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"Les tardives (aatoufim - הָעֲטֻפִים) étaient pour Lavan et les précoces vont à Yaakov" (véaya aatoufim léLavan, véakéchourim léYaakov - Vayétsé 30,42)

-> Le rabbi de Kobrin commente ainsi ce verset :
"Atoufim" (les tardives [allusion à ceux qui sont loin, ceux qui font des fautes] ), "sont allées vers Lavan". Il s'agit d'une référence à Hachem, qui purifie le peuple juif de nos fautes et nous rend blancs (lavan).
Cependant, cela ne fonctionne que si "les kéchourim vont à Yaakov". Nous devons être liés (kachour) à un tsadik comme Yaakov. Si nous sommes liés à un tel tsadik (aux Yaakov de notre génération), nous serons purifiés et blanchis.

L’échelle – Bien utiliser l’argent

+++ L'échelle - Bien utiliser l'argent :

"Il rêva, et voici qu'une échelle était dressée sur le sol, et son sommet atteignait le ciel ; et voici que des anges de D. montaient et descendaient sur cette échelle" (Vayétsé 28,12)

-> Le Ben Ich 'Haï (Od Yossef 'Haï) relate une leçon à laquelle ce verset fait allusion :

La guémara (Erouvin 86a) dit que Rav Yéhouda haNassi honorait les hommes riches.
Le 'Hida (Pessa'h Einayim) cite le Arizal (séfer Halikoutim - Vayétsé) qui explique que la raison pour laquelle il honorait les riches est que la richesse est un don d'Hachem qu'Il envoie à des individus spécifiques. Si Hachem choisit une personne pour devenir riche, cet homme devient un réceptacle pour recevoir la bonté et la bienveillance d'Hachem sur une base constante.
Par conséquent, Rabbi honore les riches parce qu'ils ont le mérite d'être un récipient qui accepte constamment l'influence d'Hachem.
Puisque l'argent est un cadeau envoyé par Hachem, il faut accorder de la valeur à l'argent qu'Hachem lui donne. Il doit le traiter avec respect et ne pas le gaspiller pour des choses frivoles.
C'est la raison pour laquelle Yaakov est retourné chercher les petites jarres qu'il avait laissées derrière lui (guémara 'Houlin 91b). Puisque Hachem les lui a données, il les a traitées avec respect et n'a pas permis qu'elles soient jetées.

Il y a encore plus de raisons d'honorer les personnes riches si elles utilisent l'argent qu'Hachem leur a donné pour des bonnes choses. Quelqu'un qui gaspille son argent dans des maisons et des voitures de luxe n'est pas le type de personne riche qui mérite d'être honorée.
Mais si quelqu'un utilise son argent pour faire beaucoup de tsédaka, il mérite d'être honoré.

Hachem lui a fait don de cet argent. Il lui est descendu d'un lieu saint. S'il l'utilise correctement, il crée une sainteté dans ce monde qui s'élève dans les hauteurs, ce qui a pour effet de renvoyer plus de bonnes influences dans ce monde.

C'est ce que suggère notre verset. La guématria de "soulam" (l'échelle), est la même que la valeur numérique de "mamon" (l'argent).
Bien que l'échelle soit posée sur le sol, ce qui signifie que l'argent est une chose terrestre et matérielle, sa tête se trouve dans les Cieux, ce qui signifie qu'elle crée la sainteté au-dessus.

C'est pourquoi les tsadikim font attention à leur argent et le traitent avec respect. Ils savent qu'il a une source sainte et qu'il peut être utilisé pour la sainteté.

Le verset indique ensuite une deuxième raison pour laquelle l'argent est important.
"Les anges d'Hachem montaient et descendaient". Cela indique que des étincelles de sainteté et des âmes, qui peuvent prendre la forme d'une plante, d'un animal ou d'une personne, montent et descendent entre ce monde et l'autre par le biais de la mitsva de la tsédaka.
La sainteté est envoyée vers le haut lorsque les riches donnent la tsédaka et les âmes (néchamot) descendent dans ce monde pour bénéficier à l'humanité.

Protection par Hachem vs. protection par les anges

+ Protection par Hachem vs. protection par les anges :

"Et les anges d'Hachem le rencontrèrent [Yaakov]" (Vayétsé 32,2)

-> Les commentateurs demandent pourquoi Yaakov avait-il besoin d'être accompagné par des anges? Hachem n'avait-il pas promis à Yaakov : "Je serai avec toi et je veillerai sur toi" (Vayétsé 28,15)?
De plus, dans le rêve de Yaakov, Rachi explique que les anges descendant de l'échelle étaient là pour l'accompagner en dehors de la terre d'Israël, néanmoins, c'est dans ce même rêve qu'Hachem a informé Yaakov qu'Il serait avec lui et le protégerait. Le Zera Chimchon demande pourquoi Yaakov avait-il besoin de deux formes de protection (à la fois Hachem, et à la fois les anges)?

Le Zera Chimchon répond à ces questions par un concept très intéressant.

La protection accordée par les anges est différente de celle accordée par Hachem lui-même. Les anges qui protègent quelqu'un sont ceux créés par ses propres bonnes actions. Ils ont l'obligation de le protéger de tout mal. Ce type de protection n'enlève rien à ses mérites.
Cependant, la protection qu'il reçoit de ces anges n'est qu'en accord avec les lois de la nature. Les anges ne le protègent pas de manière surnaturelle.

