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Faire les mitsvot = être béni au-delà de son mazal

+ Faire les mitsvot = être béni au-delà de son mazal :

"Tu serviras Hachem et Il bénira ton pain et ton eau, ... Il n'y aura aucune femme qui fera une fausse couche ou qui sera stérile dans ta terre. Je comblerai le nombre de tes jours" (Michpatim 23,25-26)

-> Ces trois bénédictions, les enfants, la santé et la richesse, sont en réalité les trois choses que la guémara (Moéd Katan 21b) enseigne, qui ne sont pas basées sur le mérite, mais dépendent plutôt du mazal, le destin prédéterminé.

=> Le Zéra Shimshon demande que les versets semblent impliquer que ces choses sont basées sur les mérites de chacun (si tu fais cela, alors je Te bénirais). Et même selon Tossafot (Shabbos 156a) qui dit qu'avec un très grand mérite, on peut en effet changer son destin, ce verset ne semble toujours pas parler de quelqu'un ayant un mérite hors du commun. Il parle du moment où le peuple juif sert Hachem comme il se doit. Comment alors la guémara concilie-t-elle ces versets?

-> Le Zéra Shimshon explique que ces bénédictions peuvent avoir lieu même sans que le destin d'une personne ne soit changé. Par exemple, si, d'après le mazal, quelqu'un est censé être pauvre et vivre de pain et d'eau, ce verset dit que Hachem bénira ce pain et cette eau d'une bénédiction spéciale de satiété.
Ainsi, son destin ne changera pas, mais tout ce qu'il apportera sera béni et il ne se sentira pas différent de celui qui possède beaucoup. C'est pourquoi le verset précise que le pain et l'eau seront bénis, sans mentionner les richesses.

Il en va de même pour la bénédiction "Je comblerai le nombre de tes jours". Cela signifie que la personne vivra tous les jours qui lui sont attribués et ne mourra pas avant l'heure. Ainsi, son destin ne changera pas pour qu'il vive plus longtemps, mais il sera béni de vivre tous les jours qui lui sont attribués.

Le Zéra Shimshon explique aussi que cette bénédiction semble superflue, car si une personne n'a pas fauté, pourquoi aurait-elle besoin d'une telle bénédiction?
Le Zéra Shimshon explique qu'il existe néanmoins une bonne raison à cette bénédiction.
En effet, une personne est confrontée à de nombreuses situations où elle est en danger ou a des habitudes malsaines qui peuvent techniquement la rendre malade. Ici, la Torah dit que si une personne sert Hachem, elle sera protégée et vivra jusqu'à la fin de ses jours, même si elle se trouve sans le savoir dans une situation dangereuse.

Jusqu'à présent, le Zéra Shimshon explique que ces versets ne contredisent pas la guémara. La guémara discute de la question de savoir si, grâce à ses mérites, une personne peut réellement changer son destin.
La guémara dit que ce n'est pas possible. Sur quoi Tossafot commente qu'à travers un grand mérite, on peut en effet changer son mazal prédestiné.
Alors que ces versets, bien qu'ils disent qu'en observant les commandements de Hachem comme il se doit (ce que le Zera Shimshon ne considère pas comme un mérite suffisant pour changer son mazal), une personne reçoit des bénédictions, celles-ci se manifestent de manière limitée par son destin, mais le surpassent néanmoins d'une certaine manière, comme expliqué.

En ce qui concerne la bénédiction d'avoir des enfants et de ne pas faire de fausses couches, le Zera Shimshon dit qu'il s'agit en fait d'une bénédiction qui change le destin. Cependant, le verset écrit clairement que cette bénédiction ne s'applique que "bé'artsékha", en terre d'Israël.
Le grand mérite de vivre en terre d'Israël change le destin spécifiquement à cet égard. La raison en est que celui qui vit en terre d'Israël le fait pour se connecter à la Chékhina (voir Kétoubot 110b) et avoir des enfants fait venir la Chékhina, la présence divine d'Hachem, dans ce monde (voir Yébamot 64a), mesure pour mesure, il mérite d'avoir des enfants.

=> Quand une personne respecte la Torah comme il se doit, même si son mazal n'est pas bon, Hachem trouve le moyen de lui envoyer ce dont il a besoin sans changer son mazal.

Mélanger le lait et la viande

"Ne fais pas cuire un jeune animal dans le lait de sa mère" (Michpatim 23,19)

-> Il faut veiller à ne pas manger du lait et de la viande ensemble : qu'ils soient cuits ensemble ou que l'on mange du lait après la viande, que ce soit au cours du même repas ou au repas suivant sans attendre le temps obligatoire.

Si une personne enfreint ce commandement, pendant 40 jours un dénonciateur (mékatreg) se trouve à ses côtés et lui cause de nombreux malheurs, faisant adhérer à elle de nombreuses forces du mal (klipot).
Pendant ces 40 jours, elle est poursuivie par un esprit de l'Autre Côté (sitra a'hra).

Tout enfant né pendant cette période est en danger de mort. En effet, "D. a fait l'homme à Son image" (Béréchit 9,6), et cette personne souille son corps et sa bouche d'aliments interdits, causant l'éloignement de l'image Divine.

'Hanania, Mikhaël et Azaria purent échapper à de nombreux malheurs grâce à leur abstention de tout aliment interdit.
En effet, Névou'hadnézar servait à magner des aliments interdits, et il tenait que l'on serve à chaque repas du lait avec de la viande.

Daniel, particulièrement vigilant sur ce point, mérita d'être sauvé de la fosse aux lions.
[cf. Daniel 1,8 : "Daniel prit la résolution de ne pas se souiller par les plats du roi et le vin qui lui servait de boisson; il insista donc auprès du chef des eunuques pour n'avoir pas à se souiller. "]

=> Comme il scella sa bouche pour ne pas consommer de nourriture non cashère, Hachem scella la bouche des lions pour les empêcher de lui faire du mal (Daniel 6,23).
En effet, les animaux sauvages ne peuvent attaquer l'homme à moins que l'image Divine ne l'ait quitté et qu'il ressemble à un animal.

[d'après le Méam Loez - Michpatim 23,19]

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-> "Ne cuis pas le chevreau dans le lait de sa mère" (Michpatim 23,19)

-> La Torah interdit de cuire la viande avec le lait, de manger et profiter de cette cuisson. Nos Maîtres ont interdit aussi de manger le lait après la viande, même sans recourir à une cuisson. Mais l'inverse est autorisé, à savoir la consommation de viande après le lait, après s'être nettoyé la bouche et les mains.

Tout cela a un sens profond. La viande représente l'attribut de rigueur. Alors que le lait représente l'attribut de bonté. Hachem a créé le monde avec le Nom Elokim (l'Attribut de Rigueur) ; on peut constater que le monde est rempli de rigueur. Mais l'objectif est d'adoucir cette rigueur en faisant dominer la bonté sur elle.
Tel est l'objectif de toutes les mitsvot : dévoiler la Bonté Divine pour adoucir la Rigueur. En revanche, quand c'est l'inverse qui se passe, que la rigueur prend trop de force jusqu'à dominer la bonté, alors cette rigueur devient ce que l'on appelle le "Mal". Certes, la rigueur est nécessaire dans le monde, mais lorsqu'elle est adoucie par la Bonté. Trop de bonté sans aucune rigueur mène aussi à un déséquilibre néfaste, car ce serait la porte ouverte à toutes les pulsions et à toute permission. La rigueur doit cadrer cette bonté pour ne pas qu'elle soit débordante. Mais une fois cadrée et préservée de toute dérive, c'est la bonté qui doit dominer.

La Torah interdit de cuire la viande dans le lait ni de la consommer ou profiter d'une telle cuisson, pour ne pas que la rigueur se renforce sur la bonté. C'est pourquoi, la Torah appelle ici la viande par le nom de "chevreau", de la famille du bouc, allusion au bouc pour Azazel, qui incarne les forces du Mal. Car lorsque la rigueur domine, c'est alors le renforcement du "Mal".
Ainsi, les Sages ont ajouté l'interdiction de manger du lait après la viande, mais pas l'inverse. Car selon le principe Halakhique, "ce qui est en-dessous domine". Ainsi lorsque l'on mange d'abord de la viande, puis ensuite on ingurgite du lait, la viande se trouvant sous le lait, dominerait. Ainsi la rigueur dominerait sur la bonté, D. Préserve.
L'inverse n'est pas interdit car lorsque le lait est consommé en premier, il se retrouve en dessous de la viande, et dans cette position, il prédominera sur la viande. Ce qui n'est donc pas problématique.
[d'après les Mékoubalim]

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-> Selon Rabbi Ichmaël : "La Torah mentionne par trois fois l'interdit de faire cuire le chevreau dans le lait de sa mère, pour nous apprendre qu'il existe trois interdictions relatives au lait et à la viande : l'interdit de les consommer ensemble, l'interdit d'en tirer profit et l'interdit de les cuire ensemble" (guémara 'Houlin 115b).
C'est ainsi que rabbi Yossef Caro (Choul'han Aroukh Yoré Déa - siman 87,1) tranche ainsi la halakha.

