Pâtisserie spirituelle depuis 5771 - b'h
 
"Qu’ils se multiplient abondamment comme des poissons, au sein de la terre." (Vayé'hi 48,16)

1°/ "Vous tous assoiffés, allez vers l’eau" (Yéchayahou 1,55).
Nos Sages expliquent : "l’eau, c’est la Torah" (guémara Ta’anit 7a).

-> De même, il est écrit dans les pirké Avot (1,4) : "Bois avec soif leurs paroles".
Le midrach Rabba (Chir haChirim) de commenter : "[Face aux paroles de nos Sages, nous devons être] comme un homme assoiffé en plein désert, afin de trouver goût à la Torah, qui est comparable à l'eau qui ne procure une jouissance qu'à celui qui a soif."

-> Le rav 'Haïm Kanievski (Taama Diqra)  de dire : "La Torah a été comparée à l’eau pour nous apprendre que celui qui n’a pas soif de Torah n’éprouve pas de plaisir à l’étudier!"

-> "A l’image de l’eau qui tend à s’écouler vers le niveau le plus bas, la Torah est attirée par les personnes humbles."(‘Hanina ben Idi – guémara Taanit 7a)

-> Notre approche avec la Torah doit être vivante, faite avec joie, chaleur et amour de D.
On ne doit pas être le même après une étude de Torah.
On ne doit pas laisser refroidir sa Torah de peur qu’elle ne gèle (la Torah est comparée à l’eau qui s’écoule, qui est vivante - guémara Ta’anit 7a).

–> De même que l'eau s'adapte à la forme du récipient dans laquelle elle est versée, de même nous devons être souple et adapter notre vie selon la volonté de D. (qui bien qu'étant au-delà de notre compréhension est pour sûr ce qu'il y a de mieux pour nous!).
Avec autrui également, il faut savoir être flexible et adapter notre comportement/paroles, à la personne et au contexte, afin de préserver le shalom.

-> On peut citer la guémara Béra'hot 61b :
"Un gouverneur romain a émis un décret interdisant l'étude de la Torah.
Papus ben Yéhouda a rencontré Rabbi Akiva qui animait des cours de Torah, et lui a demandé : "Est-ce que tu ne crains pas les punitions de la loi pour non respect du décret?"
Rabbi Akiva lui a répondu par une parabole :
Un renard déambulait le long d'une rivière et remarqua des poissons qui se déplaçaient rapidement d'un endroit à un autre.
Il leur demanda : "Pourquoi êtes-vous toujours en train de courir?"
Les poissons lui répondirent : "Nous avons peur du filet que les hommes installent afin de nous attraper".
Le renard dit alors de façon sournoise : "Peut-être qu'il serait sage de monter sur la rive et de vivre avec moi, comme mes parents ont vécu avec vos parents."

Les poissons lui ont répondu : "Tu parles de façon stupide ; si nous avons peur dans notre habitat naturel, notre peur sera largement supérieur sur la terre, lieu où la mort, nous est certaine."
[La guémara de conclure : ] De même, la Torah est notre source de vie et peut nous sauver.
Sans elle, nous allons certainement mourir."=> En bénissant ses enfants de se multiplier comme les poissons "au sein de la terre", Yaakov leur transmet le message que de même que le poisson ne peut vivre sans eau, un juif ne peut survivre sans Torah.
Il les a bénit de "nager comme un poisson dans l'eau de l'étude de la Torah" ...[La Torah (qui est comparée à l’eau) est notre élément et nous sommes les petits poissons qui y vivent. Les peuples qui veulent nous retirer de l’eau ressemblent au renard de cette histoire. Cela peut-il avoir un sens pour un poisson que de sauter sur la Terre ferme à seule fin d’échapper aux filets qui veulent, justement, l’y emporter de force?
Non, Pappos (le gouverneur romain)! C’est dans l’Océan de la Torah seul que nous sommes sûrs de survivre!]<-------------------->

 

2°/ Yaakov bénit ses enfants d’être capable à l’image des poissons de nager à contre courant (remonter les cours d’eau) et de pouvoir résister à la tentation de suivre bêtement le troupeau de la masse, se laissant aller au grès des marrées/modes environnantes qui lui sont imposées.
Vivant dans leur propre monde, les poissons sont les seuls animaux qui n'ont pas participé à la déchéance de l'humanité durant la génération du déluge.
Ainsi, malgré le fait que les eaux du déluge étaient bouillantes (guémara Sanhédrin 108b), les poissons ne sont pas morts (guémara Zéva’him 113b).
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3°/ Nos Sages ont dit (guémara Avoda Zara 19a) :
"Pourquoi les Bnei Israël ont-ils été comparés aux poissons dans le verset : "Puissent-ils se multiplier à l’infini au sein de la terre" (Béréchit 48,16) ?
De même que les poissons, qui grandissent dans l’eau, boivent avec soif chaque goutte d’eau qui descend du ciel, ainsi les Bnei Israël, qui grandissent dans l’eau (de la Torah) boivent avec avidité chaque nouveau commentaire, comme s’ils n’avaient jamais goûté à la Torah."

