Pâtisserie spirituelle depuis 5771 - b'h
 

Hachem nous dit : « Je vous aime! »

"Et voici les noms des enfants d'Israël, venus en Egypte" (Chémot 1,1)

-> Rachi de commenter : "Bien que les noms des enfants d'Israël aient déjà été mentionnés dans le livre de Béréchit (Vayigach 46,8), la Torah les indique de nouveau pour marquer combien D. leur est attaché, car ils sont comparés aux étoiles, que D. fait sortir et entrer en les comptant et en les appelant par leur prénom, comme il est dit : "Il fait sortir leur légion céleste en les comptant. Il les appelle toutes par leurs nom" (Yéchayahou 40,26)."

-> Le Gour Aryé explique cette répétition de la Torah par : "On répète souvent ce qui nous est précieux."

-> Le Sfat Emet explique très joliment :
"Les enfants d'Israël doivent savoir que D. les aime.
Au même titre qu'il créa les étoiles pour qu'elles illuminent les ténèbres, il créa aussi le peuple d'Israël et le dispersa à travers le monde afin qu'il diffuse la lumière divine, qu'il éclaire les endroits les plus sombres et les plus reculés afin d'être une lumière pour les peuples."

[il est intéressant de noter que la paracha "Chémot" (chémot = les noms) est la 13e de la Torah, qui est la valeur numérique de "aava" (amour - אהבה).]

-> Voici les paroles d'Hachem à Israël par le biais de Mala'hi : "Je vous aime, dit Hachem" (aavti ét'hem amar Hachem - Malah'hi 1,1-2)
[Chémot marque le début de l'exil, et Hachem nous transmet un message vital pour le traverser au mieux. Ayez en tête la réalité : "Je vous aime!"
Même dans l'obscurité totale de l'exil, même si on a fait les pires fautes, ... Hachem est toujours à nos côtés, Hachem nous aime toujours énormément! ]

<-------------->

+ "Ils sont comparés aux étoiles, que D. fait sortir et entrer en les comptant et en les appelant par leur prénom" (Rachi)

-> L'objectif d'un nom est de permettre de différencier 2 objets.
Par exemple, si l'on a 20 canettes de Coca devant nous, elles auront toutes la même appellation, car elles sont toutes identiques. Cependant, si l'on a 20 saveurs différentes de soda, alors chaque canette a un nom qui lui est propre : Coca, Sprite, Fanta, Diet, Zéro, ... témoignant de sa particularité.

=> Si Hachem donne un nom à chaque étoile, c'est qu'il n'y en a pas 2 identiques, chacune ayant un but unique.
La guémara (Béra'hot 59a) enseigne que lorsque Hachem a voulu envoyer le déluge pour punir la génération de Noa'h, il l'a fait en retirant 2 étoiles de la constellation du mazal de Kima, et c'est cette absence de 2 étoiles qui a entraîné le déluge, avec ses conséquences dévastatrices.
Ainsi même si pour nous, toutes les étoiles se ressemblent (un petit point lumineux), le fait qu'elles ont chacune un nom, nous enseigne que leur rôle est unique.

De même, nous pouvons nous voir comme quasi-identiques (avec une vie : métro - boulot - dodo), cependant le fait que nous ayons tous un nom unique, témoigne que nous avons une mission unique dans ce monde, et que nous ne devons pas nous comparer aux autres, mais à nous même (qu'est-ce que j'aurai pu faire par rapport à ce que j'ai fait).
De même dans l'éducation d'un enfant, il faut tâcher de le faire briller en fonction de son unicité interne, et non en fonction de ce que l'on aimerait qu'il soit (pour s'en vanter, pour faire ce que l'on aurait aimé de ce sa vie, ...).

=> Lorsque nous observons une foule immense de juifs, il faut se souvenir que Hachem y voit un cumul d'individualités, chaque ayant son propre nom et mission dans la vie.
Le rav Israël Reisman compare cela à un père qui va à la cérémonie des diplômes de son enfant. Même s'il y a plus de 100 diplômés, aux yeux du père il n'y en a en réalité qu'un seul : son enfant bien-aimé, au point où les autres ne sont même pas présents.
Il en est de même avec notre papa Hachem : à chaque instant, nous sommes tous Son enfant adoré unique, et Il n'a de yeux que pour nous!

[rav Israël Reisman]

<-------------------->

-> A l’image des étoiles, Israël est au-dessus et transcende les lois de la nature (én mazal léIsraël).
De même que nul ne peut conquérir les étoiles, de même aucune nation ne pourra jamais anéantir Israël.
[midrach Pessikta Zoutreta]

-> La guémara (Méguila 16a) dit qu’en comparant Israël aux étoiles, D. nous apprend que lorsqu’Israël accomplit Sa volonté, il est au-dessus de tout, comme les étoiles.
En revanche, quand il désobéit, il est piétiné par tous, comme la poussière.

-> "De même que les étoiles du ciel, nous apparaissent comme des points minuscules, alors que ce sont des mondes extraordinaires, certains juifs qui ne paient pas de mine ici-bas seront extraordinaires quand ils monteront au ciel." (ainsi, par précaution respectons tout juif!)
[le Baal Chem Tov]

-> Lorsque nous regardons les étoiles, elles semblent plutôt petites (comme un petit point lumineux!).
Cependant, en réalité elles sont énormes, comme nous pouvons le constater en s’en rapprochant.
Dans ce monde, les juifs sont considérés comme ayant peu d’importance (des sales juifs!), comme insignifiants parmi les nations.
Cependant, dans le Ciel, ils sont considérés comme étant bien plus important que toute autre nation!
[le Divré ‘Haïm]

-> "Les juifs sont comparés individuellement à une étoile, qui se dit en hébreu : ko’hav (כוכב).
Les lettres : כב (de valeur 22) représentent les 22 lettres de l’alphabet hébraïque, utilisées pour créer ce monde terrestre, tandis que les 2 autres lettres : כו (de valeur 26) renvoient à la guématria du nom divin (Tétragramme).
Nous sommes ainsi composés à la fois d’énergies terrestres et célestes."
[le Sfat Emet]

-> Dans la guémara ('Houlim 60b), il est dit qu’à la Création de la terre, D. a créé 2 luminaires égaux (lune, soleil). Mais la lune a été rapetissée car elle s’était plainte à D. en disant : "Il n’est pas possible à 2 rois de partager la même couronne!".
Pour apaiser son chagrin, D. lui a adjoint une armée d’étoiles (il y a plus petit que moi, donc ça va!).
Ainsi, à l’image des étoiles, le rôle de l’existence d’Israël est comme l’a souligné rabbi Akiva : "Tu aimeras ton prochain comme toi-même".
[nous devons être une lumière des moments obscurs (difficiles) d'autrui : joie de vivre, écoute, aide, ...]

<-------------------->

-> Israël est comparé aux étoiles qui sont comptées 2 fois par jour en Haut : le soir, lorsqu'elles apparaissent, ainsi qu'au matin, lorsqu'elles pâlissent ... [notre âme monte/apparaît au Ciel le soir après s'être endormis, et nous est rendue le matin à notre réveil]
Ceci montre qu'Israël ne ressemble pas aux autres peuples. La Providence Divine intervient vis-à-vis des autres nations de façon générale. Par contre, dans le cas d'Israël, D. veille sur chacun individuellement.
C'est ce que l'on appelle : "la Providence individuelle" (hachga'hat pratit).
Hachem Lui-même surveille le destin de chaque juif et prend soin de lui, et c'est pourquoi Il les énumère ici individuellement.
[...]

Il est une raison importante pour laquelle les tadikim sont comparés aux étoiles.
Nos Sages enseignent que les tsadikim ne meurent pas : même après leur mort, on les considère vivants.
Ils continuent à vivre parce que leur âme se trouve sous le Trône de Gloire Divin (kissé haKavod).
C'est en cela qu'ils ressemblent aux étoiles. Bien que les étoiles soient invisibles de jour, elles continuent à exister là où elles sont. Si nous ne pouvons les voir, c'est à cause de la clarté du Ciel.
Il en est de même des tsadikim : ils continuent à exister après leur mort mais nous ne pouvons les voir à cause de nos péchés. Pourtant, ils demeurent à leur place.

De même qu'il est impossible de voir la lumière des étoiles le jour, il est impossible de se rendre compte de la grandeur des saints en ce monde. Elle n'est visible qu'après leur mort.
Ainsi que nos Sages (guémara 'Houlin 7b) l'enseignent : "Les tsadikim sont plus grands après leur mort qu'ils ne l'étaient dans cette vie".
[Méam Loez - Chémot 1,5]

Seuls 600 000 juifs devaient être réduits en esclavage. La Torah nous dit que les juifs se multiplièrent considérablement (les femmes ayant de très nombreux enfants). Il y eut donc beaucoup plus de juifs réduits en esclavage.
L’augmentation du nombre de juifs compensa la réduction de la durée de l’esclavage.
[rav Yonathan Eibshitz - Tiféret Yéhonatan Lé'h Lé'ha]

La réciprocité de la prière

Lorsqu'un pauvre demande à un riche de satisfaire sa demande, et que ce dernier a les moyens de le faire, le riche doit compatir à la situation du pauvre s'il veut avoir de la miséricorde. Une fois que le riche s'identifie à la douleur du pauvre, il acquiescera certainement à sa demande.
De même, lorsque le peuple juif est en détresse, il crie à Hachem d'avoir pitié de lui, en espérant qu'il se montrera compréhensif à son égard.