-> Le Chlah hakadoch (Torah Ohr) écrit au nom du Mékoubal Rabbi Mena'hem Rekanati que la raison de l'interdiction de la consommation de viande avec des produits laitiers : la viande, qui est rouge, relève de la rigueur, et le lait, qui est blanc, relève de la bonté et il ne convient pas de les mélanger.
En effet, il est explicitement souligné dans le Zohar (Béréchit 49b) que la couleur blanche est une émanation du 'Hessed (bonté) tandis que la couleur rouge est une émanation de la stricte rigueur (din).

En effet, sache que la bonté est appelée 'halav (lait), tandis que l'attribut de rigueur est appelé bassar (viande) ... et dans le cas où une personne consommerait de la viande dans du lait, il renforcerait le flux de rigueur dans le monde et son emprise sur la bonté. [séfer haPlia p.33]

-> Le Ben Ich 'Haï (chana chénia - paracha Béhaaloté'ha) enseigne :
"A ce sujet, les Mékoubalim ont décrit la raison de cet interdit de consommer de la viande avec du lait : parce que la viande est le secret de la rigueur tandis que le lait est le secret de la miséricorde ... Ainsi, leur mélange est interdit tout comme il est interdit de se revêtir de chaatnez qui est un mélange de rigueur et de la bonté, qui n'est pas mesuré et pas estimable comme il convient pour être appliqué, d'après le secret de l'adoucissement."
En effet, leur mélange donne l'opportunité à la stricte rigueur de dominer l'attribut de 'Hessed dans le monde, que D. préserve.

"Celui qui acquiert un esclave hébreu s'acquiert un maître à lui-même"
[guémara Kidouchin 22a]

-> Pour illustrer un peu ce respect à témoigner à un esclave juif, on peut citer :
"Il est interdit d'humilier un esclave juif ou même de l'appeler "esclave".
C'est pour cette raison que la Torah dit : "Si tu achètes un esclave hébreu ..." = bien que cet homme ait été acheté comme esclave, c'est un hébreu qui doit être traité en tant que tel.
Il est interdit de l'humilier.

Le maître n'a pas le droit de consommer les meilleurs plats et boissons et de servir à son esclave les plus grossiers.
Un esclave juif doit manger la même nourriture que son maître : la même qualité de pain, le même vin, ...

La même règle s'applique à sa literie, ses habits, ses habits et ses vêtements de nuit.
La chambre de l'esclave doit être aussi confortable que celle de son maître."

[Méam Loez - Michpatim 21,2]

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-> "Car il (le serviteur juif) est heureux chez toi (le maître)" (Rée 15,16)
Ce verset enseigne que le serviteur juif doit manger et boire comme son maître : ce dernier ne doit pas manger du pain blanc alors que son serviteur mange du pain noir ; le maître ne doit pas boire du vieux vin alors que son serviteur boit du vin jeune ; le maître ne doit pas dormir sur un matelas moelleux et son serviteur sur de la paille.
Nos Sages en déduisent qu'acquérir un serviteur juif équivaut à se donner soi-même un maître.
[guémara Kidouchin 22a]

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-> "Quiconque acquiert un esclave juif s'acquiert en fait un maître" (guémara Kidouchin 20a)

Le 'Hatam Sofer ('Hidouchim Yébamot 71b) explique que cette halakha démontre bien plus que la qualité de bienfaisance ; elle renforce dans l'esprit du maître que tous les hommes sont égaux aux "yeux" de Hachem. Il ne doit pas considérer son esclave comme sa propriété, mais comme un pensionnaire.

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=> Pourquoi Hachem a-t-Il décrété tous ces avantages pour le serviteur juif?

-> Le Ben Ich 'Haï enseigne :
Il est difficile d'admettre que si le maître possède un seul objet non partageable, c'est son serviteur juif qui en bénéficiera et le maître de cet objet en sera privé.
Quelle était donc l'intention d'Hachem en demandant au maître : que ton serviteur n'ait pas moins que toi, mais au moins autant que toi, ou plus parfois?

En réalité, c'est pour le bien du maître qu'Hachem a pris ce décret.
En effet, dans tout juif (et même dans ce serviteur juif - éved ivri), est imprimé un refus d'être le serviteur d'un autre être humain (même juif), car il est naturellement un serviteur de D. (éved Hachem).
Si son maître ne le gâtait pas, au point que ce serviteur se sente égal ou supérieur à son maître, devenant ainsi apparemment le "maître" de son maître, il n'aurait pas pu le servir.
Ainsi, le décret d'Hachem, relatif au serviteur juif, témoigne que ce dernier n'est pas un véritable serviteur/esclave, bien qu'il serve son maître, et c'est pourquoi il est prêt à le servir.
[Ben Ich 'Haï - guémara Kidouchin 22a]

"Ne laisse pas vivre une sorcière" (Michpatim 22,17)

-> En réalité, la sorcellerie ne peut faire aucun mal à moins que la Providence n'ait décidé que la personne devait le subir de toute façon.
Si une personne est méritante, la sorcellerie ne peut avoir d'effet sur elle.
Cependant, la Torah condamne la sorcellerie, elle amène le mal sur un homme avant le temps décrété et transgresse ainsi la volonté Divine.
[...]

Selon le Rambam, quiconque croit en ces pratiques, les juge efficaces et porteuses de sagesse mais s'en abstient parce que la Torah les interdit, manque d'intelligence. Un homme réellement sage comprend et sait qu'elles ne valent strictement rien.
La Torah les interdit seulement pour que les gens ne perdent pas le temps qu'ils pourraient consacrer à la poursuite de bénéfices spirituels ...

Selon le Ménorat haMaor, si un homme perd son temps à ces sottises, il perd la foi en Hachem. Ces forces ont alors prise sur lui et peuvent le nuire, non parce qu'elles sont réellement efficaces, mais à cause de sa faute.
Un homme perdant la foi en D. éprouve des craintes, et ce sont elles qui peuvent lui causer du tort.
Voilà pourquoi ces pratiques n'ont absolument aucun effet sur un homme réellement juste.
[...]

La guémara (Sanhédrin 67b) rapporte qu'un sorcier essaya un jour de prendre de la terre sous les pieds de rabbi 'Hanina afin de lui jeter un sort.

Rabbi 'Hanina dit : "Si tu y arrives, fais ce que tu voudras.
Mais la Torah dit : "Il n'y a nul autre que Lui" (Dévarim 4,39). Il n'est pas d'homme qui puisse faire du mal à un autre même si les 2 sont voisins. Si Hachem aime un individu, personne ne parviendra à lui causer de tort. Si tu réussis à me nuire, c'est par l'effet d'un décret divin et non par ton pouvoir."

Rabbi 'Hanina était un tsadik parfait et pouvait donc avoir foi en Hachem et ne craindre aucun mal.
[...]

Chimon ben Chéta'h pendit 80 sorcières à Ashkélon.
Il fit alors 3 choses contraires contraires à la loi juive :
1°/ il les tua par pendaison, tandis que la peine prescrite pour la sorcellerie est la lapidation ;
2°/ lorsque la pendaison est requise, la loi juive permet qu'elle soit appliquée aux hommes mais pas aux femmes : pendre une femme n'est pas convenable.
3°/ Le Sanhédrin ne doit pas mettre à mort plus d'une personne par jour. Ici, 80 femmes ont été pendues en une seule fois.

=> Ceci nous montre que les sorciers doivent être éliminés aussitôt que possible. [Imré Noam ; Panéa'h Raza]

La peine prescrite pour la sorcellerie est plus sévère que celle requise pour les autre péchés.
Pour les délits autres que la sorcellerie, si le Sanhédrin ne condamne pas à mort le coupable, il a négligé le commandement positif : "Tu élimeras le mal du milieu de toi" (Dévarim 13,6), mais il n'aura pas transgressé de commandement négatif.
Par contre, si le tribunal n'exécute pas un sorcier ou une sorcière, il aura transgressé le commandement négatif : "Ne laisse pas vivre une sorcière" (Michpatim 22,17).