Un midrach (Béréchit Rabba 97,3) illustre également cette soif des juifs pour la Torah :
"Un poisson vit dans l'eau, et lorsqu'une goutte de pluie descend du ciel, le poisson la boit avec soif comme s'il n'avait jamais goûté d'eau auparavant."Bien qu'un poisson vive entouré d'une quantité phénoménale de gouttes d'eau, chaque nouvelle goutte qui tombe du ciel, lui est pour lui manquante, comme si c'était la 1ere, l'unique.
De même, lorsqu'une personne s'immerge dans les eaux agréables de la Torah, lorsqu'elle entend une nouvelle idée de Torah, elle l'a boit avec avidité, avec grande soif, comme si elle n'avait jamais entendu une parole de Torah de sa vie.
(il faut garder cette fraîcheur, cette émerveillement devant la beauté infinie de notre Torah).
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4°/ Yaakov a bénit ses enfants de se multiplier et de se fructifier comme les poissons des océans sans que le mauvais œil ait prise sur eux [car ils sont à l’abri des regards de l’homme].

Yossef a mérité cette bénédiction [d’échapper au mauvais œil] parce qu’il a détourné son regard de l’épouse de Potiphar.
(guémara Béra’hot 20a, cité par Rachi).

Pour échapper au mauvais œil, il faut principalement utiliser à bon escient son œil (ne pas regarder des choses interdites, ne pas voir négativement autrui/la vie, ...) et ne pas trop mettre en avant ce qui doit rester caché (ex : tu as vu ma voiture comment elle est belle!!, et mon fils, quel génie!!, ... ).

Par exemple, nos Sages (Baba Batra 2b), nous demande de : "ne pas nous tenir devant le champ de notre voisin lorsque le champ est fleuri".
Notre simple regard devant la réussite d'autrui à un pouvoir ...

La règle est : "La bénédiction réside dans ce qui est caché de l’œil" (Ta’anit 8b).

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-> Yéhouda a dit au nom de Chmouel : Comment comprendre ce verset : "Tu as rendu les hommes pareils aux poissons de la mer" (Habakouk 1,14)? Pourquoi les hommes sont-ils comparés aux poissons de la mer?
C'est pour t'enseigner que de même que les poissons qui montent sur la terre sèche meurent aussitôt, les hommes meurent dès qu'ils abandonnent la Torah et les Commandements Divins.
[guémara Avoda Zara 3b]

=> Comment comprendre cette comparaison entre les hommes et les poissons?

-> Le Maharal explique :
Les poissons qui quittent l'eau deviennent soumis aux reptiles de la terre. Mais les poissons qui demeurent dans l'eau seront protégés des reptiles de la terre, selon la fin du verset : "(Tu as rendu les hommes pareils aux poissons dans la mer) non soumis aux reptiles ('Habakouk 1,14).
De même, les hommes qui quittent l'étude de la Torah et la pratique des mitsvot, deviennent soumis aux nations de la Terre, et ceux qui se maintiennent dans la Torah et les mitsvot seront protégés de l'asservissement des nations.

-> Selon le Maharal ('Hidouché Agadot) :
De même que la mer est le milieu vital naturel des poissons, de même la Torah, désignée "mayim" (eau), est le milieu vital naturel de la néchama (l'âme Divine) de l'homme, d'après ce verset : "Ah! Vous tous qui avez soif (de Tora), venez, voici de l'eau!" (Yéchayahou 55,1).
De même que le lien entre l'eau et le poisson est si fort que le poisson meurt sans eau, le lien entre la néchama de l'homme et la Torah est si fort, que l'homme meurt (spirituellement) sans Torah.

[le Ben Ich 'Haï dit : "Les hommes meurent lorsqu'ils abandonnent l'étude de la Torag, il ne s'agit pas d'une mort physique qui se traduit par le retrait de l'âme (néchama) du corps, mais d'une mort "spirituelle" où le niveau du néfech est au plus bas, en accord avec l'enseignement de la guémara (Béra'hot 18b) : "Les réchaïm sont désignés "morts" alors qu'ils sont en vie (physiquement)".]

-> Selon le 'Hidouché Moché Shapira :
Le yétser ara fait croire à de nombreuses personnes que l'étude de la Torah les affaiblit physiquement, alors qu'en vérité cette étude les guérit, selon ce verset : "Elle (la Torah) sera la santé pour ton corps et une sève pour tes os" (Michlé 3,8).
Voici donc l'intention de notre guémara qui a comparé les hommes aux poissons : du fait que les hommes et la plupart des créatures vivent sur la terre sèche et que les poissons vivent au contraire dans la mer, on aurait pu penser que l'homme et le poisson ont des natures opposées, donc ne sont pas comparables.
Cependant, de même que la nature du poisson est à l'opposé des autres créatures, un homme juif vit avec sa Torah et ses mitsvot sous une forme (1Y : tsoura) opposée à la voie suivie par les autres êtres humains. Ainsi, le maintien et la vie de l'homme Juif et du poisson, à l'opposé des lois naturelles, sont comparables.