En revanche, lorsqu'une personne mérite d'être protégée directement par Hachem, la protection est au-dessus des lois de la nature et la personne est protégée de manière surnaturelle.
Il en résulte que cette protection diminue sa récompense éternelle, comme l'enseigne la guémara (Shabbath 32a), à propos d'une personne sauvée par un miracle.

Cependant, lorsqu'un tsadik mérite une promesse spéciale d'Hachem qu'Il le protégera, comme Yaakov, ce type de protection est au-dessus des lois de la nature et ne diminue pas les mérites d'une personne, car sinon, quel serait l'intérêt d'une telle promesse?
Lorsqu'une personne mérite effectivement la protection directe d'Hachem, il n'est en réalité pas nécessaire que les anges la protègent.
La seule raison pour laquelle ils le font est celle que nous trouvons dans le Temple. La Michna (Midot 1,1 voir Ra'av) dit que le besoin de protection dans le Temple n'était pas pour s'assurer que les voleurs et autres ne pillent pas les richesses trouvées dans le Temple, puisque Hachem Lui-même veillait sur le Temple. Mais plutôt, la garde" des Cohanim et des Levi'im, était en réalité une "garde d'honneur".
Lorsque Hachem protège un individu, les anges qui l'accompagnent ne servent également que de "garde d'honneur".

Une autre différence entre la protection accordée par les anges et celle accordée par Hachem est la suivante. La guémara (Sotah 21a) enseigne que les fautes d'une personne peuvent effacer ses mitsvot.
["une mitsva est un bougie et la Torah est une lumière" (Michlé 6,23). La guémara dit qu'une faute peut éteindre le mérite d'une mitsva accomplie, mais une faute n'éteint pas le mérite de la Torah étudiée. ]
Par conséquent, les anges qui ont été créés par les mitsvot d'une personne, la protègent de la faute, pour leur propre bien, puisqu'ils ne veulent pas être rejetés de leur poste.
Cependant, lorsqu'Hachem protège une personne, même s'Il la sauve du yétser ara, Il ne lui retire pas son libre arbitre. Au contraire, Hachem renforce le yétser tov de la personne pour qu'elle l'emporte sur son yétser ara.

Une autre différence est qu'une fois qu'une personne a fauté, les anges qui la protègent s'éloignent d'elle et elle perd leur protection.
Cependant, lorsqu'Hachem protège un individu, même après qu'il ait fauté, par Sa miséricorde, Hachem donne à la personne l'espace et le temps de se repentir avant de la punir et de lui retirer sa protection.

Étant donné qu'il existe des différences entre la protection que l'on reçoit des anges et celle que l'on reçoit d'Hachem, le Zéra Chimchon dit que, dans certains cas, une protection bénéficie à la personne plutôt que l'autre.
C'est pourquoi Yaakov a mérité les 2 formes de protection (Hachem et les anges) afin de bénéficier des avantages des 2 formes de protection.

"Hachem a vu que Léa était dédaignée et il a ouvert son ventre" (Vayétsé 29,31)

-> Parfois, Hachem modifie délibérément la nature pour les tsadikim, les empêchant de bénéficier de ce qui se produirait naturellement. Il agit ainsi parce qu'il désire ardemment leurs prières. C'est pour cette raison que les Matriarches étaient stériles, afin qu'ils prient pour avoir des enfants. [guémara Yébamot 64a]
Cependant, Léa se tourna vers D. en prières pour ne pas avoir à épouser Essav. (Rachi - Vayétsé 29,17).
Puisqu'elle priait D. malgré tout, Hachem n'avait pas besoin de l'empêcher d'être enceinte puisqu'elle priait de toute façon.
[rabbi Lévi Its'hak de Berditchev - Kédouchat Lévi - Vayétsé 29,31]

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[on voit que Hachem désire nos prières (qu'on vide notre coeur à Lui, comptant à 100% sur Son aide), et en ce sens même lorsque tout va bien nous devons remercier et prier D. autant que possible, car ainsi il ne sera pas nécessaire de nous envoyer des difficultés dans le but qu'on se tourne vers Lui en prières. ]

"Ils (les bergers) lui (Yaakov) répondirent : "Tout va bien, et voici que sa fille Ra'hel (à Lavan) vient avec le bétail" (Vayétsé 29,6)

-> cela signifie que "grâce à sa fille Ra'hel qui vient avec le bétail - en référence au peuple juif - toutes les accusations et allégations sont annulées, et la paix règne en haut".
Ceci est expliqué dans le livre 'Hasdé Hachem (Imyan Chéloch Esré midot 25) : à chaque fois que la nation juive est en détresse, Ra'hel vient et crie pour annuler les décrets sévères.
[rabbi Lévi Its'hak de Berditchev - Kédouchat Lévi - Vayétsé 29,5]

Tout juif = un influenceur des sphères célestes

+ Tout juif = un influenceur des sphères célestes :

-> "Il [Yaakov] eut un rêve que voici : une échelle était fixée sur la terre, son sommet atteignit le ciel" (Vayétsé 28,12)

-> Le rabbi de Berditchev (Kédouchat Lévi - Vayétsé) dit que chaque juif est l'échelle la plus sainte du monde.
"fixée sur la terre" (moutsav artsa) = il semble que nous [les juifs] soyons "fixés sur la terre" ; nous marchons sur la terre ici-bas, nous occupant de nos obligations spirituelles dans ce monde physique, mais cependant "rocho maguia chamayma" (son sommet [litt. sa tête] atteignit le ciel) = nous ne pouvons pas commencer à imaginer l'effet que notre service a dans les sphères célestes là-haut.
Bien qu'il semble que nos actions n'affectent que notre situation terrestre, il n'en est pas ainsi ; nos actions atteignent les sphères célestes.