[Méam Loez - Michpatim 22,17]

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-> La sorcière, tu ne la laisseras point vivre" (מְכַשֵּׁפָה לֹא תְחַיֶּה - Michpatim 22,17)

-> "Pourquoi les sorcières sont appelée Méchashéfot (מְכַשֵּׁפָות)? car elles renient (Mach’hish - מכחיש) la cour céleste" [guémara Sanhédrin 67b]

-> Le Ben Ich 'Haï (Ben Yéhoyada) explique :
Il faut comprendre de cette guémara que l’essence de la sorcellerie est de renier la cour céleste mais pas de renier le Créateur du Monde. La force de la sorcellerie vient aussi de la Volonté Divine et ne combat pas la toute puissance d’Hachem.
Il nous faut comprendre qu’à la création du monde, Hachem a placé des Mémounim, des anges préposés à chaque création. Ces anges s'étaeint purs et ne faisait que la volonté du Créateur. Quand Adam Harishone à fauté avec l’arbre du bien et du mal, il a mélangé ces deux concepts et c’est à cause de cette faute, dont les répercutions se sont ressenties dans toute la création, qu’a commencé à régner une nouvelle force, celle de la Sitra A’hara (l’autre coté, le Yetser Hara). Et cette force du mal est du niveau de ces préposés (évidement pas du tout de celle d’Hachem) c’est pour ça qu’elle parvient à détourner leurs forces. Elle détourne donc la fonction première des ces anges préposés, qui sont la cour céleste, mais ne contredit pas du tout la source et la provenance de leur puissance qui est le Créateur lui-même.
C’est aussi pour cela, au fur et à mesure que nous nous approchons de la venue de machia’h, et que la Sitra A’hara perd de pus en plus de ses forces, que la sorcellerie tend à disparaître ainsi que l’action visible des démons.

"Qui frappe un homme et le tue sera mis à mort.
S'il n'avait pas l'intention de tuer [sa victime] mais que D. l'a occasionné, Je désignerai pour toi un endroit où [le meurtrier] pourra trouver refuge" (Michpatim 21,12-13)

=> Si l'homicide n'avait nulle intention de tuer la victime, pourquoi Hachem provoque-t-Il des événements conduisant à la mort d'un innocent?

-> Admettons que 2 hommes aient commis un crime.
Le 1er est coupable d'un meurtre (homicide volontaire) sans témoins.
Le 2e a été tué involontairement, sans témoin non plus.
Puisque le tribunal ne peut imposer de peine en l'absence de témoins oculaires, le 1er meurtrier n'est pas exécuté et le second n'est pas exilé.

On pourrait penser que tous 2 échapperont à la punition.
La Torah nous apprend donc que Hachem organisera les circonstances nécessaires à leur châtiment.
[Par exemple,] Il peut les faire se rencontrer dans un hôtel : le meurtrier (intentionnel) est assis sous une échelle que gravit le criminel involontaire. Hachem fait que ce dernier tombe accidentellement de l'échelle et s'abatte sur le meurtrier, le tuant ainsi en présence de témoins.

De cette façon, tous 2 reçoivent le châtiment qu'ils méritent : le meurtrier (volontaire) est tué tandis que le criminel involontaire reçoit sa peine d'exil appropriée.
La justice Divine s'est donc accomplie.
=> La Torah dit donc littéralement : "Hachem a amené [la victime] dans la main [du meurtrier involontaire]" = puisque la victime mérite la mort, Hachem la suscite de cette manière.

Le roi Salomon dit : "Certains sont emportés [du monde] sans jugement" (Michlé 13,23)
Dans certains cas, un homme peut être exécuté pour un crime sans condamnation formelle au tribunal.
Nous voyons un homme apparemment innocent tué par accident ; c'est que Hachem le punit pour un meurtre passé.
Cet acte ayant été perpétré sans témoins, le coupable n'a que momentanément échappé à la punition. Hachem finit [toujours] par châtier le crime au moment qu'Il choisit.

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=> On pourrait s'interroger : l'homicide involontaire mérite dès lors 2 peines d'exil : l'une pour sa 1ere victime et l'autre pour l'accident plus récent. Pourquoi le laisser s'en tirer avec une seule?

En réalité, le meurtrier ne mérite pas de peine pour le 2e accident .
Sa victime méritait d'être tuée de toute façon pour le meurtre qu'il a perpétré.
Etant donné qu'il n'y avait pas de témoins et que personne n'était peut-être même au courant, l'assassin ne pouvait être exécuté par la justice humaine.
Etant donné que nous ne savons rien de cela, nous condamnons le meurtrier involontaire à l'exil.
Toutefois, Hachem sait qu'il n'est pas puni pour ce crime mais pour le précédent.
[...]

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La loi exige que le meurtrier involontaire demeure dans une ville de refuge jusqu'à la mort du Cohen Gadol. Il lui est interdit de la quitter avant.
["le meurtrier [involontaire] ... [sera conduit] à la ville de refuge ... et il y demeurera jusqu'à la mort du Cohen Gadol" (Massé 35,25)]

=> Cette loi peut sembler très difficile à comprendre car les peines pour un même crime peuvent donc varier considérablement.
En effet, un coupable d'homicide involontaire peut être exilé pour plus de 50 ans jusqu'à la mort du Cohen Gadol tandis qu'un autre peut ne rester dans la ville de refuge que quelques jours avant que survienne la mort du Cohen Gadol. Et pourtant, tous les 2 ont commis le même crime!

La peine réservée au meurtrier (homicide volontaire) étant identique pour tous, il devrait y avoir une sentence d'exil invariable pour les homicides involontaires.

Il existe une différence importance entre un crime accidentel et un meurtre.
Tous les homicides volontaires sont semblables et leurs peines égales.
Le meurtre a été commis intentionnellement mais le tribunal n'a pas les moyens de déterminer l'étendue de la responsabilité du coupable.

Par contre, dans le cas d'un homicide involontaire, les circonstances ne sont pas toujours les mêmes. Parfois, un accident frôle l'acte intentionnel alors que parfois il était absolument inévitable ...

Hachem sait peser les actes et examiner les pensées et les motifs de chacun. De ce fait, Il juge chaque individu comme il le mérite.
S'il n'y avait pas de négligence dans son acte, Hachem le provoque peu avant la mort du Cohen Gadol, infligeant ainsi au coupable une peine courte.
S'il s'agissait d'une négligence, Hachem peut faire que l'homicide se produise juste après la mort du Cohen Gadol, de ce fait le coupable devra attendre très longtemps la mort du Cohen Gadol prochain.
Dans ce cas, la peine est donc plus sévère.

Si un individu commet un crime involontaire sans témoins, le tribunal ne peut le condamner. Hachem fait alors en sorte qu'il tombe sur une meurtrier et le tue en présence de témoins, et ce longtemps avant la mort du Cohen Gadol.
La durée de son exil sera alors si longue que cela est compté comme une double peine.

[compilation issue du Méam Loez - Michpatim 21,6 & 13]

"Il [Hachem] paiera les frais de guérison" (vérapo yérapé - Michpatim 21,19)

Selon la guémara (Baba Kama 85a) : "Ceci nous enseigne que le médecin est autorisé à guérir".

=> Si tel est le cas, comment comprendre l'affirmation de nos Sages : "Le meilleur des médecins est digne du guéhinam" (tov chébérofim léGuéhinam)?

-> Rachi (sur la guémara) donne 2 explications : parfois le médecin refuse de traiter des patients parce qu'ils sont trop pauvres, et également il peut entraîner accidentellement la mort du patient.

-> Le Maharcha suggère que le médecin qui se considère comme : "le meilleur des médecins" sera réticent à demander l'avis, les conseils d'autres confrères, et il sera donc plus enclin à réaliser des erreurs fatales.

-> Le rav Akiva Eiger écrit que pour traiter avec succès un patient, un médecin est souvent obligé d'être "cruel", en coupant le membre touché ou bien en devant mentir au patient à propos de son état, car la vérité peut entraîner sa mort (l'impact du moral sur le développement de la maladie).

La guémara peut se comprendre ainsi : "tov chébérofim" : "le bon (tov) parmi médecins" est : "léGuéhinam" = la bonne attitude (tov) des médecins est de savoir faire ce qui amènerait en Enfer (Guéhiman) une personne ordinaire.
=> Un bon médecin est celui qui sait agir d'une façon mauvaise (mentir, enlever un membre, infliger une douleur,...), afin de guérir son patient.