Puisque D. répond toujours aux demandes de Sa nation, l'individu doit également adresser ses pensées et ses prières à Hachem. Le mot même de "prière" (téfila) connote "l'attachement", comme dans le verset : "J'ai été uni [naftoulé] par les liens divins [niftalti]..." (Béréchit 30,8).
Alors Hachem répond, en quelque sorte, en s'attachant à eux, afin d'avoir pitié d'eux.

Tel est donc le sens profond du verset "D. vit les Bné Israël, et D. connut (vayéda Elokim - Chémot 2,25)".
Le verbe "connaître" (vayéda) implique "l'attachement", comme dans le verset "Adam connut (vayéda) 'Hava" (Béréchit 4,1).
[rabbi Lévi Its'hak de Berditchev - Kédouchat Lévi - Chémot 2,25]

Grandeur de Moché & mariage avec une convertie

+++ Grandeur de Moché & mariage avec une convertie :

"Le roi d'Égypte parla aux sages-femmes juives : l'une s'appelait Shifrah, l'autre Pouah" (Chémot 1,15)

-> Rachi commente :
Chifra = il s'agit de Yo'hévet, ainsi nommée parce qu’elle "embellissait" (mé'haperett) l’enfant [par les soins diligents qu’elle lui prodiguait] (guémara Sota 11b).
Pouah = c’est Miryam, ainsi nommée parce qu’elle "s’exclamait" à l’adresse du nouveau-né et lui "parlait", comme le font les femmes pour calmer un enfant qui pleure. Le mot pouah signifie : "émettre un cri", comme dans : "Je veux crier (éf'é - אֶפְעֶה) comme une femme en train d’enfanter" (Yéchayahou 42,14).

-> Le Maharal (Gour Aryé) nous explique :
La Torah a caché les véritables noms de Yo'hévet et Myriam, la mère et la sœur de Moché, afin d'éviter de mentionner les noms de la famille de Moché avant sa naissance. De même, la Torah a caché le nom d'Amram, le père de Moché, avant de mentionner la naissance de Moché. La Torah ne fait allusion à lui que comme "un homme... de la maison de Lévi" (Chémot 2,1).

[selon le Maharal : si la Torah avait dévoilé les noms, on aurait dit que ce sont Amram et Yo'hévet qui ont été la cause de la naissance de Moché. Mais la Torah vient nous dire qu'il n'en est pas ainsi. Car la cause de cette naissance a été le besoin de tout le peuple d'Israël et non le besoin de ses parents. Moché est né pour le peuple juif et non pas pour ses parents.
Seulement, Hachem a trouvé que Amram et Yokheved étaient aptes à engendrer Moché. Mais il n'est pas né pour eux. C'est pourquoi, le nom de ses parents n'est pas précisé. ]

La Torah ne mentionne le nom d'aucun membre de la famille de Moché avant sa naissance, afin d'éviter d'associer sa naissance à sa famille. La grandeur de Moché ne permettait pas de l'identifier à une famille particulière, même à une famille aussi importante que celle d'Amram et de Yo'hévet.
Amram était le plus grand tsadik de sa génération (guémara Sotah 12a), mais il n'était qu'un simple individu. [et ce même si la guémara (Shabbath 55a) rapporte qu'Amran fait partie des 4 personnes dans l'histoire du monde qui sont mortes sans n’avoir jamais fait de faute (avec Binyamin [fils de Yaakov], Yichaï [père du roi David] et Kilav [fils du roi David]). ]
En revanche, Moché était l'égal spirituel de la nation tout entière, comme l'indique le midrach (Mékhilta - Béchala'h) : " Une femme en Égypte a donné naissance à 600 000 enfants ".
En d'autres termes, lorsque Yo'hévet a donné naissance à Moché, c'est comme si elle avait donné naissance à une nation tout entière.

Parce que Moché transcende les simples individus, il épouse Tsipora, fille d'un converti (Yitro).
La position unique de Moché en tant qu'égal spirituel de la nation entière l'empêchait d'épouser une femme juive en particulier. Une épouse est censée être une "ézer kénegdo", une personne ayant un statut égal à celui de son mari. Cependant, aucune femme juive n'aurait été l'égale de Moché, qui était l'égal de tout Israël réuni.
Tsipora était cependant une étrangère à la nation et ne s'identifiait donc pas comme un membre individuel du peuple juif.
Les convertis n'étaient pas inclus dans le décompte du peuple juif dans le désert, ils n'étaient même pas autorisés à entrer dans le camp d'Israël. Son statut d'étrangère faisait de Tsipora une partenaire plus appropriée pour Moché qu'une femme juive de naissance.

<--->

-> En résumé :
La droiture de Moché transcendait celle de tous les individus de la nation juive réunis. C'est pour cette raison qu'il a épousé Tsipora, une convertie, plutôt qu'une femme issue d'une famille juive importante.
Seule une convertie aurait pu être une épouse appropriée pour lui, parce qu'une convertie était à l'origine une étrangère à la nation et pouvait donc correspondre à sa grandeur spirituelle en tant que "ézer kénegdo" (une aide face à lui).

La Providence Divine leur fut révélée

+ La Providence Divine leur fut révélée :

"Hachem vit les Bné Israël et D. sut" (Chémot 2,25)

-> Rashi déclare : "Il mit son cœur sur eux, et ne leur détourna pas les yeux".

-> Le séfer Divré Israël note que ce verset semble inutile, car il est déjà dit juste avant (v.2,23-24) que Hachem entendit les cris du peuple juif et se souvint de Son alliance avec eux. Pourquoi faut-il répéter qu'Il ​​les a vus?

Il répond que l’exil en Egypte était un "galout hadaat", un exil de l’esprit (voir Pri Eitz 'Haïm - chaar Chag Hamatzos, 1). Cela signifie que parce que les égyptiens ont rendu aigris les juifs en les obligeant à effectuer des travaux pénibles, ils sont tombés à un niveau spirituel si bas qu’ils ont même oublié qu’il existe un D. qui gouverne le monde et traite chaque personne avec la Providence Divine.
Ils oublièrent le concept de Hachga'ha Pratit et pensèrent que toutes les souffrances qui leur étaient arrivées étaient simplement "naturelles".

Cela dura jusqu’à ce que Hachem se révèle à eux et leur envoie le message qu’Il ​​allait les délivrer. Il leur donna la compréhension (daat) pour reconnaître que tout ce qui se passe dans ce monde est contrôlé par Lui et que tout se produit pour une bonne raison.

Lorsque le verset dit que "Hachem vit les Bné Israël et D. sut" = cela signifie qu’ils en vinrent à comprendre qu’Il ​​contrôle le monde, comme le dit Rachi : "Il a mis Son cœur sur eux et ne leur a pas caché Son regard" = Il leur a donné le cœur pour comprendre que Ses yeux voient le monde entier et qu’Il ​​règne sur tous avec la Providence divine.

En réalité, la descente des Bné Israël en Egypte ne faisait pas partie du décret initial de la Brit ben HaBétarim. Il s'agit plutôt du résultat de la vente en esclavage de leur frère Yossef, après quoi il a été emmené en Egypte.
Sans cette faute, ils auraient pu accomplir leur décret d'exil dans un endroit moins répugnant.
[ rabbi Yaakov Abou'hatséra - Dorech Tov ]

<--->

-> Le Yalkout 'hadach (Erekh Galout 12-14) écrit :
"L'exil des égyptiens a été causé par leur faute de vente de Yossef, qui n'a pas vu son père pendant 22 ans.
Cela a entraîné 22 ans d'exil pour chacun des 10 frères qui ont participé à sa vente (Réouven était absent lorsque les autres frères l'ont vendu).
Ainsi, l'exil aurait dû durer 220 ans. Cependant, comme chacun des 10 frères est mort dans un pays impur, ce qui leur a causé de grandes souffrances, cela a soustrait 10 ans à leur exil, ce qui laisse 210 ans."

L’influence de Pharaon

-> Le Pharaon est mort depuis longtemps, alors comment aurions-nous pu rester ses esclaves?

Pharaon incarnait une forme d’idolâtrie dans laquelle le dirigeant du pays est déifié. Il a connu un succès surnaturel : tout l’argent du monde affluait vers l'Egypte, qui devint le centre du commerce et de la culture internationaux. Si Hachem n’avait pas délivré nos ancêtres, alors nous, nos enfants et les enfants de nos enfants serions encore asservis à cette forme d’hérésie, dans laquelle les dirigeants règnent comme des dieux, ne laissant aucune place à la souveraineté d'Hachem.

Les effets de cette forme d’hérésie persistent encore dans notre monde. Les gens pensent que le gouvernement peut réellement déterminer les réalités économiques, militaires et sociales, alors qu’en vérité, "le cœur du roi est entre les mains d'Hachem" (Michlé 21,1), et que les dirigeants politiques n’ont aucun pouvoir réel.
[rav Moché Sternbuch]

L’exil en Egypte (5e partie)

+++ L'exil en Egypte (5e partie) :

-> En Egypte, miraculeusement, un juif qui s'approchait du Nil avec un bidon pouvait facilement attraper de petits poissons qui nageaient directement dans le récipient. [midrach Chémot rabba 1:12).

