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Nous ferons et nous comprendrons

+ Nous ferons et nous comprendrons :

-> Avant de conclure l'alliance avec Israël, D. va proposer la Torah aux autres peuples de la terre, afin d'écarter toute protestation de leur part lorsqu'ils se plaindront qu'on ne leur a pas laissé le choix de la refuser ou de l'accepter.
[Rachi - Dévarim 2,26]

-> Selon la Mékhilta (Yitro), Hachem dira aux nations :
"Comment vouliez-vous que Je vous confie les 613 mitsvot alors que vous ne vous êtes pas montrées prêtes à observer les 7 mitsvot noa'hqiues qui s'appliquent à tous les êtres humains?"

-> Selon le Zohar, à peine les nations du monde ont-elles respiré une bouffée de Torah, qu'elles ont dit :
"Le peuple d'Israël n'a qu'à recevoir la Torah, elle n'est pas pour nous!
Toutes ses interdictions sont une source de déboires qui les mènera rapidement à leur perte ; nous nous emparerons alors des trésors qu'ils laisseront après eux".

-> La guémara (Avoda Zara 3a) enseigne qu'un jour viendra où :
"Les ennemis jurés des juifs s'avanceront tous et témoigneront de la force d'âme et de la loyauté du peuple d'Israël. Ils témoigneront qu'en dépit de toutes les difficulté qu'ils ont endurées, les juifs ont fidèlement observé la Torah".

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-> En contraste total avec l'insolence des autres peuples, les juifs se préparent à recevoir la Torah.
Un vendredi matin, veille du jour du don de la Torah, tout le peuple qui compte 3 000 000 d'hommes, de femmes et d'enfants, se rassemble et déclare d'une seule voix : "Naassé véNichma" (Nous ferons et nous comprendrons).

-> Selon le Malbim (Chémot 24,7), cela implique :
Nous ferons tout ce que D. nous dit de faire même si nous n'en comprenons pas la logique, et nous écouterons attentivement afin de comprendre l'essence des commandements et de les accomplir convenablement, comme un esclave sert son maître.

-> Le Kéli 'Hemda (Béchala'h) enseigne que, de même que les non-juifs devaient, pour accepter la Torah, aller à l'encontre de leur tendance au meurtre, à l'immoralité, et au vol, de même, le peuple juif devait s'opposer à ses inclinations naturelles et s'abstenir de s'approcher de la montagne, malgré leur amour pour D. et la Torah.

Les nations ont refusé toute limitation, et Israël les a toutes acceptées, au point qu'une condition préalable au don de la Torah, était l'interdiction de s'approcher de la montagne!!

-> "Nous ferons et nous écouterons" : Comment faire une action si on n’a pas écouté au préalable ce qu’il faut faire?
Le rabbi Ména'hem Mendel de Kotsk donne la réponse suivante :
En général, les savants connaissent la sagesse de par leur réflexion, entraînant qu'au final chacun ne peut atteindre qu’une compréhension limitée à son niveau et ses capacités intellectuelles.
Cependant, Hachem a accordé aux juifs un moyen d’atteindre une compréhension des choses qui dépasse même leurs facultés intellectuelles. Ce secret, c’est la pratique des mitsvot.

Quand on accomplit une mitsva, on reçoit du Ciel un éclairage spirituel qui permet à l’homme d’atteindre des dimensions de compréhension qui dépassent ses capacités habituelles.
=> "Nous ferons et nous écouterons" = quand on agit, par le fait même de l’action et de l’accomplissement des mitsvot, on arrive à une écoute des choses et une compréhension encore plus grande que celle qu’on avait avant d’avoir fait.
=> Le secret du peuple Juif, c’est l’action.

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-> Dans la paracha Béchala’h, pendant l’attaque surprise de Amalek, à chaque fois que Moché avait ses mains au-dessus de sa tête, le peuple juif avait le dessus, et sinon, c’était l’inverse.
Selon rabbi Akiva Tatz, une des explications est que lorsque les mains (naaché, l’action) sont au-dessus de la réflexion (nichma), alors on a : "naaché, vénichma", et Israël gagne.
Cependant Amalek (le yétser ara qui est en nous!) souhaite que nous inversions les priorités, nous faisant aller à notre perte.