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+ Mais aussi :
-> A l'image d'un poisson qui peut être pêché à tout moment, notre vie est éphémère, et nous devons tout faire pour l'utiliser au mieux selon nos capacités.
-> Il faut toujours être en mouvement pour éviter autant que possible (b"h) de tomber dans les filets du yétser ara, et de devenir un mort vivant ...
Échouer sa vie, c'est être échoué tranquillement sur les rives du yétser ara.
Vivre sa vie, c'est se battre/lutter pour rester dans son élément (la vie juive), dans l'eau de la Torah, malgré les pièges et les tempêtes du milieu qui nous entoure.
-> Le Min'hat Yaakov rapporte que les yeux des poissons sont toujours ouverts de même que les "yeux" de D. qui veille constamment sur ceux qui le craignent.

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-> "Puissent-ils être comme une quantité de poissons au milieu du pays" (48,16)

L'avantage des poissons est qu’ils sont très prolifiques, et que le mauvais œil n’a pas d’influence sur eux.
En revanche, leur désavantage est que celui qui est plus grand dévore le plus petit que lui.
La bénédiction de Yaakov était donc "qu’ils soient comme une quantité de poissons", que les jeunes gens ressemblent aux poissons en une seule chose, la quantité, la fertilité, et non dans le fait que les plus gros dévorent les plus petits.
[Porat Yossef]

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-> Le midrach rapporte que lorsqu’Haman fit un tirage au sort pour désigner le mois le plus propice à l’application de son décret d'extermination des juifs, ce fut le mois d’Adar, mois placé sous le signe des poissons, qui sortit.
Haman s’en réjouit en pensant : "De même queles poissons se font avaler, moi aussi je les avalerai".
Une voix céleste retentit alors et dit : "Méchant! Les poissons dont tu parles, tantôt se font avaler tantôt avalent les autres! Et Haman se fera avaler et on le brûlera, lui et ses fils, au Guéhinam!"

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-> Le signe du zodiaque du mois d’Adar est celui des Poissons (daguim - דגים)
[à noter qu’il s’agit du seul signe pluriel, car le mois d’Adar est aussi le seul mois qui se dédouble – Adar Richon et Adar Chéni]. C’est un signe de bénédiction (mazal chel béra'ha).

Voici quelques raisons :
1) Les poissons ont toujours les yeux ouverts, ce qui fait allusion à la Providence divine, au sujet de laquelle il est dit : "Il ne s’endort ni ne sommeille, Celui qui est le Gardien d’Israël" (Téhilim 121, 4).
[Zohar]

2) Yaakov en bénissant les fils de Yossef a dit : "Puisse-t-il multiplier (véyidgou - וְיִדְגּוּ) à l’infini au sein de la Terre" (Vayé'hi 48,16) [le mot וְיִדְגּוּ s’apparente au mot דג – poisson].
Rachi commente ce passage : "Ils se multiplient sans que le mauvais œil ait prise sur eux" (aucun œil malveillant n’a de prise sur les poissons, du fait qu’ils soient cachés dans les profondeurs des mers.
Ainsi, la malédiction qui frappa le règne animal lors du Déluge, n’a-t-elle pas frappé les poissons.
Les Tribus de Binyamin, Ménaché et Ephraïm (toutes trois issues de Ra’hel) marchaient dans le désert sous la même bannière. Aussi, Mordé'haï, de la Tribu de Binyamin, a-t-il bénéficié de la bénédiction de Yaakov, pour triompher d’Haman (descendant d’Amalek, le petit fils d’Essav) durant le mois d’Adar (selon la règle qui stipule que "les descendants d’Essav tomberont dans les mains des descendants de Ra’hel" (Yalkout Chémoni I,264)
[A noter que le mot דג (Dag) décomposé ainsi: ד- גימל (Dalet – Guimel), fait allusion au nom מָרְדֳּכַי Mordékhaï, lorsqu’on substitue גימל à son At-Bach (la première lettre de l’alphabet permute avec la dernière, la seconde avec l’avant dernière et ainsi de suite): ד- רמיכ (lettres formant le nom מָרְדֳּכַי ) – Séfer Hatodaa].
C’est pour toutes ces raisons que le mois d’Adar est placé sous d’heureux auspices pour le peuple juif. Aussi, nos Sages ont-ils déclaré : "Lorsque commence le mois d’Adar, il faut augmenter la joie" [guémara Taanit 29a] (ces jours, marqués par le miracle de Pourim, annoncent également celui de Pessa’h – voir Rachi).
Une des particularités de ce mois est qu’il est le mois de la naissance (le 7 Adar) de Moché, le Libérateur du peuple juif. Cette heureuse conjoncture a en effet été à la source du miracle de Pourim (le 14 et 15 Adar) [voir midrach Esther Rabba 3, 11]
(A noter que 7 est la valeur numérique du mot poisson (דג), et que le "Libérateur d’Israël" [Moché ou Machia’h] est appelé "Le Poisson" – rabbi Ména’hem Azaria de Fano).

"Yaakov fit venir ses fils, et il dit : Rassemblez-vous, je veux vous raconter ce qui vous arrivera dans la suite des jours." (Vayé'hi 49,1)

Yossef rassemble ses fils autour de lui et désire leur révéler la date de la fin des temps.
Néanmoins, lorsqu'il s'apprête à dévoiler ce secret, la présence divine s'écarte de son esprit et sa vision est brouillée.