[un médecin doit savoir être ferme et ne pas écouter le patient qui souhaite un allègement de son traitement, puisque celui-ci est nécessaire à son rétablissement.
De plus, le 'Hozé de Lublin affirme qu'un médecin ne doit jamais désespérer à soigner un patient. En effet, même si d'expérience il se dit que la situation est fichue, il doit continuer à faire son maximum, car c'est uniquement Hachem qui aura le dernier mot.
De nombreuses personnes ont pu vivre longtemps après qu'un médecin ait pu les condamner.
[Selon le Gaon de Vilna, on a donné au médecin la permission de guérir, mais on ne lui a donné aucune permission de désespérer son malade.]

=> "tov chébérofim" : il faut savoir ne pas être trop cartésien (ne pas être trop bon/tov [donc sûr] de sa médecine), et avoir la émouna en Hachem afin de toujours tout tenter pour que le patient vive.]

-> Le Pardess Yossef répond qu'un médecin qui pense que l'issue ne dépend que de ses mains et non d'Hachem, ne va pas prier pour avoir une aide Divine.
C'est ainsi, qu'il va laisser de côté la bénédiction : "réfaénou" (guéris-nous!) présente dans la Amida.
Au lieu de 18 bénédictions (chmoné esré), il n'y en a plus que 17, qui est la guématria du mot : "tov" (טוב - tov ché).

=> "tov chébérofim léGuéhinam" = les médecins qui disent uniquement "tov" (17) bénédictions, se dirigent vers le guéhinam.

-> Selon le Rav David Greenfeld (dans son Binéoth Déché), si on demande aux médecins quelle prière ils adressent à D., quelle sera leur réponse?

Seul un médecin très franc avouera : "Que D. amène beaucoup de malades à mon cabinet!". [c'est mon gagne pain!]
Or, un bon docteur, un professeur de renom, attend des patients sérieux atteints de maladies graves (à l’inverse d’un simple médecin). En effet, c’est grâce à eux, qu’il prouvera ses capacités et accroîtra sa renommée.

=> Dans son subconscient, il désire qu’il y ait beaucoup de malades de ce genre.
C'est pourquoi, il est dit : "le meilleur des médecins est voué au guéhinam".

[d'une certaine façon, que désire [inconsciemment] celui qui se voit comme "le meilleur des médecins"?
= le guéhinam = il aspire à avoir les pires malades (guéhinam), qui vont lui permettre de prouver sa valeur!]

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-> "Celui qui parle du lachon ara sur autrui et qui le frappe de mots difficiles est pire que celui qui frappe physiquement son prochain.
Car lorsque quelqu'un est touché physiquement, il y existe un remède à ses blessures : "Il [Hachem] pourvoira à la guérison" (Michpatim 21,19).

Mais lorsque quelqu'un frappe autrui par de la violence verbale et du lachon ara, il n'a réellement pas de remède pour cet abus."
[rav Yonathan Eibschutz]

[d'une certaine façon, plus une personne minimise les dégâts causés par une mauvaise utilisation de la langue, plus elle se considère comme un bon médecin : "ça va c'est rien, c'est pas quelques mots qui vont la blesser!".
Plus elle est destinée au Guéhinam, car le lachon ara entraîne des conséquences des plus catastrophiques!]

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-> b'h, également sur ce verset : https://todahm.com/2018/02/20/6099

"Si tu vois l'âne de celui que tu hais ployant sous sa charge, t’abstiendrais-tu de l'aider? Tu dois assurément l'aider [à décharger] avec lui." (Michpatim 23,5)

-> Parmi les 53 mitsvot de la paracha michpatim, il y a les 2 suivantes (cf. Rambam - Hilkhot Rotséa'h 13,12) :
- aider le propriétaire d'un animal à recharger le contenu qui est tombé du dos de la bête ;
- assister le propriétaire à décharger sa bête ployant sous une charge trop lourde, n'arrivant pas à se tenir debout.

S'il se présente les 2 situations, nous devons donner priorité à décharger l'animal en souffrance, et seulement ensuite charger l'autre animal.
De plus, nous pouvons demander à être payé pour le chargement, mais pas pour le déchargement (cf.Choul'han Arou'h - 'Hochen Michpat 272,6)

-> La guémara (Baba Métsia 32b) aborde la problématique suivante : nous avons l'animal d'un ami qui ploie sous son fardeau, tandis qu'au même moment l'animal d'un ennemi a besoin d'être chargé. Qui a priorité?

La guémara répond que nous devons plutôt aider l'animal de notre ennemi : "afin de soumettre son yétser ara".

Le Ritva explique que maîtriser son inclinaison à détester son prochain juif est tellement important que cela prend priorité même sur l'obligation de la Torah d'éviter de causer de la peine inutile à une créature vivante.

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-> La guémara (Pessa'him 113b) s'étonne : est-il permis de détester son prochain juif?

Elle explique qu'il s'agit de celui qui a été l'unique témoin d'un autre juif qui a réalisé une sérieuse faute et qui ne peut pas témoigner contre lui (il faut au moins 2 témoins), il lui est permis de le détester pour ce qu'il a fait.

Les Tossafot demandent : Si la haine est permise, pourquoi est-il nécessaire de soumettre son yétser ara pour ne pas détester?

Les Tossafot répondent que certes un juif peut parfaitement justifier sa haine d'un fauteur, mais néanmoins il est écrit : "Comme dans l'eau le visage répond au visage, ainsi chez les hommes les cœurs se répondent" (Michlé 27,19).

Selon ce principe : notre haine justifiée va entraîner le développement d'une haine similaire chez l'auteur de la faute ("les cœurs se répondent").
Cela va causer une escalade de la haine, ce qui n'est pas permis selon la loi juive, et c'est pourquoi le chargement de l'animal de son ennemi est prioritaire sur le déchargement de l'animal d'un ami qui souffre sous le poids de sa charge.

-> "Si quelqu'un désire développer son amour pour une autre personne, il doit s'efforcer de faire des actes de bonté à cette personne."
[Dérekh Erets Zouta - 2]

Le rav Avraham Pam dit que cela permet d'effacer tout mauvais sentiment que l'on peut avoir envers son prochain.
[ce principe que l'amour se développe en fonction des bontés que nous faisons pour autrui, s'illustre pleinement dans la relation parents-enfants, les parents ayant toujours beaucoup plus d'amour pour leurs enfants, que l'inverse!]

Le rav Pam enseigne que si l'on ressent qu'il commence à avoir des fissures dans notre shalom bayit, et que nous souhaitons éviter qu'elles ne se développent davantage, plutôt que de ne rien faire en attendant que notre conjoint fasse des excuses, nous devons plutôt lui acheter un cadeau ou bien lui faire une faveur.
En effet, ce geste de bonté, mineur en apparence, va permettre de retirer les sentiments de colère, la rancœur qui commence à s'installer.

Plutôt que de dire : "qu'est-ce qu'on peut y faire si on ne s'aime pas, c'est comme ça!", plutôt que de permettre une escalade de la haine, utilisons cette astuce de nos Sages : les actes d'amour font disparaître la haine! ("les cœurs se répondent").

[Source : adapté d'un divré Torah du rav Avraham Pam (donné en 1983 sur Michpatim)]

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-> Sur ce verset, il est écrit dans le Méam Loez (Michpatim 23,5) :

Le midrach Tan'houma raconte que 2 ennemis jurés marchaient sur une route.
Au cours du voyage, le fardeau porté par l'un de leurs ânes tomba.
Afin d'accomplir le commandement de la Torah, "l'ennemi" courut aider le propriétaire du fardeau tombé à le recharger.
Ce dernier se mit à réfléchir : "Je me trompais à propos de cet homme. J'ai toujours pensé qu'il était mon ennemi, or voici qu'il est venu m'aider à recharger mes paquets".
C'est ainsi que peu à peu, les 2 hommes entamèrent une conversation.
Lorsqu'ils arrivèrent à l'auberge, ils mangèrent, burent ensemble et devinrent de bons amis.

Cette amitié fut le résultat de l'accomplissement du commandement de la Torah. Il est écrit : "Ses voies sont des voies agréables et touts ses chemins sont paix" (Michlé 3,17).
Les commandements servent à apporter la paix entre les hommes.

