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L’exil en Egypte (2e partie)

+++ L'exil en Egypte (2e partie) :

1°/ Le palais sur le Nil :
Dans un magnifique étalage de richesse, de créativité et d'autoglorification, Pharaon construisit son palais sur le Nil de manière à ce que la marée montante semble soulever le palais et l'emporter vers le ciel. [midrach Tan'houma Béréchit 7]

Pharaon prétendait s'être créé lui-même ainsi que le fleuve du Nil (Yé'hezkel 29,3), et du fait qu'il apportait sa "bonté" (une irrigation abondante du Nil, de nombreux poissons, ...), les égyptiens l'ont aimé et vénéré (midrach Tan'houma Vaéra 14).
Les égyptiens vénéraient le Nil comme un dieu. C'est pour cette raison, explique le midrach (Chémot rabba 9,9), qu'Hachem a frappé le Nil en premier, frappant essentiellement leur dieu, laissant le peuple sans personne vers qui se tourner.

2°/ Yaakov visite le palais :
La Torah raconte que Yossef a amené son père, Yaakov, au palais où il a rencontré Pharaon et l'a béni (Vayigach 47,7).
Le midrach (Léka'h Tov - Vayigach 47,7) révèle que la bénédiction qu'il a donnée à Pharaon était que lorsqu'il s'approcherait du Nil, ses eaux monteraient pour le saluer.
Bien que Yossef ait interprété avec justesse le rêve de Pharaon selon lequel il y aurait 7 années de famine, lorsque Yaakov est arrivé en Égypte, le Nil s'est immédiatement levé pour lui et a arrosé la terre, mettant ainsi fin à la famine de manière prématurée (Rachi- Vayigach 47,19).
Le Sifté 'Hakhamim (Vayigach 47,19) note que, bien que cela puisse en fait "prouver" que l'interprétation du rêve de Pharaon par Yossef était inexacte, puisque le Nil s'est clairement levé pour Yaakov et que la famine n'a pas cessé dans d'autres pays, il était clair pour tous que Yossef avait raison dans sa compréhension du rêve de Pharaon et que la famine n'a pris fin avant son terme (de 7 ans) qu'au mérite de Yaakov.

3°/ Le palais de Pharaon :
Le midrach (Yalkout Chimoni - Chémot 4:175) décrit l'importante protection dont bénéficiait le palais. Il y avait 400 entrées dans le palais, 100 de chaque côté, et au total, chaque côté du palais était protégé par 60 000 gardes.

Des lions, ainsi que d'autres animaux féroces, gardaient chacune des 400 entrées du palais. Le seul moyen pour quelqu'un de passer ces animaux vicieux était que leurs gardiens leur donnent suffisamment de viande pour les distraire et les empêcher de faire du mal au visiteur qui les croisait. [midrach Yalkout Chimoni 7:181]

4°/ Les dames d'honneur de Batya :
Le Sifté Cohen (Chémot 2,2) rapporte que la fille de Pharaon (Batya) avait 30 dames d'honneur.
Le Ohr ha'Haïm (Chémot 2,5) écrit qu'il était de coutume pour toute femme noble d'avoir de telles femmes qui restaient constamment à ses côtés pour répondre à ses besoins.
Plus précisément, note le Malbim (Chémot 2,5), les dames d'honneur de Batya étaient toutes issues de familles nobles et filles de ministres.

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5°/ La capitale du monde :
Le midrach (Yalkout Chimoni - Chémot 7:182) explique qu'à cette époque, l'Égypte régnait sur le monde entier et que toutes les nations lui étaient soumises.

6°/ L'Égypte : la plus puissante et la plus racha :
L'Égypte étant la première puissance mondiale, les rois d'ici et d'ailleurs rendaient hommage à Pharaon et lui apportaient des cadeaux. Plus précisément, son anniversaire et l'anniversaire de son règne étaient des moments où tous se rassemblaient dans le palais de Pharaon avec leurs idoles afin de montrer leur respect à Pharaon et de prier pour qu'il continue à réussir. [midrach Chémot rabba 5:14 avec Eits Yossef]
Un autre midrach (Yalkout Chimoni - Chémot 7,182) explique que non seulement l'Égypte était la première puissance mondiale, régnant essentiellement sur le monde entier, mais qu'elle était également la première nation en matière de péché, d'immoralité et de dépravation. Elle était la nation la plus vile (racha), répandant l'iniquité dans le monde entier. C'est pourquoi, explique le midrach, Hachem décida que l'Égypte serait le bourreau du peuple juif, afin qu'elle et toute sa méchanceté (rachaïm) soient anéanties. En effet, cela servirait à la plus grande sanctification possible du nom d'Hachem.

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7°/ Avec ruse :
Le Ramban (Chémot 1,10) explique qu'au début de l'oppression du peuple juif, il n'aurait pas été acceptable, même pour le peuple égyptien, d'anéantir ouvertement une nation qui avait été invitée à se trouver là en premier lieu.
Le Ramban ajoute qu'en agissant avec ruse contre le peuple juif au lieu de l'attaquer ouvertement, Pharaon a résolu plusieurs des problèmes auxquels il était confronté. Tout d'abord, il n'aurait pas à faire face aux critiques de ses conseillers ou de la population en général. Deuxièmement, le peuple juif ne se rendrait pas compte qu'il est visé par la haine et serait prêt à se conformer aux instructions qui lui sont données.

Le Béer Mayim 'Haïm (Chémot 1,13) écrit que Pharaon avait une arrière-pensée pour tromper le peuple juif, car il savait que leur force se trouve dans la prière, et donc, s'il avait ouvertement décrété d'anéantir la nation juive ou de la forcer à l'esclavage, ils auraient immédiatement prié Hachem de les sauver, et Il l'aurait fait.
Par conséquent, en agissant de manière rusée et en poussant le peuple juif à l'esclavage, il ne savait pas qu'il était en difficulté et n'utilisait pas son arme la plus puissante : sa voix.
En fait, le Béer Mayim 'Haïm (Chémot 2,23-24) ajoute que ce n'est qu'une fois que la nation juifs a pu se rendre compte de la gravité de sa situation qu'elle a finalement crié à Hachem. À ce moment-là, ils ont reçu une réponse instantanée, ce qui a marqué le début du processus de délivrance.

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8°/ Esclaves de toute l'Égypte :
Le midrach (Tan'houma - Vayétsé 9) rapporte que la loi égyptienne n'accordait aucun droit personnel aux juifs. Par conséquent, même après une journée entière de travail éreintant, tout égyptien pouvait exiger des juifs n'importe quel type de travail, qu'il s'agisse de cueillir des légumes, de couper du bois, de remplir de l'eau ou de faire n'importe quoi d'autre.
Le midrach (HaGadol - Bo 10,21) rapporte que les esclaves juifs étaient contraints d'éclairer les maisons égyptiennes en portant des bougies en équilibre sur leur tête. S'ils bougeaient, ils étaient tués. Pour cette cruauté tortueuse, Hachem a orchestré l'incapacité des Égyptiens à se déplacer lors de la plaie des ténèbres, mesure pour mesure.

Le Ramban note qu'au départ, Pharaon espérait contenir le taux de natalité du peuple juif en les faisant travailler pour lui à la construction des villes égyptiennes. Cependant, lorsqu'il a constaté que son plan ne fonctionnait pas, il a ordonné à l'ensemble de la nation égyptienne d'utiliser les esclaves juifs comme bon lui semblait.
C'est ce qui ressort, explique le Ramban, du verset suivant : "Et l'Égypte réduisit en esclavage les Bné Israël" (Chémot 1,13), contrairement à l'affirmation suivante que "Pharaon a asservi les Bné Israël".
Le rav Aharon Leib Steinman (Bétsilo 'Himadti) souligne que lorsque nous revivons la sortie d'Egypte le soir du Séder, nous commençons effectivement la Haggada en disant "étions esclaves de Pharaon en Égypte", ce qui suggère uniquement Pharaon, et ce n'est qu'ensuite que nous lisons le verset ci-dessus qui implique que nous étions alors esclaves de toute la population d'Égypte.

9°/ Un travail épuisant :
Le Ktav Sofer (Chémot 1,14) explique que non seulement le peuple juif s'est vu confier un travail éreintant, mais que ce travail n'a pas continué de changer. Quelle était l'intention des égyptiens?
Le Ktav Sofer explique qu'ils ont constamment fait changer leurs esclaves juifs de travail, car même si quelqu'un travaille avec acharnement, ses muscles et ses ligaments s'acclimatent naturellement au bout d'un certain temps, et le travail devient plus facile. Ainsi, les égyptiens changeaient continuellement les rôles des esclaves afin que leurs corps ne s'habituent pas au travail et que leurs souffrances ne s'atténuent jamais.