En ce sens, Lorsque les femmes se rendaient au Nil pour puiser de l'eau pour leurs maris, de petits poissons nageaient miraculeusement dans leurs jarres qu'elles emportaient ensuite pour nourrir leurs maris avec l'eau qu'elles avaient recueillie. Les femmes restaient ensuite avec leurs maris pour les encourager et les soutenir. Pour cet acte, la guémara (Sotah 11b) les qualifie de "justes" et écrit qu'à leur mérite, la nation entière a mérité la rédemption.
Il est intéressant de noter que le Maharcha ('Hidouché Halakhot) note que les poissons qui ont nagé dans les jarres ont fait allusion à la prolifération de la nation.

Cependant, Rabbénou Bé'hayé (Béaaloté'ha 11,5) écrit que les égyptiens n'autorisaient le peuple juif à manger que du poisson pourri âgé de 4 ou 5 jours.
Le Toldot Its'hak (Béaaloté'ha 11,5) explique que les égyptiens donnaient même le poisson gratuitement à leurs esclaves juifs afin qu'ils souffrent et meurent en mangeant le poisson putride.

Afin de les maintenir en vie avec le strict minimum, Pharaon alloua de la matsa à ses esclaves, car la matsa est un aliment lourd et très lent à digérer. Ainsi, on peut survivre avec de très petites quantités (Aboudraham - Pérouch haHaggada 4).
Pour nous en souvenir pendant la nuit du Séder, la Haggada nous demande de déclarer sur la matsa : "Ceci est le pain d'affliction que nos ancêtres ont mangé dans le pays d'Égypte".

-> Le Alchikh haKadoch (Torat Moché - Chémot 1,7) explique que la bénédiction accordée à la nation juive en esclavage était que les femmes donnent naissance immédiatement, 9 ou 10 mois après la naissance de leurs enfants précédents.

<--->

-> Le midrach (Yalkout Réouvéni - Arachim Kelev 10) explique que les magiciens égyptiens utilisaient la sorcellerie pour garder les frontières de l'Égypte en formant des portes à partir d'images d'animaux tels qu'un cheval ou un chien, et si quelqu'un essayait de s'échapper, l'animal ensorcelé à la porte brairait ou aboierait (selon l'animal), déclenchant ainsi l'appel de tous les animaux de son espèce à travers tout le pays. De cette manière, les égyptiens savaient non seulement que quelqu'un s'était échappé, mais aussi par quelle porte. Il leur était donc facile de retrouver le fugitif.

Le midrach (Mékhilta - Yitro 1) raconte que jusqu'à ce que le peuple juif sorte au complet, aucun esclave n'avait réussi à s'échapper d'Égypte.

-> Outre le danger de mort auquel le peuple juif était constamment exposé sur les chantiers de construction (midrach Chémot rabba 1,10), les égyptiens n'avaient aucun scrupule à mutiler les juifs sans raison.
Les égyptiens forçaient le peuple juif à chasser des ours sauvages, sachant qu'ils seraient gravement blessés ou tués (midrach Yalkout Chimoni - Chémot 7:182).
En fait, le midrach (Bamidbar rabba 7,1) nous apprend que la majorité des juifs ont été mutilés pendant leur servitude. Beaucoup sont devenus aveugles ou ont perdu des membres à cause des dangers auxquels ils étaient constamment confrontés, et ceux qui ont fini par quitter l'Égypte étaient meurtris et brisés.
Cependant, alors que le peuple se tenait sur le mont Sinaï et se préparait à recevoir la Torah, Hachem décida qu'il n'était pas convenable de donner la Torah à une nation infirme. Il envoya donc des anges pour guérir tous leurs maux.

<--->

-> Bien qu'il ait grandi dans le palais en tant que prince égyptien, Moché était peiné jusqu'aux larmes lorsqu'il voyait ses frères en servitude. Il allait vers eux, les aidait à porter leurs charges et usait de son autorité pour leur faciliter les choses, les traitant ostensiblement avec dureté, mais en réalité les aidant et les réconfortant chaque fois qu'il le pouvait (midrach Chémot rabba 1,27).

-> Le midrach (Yalkout Chimoni - Chémot 2:167) rapporte que, bien que Pharaon ait reçu de nombreux rapports concernant la compassion de Moché envers le peuple juif, il est resté silencieux. Mais une fois que Moché fut accusé d'avoir tué un égyptien, ce fut trop pour Pharaon, et il condamna Moché à la mort par décapitation.

-> Le midrach (Yalkout Chimoni - Chémot 2:167) ajoute que lorsque Moché fut sur le point d'être exécuté, son cou se transforma en marbre et la lame du bourreau ricocha, le tuant avec sa propre épée, après quoi Hachem fit un autre miracle et provoqua l'incapacité des gardes, permettant à Moché de s'échapper sans être vu. Certains gardes devinrent aveugles, d'autres muets ou sourds.
Ainsi, lorsque Pharaon demanda à ses gardes de lui dire où Moché s'était enfui, ils ne virent rien, ne purent pas répondre ou n'entendirent même pas sa question.
Finalement, Moché s'enfuit d'Égypte et se dirigea vers Midiyan (Chémot 2,15).

-> En prévision de la délivrance, Hachem dit à Moché de retourner en Egypte (Ibn Ezra - Chémot 2:23). Selon le Ramban, 6 ans se sont écoulés, et comme le dit le verset, Moché est alors âgé de 80 ans.

<--->

+ Moché fut puni pour ne pas avoir réprimandé Adam Harichone :

-> Moché vit un Égyptien frapper un Hébreu, prononça le Nom explicite de Dieu et tua l'Égyptien. Après cet incident, Datan et Aviram dénoncèrent Moché à Pharaon, qui décida de tuer Moché, sans pour autant y parvenir. Moché fuit vers Midyan.
Comment Pharaon tenta-t-il de mettre fin aux jours de Moché ?

Rachi commente (Chémot 2,15) que Pharaon livra Moché au bourreau pour le mettre à mort, mais l'épée n'eut pas de prise sur lui. L'exécuteur est un homme préposé à découper les membres du condamné. Nos Sages (midrach Chémot rabba 1,31) nous révèlent que Pharaon munit ce bourreau d'une épée incroyable.
Celui-ci la passa dix fois sur le cou de Moché, mais le cou de Moché fut comme du marbre et l'épée ne lui occasionna aucun dommage. C'est ce qui est écrit : "Ton cou est comme une tour d'ivoire".

Le Rama de Pano pose une question de taille : l'épée n'a pas pour fonction de couper les têtes, mais plutôt de percer ou de poignarder.
Il est possible de le faire, mais c'est comme un homme qui prendrait un marteau pour casser des noix, alors qu'il est en général utilisé pour
planter des clous. Pourquoi Moché fut-il puni dans ce sens qu'ils tentèrent de lui trancher la gorge et qu'ils n'essayèrent pas de le poignarder?

De plus, nos Sages nous enseignent que Moché prit la fuite vers Midyan et fut en exil durant soixante ans. C'est fort étonnant.
Pourquoi Moché Rabbénou fut-il puni aussi sévèrement? Il fut le père de tous les prophètes et le fleuron de l'Humanité, pourquoi dut-il vivre en exil la moitié de sa vie?
De plus, il vécut vingt ans à Midyan, durant lesquels il fut emprisonné dix ans. Sans la nourriture que Tsipora lui procura, il serait mort. Pourquoi tant de souffrances ?

Le Rama de Pano nous explique ce qui est rapporté dans le midrach (Chémot rabba 40,3) que toutes les âmes des justes sont liées aux membres d'Adam Harichone. Chaque être humain a une trachée et un œsophage.
La trachée conduit les aliments solides et les liquides. L'œsophage n'est pas du tout concerné par cette fonction. Lorsqu'Adam Harichone mangea de l'arbre de la connaissance, la trachée fut endommagée et laissa l'œsophage intact.

Puisque les âmes des justes sont liées aux membres d'Adam
Harichone, elles participèrent elles aussi à sa faute. L'âme de Moché avait un lien avec l'œsophage d'Adam Harichone, étant donné que celui-ci ne profita pas de la nourriture, puisque la nourriture ne passa pas par lui, il n'est donc pas associé à la faute de l'arbre de la connaissance.

Mais Hachem reprocha tout de même à Moché de ne pas avoir empêché la faute. Celui qui ne réprimande pas les pécheurs devient leur associé ! Moché devint donc aussi partenaire de la faute d'Adam Harichone et fut puni pour cela.
Comment le fut-il?

Le bourreau de Pharaon tenta de le tuer en sectionnant la trachée, mesure pour mesure, car il ne réprimanda pas Adam Harichone, son âme étant liée à sa trachée.
Mais puisqu'après tout, Moché ne tira pas profit de la faute de l'arbre de la connaissance, son cou devint comme une tour d'ivoire et il fut intouchable. Sa punition fut d'éprouver de la peur et de l'incertitude, mais il ne mérita pas la mort.

Il subit l'exil durant la moitié de sa vie, comme celui qui commet un crime involontairement et qui part en exil.