La guémara dit que les commandements de décharger et de charger n'incombent à une personne que si le fardeau se trouve à moins de 266 2/3 coudées d'elle. Si l'animal ou la personne à charger (ou à décharger) est plus éloignée, on est dispensé de ces commandements. ['Hochen Michpat 272,5 (d'après guémara Baba Métsia 33a, Tossafot sous Vézéhou)]

Rabbi David Oppenheimer donne la raison suivante à cette distance particulière :
Selon la loi, une personne qui trouve un objet dans les 4 coudées autour d'elle et autorisée à en prendre possession. [guémara Baba Métsia 10a]
Il en est de même d'une bonne action. Nous voyons que dans le Temple, les Cohanim parcouraient au pas de course la pente de l'autel et le 1er à arriver à 4 coudées du sommet acquérait le privilège d'accomplir le service. [guémara Yoma 22a]
La raison en est que Jérusalem n'a pas été partagé par tirage au sort lors de la répartition de la terre sainte aux tribus, cette ville demeura la propriété commune de tout le peuple. [guémara Baba Kama 82b]
Par conséquent, pour qu'un commandement soit dans le domaine privé d'un homme, il doit se trouver dans ses 4 coudées.

Il est également important de savoir que la taille humaine est de 3 coudées.
[une coudée se mesure du coude jusqu'au bout des doigts,] et une personne mesurée avec son propre bras fait 3 coudées de haut, ni plus ni moins.

Hachem dit : "Je vous amènerai redressés" (Vayikra 26,13).
Nos Sages interprètent ce verset en affirmant que dans le futur (léatid lavo), un être humain mesurera 200 coudées de haut.
Par conséquent, dans le futur, une coudée représentera 66 2/3 de nos coudées actuelles. Lorsque nous multiplions ce chiffre par 3, cela fait 200.

Dans le futur, 4 coudées représenteront donc 266 2/3 coudées d'aujourd'hui.
Par conséquent, nos Sages décrétèrent que telle est la distance à parcourir pour aider à charger ou à décharger un animal.
Cela peut sembler une grande distance mais selon les mesures du futur, cela représentera la taille d'un homme, il lui incombera donc dès aujourd'hui ce commandement.
Cependant, si l'animal est plus éloigné que cela, on est dispensé des commandements de le charger et de le décharger comme on le sera dans le futur.

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-> La michna nous enseigne le cas d'un propriétaire d'un âne qui est assis sur le bas-côté et déclare : "Puisqu'une mitsva t'incombe de m'aider, tu n'as qu'à décharger l'âne tout seul!"
La michna (Baba Métsia 32a) répond : "Cet homme est quitte car ce commandement ne lui incombe que si son propriétaire l'aide "avec lui"."

Nous apprenons de cet enseignement qu'il y a une mitsva d'aider son prochain à partir du moment où celui-ci produit l'effort nécessaire pour s'aider lui-même, comme il est écrit : "Tu l'aideras avec lui" (Michpatim 23,5).
Mais si le propriétaire de l'âne ne fournit pas l'effort de décharger lui-même son propre âne, nous n'avons alors aucune obligation de l'aider.

Il en est de même dans notre combat contre le mauvais penchant. Si le "propriétaire de l'âne", soit l'homme et sa tendance au mal, ne veut pas combattre son penchant, Hachem ne l'aidera pas et il tombera entre les mains du mal.
Par contre, lorsque l'homme fait ce qui est en son pouvoir pour se battre contre son mauvais penchant, alors c'est comme si Hachem accomplissait la mitsva de "tu l'aideras avec lui". Il lui donne la force pour le dominer.
[Tsor ha'Haïm - Chémot 4,17]

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-> "Si vous voyez l’âne de quelqu’un que vous détestez accroupi sous son fardeau, vous devrez l’aider" (עזב תעזב עמו
- Michpatim 23,5).
Puisque עזר est le terme le plus courant pour l’aide, pourquoi le mot עזב est-il utilisé?

En plus de signifier "aide", le mot עזב signifie aussi "abandonner, quitter".
Le rav Moché David Valli (1697-1777) explique qu’il peut donc être interprété comme le fait de laisser derrière soi toute négativité, toute antipathie et hostilité.
Ensuite, on peut alors vraiment aider l’autre personne.
Que se passe-t-il lorsque l’on fait fi des fautes d’autrui en les laissant en retrait? עמו תעזב = Hachem nous traitera de la même façon, mesure pour mesure.

-> Un homme sage dit un jour : "Je ne pardonne pas aux gens parce que je suis faible mais je leur pardonne parce que je suis assez fort pour savoir que les gens font des erreurs."
-> Un Roch Yechiva fit remarquer : "Ne haïssez pas votre voisin parce qu’il a des défauts différents des vôtres."

"Et voici les ordonnances (michpatim) que tu placeras devant eux" (Michpatim 21,1)

-> Selon Rachi, l'utilisation du terme : "véélé" (ét voici) indique qu'il y a un lien entre ce chapitre qui traite essentiellement des lois civiles (entre l'homme et son prochain), et le précédant qui rapporte les 10 Commandements et les lois concernant l'Autel (majoritairement la relation entre l'homme et D.).
De même que ce qui précède a été proclamé au Sinaï, de même "celles-ci" ont-elles été proclamées au Sinaï.

Rachi continue : Pourquoi les lois civiles font-elles immédiatement suite à celles relatives à l’autel?
Pour te dire que tu devras installer le Sanhédrin près du sanctuaire.

-> Le Sanctuaire et le Sanhédrin partagent un résultat similaire.
Le Sanctuaire/Temple amène la paix et l'harmonie entre le peuple d'Israël et Hachem par les sacrifices qu'ils y amènent et l'expiation qui en résulte. [relation ben adam lamakom]

Le Sanhédrin apporte la paix entre un homme et son prochain, en jugeant équitablement leurs différents. [relation ben adam la'havéro]
[le Har Tsvi]

-> Dans la paracha suivante, il est écrit : "Ils Me feront un Sanctuaire, et je résiderai parmi d’eux" (Térouma 25,8)

Rabbi 'Haïm de Volozhin (Néfech ha’Haïm 1,4) explique que par "résider en eux", Hachem veut dire aux juifs qu’Il résidera à l’intérieur de chacun d’eux : "car par vos actes, vous pouvez vous transformer et devenir la copie exacte de ce Sanctuaire et de ses composants".

A ce sujet, le rav Leiby Burnham dit : de même que le Temple avait son tribunal des affaires entres les hommes (Sanhédrin) juste à côté de l'Autel (sacrifices pour Hachem), de même nous devons construire en nous par nos actions, ces 2 composants d'égale importance.

-> Le rav Israël Salanter a durant toute sa vie témoigné de l'importance de ce message : les mitsvot envers Hachem et celles envers notre prochain sont aussi importantes, car provenant toutes du même D.

[la différence est que nous n'avons pas de concurrence d'égo avec Hachem (puisque comprenant qu'Il est hors catégorie), tandis qu'avec autrui ce n'est pas le cas (même perdre 1 centime peut devenir toute une affaire, par principe, par égo!)

Nous devons être autant vigilants dans ces 2 types de mitsvot, voir bien davantage avec notre prochain, car Hachem est facile à pardonner (téchouva sincère), mais ce n'est pas le cas avec autrui, où le pardon peut être impossible (ex: on ne retrouve plus cette personne, ou bien autrui ne veut pas pardonner).]

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-> La réalisation de toute la Torah dépend des lois monétaires, et selon le midrach rabba, la Torah n'a été donnée qu'à la condition que le peuple juif mette en place un système judiciaire.
Pourquoi cela?

Il arrive parfois de voir de jeunes enfants qui excellent dans leur étude de la Torah et dans la prière. Cependant, en grandissant ni ils étudient, ni ils prient.
Cela est possible car ils ont été nourris par de l'argent qui avait été volé à d'autres.
En mettant ces aliments volés dans leur bouche, cela a développé en eux l'envie de courir après leurs désirs et d'avoir de mauvais traits de caractères.
[le Agra déPirka - au nom de Rabbi Mendel de Riminov]

=> Rabbi Moché Teitelbaum (Béra’h Moché) conclut : C'est pourquoi les lois monétaires sont si essentielles à la Torah, car si quelqu'un se nourrit à partir d'argent volé, il finira par perdre son lien avec la sainte Torah.

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-> Rabbi Ména'hem Mendel de Kotzk enseigne :
"Pourquoi est-ce la Torah aborde les mitsvot entre l'homme et son prochain, immédiatement après avoir rapportée le don de la Torah au mont Sinaï?

Nos Sages disent : "le déré’h érets précède la Torah" (Tana déBé Eliyahou 1,1).
De la même manière qu'une préface permet d'en apprendre plus sur le contenu d'un livre, de même nous pouvons savoir combien de Torah une personne a en elle, en observant sa façon de se comporter avec ses prochains."