-> Il leur dit : "Rassemblez-vous, réunissez-vous en un faisceau fraternel indestructible".
(Béréchit Rabba 98b).

-> Nos Sages ont dit : "Israël ne connaîtra la délivrance que lorsqu'il constituera un seul faisceau"
(midrach Tan'houma - Nitsavim I).

Toute dissension intervient du fait de l'émergence de volontés individuelles s'affrontant entre elles.
La paix ne peut venir que lorsque les hommes sont prêts chacun à renoncer à leur propre désir et volonté en faveur d'autrui.

=> C'est le secret de la guéoula, comme le disent nos Sages : "D. n'annonce à Israël sa guéoula que par la paix" (Dévarim Rabba 85).

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-> Selon le midrach (Béréchit rabba), les fils de Yaakov étaient dispersés à travers toute l'Egypte, et un ange vint et les rassembla tous.

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-> Rachi explique : Il a voulu leur révéler la fin, mais la Présence Divine l’a quitté, et il a commencé à dire d’autres choses.

Sur ce mot de "rassemblez-vous", le rav David 'Hanania Pinto écrit : Yaakov leur a insinué le grand principe duquel dépend la fin. En se rassemblant, ils seront dans l’unité et n’en arriveront pas à l’exil.
C’est aussi cela qui leur permettra de sortir de l’exil, comme l'affirment nos Sages (guémara Yoma 9b) : le 2e Temple a été détruit à cause de la faute de la haine gratuite.
Ils n’étaient pas unis ni rassemblés.
Nos Sages enseignent (midrach Yalkout Chimoni Amos, 549) que les juifs ne seront pas délivrés avant de constituer un seul groupe.

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-> "Rassemblez-vous et je vous dirai ce qui vous arrivera à la fin des jours"

-> Rassemblez-vous et je vous dirai, uniquement par la force du rassemblement, c’est l’unité qui fait qu’un moment est propice, et qu’il y a une possibilité d’arriver au niveau de la prophétie et de révéler la fin.
[Imré Shéfer]

-> Au moment où les juifs s’unissent, il n’y a pas besoin de demander un moment propice, car par l’unité, le moment devient de toute façon propice.
[l'Admour Sar Shalom de Belz]

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Au moment de révéler la fin des temps à ses enfants, la Présence divine a quitté Yaakov.

A ce moment, Yaakov a pensé que l'un de ses fils, nouvel Ichmaël ou Essav (à l'image de ses parents : Avraham et Yits'hak qui n'ont pas enfanté que des tsadikim), était peut-être indigne de cette révélation et il les a interrogés à ce sujet.

En guise de réponse, les fils ont énoncé avec une parfaite harmonie ce qui constitue le 1er verset du Shéma : "Ecoute, Israël [c'est-à-dire notre père - Yaakov a aussi comme nom : Israël!] ... de même qu'il n'y a qu'Un dans ton cœur, de même n'y a-t-il qu'Un dans le nôtre (Hachem élokénou, Hachem é'had)!"

En entendant, que ce n'était pas à cause d'un écart de conduite de ses enfants que l'esprit prophétique l'avait quitté, Yaakov, plein de gratitude, s'est exclamé : Béni soit le nom de Son royaume glorieux à tout jamais (Barou'h chèm kévod mal'houto léolam vaéd).
[guémara Pessa'him 56a]

=> Cela nous donne un nouveau regard sur le Shéma Israël, ci-après : https://todahm.com/2014/12/21/un-nouveau-regard-sur-la-declaration-du-shema-israelYaakov comprit alors que D. ne souhaitait pas révéler la fin des temps.
Ce n'est pas dans l'échéance et dans les dates qu'Israël doit trouver le réconfort, mais dans la foi et l'observance des préceptes de D.
Pour approfondir, le fait de calculer la fin des temps, ci-après : https://todahm.com/2015/12/27/calculer-la-date-de-la-venue-du-machiah-2

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-> Rachi nous dit que Yaakov voulait transmettre la date de venue du Machia'h, mais la présence divine l'a quitté, et il a alors parlé d'un autre sujet.
Si c'était le moment de parler de la venue du Machia'h, pourquoi la présence divine l'a quitté?
Si c'était interdit d'en parler, pourquoi Yaakov voulait la dire?
Il est écrit dans la guémara (Shabbath 30b) : "la présence divine ne se dévoile à une personne uniquement si elle est dans un état de joie et de gaieté, et non lorsqu'elle est triste et en peine."

Si Yaakov était sur le point de révéler la date de venue du Machia'h, évidemment que cela était permis.
Mais, au moment de le dire, il a vu les grandes douleurs et souffrances que les juifs vont endurer dans le futur, avant la révélation du Machia'h.
Cela a causé à Yaakov beaucoup de peine, et la présence divine s'est alors retirée de lui.