En fait, notre service revêt une telle importance que [dans la suite de ce même verset indique : ] "les anges montaient et descendaient le long de cette échelle" (mala'him Elokim olim véyor'dhim bo) = les anges eux-mêmes s'élèvent, ou à D. ne plaise, descendent en fonction des actions que nous entreprenons.

=> Savez-vous à quel point chaque juif est important?
Les saints anges d'en haut dépendent tous de moi et de vous! Une petite pensée pure et nous élevons des mondes et des forces qui ne peuvent être saisis ou imaginés. Un mot de Torah, et nous avons attiré la bénédiction sur toute la création. Une mitsva accomplie dans la joie, et les mondes spirituels sont plongés dans la lumière brillante de l'euphorie. C'est vraiment une chose incroyable à considérer.

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-> Le rav 'Haïm de Volozhin (Néfech ha'Haïm 1,3) écrit : C'est sous cette forme, pour ainsi dire, que D. a créé l'homme, lui donnant l'autorité sur des milliers et des milliers de pouvoirs et d'innombrables mondes, les plaçant entre ses mains.
Car il doit les diriger, selon les détails de ses actions, de ses paroles, de ses pensées et de toute sa manière d'être, que ce soit pour le bien, ou si D. le veut, pour le contraire.
Par ses bonnes actions, ses bonnes paroles et ses bonnes pensées, il soutient et renforce de nombreuses puissances et mondes célestes, leur ajoutant sainteté et lumière ... mais par ses mauvaises actions, paroles et pensées, il détruit de nombreuses puissances et mondes célestes, que le Miséricordieux ait pitié...".

-> Un Shabbath, rabbi Mendel de Kotzk a demandé à ses élèves : "Pour quelle raison sommes-nous sur terre?"
Ses élèves ont réfléchi un moment, puis ont répondu : "C'est simple! Nous sommes ici pour élever la terre en utilisant ce monde matériel dans un but spirituel, de sainteté."
Le saint rabbi de Kotzk a fermé ses yeux et il a bougé sa tête en signe de négation.
D'une voix forte, il a dit : "Est-ce que cela est tout pourquoi nous sommes ici : uniquement pour élever la terre?
Nous sommes ici pour élever le Ciel!"

b'h, suite de cela : notre but dans le monde : https://todahm.com/2021/11/07/notre-but-dans-ce-monde

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=> Bien que cela ne soit pas facilement visible, nous devons être extrêmement encouragés par le fait que nos actions affectent la création tout entière ; même les anges célestes dépendent des choix que nous faisons.

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+ Les synagogues au Ciel :

-> En raison de la grande aura de sainteté qui repose sur une synagogue, elle doit être traitée avec la révérence appropriée en s'abstenant de toute plaisanterie inutile à l'intérieur.
Nos Sages écrivent longuement sur ce point, et le Zohar (Raya Méhémna Béchala'h II) ajoute que chaque synagogue ici-bas sur terre est reliée avec un lieu de sainteté correspondant, ou une "synagogue", là-Haut au Ciel.
Les synagogues de la terre tirent leur sainteté des lieux de sainteté du Ciel.

[ainsi une synagogue peut sembler être une simple pièce (plus ou moins bien décoré) ne nécessitant pas de se comporter avec une crainte particulière, mais en réalité cet endroit est en parallèle avec un même lieu au Ciel (où ce que nous faisons s'y reproduit!). D'une certaine façon en y manquant de respect, c'est comme si nous le faisions dans les plus hautes sphères spirituelles au Ciel, au plus proche du Trône d'Hachem.
C'est cela la réalité, le juif le plus simple peut sembler sur terre, mais en réalité il est dans les mondes les plus élevés, face à face avec Hachem! ]

-> Rabbi Yaakov Abou'hatséra (Ma'hssof haLavan - Vayétsé) écrit qu'une indication à ce sujet peut être trouvée dans le verset du rêve de Yaakov : "Il rêva et vit une échelle dressée sur la terre et dont le sommet atteignait le ciel. Les anges de D. montaient et descendaient sur elle, et Hachem se tenait au-dessus d'elle" (Vayétsé 28,12-13).
Lorsque Yaakov se réveilla de son rêve, il réalisa que l'endroit où il avait dormi était le "Beit Elokim" (la Maison de D.).

Yaakov était en train de prévoir les synagogues que ses descendants construiraient.
Au-dessus de chaque synagogue sur terre, il a vu en parallèle un lieu de sainteté correspondant dans le Ciel.
L'échelle du rêve représente le lien entre les deux.
L'échelle se trouvait sur la terre, représentant la structure de la synagogue, qui est physique. Cependant, elle s'étendait jusqu'aux plus hauts sommets du Ciel, représentant le pouvoir des synagogues et des prières qui y sont prononcées d'atteindre les plus hauts sommets du Ciel.