Le Ohr Guédaliyahou enseigne que nous devons avoir les mains au-dessus de notre tête, vers le Ciel, démontrant notre certitude que rien ne peut avoir lieu dans ce monde, si Hachem n’a pas donné au préalable son accord.

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+ Quelques conséquences de la déclaration : "Naassé véNichma" :

-> Elle a causé une grande agitation dans le Ciel, et "une senteur s'est élevée jusqu'aux sphères supérieures pour s'offrir à D."
[midrach Chir hachirim rabba 1,12]

-> Soudain, une voix céleste retentit : "Qui a révélé à Mes enfants ce secret connu uniquement des anges de services?" [guémara Shabbath 88a]

Rachi commente ce passage en disant que les juifs se sont avérés d'exceptionnels serviteurs de D., semblables aux anges de service, déclarant à leur Maître : "Vos désirs sont des ordres".

Ils se sont même élevés plus haut que les anges qui, d'essence purement spirituelle, n'ont pas de mauvais penchant.

-> Au même moment, tandis que la voix céleste fait la louange d'Israël, 600 000 anges de service descendent sur le mont Sinaï, chacun tenant 2 couronnes, qui sont chacune formées par l'éclat de la présence divine.
Les anges les déposent sur la tête de chacun des membres du peuple juif, l'une venant les récompenser d'avoir dit : "nous ferons" et l'autre d'avoir dit : "nous écouterons".

Le Maharcha dit qu'une était pour les commandements positifs et l'autre pour les commandements négatifs qu'ils ont accepté de respecter.
La couronne placé sur le côté droit représente également la prêtrise, et celle du côté gauche : la royauté.

-> Le midrach Tan'houma (Tétsavé) dit qu'un 2e groupe de 600 000 anges de service est descendu du ciel pour revêtir les enfants d'Israël d'une armure spirituelle destinée à les protéger contre les maladies, les souffrances et l'ange de la mort.

Les anges ont effleuré également le visage des enfants d'Israël pour le faire resplendir d'un éclat sublime.

Lorsque peuple commettra la faute du veau d'or, 1 200 000 descendront leur reprendre les couronnes et les armures, qu'ils ne mériteront, hélas, plus.
Mais, ces présents seront rendus lorsque le macchia'h viendra.
[guémara Shabbath 88a ; Pessikta déRav Kahana]

Les Tossefot font remarquer que les anges ont pu mettre 2 couronnes sur la tête des juifs, mais ils n'ont pu en retirer qu'une seule à la fois.
Cela nous apprend que, b"h, les anges de destruction ont moins de force que les anges de service.

-> Dès que le peuple a déclaré : "Nous ferons et nous comprendrons", D. lui a accordé 3 récompenses : le pays d'Israël, le machia'h et le monde futur.
[Rokéa'h - Chémot 24,7]

-> Hachem lui accorde aussi officiellement le titre de : "Mon peuple premier-né", confirmant ainsi le droit d'aînesse de Yaakov.
Les enfants d'Israël deviennent ainsi le peuple bien aimé de D. et l'aînée des nations du monde.
[guémara Shabbath 89b]

-> Suite à cette déclaration, Israël a mérité l'assurance que la paix régnerait parmi eux.
[midrach Bamidbar rabba 14,10]

-> En récompense immédiate, D. guérit tout le peuple de toutes les maladies et de tous les handicaps et infirmités.
Les aveugles deviennent clairvoyants, les sourds entendent et les boiteux marchent normalement.
Les handicapés mentaux se trouvent soudain en pleine possession de toutes leurs facultés.
[midrach Vayikra rabba 18,4]

Selon le Komèts haMin'ha, le peuple juif qui s'est purifié et élevé au plan spirituel en s'engageant inconditionnellement à respecter la Torah, vient de mériter, à l'instant même, la perfection physique.