10°/ Battus et maudits :
Le Ramban (Chémot 1,11) écrit que le peuple juif n'était pas seulement confronté à un travail éreintant, mais que ses souffrances étaient multipliées par les coups et les malédictions qu'il recevait pendant son labeur.

11°/ Éloigner les hommes :
On empêchait les hommes de rentrer chez eux le soir retrouver leur famille/femme, [officiellement pour qu'ils puissent terminer leur quota journalier, mais en réalité c'était] dans le but d'empêcher d'autres naissances. [midrach Chémot rabba 1,12]

12°/ L'essoufflement et le pouvoir de la prière :
Le verset nous dit que le travail écrasant a rendu le peuple juif à bout de souffle, à tel point qu'il ne pouvait même pas penser à la délivrance (Vaéra 6,9).
Rabbénou Bé'hayé (Chémot 2,23) écrit qu'en réalité le temps de la Délivrance était déjà arrivé pour le peuple juif, mais parce qu'il n'avait pas appelé Hachem du plus profond de son cœur, leur exil s'est prolongé.
Il note qu'à la fin des temps aussi, même si nous nous sommes pleinement repentis et que nous sommes dignes de la Délivrance, celle-ci ne viendra pas tant qu'Hachem n'aura pas entendu nos prières sincères.

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13°/ Le ghetto de Goshen :
Rabbénou Bé'hayé (Chemos 3,9) cite Rabbénou Guershon pour dire que les égyptiens ont expulsé tout le peuple juif de l'Égypte continentale et l'ont confiné à Goshen. Un si grand nombre de personnes enfermées dans une même zone rendait les conditions de vie insupportables.

14°/ Des poux plein la tête :
Les égyptiens empêchaient le peuple juif de se laver ou de laver ses vêtements. Il en résulta une terrible infestation de poux au sein du peuple juif.
C'est pour cette raison, explique le midrach (Sechel Tov 8,11), que les égyptiens ont été punis par la plaie des poux, à la mesure de l'angoisse insupportable qu'ils ont causée au peuple juif.

15°/ Adorez mon idole! :
Parfois, les égyptiens proposaient de réduire la charge de travail si le peuple juif acceptait d'adorer leur dieu. Cependant, le peuple juif résistait, rappelant la force de ses ancêtres qui n'ont jamais abandonné Hachem dans leurs moments de détresse. [Tana déBé Eliyahou 23]

L’exil en Egypte (1ere partie)

+++ L'exil en Egypte (1ere partie) :

1°/ Une fécondité phénoménale :
Le verset relate que "Bné Israël fructifièrent, pullulèrent, se multiplièrent et se fortifièrent prodigieusement et le pays en fut rempli" (Chémot 1,7).
Le midrach (Béréchit rabba 79,1) souligne le taux de natalité astronomique de la nation juive en nous disant que Yaakov est arrivé en Égypte avec une famille de seulement 70 personnes, mais qu'au moment où il a quitté le monde, il avait 60 000 descendants.
[pour rappel : ""Yaakov vécut dans le pays d'Egypte 17 années" (Vayé'hi 47,28)]

2°/ Tous forts et en bonne santé :
Citant Ibn Ezra, le Nétsiv explique qu'en dépit du fait que 6 bébés soient nés d'un seul utérus, ce qui entraîne généralement des faiblesses ou des maladies chez ces enfants en grandissant, la nation juive était tous en bonne santé et robuste.
Rabbénou Bé'hayé (Chémot 1,6) note qu'en dépit du fait que tant de bébés étaient à l'étroit dans le ventre de leur mère, chacun en est sorti fort et particulièrement grand.
En outre, le Rachbam (Chémot 1,7) note que non seulement les bébés ont vécu jusqu'à un âge avancé, mais que le peuple juif dans son ensemble a vécu longtemps et en bonne santé, ce qui a permis à la nation d'atteindre une taille exponentielle.

3°/ Combien de bébés?
Le midrach (Chémot rabba 1,8) cite 3 opinions concernant le nombre de bébés à chaque naissance. Ils fondent leur interprétation sur le nombre de mots décrivant la croissance du peuple juif dans le verset suivant : "Les enfants d'Israël fructifièrent (1), ils pullulèrent (2), ils s'accrurent (3), ils devinrent très, très (4) forts (5), et le pays se remplit d'eux" (6) (Chémot 1,7).
Ainsi, en utilisant 6 mots pour décrire l'incroyable taux de natalité de la nation juive, la Torah laisse entendre que chaque naissance consistait en 6 bébés.
La deuxième opinion note qu'en fait, chacun de ces mots est écrit au pluriel, représentant deux (voir Soucca 5b avec Rachi "tofasta mérouba"), et donc, le nombre est doublé ; ainsi, chaque femme a donné naissance à 12 bébés à la fois.
L'opinion finale du midrach est que chaque femme a donné naissance à 60 bébés à la fois.
Bien que ce midrach n'explique pas la raison de ce nombre, il écrit qu'il ne faut pas considérer ces affirmations comme exagérées, car nous voyons déjà dans la nature qu'un scorpion donne naissance à soixante enfants à la fois. [Eits Yossef]

Le Maharal (Guévourot Hachem, 12) explique la raison pour laquelle la nation a été bénie spécifiquement avec 6 enfants.
Selon le Maharal, la bénédiction divine de la fécondité était proportionnelle à l'oppression subie par la nation en raison du désir des Égyptiens d'arrêter sa croissance (voir Chémot 1,12).
Par conséquent, comme le peuple juif était contraint de travailler 6 jours par semaine, il a été béni avec 6 enfants, un pour chaque jour où il était contraint de travailler.
La seconde opinion divise les jours en jour et nuit, et donc, parce que la nation a été forcée de travailler jour et nuit pendant 6 jours par semaine, elle a été bénie avec 12 enfants.
Il est intéressant de noter que le Maharal ajoute que, d'un point de vue kabbalistique, la nuit représente la femme et le jour représente l'homme. Par conséquent, selon cette 2e opinion, les femmes ont donné naissance à 6 garçons correspondant aux souffrances qu'elles ont endurées pendant la journée et à 6 filles correspondant aux 6 nuits par semaine pendant lesquelles elles ont été forcées de travailler.

Enfin, l'opinion qui soutient que soixante bébés sont nés en même temps s'explique par le fait que les égyptiens ont fait souffrir la nation de manière exponentielle, à un niveau numérique entièrement nouveau, qui est représenté par la série de chiffres suivante : les chiffres pluriels. En conséquence, chaque jour de souffrance valait dix jours, et par conséquent, 10 bébés sont nés pour chaque jour de la semaine de 6 jours pendant laquelle la nation a été forcée de travailler, soit 60 bébés.

Nonobstant les 3 opinions mentionnées ci-dessus, Rav Aharon Leib Shteinman (Bitsilo 'himadti -Haggadah p.143) explique qu'il était possible que toutes les femmes ne donnent pas toujours naissance à autant d'enfants, mais qu'il s'agissait d'un phénomène suffisamment courant pour qu'il soit considéré comme normal parmi les femmes juives.

-> Objectivement, le fait d'assister à autant de naissances en bonne santé au sein de la nation juive aurait dû amener les égyptiens à réaliser que cette nation était bénie. Cependant, la haine empêchant toute objectivité, les égyptiens n'ont fait que regarder le peuple juif avec mépris.

-> b'h, voir également : https://todahm.com/2022/02/07/les-bne-israel-en-egypte

-> Miraculeusement, malgré les tentatives de Pharaon de limiter la nation juive, plus il la soumettait, plus elle grandissait (Chémot 1,12). Cela a grandement encouragé le peuple juif qui a compris, grâce à une révélation divine, qu'Hachem contrecarrait les plans de Pharaon visant à détruire le peuple juif et qu'il ne laisserait jamais cela se produire. [Rachi - guémara Sotah 11a]

La guémara décrit comment le fait de voir le taux de natalité prolifique de la nation juive a physiquement blessé les égyptiens. À tel point qu'ils avaient l'impression que leurs yeux et leur corps étaient remplis d'épines. [guémara Sotah 11a - avec Rachi]

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4°/ Le peuple juif se distinguait des autres :
Le midrach (Chir haChirim rabba 4,25) rapporte que le peuple juif se distinguait des Égyptiens.
Plus précisément, leurs noms hébraïques et leur langue les distinguaient de leur pays d'accueil, tout comme le fait qu'ils ne parlaient jamais de lachon ara et qu'aucun d'entre eux n'avait de mœurs légères.
Un autre midrach (Léka'h Tov - Dévarim 26,5), nous explique que pendant de nombreuses années, la nation juive était une entité insulaire et indépendante en Égypte, où même leur nourriture était sensiblement différente.