<--->

-> Pharaon était atteint de tzaraat (une sorte de lèpre), et son traitement consistait à se baigner dans le sang d'enfants juifs. Pharaon fit donc tuer 300 bébés juifs par jour : 150 le jour et 150 la nuit (midrach Chémot rabba 1,34).

Selon le Taz (Chémot 2,23), tous les parents qui ont pleuré lorsque leurs bébés leur ont été arrachés et envoyés pour fournir un "remède" à Pharaon sous la forme de son bain de sang biquotidien ont été considérés comme des traîtres pour avoir refusé de fournir les moyens de soulager la douleur de Pharaon.

-> Le midrach rapporte que des enfants juifs étaient enlevés par les égyptiens et brûlés vifs dans des creusets ardents en guise de sacrifice aux dieux égyptiens. [Yalkut Shimoni, Devarim, 4:826, et Rashi, Devarim 4:20]

-> Le Tour ha'Aroukh (Chémot 5,4) écrit que des enfants âgés d'à peine 9 ans étaient forcés de travailler dur.

-> Le midrach (Chémot rabba 1,28) explique que la journée de travail de nombreux esclaves commençait à l'aube.

-> Les égyptiens n'hésitaient pas à utiliser le peuple juif pour tous les travaux qu'ils désiraient, même les plus difficiles. En fait, ils se souciaient davantage de leurs animaux que du bien-être de leurs esclaves juifs, remplaçant souvent leurs bœufs par des esclaves afin de ne pas surcharger leurs animaux (Méam Loez - Chémot 9,6).

-> Pitom et Ramsès :
Ramsès se trouvait à côté de Gochen (Radak - Vayigach 47,11).
Bien que le verset (Chémot 1,11) implique qu'il y avait 2 villes distinctes : Pitom et Ramsès, la guémara (Sotah 11a) explique qu'il s'agissait en fait d'une seule ville, appelée soit Pitom, soit Ramsès.
La guémara note également à quel point l'endroit était dangereux, révélant que les bâtiments s'effondraient constamment.
Fournissant des informations supplémentaires, Tossefot (Pérouch Baalé haTossefot - Chémot 1,11) écrit que les chantiers de construction s'effondraient sans avertissement, et parce qu'ils s'effondraient si régulièrement, créant une charge de travail sans fin pour les esclaves juifs, c'est le seul endroit où le peuple juif a travaillé pendant toute la durée de son esclavage.

Sur les chantiers de Pitom et Ramsès, le midrach ( HaGadol - Chémot 1,11) explique que le danger pour la vie était si grand qu'il était fréquent que des esclaves juifs tombent morts en travaillant sur le bâtiment, et qu'il était tout aussi courant que le bâtiment s'effondre et tue les esclaves qui se trouvaient en dessous.
Même ceux qui s'en sortaient vivants restaient souvent blessés, mutilés ou aveugles à cause des dangers qu'ils avaient rencontrés sur le chantier (midrach Bamidbar rabba 7,1).

-> Le midrach (Chémot rabba 1,28) nous dit que pour chaque maître égyptien, il y avait 10 policiers juifs, chacun d'entre eux étant responsable de 10 esclaves juifs.

-> Le Ramban (Chémot 1,11) explique que les maîtres d'œuvre égyptiens tyrannisaient les esclaves, battant et maudissant quiconque osait s'arrêter de travailler pour un moment de repos.
Même s'ils tentaient de se gratter, ils étaient battus (midrach Aggadda - Chémot 9,10).

-> Le midrach (Chémot rabba 5,18) raconte que le quota quotidien de briques de chaque personne a été fixé dès le premier jour de travail, lorsque Pharaon, dans son plan pour piéger le peuple juif et le réduire en esclavage, leur a parlé de la richesse qu'ils recevraient pour chaque brique. Une fois que les maîtres d'œuvre égyptiens avaient noté le nombre de briques que chaque personne était capable de fabriquer, c'est ce nombre qu'elle était obligée de produire chaque jour.
Selon le Séfer haYachar (Chémot 25), si le quota quotidien de briques n'était pas atteint, ne serait-ce que d'une brique, le plus jeune enfant était placé dans le mur à sa place.

Avec ce décret, le midrach (Séfer haYachar - Chémot 39) décrit ensuite la scène horrifiante des égyptiens arrachant des bébés juifs à leurs mères afin de remplir un quota de briques insuffisant et les enfonçant à la place des briques alors que les bébés étaient encore vivants. Cette expérience effroyable était d'autant plus traumatisante que les cris des bébés pouvaient encore être entendus de l'intérieur du mur.

<--->

-> La mort de Pharaon :
La Torah décrit la mort physique du roi tyrannique d'Égypte (Chémot 2,23).
Cependant, le Zohar (2:19a) explique que sa mort a également signifié un changement dans les Cieux. Il s'agit de la chute de l'Ange Tutélaire de l'Égypte, qui occupait une position importante dans le monde spirituel et qu'Hachem avait autorisé à supprimer le peuple juif et à empêcher ses prières de parvenir jusqu'à Lui.
Avec la chute de cet ange, explique le Zohar, les cris du peuple juif n'étaient plus empêchés d'atteindre Hachem.
[Il convient de noter que ces concepts sont bien plus profonds que ce que l'intellect humain peut comprendre, mais une chose est sûre, les divers Anges gardiens et le fonctionnement du système céleste ne sont que des manifestations de la volonté d'Hachem]

-> Le midrach Séfer HaYachar (Chémot 38) explique que pendant 3 ans, le corps de Pharaon s'est décomposé alors qu'il était encore en vie. Il mourut dans l'agonie et la terreur, et à la fin de sa vie, son corps était trop pourri et malodorant pour être approché, et sa chair empestait comme celle d'une carcasse laissée en putréfaction sous le soleil brûlant.
C'est pourquoi son enterrement à Tzoan se fit en toute hâte, sans l'embaumement traditionnel.

-> Le peuple juif pensait que le fils de Pharaon, le successeur au trône, ne pouvait pas être aussi racha (méchant) que son père, et c'est pourquoi il attendait avec impatience la mort de Pharaon qui, pensait-il, mettrait fin à ses souffrances (Daat Zékénim - Chémot 2,23).
Malheureusement, ils se trompaient lourdement, et le nouveau roi était bien pire que son prédécesseur (Tour ha'Aroukh - Chémot 2,23).
Le Panim Yafot (Chémot 2,23) explique pourquoi : bien que le premier Pharaon ait agi comme s'il ne connaissait pas Yossef, il le connaissait néanmoins et l'influence positive que Yossef avait sur Pharaon et sur l'Égypte dans son ensemble, signifiait que Pharaon ne pouvait pas se résoudre à agir avec une tyrannie extrême.
Cependant, le nouveau Pharaon ne connaissait vraiment pas Yossef et n'avait donc aucune bataille interne pour le retenir d'agir sans aucune mesure de miséricorde envers le peuple juif.
Le Gaon de Vilna (Kol Eliyahou - Chémot 2,23) écrit que tant que le premier pharaon était en vie, le peuple égyptien adhérait à un certain degré de légitimité. La cruauté qu'ils infligeaient nécessitait au moins un semblant de justification. Cependant, après la mort de Pharaon, chaque égyptien était libre de persécuter le peuple juif de la manière qu'il voulait, sans aucune justification.

<--->

-> Le midrach (Chémot rabba 5,18) explique que la nation juive avait en sa possession des parchemins qu'elle parcourait chaque Shabbath afin d'instiller et d'encourager la certitude qu'elle mériterait effectivement d'être délivrée d'Egypte.

-> En représailles à la demande de Moché et d'Aharon de libérer le peuple juif de son travail, et dans une tentative d'anéantir les espoirs qui avaient été allumés au sein de la nation, le jour même, Pharaon a émis un décret sévère selon lequel les esclaves juifs devaient trouver leur propre paille pour fabriquer des briques (Chémot 5,4-5, avec Rachi) tout en maintenant leur quota quotidien (Chémot 5,8).

Le peuple juif devait maintenant travailler le Shabbath pour ramasser de la paille afin de s'assurer que son quota de briques serait atteint. En réalité, la seule intention de Pharaon était de les maintenir si occupés qu'ils n'auraient même pas le temps de penser à la rédemption (Méam Lỏez - Chémot 5,18).
Le Eitz Yosef écrit que Moché allait voir chacun des sages avec le Séfer Iyov pour leur enseigner et les rassurer sur le fait que tous ceux qui ont confiance en Hachem verront la fin de leurs souffrances et feront l'expérience de la bonté et de la gentillesse d'Hachem.
Réalisant que la source de leur encouragement et de leur espoir de rédemption provenait du Shabbath, Pharaon leur refusa le temps de réfléchir à ces questions en insistant pour qu'ils travaillent ce jour-là.

-> Bien que Pharaon ait décrété que le peuple juif devait trouver sa propre paille pour fabriquer des briques, il a également interdit à tous les égyptiens de leur fournir de la paille. Le peuple juif devait donc risquer sa vie pour ramasser de la paille, car s'il était pris dans le champ d'un égyptien, il était sauvagement battu. C'est pourquoi ils étaient obligés de se disperser dans toute l'Égypte pour trouver des bouts de paille éparpillés.
Une fois qu'ils avaient trouvé de la paille, explique le midrach (Yalkout Chimoni - Chémot 4:176), ils devaient la piétiner pour en extraire l'ivraie, en dépit de l'immense douleur et des blessures hémorragiques qui en résultaient.
Le Méam Loez (Chémot 1,14) écrit que lorsqu'ils parvenaient enfin à se rassembler pour former une brique, celle-ci s'effondrait souvent en morceaux, ce qui les obligeait à recommencer le processus depuis le début.