-> Hachem retire à l'ange de la mort toute autorité sur Son peuple et lui dit : "Ce sont Mes enfants. Ne leur fais aucun mal!" [midrach Vayikra rabba 18,3]

D. lui dit également : "Tu as toujours le même pouvoir sur les nations du monde.
Seul le peuple d'Israël est soustrait à ta juridiction [...] Je les ai fait pénétrer à l'intérieur du rayonnement de Ma présence, dans lequel tu n'es pas autorisé à l'introduire. Tu auras suffisamment à faire avec les autres nations."

Malheureusement ce fait ne durera pas longtemps, dès que la faute du veau d'or sera commise, D. leur retirera le rayonnement qui les protège, et l'ange de la mort se remettra à l'ouvrage.

-> C'est ce même jour (veille du don de la Torah), grâce à leur mérite acquis, que chacun va pouvoir percevoir selon son niveau la présence divine.

"Moché monta ainsi que Aharon, Nadav et Avihou, et 70 des Anciens d'Israël. Ils virent le D. d'Israël et sous Ses pieds, il y avait quelque chose de semblables à une brique de saphir, et pure comme la substance du Ciel" (Michpatim 24,9-10)

-> Rachi commente : Elle (la brique) était devant Ses yeux pendant le temps qu’a duré la servitude afin de lui rappeler les souffrances d’Israël qui était asservi à la fabrication de briques. Dès l’instant de leur libération, elle devint devant Lui lumière et joie.

-> Ils vont également tous voir un aperçu du Ciel et du Trône de Gloire, avec sous ce Trône, quelque chose de semblable à une brique de spahir.
Elle symbolise la pitié de Hachem pour les souffrances de Ses enfants forcés de fabriquer des briques sous le fouet des égyptiens. En effet, lorsque l'asservissement avait atteint son paroxysme, les égyptiens arrachaient des enfants juifs à leur mère et les utilisaient comme brique, afin d'arriver aux quotas irréalisables qu'ils avaient imposé. Ils couvraient ainsi l'enfant de chaux et de ciment, dans l'indifférence totale des cris déchirants de la mère et de l'enfant.

L'ange Michaël était descendu prendre une brique, symbole de la souffrance du peuple d'Israël et l'avait déposée sous le Trône de Gloire.
['Hizkouni ; Hadar Zékénim - Chémot 24,10]

-> D'après le Zohar, la brique est restée sous le Trône de Gloire jusqu'à la destruction du Temple, moment où D. l'a jetée en symbole de la "colère" et de l'absence de compassion qu'Il entretenait vis-à-vis de Ses enfants.

-> D'après la guémara (Yérouchalmi Soucca 4,3), la brique est restée jusqu'à ce que Son peuple soit délivré.
Cela témoigne bien de la notion que lorsque nous souffrons, D. souffre aussi en parallèle (un papa ne peut pas être bien si Son fils ne va pas bien!).

-> Rabbénou Bé'hayé rapporte que cette pierre avait aussi une signification spéciale pour les Anciens du peuple.
En Egypte, ils étaient contremaître sur leurs frères, et ils ont préféré se taire plutôt que que de dénoncer ceux qui n'avaient pas achevé leur quota de briques, quitte à recevoir les coups à leur place.
Leur compassion pour leurs frères leur a fait mériter d'être élevés, de faire faire partie des gardiens de la loi, au sein du peuple juif et d'avoir une vision moins confuse de la présence divine.

-> "Aux yeux d'Hachem, chaque brique faite de boue et d'argile était précieuse comme du saphir.
Le travail très difficile a transformé les juifs en une nation méritante de recevoir la Torah, capable d'atteindre des sommets de proximité avec Hachem.
Dans notre vie individuelle, quelques soient nos souffrances, nous pouvons révéler notre grandeur en prenant des "briques de boue" et en les transformant en pierres précieuses d'une rare beauté [aux yeux d'Hachem]."
[Rabbi 'Haïm Israël Belsky - Enei Israël]

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-> Le rav Yérouh'am Lébovitz (Daat Torah) enseigne que pour "porter" réellement la douleur de son prochain, cela suppose que l'on s'imprègne de sa situation de manière sensible, en la matérialisant sous nos yeux, car il n'y a de souffrance partagée que celle qu'on éprouve physiquement.
Au sujet de Moché, Rachi écrit : "Il fut témoin de leurs souffrances = il concentra sur eux son regard et ses pensées pour ressentir leurs souffrances". Le midrach (Chémot rabba chap.1) ajoute qu'après avoir été témoin des souffrances de ses frères : "il courbait l'échine et aidait chacun d'eux".
=> S'il agit ainsi, ce n'était pas pour leur prêter main-forte, mais pour ressentir leur servitude de manière concrète et sensible.

