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"Efraïm et Ménaché, comme Réouven et Chimon seront à moi" (Vayé'hi 48,5)

-> Le 'Hida (Rabbi 'Haïm Yossef David Azoulaï) enseigne à ce sujet :

"De nombreuses personnes comparent les valeurs numériques de 2 choses, et assez souvent ils ont un écart de 1. Cependant, nous disons que les 2 sont comparables, puisque nous ajoutons le kollel (possibilité d'ajouter un pour le mot lui-même).

Nous trouvons ici une allusion :
- la guématria de : "Efraïm et Ménaché" (אֶפְרַיִם וּמְנַשֶּׁה) est de 732 ;
- la guématria de : "Réouven et Chimon" (רְאוּבֵן וְשִׁמְעוֹן) est de 731.

Bien qu'en apparence, il y a une différence d'une unité, "ils seront à moi" (יִהְיוּ-לִי) = Yaakov montre qu'ils sont les mêmes pour lui."

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-> Le Méam Loez (Vayé'hi 48,5) rapporte que Yaakov a dit à Yossef :
"Efraïm et Ménaché seront comptés comme mes propres fils et chacun recevra une part de la terre de Canaan.

Je désire encore te révéler un autre secret important, mon fils.
Les pensées qu'un couple nourrit lors des relations conjugales peuvent influencer la nature de l'âme transmise à l'enfant conçu à ce moment.
A l'instant précis des relations, une âme descend pour l'enfant, et se tient près de la tête de chaque parent.
Si on bénéficie d'un mérite particulier, on peut voir effectivement cette âme.

J'étais censé engendrer 14 fils. Efraïm et Ménaché devaient être mes fils, conçus par Bil'a comme des jumeaux.
Mais à cause d'un péché mineur commis par Réouven, qui avait déplacé mon lit de la tente de Bil'a à celle de Léa, ces âmes ne descendirent pas lorsque je connus Bil'a.
La Providence Divine décréta que ces âmes demeureraient dans les cieux jusqu'au jour où tu épousas Asnath. Elles furent alors engendrées par toi.

C'est pourquoi je peux dire que tes fils sont pareils à Chimon et Réouven. Ils sont véritablement mes enfants, puisqu'ils devaient être engendrés par moi."

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-> Yaakov a placé son lit dans la tente de Bil'a, ayant su par prophétie que 2 fils devaient encore naître.
En déplaçant le lit de Yaakov, Réouven a empêché la venue au monde de ces 2 fils, et c'est à Yossef qu'ils sont nés.
Efraïm et Ménaché auraient dû être les fils de Yaakov et son choix est donc parfaitement approprié
[Malbim - Vayichla'h 45,22 au nom du Arizal].

D'après certaines opinions (ex: le Rokéa'h), Yaakov devait avoir d'autres enfants mais à la suite de son combat avec l'ange d'Essav, il n'a plus pu en avoir.

"Le sceptre ne quittera jamais Yéhouda, ni l'autorité de sa descendance" (Vayé'hi 49,10)

-> "Tout homme qui affirme descendre de la lignée de 'Hachmonaï ne peut être qu'un esclave, car pas un seul ne survécut."
[guémara Baba batra 3b]

Les 'Hachmonaïm se dévouèrent corps et âme pour la cause du kidouch Hachem, puisqu'ils agirent afin de rétablir la gloire du Nom divin aux yeux des nations.
Ils célébrèrent même des miracles qui se sont déroulés à leur époque en instaurant des mitsvot particulières, qui sont encore fêtées chaque année à 'hanoucca.

Cependant, le Ramban fait remarquer qu'appartenant eux-même à la tribu de Lévi, ils s'arrogèrent le statut de roi, et démentirent, transgressèrent en cela la bénédiction faite par Yaakov : "le sceptre ne quittera jamais Yéhouda".

=> Ainsi, si un léger écart de conduite peut entraîner des conséquences si terribles, et ce à une famille si prestigieuse, combien nos actes vertueux, même minimes et insignifiants, donneront lieu à des récompenses incommensurables!

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-> Le Saba de Kelm dit à ce propos : si celui qui transgresse une bénédiction de Yaakov mérite un tel châtiment, même quand il sanctifie le Nom de D., jusqu'où alors peut arriver le châtiment de ceux qui transgressent la bénédiction de Hachem, et à plus forte raison la malédiction de Hachem, surtout quand ils ne sanctifient pas le Nom de Hachem, mais au contraire le profanent.

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-> "Yéhouda, c'est toi que tes frères reconnaîtront" (Vayé'hi 49,8)

Yaakov a béni Yéhouda par la royauté.
Il est écrit dans les Pirké Avot (6,6) : "La Torah surpasse la prêtrise et la royauté, car la royauté est acquise par 30 vertus et la prêtrise par 24, tandis que la Torah est acquise par 48 vertus."

La guématria de : Yéhouda (יְהוּדָה) est de 30, comme le nombre de vertus nécessaire pour acquérir la royauté.
[Rabbi David Feinstein - Kol Dodi]

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-> Le Kli Yakar enseigne :
"Yéhouda, tes frères te reconnaîtront, parce que toi Yéhouda, tu as reconnu la vérité dans l’histoire de Tamar, comme le montre le nom Yéhouda, donc mesure pour mesure, tes frères reconnaîtront que la royauté est à toi.
Parce que tu n’as pas eu honte de reconnaître la vérité, tes frères n’auront pas honte de reconnaître cette vérité qu’à toi seul convient la royauté."