Le 'Hizkouni (Chémot 5,12) note qu'Hachem a spécifiquement orchestré la collecte de la paille dans tous les coins de l'Égypte afin que chaque égyptien rencontre des membres de la nation juive. Le résultat fut que tous les égyptiens prirent part à la poursuite et au passage à tabac des esclaves juifs, même les esclaves égyptiens et les filles esclaves jouèrent un rôle.
Ainsi, aucun égyptien ne pouvait prétendre qu'Hachem avait agi de manière injuste ou sans discernement lorsqu'Il leur a infligé les fléaux.

-> Toute la famille était impliquée dans ce processus : les conjoints, les enfants et même les petits-enfants étaient tous recrutés afin de maintenir le quota de briques. [Pirké déRabbi Eliezer - Chémot 48]

<------------>

-> Emprunter leurs trésors :
Moché demanda au peuple juif de demander aux égyptiens de leur "emprunter" leurs objets de valeur (Bo 11,2).
Le Ran (drachot haRan 11) note que, bien que le peuple ait trouvé cette demande étrange, il a néanmoins acquiescé.
À l'insu du peuple juif de l'époque, et peut-être même, dit le Ran, de Moché lui-même, tout cela faisait partie du plan d'Hachem visant à encourager les égyptiens à poursuivre la nation juive et à les suivre dans la mer où ils seraient noyés en représailles de la noyade des garçons juifs.
Le Ran conclut en disant que, de même que le peuple juif n'a réalisé le plan d'Hachem qu'au moment de sa rédemption sur la mer, de même, nous devons faire confiance à Hachem et savoir qu'au moment de notre rédemption finale (guéoula), nous comprendrons nous aussi comment même les périodes les plus sombres de notre histoire ont conduit directement à la rédemption ultime.

<--->

-> Du ventre de l'Égypte :
Décrivant le grand miracle de la sortie d'Égypte et la capacité unique d'Hachem à accomplir un tel exploit, Moché dit au peuple juif : "Il n'y a Et quelle divinité entreprit jamais d'aller se chercher un peuple au milieu d'un autre peuple" (Vaét'hanan 4,34)
Le midrach (Mékhilta - Béchala'h 6) dit que "une nation du milieu d'une autre nation" est comparable à quelqu'un qui sort un veau du ventre de sa mère.

Le Maharal (Guévourot Hachem - 3) explique en outre que le peuple juif était tellement ancré dans la mentalité égyptienne qu'il ne possédait pas d'identité propre et indépendante. Ils étaient peut-être un segment différent de l'Égypte, mais ils faisaient toujours partie de l'Égypte à tous égards. Et bien qu'ils aient été libérés de l'asservissement physique, ils ont continué à être asservis mentalement.
Ainsi, ils n'auraient jamais pu servir Hachem dans ces circonstances, même si rien ne les empêchait physiquement de le faire.
Le Maharal explique qu'il s'agit là de la comparaison entre le peuple juif et un veau que l'on sort du ventre de sa mère. En effet, de même qu'un veau n'a pas d'indépendance et n'est qu'un membre de sa mère tant qu'il n'est pas séparé, de même, le peuple juif avait un lien intrinsèque et inséparable avec l'Égypte.

Miraculeusement, donc, le "bras tendu" d'Hachem" (Vaéra 6,6) est venu au milieu de l'Égypte et a rompu ce lien. L'Esprit Saint et la Lumière coupèrent ce lien, amenant le peuple juif à devenir une entité indépendante, qui n'était plus liée à la mentalité égyptienne qu'ils avaient développée pendant leur séjour en Égypte. Désormais, ils étaient libres de servir Hachem.

[de même on demande à Hachem de nous sortir de l'exil (physiquement), mais également de sortir l'exil de notre cœur. ]

-> Du sang sur les montants des portes :
La Torah nous dit que le sang que le peuple juif a étalé sur ses portes a servi de signe pour qu'Hachem passe au-dessus de leur maison et ne lui inflige pas de fléau ou de punition lors de son passage en Égypte (Bo 12,13). Il ne s'agissait pas simplement d'un signe pour "dire" à Hachem que des juifs vivaient dans cette maison et qu'Il ne devait pas leur faire de mal, car, bien sûr, Hachem est Omniscient et n'a besoin d'aucun indice pour lui dire quoi que ce soit, mais il s'agissait plutôt d'un signe pour le peuple juif lui-même, et c'est pour cette raison que le sang a été placé à l'intérieur (Rachi, ibid.).
Mais que représentait ce signe?

Rabbénou Bé'hayé (Bo 12,13) répond que quiconque était prêt à faire confiance à Hachem, malgré l'énorme danger qu'il courait en abattant publiquement le dieu égyptien, était considéré comme juste et méritait la protection d'Hachem.
Cet acte courageux n'était donc pas un signe pour Hachem, mais plutôt un signe pour le peuple juif qui s'était enfin débarrassé des derniers vestiges de sa mentalité égyptienne et s'était désormais engagé envers Hachem.
Pour démontrer une fois de plus la grande confiance que la nation avait dans la protection d'Hachem, et comme une dernière démonstration courageuse de dérision envers la divinité de l'Égypte, le peuple juif mangea l'agneau entier et jeta le squelette entier dans la rue où les chiens déchiquetèrent les os et coururent avec eux dans tout le pays, exaspérant les Égyptiens (Zohar 2:41b).

<--->

-> Vider l'Égypte :
Lorsque la nation juive a quitté l'Égypte, le verset dit que le pays était "vidé" (Bo 12,36 avec Rachi).
À première vue, il s'agit de la richesse que la nation a emportée avec elle.
Le Tsla'h, cependant, donne une interprétation plus profonde de ces mots, basée sur une compréhension kabbalistique de l'objectif des différents exils auxquels la nation juive a dû faire face tout au long de l'histoire.
Expliquant la guémara (Pessa'him 87b) qui dit qu'Hachem n'a exilé Israël que pour augmenter le nombre de convertis qui rejoindraient le peuple juif, le Tsla'h écrit que les conséquences spirituelles de la faute originelle d'Adam ont été que des étincelles de sainteté ont été dispersées à travers le monde.
La mission du peuple juif est de retrouver ces étincelles de sainteté et de les reconnecter à leur source (voir aussi Ohr ha'Haïm - Ki Tétsé 21,11).
Ainsi, lorsque la Torah nous dit que l'Égypte a été "vidée", elle fait référence aux étincelles de sainteté qui sont parties avec le peuple juif, les nombreux convertis qui ont été "vidés" de l'Égypte et rattachés à la nation juive (voir Bo 12,38 avec Rashi).
En conséquence, écrit le Tsla'h, au moment de quitter l'Égypte, le but du peuple juif y était complet, et par conséquent, puisqu'il n'a pas laissé derrière lui une seule étincelle, il n'y avait aucune raison pour un juif d'y retourner (Béra'hot 9b).

Il est intéressant de noter que le Ben Ich 'Haï (Ben Yéhoyada - Béra'hot 9b) explique que le différend entre les décisionnaires (poskim) sur la question de savoir si cette interdiction s'applique encore aujourd'hui est basé sur le fait que les étincelles sont retournées en Égypte après que les juifs ont transgressé cette interdiction et y sont retournés.

Enfin, le 'Hida (Maarit haAyin - Pessa'him 87b) écrit que lorsqu'un juif étudie la Torah, accomplit les mitsvot, ou fait face à un certain degré de souffrance dans un endroit où se cachent les étincelles de sainteté éparses, les étincelles saintes peuvent être spirituellement éveillées par sa présence en ce lieu.
Dans cette veine, conclut le Chida, une personne peut se rendre dans un endroit lointain en pensant que c'est pour son propre bénéfice ou ses besoins personnels, mais en réalité, Hachem l'a orchestré parce que son âme a la capacité unique d'extraire les étincelles cachées dans cet endroit, et c'est la véritable raison pour laquelle il a été guidé là-bas.

L’exil en Egypte (4e partie)

+++ L'exil en Egypte (4e partie) :

-> Le midrach (Vayikra rabba 1,3) qualifie Batya (fille de Pharaon) de rebelle, racontant que Batya épousa plus tard Kalev, un autre rebelle vertueux.
En effet, Kalev s'est rebellé contre le rapport des espions et Batya s'est rebellée contre son père. "Que le rebelle vienne et qu'il se marie avec la rebelle. L'un a sauvé le troupeau (Israël), l'autre a sauvé le berger (Moché)".
[ les explorateurs étaient des hommes ayant un niveau spirituel extrêmement élevé, au point que selon le Ramban, ils sont cités par ordre d'importance : Kalev est en 3e position et Yéhochoua (qui sera le successeur de Moché) est en 5e. ]

<--->

-> Le midrach (Léka'h Tov 2:6) nous dit que le jour où Batya est descendu au fleuve et a découvert Moché était le 6 Sivan, le jour où le peuple juif était destiné à recevoir la Torah.