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-> Le rabbi Bounim de Pchis'ha explique que Yaakov désirait révéler à ses enfants l'atmosphère qui règnerait à la période pré-messianique, celle d'ignorance et d'effronterie, mais l'esprit Divin le quitta.
Pourquoi donc?

Car Hachem ne désirait pas qu'il prononce des paroles désobligeantes sur le peuple juif.

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La guémara (Sanhédrin 97a) dit que le Machia'h viendra à un moment où les juifs ne penseront plus à la guéoula (béhésa'h hada'at).
Si Yaakov avait pu révéler la date de venue du Machia'h,  les juifs n'auraient-ils pas attendu avec impatience, sans cesser d'y penser sa venue?

On ne doit pas comprendre la notion d'oublier de penser à la guéoula, par le fait d'oublier le Machia'h, car tous les jours, à la fin de la prière, dans les 13 articles de foi du Rambam, nous disons : "Je crois d'une foi parfaite que ... le Roi Machia'h viendra" (c'est l'article de foi n°12 : chéyavo mélé'h aMachia'h).

On peut expliquer cette notion (béhésa'h hada'at) par le fait que la génération durant laquelle viendra le Machia'h ne trouvera aucune raison valable, rationnelle, justifiant qu'il s'y révèle.
[si à des générations nettement plus méritantes, connaisseuses en Torah, ... le machia'h n'est pas venu, pourquoi viendrait-il à notre génération?].

Néanmoins, par le mérite de notre foi, notre génération qui doit réaliser les tous derniers détails/finitions d'avant la guéoula, va mériter de voir le Machia'h très bientôt, avec tout le peuple le plus méritant possible b"h. Amen!

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-> "Rassemblez-vous, et je vais vous dire ce qui vous arrivera à la fin des temps" (49,1)

Rabbénou Bé'hayé commente :
Il est dit dans la Aggada : Yaakov a vu que tout d'abord que toutes les lettres figuraient dans les noms de ses 12 fils, à l’exception du ‘het et du tet.
Il a dit : comme il n’y a pas en eux de faute (‘het - חט), ils sont dignes qu’on leur dévoile la fin.
Quand il a vu ensuite qu’il n’y avait pas en eux de "kouf" ("kadoch" - saint), ni de "tsaddik" (juste), il a dit : ils ne sont pas dignes qu’on leur dévoile la fin (kéts - קץ), c’est pourquoi il ne l’a pas dévoilée.

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-> "Et Yaakov appela ses fils et dit : Assemblez vous et je vous relaterai ce qui vous arrivera dans la suite des temps" (Vayé'hi 49,1).

-> Avant de quitter ce Monde, Yaakov rassembla ses enfants, les 12 Tribus, autour de son lit.
La guémara (Pessa'him 56a) nous dévoile la conversation entre Yaakov et ses fils : "Yaakov voulut dévoiler [à ses enfants] la fin des temps [le dévoilement du Machia‘h], quand la Présence Divine le quitta immédiatement ; il s'interrogea : "Peut-être que ma descendance n'est pas parfaite, à l'image d'Avraham qui engendra Ichmaël et d'Its'hak de qui sortit Essav.
Ses enfants le rassurèrent : "Chéma Israël Hachem Elokénou Hachem E'had" (Ecoute Israël [Yaakov], de même qu'Hachem est Un et Unique à tes yeux, il L'est également à nos yeux).
[Rassuré], Yaakov dit : "Barou'h Chem Kévod Malkhouto Léolam Vaéd" (Bénis le nom de gloire de Sa royauté pour l'éternité)."

-> Le Rambam (Hilkhot Shéma 1,4) voit dans cette conversation, l'injonction concernant l'Unicité de D. : "Nous avons pour tradition que lorsque Yaakov rassembla ses enfants en Egypte, à l'article de la mort, il les exhorta concernant l'unicité de D. et le chemin d'Hachem suivi par Avraham et par Its'hak son père".

-> De son côté, le Maharal de Prague voit dans les propos de la guémara (ci-dessus), la marque de l'unité du peuple juif.
C'est ainsi que le mot "é'had" (אחד) qui conclut la déclaration du Shéma, est étroitement lié avec Yaakov et sa descendance : la lettre א a pour valeur numérique 1, la lettre ח a pour valeur 8, et enfin la lettre ד a pour valeur 4.
A ce titre, les 12 fils de Yaakov sont tous issus d'un même père qui incarne donc la lettre א.
Or Yaakov a eu 2 femmes (Ra'hél et Léa) et 2 servantes en tant que concubines (Bil'a et Zilpa).
De ses 2 femmes sont sortis 8 fils (2 de Ra'hél et 6 de Léa), tandis que des 2 servantes : 4 (2 chacune).
L'union de Yaakov, représenté par la lettre א avec les 8 fils de ses 2 femmes, représentés par la lettre ח, et avec les 4 fils des 2 servantes, représentés par la lettre ד, exprime le mot אחד (Un), signifiant ainsi que Yaakov et sa descendance ne forment qu'une seule entité indissociable.