-> "Yéhouda est un jeune lion, de la proie de mon fils tu t'es relevé" (49,9)
Rachi explique : "De ta proie : du fait que je t’ai soupçonné à propos de "Yossef a été une proie, une bête féroce l’a dévoré", c’est Yéhouda, qui a été comparé à un lion ; tu es monté : tu t’en es détourné et tu as dit "à quoi servirait-il de tuer notre frère ?"
De même, au lieu de laisser tuer Tamar, il a reconnu : "elle est plus juste que moi"."

Le Kli Yakar commente : "Yéhouda est un jeune lion. Bien qu’il soit comparé à un lion qui a l’habitude de déchirer ses proies, de ta proie, mon fils, tu es monté, tu n’as pas été d’accord pour que Yossef soit déchiré, mais tu es monté, tu as regardé plus haut que tes frères, ainsi qu’il est écrit : "Yéhouda descendit de ses frères" (Vayéchev 38,1), ce qui signifie qu’il s’est séparé d’eux, il ne voulait pas faire partie de leur groupe."

Le rav David Pinto dit : "Nous constatons que Yéhouda, dans sa conduite jusqu’à présent, avait prouvé que personne n’était plus digne de la royauté que lui.
Quand ses frères décident qu’il faut tuer Yossef, il ne s’incline pas, la majorité ne réussit pas à lui imposer son
avis, car il est clair pour lui qu’un tel acte ne convient pas, c’est pourquoi malgré la grande difficulté que cela comporte, il leur tourne le dos, "de la proie de mon fils tu t'es relevé", jusqu’à ce qu’ils tombent d’accord avec lui.
Ce même trait de caractère apparaît dans l’histoire avec Tamar. Il maîtrise parfaitement son langage et reconnaît
la vérité, malgré tout ce que cela implique. Bien qu’il risque maintenant de perdre son statut aux yeux du peuple, cela ne lui fait pas peur, il dit "elle est plus juste que moi" ...

Yéhouda était, par nature, un roi!
Il régnait sur ses membres, il régnait sur ses désirs et ses volontés ... c’est lui qui est digne de
diriger et de conduire, c’est lui qui est digne de se tenir à la tête du peuple et d’être pour lui un exemple.
Certes, Yossef aussi, quand il était chez Potiphar et qu’il est sorti vainqueur des nombreuses épreuves auxquelles
il a fait face, était digne de la royauté, comme les tribus l’ont constaté en Egypte, encore avant de savoir qui il était. Mais il n’était pas arrivé au niveau de "elle est plus juste que moi" (Yéhouda à propos de Tamar)."

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-> Yaakov soupçonnait Yéhouda plus que ses autres fils, car étant destiné à la royauté il avait plus de raisons de se sentir menacé par les rêves de Yossef. [Gour Arié]

-> Selon le Tour, Yaakov faisait prophétiquement allusion au descendant le plus illustre de Yéhouda : David, qui encore jeune montrera sa force et son courage en tuant un lion et un ours (Chmouël I 17,34 et suivant).

-> Le Zohar (Lé'h Lé'ha 89) enseigne que le nom יְהוּדָה (Yéhouda) se compose des lettres du Nom d'Hachem יהוה avec en supplément la lette dalét - ד , cette dernière faisant allusion au roi David (דוד), descendant de Yéhouda.
=> Pourquoi le Nom Divin entoure celui du roi David?

-> Les Sages nous ont enseigné que les événements se déroulant entre Yéhouda et Tamar étaient orchestrés par le Ciel, afin de rapprocher la délivrance, comme il est expliqué dans la guémara (Makot 23b) : "Yéhouda reconnut et dit : elle a raison, c'est de moi" (Vayéchev 38,26). Une voix céleste sortit du Ciel et proclama : "De Moi sont sorties les conquêtes".

Rachi explique que cela signifie : "c'est de Moi que sortiront 2 enfants qui vont conquérir le monde. Et en effet, dans le futur règneront le roi David, et le roi Machia'h".
Il est également expliqué dans le midrach (Béréchit rabba 85,1) : "Ce fut à cette époque, Yéhouda descendit d'auprès de ses frères" (Vayéchev 38,1). Rabbi Chmouel Bar Na'hman enseigne que les tribus étaient affairées dans la vente de Yossef, Yossef s'était consacré à jeûner et a revêtu un cilice, Réouven s'était consacré à jeûner et a revêtu un cilice, Yaakov s'était consacré à jeûner et a revêtu un cilice, Yéhouda s'était affairé à prendre une femme, et Hachem était occupé à créer les lumières du roi Machia'h".

-> Nos Sages enseignent : une grande néchama (âme) ne peut descendre dans le monde qu'en empruntant des voies tortueuses, en forme de labyrinthes, et ce, afin de tromper les forces du mal. Celles-ci ne peuvent ainsi formuler d'accusation et empêcher la venue au monde de cette âme spéciale.
Comme l'exprime clairement le Arizal (Likouté Torah Iyov) avec la sainteté de son langage :
"Lorsqu'une âme est très précieuse et de grande valeur, elle doit venir dans le monde parmi les forces de l'impureté ... Celles-ci se nourrissent de cette âme, et ne lui laissent aucun répit ... Leur intention est de rendre cette âme impure afin qu'elle reste constamment entre leurs mains et en leur pouvoir. Ainsi, la néchama est déposée en un endroit défectueux précisément (par les forces d'impureté) afin qu'elle puisse s'y détériorer davantage".