-> La Torah Chéléma (Chémot 2,5 - note 40) écrit que pendant que Batya allait se "baigner" au bord du fleuve, ses servantes marchaient le long de la rivière à la recherche de pierres précieuses. Elles cherchaient également des bébés juifs à jeter dans l'eau.
Le Ohr HaChaim (Chémot 2,5) explique que la princesse (Batya) n'était pas autorisée à rester seule un instant au bord du fleuve. Elle devait plutôt choisir une dame spéciale de son entourage royal qui aurait l'honneur de s'occuper des besoins les plus intimes de la princesse.

-> Batya descendit au bord du Nil pour se purifier des idoles de la maison de son père, s'immergeant dans l'eau et se convertissant à la nation juive. [guémara Méguila 13a avec Rachi]
Le Sifté Cohen (Chémot 2,2) explique que Batya s'est spécifiquement purifiée dans le Nil, le dieu des égyptiens, pour montrer qu'il n'avait plus aucune emprise sur elle.
Selon le midrach (Michlé 31,15), elle a mérité ainsi d'entrer au Gan Eden sans avoir à mourir.

-> Le rav Yossef Rosen (surnommé le Rogatchover) note que Batya a découvert la corbeille/panier [de jonc] de dans lequel était Moché "parmi les roseaux" = dans le fleuve (Chémot 2,5), alors qu'il n'était en fait placé que "sur la rive du fleuve" = à côté du fleuve (Chémot 2,3).
Le Rogatchover explique que Moché a été placé près du Nil et non dans le Nil parce que le Nil était vénéré par les égyptiens, et qu'il était donc interdit à tout juif d'en profiter. Cependant, une fois que Batya s'est converti dans le fleuve, le déshonorant en tant que dieu, son pouvoir et son statut furent abrogés et il fut de nouveau autorisé à bénéficier. C'est ainsi qu'à partir de ce moment-là, le panier de Moché a pu flotter dans le Nil pour que Batya le trouve.
[Tsafnat Panéa'h - Chémot 2,3 - basé sur Avoda Zara 44b]

Ainsi, en choisissant Hachem et en éliminant les dieux étrangers de son cœur, Batya (fille de Pharaon) a annulé le statut du Nil en tant que dieu étranger, ce qui lui a permis de trouver Moché.
De nombreuses leçons peuvent être tirées de cette histoire, mais l'une d'entre elles est basée sur les mots de la guémara (Makot 10b) : "Une personne est conduite à l'endroit où elle veut aller". Puisque Batya a cherché à se débarrasser des dieux étrangers dans son cœur, elle a fini par s'en débarrasser dans la réalité, et par conséquent, a mérité de sauver et d'élever le futur chef du peuple juif.

<--->

-> Le verset : "Elle [la fille de Pharaon] envoya sa servante pour récupérer le panier/berceau [avec Moché bébé]" (Chémot 1,6), est traduit dans la aggada par "elle envoya son bras pour récupérer le panier". Rachi, s'appuyant sur nos Sages, explique que Batya a tendu le bras et que celui-ci s'est miraculeusement allongé, traversant le fleuve pour aller chercher le panier elle-même.

Nous apprenons de là qu'en spiritualité l'essentiel n'est pas si l'on peut faire quelque chose, mais plutôt si l'on doit le faire, car avec l'aide d'Hachem, tout est possible.
Dans le même ordre d'idées, le Alter de Novordok conseillait souvent aux gens : "Ne demandez pas si c'est possible, demandez seulement si c'est nécessaire!"
Ce principe est conforme à la michna (Pirké Avot 2,16) qui dit : "Il n'est pas de votre devoir de veiller à ce que le travail soit achevé, mais vous n'avez pas non plus la liberté de le négliger".
Le dénominateur commun entre toutes ces déclarations est, comme le disait souvent le rav Noa'h Weinberg : "Lorsque vous travaillez pour le Tout-Puissant (Hachem), vous pouvez faire n'importe quoi. Lorsqu'Il vous aide, rien n'est impossible!"

[Moché n'est pas le nom donné par ses parents mais par Batya, et il signifie : "tiré de l'eau". Ainsi, nous disons "Moché Rabbénou" (notre maître), car par son nom il nous enseigne à quel point l'existence de tout juif, le fait que nous ayons la Torah, ... provient de ce moment où Batya à décider de viser l'impossible plutôt que d'avoir une vision défaitiste, limitée. (que se serait-il passé si Batya se serait dit, c'est hors de ma portée!)
Une des bases essentielles de tout juif est d'avoir une ambition maximale en spiritualité, car nous avons Hachem (en nous [âme, part Divine] et) avec nous! ]

<--->

-> Les dames d'honneur de Batya tentèrent de l'empêcher de sauver Moché, raconte la guémara (Sotah 12b), et c'est ainsi que l'ange Gavriel vint et les frappa toutes de mort, à l'exception d'une femme qui resta en vie, car il n'est pas convenable pour une princesse d'être sans entourage.
Le Maharal (Guévourot Hachem - chap.17) explique que les dames d'honneur de Batya n'ont pas été tuées au sens propre, mais que leur libre arbitre a été "tué", éliminant ainsi leur capacité à protester contre les actions de Batya.

Le rav Hutner (Pa'had Its'hak - Pessa'h, 52:3) écrit que cette approche répond à la question pénétrante de savoir pourquoi, si toutes les servantes de Batya ont été frappées à mort alors qu'elles tentaient de l'empêcher de sauver Moché, cela n'est pas mentionné dans la Torah? Un tel miracle devrait-il être célébré à jamais?
La réponse, explique le rav Hutner, est que la Torah est le plan à partir duquel le monde a été créé (Zohar - Térouma 161a), et qu'en tant que telle, la Torah ne contient explicitement que ce qui peut être perçu dans le monde. Par conséquent, le fait que la Torah n'ait pas écrit sur ce miracle démontre qu'il ne s'est pas produit dans un sens physique, mais plutôt dans un domaine supérieur, spirituel.

<--->

-> La guémara (Sotah 13a) raconte que lorsque Moché est né, il rayonnait de lumière, illuminant toute la pièce. En fait, il semble que ce fut le signe qui indiqua à Amram, le père de Moché, que Moché était bien celui qu'Hachem avait choisi pour racheter le peuple juif, comme sa fille Myriam l'avait prophétisé.

Le Malbim (Chémot 2,6) écrit que lorsque Batya a vu Moché pour la première fois, elle a vu sa beauté physique, mais a également ressenti sa beauté spirituelle, qui selon la guémara (Sotah 12b), était la présence de la Chékhina (la présence divine d'Hachem).
Le midrach haGadol (Béréchit 23,1) note que Batya elle-même avait le roua'h hakodech (l'inspiration divine), et prévoyait qu'elle mériterait un jour d'élever le futur rédempteur du peuple juif, et lorsqu'elle vit Moché, elle sut que c'était lui.
C'est pourquoi, explique le Sforno (Chémot 2,10), Batya a appelé le bébé Moché, un nom qui fait allusion au fait qu'il a été sauvé et qui reflète sa future tâche de sauver les autres.

-> Moché est l'une des 7 personnes nées parfaitement circoncises (midrach Tan'houma Noa'h 5).

-> Le midrach (Chémot rabba 1,24) nous raconte que l'ange Gavriel frappa Moché afin qu'il pleure, suscitant ainsi la compassion de Batya.

-> Le midrach (Chémot rabba 1,26) raconte que Moché était extraordinairement beau. À tel point que les gens venaient spécialement pour le regarder, et une fois qu'ils l'avaient fait, ils ne pouvaient plus le quitter des yeux.

<--->

-> Le verset indique que Batya a nommé le bébé Moché, après son acte de méchitiou (le tirant hors de l'eau - מְשִׁיתִהוּ - Chémot 2,10) - une dérivation du nom Moché (מֹשֶׁה).

Le Ibn Ezra (Chémot 2,10) écrit que bien que le nom égyptien de Moché soit enregistré comme "Monyum", Batya l'a en fait appelé par un nom hébreu (Moché) puisqu'elle a demandé une traduction ou bien parce qu'elle connaissait elle-même le lachon hakodesh (l'hébreu).

[ le Daat Zékénim (Chémot 2,10) écrit que certains égyptiens ont appris l'hébreu lorsque Yaakov et ses descendants sont arrivés en Égypte.]

Le midrach (Vayikra rabba 1,3) rapporte que même si Moché avait 10 noms (dont celui donné par ses parents à sa naissance), Hachem ne se réfère à lui que comme Moché, parce que c'est le nom que Batya lui a donné .

Le rav 'Haïm Chmoulévits (Si'hot Moussar Vayikra 5732) s'interroge sur pourquoi Moshé n'a pas été appelé par l'un des 10 noms qu'Hachem lui a attribués, ce qui aurait certainement constitué une description plus précise de son caractère.

Le rav Chmoulévits répond que s'il est vrai que les noms d'Hachem décrivent Moché dans un sens plus vrai, étant donné que Batya a nommé Moché en faisant preuve d'une immense abnégation, son nom n'est pas venu décrire Moché, mais plutôt ancrer en lui le trait de caractère de l'abnégation.

Ainsi, le nom que Batya a donné à Moché par son abnégation est devenu son nom, qui s'attribue directement à sa nature.

