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Moshé et les Bné Israël chantèrent ce cantique à Hachem, et ils dirent (Béchala'h 15,1)

-> Ce Shabbat est connu sous le nom de "Shabbat Shira" parce que la shira (chant, cantique) que les Bné Israël ont chantée au bord de la mer est lue cette semaine. Cependant, le lien entre la Shira et ce Shabbath doit encore être expliqué plus en profondeur.

Le verset déclare : "Ils crurent à ses paroles, ils chantèrent ses louanges" (vaaminou bidvarav, yachirou téhilato - Téhilim 106,12).
Le midrach (Chémot rabba 22,3) déclare : "Bien qu'il ait été dit précédemment que la nation juive avait cru (vayamen aam - Chémot 4,31), elle est revenue à la non-croyance, comme il est dit : 'Nos pères, en Egypte, n’ont pas compris tes miracles, ni gardé le souvenir de tes nombreux bienfaits! Ils se révoltèrent aux bords de la mer, de la mer Rouge' (Téhilim 106,7). Mais une fois qu'ils sont arrivés à la mer et qu'ils ont vu la puissance d'Hachem et la façon dont Il a jugé les réchaïm (les égyptiens), ils ont cru en Lui. Par le mérite de cette émouna, le roua'h hakodech reposa sur eux et ils dirent la chira".

Le Yisma'h Israël déclare que nous voyons dans ce midrach que celui qui a la émouna est capable de dire une chira. Il poursuit en disant que Shabbath représente la création du monde. La sainteté du Shabbath renforce notre émouna qu'Hachem a créé le monde, comme nous le récitons dans la Kabalat Shabbath : "To'h émouné am ségoula", grâce à la émouna, nous pouvons mériter de saluer Shabbath et de bénéficier de sa sainteté.
C'est pourquoi on l'appelle "Shabbath Shira", cela doit nous permettre de davantage prendre conscience que Shabbath est un jour où se renforce la émouna, ce qui nous permet de dire un shira.
[dans l'obscurité de l'exil, dans la routine de la semaine, on doit profiter du supplément de émouna, d'âme de Shabbath, pour rallumer notre relation avec Hachem, en Lui chantant, en laissant parler notre âme. C'est le message de Shabbath Shira. ]

Se préparer avant une mitsva

"Vous avez refusé de respecter Mes lois" (Béchala'h 16,28)

-> Hachem reprocha aux Hébreux de ne pas avoir respecté l'ordre. Celui de rester dans les champs pour ne pas aller chercher la Manne le Shabbat. Mais, Hachem inclut Moché dans cette remontrance. Il ne lui a pas dit : "Ils ont refusé de respecter Mes lois", mais "vous avez refusé", afin d'associer Moché à cette faute.
Nos Sages expliquent qu'Hachem voulut lui reprocher une certaine négligence qu'il avait commise, lui aussi. En effet, lorsque Hachem lui demanda d'avertir le peuple qu'il ne devrait pas sortir dans les champs pour aller ramasser la Manne pendant Shabbat, Moché attendit le dernier moment, c'est-à-dire vendredi pour leur rapporter cet ordre. Hachem voulait lui en faire le reproche et c'est ainsi l'inclut dans la critique faite au peuple.
=> Mais pourquoi Hachem lui fit cette remarque en l'incluant dans le reproche au peuple d'avoir transgressé le Shabbat? Car ces deux fautes ne sont pas comparables.

-> Rabbi Lévi Its'hak de Berditchev (Kédouchat Lévi) explique que pour qu'une mitsva soit accomplie comme il se doit, elle nécessite une préparation. Un certain temps doit être pris au préalable pour s'y préparer, pour étudier les lois de cette Mitsva, sa signification, son importance, afin de pouvoir s'en imprégner.
Mais aussi pour se préparer intérieurement. Cela consiste à réfléchir à ce qu'on s'apprête à faire : servir Hachem, le Créateur et le Roi du monde et réaliser Sa Volonté, ce qui nous permettrait de nous lier à Lui et d'étancher la soif de notre âme qui aspire plus que tout à ressentir une proximité avec Lui.

Une mitsva réalisée dans cet état d'esprit serait bien plus profonde, imprégnée de crainte et d'amour d'Hachem. Nos Sages nous apprennent qu'il convient d'éviter à tout prix "d'entrer" dans une mitsva de façon soudaine et précipitée, sans s'y être préparé. Elle risquerait d'être vide de sens et superficielle, de manquer de ferveur et de profondeur. Prenons l'exemple des prières quotidiennes.
Il faut éviter d'attendre la dernière minute pour se dépêcher de s'en acquitter, dans la hâte, car elles perdront toute leur ferveur. Il est bien plus recommandé de prendre un petit moment pour se préparer intérieurement. Penser devant Qui on s'apprête à parler et prendre conscience qu'Il peut nous accorder TOUT ce qu'on lui demande. Même une ou deux minutes seulement pour penser à cela avant de prier, pourront changer radicalement notre ressenti et toute la valeur de notre prière.
De même, souvent quand une Mitsva est quelque peu difficile, le fait de s'y préparer permet de se familiariser et se faire à l'idée de devoir l'accomplir. Ce qui la rendrait plus accessible. Alors que si on s'y confronte d'emblée, sans préparation, on ne serait pas prêt à devoir la faire.
Parfois on risquerait de ne pas réussir à la respecter, car on se rendrait compte des difficultés que l'on n'aurait pas prévues.

C'est ainsi que si Moché avait averti le peuple du respect du Shabbat à l'avance, les Hébreux auraient eu le temps de s'y préparer intérieurement. Mais comme il a attendu la veille de Shabbat pour les informer, ils n'ont pas pu s'y préparer. Cette mitsva s'imposa à eux de façon soudaine, ce qui les confronta trop brusquement à sa difficulté. C'est pour cela que certains sont venus à transgresser.
Aussi, Hachem inclut Moché dans le reproche qu'il fit au peuple, car il en portait une certaine responsabilité.