=> Pourquoi la Providence agit-elle ainsi? Pourquoi donc ces saintes âmes (néchamot kedochot) descendent-elles dans notre monde, dans des endroits qui sont, à nos yeux, discutables?
Le Sifté Cohen répond que Hachem a agencé le monde de cette manière afin que puisse venir le roi Machia'h, car au vu de la situation, le Satan n'est pas sur ses gardes et n'accuse point. En effet, le Satan pense que le roi machia'h ne peut provenir d'une union interdite, mais seulement d'une voie sainte et limpide ; aussi, il détourne son attention de cette sainte âme et la laisse descendre sur Terre dans notre monde.

Rabbi Méir de Prémichlan nous rapporte une allégorie à ce sujet : lorsqu'un commerçant, qui détient des marchandises de grande valeur, souhaite passer la frontière d'un pays sans payer d'impôts, il jette alors de la boue et de la terre sur toute sa marchandise, si bien qu'elle devient sale et nauséabonde. Ceci afin que les douaniers pensent que la marchandise est défectueuse et abîmée, donc sans valeur. Ainsi ils accepteront de le laisser entrer dans le pays sans payer d'impôts, car la marchandise obsolète est non imposable.
Une fois qu'il est entré dans le pays avec sa marchandise, il lui suffit de la laver et elle redevient propre comme elle l'était au départ ...

-> Le Bné Yissa'har (Tichri maamar 10) enseigne : "Sache que, par l'intermédiaire de la lumière encerclante, s'enfuient toutes les forces du mal, comme il est écrit : "Tous les peuples de la Terre verront que le Nom d'Hachem est invoqué sur toi et te craindront" (Ki Tavo 28,10) - "Le Nom d'Hachem est invoqué sur toi" = cela évoque précisément de la lumière qui nous encercle."
La source des propos de cet enseignement se trouve dans le Arizal (Chaar haKavanot daf 2), qui écrit : "Il n'y a rien qui puisse repousser les klipot (les forces de l'impureté) comme la lumière encerclante, car les forces du mal n'ont aucune emprise et ne peuvent se nourrir de la lumière encerclante"
Nous apprenons ici que le Nom d'Hachem (יהוה) symbolise la lumière encerclante, celle qui fait fuir les forces de l'impureté.

Le rav Pin'has Friedman commente :
À présent, nous comprenons pourquoi le Nom d'Hachem (יהוה), symbolisant la lumière encerclante, entoure la lettre dalet (ד) du nom Yéhouda (יהודה). Cela fait allusion au fait que le Nom d'Hachem encercla la néchama de David (דוד) de toutes parts, afin de la protéger des forces négatives. Et de la sorte, ces forces néfastes ne pourront jamais prendre le contrôle sur elle.

"Le Nom d'Hachem encercla la néchama de David (דוד) de tous les côtés". En hébreu, la lettre hé (ה) est constituée de 2 lettres assemblées : la lettre dalet (ד) en haut à droite et la lettre youd (י) inversée en bas à gauche.
Ainsi le Nom d'Hachem (יהוה) comporte en réalité 3 lettres youd dont 2 dissimulées à première vue : la première lettre qui est un youd classique, et les deux autres youd qui, avec le dalet, constituent les deux lettres hé. Si l'on retire ces 3 youd du Nom d'Hachem, on retrouve le nom David (דוד).
C'est par Yéhouda que naîtra le roi David et par lui descendra le Machia'h. Cette démonstration corrobore cette idée puisque ces 3 youd retirés du Nom d'Hachem ont pour valeur numérique 3 x 10 = 30 qui est la valeur numérique de Yéhouda (יהודה).

Dorénavant, nous comprenons pourquoi la Providence dirigea les événements de sorte que Yéhouda épousa Tamar en lui confiant son sceau portant le nom Yéhouda. Car de cette union naîtra le Machia'h ben David. Comme il est expliqué dans le Zohar Hakadoch (Lé'h Lé'ha 81) : "Le Roi David vit pour l'éternité et il sera le Roi Machia'h".
En effet, l'âme si précieuse du Machia'h ben David nécessitait une protection particulière. D'où la nécessité de la bague donnée par Yéhouda à Tamar, sur laquelle était inscrit le nom de Yéhouda (יהודה), formé des 4 lettres du Nom d'Hachem (יהוה), dont la lumière entoure la lettre dalet (ד) qui fait, elle, allusion au Roi David (דוד).

=> Désormais s'éclaircit également la profondeur des paroles de Rabbi Chimon Bar Yohaï, lorsqu'il commente la bénédiction de Yaakov notre patriarche à Yéhouda : "Yéhouda, toi, tes frères te reconnaîtront" (Vayé'hi 49,8) = tout le peuple juif sera appelé par ton nom : Yéhouda (Yéhoudim), et non par le nom d'une autre tribu.
Ceci vient nous enseigner que, de la même façon que le nom de Yéhouda contient le Nom d'Hachem, celui-ci enveloppant et protégeant l'âme de David, il en est de même pour tous les juifs. Lorsque nous observons la Torah et les mitsvot, nous sommes nous aussi entourés de lumières encerclantes qui soumettent nos ennemis, comme il est écrit : "Tous les peuples de la Terre verront que le Nom d'Hachem est invoqué sur toi et ils te craindront" (Ki Tavo 28,10).