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+ "Et voici les ordonnances que tu placeras devant eux" (véélé amichpatim achèr tachim lifné'ém - Michpatim 21,1)

-> Il y a 5 mots dans ce verset, en allusion au fait que lorsqu'un juge rend un vrai jugement, c'est comme s'il avait accompli l'ensemble des 5 livres de la Torah.
[Rokéa'h]

-> La paracha s'appelle Michpatim (les ordonnances) car comme le Zohar le dit, le mot "michpat" implique de la miséricorde.

Le peuple d'Israël sont les enfants de Maître du monde.
Tous les jugements et les souffrances sont là pour guérir l'âme.
A l'image d'un médecin qui va couper la chair, causant beaucoup de douleur et de souffrance dans un but de guérir une personne et de lui permettre de rester en vie.
De même, un père peut en arriver à frapper son enfant, uniquement par amour, afin de le guider dans le bon chemin.
[Rabbi Tsadok haCohen - Pri Tsadik]

-> "Puisque Hachem ne désire que le bien, et qu'Il aime Sa Création comme un père aime ses enfants, il est est souvent nécessaire de discipliner les enfants pour leur bien ultime.
Les punitions de Hachem ne proviennent pas d'une vengeance haineuse, mais plutôt de la discipline d'un Père aimant."
[Ramh'al - Déré'h Hachem - part.2 - 8,1]

[Rien ne peut nous arriver si Hachem n'en a pas donné Son accord. C'est pourquoi, lorsque nous sommes confrontés à un jugement, à une souffrance, nous devons accepter qu'à l'origine il y a Hachem, un Père plein de compassion (michpatim).]

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-> "Tu placeras devant eux", Rachi commente : Et non devant les idolâtres, et même si tu sais pertinemment, à propos d’un procès, qu’ils le jugeront comme le feraient les juges d’Israël, ne le présente pas devant leurs tribunaux! Car celui qui saisit les païens des procès d’Israël profane le Nom de D. et rend hommage à celui des idoles

-> Lorsque les juifs jugent, Hachem se tient parmi eux et les guident afin de rendre le meilleur jugement.
Même si les juges ne sont pas des experts (moum'him), mais uniquement 3 individus ordinaires (ayant suffisamment étudié pour être nommés juges), ils sont quant même cashers pour juger les cas car ils méritent que la Présence Divine soient avec eux (guémara Sanhédrin 2b).
Il est ainsi certain que Hachem va orienter les juges pour qu'ils fixe un jugement correct et juste.

En revanche, lorsque les autres nations du monde sont assises en jugement, même s'il y a les plus grands experts, Hachem n'est pas avec eux et ils peuvent ne pas parvenir au bon jugement.

=> C'est une raison pour laquelle un juif ne doit pas amener un autre juif dans un court de justice non-juive.
[Rabbi Moché Teitelbaum - Béra’h Moché]

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-> "Même si tu penses que le juge a rendu un mauvais jugement contre toi, ne le maudis pas, car une personne est aveugle à ses propres défauts." (Sforno - Michpatim 22,27)

[de même que nous sommes aveugle face à l’immensité de D., de même nous sommes aveugles face à nos propres défauts. Dans nos relations avec Hachem et avec notre prochain, nous devons accepter de ne pas tout comprendre.]

-> "Toutes les 613 mitsvot sont incluses dans les 10 Commandements" (Rachi - Michpatim 24,12)
[les lou'hot sont un tout composé de 2 parties indissociables : envers Hachem et envers autrui. ]

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-> "Le monde se maintient grâce à 3 choses : la loi, la vérité et la paix" (Pirké Avot 1,18).
- La loi dépend du juge = il doit trancher équitablement et détecter le mensonge.
- La vérité repose sur les témoins = tenus de ne pas porter de faux témoignages.
- La paix dépend des parties en litige = qu'un individu soit condamné ou disculpé, il doit accepter le verdict de bon gré.
Ainsi cesse la discorde et les 2 parties peuvent quitter le tribunal (beit din) comme si elles n'avaient jamais eu de différend.

Sans lois sociales, la civilisations cesserait d'exister. Le plus fort dominerait le faible et chacun utiliserait la force pour s'emparer des biens d'autrui.

Si ces 3 piliers du monde n’existaient plus (la loi, la vérité et la paix), le monde cesserait d’exister.
Par conséquent :
- lorsqu’il maintient la loi, la vérité et la paix, le juge est l’associé de Hachem dans la perpétuation de l’univers.
- lorsque les plaignants acceptent de bon gré la décision du juge, qu’elle soit en leur faveur ou non, eux aussi sont considérés comme les associés de Hachem dans la Création.
[…]

Les juges constituent un corps législatif appelé le Sanhédrin. Le mot Sanhédrin peut être compris comme une abréviation des mots : "soné daron", qui signifie : "qui déteste les cadeaux".
Lorsqu’un homme possède ce trait de caractère, la seule chose qu’il juge importante est la vérité.
[…]

Jérusalem ne sera reconstruite que grâce à la justice, comme il est écrit : "Sion sera racheté par la justice" (Yéchayahou 1,27).
Hachem désire la justice davantage que les sacrifices.
[…]

Le verset dit : "La force du Roi réside en ce qu'Il aime la justice" (Téhilim 99,4).
Hachem aime ceux qui rendent la justice.
La Torah ne fut donnée uniquement pour que la justice soit établie. Sinon, chacun agirait à sa guise sans craindre personne.
Peu à peu, le peuple commettrait de nombreuses fautes et la Torah serait oubliée.

[compilation personnelle du Méam Loez (Yitro 18,14 & 21-22 & Michpatim 21,1]

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"Et voici les lois que tu placeras devant eux" (Michpatim 21,1)

-> Le terme "lois" (michpatim) peut aussi se traduire par "jugements" et les termes "devant eux" (lifné'hem) peuvent aussi se traduire par "avant eux".
Ainsi, ce verset se transcrira ainsi : "Voici les jugements que tu placeras avant eux". En effet, il peut arriver que l'homme ne comprenne pas les jugements et la justice d'Hachem. Il peut même trouver Ses Décisions injustes.
Dans ce genre de cas, la compréhension des Jugements Divins peut apparaître par la connaissance de tout l'historique des âmes. D'après la tradition, la réincarnation existe. Ainsi, une âme qui a commis une faute dans une vie, devra parfois trouver sa réparation dans une prochaine vie.
On peut parfois trouver ce qui lui arrive alors d'injuste. Mais en réalité, il vient réparer par cela une vie passée. C'est là que se trouve la justice.
Cela est en allusion dans ce verset : "Voici les jugements" = les Jugements d'Hachem peuvent parfois se comprendre que quand "tu placeras avant eux", quand tu connaîtras l'histoire des âmes "avant eux", dans une vie précédente.
[Divré Yé'hezkel]

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-> La paracha Michpatim commence par une énumération d’un grand nombre de mitsvot qui concernent les relations entre l’Homme et son prochain (ben adam la'havéro). Ces Lois traitent surtout des litiges financiers. Et quand
bien même ceux-ci sont jugés dans les tribunaux des non-juifs, ce n’est que les Juges d’Israël qui arbitreront de telles discordes. En effet, ces Lois somme toute compréhensibles par l’esprit (Michpatim) sont d’origine divine, tout comme le sont les 10 Commandements.
Ainsi, Rachi rapporte que le premier mot de notre Paracha est : "véélé" (ואלה) et non : "élé" (אלה) (la présence de la lettre "vav" implique une relation avec ce qui précède), pour nous enseigne : "De même que les premiers (les 10 Commandements) ont été proclamés au Sinaï, de même celles-ci (les Michpatim) ont-elles été proclamées au Sinaï".

Ainsi, pouvons-nous comprendre l’approche très mystique du Zohar vis-à-vis de ces Lois : "Voici les Lois (ואלה המשפטים) [c’est-à-dire] voici l’ordre des réincarnations (Guilgoulim)".
A priori, on ne comprend pas le rapport entre les Lois traitant de la réparation des dommages et les réincarnations!
Le Baal Chem Tov explique qu’il arrive parfois qu’un homme soit condamné à payer par le Beth Din, car il n’a pas 2
témoins aptes à témoigner. Bien que selon la stricte vérité, il ne devrait pas payer, il sera quand même condamné.
Il pourrait alors avoir la tentation de s’interroger comment est-ce possible que les règles de la Torah puissent jouer en sa défaveur et le condamner alors qu’il est innocent?
La Torah est pourtant le socle de la vérité et de la paix!