Nous pouvons le voir dans la guématria du mot סלם (soulam - l'échelle), qui est le double de la gematria de היכל (hékhal - le sanctuaire). Cela représente les 2 sanctuaires qui sont parfaitement alignés l'un sur l'autre : l'un au Ciel et l'autre sur la terre.
Les anges montaient et descendaient sur cette échelle pour porter les prières des juifs jusqu'à notre Père céleste. Hachem se tenait au-dessus de l'échelle pour accepter nos prières avec bienveillance.

Prières & étude de la Torah

"[Yaakov] rencontra l'endroit et y passa la nuit parce que le soleil s'était couché " (Vayétsé 28,11)

-> Yaakov quitte Béer Cheva où il vit avec ses parents pour se rendre à 'Haran chez son oncle Lavan. Son motif est double, d’une part, échapper à la colère de son frère Essav qui cherche à le tuer depuis qu’il lui a "usurpé" la bénédiction de son père, et d’autre part, trouver une femme.
La guémara ('Houlin 91b) relate que lorsque Yaakov arriva à ‘Haran, il dit : "Est-il possible que je sois passé à l’endroit où mes pères priaient [le mont Moriah où eut lieu le "Sacrifice" [d’Its’hak] et que je n’y ai pas prié?"
Ainsi, dès qu’il décida de rebrousser chemin, la terre "s’est-elle contractée pour lui". Immédiatement, le verset déclare : "Et il rencontra l'endroit" (v.28,11), indiquant qu’il y arriva miraculeusement et se mit à prier sur le saint lieu.

=> On apprend de cet enseignement du Talmud que Yaakov Avinou connaissait l’importance et la sainteté qui régnaient dans ce lieu, et pourtant décida de ne pas s’y arrêter. Pourquoi cette volte-face une fois arrivé à destination? Et surtout pourquoi il n’y pria pas en y passant?

-> Le rav Moché Sternbuch rapporte l'explication suivante :
Yaakov, en chemin pour aller à la Yéchiva de Éver où il étudia durant 14 années (voir Rachi sur le verset cité), pensa qu’il n’était pas judicieux de s’arrêter prier au mont Moriah, car cela diminuerait le temps à consacrer à l’étude de la Torah. Mais en arrivant à ‘Haran, il revint sur sa décision, car il prit conscience que la prière est nécessaire pour l’étude de la Torah.
Pour cette raison, Yaakov se devait de retourner prier. En effet, l’étude de la Torah n’est pas une science comme une autre mais reflète l’intelligence divine, et sans l’aide d’Hachem, il est impossible de la comprendre véritablement!

Aussi, puisque Avraham et Its’hak s’étaient efforcés de prier en ce lieu (le Mont Moriah), celui-ci devenait-il l’endroit approprié pour qu’Hachem exauce la prière de Yaakov, L’implorant de l’aider dans son étude de la Torah. C’est donc pour cette raison que le Patriarche décida de rebrousser chemin.
Il bénéficia pour cela du miracle du "rétrécissement de la terre" (kfitsat hadérekh) qui exprima alors l’approbation et le ravissement de D.

Cette leçon apparait chaque jour dans notre prière. En effet, nous disons dans la bénédiction "Ahavat Olam" du Shéma de la prière du matin : "Et du fait que nos Pères ont eu confiance en Toi, et que Tu leur as enseigné les Lois de Vie pour faire Ta Volonté d’un cœur entier, aussi, fais-nous grâce, notre Père ... et mets dans notre coeur l’intelligence pour comprendre… toutes les paroles de l’étude de Ta Torah, avec amour".
Cela signifie que nos ancêtres n’ont pas mis leur confiance dans leur propre intelligence et discernement pour comprendre la Sagesse de la Torah, mais "nos Pères ont eu confiance en Toi", et ainsi, ils ont mérité que "Tu leur as enseigné les Lois de Vie pour faire Ta Volonté d’un coeur entier", car il n’est point possible de comprendre la Torah uniquement à l’aide des facultés humaines.

Aussi, prions-nous Hachem qu’Il nous envoie l’aide du Ciel indispensable pour la comprendre. C’est ainsi que nous agissons à l’instar de nos ancêtres et implorons Hachem de "mettre dans notre coeur l’intelligence pour comprendre ... toutes les paroles de l’étude de Ta Torah" afin qu’Il éclaire nos yeux dans Sa Torah.
Sachons prier chaque jour Hachem pour arriver à percer les secrets de Sa Sagesse et ainsi mériter la Délivrance procurée par le mérite de l’étude de la Torah.

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-> b'h, également sur "[Yaakov] rencontra l'endroit" : https://todahm.com/2017/12/11/5836-2

Yaakov dit à Lavan : "Donne-moi ma femme, car mon temps est accompli et je veux m’unir à elle" (Vayétsé 29,21)

=> Ce verset est difficile à comprendre car il parait évident qu’il est assez grossier de parler de la sorte, surtout pour Yaakov.