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-> "Yéhouda est un jeune lion (gour aryé)"

Il est écrit : "Ar'yé (אריה) chaag mi lo yira" (Un lion rugit, qui n’aurait pas peur? – Amos 3,8).
Le mot "ar'yé" (lion – אריה) renvoie aux yamim noraim (jours redoutables) :
– le א = renvoie à : אלול (Elloul) ;
– le ר = renvoie à : ראש השנה (Roch Hachana) ;
– le י = renvoie à : יום הכפורים (yom aKipourim) ;
– le ה = renvoie à : הושענה רבא (hochaana rabba).

=> Les enfants de Yéhouda, qui sont Israël, doivent faire particulièrement attention (yagourou) à se repentir pendant ces jours-là.
[Zéra David]

[Ces 4 convocations saintes sont des rugissements du lion (D.) nous conduisant à nous blottir dans Ses bras, suite au fait de réaliser qu’Il est notre unique refuge, qu’Il est Le seul à pouvoir véritablement nous aider/sauver à tout moment de notre vie.
Pendant que le monde continue à tourner comme si de rien n’était, nous, juifs, devons saisir cette immense chance d’entendre le lion rugir, afin de pouvoir donner un nouveau souffle à notre vie : dans la pureté, dans la plénitude, dans la joie/shalom, …]

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-> "Yéhouda, toi que tes frères reconnaîtront" (Vayé'hi 49,8)

-> Le midrach (Béréchit rabba 98,6) explique cette bénédiction de Yaakov à son fils :
"Yéhouda, toi, tes frères te reconnaitront" = Rabbi Chimon Bar Yo'haï enseigne : tous les autres frères seront appelés par le nom de Yéhouda (Yéhoudim = Juifs). Aucun homme ne dira : je suis Réouveni, je suis Chimoni, mais seulement je suis Yéhoudi (Juif)".

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Dans les bénédictions de Yéhouda, on ne trouve pas du tout la lettre zayin, parce que zayin signifie "arme".
Bien que la bénédiction de Yéhouda soit de remporter de nombreuses victoires militaires, son succès ne sera pas dû au maniement des armes mais à la Main d'Hachem.
[rabbénou Bé'hayé]

"Que l'ange qui m'a délivré de tout mal" (amala'h agoél oti mikol ra - Vayé'hi 48,16)

-> Rachi : "L’ange qui m’est envoyé habituellement dans ma détresse"

-> Le 'Hidouché Harim de commenter : "Toute détresse ne peut venir que s’il est possible de s’en sortir.
C’est ce que dit ce verset, le mal ne peut exister que s’il est possible d’en être libéré."

Avant même de nous envoyer une difficulté, Hachem en a déjà préparer la solution.
=> Un juif ne peut jamais se dire : c'est fichu, je suis perdu!

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-> "Qu’il perpétue mon nom et le nom de mes pères Avraham et Its'hak" (48,16)

Le Béér Moché s’étonne: Pourquoi Yaakov a-t-il fait passer son nom avant celui de ses pères Avraham et Its'hak?

Le Arizal fait remarquer que le nom Israël (ישראל) contient en lui (en acronyme) les noms de tous les Patriarches et Matriarches :
– la lettre youd = ‘ = Its’hak (צחק’) et Yaakov (יעקב) ;
– la lettre shin = ש = Sarah (שרה) ;
– la lettre réch = ר = Ra’hel (רחל) et Rivka (רבקה) ;
– la lettre aléph = א = Avraham (אברהם) ;
– la lettre laméd = ל = Léa (לאה).

En effet, il représente l’essentiel de tous, ainsi qu’il est dit dans le Zohar: "Yaakov" comporte en lui les Patriarches".
C’est pourquoi il a cité son nom en premier, car dans son nom (Israël) sont inclus tous les Patriarches. C’est cela "mon nom et le nom de mes pères".
C’est pourquoi les juifs sont aussi appelés "beit Israël", et non "beit Avraham" ou "Beit Its'hak", car dans ce nom sont inclus tous les Patriarches.

"On dit à Yossef : "Voici ton père est malade" (Vayé'hi 48,1)

-> Le midrach explique comment se fait-il que Yossef n'était pas au courant que son père était malade et qu'il fallait lui envoyer un émissaire pour le lui faire savoir. Mais Yossef n'allait-il pas voir son père régulièrement?
Le midrach explique que Yossef craignait que son père lui demande de lui relater comment il était arrivé en Egypte. Il aurait alors été forcé de lui raconter que ses frères l'ont vendu et il risquait alors de les maudire. Pour éviter cela, Yossef décida de ne pas visiter son père et c'est ainsi qu'il ignorait qu'il était malade et c'est donc un émissaire qui est venu l'en informer.

