "Si les juifs sont asservis davantage [en exil], ce ne sera pas à cause du décret du Roi, mais parce qu'ils refusent d'aller à Sa rencontre".
Il me semble que les mots "aller à Sa rencontre" sous-entendent que les juifs retourneront en terre d'Israël, comme l'affirme le rav Yéhouda Bibas. En effet, il n'est pas dit "revenir dans le repentir", selon l'expression [usuelle] de nos Sages."

-> Le rav Yissa'har Teichtal en conclut que le fait même que les juifs aspirent à retourner en terre d'Israël, qui est une mitsva de premier plan, constitue leur repentir (puisque cela permet que s'accomplisse le verset : "Revenez vers Moi"), et cela les rend alors dignes d'être témoins de la délivrance finale.
Il écrit aussi : "Fort de cela, on réalisera également que la rédemption ne dépend que de notre amour pour la terre sainte [d'Israël]. Plus nous la chérirons, plus nous hâterons la rédemption."

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+ Faute des explorateurs & ne pas critiquer la terre d'Israël :

-> "Et puissiez-vous voir le bonheur de Jérusalem" (Téhilim 128,5)
Le rav Yossef 'Haïm Sonnenfeld commente : on ne doit voir que le bonheur de la terre d'Israël, autrement dit, tous les aspects heureux de Jérusalem.
On doit prendre garde à ne pas être un "explorateur", à D. ne plaise.
Les explorateurs furent punis pour avoir proféré des calomnies sur la terre d'Israël à un moment où il ne s'y trouvait aucun juif.

-> La guémara (Kétoubot 112) rapporte : "Rabbi Ami et Rabbi Assi avait l'habitude [avec leurs élèves] de les faire se lever [et se déplacer] d'un endroit en plein soleil à un endroit à l'ombre, et d'un endroit à l'ombre à un endroit au soleil."

Rachi explique : "Quand le soleil arrivait à l’endroit où ils étaient assis et tapait sur eux, ils se levaient pour aller s’asseoir à l’ombre, et en hiver ils évitaient l’ombre et s’asseyaient au soleil, pour qu’on ne puisse pas protester contre Erets Israël".

Le Saba de Slabodka dit : Cela nous enseigne combien il faut faire attention à ne pas dire du mal de la terre d'Israël, même quelque chose de vrai que tout le monde sait. En effet, la chaleur en été et le froid en hiver sont véritablement pénibles. Et malgré tout, comme cette souffrance risque de provoquer une protestation contre le pays, ce qui est interdit, les Amoraïm faisaient attention à ne pas en arriver là. C’est pourquoi ils changeaient de place selon la position du soleil et de l’ombre.

Le Ben Ich 'Haï commente également :
"cela était afin qu'aucun élève ne puisse en venir à dire à propos du lieu où ils étaient : "cela n'est pas bien", et par là en venir à parler mal d'une partie de la terre d'Israël.
De là, nous devons tous apprendre une leçon : il faut garder notre bouche et notre langue de prononcer quelque chose de négatif, de condamner, même une simple coudée de la terre d'Israël, ou sur ses constructions ; et même à un moment où la terre est abandonnée et entre les mains des non-juifs, et que les maisons appartiennent à des non-juifs."

-> Toute la Torah est remplie de louanges de la terre d'Israël. Comment un juif craignant D. peut-il dire l'opposé de ce qui est écrit dans la Torah?
[rav Shmouël Mohliver]

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b'h, voir également :
-> La guéoula viendra par notre appréciation de la terre d'Israël : https://todahm.com/2025/06/17/la-gueoula-viendra-par-notre-appreciation-de-la-terre-disrael

-> Venir vivre en Israël = sonner le plus beau shofar du machia'h : https://todahm.com/2026/02/04/venir-vivre-en-israel-sonner-le-plus-beau-shofar-du-machiah

-> également : https://todahm.com/2023/04/13/38905

Tam avec Hachem, méfiant avec autrui

-> Le verset "Tu ne te tourneras pas vers d’autres dieux" (Choftim 18,13) exprime une distinction importante : d’une part, nous devons faire preuve d’une témimout totale envers Hachem et accepter de tout cœur tous les décrets du Ciel, mais d’autre part, cette témimout ne doit être manifestée qu’envers Hachem, ton D.
Dans nos relations avec les gens, la sincérité simple et confiante connue sous le nom de témimout n’est pas une qualité. Au contraire, nos Sages nous conseillent : "Kabdéhou vé'hachdéhou" (respecte l’autre, mais méfie-toi de lui - Déré'h Eretz raba 5).