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-> le rav Nissim Yaguen (v.16,23) voit différemment cette attitude de Moché : https://todahm.com/2021/09/10/33053

"Et Moché dit : "Mangez-la (la manne) aujourd'hui car c'est aujourd'hui Shabbath pour D." (Béchala'h 16,25)

Le Rabbi de Rimanov fit le commentaire suivant :
"Mangez-là!" , se réfère au Shabbath lui-même.
Ingérez le Shabbath car il peut être votre nourriture."

La semaine arrivant à son terme, nous devons oublier le passé et ne pas reporter le lourd fardeau de la semaine écoulée sur la semaine qui débute.

Utilisons/mangeons pleinement le cadeau du Shabbath, afin de repartir les batteries pleines pour une nouvelle semaine au top b"h!!

"La révélation Divine au moment de la traversée de la mer rouge fut si grande que la personne la plus modeste atteignit un degré de vision prophétique plus élevé que celui du grand prophète Yé’hézkiel. " [Mé’hilta]

Nos Sages font remarquer que les paroles du prophète Yé’hézkiel furent gardées pour la postérité alors que ceux qui perçurent l’intense révélation divine à la mer rouge ne furent d’aucune contribution et demeurent inconnus.

Pourquoi cela ?

Yé’hézkiel se démena et fit beaucoup d’efforts pour atteindre un niveau de spiritualité qui lui permettrait de prétendre à une vision prophétique.

La personne qui a eu accès à la révélation de D., mais qui n’a rien fait pour la mériter, n’en retire pas d’élévation particulière.

La prophétie n’élève pas une personne, c’est plutôt celle-ci qui élève et étend la vision prophétique.

=> Sans mes efforts personnels, même les plus grandes idées ne demeureront que des visions dépourvues d’intérêt.

"Voici mon D. et je L’embellirai "  (Chémot - Béchala'h  15;2)

Guémara (Shabbath 133b) = "Comment peut-on embellir D. ?
En embellissant Ses mitsvot. "

De tout  temps, les juifs ont prouvé leur amour et leur respect des mitsvot en les embellissant à l’aide de matériaux précieux (ex : verres de Kiddouch, boîtiers de mézouzot, …).

Le Tsadik de Sanz agissait autrement.
Il estimait que subvenir aux besoins des pauvres était bien plus important que posséder de coûteux objets de culte.

Lorsque ses disciples lui offrirent une ménora de ‘Hanoucca en argent, le tsadik de Sanz la mit tout de suite en gage et distribua l’argent aux pauvres.

Et de dire :
"Comme puis-je allumer une ménora en argent en sachant qu’il y a des gens qui ont faim ?
En termes d’embellissement des mitsvot, il n’existe pas de plus bel ornement que la tsédaka (charité) ".

Réflexions sur la différence entre Amalek et le peuple juif …

+ Réflexions sur la différence entre Amalek et le peuple juif ...

Quelle force spirituelle représentons-nous, nous peuple juif?
=On est le peuple qui doit révéler la présence de D. dans le monde.

Il est écrit à notre propos vis-à-vis de D. : "Atem édaï" (=vous êtes Mes témoins).
Les témoins attestent de ce qui ne peut être vu : si une chose est présente et évidente, les témoins n'ont aucune utilité.
Ce n'est que lorsque l'objet ou l'événement ne peuvent être perçus directement que les témoins sont convoqués.

La présence de D. n'est pas directement identifiable dans le monde ; c'est avec nos vies et avec toute notre histoire comme peuple que nous apportons ce témoignage.

Amalek est éternellement voué à effacer ce témoignage à tout prix (même à se sacrifier lui-même), pour supprimer toute preuve de D., pour maintenir un écart entre ce monde et D.
En effet, Amalek est cet écart, cette distance entre le physique et le spirituel, et si cette brèche venait à être comblée, il cesserait d'exister.

=> C'est la bataille entre Amalek et le peuple juif!
La fin d'Amalek, c'est la suppression de la faille qui sépare D. du monde, la restauration de cette proximité révèle que tout est Un.

La Torah décrit la rencontre entre Amalek et le peuple juif en ces termes : "achèr kar'ha badéré'h" (= qui t'est arrivé en chemin).
Le mot kar'ha (arrivé), désignant cette rencontre, est construit sur la racine 'kar', qui veut dire "froid", et se décline aussi dans les mots "mikré" (hasard/coïncidence) et "kéri" (impureté dans la zone intime).

Le mot clé (kar'ha) de cette rencontre, va nous permettre de définir la frontière, la différence entre Amalek et le peuple juif, au travers ces 3 racines :

--> froid (kar) = ils ont refroidi le peuple juif et l'émerveillement du monde devant le don de la Torah.
Le monde vit alors qu'il était possible d'attaquer les juifs, qu'en fin de compte il ne s'agissait que d'hommes, qu'ils étaient au moins potentiellement vulnérables, et les nations firent marche arrière, s'éloignèrent de l'expérience du Sinaï.

Rachi propose l'analogie avec un homme qui saute dans un chaudron d'eau bouillante : il est gravement brûlé, mais il a refroidi l'eau.

Le peuple juif était tout feu tout flamme dans sa dévotion à D. (suite au don de la Torah), et ce feu aurait pu enflammer le monde entier.
Amalek a refroidi les flammes.

=> C'est cela Amalek : il va tout faire pour refroidir, réduire notre ardeur à la faire la volonté de D.

--> Coïncidence (mikré) = l'idéologie d'Amalek est que tout est coïncidence.
Les choses arrivent parce qu'elles arrivent, rien n'a réellement d'importance.
Ce qui peut paraître une évidence (l'implication directe de D. dans les affaires humaines), n'est qu'une coïncidence (car il n'y a aucune preuve du contraire!).

Toute preuve est douteuse (le mot amalek a la même valeur numérique que le mot hébreu 'safék' : le doute), toute évidence est tirée par les cheveux.