-> Le rav Leib Friedman fait remarquer la grandeur de Yossef. Après 22 ans de séparation avec son père, on peut imaginer combien il désirait le revoir. L'amour mutuel que Yaakov et Yossef se portaient était très grand. Il est clair que Yossef aurait préféré voir son père régulièrement. Et pourtant, pendant 17 ans, il s'est privé de rendre visite à son père.
Il résista à son amour et à son envie de le voir. Et tout cela, pourquoi? Pour éviter que son père ne lui demande une explication et qu'il soit obligé de raconter ce que ses frères lui ont fait subir et qu'ils ne risquent d'être maudits par leur père.

=> Nous voyons ici, l'estime et l'attention que Yossef portait vis à vis de ses frères. Malgré tout le mal qu'ils lui ont infligé, la souffrance qu'il vécut d'être arraché de la maison de son père, d'être vendu comme esclave à un égyptien dans un pays de débauche et d’idolâtrie, sans compter 12 ans d'emprisonnement. Mais après toute cette souffrance, il fut prêt à résister pendant 17 ans à l'envie brûlante de se retrouver près de son père, pour ne pas risquer de devoir lui relater le mal que ses frères lui ont fait subir.

Nous devons apprendre ici,qu'il faut savoir maîtriser notre envie de raconter le mal que les autres nous ont fait subir. Même si on a pu en souffrir, malgré tout, il existe une comparaison avec la souffrance de Yossef infligée par ses frères.
Efforçons-nous de nous maîtriser pour ne pas répéter ce que telle ou telle personne nous a fait. Yossef a su se priver de voir son père pendant 17 ans alors qu'il aimait de toutes ses forces et de toute son âme. Juste pour ne pas à avoir à rapporter ce que ses frères lui ont fait, aussi par amour pour eux, et ne pas qu'ils soient maudits par Yaakov leur père.

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-> "On dit à Yosseph : voici ton père est malade" (Vayé'hi 48,1)

-> Le Gaon de Vilna enseigne :
Nos Sages (guémara Nédarim 39b) enseignent que lorsqu'un homme vient rendre visite à un malade, il lui ôte 1/60e de sa maladie. Mais pour cela, il faut qu'une condition soit respectée : l'homme qui lui rend visite doit avoir la même origine spirituelle que le malade.
Or, Yossef avait la même origine que Yaakov, comme le dit le verset : "Les descendants de Yaakov sont Yossef". Ainsi, avant que Yossef ne vienne le voir, Yaakov avait encore les 60 parts de sa maladie.

C'est ce que dit le verset : "Voici ton père est malade". Le mot "iné" (הנה - voici) a la valeur numérique de 60. Mais quand Yossef vint le voir, il est dit : "Israël se renforça et s'assit sur le lit". Le terme "amita" (המטה - le lit) a la valeur numérique de 59.
=> Grâce à la visite de Yossef, la maladie de Yaakov diminua et il ne lui en restait plus que 59 parts. C'est pourquoi, il se renforça et put même s'asseoir. Tout cela ne fut possible que parce qu'il ne lui restait que 59 parts. C'est ce que conclut le verset : "sur le lit" (המטה de valeur 59).

"On l'annonça à Yaakov, en disant : 'Voici (הִנֵּה) que ton fils Yaakov vient te voir'. Israël rassembla ses forces et s'assit sur le lit (הַמִּטָּה)." (Vayé'hi 48,2)

La guémara (Nédarim 39b) enseigne que chaque visiteur qui est né sous le même mazal (ben guilo) que le malade, lui retire 1/60e de la souffrance.

Rachi (Vayéchev 37,3) laisse comprendre que Yossef était le "ben guilo" de Yaakov, car la vie de l'un était le reflet de l'autre (ils avaient les mêmes traits du visage ; tout ce que Yaakov avait appris, il le lui avait transmis).

Se basant sur cette guémara, le Gaon de Vilna (Kol Eliyahou) fait remarquer que la visite de Yossef à son père, a bien permis de lui retirer 1/60e de sa douleur.

Comment voir cela dans notre verset?

La 1ere fois que Yaakov a appris la visite de son fils, la Torah utilise le mot : "Voici" (הִנֵּה), qui a une valeur numérique de 60.

Le verset nous rapporte que Yaakov s'est renforcé, jusqu'à pouvoir s'asseoir sur "le lit" (הַמִּטָּה), mot ayant une guématria de 59.

Le Gaon de Vilna dit qu'avant l'arrivée de Yossef dans la pièce, Yaakov était trop malade pour pouvoir s'asseoir, mais en raison de la visite de son fils qui lui était un "ben guilo", il a pu retirer 1/60e de sa souffrance (passant de 60 : הִנֵּה à 59 : הַמִּטָּה), ce qui lui a permis de pouvoir s'asseoir.

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-> b'h, cf. également la partie : Retirer 1/60e de sa souffrance : https://todahm.com/2017/12/11/5807

"Yossef mourut âgé de 110 ans; on l'embauma et il fut déposé dans un cercueil en Egypte" (Vayé'hi 50,26)

-> Nos Sages (guémara Sanhedrin 11a et également Pessa'him 119a) nous enseignent que Yossef a caché 3 trésors en Egypte.
Un a été dévoilé à Kora'h, un autre à Antoninus, et le dernier reste caché pour les tsadikim dans le futur.