5°/ Pas de traîtres parmi le peuple :
Pharaon a supposé à tort qu'il y aurait beaucoup de traîtres parmi le peuple juif, puisqu'il savait que leurs ancêtres, les frères de Yossef, s'étaient retournés contre leur propre frère et l'avaient vendu comme esclave. (Tsror Hamor - Chémot 1,8]
Le midrach (Vayikra rabba 32,5) nous dit que le peuple juif ne s'est jamais calomnié ni informé les uns des autres. En outre, ils gardaient les secrets les uns des autres (midrach Tan'houma - Bamidbar 25,1).

6°/ La crainte déraisonnable de Pharaon :
Le verset indique que Pharaon craignait la nation juive et qu'il disait à son peuple : "Voici! Le peuple des Bné Israël est plus nombreux et plus fort que nous" (Chémot 1,9).
Cependant, le Zohar (2:6a) raconte que loin d'être une menace pour la puissance de l'Égypte, le peuple juif était la source même de sa puissance. En effet, ce n'est qu'après l'arrivée du peuple juif que l'influence de l'Egypte s'est étendue au monde entier.
De même, le Zohar relate que cela était vrai pour d'autres nations, comme Bavel et Edom, dont l'éminence mondiale n'est apparue qu'une fois que le peuple juif s'est installé à l'intérieur de leurs frontières.

7°/ Yossef apporte la richesse à l'Égypte :
Après avoir interprété le rêve de Pharaon selon lequel il y aurait 7 années d'abondance suivies de 7 années de famine, Yossef a mis de côté tous les excédents de céréales de la première période de 7 ans.
Lorsque la famine a commencé, le peuple égyptien a acheté les céréales que Yossef avait stockées, donnant à Pharaon tous les bénéfices. Lorsque les égyptiens n'ont plus d'argent, ils échangent du grain contre leur bétail, qui va à Pharaon. Lorsqu'ils n'ont plus de bétail à échanger, ils cèdent leurs terres en échange de céréales. Lorsqu'ils n'eurent plus de terres à échanger et que les égyptiens n'eurent plus rien à offrir, ils supplièrent Yossef de les nourrir en échange de leur statut d'esclaves de Pharaon.
En outre, ajoute le Nétsiv (haEmek Davar - Vayigach 47:15), le peuple de Canaan a également contribué de manière significative à la richesse de l'Égypte en achetant des céréales à Yossef. Ainsi, Yossef a, à lui seul, apporté la richesse à l'Égypte, et plus particulièrement à Pharaon, qui a obtenu la propriété légale de toute la terre ainsi que de la richesse personnelle de chacun (Vayigach 47:13-26).

8°/ Les égyptiens nous détestaient :
Le Sifté 'Hakhamim (Chémot 1,12) explique que la simple mention du peuple juif était détestable pour les égyptiens.
Même à l'époque de Yossef, le verset indique que "les égyptiens ne supportaient pas de manger de la nourriture avec les Hébreux, car cela leur était répugnant" (Mikets 43,32).

Loin d'être une chose terrible, le dédain naturel que les nations du monde ont pour le peuple juif sert de barrière de sécurité nous protégeant de la perte. En effet, le midrach (Eikha rabba 1,29) explique que si le peuple juif devait se sentir parfaitement à l'aise parmi les nations, il finirait par s'assimiler, se perdant ainsi à jamais.
Un autre midrach (Chémot rabba 1,8) note que tout le temps où le peuple juif est resté éloigné des pratiques des égyptiens, il est resté en très bonne faveur auprès d'eux. Cependant, lorsqu'ils commencèrent à vouloir ressembler aux égyptiens, par exemple en refusant de circoncire leurs petits garçons, la faveur des Égyptiens se transforma en haine.
Aussi difficile que cela puisse paraître, dans la bonté d'Hachem, et en dernier recours pour sauver sa nation, lorsqu'Il voit que son peuple se perd parmi les nations, Il fait en sorte que les nations soient contrariées par le peuple juif. En ce sens, le rav 'Haïm de Volozhin disait : "Si un juif ne fait pas de kiddouch (se sanctifie), alors les nations feront havdala (une séparation entre elles)".

Le midrach (Tan'houma - Chémot 5) nous dit qu'après la mort de Yossef, le peuple juif a cessé de faire la brit mila à ses fils afin qu'ils ressemblent davantage aux égyptiens.
Et pour tous ceux qui ne l'avaient pas déjà abandonné, Pharaon interdit la brit mila dans le cadre de ses décrets cruels. [Pirké déRabbi Eliezer 29]
Le Panim Yafot explique que puisque la tribu de Lévi a résisté à cette épreuve et a plutôt "assujetti" son corps pour la mitsva de brit mila, Hachem l'a récompensée à sa juste mesure en veillant à ce que Pharaon ne soit pas en mesure d'assujettir son corps par l'esclavage. Ainsi, la tribu de Lévi n'a jamais été réduite en esclavage (Chémot 1,14).

Il est écrit : "Yossef mourut, ainsi que tous ses frères, ainsi que toute cette génération ... ils remplirent la terre" (Chémot 1,6-7). Le midrach (Yalkout Chimoni Chémot 1:162) explique que le peuple juif remplissait les théâtres et les cirques égyptiens.
L'assimilation se poursuivant, de nombreux juifs se mirent même à adorer les dieux et les idoles de l'Égypte (Yé'hezkel 20,7-8 ; voir également Rachi - Bo 12,6).
Ils ont cessé d'étudier la Torah et profitaient de la culture égyptienne [et de sa façon d'aborder la vie].

9°/ Pourquoi Goshen? :
Le Netsiv (Ha'Emek Davar - Vayigach 45:9) explique que lorsque les fils de Yaakov ont accepté l'offre de Pharaon de résider à Goshen (voir Vayigach 45,17-18), Yosef a usé de son autorité pour déplacer la population de Goshen afin que ses frères et leurs familles vivent dans un isolement complet, conformément à la volonté de Yaakov.
Une raison supplémentaire de s'installer à Gochen est fournie par le midrach, qui dit que lorsque Sarah, la femme d'Avraham, fut enlevée par Pharaon de nombreuses années auparavant, et qu'elle lui revint après une nuit, Pharaon lui donna la terre de Goshen en cadeau.
[Il est intéressant de noter que le midrach relate que la nuit où Sarah a été enlevée était la nuit de Pessa'h]
Par conséquent, lorsque Yaakov et ses enfants s'installèrent à Goshen, ils vinrent vivre sur une terre qui leur appartenait de droit. [Pirké déRabbi Eliezer 26]

-> Le Netsiv (Haemek Davar - Chémot 1,7) note que, contrairement aux directives de leur ancêtre Yaakov, beaucoup de ses descendants quittèrent Goshen et se répandirent dans tout le pays d'Égypte (midrach Yalkout Chimoni, Chémot 1:162).
Avec le temps, ils commencèrent à cacher leur illustre lignée, abandonnant même la mitsva du brit mila afin de se mêler à leurs voisins égyptiens. C'est pour cette raison, et uniquement pour cette raison, que la haine des Égyptiens s'enflamma contre le peuple juif et que les décrets commencèrent.
Le Netsiv termine par une déclaration qui fait froid dans le dos : cette conséquence désastreuse ne s'est pas limitée à l'Égypte ; au contraire, l'état d'esprit omniprésent qui consiste à vouloir être comme toutes les autres nations est précisément la raison pour laquelle le peuple juif est confronté à une telle persécution à chaque génération.

-> La haine universelle du peuple juif a traversé toutes les générations, et c'est un phénomène qui ne peut pas être expliqué, bien que de nombreux historiens aient essayé. La haine des juifs est aussi illogique qu'intense et continue.
La seule raison pour laquelle l'antisémitisme se manifeste, explique le Rav Avigdor Miller, est de rappeler au peuple juif qu'il est différent. Par conséquent, si le peuple juif le reconnaît et agit en conséquence, l'antisémitisme n'aura pas lieu d'être.
Ainsi, le rav Miller explique que le niveau d'antisémitisme auquel le peuple juif est confronté à chaque génération est proportionnel à la reconnaissance qu'il a de son caractère unique.