-> Le Ben Ich 'Haï (Vayétsé) explique :
En fait, le sens caché de cette phrase est beaucoup plus profond et il nous permet de comprendre un autre niveau d’union dans le couple.
Il est dit que lorsque un homme (ich - איש) et une femme (icha - אישה) le méritent, le Youd de ish et le Hé de isha s’unissent et forment le nom Ya’h (י’ה), ce qu’on traduit par le fait que la Présence Divine (Chékhina) réside avec eux.
S’ils ont ensuite un garçon, ils y rajoutent la lettre Vav, puis une fille et c’est pour finir la lettre Hé qui vient clôturer le nom Havaya (י-ה-ו-ה).

C’est justement l’allusion de notre verset, dans les mots : "et je veux m’unir à elle (véavoa éléa - ואבואה אליה) on peut lire en changeant les lettres de place :"j’amènerai le Vav et le Hé au Youd et au Hé" (ואבא ו’ה אל י’ה) c’est-à-dire, maintenant que mon temps de travail est finit, et qu’elle est devenue de fait ma femme (car le temps de travail était une condition aux Kidoushin - fiançailles), je veux enfin me marier et en ayant des enfants avec elle, amener l’union complète des lettres du Saint Nom Divin Havaya (י-ה-ו-ה).

"Yaakov sortit de Béer Shéva et alla vers 'Haran" (Vayétsé 28,10)

-> Le verbe employé pour dire que Yaakov "sortit" est : vayétsé (ויצא) qui est l'acronyme de la phrase : "vayéra Yaakov tsourat Aleph" (Yaakov voyait la forme du Aleph - וירא יעקב צורת אלף).

Le Mégalé Amoukot explique que c'est une allusion au fait que dans toutes ses tribulations, Yaakov ne vit jamais ni épreuve, ni souffrance, ni Essav, ni Lavan, ni Dina, ni Yossef, mais seulement la forme de la lettre Aleph (guématria = 1) qui évoque l'Unique : le Maître du monde (le Aloufo [אלופו] chel Olam).

Dans tout ce qui lui arriva, il sut qu’il n’existait rien d’autre que Lui, que tout était uniquement pour son plus grand bien, et de ce fait, Hachem était effectivement avec lui pour le protéger partout où il allait.

-> La lettre aléph (א) est composé d'un vav et de 2 youd, ce qui fait une valeur de 26, soit celle du Nom D. (יהוה) dans son Attribut de miséricorde.
Le roi David écrit : "Je mets constamment Hachem devant moi" (chiviti Hachem lénegdi tamid - Téhilim 16,8).
Ainsi quoiqu'il m'arrive je suis certain que cela vient d'Hachem, qui le fait dans Sa miséricorde totale.

-> Le Baal haTanya enseigne :
On observe dans cette lettre un point en haut, un point en bas et une ligne qui les relie (א) = c'est pour nous apprendre que nous devons relier le Haut avec le bas, en ayant conscience que chaque chose qui arrive ici-bas est précédé d’un décret En-Haut.
[Hachem est plein de miséricorde, tout est donc pour notre bien ultime!]

=> Comment parvenir à faire ce lien ?

Grâce à la ligne de la émouna qui doit nous rappeler à chaque instant que le moindre événement dans ce monde, fut-il le plus insignifiant, ne peut se produire sans qu’il ait été proclamé En-Haut.

-> Dans le Séfer Torah, la paracha Vayétsé a la particularité de ne comporter aucun espace entre les paragraphes.
[d'habitude les paragraphes de la Torah qui représentent un sujet en soi sont séparés les uns des autres par des espaces appelés "Pétou'ha" ou "Stouma", et ils sont signalés dans nos 'Houmachim par les lettres פ ou ס. La Paracha Vayétsé ne comprend aucune séparation de ce type]

Le Sfat Emet explique cette particularité par le fait que ces interruptions nous ont été transmises au mont Sinaï afin de nous donner le temps de réfléchir entre chaque sujet écrit dans la Torah.

Néanmoins, la paracha Vayétsé étant une succession ininterrompue d’épreuves affrontées par Yaakov, il n’était pas souhaitable de s’arrêter pour réfléchir entre chaque épreuve tout le temps où elles se succédaient. Il était plutôt préférable d’aller de l’avant armé d’une émouna simple et sans calcul.
C’est seulement après qu’elles soient toutes passées que l’homme pourra réfléchir à toutes les difficultés affrontées, et s’apercevoir alors que tout était pour son plus grand bien.

[le aléph renvoie à cette paracha qui est d'un bloc : nos bonheurs et nos malheurs viennent d'une seule et même source : notre papa Hachem!
On apprend également que lorsque la mer de notre vie est agitée, il faut savoir baisser la tête, laisser passer sans interruption la difficulté, plutôt que de se faire violence en essayant de comprendre ici dans ce monde le raisonnement d'Hachem. (il y aura le monde éternel de Vérité pour cela!)]

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-> Le Michméret El'azar nous enseigne :
Il existe une règle : tout celui qui a une confiance inébranlable que tout ce qu’Hachem accomplit est pour le bien, alors tous les décrets rigoureux le quitteront.