=> C'est cela Amalek : doute et distance.

--> Impureté (kéri) = nous sommes les représentants de la loyauté des relations homme-femme, et nous devons en faire la démonstration dans notre mariage avec le Créateur.

Amalek cherche à briser un tel lien, il clame que cette loyauté n'a pas d'objet, que rien ne doit suivre un processus de maturation, que rien n'a de but.
Au contraire, selon lui, les choses n'ont pas de sens, rien n'est significatif, et il n'existe pas d'intimité.

Nous représentons le brit (l'alliance => l'intimité d'une relation exclusive, sans chercher à voir ailleurs).
Amalek représente toutes les ruptures d'alliance.

=> C'est cela Amalek : créer des occasions, des sujets d'occupation pour rompre/réduire nos moments d'intimité avec D., et nous empêcher de développer à chaque instant les liens nous unissant.

===> Amalek vient masquer la réalité, nous luttons pour la dévoiler.

Source (b"h) : compilation personnelle issue d'un divré Torah du rav Akiva Tatz

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+ "Va livrer bataille à Amalek demain" (Béchala'h 17,9)

-> Selon le rav Gamliel Rabinowitz, dans ce verset, Moché dit au peuple d'aller en guerre contre Amalek avec la force de son arme : le "demain" (ma'har - מחר).
De la même façon, que le yétser ara/Amalek déclare : "Bien sûr que tu dois étudier la Torah et faire des mitsvot, mais pas immédiatement, rien ne presse, demain!", de même nous devons lui dire : "Juste aujourd'hui je fais une belle prière, juste aujourd'hui j'étudie la Torah, ... demain on verra!"

La différence entre : מחר (demain - ma'har) et מהר (vite - maér), réside dans une minuscule partie manquante, qui symbolise le fait que notre yétser ara va nous attaquer sur de petites choses, jusqu'à terme nous faire chuter au plus bas.
Il faut savoir faire preuve de rapidité (maér) pour faire la volonté de D., sans toujours remettre à demain (ma'har).

Shabbath haGadol …

+ Pourquoi appelle-t-on le shabbath précédant Péssa'h : Shabbath haGadol?

1°/ Lorsque les 1ers nés égyptiens ont demandé aux juifs, ce qu'ils comptaient faire avec l'agneau, les juifs leurs ont répondu qu'ils préparaient un sacrifice à D., et que D. va tuer les 1ers nés égyptiens.
En entendu cela, les 1ers nés sont allés voir leurs parents et Pharaon afin qu'ils libèrent les juifs.
A l'écoute de leur refus, les 1ers nés ont déclaré la guerre à leurs parents et en ont tué beaucoup, comme il est écrit dans les Téhilim (136,10) : "Lui qui frappe l’Égypte PAR ses 1ers nés" (lémaké mitsrayim biv'horéhem).D. a fait que les 1ers nés égyptiens se battent contre les égyptiens, au nom des juifs.

En raison du grand miracle (néss gadol), qui a eu lieu ce jour de Shabbath, le Shabbath précédant Péssa'h est appelé : Shabbath haGdol.
[rapporté par les Tossafot (guémara Shabbath 87b) citant un midrach]

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2°/ Les égyptiens ont été horrifiés, à la vue du traitement que leurs esclaves juifs, ont fait subir aux agneaux, qui étaient leurs idoles adorées/vénérées.
Ils ont alors demandé : "Que comptez-vous faire des agneaux?"
Les juifs n'ont pas essayé de fuir la question, et ont répondu fièrement : "Nous avons un D., qui nous a demandé de les lui égorger, comme offrande."

La principale différence entre un jeune (immature - katan) et un adulte (gadol), est que le jeune est plus souvent timide, et a tendance à cacher/dissimuler la vérité avec des excuses.

Durant le shabbath précédant la sortie d’Égypte, les juifs se sont comportés comme des adultes matures (comme des gédolim), en proclamant sans hésitation leur appartenance à D.
En raison du fait, qu'ils ont agit comme des gédolim, on appel ce shabbath, le Shabbath haGadol.

-> Le "Séfer haPardess", attribué à Rachi, dit :
On a l’habitude d’appeler le Shabbat qui précède Pessa’h "Shabbat HaGadol", sans savoir en quoi il est plus grand que tous les autres Shabbat de l’année, mais parce que Nissan où ils sont sortis d’Egypte était un jeudi, comme il est dit dans "Séder Olam", et on a pris le sacrifice de Pessa’h le 10 Nissan, le Shabbat qui a précédé Pessa’h.
Les juifs se sont dit : "Nous allons égorger leur idole à leurs yeux et ils ne nous lapideraient pas?"
Hachem leur a répondu : "Maintenant, vous allez voir le miracle que Je vais vous faire."
Ils ont pris chacun son sacrifice pour le garder jusqu’au 14 Nissan.
Quand les égyptiens ont vu cela, ils voulaient se lever pour se venger d’eux, mais leurs entrailles étaient en feu, ils étaient accablés de souffrances et de mauvaises maladies, et ils n’ont pas pu faire de mal aux juifs.
Le Shabbat qui précède Pessa’h est appelé "Shabbat HaGadol" à cause des miracles qui ont été faits à Israël.

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-> Le Michna Broura (Ora'h ‘Haïm 430) mentionne dans son commentaire :
"Le 10 du mois de Nissan qui, cette année-là, tombait un Shabbath, chaque famille (au sens large du mot) prit un agneau et l’attacha au pied du lit. En réponse aux questions des Egyptiens, on leur expliquait que, sur ordre de D., on allait le sacrifier, ce qui agaçait leurs dents (littéralement: ‘leur faisait perdre leur force’), car ils vénéraient cet animal et qu’ils ne pouvaient rien faire. Et parce que le 10 du mois tomba un Shabbath, ils ont fixé (la commémoration du miracle) le Shabbath qui précède Pessa’h et l’appelèrent Shabbath haGadol".