Le Zohar nous enseigne donc que c’est "l’ordre des réincarnations" = en effet, le Créateur du Monde et de toutes les âmes sait ce qui s’est passé entre les individus au cours des vies précédentes et Il dirige Son Monde selon la Torah, avec amour et compassion, avec droiture et véritable justice. Ainsi, est-il possible que dans une précédente vie, cet homme devait de l’argent à une personne, et Hachem lui a en fait donner la possibilité de corriger sa précédente erreur dans vie actuelle, et ainsi de réparer son âme, tâchée depuis sa précédente vie.

=> On apprend de là que toutes les épreuves que l’on traverse sont orientées uniquement pour notre bien, même si nous n’arrivons pas toujours à le percevoir!
Lors d’un moment difficile, nous devons donc garder à l’esprit qu’Hachem ne fait que du bien, et même si c’est difficile à cet instant, c’est en vérité ridicule par rapport au véritable bien que l’on tire de cette épreuve.
[d'après le Collel de la communauté de Sarcelles (Michpatim - 5780)]

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-> Si nous souhaitons juger les actes d'Hachem, nous devons prendre en considération que Sa justice [s'étend] sur plusieurs générations et peut ne devenir compréhensible que dans une seule génération ...
Ainsi, mieux vaut ne pas se poser trop de questions.
[Moussar Israël]

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-> De même, le Déguel Ma'hané Efraïm enseigne :
"Et voici les jugements que tu placeras devant eux" (Michpatim 21,1)
Le Zohar explique : "Et voici les jugements" signifie : "Voici l'ordre des réincarnations". Quel lien existe t-il entre la réincarnation des âmes et les jugements des affaires judiciaires selon la Torah?

En fait, il peut arriver que dans une certaine affaire, le Juge soit convaincu que l'une des deux parties ait raison et soit jugée innocente. Mais s'il en vient à appliquer la loi prévue par la Torah, dans ce cas, il s’avère que le juge devra plutôt la condamner. Contrairement à ce qui semble être la véritable justice, on pourrait se demander où se trouvent la vérité et la justice?
Mais la réponse à cette question se trouve dans le secret de la réincarnation. Cet homme que la Torah condamne ici à payer sa dette, devait certainement cette dette depuis une vie antérieure. Et n'ayant pas toujours pas remboursé cette dette, Hachem a organisé ce jugement pour rétablir les choses de sorte que cette dette soit enfin payée.
Quant à son adversaire, qui a choisi délibérément de lui soutirer cet argent injustement, il devra lui-aussi réparer cela par la suite. Car la Justice Divine est imparable. C'est à cela que fait allusion le Zohar en mettant en lien les "jugements" et les "réincarnations".

Les règles de justice prévues par la Torah sont dictées le Créateur, et pas par la simple logique humaine. Même si cette justice peut paraître parfois contradictoire, allant à l'encontre du bon sens qui pourrait les percevoir comme injuste et contraire à la vérité. Mais leur logique se trouve dans l'ordre des réincarnations. Car Hachem, Qui a créé le monde entier, a créé toutes les âmes et sait tout ce qui s'est passé dans toutes les vies antérieures.
Dans Sa Perfection Infinie, Il a fixé les lois de la Torah pour que les juges Rabbiniques les appliquent et ainsi, Hachem utilise ce biais pour diriger Son monde selon la Vérité avec une justice adaptée compte-tenu de toutes les réincarnations, Il répare toutes les âmes.
Cela aussi est suggéré par les mots : "Que tu placeras devant eux (lifnéhem)", qui se traduit aussi : "avant eux". Car ces jugements selon les règles de la Torah auront la vertu d'appliquer la justice portant sur les vies "avant eux", pour apporter les réparations aux vies précédentes.

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-> La paracha de Michpatim décrit un certain nombre de lois régissant la vie sociale et le rapport au quotidien entre les hommes. Bien qu’elles soient des prescriptions compréhensibles par le commun des mortels, elles n’en demeurent pas moins des Commandements divins, comme l’exprime Rachi : "De même que les premiers (les Dix Commandements) ont été proclamés au Sinaï (par D. Lui-même), de même ceux-ci ont-ils été proclamés au Sinaï".
Les Lois de Michpatim expriment parfaitement les propos énoncés dans la prière : "Car elles (les mitsvot) sont notre vie ('hayénou) et la longueur de nos jours, nous les méditons jour et nuit", car elles régissent notre vie matérielle au quotidien.
Ainsi, pouvons-nous y voir une allusion au fait que Michpatim soit la 18e paracha de la Torah (18 étant la valeur numérique de : 'Haï (חי) – vivant).
[...]
Quand nous réalisons que la Torah et ses Commandements constituent la véritable source de la vie (‘hayénou) [et non un fardeau], nous pouvons accomplir notre tâche aisément et être assurés de notre succès.
[d'après le Collel de la communauté de Sarcelles (Michpatim - 5782)]

"Des hommes de sainteté vous serez pour Moi, et la chair d'un animal déchiqueté dans le champ vous ne mangerez pas, au chiens vous la jetterez" (Michpatim 22,30)

-> Le midrach dit : "En ce qui concerne les chiens, si l'un d'eux se met à aboyer, tous ceux qui sont autour vont se réunir et aboyer sans raison".

Le Ktav Sofer enseigne que : Cela nous met en garde contre le yétser ara, et lorsque nous "aboyons" sur les autres pour rien.

Les professionnels du lachon ara sont comparables aux chiens.
En observant des gens se disputer, ils vont souvent rejoindre le "déballage", pas dans un but de calmer les esprits, mais au contraire de mettre de l'huile sur le feu.
C'est un trait canin, car comme la nature des chiens, dès que quelqu'un commence à aboyer du lachon ara, alors tous les autres le rejoignent et aboient avec lui du lachon ara, sans raison.

=> C'est pourquoi : Israël ne doit pas agir comme des chiens car "Des hommes de sainteté vous serez pour Moi!" (et non des chiens).

["la chair d'un animal déchiqueté dans le champ vous ne mangerez pas" = un juif ne doit pas déchiqueter autrui par ses paroles]

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-> Parce qu’il s’est abstenu d’aboyer en Egypte, promesse a été faite au chien qu’on lui jettera toujours les os.
Quant à l’âne qui, après la sortie d’Egypte, porta les enfants d’Israël dans le désert, il mérita qu’on accomplisse sur lui la mitsva du rachat du premier-né de l’ânesse.

=> Mais pourquoi le chien reçut-il une récompense matérielle, alors que l’âne en eut une spirituelle?

Le rav Zilberstein (Alénou léChabéa'h) explique que la différence entre ces deux animaux réside dans le fait que l’un ne fit que demeurer passif, tandis que l’autre agit positivement en faveur du peuple juif : le chien s’abstint d’aboyer, alors que l’âne porta nos ancêtres sur son dos, ce qui lui donna droit à une récompense bien supérieure.

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-> Selon le Maharal de Prague (Gour Aryé) :
Chaque être humain a été créé avec un potentiel afin qu'il s'élève spirituellement et qu'il reconnaisse l'unique dieu : Hachem.

En ce sens, un idolâtre n'atteindra jamais son potentiel spirituel.
Les animaux ne peuvent pas s'élever, ayant atteint leur plein potentiel dès leur naissance.

Lorsque Rachi (Michpatim 22,30) nous dit : "c'est pour t'enseigner que le chien est plus digne d'honneur que lui [un idolâtre]", c'est que le chien a déjà atteint son plein potentiel spirituel, tandis que l'idolâtre non.

[Concernant les juifs : "des hommes de sainteté vous serez pour Moi!" = nous devons sans cesse regarder vers le Haut, vers notre élévation spirituelle, et non vers le bas, en ayant le museau dans la matérialité (toujours recherchant de nouveaux plaisirs comme un nonosse), oubliant qu'un homme contrairement aux animaux doit évoluer spirituellement.]

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-> Selon le rabbi Yéhouda Tsadka, le verset : " la chair d'un animal déchiqueté dans le champ vous ne mangerez pas", fait référence au fait qu'un homme qui se trouve seul dans sa maison, dans son lieu familial, n'aura pas de difficulté à manger cachère puisqu'une telle nourriture s'y trouve en abondance.

Cependant, s'il se trouve "dans le champ" = en-dehors de son lieu habituel, il devra faire attention à ne pas se laisser aveugler par du non-cachère.

=> La Torah nous avertit que même si nous avons très faim, que nous sommes angoissés (pas chez nous), il faut tout faire pour préserver la sainteté de la nourriture, et ne pas toucher à "la chair d'un animal déchiqueté dans le champ" (le non-cachère).