[Batya n'a pas seulement fait son maximum pour sauver ce bébé juif, mais elle a ancré en lui une qualité prononcée du sacrifice/abnégation, d'où son nom Moché. ]

[certains commentent que durant toute sa vie, à chaque fois qu'on l'appelait Moché, il pouvait penser à exprimer sa reconnaissance envers Batya de l'avoir sauvé, grâce à D. ]

<--->

-> Bien que le verset de Divrei Hayamim (I 4,18) fasse référence à la fille de Pharaon : "Bitya" (בִּתְיָה), dans la tradition juive, elle est souvent désignée sous le nom de Batya. On peut supposer que cette tradition est basée sur le midrach (Vayikra rabba 1,3) qui rapporte qu'Hachem a dit à Batya, fille de Pharaon : "Moché n'était pas ton fils, et pourtant tu l'as appelé ton fils, alors même si tu n'es pas ma fille, je t'appellerai ma fille".

C'est ainsi que le nom de Bitya fut changé en Batya, composé des deux mots : bat (fille de) Y-a (Hachem).

<--->

-> La guémara (Sotah 12b) raconte que Batya a d'abord cherché une nourrice parmi les femmes égyptiennes, mais parce que Moché était destiné à parler avec Hachem, il n'a pas voulu se nourrir d'une égyptienne.

Le rav Yaakov Kamenetsky (Emet léYaakov - Chémot 2,7) explique que chaque parent doit élever ses enfants depuis le début en se disant qu'il peut être destiné à parler avec Hachem. [en ce sens, nous devons privilégier du lait d'une juive, plutôt qu'une non-juive. ]

-> Bien que Moché avait refusé de se nourrir des femmes égyptiennes, le Sifté 'Haïm écrit qu'un peu de lait a été introduit de force dans la bouche de Moché contre sa volonté. C'est pour cette raison, explique le Sifté 'Haïm, que la bouche de Moché a été "cachérisée" par le morceau de charbon brûlant qu'il a ensuite mis dans sa bouche alors qu'il était un jeune enfant (voir midrach Chémot rabba 1,26).

En fait, dit le Sifté 'Haïm (Chémot 4,10), cette approche répond à des questions évidentes sur l'épisode où Moché s'est brûlé la bouche sur le charbon incandescent : Pourquoi sa main n'a-t-elle pas été brûlée elle aussi (lorsqu'il s'est saisit du charbon)? Et lorsque Moché s'est rendu compte que le charbon était chaud, même s'il n'était qu'un bébé, il aurait dû ne pas le mettre dans sa bouche?!

Cependant, nous pouvons maintenant répondre que la "brûlure" à la bouche de Moché était plus une brûlure spirituelle que physique, et bien que Moché ait développé une sorte de trouble de la parole au cours de cette épreuve, puisque cela n'est arrivé que miraculeusement pour réparer le dommage spirituel de sa bouche, sa main n'a pas été affectée .

<--->

-> Malgré son jeune âge, la guémara (Sotah 12b) décrit comment Myriam a couru avec une force et une endurance extraordinaires, bien au-delà de son âge, pour appeler sa mère (Yo'hévet) afin qu'elle nourrisse le bébé Moché, sans que Batya sache qu'elle était la mère de Moché.

Le Nétsiv (haEmek Davar - Chémot 2,9) écrit que non seulement Batya a payé Yo'hévet pour qu'elle prenne soin de son propre fils, mais qu'elle lui a également fourni des insignes royaux montrant que Moché "appartenait" à Batya, ce qui servirait de protection contre tout égyptien qui chercherait à leur nuire de quelque manière que ce soit.

Selon le midrach (Chémot rabba 1,26), Yo'hévet s'occupa de Moché pendant 24 mois, jusqu'à ce qu'il soit sevré.

<--->

-> Selon Rabbénou Bé'hayé (Chémot 2,3), Yo'hévet a "jeté" Moché dans l'eau pour tromper les observateurs des étoiles et leur faire croire que le rédempteur du peuple juif avait été tué.

Le midrach (Chémot rabba 1,24) révèle que le plan de Yo'hévet a fonctionné, et dès que Moché a été placé dans l'eau, les astronomes ont instantanément rapporté leur succès.

Ce midrach ajoute qu'après que Moché ait été placé dans le fleuve, le décret de jeter les bébés garçons dans le Nil a été immédiatement annulé et aucun autre bébé n'a été jeté dans le Nil.

[les égyptiens se sont alors sentis triomphants, même si le nombre des juifs était alors encore très important. ]

-> Le midrach (Chémot rabba 1,26) souligne l'ironie du fait que non seulement Batya a embrassé et étreint l'enfant Moché avec amour comme s'il s'agissait de son propre fils, mais que Pharaon lui-même l'a affectueusement embrassé et l'a beaucoup aimé.

De la même manière, le midrach dit qu'un tel événement ne s'est pas seulement produit pour Moché, mais le machia'h, lui aussi, sera élevé parmi la nation même dont il nous délivrera.

L’exil en Egypte (3e partie)

+++ L'exil en Egypte (3e partie) :

1°/ Pharaon rêve d'un agneau :
Le rêve de Pharaon est brièvement mentionné dans le Targoum Yonathan (Chemot 1,15).
Le midrach (Yalkout Chimoni - Chemot 1:164) décrit comment Pharaon rêva qu'il était assis sur son trône lorsqu'un vieil homme portant une balance de marchand apparut devant lui. La population entière de l'Égypte était placée d'un côté de la balance, et un agneau solitaire était placé de l'autre. Au grand étonnement de Pharaon, l'agneau pesait plus lourd que l'autre balance.
Le vieil homme continue à placer toutes les richesses et les armes de l'Égypte à côté du peuple égyptien, mais l'agneau l'emporte sur tous.
Ce rêve terrifia Pharaon et lui servit de catalyseur pour convoquer les sages-femmes et tuer les bébés juifs .
Le midrach haGadol (Chemot 2,2) ajoute que le rêve s'est produit la nuit de la conception de Moché.

2°/ Yanis et Yambres :
Yanis et Yambres sont les noms des magiciens qui ont interprété le rêve de Pharaon (Targoum Yonathan, Chemot 1,15).
Le midrach (Yalkout Chimoni - Chemot 1:168) nous dit que Yanis et Yambres n'étaient autres que les fils de Bilam.
Il est intéressant de noter que le midrach (Tan'houma - Ki Tissa 19) nous apprend que Yanis et Yambres n'ont pas péri en Égypte. Ils sont partis avec la nation juive dans le cadre du érev rav [qui a rejoint le peuple juif] et ont été directement responsables de l'incitation de la nation à créer le Veau d'or.

3°/ Les égyptiens sont excessivement cruels :
Le Ramban (Lé'h Lé'ha 15,14) explique qu'en dépit de la promesse faite par Hachem à Avraham que ses enfants seraient soumis et opprimés, les égyptiens ont fait preuve d'un zèle excessif dans leur persécution du peuple juif et méritaient donc d'être punis.
Cependant, s'ils les avaient soumis comme Hachem le leur avait demandé au lieu de les persécuter et de les tuer, les Égyptiens auraient en fait été récompensés pour avoir joué leur rôle dans le plan d'Hachem.

4°/ Le pacte juif :
Dans un magnifique témoignage de l'amour que le peuple juif avait les uns pour les autres malgré les circonstances difficiles, le midrach (Tana déBé Eliyahou rabba 23) qu'ils ont fait un pacte entre eux pour être dévoués les uns aux autres et s'entraider de toutes les manières possibles.

<--->

5°/ La tribu de Lévi n'a pas réduite en esclavage :
Le midrach (Chémot rabba 5,16) nous dit que toute la tribu de Lévi était exemptée du travail d'esclave.
Le Daat Zékénim (Chémot 5,4) explique que lorsque Pharaon a demandé au peuple juif de l'aider à construire les infrastructures de l'Égypte, la tribu de Lévi a répondu qu'elle ne savait pas comment construire des briques et qu'elle ne serait donc pas en mesure d'aider Pharaon.
Entre eux, ils déclarèrent : "À l'avenir, nous serons impliqués dans le service d'Hachem. Le Ciel nous interdit de rendre service à ce racha, quelle que soit la récompense qu'il nous offre".
Grâce à cette déclaration et à leur refus de travailler pour Pharaon, toute la tribu fut libérée de l'esclavage. En évitant involontairement le piège de Pharaon pour des raisons aussi nobles, Pharaon n'a jamais eu d'excuse pour les réduire en esclavage, puisque, par essence, le quota quotidien de briques qu'ils devaient atteindre était nul.

Il est intéressant de noter que rav Yonathan Eibshitz écrit que Pharaon ne voulait pas asservir la tribu de Lévi parce que ses astrologues l'avaient informé que les dirigeants et les motivateurs du peuple juif venaient de cette tribu. Pharaon pensait que s'il accordait la liberté aux Léviim, ils ne ressentiraient pas l'angoisse de leurs frères et ne se battraient donc pas pour qu'ils soient libérés et ne mettraient pas en péril leur propre sécurité au nom de leurs frères.
Cependant, le plan de Pharaon échoua, et la tribu de Lévi produisit effectivement Moché, Aharon et Myriam pour amener la délivrance de la nation.