-> Se fondant sur les commentateurs, le Beit Yossef explique ainsi le miracle :
"‘Les dents des Egyptiens avaient perdu leur force’, car jusqu’à ce jour, ils nous dévoraient ; en revanche, ce Shabbath, par miracle, ils n’avaient plus aucun pouvoir sur nous bien qu’ils eussent appris ce que nous allions faire de leurs idoles. Il y a eu miracle parce qu’à l’époque le peuple d’Israël avait pris sur lui de faire la Volonté de D. au péril de sa vie, sans se soumettre à ses maîtres égyptiens".

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-> Le Beit Avraham enseigne :
La miséricorde du Roi des rois est sans borne, et elle se manifeste donc chez ses plus proches et atteint même les pécheurs et fauteurs.
Il est en effet écrit : "Tu pardonneras mon péché, car il est grand" (Téhilim 21,11), et les commentateurs de demander en quoi le fait qu’il soit grand est une raison de pardonner. Au contraire, si le péché est grand, pourquoi le pécheur bénéficierait-il du pardon?

Cependant, on peut l’expliquer par la parabole qui précède, en convenant que l’expression "il est grand" ne se rapporte pas au péché, mais à Hachem et à Sa bonté.
Celle-ci se déverse sur le monde avec une mesure tellement immense que, pour ne pas qu’elle se perde, on en fait profiter même les pécheurs et les fauteurs.
=> Partant de là, le Beit Avraham explique également le nom de "Shabbat Hagadol" = la sainteté du
Shabbat est tellement grande qu’elle peut même abriter sous ses ailes les plus misérables du peuple, les pécheurs et les rebelles, afin de les purifier et de les préparer ainsi à cette sainte fête de Pessa’h!

-> Le Nétivot Shalom revenait souvent sur ces paroles du Beit Avraham, et disait que, a priori, elles demandent un éclaircissement : en quoi ce Shabbat est-il mieux que tous les autres? Chaque Shabbat est "grand", comme nous le mentionnons dans l’ajout que nous faisons ce jour-là dans le birkat hamazon (dans rétsé) : "Car c’est un grand et saint jour" (ki yom zé gadol vékadoch ou).
Dès lors, où réside la grandeur du Shabbat Hagadol?
Le Nétivot Shalom répond : C’est que ce Shabbat est le plus grand de tous les grands!

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3°/ La 1ere mitsva/obligation que les juifs ont reçu avant de quitter l’Égypte était de préparer un sacrifice de Péssa'h avec l'agneau (ainsi que d'autres détails afin de célébrer la fête).

Guémara Kiddouchin 31a = "Une personne qui agit en ayant l'obligation est plus grande, que celle qui agit sans en avoir l'obligation." (Gadol amétsouvé véoché mimi chééno métsouvé véoché)

Ce Shabbath haGadol met en avant toute la grandeur (gadol) d'agir en étant dans l'obligation de le faire.
[Faire les mitsvot de D.,parce qu'on doit le faire, et non uniquement parce qu'on le veut, donne beaucoup plus de valeur!!)
[Bné Yissa'har]

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4°/ Le sacrifice de Péssa'h renvoie à l'importance de la mitsva d'aimer son prochain comme soi-même = "Tu aimeras ton prochain comme toi-même" (Vayikra 19;18 - véaavta léréa'ha kamo'ha).

En effet, ce sacrifice est un moyen permettant aux personnes de se retrouver ensemble : les familles, les voisins, ... comme la Torah le dit : "Il prendra pour lui et son voisin proche de sa maison ..." (Chémot 12;4).
De plus, durant Péssa'h, il y a une mitsva de donner plus que d'habitude aux nécessiteux, afin que tout le monde puisse célébrer convenablement la fête.

Le Talmud de Jérusalem (Nédarim 9;4) commente la mitsva d'aimer son prochain comme soi-même en disant = "Rabbi Akiva a dit : c'est une grande règle de la Torah." (zé'ou klal gadol baTorah).

Ainsi, l'appellation de Shabbath haGadol renvoie à l'importance d'aimer son prochain comme soi-même.
[klal gadol de la Torah ...]

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5°/ Les juifs ont été libérés en 2448 après la création du monde.

Ils ont eu leur 1er goût de liberté et de fierté d'être juif, au cours du shabbath, précédant la sortie d’Égypte.
Les mots : "Shabbath haGadol" (שבת הגדול) renvoient à ce fait :
- le shin (ש) = renvoie au Shabbath ;
- le bét (ב) = renvoie au chiffre 2 000
- le taf (ת) = renvoie à la valeur de cette lettre = 400 ;
- le mot "haGadol" (הגדול) = a une valeur numérique de 48.
== le tout fait : Shabbath 2448 (comme l'année de la sortie d’Égypte!).

Source (b"h) : traduction & adaptation personnelle d’un commentaire de Rabbi Moshe Bogomilsky

-> Le Méam Loez (Bo 12,10) écrit en ce sens :
Moché avait obtenu de Pharaon un jour de congé hebdomadaire pour les juifs, et avait fait en sorte que ce jour fût le Shabbath.
Cependant, tant que les juifs étaient esclaves, ils ne pouvaient réellement se détendre le Shababth : dès le lendemain ils allaient reprendre leurs travaux forcés.
Bien qu'ils fussent exemptés de tout travail depuis le début des 10 plaies, ils n'étaient pas encore des hommes libres, mais avec l'approche de leur libération, les juifs purent réellement, pour la 1ere fois, goûter au Shabbath

Le jour du Shabbath représente plus qu'un simple jour de repos. C'est un jour de renouveau spirituel.
Néanmoins, tant que les juifs étaient asservis, ils ne pouvaient attribuer au Shabbath une signification autre que celle d'un simple jour de repos.
[Shabbath haGadol = c'est à partir de ce Shabbath que les juifs ont véritablement pu apprécier ce jour énorme de chez énorme (gadol de chez gadol!).]