=> Ainsi, à travers le commentaire du Rambam et celui du Maharal, nous comprenons que l'Unité du peuple juif autour de l'Unicité de D., est le secret que nous a transmis notre père Yaakov pour concrétiser promptement notre foi de la venue du machia'h en réalité tangible.
[d'après le Collel de la communauté de Sarcelles (5780)]

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+ "Yaakov appela ses fils et leur dit : rassemblez-vous et je vous dévoilerai ce qui vous arrivera dans les temps futurs" (Vayé'hi 49,1)

-> Rachi : "Il chercha à révéler la fin (de l'Exil), et la Présence divine s'éloigna de lui".

-> Le Ciel lui a fait comprendre que ce n'était pas souhaitable.
Il serait préférable que ses fils (les 12 tribus) ne connaissent pas la fin et le moment de la guéoula,
mais plutôt qu'ils la désirent ardemment.
[rabbi Ména'hem Mendel de Kotzk]

"Les yeux seront pétillants de vin et les dents toutes blanches de lait." (Vayé'hi 49,12)

-> A propos de ce verset, nos Sages enseignent : "Il est préférable de montrer des dents blanches à son prochain (en lui souriant) que de lui donner à boire du lait"
[rabbi Yo'hanan - guémara Kétouvot 111a]  (*)

-> "Même si une personne ne peut rien donner de tangible à son prochain, si elle le salue d'une façon agréable, c'est comme si elle lui avait donné tous les plus beaux cadeaux du monde."
(Avot déRabbi Nathan - chap.13)

-> "Reçois tout homme avec le sourire [avec un visage bienveillant]" (béssévèr panim yafot - Pirké Avot 1,15)

Le Méïri commente : Parfois, nous n’avons pas de bonne humeur, et la visite de l’autre représente une corvée. Pourtant
comme celui-ci est venu chez nous, nous devons nous montrer agréable avec lui, afin qu’il ne soit pas blessé par le sérieux de notre visage.
Il suffit que l’invité pense (sovèr) que nous sommes très contents de sa visite.

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-> "Sois le 1er à saluer tout homme" (Pirké Avot 4,15)

A l'image de Yo'hanan ben Zacaï, dont il est attesté que personne n'a jamais réussi à le saluer en 1er ; et il se montrait aussi courtois même à l'égard des païens qu'il rencontrait au marché. (guémara Béra'hot 17a).

Le Baal haTourim (sur Bamidbar 6,26 : "Qu'Il t'accorde la paix") note que la valeur numérique du mot : Shalom, est la même que : Essav ; cela nous enseigne qu'il faut être en paix même avec une personne comme Essav.

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(*) Suite de la citation de la guémara Kétouvot 111a, ci-dessus :
Il est dit : "Et les dents toutes blanches (léven chinaïm) de lait" (Vayé'hi 49,12) ; ne lis pas léven chinaïm (les dents toutes blanches) mais liboun chinaïm (le blanc des dents)."

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-> "Les yeux seront pétillants de vin et les dents blanches de lait" (49,12)

- Le "vin", c’est l’étude de la guémara, car la nature du vin est que plus il devient vieux, plus son goût s’améliore.
Il en va de même de l’étude de la Torah, plus on devient vieux, plus on est élevé.
- Le "lait", c’est la partie des réflexions et des nouveautés en halakha et en Aggada dans la Torah. C’est comme le lait, qui même quand on lui ajoute de l’eau, garde toujours l’aspect du lait.
Il en va de même dans l’étude de la Torah, on ne cesse d’y trouver des réflexions nouvelles dans la halakha et la Aggada, et elles sont acceptées et considérées comme l’essentiel de la Torah écrite par Moché.
[le Ben Ich 'Haï - dans son Od Yossef 'Haï]

Yaakov dit à Yossef qu'il a conquis le pays des Emorites "avec mon épée et mon arc" (bé'harbi oubékachti - Vayé'hi 48,22).

Le Targoum Onkelos traduit le mot 'harbi (mon épée), par "prière établie", et kachti (mon arc) par "prière personnelle".
Le Messé'h 'Hokhma enseigne que ce Targoum Onkelus met en lumière la différence entre la prière établie, c'est-à-dire les prière fixée par nos Sages, et nos prières personnelles.

La comparaison des prières fixées par nos Sages à une épée nous enseigne à quel point ces prières sont puissants. Même une personne faible ou peu qualifiée peut blesser gravement quelqu'un avec une épée.
De même, les prières établies pour nous par nos Sages sont intrinsèquement puissantes. Même une personne qui n'a pas de compréhension ou de niveaux profonds de kavana (intention) peut accomplir beaucoup en récitant ces prières établies.
Le rav Shimshon Pinkous enseigne que non seulement nous puisons dans la grandeur des Anché Knesset HaGuédola (sages de la grande Assemblée) chaque fois que nous récitons ces prières, mais que nous puisons également dans les pouvoirs spirituels d'Avraham, d'Its'hak et de Yaakov lorsque nous faisons la prière de cha'harit, de min'ha et de arvit, respectivement.

D'autre part, nos prières personnelles sont comparées à des flèches. La puissance d'une flèche dépend de la force avec laquelle elle a été tirée, et elle n'atteindra sa cible que si elle est correctement dirigée. La force de nos prières personnelles dépend de leur profondeur.