Cette affirmation peut être comprise littéralement, puisque Yossef a accumulé toute la richesse du monde pendant la famine, et qu'il l'a caché avant sa mort.

-> Selon le Pardès Yossef (p.360), il faut également le comprendre d'une façon allégorique.
Il y a ainsi 3 trésors : 3 "perles de sagesse", que nous pouvons glaner de la vie de Yossef.

1°/ Le 1er trésor de sagesse :

De la vie de Yossef, nous voyons que si une personne est destinée à avoir une certaine position, rien ne peut l'en empêcher.

Dans ses rêves, on a fait comprendre à Yossef qu'il serait amené à régner sur ses frères.
Bien que ces derniers ont tout fait pour empêcher cette réalisation (complotant de le tuer, puis le vendant comme esclave), rien ne pouvait entraver ce qui a été décrété du Ciel.

Ceci est une très grande leçon : Du moment où nous faisons ce que nous devons faire, nous n'avons absolument pas à être inquiété par les autres, car l'affaire est entre les "mains" de Hachem.
[en l'absence d'un décret divin en ce sens, personne ne peut nous faire quoique ce soit!]

Ce 1er trésor de Yossef a été découvert par Kora'h (cf. la guémara ci-dessus), qui suite à cela était quelqu'un d'extrêmement riche.

En plus de sa richesse, c'était également :
-> "Kora’h était un très grand Sage et faisait partie de ceux qui portaient l’Arche" (midrach Bamidbar rabba 18,3) ;
-> "[Kora’h] était le plus grand homme de sa tribu [Lévi], ses frères sont considérés comme secondaires à lui" (midrach Bamidbar rabba 18,9) ;
-> "Aharon et Kora’h étaient égaux [en grandeur]" (midrach Bamidbar rabba 18,17).

Kora’h n’a pas admis le fait qu’il n’ait pas été choisi pour la prêtrise (Cohen Gadol), tandis que son "égal" Aharon l'a été.

En pensant être dans son bon droit (il avait d'ailleurs rallié à sa cause 250 membres distingués parmi le peuple), il voulait reprendre le pouvoir.
Mais puisque Hachem avait choisi Aharon pour être Cohen Gadol, absolument rien ne pouvait changer cela (même pas l'immense fortune, le fort soutien "politique", la grandeur de Kora'h, ...).

Aharon a été choisi, comme l'a été Yossef, et rien, ni personne ne pouvait leur enlever ce qui leur était destiné.

-> "Tu auras ce que tu es censé avoir, et personne ne peut toucher à ce qui est destiné à son prochain, et ce, même de l’épaisseur d’un seul cheveu! "
[guémara Yoma 38a]

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2°/ Le 2e trésor de sagesse :

Yossef nous apprend qu'il ne faut pas faire de compromis dans notre pratique religieuse et dans notre croyance.

Pendant son long séjour en Egypte, bastion de l'immoralité, il a pu rester : Yossef haTsadik., une personne sainte et pure.
Bien qu'il n'a fait aucun compromis sur ses principes, il est resté le dirigeant aimé et respecté.

Ce 2e trésor a été dévoilé à l'époque de Antoninus et de Rabbi (Rabbi Yéhouda haNassi).
Rabbi, le compilateur de la michna, était le responsable du monde juif à l'époque, il avait une grande relation de proximité avec l'empereur romain Antoninus, puisque ce dernier se rendait secrètement chez Rabbi pour y apprendre la Torah (cf. guémara Avoda zara 11a).

A l'image de Yossef, à aucun moment Rabbi n'a fait de compromis sur ses valeurs, restant : "Rabbeinou haKadoch", et ne perdant pas pour autant le respect des personnes au pouvoir.

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+ 3°/ Le 3e trésor de sagesse :

L'histoire de Yossef nous apprend qu'une haine entre des frères arrivera toujours un jour à son terme.

Yossef a été détesté au point où ils l'ont vendu comme esclave.
Mais à la fin, ils se sont pardonnés les uns les autres, et ont pu vivre ensemble dans la paix et l'harmonie.

Ce 3e trésor sera dévoilé aux tsadikim dans le futur.

Puisque le Temple n'est toujours pas reconstruit, c'est qu'il y a toujours de la haine gratuite.
Mais viendra un jour, où ce trésor va être au grand jour, et il y aura alors une paix véritable sur terre.

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+ Conclusion :

-> 1ere perle de sagesse : tant qu'on réalise ce qu'on doit faire, rien ni personne ne peut s'opposer à sa réalisation, si Hachem y a donné son accord ;

-> 2e perle de sagesse : il faut toujours resté fier et fidèle à ses valeurs juives, et cela n'empêchera pas d'être apprécier, même par les personnes au pouvoir ;

-> 3e perle de sagesse : c'est l'assurance que dans le futur il y aura une paix totale entre toutes les créatures.

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+ Autre explication :

-> Rabbi Yossef Shalom Eliyashiv enseigne également que Yossef a caché 3 trésors, qui étaient en réalité des richesses spirituelles.
[rappel : Selon nos Sages (guémara Sanhedrin 11a et également Pessa'him 119a), Yossef a caché 3 trésors en Egypte : un a été dévoilé à Kora'h, un autre à Antoninus, et le dernier reste caché pour les tsadikim dans le futur.]