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6°/ Selon le rav 'Haïm Kanievsky, c'est le mérite du Shabbath (que nos ancêtres ont observé en Egypte - cf. midrach Chémot rabba 1,28), qui a protégé le peuple juif des égyptiens.
Pour souligner cela, nous marquons le miracle à Shabbath.

7°/ Deux raisons sont données pour expliquer le sens du Shabbath.
Dans les 1eres Tables de la loi, il est dit que le Shabbath vient rappeler la Création du monde. Et dans les secondes, il est dit que le Shabbath vient rappeler la sortie d’Egypte.
Ainsi, au départ, avant la sortie d’Egypte, le Shabbath n’avait que la 1ere raison : rappeler la création. Mais, le Shabbath de la semaine de la libération, qui a introduit la sortie d’Egypte, où les Juifs furent sur le point de sortir, la 2e raison apparut : rappeler la sortie d’Egypte qu’on était en train de vivre.
=> Ce Shabbath est donc devenu un Shabbath plus grand, car dès lors, il fut agrandi par cette 2e raison de rappeler la sortie d’Egypte, qui n’était pas encore à propos jusqu’à lors.
[Sfat Emet]

Ainsi, le Shabbath haGadol est le 1er Shabbath à partir duquel, nous avons gagné une 2e raison de témoignage (Création & sortie Egypte) pour le fêter, comme il est écrit : "Tu te souviendras que tu étais esclave dans le pays d'Egypte et que Hachem ton D. t'en a fait sortir d'une main puissante et d'un bras étendu ; c'est pourquoi Hachem ton D. t'a ordonné de faire le jour du Shabbath." (Vaét'hanan 5,15)

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-> Les Richonim (Aboudraham, 'Hizkouni) écrivent que ce Shabbath (précédant la sortie d'Egypte) était le 1er réalisé par les juifs en tant que peuple au service de Hachem. Ils sont entrés sous le joug des mitsvot en ce 1er Shabbath.
Les Tossafot disent que de même qu'un enfant qui a 13 ans, qui commence à réaliser les mitsvot est appelé : "gadol", de même ce Shabbath où le peuple juif est devenu "gadol", est dénommé : Shabbath Gadol.

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-> En prenant un agneau, les juifs observèrent Shabbath en Egypte. Ce fut leur premier Shabbath en tant que Peuple, un moment de transition pour devenir une Nation : ils avaient atteint l’âge de la majorité, étaient devenus des adultes (guédolim) qui avaient des responsabilités.
Ce fut donc un Shabbath "haGadol".
[Sfat Emet]

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8°/ Le 'Hatam Sofer dit que la période estivale est un moment plein de dangers spirituels, où des tragédies peuvent se passer.
[Shabbath haGadol précède Pessa'h, et le Shabbath Shouva précède Yom Kippour. Ces 2 moments permettent de nous influencer pour une moitié d'année : la partie hivernale et la partie estivale.]

Un tsadik qui ne faute pas est considéré comme un "gadol" (un grand), et quelqu'un qui faute et se repent comme : un "guibor" (un fort), qui a conquis sont yétser ara (cf. qui est fort? -> Pirké Avot 4,1).
=> Le Shabbath qui éveille les gens à éviter de fauter (l'été approchant) est appelé Shabbath haGadol, et celui où l'on incite à faire téchouva sur nos fautes s'appelle : Shabbath Shouva.

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9°/ Bien que les juifs observassent le Shabbath, ils ne le faisaient pas pour observer un commandement Divin, mais simplement parce que ce jour de repos leur convenait.
En effet, puisque de nombreux juifs pratiquaient la religion égyptienne, observer le Shabbath avait-il la moindre signification religieuse?
Cependant, en ce Shabbath où ils acquirent l'agneau Pessa'h (le 10 Nissan), les juifs durent renoncer totalement à leur foi en les religions égyptiennes.
Leur observance du Shabbath devint alors un acte d'obéissance à Hachem.
=> Puisque ce Shabbath était le 1er que les juifs observèrent à l'égard de Hachem, il était digne qu'il fût commémoré [pour les générations à venir].
[Magen Avraham]

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-> Le Séfer Olam (chap.5) rapporte que les Bné Israël bénéficièrent d'un grand miracle ce Shabbath [hagadol - celui avant Pessa'h] : "Le 15 Nissan qui fut le jour où les Bné Israël sortirent d'Egypte était un jeudi. Ainsi, le 10 du mois où il leur fut ordonné de prendre chacun un agneau tomba un Shabbath.
Un miracle eut alors lieu (comme le rapporte le Tour - Ora'h 'Haïm chap.130) au nom du midrach : "Chacun prit alors son agneau destiné au sacrifice de Pessa'h et l'attacha au pied de son lit. Les égyptiens leur demandèrent : ''à quoi cela vous servira-t-il''?, et ils répondirent ''afin de sacrifier pour Pessa'h, comme nous l'a ordonné Hachem ''.
Cette réponse les agaça, mais ils ne purent rien leur dire [D. ne leur donna pas la permission de le faire]. D'après ce miracle, on appela ce Shabbath, le Shabbath hagadol."

Les commentateurs demandent pourquoi ce miracle se réfère au Shabbath [précédant Pessa'h] et non à la date du 10 Nissan où il eut lieu, à l'instar de toutes les autres solennités qui sont fixées suivant la date et non suivant le jour de la semaine.

Le Ohev Israël répond que seul Shabbath donna la force aux Bné Israël d'accomplir le 10 Nissan l'ordre de se détacher de l'idolâtrie en prenant un agneau destiné à la mitsva.
Car ils durent pour cela rattacher leur âme au Créateur et cela ne fut possible que grâce au Shabbath dénommé selon le Zohar (2,205a) : le "jour de l'âme" (yoma déNichmata).
C'est pourquoi cette délivrance fut fixée dans les générations précisément le jour du Shabbath car grâce à lui l'âme peut sortir de son exil.