D’après cela, on peut expliquer ce qui arriva à Yaakov :
il se trouva dans l’adversité la plus totale jusqu’à parvenir au stade où la Torah dit à son sujet : "Il se coucha dans cet endroit", ce qui vient évoquer allusivement qu’il était comme incapable de bouger et sans espoir.
Du Ciel, il eut alors une vision : "Voici qu’une échelle était dressée sur la terre", lui signifiant que même si un homme est couché à terre cependant, "sa tête atteignait le Ciel" (il est en mesure de s‘élever).
Tout cela parce que "voici que des anges de Elokim" (Nom Divin lié à la Rigueur) "montaient et descendaient", que la rigueur domine l’homme ou bien qu’elle le quitte, cela ne dépend que de lui-même.
Il est écrit ensuite : "Et voici que Hachem se tenait au-dessus de lui et lui dit la terre sur laquelle tu es couché, Je te la donnerai à toi et à ta descendance", évoquant par cela que l’endroit même où tu pensais avoir perdu espoir (la terre sur laquelle tu es couché) est précisément ce qui te prépare à recevoir tout le bien que Je te destine.

La Torah conclut alors : "Yaakov se réveilla de son sommeil", il se réveilla de cette torpeur (due au manque d’espoir) et il dit : "De fait, Hachem (Nom Divin lié à la miséricorde) réside dans cet endroit et je ne le savais pas", signifiant ainsi que même ce qui semble être le comble du malheur pour un homme se transformera aussi en bien éternel.

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-> Le midrach (rabba, au début de Vayétsé) met en rapport le verset : "Yaakov sortit de Béer Chéva et alla (vayélé'h - וַיֵּלֶךְ) à ‘Haran" (Vayétsé 28, 10) avec celui : "Alors tu iras (télé'h - תֵּלֵךְ) sur ton chemin confiant"(Michlé 3, 23).

Le Sfat Emet explique que, bien que ce départ de Béer Chéva soit une fuite devant Essav, que Yaakov accomplisse par cela l’ordre de sa mère : "Lève-toi et fuis vers Lavan mon frère" (koum béra'h lé'ha él Lavan a'hi - Toldot 27, 43) et que la Haftara témoigne : "Yaakov prit la fuite" (vayivra'h Yaakov - Ochéa 12,13), il n’est toutefois pas écrit dans le verset de notre paracha : "Yaakov fuit de Béer Chéva" mais "Yaakov sortit de Béer Chéva".
Il n’est pas non plus écrit : "Il courut à ‘Haran", mais seulement "il alla à ‘Haran".

Cela pour nous enseigner que, même lorsqu’il fuyait la mort, Yaakov ne perdit pas son sang-froid et il alla en toute sérénité, tranquille et confiant, car il alla s’attacher à son Créateur avec une foi intègre.
Il gardait à l’esprit que cette marche vers ‘Haran n’était que la part d’effort personnel qu’il était tenu d’accomplir, mais sa pensée était constamment tournée vers le Ciel.

[Vayétsé : Yaakov voyait la forme du Aleph, que même si nous sommes en apparence entourés de problèmes, tout n'a qu'une origine première : Hachem, car rien ne peut se passer sans son accord.]

En effet, car de toute façon, rien ne pouvait lui arriver qui n’avait pas été décrété d’En-Haut et, à l’inverse, rien de ce qui avait été décrété sur lui d’En-Haut ne manquerait de s’accomplir.
Dès lors, que pouvait lui apporter de fuir dans la panique?

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-> "Et voici, Je suis avec toi ; Je te garderai partout où tu iras" (Vayétsé 28,15)

-> Le Yétev Lev explique que tant que nous sommes persuadés que Hachem est avec nous (abordant la vie avec émouna), alors nous sommes protégés, et rien de mal ne peut nous arriver.

-> Le rabbi 'Haïm de Volozhin (Néfech ha'Haïm - Chaar 3, Chap.12) écrit :
"Il existe un moyen miraculeux pour un homme de se débarrasser de tous les mauvais décrets et de les annuler, et d’empêcher également une personne de vouloir lui nuire, de telle sorte qu’elle ne puisse avoir aucune emprise sur lui ni lui faire subir son influence : qu’il fixe dans son cœur les pensées suivantes : ''Hachem est le D. véritable et il n'existe aucune autre force au monde ni dans les mondes. Tout est rempli seulement de Son Unicité la plus simple". Il doit également annuler entièrement toute force et volonté au monde pour se soumettre et attacher la pureté de sa pensée au Maître Unique Béni-Soit-Il uniquement.
Alors, Hachem lui apportera la réussite, et de fait, toutes les forces et les volontés qui pesaient sur lui s'annuleront et ne pourront pas le moins du monde agir à son encontre."

-> Vayétsé : Yaakov voyait la forme du Aleph.
En toute situation, plus nous sommes capables d'y voir Hachem, qui n'est que bontés, plus nous avons la capacité d'adoucir la Rigueur qui est sur nous : en allégeant nos souffrances, voir en les faisant disparaître.

Le Noam Elimélé'h (Vayichla'h) enseigne que le "Din" (le jugement, la punition, Rigueur) peut se transformer en compassion lorsque nous ajoutons devant toute chose le aleph.
En effet, le דין avec un א devant correspond au Nom Divin : אדני.

=> Mettre Hachem dans sa vie, c'est dissoudre la Rigueur qui nous est destinée et la transformer en Miséricorde.

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-> Sur la mézouza il y a le nom Divin Sha-daï, et c'est l’acronyme de : "Shomer Daltot Israël" (Gardien des portes d’Israël).