Selon le Chla haKadoch (Déré'h 'Haïm To'hakhot Moussar - Vaéra 19), l'une des méthodes employées par la tribu pour s'assurer que la douleur de ses semblables reste constamment présente à leur esprit consistait à donner à leurs enfants des noms faisant référence à la détresse et au chagrin, afin qu'ils rejoignent le reste de la nation dans sa souffrance.
Par exemple, les noms Guerchon, Kéhat et Mérari évoquent tous l'amertume et les difficultés.

De même, Abarbanel (Chémot 2,1) raconte qu'Amram appela spécifiquement Myriam de ce nom qui est enraciné dans le mot "mar" (amer), afin de rappeler l'amertume que les égyptiens imposaient à la vie de la nation.

<--->

6°/ Les sages-femmes en chef :
Il est évident qu'il aurait été impossible qu'il n'y ait que 2 sages-femmes pour l'ensemble de la nation juive. C'est pourquoi le Ibn Ezra (Chémot 1,15) explique que Shifra et Pouah étaient les sages-femmes en chef, responsables de plus de 500 autres sages-femmes.
En outre, ajoute le Ibn Ezra, elles étaient également chargées de collecter les taxes sur les revenus des autres sages-femmes pour le compte de Pharaon.
Le Netsiv (ha'Emek Davar - Chémot 1,15) note qu'en tant que sages-femmes en chef, Shifra et Pouah étaient également chargées de transmettre la politique du roi aux sages-femmes dont elles avaient la charge.

7°/ Changement de nom :
Le Bné Yissa'har (Sefer Maayan Ganim, ch.3) explique que Pharaon n'a pas simplement changé les noms de Yo'hévet et Myriam pour les noms égyptiens de Shifra et Pouah afin de refléter leurs nouvelles positions royales (à l'image de Yossef renommé : Tsafnat-Panéa'h), mais plutôt que Pharaon avait un plan sinistre. Il avait compris un secret profond concernant le nom d'une chose : cela reflète la nature intérieure d'une personne et forme la racine de son essence fondamentale.
Par conséquent, en changeant leurs noms en noms égyptiens, Pharaon espérait leur inculquer une mentalité égyptienne, les débarrassant ainsi de leur nature miséricordieuse.

Comment, alors, Yo'hévét et Myriam ont-elles pu surmonter leur nouvelle nature pour résister à la pression interne qui les poussait à se conformer aux instructions de Pharaon?
Bien que leur nature ait pu être affectée par ce changement de nom constituant alors une immense épreuve personnelle, leur libre arbitre n'a jamais été totalement restreint.
En fait, il ressort implicitement du midrach (Bamidbar rabba 16,10) qu'il est toujours possible de s'élever au-dessus de la disposition négative que le nom d'une personne peut posséder, même si cela s'avère difficile, comme l'a dit le célèbre Rav Yisrael Salanter : "Il est plus facile d'apprendre tout le Talmud que de changer un seul trait de caractère".

8°/ Pharaon menace les sages-femmes :
Le midrach rapporte que Pharaon a menacé les sages-femmes de les brûler avec toute leur famille (littéralement "leurs maisons") si elles ne faisaient pas ce qu'il leur avait ordonné. [Séfer haYachar Chémot 18].
C'est peut-être la raison pour laquelle Hachem a spécifiquement récompensé les sages-femmes par des "maisons", se référant aux maisons des Cohanim, des Léviim et de la royauté, pour avoir fait fi de l'ordre de Pharaon (Chémot 1,21 avec Rachi).
Leur récompense spécifique, selon une opinion de la Guemara, était que Yo'hévet méritait que ses fils Aharon et Moché dirigent respectivement les Cohanim et les Léviim de la nation. Quant à Miriam, elle a été récompensée par une dynastie de rois issus d'elle, notamment le roi David et la lignée royale menant au machia'h. [guémara Sotah 11b - avec le Maharcha ('Hidouché Halakhot)]

9°/ Les sages-femmes sauvent les bébés :
Le verset dit : "Les sages-femmes ont craint Hachem et n'ont pas fait ce que le roi d'Égypte leur a dit, et elles ont gardé les garçons en vie" (Chémot 1,17). Non seulement elles ont résisté à l'épreuve de ne pas faire de mal aux bébés, mais elles ont fait tous les efforts possibles pour s'assurer qu'ils vivraient.
Par exemple, la guémara (Sotah 11b) rapporte qu'elles faisaient tout leur possible pour leur fournir de la nourriture et de la boisson, et le Sifté Cohen (Chémot 1,17) ajoute que les sages-femmes priaient spécifiquement pour le bien-être des bébés afin qu'il n'y ait jamais de soupçon sur eux si une femme faisait naturellement une fausse couche. La conclusion du verset selon laquelle "elles gardèrent les garçons en vie" montre clairement que leurs prières furent exaucées et qu'aucun enfant ne périt.
Le 'Hatam Sofer (Chémot 1,21) ajoute que ce fut en fait leur plus grande récompense : la survie et la croissance exponentielle de la nation qui naquit plus forte et plus rapide que jamais auparavant.
[d'une certaine façon tous leurs mérites futurs étaient également leurs mérites. ]

-> Selon un avis du midrach (Béréchit rabba 97:3), jusqu'à 600 000 bébés juifs sont nés en une seule nuit.

<---------->

10°/ L'Égypte s'unit pour nous tuer :
Après avoir entendu l'excuse des sages-femmes pour ne pas tuer les bébés et s'être rendu compte que leur bienveillance contribuait également à leur refus de suivre son plan, Pharaon n'eut d'autre choix que d'engager toute la population égyptienne dans son projet de tuer les bébés juifs. De cette façon, a-t-il raisonné, le grand nombre d'égyptiens sans pitié réussirait là où les sages-femmes avaient échoué. [Ohr ha'Haïm - Chémot 1,22]

Le midrach (Yalkout Chimoni Chémot 7:182) raconte que les enfants égyptiens allaient de ville en ville pour écouter les cris des femmes en train d'accoucher. Ils rentraient ensuite chez eux pour prévenir leurs pères qui se précipitaient pour attraper les nouveau-nés et les jeter dans le Nil.

Selon le midrach (Chir haChirim rabba 2:43), les femmes juives sont obligées de se cacher avec leurs bébés dans des tunnels creusés sous leurs maisons. Cependant, les égyptiens apportaient leurs propres bébés et les faisaient pleurer, ce qui avait pour effet de faire pleurer les bébés juifs, révélant ainsi leur cachette. Les bébés étaient immédiatement saisis et jetés dans le fleuve (Nil).

Quiconque trouvait un bébé juif de sexe masculin était tenu de le jeter dans le Nil. Cette loi s'appliquait à l'ensemble de la nation, ainsi qu'au peuple juif lui-même. En tant que tel, le fait de cacher un bébé, même son propre enfant, était un crime passible de la peine de mort. [Malbim - Chémot 2,1]

11°/ Les femmes juives se réfugient dans les champs :
En raison des méthodes sournoises des égyptiens et de leur détermination impitoyable à éliminer tous les bébés juifs nés, les femmes juives ont été forcées de fuir dans les champs où elles ont accouché sous les pommiers (guémara Sorah 11b).
Le midrach (Chir haChirim tabba 8,3) explique pourquoi elles choisirent spécifiquement le pommier parce que, contrairement aux autres arbres qui produisent d'abord des feuilles puis des fruits, le pommier produit d'abord ses fruits et seulement ensuite ses feuilles.
Selon le midrach, cela symbolise la nation juive qui était prête à accepter la Torah en disant : "Naassé vénichma" = nous allons (accepter de) faire et (seulement) ensuite nous écouterons (ce qui est demandé) (Michpatim 24,7), en suivant la volonté d'Hachem même si nous n'en connaissons pas les détails spécifiques.
De la même manière, les femmes vertueuses étaient prêtes à assurer la pérennité de la nation en continuant à avoir des enfants malgré les conséquences.
[naassé = on fait des enfants (comme D. nous le demande), "vénichma" et ensuite nous comprendrons pourquoi. ]

12°/ Les bébés survivent miraculeusement :
Les mères au cœur brisé ont laissé leurs nouveau-nés sous les pommiers dans les champs.
Cependant, la guémara (Sotah 11b - avec le Maharcha) nous dit que ces enfants n'ont pas péri, car Hachem a envoyé des anges pour s'occuper d'eux, les nettoyer et les nourrir avec des pierres des champs qui ont miraculeusement produit de la nourriture dont les nourrissons ont pu s'alimenter.
Lorsque les égyptiens ont découvert ces enfants juifs, ils ont essayé de les tuer, mais Hachem a accompli un miracle et a fait en sorte que les bébés soient engloutis par la terre. Les égyptiens pensaient qu'il s'agissait d'un acte de magie, qui n'a pas d'effet à plus d'un demi-pouce de profondeur sous terre, Ils ont donc amené des bœufs pour labourer le champ à la recherche des bébés.
Ils ont donc amené des bœufs pour labourer le champ à la recherche des bébés.
La guémara poursuit en disant qu'une fois que les enfants ont grandi, ils sont retournés en masse dans leurs familles. En fait, lorsque la présence d'Hachem fut palpable par tous lors de l'ouverture de la mer, ces mêmes enfants reconnurent la présence d'Hachem et dirent : "C'est mon D., et je le glorifierai" (Chémot 15,2).