Le 'Hidouché haRim compare ce Shabbath à Yom Kippour en faisant un rapprochement entre le 10 Nissan (date à laquelle eut lieu le miracle de Shabbath hagadol) et le 10 Tichri (date de Yom Kippour).
Cela vient nous enseigner que ce jour a le pouvoir de purifier et de ramener l'homme à la droiture (cf. Zohar 2,39b).
Par ailleurs, Yom Kippour est appelé "Yoma Rabba" (le Grand Jour), et ce Shabbath est également nommé le "Grand Shabbath" (Shabbath hagadol), car il purifie et sanctifie l'âme juive de tous ses défauts et de toutes ses fautes.

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-> "Je vous enverrai Eliyahou haNavi avant qu'arrive le jour d'Hachem, jour grand et redoutable (hagadol vé'anora)" (Mala'hi 3,24)
Rabbi Elimélé'h Biderman dit que selon certains, le Shabbath haGadol fait allusion à ce grand jour où le machia'h va venir, et il est appelé ainsi en anticipation de ce grand moment.
[de même que nos ancêtres ont pu être libérés miraculeusement, avec précipitation, d'Egypte avec Moché, de même nous serons très très prochainement délivrés définitivement de notre exil par le machia'h!]

-> Certains ont écrit que comme ce Shabbat, contrairement à ceux des 4 parachiot (Para, Shékalim, ...), il n’y a pas de lecture spéciale de la Torah mais seulement une haftara spéciale, et que le verset qui termine cette haftara à la fin du livre de Mala'hi, la dernière prophétie des livres des prophètes, est: "Voici que Je vous envoie le prophète Eliyahou avant la venue du jour de Hachem, grand et redoutable", le Shabbat où l’on lit ce verset qui contient le mot "gadol" (grand) s’appelle Shabbat HaGadol.

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-> Le Shabbath haGadol est traditionnellement associé au commencement de notre Libération d’Egypte. Par ailleurs, la Haftara de ce Shabbath se termine par le verset bien connu qui annonce l’arrivée du Prophète Eliyahou, le précurseur de la Délivrance finale : "Voici, Je vous envoie Elie le Prophète, avant qu’arrive le Jour de Hachem, Jour Grand (Hagadol - הַגדָּוֹל) et Redoutable!" (Mala'hi 3,23).
Ainsi, le Shabbath précédant Pessa’h emprunte-t-il le nom "haGadol" à notre Haftara messianique afin de lier la première Délivrance à la dernière Délivrance, selon l’enseignement (guémara Roch Hachana 11a) : "C’est en Nissan qu’ils furent délivrés, c’est en Nissan qu’ils le seront dans les temps futurs".

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-> Le Lévouch (430,1) explique cette appellation de 'Grand Shabbat’ : selon lui, ce Shabbat est ainsi appelé parce qu'il constitue une introduction à la délivrance future, au sujet de laquelle il est écrit : "Voici, Je vous envoie le Prophète Eliyahou avant le jour d'Hachem, grand et redoutable, et il ramènera le cœur des pères à leurs fils et le cœur des fils à leur père" (Mala'hi 3,23 - haftara de Shabbat Hagadol).

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-> Le Ohev Israël (Likouté Na'h - Shabbath haGadol) écrit :
"L'origine et la fontaine de tous les Shabbath de l'année provient de 2 Shabbath : du Shabbath haGadol et du Shabbath Chouva.
Ils sont la tête de tous les Shabbath de l'année."

-> Le Ohev Israël mentionne la sainteté très élevée de ce Shabbat car, explique-t-il, tous les jours de la semaine tirent leur subsistance du Chabbat qui précède (Zohar II,63b) et tous les Shabbatot de l'année se nourrissent du Shabbat Hagadol et du Shabbat Chouva. On voit donc bien que tous les Shabbatot de toute l'année sont en germe dans ce Shabbat.

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-> Nos Sages (guémara Shabbath 118b) nous enseignent que si tout le peuple d’Israël observe complètement 2 Shabbath seulement, il méritera la venue du Machia’h : "Si Israël observait 2 Chabbath selon les Lois qui s’y rapportent, il serait immédiatement délivré".

Le rav Ye’hiel Epstein explique que les 2 Chabbath devant être observés sont Shabbath HaGadol (avant Pessa’h) et Shabbath Shouva (avant Yom Kippour).
Chacun de ces 2 Shabbatoth possède un pouvoir spécifique qui lui est propre : Shabbath Shouva tombe entre Roch Hachana et Yom Kippour et enseigne à l’homme la manière de retourner vers D. : la téchouva (condition nécessaire à la Délivrance). Shabbath haGadol fut le premier Shabbath observé en Egypte et contient en lui les germes de la Délivrance.

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-> Le livre "Zé'her léDavid" demande au nom du "mikdach Mélé'h" pourquoi on dit "Shabbat Hagadol" et non "Shabbat Gadol".
Il répond que les initiales de "Shabbat HaGadol" forment le mot "Séh" (agneau), et les dernières lettres forment le mot "Tal" (rosée). Or le mot "tal" a la valeur numérique de 430, ce qui est une allusion au fait que ce Shabbat-là se terminaient les 430 ans de l’esclavage des juifs en Egypte. C’est pourquoi Hachem a ordonné justement ce Shabbat-là d’attacher l’agneau, pour montrer que le peuple sortait de l’idolâtrie pour rentrer dans le domaine de Hachem.