De même que pour partager la douleur d'autrui, une implication active s'impose, de même doit-on s'associer physiquement aux réjouissance de notre prochain.

=> On voit cela dans la brique :
- association aux souffrances : "Elle était devant Ses yeux pendant le temps qu’a duré la servitude afin de Lui rappeler les souffrances d’Israël qui était asservi à la fabrication de briques" ;
- association à leur joie : "Dès l’instant de leur libération, elle devint devant Lui lumière et joie".

[lorsque l'on rencontre quelqu'un qui a pu subir d'importantes souffrances même longtemps après (comme les rescapés de la Shoa), nous devons garder clairement en face de nous ce rappel, et agir avec tout le respect et la considération que cela implique.]

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"Moché monta avec Aharon, Nadav Avihou et 70 des Anciens d'Israël. Ils virent le D. d'Israël ... [Hachem] n'envoya pas la main contre les dirigeant d'Israël. Ils eurent une vision de D. et mangèrent et burent"(Michpatim 24,11)

-> Selon le Targoum : ils perçurent une vision de l'éclat Divin et se réjouirent que leurs sacrifices eussent été agréés par Hachem.
Cette joie était aussi satisfaisante que de la nourriture et de la boisson.

-> A ce moment-là, ils éprouvèrent un grand plaisir à atteindre le niveau de la prophétie et à découvrir cette vision. Il en furent satisfaits et réconfortés comme s'ils avaient mangé.
Le contentement physique ne dure que l'instant où le palais goûte l'aliment, alors que la nourriture du monde futur consiste en la vision du Divin, un goût éternel.
[le Sifté Cohen]

-> Comment imaginer que les anciens mangèrent et burent en percevant la Présence Divine?
En fait, ces anciens n'étaient pas arrivés au niveau de Moché de "se nourrir" de la Présence Divine au point de ne plus avoir besoin de manger. Eux, bien qu'ils perçurent la Présence Divine, malgré tout, ils avaient quand même besoin de manger et boire.
[Yad David]

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-> Rabbi Méïr de Lublin enseigne que : "Notre maître Moché était bègue. Pourquoi?
Afin que les gens ne puissent pas prétendre que c'est parce qu'ils furent séduits par ses discours que les juifs s'exclamèrent : 'Nous ferons et nous entendrons'."

"Des hommes de sainteté vous serez pour Moi. Et la chair d'un animal déchiqueté dans le champ vous ne mangerez pas, au chien vous la jetterez" (Michpatim 22,30)

-> Rachi commente : "Ce verset nous apprend que le chien est plus honorable que l'adorateur d'une idole, car une névéla (un animal mort sans avoir été abattu) est donnée à l'adorateur d'une idole, mais une tréfa (un morceau de viande plus désirable) est donné à un chien. Cela nous apprend également qu'Hachem ne lésine pas sur la récompense de toute créature, les chiens ont été récompensés pour leur silence en Égypte (pendant la plaie des premiers-nés, ils n'ont pas aboyé) avec de la viande des tréfot".