Pour lui, il s'agit de :

-> 1°/ la capacité de garder sa pureté et sa modestie (tsniout), à l'image de Yossef dans la très pervertie Egypte.
Ce trésor a été révélé à l'époque de Kora'h, où la femme de On Ben Pélès (chef qui s'était rallié à la cause rebelle de Kora'h), va sauver son mari en découvrant ses cheveux à l'entrée de sa tente, entraînant que même des rachaïm qui étaient venus chercher son mari pour se rebeller contre Moché (donc Hachem), ont été obligés de faire demi-tour.
=> c'est le trésor dévoilé aux partisans de Kora'h, et qui a permis à la femme de On ben Peles de sauver son mari d'une fin si tragique.

-> 2°/ Yossef a transmis le dévouement pour la Torah même en exil.
A cause du difficile exil, la Torah a été en danger, et Rabbénou haKadoch (Rabbi yéhouda haNassi) est alors venu pour compiler toute la michna (Torah Orale), la sauvant de toute perte pour la postérité.
Rabbi a pu réaliser cela grâce à l'utilisation du trésor caché de Yossef, et à la bienveillance de l'empereur romain de l'époque : Antoninus.

-> 3°/ Yossef a caché la qualité de l'unité (a'hdout).
Cette mida ne pourra complètement se révéler que lorsque l'ensemble du peuple juif sera réuni, ce qui arrivera dans le futur (très bientôt b'h) avec la venue du machia'h.

L’argument de Yaakov pour ne pas être enterré en Egypte

Le Zéra Béra'h cite le Zohar qui dit que si Yaakov avait été enterré en Egypte, le peuple juif n'aurait jamais été asservi par les égyptiens.

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-> Nos Sages écrivent que la seule façon dont le peuple juif a pu résister aux puissances d'impureté qui régnaient en Égypte est que Yossef a résisté à son épreuve avec la femme de Potifar. Le peuple juif était ainsi doté de la force spirituelle nécessaire pour résister aux puissantes tentations de l'Égypte.

-> Le Zéra Shimshon rapporte ces éléments, et explique pourquoi Yaakov a été rassuré en voyant le visage de Yosssef ("Maintenant, je peux mourir, après avoir vu ton visage").
Yaakov savait que le peuple juif devait souffrir de l'esclavage en Egypte afin d'être purifié et d'être digne d'obtenir la Torah et de recevoir la terre d'Israël.
Cependant, Yaakov craignait que l'effet de la servitude n'affaiblisse la détermination du peuple juif à résister fermement aux attraits de l'Égypte.
Cependant, lorsque Yaakov Avinu vit le visage de Yosef Hatzaddik, il vit qu'il n'avait pas fauté et Yaakov fut désormais assuré que même si les juifs étaient réduits en esclavage, grâce à la résistance de Yossef à son épreuve, le peuple juif dans son ensemble serait également capable de résister aux épreuves des impuretés de l'Égypte, même affaiblis pendant l'esclavage.

C'est ce que Yaakov a dit à Yossef pour lui expliquer pourquoi il ne voulait pas être enterré en Égypte ("s'il te plaît ne m'enterre pas en Egypte" - Vayé'hi 47,30), même si les juifs n'avaient pas encore souffert. La raison en est que le travail d'esclave devait commencer et amener le peuple juif au niveau où il devait se trouver pour recevoir la Torah. Et maintenant que Yaakov Avinu vu le visage sans péché de Yossef, il n'était pas préoccupé par le fait qu'il serait spirituellement négatif pour le peuple juif d'être réduit en esclavage.

Le blocage des cœurs du peuple juif

+ Le blocage des cœurs du peuple juif :

"Et ils furent très féconds. Et Yaakov vécut (en Egypte) 17 ans" (Vayé'hi 47,27-28)

-> Rachi écrit que la raison pour laquelle il n'y a pas de séparation dans la Torah entre la fin de la paracha précédente (Vayigach) et le début de Vayé'hi, est que lorsque Yaakov est décédé, les yeux et les cœurs du peuple juif ont été bloqués par la douleur du travail égyptien depuis qu'ils ont commencé à asservir le peuple juif. C'est ce à quoi fait allusion la paracha "bloquée" (stouma) de cette semaine.

Le Zéra Shimshon demande, s'il doit y avoir une allusion au décès de Yaakov, pourquoi n'est-elle pas plus proche de la fin de la paracha, plus proche du moment où Yaakov décède réellement, plutôt qu'au début de la paracha (Vayé'hi)?

Selon le Zéra Shimshon, en réalité, ce verset n'a pas sa place ici.
Il explique que la raison pour laquelle ce verset ne se trouve pas à l'endroit où il devrait être chronologiquement est de faire allusion à l'enseignement de nos Sages (Taanit 5b) qui dit que Yaakov n'est pas mort.
En écrivant ce verset sur le nombre d'années que Yaakov a vécu en Egypte, qui fait allusion à son décès, et en ayant ensuite toute une paracha qui parle de la façon dont Yaakov a vécu en Egypte, cela fait allusion à l'enseignement de nos Sages, qui dit que de la même façon qu'après qu'il y ait eu une allusion au décès de Yaakov et qu'il ait continué à vivre, il en sera de même après son décès réel ; Yaakov continue à vivre.
[pour comprendre ce que signifie le fait que Yaakov n'est pas mort, il convient de citer l'explication suivante de rabbi Yehonasan Eibeshitz. Contrairement à d'autres personnes qui décèdent, l'âme de Yaakov reste ici-bas, près de ses enfants, pour nous protéger. D'autres personnes décédées ne restent pas dans ce monde avec nous. ]

Le Zéra Shimshon souligne également que le peuple juif n'a pas trop pleuré la mort de Yaakov, ce qui est très particulier.