-> On peut rapprocher un enseignement de rabbi David Pinto à ce Shabbath hagadol, précédant Pessa'h, et qui nous permet de redéfinir ce qui doit être gadol (grand, important) à nos yeux dans la vie :
Quand arrive le soir de Pessa’h, où il y a un ordre d’égorger l’agneau (le Séh) et de mettre son sang sur les montants et le linteau de la porte, Hachem a voulu ainsi nous dire en allusion : jusqu’à aujourd’hui vous avez adoré l’agneau, qui est l’idole des Egyptiens, et aujourd’hui vous annulez l’idolâtrie et vous utilisez l’agneau
pour offrir le sacrifice de Pessa’h, exactement de la même façon que jusqu’à aujourd’hui vous avez utilisé l’argent pour les besoins de l’idolâtrie, et qu’à partir d’aujourd’hui, vous utilisez l’argent pour acheter une mezouza, des tefilin et faire des mitsvot.

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-> Certains expliquent que le Shabbat s’appelle ainsi parce qu’ensuite il y a la fête de Pessa’h, qui s’appelle également selon la tradition des Sages "Shabbat", comme il est écrit [au sujet du compte du Omer] : "Vous compterez pour vous à partir du lendemain du Shabbat".
Contre les Saducéens, qui niaient la tradition des Sages, et décidaient que "le lendemain du Shabbat" signifiait vraiment Shabbat, on appelle le Shabbat qui précède Pessa’h : Shabbat haGadol, pour marquer qu’ensuite vient un Shabbat supplémentaire : Shabbat haKatan.

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-> En se préparant à tuer le dieu des égyptiens, chose qu'ils adoraient eux-mêmes, le peuple juif se préparait à abandonner son lien avec l'adoration des idoles en faveur du service d'Hachem (Mékhilta - Bo 11).
Non seulement le peuple juif devait faire face à sa propre conscience concernant l'agneau, mais il était également confronté physiquement aux égyptiens qui bouillaient de colère à la vue des juifs prenant leur dieu pour l'abattre. Lorsque les égyptiens leur demandèrent ce qu'ils comptaient faire de leur dieu, le peuple juif n'eut pas peur et leur fit part de ses projets.
Furieux, les égyptiens tentèrent de les tuer, mais Hachem protégea miraculeusement le peuple juif en donnant aux égyptiens des maladies étranges et atroces qui les empêchèrent de faire du mal aux juifs.
C'est pourquoi, explique le Kol Bo (47), le Shabbat qui précède Pessa'h est appelé Shabbat haGadol, le grand Shabbat, en référence à ce grand miracle.

Béchala’h – miracle dissimulé

+ Béchala'h - miracle dissimulé :

-> L'un des plus grands miracles de l'histoire est l'ouverture de la mer Rouge. Pourtant, ce miracle n'était pas aussi clair que nous pourrions l'imaginer ; il était en fait quelque peu caché.
La Torah indique qu'un vent violent a précédé l'ouverture de la mer (Béchala'h 14,21).
Le Ramban (Béchala'h 14,21 ; 15,9), le Ran et le Séfer ha'Hinouh (mitsva 132) expliquent tous que Hachem a produit ce vent pour déguiser l'événement en phénomène naturel.
[cependant, Rabbénou Bé'hayé (Béchala'h 14,21) est d'avis que la mer s'est d'abord ouverte et que le vent a ensuite soufflé, asséchant le sol humide afin que les juifs puissent le traverser plus facilement. ]
Mais pourquoi Hachem camoufla-il le miracle?

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+ Minimiser les miracles

-> Le Séfer ha'Hinoukh affirme que chaque fois qu'un changement dans la nature est nécessaire, Hachem minimise le miracle, le faisant paraître presque naturel.
Par exemple, bien qu'un feu soit miraculeusement descendu des cieux sur le mizbéa'h (Autel) dans le Michkan et le Temple, le Cohen était obligé d'allumer un feu chaque jour sur l'Autel. Ainsi, on pourrait perdre de vue la main Divine et attribuer le feu au Cohen.

Autre exemple : le Ramban (Béréchit 6,19) note que, selon les dimensions données dans la Torah, l'arche de Noa'h n'aurait pas pu contenir tous ces animaux et toute la nourriture nécessaire pour les nourrir pendant un an. Il a dû s'agir d'un miracle. Alors pourquoi ordonner à Noa'h de construire une grande Arche? Pourquoi pas une petite?
Là encore, c'était pour rendre le miracle moins évident.

Selon le Séfer ha'Hinoukh, le miracle de l'ouverture de la mer Rouge reflétait cette façon générale dont Hachem dirige le monde et était donc déguisé dans la naturalité. Ce déguisement est nécessaire, explique-t-il, parce que nous ne sommes pas assez saints pour faire l'expérience de la révélation d'Hachem dans un miracle ouvert.

[ Rabbi Zundel de Salant (Mikhtav méEliyahou I) explique que c'est pour cette raison que, bien que nous devions avoir la émouna et le bitachon qu'Hachem pourvoit à tous nos besoins, nous devons également faire une hichtadlout, un véritable effort pour atteindre nos objectifs.
L'effort donne l'impression que les moyens de subsistance d'une personne sont le résultat de processus naturels. Si une personne gagnait sa vie sans autre effort que la prière, il s'agirait d'un miracle incontestable. C'est pourquoi nous revêtons notre foi de l'illusion de l'effort. ]

Le rav Yé'hezkel Levenstein (Ohr Yé'hezkel III) fait remarquer qu'Hachem veut que nous ayons notre libre arbitre et que nous choisissions le bien. Si les miracles étaient trop dévoilés, si l'intervention d'Hachem (la hachgakha) était évidente, nous nous sentirions obligés de suivre Ses ordres ; le mal ne serait pas une option. [il n'y aurait plus véritablement de libre arbitre]

=>Aujourd'hui encore, les miracles abondent dans notre vie quotidienne, mais pas de manière flagrante. De temps en temps, nous devons prendre du recul et nous recentrer, en reconnaissant que toutes nos réalisations apparentes, et la nature elle-même, sont l'œuvre du Divin.