La Torah décrit Yaakov comme un "ich tam" (Toldot 25,27), ce qui implique que bien qu’il fût tam (sincère, entier), il était aussi un ich, un homme, et n’était pas détaché de ce monde. Il a lui-même dit à Ra'hel, en parlant de son père Lavan : "Je suis son frère dans la ruse" (Méguila 13b).

La terre d'Israël est comme le cœur du monde. Tout comme le cœur est le centre du corps et pompe le sang vers tous les membres, la terre d'Israël est la source de nourriture pour toutes les autres terres.
C'est pourquoi, expliquait le Gaon de Vilna, même ceux qui vivent en dehors de la terre d'Israël prient pour être rassasiés de ses bienfaits (ex: vénichba mitouva), car les produits de toutes les autres terres tirent leur subsistance de la terre d'Israël.
[rav Moché Sternbuch - dans la Haggada chel Pessa'h à son nom]

Prononcer le nom divin avec crainte

"Vous ne profanerez pas Mon saint Nom" (Emor 22,32)

-> Rabbénou Yona (Shaaré Téchouva 3,61) écrit que si une personne prononce le Nom d'Hachem sans révérence (crainte, grand respect), elle enfreint l’interdiction de ce verset.
Il écrit :
"Sachez que la perte et la destruction que l’on trouve le plus souvent dans l’âme des masses sont dues à la parole, car ils prononcent le Nom du Ciel en vain, et ils le prononcent également sans la crainte qui lui est due."

Nous prononçons le Nom de Hachem des centaines de fois chaque jour, et si nous ne prenons pas soin de le prononcer avec révérence, nous risquons de transgresser une interdiction de la Torah et de profaner le Nom de Hachem à chaque fois que nous le prononçons.
[rav Moché Sternbuch]

Etre parmi ceux qui sanctifie la terre d’Israël

-> La terre d'Israël est sanctifiée pour l’éternité, mais sa sainteté n’est pas la même en tout temps. Lorsque le peuple juif observe la Torah, la terre d’Israël est très sainte, mais s’il transgresse, sa sainteté est profanée, comme l'affirme le verset : "mais vous êtes venus souiller Ma terre et faire de Mon héritage une abomination" (Yirmiyahou 2,7).

Depuis que les laïcs sont venus en terre d'Israël, ils ont diminué sa sainteté. En revanche, lorsque les gens étudient la Torah dans la sainteté en terre d'Israël et y accomplissent les mitsvot, ils sanctifient la terre d'Israël.
C’est pourquoi nous disons dans la lecture du Shéma : "aarets atova achèr Hachem notèn la'hem" (la belle terre que Hachem vous donne), Hachem, nous le disons au présent (notèn), car la sainteté de la terre d'Israël fluctue à chaque instant en fonction des actes de ses habitants.

Heureux ceux qui méritent de sanctifier la terre d'Israël par leurs actions, détournant ainsi la colère de Hachem du peuple juif.
Veillons à faire partie de ceux qui sanctifient la terre d'Israël, et non de ceux qui la souillent."
[le gaon de Rogatchov]

Parfois, on peut réciter les prières avec amour et crainte, et une grande hit'lahavout (ferveur ; enthousiasme ardent), sans bouger du tout, de sorte qu’à un autre, on puisse sembler qu’on prononce les mots sans aucune dvékout (attachement à D.).
[Lorsqu’on est fortement attaché à Hachem], on peut Le servir avec l’âme [seule], avec un immense et grand amour [d'Hachem].
C’est là la meilleure forme d’adoration. Elle se déroule plus rapidement, avec un plus grand dvékout envers Hachem, que la prière qui est visible extérieurement dans les membres.
La klipa (force du mal) ne peut s’attacher à cette prière [idéale], car elle est entièrement intérieure.
[Baal Shem Tov - Tsava'at haRivach - 105]

Yétser ara & matérialité

-> Chaque être humain possède deux penchants, ou deux forces motrices : un penchant vers le bien (yétser atov) et un penchant vers le mal (yétser ara).
Le yétser ara ne souhaite que nous fassions le bien, comme accomplir la volonté d'Hachem.
Le yétser ara, bien qu’il s’agisse de la mauvaise inclination, ne souhaite pas nécessairement que nous fautions. Son but et son intérêt sont que notre moi physique se livre aux plaisirs de ce monde et en profite.
Et plus nous nous adonnons aux plaisirs physiques (matériels) que le monde a à offrir, moins nous serons sensibles et ouverts à la spiritualité et à la divinité.
Si nous parvenons à convaincre le yétser ara que le plaisir véritable et éternel se trouve dans la parole d'Hachem et que les plaisirs physiques sont futiles et éphémères, notre yétser ara deviendra une force motrice dans la quête de la spiritualité.
[rav Yonathan Eibshitz - Yaarot Dvach 9 ]