"Efraïm et Ménaché seront à moi comme Réouven et Shimon ... c'est par vous qu'Israël bénira, en disant : "Que D. te rende semblable à Efraïm et à Ménaché"" (Vayé'hi 48,5,20)

-> Quelle est la signification du fait que les fils de Yossef soient comme les fils de Yaakov?

Le Sfat Emet explique que ce n'est pas le niveau particulier des tribus qui est important ici. Il s'agit plutôt de l'accomplissement d'Efraïm et de Ménaché, qui ont transcendé le niveau de leur génération pour atteindre celui d'une génération antérieure. C'est sur leur capacité à se surpasser que Yaakov met l'accent.
C'est pourquoi chaque garçon juif a la bénédiction d'imiter Efraïm et Ménaché, car chacun a ce potentiel de traverser les générations et d'entrer en contact avec la grandeur de ses ancêtres.

"Pardonne donc l'offense que [nous,] les serviteurs du D. de ton père, avons commise." (Vayé'hi 50,17)

Rachi de dire : "Si ton père est mort, son D. existe toujours."

Le Atéret Tsvi commente en rapportant la guémara ('Haguiga 15) : "Lorsqu'un homme souffre, que dit la présence divine? J'ai mal à la tête, J'ai mal au bras".

Les frères pensaient que Yossef ne les avait pas punis du vivant de leur père pour ne pas lui causer de peine.
Ils lui dirent donc : "Si ton père est mort, son D. existe toujours" = si tu ne voulais pas causer de peine à ton père, à plus forte raison ne dois-tu pas causer de peine au Maître du monde qui souffre avec chaque juif qui souffre ...

"C'est un fils plein de grâce que Yossef, un fils plein de grâce pour l'oeil (ben porat Yossef, ben porat alé ayin), chacune des filles a grimpé sur la muraille pour contempler (banot tsaada alé chour)" (Vayé'hi 49,22)

-> Le Ben Ich 'Haï enseigne :
De ce verset tiré de la bénédiction que Yaakov a faite à Yossef nous trouvons une allusion au fait que Yossef a gagné, grâce à sa conduite exemplaire : la kéhouna et la malkhout (la prêtrise et la royauté) ...
Le verset dit : "ben porat Yossef" = il a gagné la royauté, et "ben porat alei ayin" = il a mérité la prêtrise car il n’a pas porté les yeux sur la femme de Potifar, "banot tsaada alé chour" = ses filles vont et s’élèvent au plus haut, c’est-a-dire qu’elles intègrent la tribu de Levy en se mariant avec les Cohanim.

-> Autre explication du Ben Ich 'Haï :
Les fautes à caractère sexuel (‘arayot, znout, ...) comportent 3 niveaux. L’acte lui-même, la vue et la pensée. La vue et la pensée des ‘arayot sont des interdits en soi, et non des barrières simplement posées devant l’acte, et il faut se renforcer dans les 3 par ne jamais fauter.
C’est ce que Yaakov dit de Yossef dans le verset : "ben porat Yossef" = il est resté Yossef, pur dans l’acte, mais également "ben porat alé ayin" = il est resté pur dans la vue ainsi que dans la pensée au dessus de la vue (‘ayin = oeil).

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-> Une explication rapportée par Rachi :
"alé ayin" (sur l’œil) peut être lu : "olé ayin" (au-dessus de l’œil), en ce sens que la descendance de Yossef est invulnérable au mauvais œil (guémara Béra'hot 20a).
De même, lorsque Yaakov a béni Menaché et Efraïm (Vayé'hi 48,16), il a souhaité qu’ils se multiplient comme les poissons, sur lesquels le mauvais œil n’a aucune prise.

"Rassemblez-vous, et je vous raconterai ce qui vous arrivera à la fin des jours." (Vayé’hi 49,1)

Selon le Likoutei Ramal, dans ses dernières instructions avant de mourir, Yaakov transmet le message suivant :
Contre les malheurs qui vous atteindront à la fin des temps :
-> "rassemblez-vous" = Réunissez-vous !
[le Likouei Mégadim de dire : Il ne peut y avoir d’unité authentique que s’ils se pardonnent.]

-> "je vous raconterai" (véaguida la’hèm) = Formez un seul groupe (agouda) car cette unification sera pour vous une planche de salut !

=> le conseil de Yaakov pour traverser avec succès l'exil = bien que chaque juif soit unique (chaque fils de Yaakov représentant une tribu), chacun se doit de tout faire pour rester membre d'un seul bloc, d'un seul peuple uni vers la réalisation de la volonté de D.

Par ailleurs, le mot employé ici pour : "arrivera" (yikré) comporte une connotation de hasard de coïncidence (mikré).

Le Baal Chem Tov y voit une allusion au principe rapporté dans la guémara (Sanhédrin 97a) selon lequel, le Machia’h viendra, subitement, sans aucun avertissement préalable, comme le déclare le prophète (Mala’hi 3,1) : "Le maître dont vous souhaitez la venue entrera soudain dans son sanctuaire, et le messager de l’alliance que vous appelez de vos vœux, le voici qui vient."