A chacun de nos passages, cela doit être un rappel que Hachem nous protège en permanence.
Il est écrit : "Donnez de la force à Hachem" (ténou oz lélokim - Téhilim 68,35) = ainsi plus nous consolidons notre confiance en Hachem, plus nous Lui donnons de la capacité de nous sauver, garder de tout mal!

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-> "Le matin arriva et voici que c’était Léa" (Vayétsé 29,25)

Suite à cette tromperie de Lavan, il n’est pas mentionné alors que Yaakov s’irrita (alors que la tromperie était énorme, et d'autant plus émotionnellement, au regard du très fort amour qu'il avait pour Ra'hél).
D'ailleurs lorsqu’il s’adressa à Lavan, ce fut en ces termes : "Il lui dit : pourquoi m’as-tu trompé?"
Le mot employé pour exprimer qu’il lui "dit" (vayomer - וַיֹּאמֶר) est un langage de parole douce, comme si sa question concernait une tierce personne et ne le touchait pas personnellement.

Cela ne fut possible que parce qu’il était convaincu que ce n’était pas Lavan qui se tenait devant lui qui avait interverti Ra’hel avec Léa, mais le Hachem Lui-même.
Vu que tout est pour le bien, il était donc certain qu’un bien immense allait naître de cette situation dans l’avenir.

Et c'est ce qui se passa car cette tromperie entraîna que Ra’hel fît don de sa personne en allant contre sa nature et transmit les signes à sa sœur pour lui éviter un terrible affront. C’est ensuite précisément par ce mérite qu’elle put elle-même donner 2 fils à Yaakov, comme il est écrit : "Et D. se souvint de Ra’hel ... et ouvrit sa matrice." (Rachi explique : Il se souvint qu’elle avait transmis les signes à sa sœur).
[sans cela elle n'aurait peut-être pas eu d'enfants, aucune tribu à la base du peuple juif ...]

De plus, ce mérite intercédera en faveur de sa descendance, lors de la Délivrance finale, puisque D. lui promit grâce à cela : "Tes fils reviendront dans leurs frontières" (Yirmiyahou 31,15)
Il s’avéra donc qu’il n’y avait aucune raison de s’irriter contre Lavan, car par sa tromperie, ce dernier ne faisait qu’accomplir le dessein bénéfique du Créateur pour son peuple et toute sa descendance après lui.

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[Selon le Néféch Yéhoudi, Ra'hel dit à Hachem : voici que moi, j'ai mis de côté ma volonté, j'ai eu pitié pour ma sœur (lui évitant toute honte), j'ai sacrifié ma vie et accepté de voir une autre à côté de mon mari en prenant même le risque de ne jamais l'épouser.

Hachem lui répond : c'est là un mérite qui m'oblige à accepter la situation et à revenir résider parmi les juifs malgré leurs attirances étrangères.
Ce mérite permet à toute époque d'apaiser la "jalousie" d'Hachem, et de lui demander d'être proche de nous, même si nous nous éloignons de Lui.]

"Yaakov eut très peur et fut angoissé" (Vayétsé 32,8)

-> Le Daat Zékénim miBaalé haTossefot explique que l'angoisse de Yaakov était due au fait même qu'il avait éprouvé de la peur [apprenant la venue d'Essav avec une armée imposante prête à l'attaquée] et qu'il ne s'était pas reposé sur la promesse d'Hachem : "Je serai avec Toi et te protègerai partout où tu iras" (v.28,15).
En effet, celui qui se repose sur Hachem bénéficie en retour de Sa protection.
Comme il est écrit (Téhilim 27,3) : "lo yira libi im takoum alaï mil'hama" = mon cœur n'aura pas peur lorsqu'il m'arrivera une guerre. [Comment cela?] ; "bézot ani botéa'h" = en cela [Hachem] je crois [grâce à cette confiance, alors Hachem me soutiendra et me viendra en aide.]

Le Daat Zékénim lit ainsi le verset : "Yaakov eut très peur", et cela a provoqué qu'il "fut angoissé", car il aurait dû avoir une confiance totale dans la promesse d'Hachem.

-> Le Ibn Ezra écrit : Saches que toute faute est d'autant plus grande que celui qui la commet est grand. Une faute légère chez un grand homme s'appelle une grande faute.

Yaakov a eu peur d'avoir fait une erreur dans la pensée de façon involontaire, et à cause de ce manque de perfection dans sa pensée, peut-être qu'Hachem ne sera pas avec lui lors de sa rencontre contre Essav.

Par exemple, le midrach (Béréchit rabba 75,11) dit que Yaakov sera puni d'avoir appelé 8 fois Essav : "son maître", et de s'être appelé lui-même : "ton serviteur".
En effet, Hachem avait béni Yaakov par la bénédiction : "le plus âgé servira le cadet".
Pour les 8 fois où Yaakov a dit "mon maître", il y aura 8 rois chez Essav avant même qu'il y ait un roi en Israël.

-> Par exemple le rav 'Haïm de Volozhin (Néfech ha'Haïm - chaar 3, chap.12) enseigne que si l'on fixe dans notre cœur que : ''Hachem est le D. véritable et il n'existe aucune autre force au monde ni dans les mondes. Tout est rempli seulement de Son Unicité la plus simple", alors Hachem lui apportera la réussite, et de fait, toutes les forces et les volontés qui pesaient sur lui s'annuleront et ne pourront pas le moins du monde agir à son encontre."