-> b'h, également sur ce sujet : https://todahm.com/2018/02/20/6023-2

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10°/ Des impôts énormes :

Le Kli Yakar (Chémot 1,7) explique que le ressentiment des égyptiens s'explique en grande partie par le fait que la nation juive est devenue exceptionnellement riche. En effet, non seulement leur croissance physique était exponentielle, mais leur croissance financière l'était également. En fait, en raison de la richesse extravagante du peuple juif, Pharaon a décrété de lourdes taxes dans le but précis de l'appauvrir.

Bien que le Kli Yakar ne mentionne pas explicitement que le peuple juif a fait étalage de sa richesse ou l'a utilisée à mauvais escient, il est logique que cela ait été le cas. En effet, bien que Pharaon ait physiquement promulgué les décrets contre le peuple juif, en fin de compte, Hachem contrôle entièrement tout ce qui nous arrive (Séfer ha'Hinoukh - mitsva 241). En tant que tel, tout ce qui est arrivé à la nation a été divinement orchestré en utilisant le principe d'Hachem de "mesure pour mesure" - agissant proportionnellement à leurs actions (Sanhédrin 90a).
Puisqu'il n'y a certainement rien de mal à être riche, c'est donc qu'ils ont mal utilisé leur richesse et qu'ils ont été punis en conséquence. [rav Moché Kormornick]

De son côté, le Ibn Ezra (Chémot 1,11) dit que Pharaon a cherché à fortement les taxer comme un moyen de freiner leurs niveaux élevé de procréation.

-> Le Ktav véHakabala (Chémot 1,11) explique que Pharaon a d'abord prélevé un impôt sur le peuple juif et que si une personne n'était pas en mesure de le payer, elle devait travailler sur l'un des chantiers de construction.
Grâce à cette méthode, Pharaon a pu appauvrir le peuple juif tout en le livrant lentement à l'esclavage.

-> Le Meam Loez cite une opinion selon laquelle, alors que Pharaon cherchait des moyens de tuer le peuple juif dans son ensemble, Iyov (un des 3 très proches conseillers de Pharaon avec Yitro et Bilam) a tenté de le sauver en apaisant Pharaon, en lui disant qu'il suffirait de les rendre pauvres. On peut supposer que cela est conforme à la guémara (Nédarim 64b) qui dit qu'une personne en situation d'extrême pauvreté est considérée comme "morte" à bien des égards.
Le rav 'Haïm Chmoulévits (Si'hot Moussar 5732:31) explique que la raison de cette comparaison est que quelqu'un qui manque de ressources minimales et qui est incapable de contribuer à la société ne peut pas participer au but premier de la vie - donner.

Malgré les bonnes intentions de Iyov, de chercher à sauvé le peuple juif de la mort, le Zohar (2:33a) raconte qu'il a néanmoins été puni par Hachem, mesure pour mesure, pour avoir conseillé à Pharaon de nuire financièrement au peuple juif.
Sa punition, explique le Meam Loez (Chémot 1,10), était que tous ses biens lui seraient retirés et qu'il souffrirait terriblement. Pourquoi Iyov a-t-il été puni alors qu'il tentait de sauver la vie du peuple juif?
Parce qu'il aurait dû protester contre l'intention de Pharaon de nuire au peuple juif, comme l'a fait son autre conseiller Yitro.

-> Après avoir abordés Iyov et Yitro, nous allons voir Bilam.
Bilam, le grand magicien et ennemi du peuple juif, était l'un des conseillers les plus respectés de Pharaon et était complice du plan visant à débarrasser l'Égypte de la nation juive (guémara Sotah 11a).
Le midrach Séfer HaYachar (Chémot 4,19) décrit les débuts de Bilam en tant que serviteur d'un roi africain nommé Augias. À l'âge de 15 ans, il était déjà réputé pour ses capacités extraordinaires en matière de magie et de divination. Travaillant d'abord avec l'armée du roi contre l'Égypte, Bilam finit par s'enfuir en Égypte où il fut accueilli avec beaucoup d'honneur en raison des nombreux Égyptiens qui souhaitaient apprendre ses talents.
Bien que la guémara raconte que Bilam était aveugle d'un œil (et selon une interprétation de Rachi, son globe oculaire était en fait manquant, laissant un trou béant - Rachi - Balak 24,3), cela s'est produit de nombreuses années plus tard lorsqu'il a tenté de maudire la nation juive alors qu'elle campait dans le désert. [guémara Nida 31a - avec Maharcha 'Hidouché Aggadot "val davar zé").

Il est intéressant de noter que le midrach (Yalkout Chimoni 2:168) révèle que l'une des raisons pour lesquelles Bilam cherchait continuellement à détruire la nation juive est qu'il était une réincarnation de Lavan qui cherchait à détruire la nation juive entière sans raison rationnelle.
C'est pourquoi, note le Maharal (Guévourot Hachem 54), Lavan, qui n'a apparemment rien à voir avec Pessa'h, est spécifiquement mentionné dans la Haggada comme étant l'archétype de l'antisémite qui hait la nation juive sans raison.

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11°/ L'Égypte est remplie de magie noire :
-> La guémara (Ména'hot 85a avec Rachi) explique que l'Égypte était remplie de magiciens et de sorciers.
En fait, la guémara (Kidouchin 49b) raconte que sur les 10 mesures de magie qui sont descendues dans le monde, 9 ont été données à l'Égypte.

12°/ Le jardin d'Égypte :
Pour sa capacité à faire pousser des semences, la Torah qualifie l'Égypte de "jardin d'Hachem" (kéGan Hachem - Lé'h lé'ha 13,10, avec Rachi), tant sa terre était étonnamment fertile. Malgré cet éloge de l'Égypte, la guémara (Sotah 34b) révèle que même l'endroit le plus rocheux de la terre d'Israel est 7 fois plus fertile que l'endroit le plus fertile d'Égypte.

13°/ Absence de pluie en Égypte :
L'Égypte était un pays unique et autosuffisant en ce sens qu'elle ne dépendait pas de la pluie pour arroser ses cultures. En fait, il ne pleuvait jamais en Égypte. Au contraire, le Nil débordait et irriguait les champs adjacents qui fournissaient à l'Égypte ses récoltes (Rachi - Yéchayahou 19,5).
Ibn Ezra (Vaéra 9,18) écrit qu'il était encore vrai de son vivant que la pluie ne tombait jamais sur l'Égypte.
Outre l'irrigation, le débordement de l'eau apportait un nombre immense de poissons sur les rives. L'Égypte était donc riche en ressources naturelles. [Rachi - Yéchayahou 19,8]
Bien qu'il s'agisse apparemment d'une bénédiction, l'absence de pluie signifiait que les égyptiens n'avaient jamais eu besoin de se tourner vers Hachem pour leur subsistance. Comme le dit le midrach (Sifri - Eikev 2), ils avaient à leur disposition un serviteur du roi qui répondait à leurs besoins au lieu de vivre de la main du roi.
Dans une ressemblance frappante, l'une des punitions d'Hachem pour le serpent (auquel l'Égypte est comparée (Yirmiyahou 46,22) après qu'il ait causé le premier péché (fruit de l'Arbre de la Connaissance), était que sa nourriture serait la poussière de la terre (Béréchit 3,14), ce qui semblait garantir que sa subsistance serait toujours disponible où qu'il se tourne. Dans ce cas, comment le fait de fournir au serpent une nourriture illimitée a-t-il pu être considéré comme une punition? La réponse est que lorsqu'une personne ne peut pas se connecter à Hachem et qu'elle ne peut pas évaluer son comportement en fonction de la pluie qu'elle reçoit ou qu'elle ne reçoit pas, elle est essentiellement laissée à elle-même, loin de l'œil attentif et bienveillant d'Hachem, pour ainsi dire.
Ainsi, bien que l'Égypte ait pu se vanter de sa capacité à prospérer sans l'intervention directe d'Hachem, sans aucune relation avec Lui, elle a été incapable de voir clairement Ses signes jusqu'à ce qu'il soit trop tard.