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+ Tromper les égyptiens :

-> Bien que le Ramban reconnaisse qu'Hachem dirige généralement le monde de manière dissimulée, il considère l'ouverture de la mer Rouge comme une exception. Le but des plaies en Egypte était d'affirmer qu'Hachem a créé et continue à diriger le monde. Par conséquent, ces miracles ont "enfreint les règles" et n'ont pas été cachés.
Le miracle de l'ouverture de la mer Rouge était similaire, soutient-il, et par conséquent il n'aurait pas dû être dissimulé non plus.
Néanmoins, selon le Ramban et le Ran, Hachem a déguisé ce miracle afin que les égyptiens le considèrent comme un phénomène naturel et suivent sans crainte le peuple juif dans la mer.

-> b'h, voir par exemple sur le détail des mérites de la mer Rouge : https://todahm.com/2018/02/20/la-traversee-de-la-mer-rouge

-> Ces miracles pendant l'ouverture de la mer Rouge sont complètement révélés ! Si Hachem a dissimulé le miracle de l'ouverture de la mer Rouge pour les égyptiens, pourquoi a-t-il accompli des miracles aussi évidents pour les Bnei Yisrael?

La sortie d'Egypte n'a pas seulement mis fin à l'asservissement des Bné Israel ; il a également marqué le début d'une relation spéciale entre eux et Hachem.
Comme l'écrit le Ramban (intro au Séfer Chémot), la sortie d'Egypte a culminée avec la construction du Michkan, dans lequel Hachem a résidé parmi les Bné Israel.
Alors qu'ils quittaient l'Egypte, Hachem voulait leur montrer que leur vie était sur le point de changer radicalement. Grâce à ces miracles particuliers survenus au cours de leur voyage à travers la mer, les Bné Israel ont fait l'expérience profonde et tangible d'une relation magnifique avec leur Père aimant.

Hachem a puni les égyptiens non pas pour avoir violé Sa volonté, mais pour le bien de Moché et de Son peuple, Israël.
C'est pour cette raison qu'un verset dit : "Car c'est pour eux que D. fait la guerre à l'Egypte", en mentionnant spécifiquement "pour eux" (lahém - Béchala'h 14,25).
En d'autres termes, D. a combattu au nom de Moché et du peuple juif comme une expression de son amour pour eux plutôt que comme un acte de vengeance contre l'Egypte.

[rabbi Lévi Its'hak de Berditchev - Kédouchat Lévi - Yitro 18,1 ]

"Moché et les Bné Israël choisirent alors de chanter ce cantique" (Béchala'h 15,1)

-> La difficulté évidente de ce verset est le choix du mot "yachir" au futur. La solution de Rachi est qu'après avoir vécu ces événements miraculeux, Moché et le peuple juif ont décidé de chanter, et c'est à cette décision que notre verbe fait référence.
Mais, demande le Sfat Emet, tout acte délibéré, tel que chanter, n'est-il pas précédé d'une décision de le faire? Pourquoi, alors, la Torah a-t-elle besoin de mentionner cela?

Pour répondre à cette question, il convient d'en aborder une autre, plus fondamentale. En tant que portion de la Torah, le Shirat HaYam n'est manifestement pas un simple poème de guerre, chaque strophe est saturée d'infini, chaque texte est chargé d'ésotérisme. Comment le peuple juif a-t-il pu le composer spontanément?

La réponse est que le juif est en réseau avec la Nuée spirituelle.
Chaque action, parole ou pensée à valeur religieuse qu'il entreprend active la spiritualité qui y est programmée. Et bien que les effets spirituels qui s'ensuivent ne soient pas de son fait, après tout, il n'a pas conçu ce système, ils lui sont attribués en tant que catalyseur.
C'est ce lien fondamental qui permet à un être humain de chair et de sang d'influencer le côté spirituel de l'existence tout en restant fermement ancré dans ce monde.

Moché et Israël ont été inspirés pour chanter un grand hymne à la louange d'Hachem, un hymne digne de l'occasion. En tant que simples mortels, une telle entreprise était hors de leur portée. Cependant, la décision même de le faire a mis en mouvement l'engrenage céleste, imprégnant leur prose d'une profondeur empyrée.
C'est pourquoi la décision de chanter, la pensée qui l'a motivée, est soulignée, car c'est l'étape critique qui a conféré au Cantique sa signification stellaire.

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-> Nos Sages (guémara Sanhédrin 91b) donnent une autre explication à l'emploi du temps futur de "Az Yachir" : ceux qui ont participé à ce chant sont destinés à chanter à nouveau, après la résurrection des morts.
En fait, la guémara y voit une source textuelle pour notre croyance en ce phénomène futur. Le lien essentiel qui existe entre ces deux événements reste inexpliqué.

Le Sfat Emet explique que l'ouverture de la mer Rouge a été l'occasion d'une perception singulière d'Hachem. Le peuple, même, comme on le sait, la plus humble des servantes, pouvait voir de manière si tangible la manifestation du Divin qu'il la pointait du doigt et déclarait : "C'est mon D.".

Le midrach (Chémot rabba 23,15) va même jusqu'à observer que pendant que Moché luttait sans succès pour voir directement la gloire d'Hachem (ar'éni na ét kévodé'ha - Chémot 33,8), une telle vision était accessible à tous. Qu'est-ce que cela signifie?
Moché a également participé à cette expérience à la mer, en fait, il a dirigé la nation dans son chant, alors pourquoi était-il si désespéré de se procurer à nouveau une telle vision?

En réalité, une telle perception est hors de portée de l'homme, d'où l'échec de Moché à la réaliser.
À l'ouverture de la mer Rouge, cependant, les participants ont vécu une expérience tout à fait extraordinaire, leurs âmes se reliant à leur moi supérieur, habituellement inaccessible. Ce n'est que grâce à cette synchronisation que ces révélations ont été possibles.
En un sens, ils avaient donc subi un semblant de la future résurrection, qui consistera également en une reconnexion avec notre moi supérieur.
La Shirat Ha Yam était donc un présage pour la résurrection de morts, et y fait allusion de manière appropriée dans ses premiers mots.