+ "L’Esprit de D. planait au-dessus des eaux" (Béréchit 1,2)

-> "L’Esprit de D." (roua'h Elokim) désigne l’âme humaine, qui doit planer au-dessus de "la surface des eaux" (al péné amayim), qui fait référence à la Torah.
Puis, "Hachem dit : "Que la lumière soit!"", ce qui signifie qu'Hachem illuminera alors la personne de la Lumière sainte de la Torah.
[Baal Shem Tov - Kéter Shem Tov 13]

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-> Le midrach (Yalkout Chimoni - Béréchit 4) dit que cette phrase fait référence à l’esprit d’Adam et à l’esprit du machia'h.
En réalité, Adam (אדם), le premier homme, englobait toute l’humanité, et son nom est considéré comme l’acronyme de A(dam), D(avid), M(achia'h).
Le Baal Shem Tov ajoute ici que cet enseignement, qui s’appuie sur le verset évoquant le but de la Création, "Que la lumière soit", s’applique à chacun d’entre nous.
Chacun de nous peut apporter davantage de lumière dans sa propre vie, et par conséquent dans le monde, et faire partie du "machia'h", en se connectant à Hachem à travers Sa Torah.

L’honneur reçu fait perdre nos mérites futurs

+ L'honneur reçu fait perdre nos mérites futurs :

-> Le Yérouchalmi (Péa 8,6) rapporte que Rabbi Eliezer était un gabaï tsédaka qui accueillait des invités.
Lorsque ses invités le bénissaient et priaient pour lui, il disait que pour cette hospitalité, il ne recevrait pas de récompense. Lorsque d’autres invités l’humiliaient et le maudissaient, il disait que pour ces invités, il recevrait une récompense.

En effet, le séfer 'Hassidim (84) déclare : "Que ton cœur ne se réjouisse pas si les gens t’honorent, car selon l’honneur et le plaisir qu’une personne reçoit en ce monde pour ses actes, on lui enlève de ses mérites dans le monde à Venir."

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-> On demanda au 'Hafets 'Haim de prononcer le discours d’ouverture à la Knessia Guédola, mais il refusa. On lui a dit qu’en toute logique, il devrait être le premier à prendre la parole, puisqu’il était un Cohen et le plus âgé des sages du groupe.
"Je ne suis ni un rav, ni un roch yéchiva", répondit-il. "Je ne suis qu’un simple vendeur de séfarim (livres), mais je reçois beaucoup d’honneurs, et je crains qu’il ne me reste plus rien dans l’Olam Haba (monde à Venir). Laissez-moi un peu pour le monde à Venir, et cessez de m’honorer!"

-> On raconte qu’après le décès de rav Méir Shapiro, il apparut à l’un des directeurs de la yéchiva et lui révéla qu’au Ciel, l’accent n’était pas mis sur sa yéchiva 'Hakhmé Lublin ou sur sa fondation du Daf Yomi, mais sur le fait qu’il ait été humble et soumis.
Nous pouvons expliquer que, bien que ses réalisations prodigieuses aient certainement été notées au Ciel, la cour céleste examine d’abord s’il en a tiré de l’honneur et du plaisir, auquel cas il a peut-être déjà "mangé" son monde de son vivant.

-> A la fin de sa vie, le rav Elazar Ménachem Mann Shach demanda à quelqu’un : "Qu’emporterai-je avec moi en Olam Haba?"
La personne ne comprit pas la question. "Le rav viendra avec 70 ans d’enseignement de la Torah!" répondit-elle.
"Qu’emporterai-je avec moi au Olam Haba?" répéta le rav Shach.
"Le rav viendra avec les volumes de son Avi Ezri sur le Rambam", répondit la personne.
"Qu’emporterai-je avec moi dans l’Olam Haba?" demanda-t-il à nouveau.
"Je ne comprends pas la question", dit la personne.
"Pour toutes ces choses, j’ai déjà reçu des honneurs", dit le rav Shach, "et une mitsva pour laquelle on a été honoré est comme un ticket de bus usagé."

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-> Le 'Hafetz 'Haïm dut un jour se rendre à Moscou pour les besoins de sa yeshiva, et il écrivit une lettre à une de ses connaissances dans cette ville, le priant de ne pas faire connaître son arrivée, afin que les gens ne l’accueillent pas publiquement.
Plus tard, son hôte lui demanda pourquoi il empêchait ses nombreux admirateurs de gagner le mérite de lui rendre l’honneur dû à un sage de la Torah.
"Aimez-vous le kugel?" demanda le 'Hafetz 'Haim en réponse.
"Oui", répondit l’homme, surpris par la question.
"Votre femme prépare-t-elle du kugel pour le Shabbat?"
"Oui", répondit-il, de plus en plus perplexe.
"Et mangez-vous le kugel le soir du Shabbat?"
"Non", dit-il. "Je le mange le jour du Shabbat".
"Vous comprenez donc que cet honneur nous est également réservé dans le monde de la récompense", expliqua le 'Hafets Haim. "Si nous en jouissons dans ce monde, que nous restera-t-il dans le monde de l’éternité?"