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-> "Vous serez des hommes saints devant moi" (Michpatim 22,30)

Rabbi Mendel de Kotzk explique ainsi ce verset :
"Hachem demande aux hommes de sanctifier leurs actions humaines : voilà en vérité la sainteté qu'il veut. Il ne veut pas que nous soyons de anges : il en a suffisamment au ciel!"

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-> "Quel que soit l’objet du délit, bœuf, âne" (Michpatim 22,8)

L’auteur de l’ouvrage Kaf Hacohen explique allusivement ce verset, en s’appuyant sur la michna (Pirké Avot 1,17) : "Quiconque abonde en paroles provoque la faute".
Ainsi, le terme davar de notre verset : "quel que soit l’objet (davar)", peut être rapproché du terme dibour (parole), un excès de paroles conduisant au péché : "du délit".
Cependant, ceci ne s’applique qu’à un bœuf ou un âne, c’est-à-dire aux nations du monde, comparées à ces animaux. Par contre, les propos, même profanes, des érudits méritent d’être approfondis.

"Celui qui n'a pas prémédité le meurtre et dont D. a dirigé la main (ira en ville de refuge)" (Michpatim 21,13)

-> Rav 'Hama ben 'Hanina a abordé le sujet (de l'assassin volontaire qui doit s'exiler) avec le verset : "Hachem est bon et droit, c'est pourquoi Il guide les pécheurs sur le chemin" (Téhilim 25,8) = si D. guide même les pécheurs, Il guide les Justes (tsadikim) à plus forte raison.

Rabi Chim'on ben Lakich a abordé ce même sujet avec ce verset (Michpatim 21,13) : "Celui qui n'a pas prémédité le meurtre et dont D. a dirigé la main (ira en ville de refuge)". Ce verset doit être compris selon ce proverbe ancien (Chmouel I 24,14) : "C'est des méchants que vient le mal". De quoi parle ce texte ?
De deux hommes qui ont commis un homicide; l'un a tué involontairement et l'autre délibérément sans témoins. Hachem provoque alors leur rencontre dans la même auberge. Celui qui avait commis l'homicide volontairement s'assied sous l'échelle (de l'auberge) ; celui qui avait commis l'homicide involontairement descend cette échelle, tombe sur le premier et le tue.
Ainsi, celui qui avait tué volontairement a trouvé la mort (qu'il méritait) et celui qui avait tué involontairement part en exil ...

Rav Houna dit au nom de Rabbi Elazar : "Dans la voie qu'un homme veut suivre, le Ciel l'y conduit".
[guémara Makot 10b]

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=> Comment comprendre le verset : "Il guide le pécheur" et le raisonnement a fortiori de Rav 'Hama sur les tsadikim ?

-> Selon le Maharcha :
Rav 'Hama a prononcé ce verset (25,8) de Téhiim : "Hachem est bon
et droit ; ainsi, Il guide le pécheur" où les pécheurs ('hataïm) désignent les meurtriers qui ont tué involontairement, par accident, en à qui Hachem, dans Sa bonté, a préparé pour eux des villes de refuge (aré miklat) dans lesquelles ils pourront se réfugier et se protéger du vengeur de sang.
De plus, ce verset : "Tu prépareras la route. afin que tout meurtrier puisse s'y réfugier" (Choftim 19,3) est expliqué ainsi par Rabi Eli'ézer ben Ya'aqov (guémara Makot 10b) : Le mot "miklat" (refuge) était écrit à tous les carrefours, afin que le meurtrier involontaire connaisse la route à prendre et puisse se diriger le plus rapidement possible vers la ville de refuge la plus proche.

Pourquoi le meurtrier involontaire est-il qualifié de pécheur?
C'est parce qu'il n'y a pas de hasard; c'est Hachem qui a amené la victime sous la main du meurtrier, d'après le verset ("D. seul ait conduit sa main" - Michpatim 21,13).
Or un meurtre involontaire ne peut se produire que par un "tueur" qui a commis des fautes précédemment ; c'est pourquoi il est désigné pécheur.
Rav Hama ben 'Hanina a donc fait ce kal va'homer (raisonnement a fortiori) : si D. guide le pécheur en préparant à l'avance son itinéraire, afin de le sauver d'un vengeur de sang, à plus forte raison D. guide les tsadikim (Justes) pour les écarter des mauvaises choses.

-> Selon le Iyoun Yaakov :
Hachem guide les pécheurs vers les villes-refuge pour les sauver de la mort par un vengeur de sang ; a fortiori Hachem guide les tsadikim et leur montre la route à emprunter pour les épargner du yétser ara d'autant plus que plus un homme est grand sur le plan spirituel, plus son yétser ara est grand et désire le "tuer spirituellement, si ce n'est qu'Hachem aide les tsadiquim.

-> Le Ben Ich 'Haï enseigne :
Le kal va'homer peut être compris ainsi : Si D. protège même les pécheurs en les guidant pour les sauver de la mort, a fortiori Il guidera le chemin des tsadikim vers l'étude de la Torah qui constitue leur miklat (refuge) en plaçant dans leur cœur la volonté d'étudier la Tora avec assiduité.
C'est pourquoi, ce verset dit : "Une grande paix attend ceux qui aiment la Torah. Pour eux, point d'obstacle" (Téhilim119,165), car la Torah devient la "ville-refuge" de ceux qui l'aiment et retire les obstacles de la vie.

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=> Comment le principe énoncé par Rav Houna : "Le Ciel conduit un homme là où il veut aller" peut-il être lu?

-> Le Maharcha commente :
Il aurait été plus normal que Rav Houna affirme : "Sur le chemin qu'un homme veut prendre, Hachem l'y conduit!" avec le singulier "moli'h oto", puisque c'est Hachem (ou le Ciel) qui conduit cet homme sur le chemin qu'il désire. Pourquoi alors Rav Houna a-t-il utilisé le pluriel : "moli'hin oto" (ils l'y conduisent)?

Rav Houna a voulu faire allusion au fait qu'une bonne pensée ou une bonne parole ou une bonne action, crée un Ange (mala'h) du côté du bien, et inversement, une mauvaise pensée, une mauvaise parole ou une mauvaise action crée un Ange du côté du mal.
Ainsi, après que l'homme, doté d'un libre-arbitre, ait choisi le bien ou le mal, Hachem donne ordre à ces Anges, créés par cet homme, de le conduire dans le chemin qu'il a choisi. C'est pourquoi, il est écrit : ils l'y conduisent (moli'hin oto) au pluriel.

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-> "Un homme qui aurait tué sans pourchasser la victime ..., Je placerai pour toi un endroit où il fuira là-bas" (Michpatim 21,13)

-> Ce verset présente une anomalie. En effet, il commence à la 3ème personne : "un homme qui aurait tué", pour poursuivre à la 2e personne : "Je placerai pour toi", pour ensuite repasser à la 3ème personne : "où il fuira".
En fait, ce verset rapporte que quand un homme tue involontairement, il devait fuir vers une "ville refuge" pour se protéger du vengeur du sang de la victime. Or, Moché lui aussi a commis un meurtre en tuant l'Egyptien qui était en train de frapper l'Hébreu. Malgré de bonnes raisons qui justifiaient son acte, compte tenu de son niveau de Sainteté, Hachem le lui considéra néanmoins comme un meurtre involontaire.
Vers la fin de sa vie, Hachem lui rapporta qu'il fallait réserver 3 "villes refuge" à l'ouest du Jourdain. Avant l'entrée en Terre Sainte, ces villes ne pouvaient pas encore servir de refuge. Elles seraient d'aucune utilité.
Malgré tout, Moché s'exécuta et s'empressa de réserver ces 3 villes à l'ouest du Jourdain. Il comprit qu'Hachem voulait par cela lui donner l'occasion d'effacer complètement toute trace de son meurtre.

Cela est tout en allusion ici. Bien que le verset soit exprimé à la 3e personne pour parler d'un homme qui tuerait involontairement, Hachem fait allusion à Moché et lui prépare une réparation du meurtre de l'égyptien, par la mitsva de réserver ces « villes refuge ». Aussi, Il lui dit : « Je placera pour toi (Moché) un endroit où il fuira là-bas (שמה)", qui a les mêmes lettres que משה (Moché). Je prévois pour toi, Moché, une réparation lorsque tu prépareras les "villes refuges" vers lesquelles le meurtrier pourra se mettre à l'abri.
[Chaar Hapsoukim]