[Ainsi, plus Hachem est grand à nos yeux (même dans nos épreuves), plus nous Lui donnons les moyens de faire de grandes et belles choses dans notre vie!]

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-> Rabbi Its'hak de Volozhin explique que Yaakov a dit : "katonti" = ma émouna et mon bita'hon ont diminué.

Il y a 20 ans lorsque je suis venu à 'Haran, j'ai traversé le Yarden uniquement avec mon bâton, et j'étais certain que Hachem allait me sauvé.
Mais maintenant, je divise mon troupeau en 2 groupes, car j'ai peur d'Essav.

[Yaakov se réprimande car (à son niveau de confiance en D.), il ne devrait avoir absolument aucune peur d'Essav, venant le tuer avec une grande armée équipée.]

[En effet, lorsque Yaakov a reçu les bénédictions, et qu'il a fui Essav, il est écrit :
- dans la haftara de Vayétsé : "Yaakov s'est enfui vers le champs d'Aram" (vayivra'h Yaakov - Ochéa 11,13) ;
- mais lorsque la Torah aborde ce même épisode, elle décrit : "Yaakov est sorti de Béer Chéva et alla à 'Haran" (Vayétsé Yaakov - Vayétsé 28,10).
=> Comment comprendre cette apparente contradiction?

Le Sfat Emet explique que la Haftara décrit comment Yaakov était en apparence, extérieurement on le voyait comme fuyant un grand danger.
La paracha nous parle des sentiments à l'intérieur du cœur de Yaakov : il était calme et baignait dans une parfaite confiance en Hachem.]

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-> Quelques versets après, il est écrit : "Yaakov resta seul" (Vayétsé 32,25).
Le Rachbam explique que Yaakov essayait de fuir, pour éviter de rencontrer Essav.

Dans la suite de ce verset : "un [ange] lutta avec lui".
Le Rachbam explique que l'ange se bagarrait avec lui pour le retarder et éviter qu'il ne s'échappe, afin qu'il puisse voir la réalisation de la promesse d'Hachem qu'Essav ne lui causera aucun mal.

-> En apprenant qu'Essav venait à sa rencontre avec son imposante armée pour l'attaquer : "Yaakov eut très peur et fut angoissé" (v.32,8)

Le Ritva commente que cette crainte déplacée va se terminer par une conséquence : "le creux de la hanche de Yaakov se luxa tandis qu'il luttait avec lui" (v.32,26).
C'est une punition pour ne pas avoir mis toute sa confiance dans les paroles d'Hachem : "Je suis avec toi, Je te garderai partout où tu iras" (ouchmarti'ha bé'hol acher télé'h).

=> Le Ritva affirme que les craintes et la peur attirent sur l’homme la manifestation de la rigueur.

-> "Il vit qu'il ne pouvait le vaincre et frappa aux creux de sa hanche" (v.32,26)
Le rabbi de Zoutchka explique que l'ange ne pouvait faire aucun mal à Yaakov, car Hachem avait promis à Yaakov de le protéger.
Que fit alors l'ange d'Essav, puisqu'il n'avait pas la possibilité/droit de nuire à Yaakov?
Il enserra Yaakov très fort sans lui faire le moindre mal (car il ne lui avait pas été défendu de l'enserrer de la sorte).
Si Yaakov l'avait compris, il n'aurait alors subi aucun préjudice.
Néanmoins, il pensa combattre l'ange et répondit à son geste. Ce faisant, il se luxa la cuisse.

=> C'est pour cela qu'il est écrit : "La cuisse de Yaakov se luxa dans sa lutte avec lui" (v.32,26), car c'est précisément à cause de sa lutte et des mouvements qu'il accomplit, que sa cuisse se compressa et qu'il se provoqua lui-même ce dommage.

[évidemment que nous n'avons aucune conscience du niveau phénoménal de Yaakov et à aucun moment nous ne pouvons émettre un avis sur l'attitude de Yaakov. Cependant, à notre niveau cela doit nous inciter à toujours tendre à avoir 100% confiance en Hachem, et alors nous n'aurons plus rien à craindre quoiqu'il puisse se passer dans notre vie.
En effet, plus nous avons de la émouna, plus nous "donnons" de la force à Hachem d'agir en notre faveur! ]

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-> b'h, davantage sur le fait qu'avoir des pensées négatives, entraîne des choses négatives dans notre vie : https://todahm.com/2020/03/31/13093-2

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-> Le Sforno écrit : "Grâce à son attachement permanent à Hachem, aussi bien dans sa pensée que dans ses paroles, Yaakov était préservé même de l'ange d'Essav.
Dès lors, comment fut-il blessé à la cuisse?

L'ange lui dévoila la faute des dirigeants de son peuple (il lui révéla que ses descendants, ainsi que leurs dirigeants, allaient fauter), et à cause de l'inquiétude qu'il en éprouva, son attachement fut interrompu, et l'ange en profita pour luxer la hanche de Yaakov."

[cela est une autre illustration du fait que Yaakov, "paya" chaque faille de émouna, à son niveau.
De même, la tâche principal de notre yétser ara est d'introduire en nous du désespoir, du manque de émouna en nous (je suis nul, je ne vaux rien), de la manque de émouna en Hachem, ... car ainsi Hachem a alors moins de force pour venir nous aider (que D. nous en préserve). ]