Il convient de noter que dans tous les aspects que nous avons mentionnés ci-dessus, la terre d'Israel est exactement le contraire : la subsistance de la terre dépend uniquement de la pluie (Ekev 11,10-11) qui, à son tour, dépend exclusivement de nos actions et de notre comportement (comme nous le déclarons chaque jour dans le kriat Shéma : "Si vous écoutez Mes ordres ... Je vous donnerai la pluie dans votre pays en temps voulu" (Ekev 11,13-14)).
Ainsi, les habitants de la terre d'Israel ont eu la chance de pouvoir déterminer s'ils agissaient de manière à plaire à Hachem ou non. Ainsi, à la différence des relations qu'Il entretient avec d'autres pays, en particulier l'Égypte où aucune relation n'existait, Hachem garde constamment un œil vigilant et aimant sur Sa Terre sainte : "Les yeux de D. y [en terre d'Israël] sont constamment rivés, depuis le début de l'année jusqu'à la fin de l'année" (Ekev 11,12).

"La fille de Pharaon … vit l’enfant et voici qu’un jeune pleurait. Elle eut pitié de lui et dit : "C’est un des enfants hébreux. " " (Chémot 2,6)

+ Prier en silence pour se faire entendre par D. ...

Nous confondons parfois décibels et profondeur du contenu, et nous pensons que plus notre propos sera énoncé à voix forte, plus il aura d'impact.

La réalité se situe exactement à l'opposé.
Un argument recevable peut être dit à voix basse.
Crier n'est utile que lorsque le raisonnement est faible.

La Torah dit que lorsque la fille de Pharaon a trouvé le bébé Moché dans les joncs, elle a ouvert le panier dans lequel il se situait et elle a vu l'enfant qui pleurait.
Elle a alors affirmé : "Ce doit être un enfant des juifs" (Chémot 2,6)

Il aurait été plus approprié de dire qu'elle a entendu l'enfant pleurer?

Rabbi Bounim d'Otwoczk de dire : "Un juif peut pleurer silencieusement.
Elle a vu l'enfant pleurer mais ne l'a pas entendu et, par conséquent, elle en a déduit qu'il s'agissait d'un enfant juif."

=> Notre prière silencieuse, à l'image de la Amida, est parfaitement perceptible par D..
Bien que nous semblons extérieurement "normal", nous pouvons hurler à pleins poumons sans pour autant être entendus par autrui.

Nous juifs, Moché Rabbénou nous montre à quel point D. entend nos voix silencieuses qui viennent du cœur, alors profitons-en! 🙂

Source (b"h) : issu d'un dvar Torah du rav Avraham Twerski

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"Elle dit : "C'est un des enfants hébreux"." (Chémot 2,6)
La fille de Pharaon (Batya) n'aurait-elle pas du dire simplement : "c'est un enfant Hébreu", au lieu de : "c'est un des enfants Hébreux"?
Rabbi Bogomilsky rapporte qu'une fois un roi d'Autriche a émis un décret très dur envers la communauté juive.
Après de nombreuses demandes, le roi a été d'accord pour recevoir une délégation de rabbins.
Durant cette rencontre, un des rabbins a commencé à crier.
Le roi le regarda sévèrement et dit : "Ne sais-tu pas qu'en présence du roi, une personne doit parler calmement et ne pas crier?"
Le rabbin s'excusa en répondant : "Votre Majesté, ce n'est pas moi qui crie. La forte voix que vous avez entendu est celle des milliers de juifs qui sont en grand danger à cause de votre décret."
Lorsque la fille de Pharaon a ouvert le panier du bébé, elle a été surprise de constater que ce tout petit bébé (3 mois!), avait une voix aussi puissante et forte, comme celle d'un jeune homme.
Connaissant le décret de son père, dont le but était de tuer les enfants juifs, elle réalisa que la voix qu'elle entendait, n'était pas uniquement celle de Moché, mais aussi celle de tous les autres enfants juifs criant par son intermédiaire.
[Malgré le fait que le cri de Moché était celui de tous les enfants juifs, elle dit en le voyant : "C'est un des enfants hébreux" ... ]

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+ "La fille de Pharaon ... vit l'enfant et voici qu'un jeune pleurait. Elle eut pitié de lui et dit : "C'est un des enfants hébreux." " (Chémot 2,6)

-> Rav Méïr Schwartzman (Méïr Einei Yécharim) dit que Myriam a été surprise par l'intensité des pleurs de ce bébé (Moché), et Myriam lui est venue en aide en expliquant que c'est : "un des enfants hébreux" (v.2,6) = ce n'est pas une voix individuelle, mais le pleur collectif de tous les bébés juifs qui ont été condamnés à la noyade.

[La guémara (Méguila 14a) compte Myriam parmi les 7 prophétesses, et ainsi (guémara Sotah 12b-13a) elle savait par prophétie que sa mère allait donner naissance au libérateur du peuple juif.
C'est pourquoi elle était certaine que Moché sera sauvé, et elle voulait uniquement savoir : comment?, comme il est écrit : "sa sœur se tint à distance pour savoir ce qui lui arriverait" (v.2,4) ]

-> Rabbi Mordé'haï de Slonim enseigne :
"Comment la fille de Pharaon a-t-elle pu savoir que l'enfant qu'elle a retiré du fleuve était juif, et ce rien qu'en l'entendant?
C'est parce qu'un pleur juif est unique : c'est un mélange de détresse avec de l'espoir.
En effet un juif est toujours optimiste, même lorsqu'il pleure."

-> "voici qu'un jeune pleurait" : le Baal haTourim écrit qu'en réalité il s'agit de Aharon qui pleurait se préoccupant du bien être du bébé, son frère.
En effet, la guématria de : "un jeune pleurait" (naar bo'hé - נער בכה) est la même que : "c'est Aharon le Cohen" (zé Aharon haCohen - זה אהרן הכהן).

-> "Elle l'ouvrit, elle y vit l'enfant" (v.2,6)
Rachi commente : Qui a-t-elle vu ? L’enfant, tel est le sens littéral. Selon le midrach, elle a vu la présence divine auprès de lui.

-> "La fille de Pharaon descendit se baigner au fleuve et ses demoiselles allaient le long du fleuve" (v.2,5)
La guémara (Sotah 12b) enseigne : "Ses demoiselles de compagnie lui dirent : "Majesté, l'usage du monde veut que lorsqu'un roi promulgue un décret, même si personne ne lui obéit, tout au moins ses enfants et les gens de sa maisons s'y conforment. Et vous, vous transgresseriez le décret de votre propre père (Pharaon)?"
L'ange Gavriel apparut et les fit s’effondrer (les tuant en les frappant à la tête)."

Selon le midrach (Chémot rabba) : "Au moment où la princesse passait, l'ange Gavriel pinça l'enfant pour le faire crier. La princesse entendit le son et vit alors la boîte flottant sur l'eau...
Lorsque la fille de Pharaon vit l'enfant, elle sentit qu'il rayonnait d'un éclat Divin, c'était l'émanation de la Présence Divine qui accompagnait Moché."

[c'est également l'ange Gavriel qui va plus tard pousser la main de l'enfant Moché (qui avait ôté la couronne de Pharaon) vers les braises et non le monceau d'or, pour le sauver de la cruauté de Pharaon.]

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-> Il est écrit : "Cette femme (Yo'héved) conçut et enfanta un fils (Moché). Elle vit qu’il était Bon טוֹב (Tov) et le tint caché pendant 3 mois" (Chémot 2,2).
Que signifie "qu’il était Bon טוֹב (Tov)"?
Au sens le plus simple cela signifie qu’il était "beau et même agréable".
Cependant, puisqu’il est écrit littéralement : "Elle vit qu’il était Bon, Lui הוּא (Hou)", cela signifie plus profondément que la Présence Divine était visible avec Moché (le mot הוּא - Hou désigne D., comme il est dit : "C’est Lui (הוּא) qui nous a faits ; nous sommes à Lui" - Téhilim 100,3) [voir rabbénou Bé’hayé].