"Israël vit les fils de Yossef, et il dit : "Qui sont ceux-là ?" " (Vayé’hi 48,8)

Le ‘Hafets ‘Haïm note que lorsque Yaakov a demandé : "Qui sont ceux-là ?", il les a très probablement reconnus en tant que fils de Yossef.

Mais ce n’était pas suffisant pour qu’il les bénisse.
Il voulait encore savoir ce qu’ils étaient eux-mêmes.
[et non seulement des fils de … ]

Et quand Yossef lui a répondu : "Ce sont mes enfants !", ce n’était pas pour les présenter comme membres de leur famille, car son père les connaissait bien.
Mais c’était pour confirmer que ses fils étaient vertueux, et qu’ils suivaient ses traces.
C’est seulement alors que Yaakov les a appelés pour les bénir.

Quelqu’un demanda une fois au ‘Hafets ‘Haïm une bénédiction pour que ses enfants restent pratiquants.
Le Sage répondit : "Imaginez-vous obtenir cela par une bénédiction ?
Pour y parvenir, il faut déployer de la messirout néfech (abnégation, don de soi) !"

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-> "Israël vit les fils de Yossef et dit : qui sont ceux-là?" (48,8)

Le Ohr ha'Haïm haKadoch objecte : pendant 17 ans, les fils de Yossef se trouvaient chez Yaakov pour étudier la Torah avec lui, donc comment peut-il demander qui ils sont?

Les Sages ont expliqué que Yaakov a vu que devaient sortir d’eux des réchaïm.

Le Ohr ha'Haïm haKadoch écrit : Il est possible que Yaakov ait eu par là l’intention d’éveiller l’amour du père pour son fils avant de les bénir, afin que la bénédiction soit avec le maximum d’amour et de tendresse.
C’est pourquoi il a demandé : "qui sont ceux-là?", pour entendre de la bouche de son fils bien-aimé : "ce sont mes fils".
Alors il aurait un élan de tendresse envers eux, comme dans le verset : "quand je parle de lui, je m’en souviendrai, c’est pourquoi mes entrailles s’émeuvent pour lui et je le prendrai en pitié."

+ "Yaakov vécut dans le pays d’Egypte 17 ans. Les jours de Yaakov, les années de sa vie, furent de 147 ans. Les jours où Israël allait mourir s’approchaient." (Vayé’hi 47, 28-29)

Pourquoi ces versets mentionnent-ils notre Patriarche d’abord par Yaakov, puis par Israël ?

Rabbénou Bé’hayé explique que chacun de ces 2 noms fait allusion à un aspect distinct de l’existence :
-> Yaakov (dont le nom provient de : "et sa main tenait le talon (ékev) de Essav" - Béréchit 25,26), représente la réalité physique ;
-> Israël (qui vient de : "car tu as lutté (sarita) avec D." - Béréchit 32,29), représente la réalité spirituelle.

La caractéristique essentielle est, bien sûr, celle orientée vers le spirituel, mais il est impossible de vivre dans ce monde en faisant abstraction de ses particularités physiques.

Nos Sages ont énoncé (guémara Béra’hot 13a) : "Le nom "Israël" n’est pas destiné à supplanter entièrement celui de Yaakov. Mais Israël sera le nom principal, et Yaakov le secondaire."

Voilà pourquoi, s’agissant de sa durée de vie, qui dépend des conditions physiques, il est appelé par le nom qui figure cette caractéristique de son existence : Yaakov.

Mais, lorsqu’elle décrit sa mort ainsi que les événements qui y mèneront et qui l’entoureront, la Torah emploie le nom Israël, car le côté physique s’efface alors pour ne laisser place qu’au spirituel.

+ Supplément :
Il est écrit dans la guémara (Béra’hot 13a) : "Quiconque désigne Avraham sous son précédent nom d’Avram enfreint un commandement actif de la Torah."

Il en va différemment avec Yaakov, pour lequel la Torah l’appelle Yaakov et Israël (cf.ci-dessus).

Le rav Israël Salanter nous explique pourquoi les 2 noms vont perdurer.

Il note :
-> Yaakov est dérivé d’un mot désignant une tromperie (comme l’a dit Essav : "Il m’a trompé (vayakév’ni) deux fois" - Béréchit 27,36)

La ruse et la tromperie bien qu’elles constituent des traits fondamentalement ignobles, ont néanmoins leur place dans le combat interminable mené par l’homme contre le penchant au mal.

-> Israël (cf. ci-dessus. "car tu as lutté (sarita) avec D. et avec les hommes, et tu l’as emporté"), fait allusion à son ascendant nouvellement acquis sur l’inclination au mal (tu l’as emporté !).

Néanmoins, les facultés de ruse et de tromperie à des fins sacrées ne peuvent jamais être totalement abandonnées.

Elles doivent être gardées en réserve pour des occasions où le penchant au mal redresse la tête avec quelque nouveau plan diabolique.
[à l’image de l’idée, que tant que l’on est en vie, on ne doit pas se croire infaillible devant la faute]

Voilà pourquoi le nom "Yaakov" a dû être retenu, en particulier à ce début d'exil en Egypte (épreuves et tentations futures, ...)