Le Zera Shimshon explique cela d'une manière fascinante.
Étant donné que pleurer un tsadik qui décède repousse la souffrance, et que l'exil égyptien avait déjà été décrété, si le peuple juif avait pleuré Yaakov, il aurait repoussé le décret.
Par conséquent, il y avait un blocage dans leurs yeux qui ne leur permettait pas de pleurer et un blocage dans leurs cœurs qui ne leur permettait pas de réaliser comment ils pouvaient repousser le décret.

Avec cette interprétation, le Zéra Shimshon relit ce que Rachi (v.47,28) écrit : les yeux et les cœurs du peuple juif étaient bloqués par la douleur du travail égyptien. En d'autres termes, les yeux et les cœurs du peuple juif étaient fermés pour pleurer à propos du décret afin qu'il ne soit pas repoussé.

Pharaon dit : "Monte, et enterre ton père comme il te l'a ordonné" (Vayé'hi 50,6)

-> Rachi note que Pharaon n'aurait pas permis à Yossef d'enterrer Yaakov en terre d'Israel si ce n'était pour le vœu que Yossef avait fait à Yaakov.
Il explique que Pharaon n'a pas voulu forcer Yossef à transgresser son vœu, car Yossef aurait pu répondre : "Si c'est le cas, je transgresserai le vœu que je t'ai juré (de ne pas révéler) que je connais la langue sainte (l'hébreu) et que tu ne la connais pas".

=> Pourquoi Pharaon était-il si préoccupé par le fait que les gens découvrent que Yossef connaissait une langue de plus que lui? Après tout, il n'était pas préoccupé par le fait que le peuple découvre que Yossef était plus sage que lui.
[Pharaon dit à Yossef : "Nul n’est intelligent et sage comme toi" (Mikets 41,39). ]

La réponse est que s'il est important pour un roi d'être sage, il est encore plus important pour un roi de connaître de nombreuses langues. Un roi qui ne connaît pas les langues de ses sujets n'est pas apte à les gouverner.
Comme Yossef maîtrisait toutes les langues, y compris la langue sainte, il était plus qualifié pour régner sur la myriade de nations soumises à la domination égyptienne. Si cela avait été rendu public, Pharaon aurait été contraint de se retirer en faveur de Yossef. Il avait donc tout intérêt à garder le secret.

=> Pourquoi Pharaon était-il incapable d'apprendre la langue sainte? Après tout, il avait réussi à apprendre les 70 langues des nations non juives.
La réponse réside dans le caractère sacré de la langue sainte. Si Pharaon parlait couramment les autres langues, c'est parce qu'il était capable d'entrer en contact avec chaque nation à un certain niveau. Cependant, Pharaon était incapable de se connecter à la sainteté d'Israël, la nation sainte d'Hachem, à quelque niveau que ce soit. En tant que telle, la langue sainte lui échappait.

En revanche, la grande sainteté de Yossef a fait de la langue sainte sa langue la plus naturelle. Il eut du mal à apprendre les 70 langues, car contrairement à Pharaon, il n'avait pas de lien naturel avec les 70 nations du monde.
L'ange Gavriel tenta d'enseigner à Yossef les 70 langues des nations non juives, sans succès, et ce n'est que lorsque Hachem ajouta la lettre hé de Son nom au nom de Yossef, le transformant en Yéhossef, qu'il réussit à les apprendre. [guémara Sotah 35b]
Le hé a renforcé le lien de Yossef avec Hachem. Comme Hachem englobe tout, y compris les 70 nations, Yossef s'est connecté aux 70 nations et a pu apprendre leurs langues.
[Maharal - Gour Aryé]

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-> En résumé :
Pharaon parlait couramment les 70 langues des nations non-juives parce qu'il était lié à chacune d'entre elles à un certain niveau. Pourtant, Pharaon trouvait que la langue sainte était insaisissable parce qu'il n'avait aucun lien avec la sainteté du peuple juif, et en tant que telle, la langue sainte était au-delà de sa capacité à l'apprendre.
Pour Yossef, c'est l'inverse.

La bénédiction de Vayé’hi

+ La bénédiction de Vayé'hi :

"Yaakov vécut dans le pays d'Egypte 17 années" (Vayé'hi 47,28)

-> Le rabbi de Kretchnifer (Gilyon Kol émouna) dit que chaque fois que l'on lit à la Torah la paracha Vayé'hi, son pouvoir a la capacité de nous affecter.

Il est connu que la lecture d'une partie de la Torah éveille les influences spirituelles de cette partie.
Le Shabbath où Vayé'hi est lue, les influences de ces 17 bonnes années de la vie de Yaakov sont éveillées et celui qui écoute cette lecture peut mériter d'avoir de bonnes années, saines et heureuses, pleines de satisfaction (na'hat), de sérénité et de connexion avec la Chékhina.