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"La fille de Pharaon descendit se baigner au fleuve ... et voici qu'un jeune (naar - נַעַר) pleurait" (Chémot 2,5-6)

-> 1er explication : Rachi : Sa voix était celle d’un jeune garçon (naar).
Le rav Méïr Shapiro explique que les bébés et les jeunes garçons pleurent, mais la différence entre les 2, est qu'un petit enfant ne pleure que sur sa propre peine (pour des raisons égoïstes - ex: il a faim, il veut être changé, ...), tandis qu'un enfant plus âgé peut également verser des larmes sur la souffrances d'autrui.
La fille de Pharaon a pris le bébé et l'a réconforté (comblant sa douleur d'être laissé tout seul), et malgré cela il a continué à pleurer, révélant qu'en réalité il ne pleurait par pour lui mais pour ses frères juifs. [il ressentait la douleur de ses frères dans l'esclavage, et c'est pourquoi il pleurait!]
Moché a alors prouvé qu'il était émotionnellement beaucoup plus développé que son âge, partageant la souffrance des autres comme un jeune garçon (naar).

[en entendant la douleur de l’un de ses ‘Hassidim, le Rabbi dit : "Quelle grande tragédie. Je n’ai pas de réponses pour toi mais je peux pleurer avec toi." ]

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-> 2e explication : Rachi : Sa voix était celle d’un jeune garçon (naar).
Le roi Salomon écrit : "Éduque ton jeune garçon (naar) selon son chemin" (Michlé 22,6).
A partir de quel âge un enfant est-il considéré comme : un naar?

Le Rambam (Hilkhot Chévissat Assor 2,10) fixe que la mitsva d'éduquer un enfant, au moins en ce qui concerne le jeûne de Kippour, commence à l'âge de 9 ans.
Ainsi, on peut considérer qu'un enfant est considéré comme "naar" à partir de ses 9 ans.

=> Sachant que Moché était âgé de 3 mois au moment de sa rencontre avec Batya (v.2,2), en quoi sa voix était celle d'un garçon de 9 ans?

Le Yi'houd béChidoud apporte la réponse suivante.

La guémara (Béra'hot 54b) enseigne que Moché était beaucoup plus grand que la moyenne, et qu'il avait une taille de 10 coudées (équivalent à environ 5 mètres).

Dans la guémara (Yoma 31a), en abordant l'immersion dans l'eau du mikvé, nos Sages parlent d'une profondeur de 3 coudées, comme suffisante pour recouvrir la totalité d'une personne.
=> Il en découle que Moché était : 3,333 fois plus grand que la moyenne (10/3).

La guémara (Nédarim 38a) ajoute que Moché n'était pas uniquement plus grand, mais qu'il était également proportionnellement plus large et plus épais que la moyenne dans les mêmes dimensions.
=> D'un point de vue volumétrique, Moché avait : 3,333 d'hauteur en plus * 3,333 de largeur en plus * 3,333 d'épaisseur en plus = soit un total de : 37 fois plus volumineux que la moyenne.

-> Le midrach Tan'houma (9) explique que Moché n'a pas acquis une taille imposante d'en seul coup, mais qu'au contraire il a grandi proportionnellement (en gardant ce ratio le différenciant par rapport à la moyenne).

Ceci explique pourquoi : "elle [la mère de Moché] le cacha pendant 3 mois, mais elle ne put le cacher plus longtemps" (Chémot 2,2-3), parce qu'il avait une taille globale 37 fois plus importante qu'un autre bébé de 3 mois!

-> Si l'on multiplie : 3 mois par ce facteur 37, on arrive à un équivalent en âge de : 111 mois. Ainsi, à 3 mois, Moché avait l'apparence d'un enfant de 9 ans et 3 mois.
Cependant, puisqu'il y a 7 années dans lesquelles nous rajoutons un mois supplémentaire (Adar 2) dans chaque cycle du calendrier de 19 années, il en découle que sur une période de 9 ans, il y a 3 années dans lesquelles nous devons rajouter un mois d'Adar.

=> Nous devons retirer ces 3 mois afin d'arriver au véritable âge qui prend en compte ces mois supplémentaires. On arrive alors à la conclusion que Moché était âgé tout juste de 9 ans, justifiant son appellation de "naar" (jeune garçon) par Batya.

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"La fille de Pharaon … vit l’enfant et voici qu’un jeune pleurait. Elle eut pitié de lui et dit : "C’est un des enfants hébreux. " " (Chémot 2,6)

-> Comment est-il concevable que Pharaon, le dirigeant sans cœur qui tua impitoyablement des milliers d'enfants juifs pour se baigner dans leur sang, ait pu avoir une fille vertueuse dont la compassion est née avec les pleurs d'un bébé juif?

Le rabbi Shalom Rokéa'h de Belz (Dover Shalom) répond à cette question :
Lorsqu'elle ouvrit le panier et fit face à Moché, elle fit l'expérience d'une transformation spirituelle qui alluma dans son cœur le sens de la compassion.
En effet, la simple vue du comportement d'un Tsadik insipire celui qui aspire à faire le bien.

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-> Le Zohar rapporte :
Rabbi Yéhouda a dit que toutes les choses de ce monde dépendent du repentir et des prières que nous adressons à D.
A plus forte raison, aucune porte ne reste fermée face aux larmes qu'une personne verse en priant Hachem, comme il est dit : "Elle l'ouvrit, elle y vit l'enfant : c'était un garçon qui pleurait" (v.2,6).

"Elle l'ouvrit" = il s'agit de la Présence Divine, qui est pour Israël ce qu'une mère est pour ses enfants et qui se positionne en faveur d'Israël. Puisqu'elle a ouvert ses portes, "elle y vit l'enfant" = qui représente le peuple d'Israël, nomme "enfant choyé".
En effet, les juifs fautent devant leur Maître puis se repentent en suppliant et en implorant Hachem tel un fils qui pleure devant son père.
Dès lors, tous les mauvais décrets du monde disparaissent, comme il est dit : "Elle eut pitié de lui" = l'attribut de miséricorde [de la Présence Divine] s'est éveillé et elle a eu pitié de lui.

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-> "Voici qu'un jeune garçon pleurait" (Chémot 2,6)

Selon le midrach Aggada, elle s'est exprimée de manière prophétique.
Le mot : "naar" (jeune garçon - נַעַר) est l’acrostiche de :
- noun pour "nééman" (fidèle), comme il est dit : "Il est fidèle dans toute Ma résidence" ;
- ayin pour "anav (humble), comme il est dit : "Moché était un homme très humble" ;
- et réch pour "roé" (berger), comme il est dit : "Moché était berger."

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-> "Voici un jeune homme qui pleurait" (Chémot 2,6)

-> Quand la fille de Pharaon descendit dans le Nil pour faire sa toilette, elle entendit les pleurs d'un bébé et le sauva. Le midrach s'interroge de savoir pourquoi le Texte dit : "Voici un jeune homme qui pleurait", alors qu'il s'agissait d'un nouveau-né.
L'une des réponses consiste à dire qu'Hachem envoya un ange qui vint frapper Moché dans le panier pour qu'il se mette à pleurer afin que la fille de Pharaon puisse entendre ses cris et vienne le sauver. Seulement, pour que les cris puissent être entendus, l'ange frappa un peu fort. C'est pourquoi, le bébé se mit à crier particulièrement fort, plus fort que les cris habituels d'un bébé.
C'est pourquoi, il est dit qu'elle entendit les cris d'un ''jeune homme''. Il criait fort, comme un jeune homme, non comme un bébé. Ce Midrash nous apprend une leçon importante dans nos vies. Parfois, il peut arriver des événements éprouvants, comme si on avait l'impression que la vie nous donnait des claques. On sent des difficultés et cela peut paraître douloureux. Alors, on peut s'interroger sur le sens de tout cela.
=> Pourquoi Hachem nous envoie t-Il ces épreuves? Pourquoi frappe-t-Il ainsi? N'est-Il pas Bon et Clément!

Ce midrach vient apporter un certain éclairage, qui pourra servir de soutien dans ce genre de situation. Hachem a envoyé un ange frapper Moché ... Celui-ci n'a rien demandé, il était tranquillement en train de se reposer dans son panier, sur les flots du Nil. Et voilà que soudain, il reçoit un coup particulièrement fort et douloureux.
Et là, il se met à crier très fort, comme un jeune-homme. Il ne comprend pas ce qui lui arrive, pourquoi on l'a frappé. Mais après coup, il s'est avéré que cela a été la plus belle chose qui ait pu lui arriver. Car c'est par ces cris que la fille de Pharaon, a pu l'entendre et est venue le sauver.
Ce bébé a ensuite était élevé dans le palais du roi et a pu grandir, sous la Protection Divine, jusqu'à devenir le libérateur d'Israël. Tout cela, lui et le peuple tout entier le doivent à cette claque qu'il a reçu dans ce panier.