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-> "Sachez que toute publicité autour d’une mitsva accomplie dissipe nos mérites.
C’est comme un billet de train déjà utilisé! …"
[Rav Chakh]

-> Qu'est-ce qu'une mitsva accomplie à la perfection?
Le rav Chakh disait souvent :
"[Il s'agit] d'une mitsva accomplie si discrètement qu'aucun de ceux qui sont là ne le sauront jamais.
Personne n'en sait rien, c'est là le mérite le plus grand, de loin plus élevé que celui de réunir des masses et de leur enseigner la Torah!

Car la sensation de "gloire" ou de tout autre plaisir escompté réduit considérablement la valeur d'un acte méritoire."

"Une mitsva doit être naki, propre, sans honneur, sans publicité.
Seul D. doit le savoir ...
Et il faut le faire pour Lui et pour rien d'autre ... c'est cela qui fait mériter la vie éternelle"

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-> Parfois, on a besoin de reprendre des forces dans notre service divin, et le regard positif d'autrui (en public) peut nous encourager, nous donner des forces pour repartir plus fort de l'avant dans notre relation personnelle avec Hachem.
Il est aussi nécessaire de faire des actes publiques afin d'impacter par l'exemple nos enfants. Notre comportement positif étant l'outil pédagogique le plus puissant.

-> Occasionnellement, il peut être utile de "composter" notre "billet de train" (mitsva) pour impacter positivement autrui :
- le fait que je donne en public (de l'argent, du temps, ...) va entraîner d'autres à donner ;
- le fait que je fasse publiquement une mitsva, va inciter d'autres à suivre l'exemple (ex: si lui il prie alors pourquoi pas moi!) ;
- partager la Torah à autrui ;
- ...

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-> Rabbi El'azar dit : Celui qui donne la tsédaka en cachette est plus grand que Moché Rabbénou.
[guémara Baba Batra 9b]

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-> Le Pélé Yoets explique que les actes et les conduites obéissant à la halakha peuvent être exécutés en public, mais ceux qui correspondent à des ajouts volontaires faits par piété doivent être accomplis dans la discrétion. Celui qui désire faire des 'houmrot doit le faire entre lui et lui-même, sans publicité.

-> S’appuyant sur le Zohar, le 'Hida écrit que, si quelqu’un publie ses bons actes, il reçoit ainsi sa récompense dans ce monde, tandis que, dans le suivant, il sera puni pour cela. Non seulement il ne recevra pas de récompense, mais en plus, il sera puni.
A l’inverse, celui qui cache ses bonnes actions, Hachem le protège et le cache, le mettant à l’abri des puissances impures, comme le souligne le verset : "Je veux ... suivre la droiture de mon cœur dans l’enceinte de ma maison ... Je déteste les agissements des pervers : rien de commun entre eux et moi" (Téhilim 101, 2-3).
Celui qui œuvre discrètement dans ce monde en sera grandement récompensé dans le suivant, en vertu de la promesse du verset : "Ah! Qu’elle est grande Ta bonté, que Tu tiens en réserve pour Tes adorateurs" (Téhilim 31,20).

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-> Le Sfat Emet résidait dans la ville de Gour où il étudiait la Torah jour et nuit et s'affairait au service d'Hachem. Il ne quittait jamais sa ville. Quand son épouse tomba malade, il voyagea avec elle à Vienne pour consulter les médecins.
Quand le Rav attendait le train dans la gare de Varsovie, ses disciples lui demandèrent de leur transmettre un enseignement avant de se séparer.
Alors le Sfat Emet leur dit : "On doit apprendre des enseignements pour le service Divin à partir de chaque chose. Mais que pouvons-nous apprendre du train?
La locomotive traîne, par la force de la vapeur, des dizaines de wagons, des centaines de personnes, des tonnes de marchandises. Mais d'où vient sa force? Quel est son secret?
Toute sa force vient du fait que la locomotive renferme en elle la vapeur sans la laisser s'échapper.
Il en est de même dans le Service d'Hachem. Plus une personne renferme en elle-même le feu de l'enthousiasme sans le laisser transparaître à l'extérieur, plus il recevra de la force et de la puissance dans le Service Divin!"