=> Cela doit servir de message d'espoir dans des moments où on peut sentir qu'Hachem est en train de donner des "claques". Peut-être est-Il en train de préparer notre plus grand bien. On ne le sait pas encore ni on peut le comprendre. Mais Hachem sait ce qu'Il fait. Et peut-être que l'avenir montrera que notre réussite future n'aura été possible que parce que l'on est passé par là.
[rapporté par le rav Mikaël Mouyal]

"Et Pharaon dit : "Qui est D. pour que je Lui obéisse?
Je ne reconnais pas D." " (Chémot 5,2)

Le Rabbi de Kotzk disait : "Certaines personnes se qualifient elles-mêmes de non-croyants.
C’est ridicule ! A la moindre migraine, vous les trouverez qui se confondent en prière devant l’Arche de la Torah.

Pharaon, lui, était un non-croyant : les miracles se représentaient devant ses yeux, les châtiments se succédaient et il niait toujours l’existence de D. "

Il y a des gens qui professent qu’ils ne croient pas en D.
Si vous voulez savoir en quoi ils croient réellement, observez ce qu’ils font quand ils sont dans la détresse.

C’est un moment où les gens arrêtent de se bercer d’illusions et de s’imaginer qu’ils n’ont pas de foi.
Le Rabbi de Kotzk avait raison : tous les juifs sont des croyants.

Source (b"h) : un dvar Torah du rav Avraham Twerski

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+ L'arrivée de Moché et Aharon au palais :
Le palais royal [de Pharaon] était immense et rigoureusement gardé. Il devint vite évident à Moché et Aharon qu'ils n'auraient aucun moyen d'entrer dans le palais pour parler à Pharon.
Soudain, l'ange Gavriel apparut et les transporta à l'intérieur.

Ayant entendu du bruit confus, Pharaon fit une enquête et apprit que 2 étrangers étaient soudain apparus sans autorisation au palais. Il s'emporta contre les gardes au point d'en exécuter plusieurs immédiatement ...

Une fois dans le palais, Moché et Aharon devaient trouver accès à la salle du trône.
Cette chambre était gardée par 2 énormes lions, prêts à déchirer toute personne non-autorisée s'en approchant.

Dans le palais royal, tous les vestibules importants étaient gardés par des lions, des loups et d'autres bêtes féroces.
Avant que quiconque ne puisse passer, les gardiens de ces animaux devaient les distraire en leur donnant de la viande fraîche.
Parcourant le palais, Moché effleurait ces animaux de son bâton, les rendant aussi dociles que des agneaux.
Au fur et à mesure que Moché avançait à travers le palais, les bêtes sauvages lui emboîtèrent le pas comme des chiens dressés.
C'est ainsi qu'à son arrivé dans la salle du trône, Moché était accompagné d'une longue "garde d'honneur" composée de bêtes sauvages à l'allure majestueuse.
[...]

Le bâton que Moché tenait en min, sur lequel était gravé le Nom Divin, était terrifiant.
Lorsque Aharon parla, ce fut avec tant de majesté et d'autorité que tous ceux qui l'entendirent en frémirent.
[c'était un jour d'une importante fête égyptienne, et des rois/émissaires du monde entier venaient apporter des cadeaux et témoigner leur soumission à Pharaon]

Impressionnés par Moché et Aharon, tous les rois ôtèrent leur couronne en signe d'obéissance et se prosternèrent à terre.
Pharaon fut si troublé qu'il dut se précipiter aux toilettes, et alors qu'il y était assis, des rats se mirent à l'attaquer, le mordant et grignotant ses orteils. Ses cris résonnèrent à travers tous le palais.
[Méam Loez - Chémot 5,1-2]

"Si c'est un fils, vous le tuerez, et si c'est une fille, elle vivra" (Chémot 1,16)

-> Puisque les sages-femmes avaient reçu l'instruction de tuer spécifiquement les garçons, pourquoi était-il nécessaire d'ajouter que les filles devaient être laissées en vie?

Le Sfat Emet explique que l'intention de Pharaon était que les sages-femmes se surinvestissent délibérément dans le soin des filles afin de donner l'impression qu'elles étaient compatissantes.
Cela leur permettait de couvrir leurs actes délictueux à l'égard des bébés garçons.
Bien entendu, les sages-femmes ont désobéi à l'ordre de Pharaon, non seulement en s'abstenant d'assassiner les garçons, mais aussi en s'occupant activement d'eux.
Ainsi, l'instruction de Pharaon de s'occuper des filles était fortuite, fournissant une couverture à leurs efforts humanitaires pour s'occuper des garçons vulnérables.

Pourquoi la tribu de Lévi n’a pas été esclave en Egypte

+ Pourquoi la tribu de Lévi n'a pas été esclave en Egypte? :

"Le roi d'Egypte leur dit : "Moché et Aharon, pourquoi détournez-vous le peuple de son travail? Allez à vos tâches personnelles!" (Chémot 5,4)

-> Rachi explique que l'intention de Pharaon en disant "Allez à vos tâches personnelles" était que, puisque les Léviim n'étaient pas tenus de participer au travail physique (l'esclavage), Pharaon a spécifiquement dit "Allez à vos propres tâches", ce qui signifie, allez vous occuper de ce que vous avez à faire dans votre maison, mais pas du travail physique que tous les autres juifs sont tenus de faire.

Le Zéra Shimshon demande : pourquoi la tribu de Lévi n'a-t-elle pas été inclus dans le décret sur le travail physique (l'esclavage), alors que le verset qui décrit le décret sur l'exil égyptien et la servitude ne fait pas de différence entre les tribus?
Le verset dit : "ta descendance sera des étrangers dans un pays qui n'est pas le leur, où elle sera asservie et opprimée, durant 400 ans" (Lé'h Lé'ha 15,13). D'après ce verset, il semblerait que tout le monde fera partie du décret d'esclavage. Si c'est le cas, pourquoi la tribu de Lévi est-elle exclue?

Le Zéra Shimshon répond que le midrach (Chémot rabba 1,10) dit que lorsque Yossef est décédé, le peuple juif a cessé d'observer la mitsva de la Brit Mila. Ils ont agi ainsi parce qu'ils voulaient ressembler aux égyptiens. Lorsque cela s'est produit, Hachem a fait en sorte que les égyptiens les détestent.

Le Zéra Shimshon souligne qu'il semble que si le peuple juif avait respecté la mitsva de la Mila, il n'aurait pas été soumis à l'esclavage et au travail harassant de l'exil égyptien. Comment cela coïncide-t-il avec le verset qui semble dire que le peuple juif aurait été soumis à ce décret de toute façon?

Le Zera Shimshon suggère qu'il y avait deux parties au décret de la descente en Égypte. À l'origine, le décret prévoyait seulement que le peuple juif serait étranger dans le pays. Cependant, s'ils ne respectaient pas le symbole du peuple juif, la mitsva de la circoncision (mila), ils seraient alors soumis au décret supplémentaire du travail d'esclave.
Étant donné que la tribu de Lévi a respecté la mitsva de Mila, ils sont restés des étrangers, mais n'ont pas été soumis au travail physique. Tous les autres juifs qui ont renoncé à la mitsva de la circoncision ont ensuite été soumis à la deuxième partie du décret, à savoir le travail d'esclave éreintant.

Le Zéra Shimshon tire cela de la formulation du verset susmentionné. Le passuk dit : "ta descendance sera des étrangers dans un pays qui n'est pas le leur, où elle sera asservie et opprimée".
Le verset aurait pu dire : "ta descendance sera opprimée dans un pays qui n'est pas le leur." De même, une fois que le verset a dit qu'ils seront des étrangers, il n'est pas nécessaire d'ajouter "dans un pays qui n'est pas le leur"?

Le Zéra Shimshon dit que si le décret était en fait un décret en deux parties, ce verset est très bien compris.
La première partie du décret était que le peuple juif serait un étranger dans un pays étranger. S'ils se font remarquer et vivent comme s'il ne s'agissait pas de leur propre pays, en conservant leur identité juive (symbolisée) par le biais de la mitsva de la circoncision, alors le décret s'arrête là.
C'est pourquoi le verset ajoute "dans un pays qui n'est pas le leur", pour souligner que s'ils vivaient comme si ce n'était pas leur pays et n'essayaient pas de s'assimiler, tout le décret s'arrêterait là. Dans ce cas, tout ce que le décret impliquerait serait de vivre comme des étrangers en Égypte.

Cependant, s'ils ne respectent pas cette ségrégation, le verset continue à dire quelle sera la seconde partie du décret "où elle sera asservie et opprimée".
C'est la raison pour laquelle le verset énonce le décret en deux parties et ne se contente pas de dire : "Vos enfants seront opprimés dans un pays qui n'est pas le leur."

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[l'exil égyptien comporte une part de tous les exils qui ont suivi (dans le nôtre). On peut éventuellement apprendre que certes nous avons un décret d'être en exil (étranger parmi les nations), mais plus nous abandonnons nos valeurs et symboles juifs en voulant se fondre dans la masse du pays environnant, alors plus nous risquons d'avoir une 2e partie à ce décret : le fait d'y être opprimés! ]

L’affliction physique crée des mérites

+++ L’affliction physique crée des mérites :

"Et autant ils les affligeaient, autant ils se multipliaient et autant ils s’étendaient" (Chémot 1,12)

-> Le rav Moché Leib de Sassov (cité dans Michnat haRamal) explique qu'il est connu que si quelqu’un essaie de se purifier, Hachem l’aide. Le principal moyen de se sanctifier et de se purifier est de s’abstenir des plaisirs physiques et d’affliger le corps autant que l’on peut le supporter.
Plus on s’abstient des plaisirs terrestres, plus on peut atteindre la sainteté et plus on peut se connecter à Hachem.
De cette façon, l'âme de l’individu devient plus forte et il est capable de faire téchouva et de transformer ses fautes en mérites.

En conséquence, le verset dit que plus la nation était affligée, plus elle se multipliait et grandissait. Grâce à leurs afflictions physiques, leurs mérites augmentaient.

Aharon se dévoua constamment pour le peuple d’Israël

+ Aharon se dévoua constamment pour le peuple d’Israël :

"Le courroux d'Hachem s'enflamma contre Moché et Il dit : "N'y a-t-il pas Aharon ton frère, le Lévite? Je sais qu'il parlera assurément" (Chémot 4,14)

-> Le séfer Tiféret Shlomo explique que lorsque Moché parla négativement du peuple en disant (Chémot 2,14) : "Maintenant je comprends" (comme l’explique Rachi, il disait qu’il comprenait qu’ils méritaient d’être punis), il fit en sorte que la guéoula soit retardée de 80 années supplémentaires, car il dut fuir à Midyan.
D’un autre côté, Aharon haCohen était toujours avec le peuple juif. Il était témoin de leur souffrance et souffrait pour eux. Il priait constamment pour eux.

Ainsi, Hachem dit qu’il "parlera assurément". "Parler" fait référence à la prière. Hachem dit qu’Aharon prie toujours avec et pour peuple juif. Par conséquent, il parlera. Il méritera la kéhouna et la capacité de bénir le peuple juif (comme nous le voyons dans Nasso 6,23) car il était constamment uni au peuple et priait pour eux.

"Pourquoi as-Tu fait tant de mal à ce peuple?" (Chémot 5,22)

=> Comment comprendre de tels propos si durs de la part de Moché?

Moché est appelé "berger de la foi". Tout son but était de renforcer le peuple d'Israël dans sa confiance en Hachem. Or, suite aux grandes souffrances, certains pouvaient ressentir un affaiblissement dans leur foi. Moché se devait de renforcer également ces personnes-là.
C'est pourquoi, sa mission lui imposait d'être aussi leur porte-parole et de transmettre leurs doutes à Hachem pour obtenir une réponse. La réponse Divine leur permettrait de rétablir et de nourrir leur confiance en Hachem.
Cette question que Moché adressa à Hachem faisait donc justement partie de son rôle d'apaiser les coeurs, renforcer la foi des Juifs et faire disparaître leurs doutes.
[Likouté Si'hot]

L’importance de la mida de temimout

+ L'importance de la mida de temimout, d'être tamim avec Hachem :

"Et voici les noms des enfants d'Israël qui vinrent en Israël avec Yaakov, chacun était venu avec sa maisonnée." (Chémot 1,1)

-> Le séfer Divré Israël cite le midrach (Tan'houma 50) qui interprète ce verset comme signifiant qu'ils sont tous venus avec le mérite de Yaakov.

-> Le Divré Israël demande pourquoi ce verset utilise le nom "Yaakov", qui symbolise une stature [spirituelle] plus basse que le nom "Israël", qui connote sa nature plus glorieuse (Zohar - Balak 210:2).

Il répond que cela a pour but de nous enseigner une leçon importante. Yaakov incarnait le témimout (servir Hachem avec simplicité), comme il est dit : "Yaakov était un homme simple (ich tam)" (Toldot 25,27).
Rachi (Vaét'hanan 18,13) explique le concept de témimout sur le verset qui nous ordonne d'être "tamim" avec Hachem en disant : "Marchez avec Lui en toute simplicité et ne posez pas de questions".
Même si une personne est très intelligente et capable de comprendre beaucoup de choses (même nos Avot), elle doit s'en remettre à Hachem avec simplicité et non pas à la suite de déterminations intellectuelles.

Cette idée est évoquée dans le verset : "Celui qui marche avec simplicité marchera en sécurité" (olé'h batom, yélé'h béta'h - הוֹלֵךְ בַּתֹּם יֵלֶךְ בֶּטַח - Michlé 10,9). Les dernières lettres de ces mots forment le mot : 'hakham.
Cela nous enseigne que même un homme sage ne doit pas se fier à sa sagesse. Il doit plutôt s'en remettre à Hachem pour sa sécurité.

La mida de témimout est ce qui sépare les sages d'Israël des sages des nations du monde, comme l'a dit Rava à un tsidouki (guémara Shabbath 88b). Les sages des nations s'adonnent toujours à la philosophie et essaient de comprendre les choses grâce à leur intellect.
En revanche, les sages d'Israël ne s'appuient pas sur leur intellect, et au contraire, placent simplement leur confiance en Hachem.

Ce concept est illustré par le verset : "Vous les observerez (ouch'martem) et les mettrez en pratique, car c'est là votre sagesse et votre intelligence aux yeux des peuples" (Vaét'hanan 4,6).
Le mot "ouch'martem" (וּשְׁמַרְתֶּם) peut être lu comme "ouchamar tam", tu te maintiendras comme une personne simple (tam).
Ainsi, le verset dit que lorsqu'une personne a la mida de témimout, elle est différente des non juifs, qui s'engagent dans le questionnement et la philosophie.

C'est ce qui ressort également du verset : "Prenez garde à vous, de crainte que votre coeur soit séduit et que vous vous détourniez (vé'sartem) et serviez les dieux des autres" (Ekev 11,16).
Le mot "vé'sartem" (וְסַרְתֶּם) peut être lu "vé'sar tam", tu te détourneras d'une personne simple.
Si quelqu'un se détourne de la témimout et s'engage dans des enquêtes et des questionnements sur les voies d'Hachem, il est considéré comme s'il adorait des dieux étrangers parce que c'est la façon de faire des non juifs.

En gardant cela à l'esprit, nous pouvons expliquer le midrach qui dit que les Bné Israël sont venus en Egypte avec le mérite de Yaakov. La mida du temimout est un héritage de Yaakov, qui a incarné cette caractéristique. C'est la qualité que sa progéniture a emportée avec elle en Egypte.
Cela explique également pourquoi le nom "Yaakov" est utilisé dans ce verset, par opposition au nom "Israël", car ce nom représente sa mida de temimout.

Dans le même ordre d'idées, Pharaon a dit qu'il voulait être plus malin que les juifs (Chémot 1,10). Son intention était d'utiliser la midah de la 'hokhma (sagesse) pour les vaincre. Il savait que tant qu'ils conserveraient le trait de temimout, ils seraient toujours en sécurité et qu'il serait incapable de les vaincre. Il voulait donc trouver un moyen de les inciter à s'engager dans l'intellectualisme et la philosophie, afin qu'ils abandonnent leur temimout et qu'il soit en mesure de les vaincre.

Rachi explique que Pharaon disait qu'il voulait être plus malin que "le sauveur de Israël". Cela peut être expliqué comme signifiant qu'il voulait vaincre la mida du temimout, qui est ce qui sauve le peuple juif, en les amenant à s'engager dans des enquêtes et des questions.
Rachi dit ensuite que Pharaon voulait les punir "avec de l'eau". Il voulait qu'ils s'immergent dans la forme négative de la sagesse, qui consiste à remettre en question les voies d'Hachem, car il savait que cela leur ferait du tort.