-> Le Maharal (Gour Aryé) explique :
L'adorateur d'une idole est comparé à un chien. Le chien est l'animal le plus humble et le plus effronté de tous, comme l'affirme le prophète : "Les chiens ont l'esprit effronté, ils ne connaissent pas la satiété" (Yéchayahou 56,11).
Le chien a été le seul animal terrestre qui s'est accouplé dans l'Arche de Noa'h pendant le déluge. Contrairement aux autres animaux, qui ont instinctivement suivi la volonté d'Hachem et n'ont pas procréé dans l'Arche, l'effronterie du chien l'a éloigné d'Hachem.
Dépourvu de cet instinct, il a défié la volonté d'Hachem.
[ la guémara (Sanhédrin 108a) nous enseigne : "Ils sont trois à avoir enfreint l'ordre d'Hachem de se séparer de leur compagne durant tout le séjour dans l'arche : le chien, le corbeau et 'Ham le fils de Noa'h." ]

Malgré son statut inférieur, le chien est plus honorable qu'un adorateur d'idoles. En effet, le chien remplit une fonction dans ce monde, même si elle est modeste.
Hachem n'a rien créé dans ce monde pour rien. Un chien a été créé dans un but précis, et il remplit inévitablement l'objectif pour lequel il a été créé.
En revanche, l'homme a été créé dans un but plus élevé que les autres créatures : reconnaître et servir Hachem. Cependant, parce qu'il dispose du libre choix, il peut potentiellement trahir son but et se rebeller contre Hachem. Personne ne trahit plus le but de sa création qu'un adorateur d'idoles qui tourne le dos à son Créateur et adore de faux dieux.

Compte tenu de la bassesse du chien, nous pouvons comprendre pourquoi Hachem a empêché les chiens d'aboyer la nuit de la sortie d'Egypte. Le peuple juif est devenu une nation à l'époque de la sortie d'Egypte. Le monde a été créé pour Israël (Rachi Béréchit 1,1), et leur naissance en tant que nation a été aussi importante que la création du monde.
Hachem a créé le monde de manière à ce qu'il y ait une parfaite harmonie entre toutes les créatures. Chaque créature a son espace et aucune n'empiète sur l'espace d'une autre.
Il était donc important que la genèse des juifs en tant que nation soit agréable pour toutes les créatures, tout comme la création originale du monde.
Hachem a fait taire les chiens au moment de la sortie d'Egypte pour montrer que toutes les créatures étaient d'accord avec la sortie d'Egypte. Après tout, si même la plus basse des créatures était d'accord avec cela, les autres créatures l'étaient certainement aussi.

Comme les adorateurs d'idoles ne servent à rien dans ce monde, Hachem n'a pas eu besoin de leur accord pour la sortie d'Egypte.
Ainsi, alors que les chiens restaient silencieux, indiquant leur accord, les idolâtres égyptiens hurlaient, comme le dit la Torah : "Il y eut en Égypte une grande clameur, telle qu'il n'y en avait jamais eu auparavant" (Bo 12,30).

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=> Le chien est la plus basse des créatures. Néanmoins, il est plus digne d'intérêt que l'adorateur d'une idole. En effet, l'adorateur d'une idole trahit le but de sa création, ce qui n'est pas le cas du chien.

Plus grand de faire parce qu’on en est obligé

"Naassé véNichma" (nous faisons et [ensuite] nous comprendrons - Michpatim 24,7)

-> Nos Sages ont écrit dans le Zohar que le mot mitsva (מצוה) se compose des lettres du nom de D. (יהוה), en appliquant le système At-Bach.
[ le système de guématria At-Bach (א"ת ב"ש) permet d'échanger les lettres d'un mot : la 1ere lettre de l'alphabet (alef) est échangée avec la dernière (tav), la 2e lettre (bét) avec l’avant dernière (shin), … ]
Ainsi en l'appliquant au 2 premières lettres de mitsva (מצוה) : le mém se transforme en youd (י), et le tsadik en hé (ה). En l'ajoutant à l'autre moitié des lettres (וה), on obtient : יהוה.
Car lorsque nous réalisons une mitsva ... alors nous prenons sur nous quelque chose de très grand et de très puissant : Hachem notre D., notre Roi.
[à chaque mitsva nous nous attachons, nous recevons davantage de liens avec Hachem. ]
[Ohr ha'Haïm haKadoch]

-> Le Divré Moché explique :
C'est par les mitsvot de la Torah que l'on peut véritablement se connecter à Hachem.
Nous pouvons maintenant comprendre comment le peuple juif a dit qu'il ferait (naassé) avant de l'entendre (nichma).
Au moment du don de la Torah, La zouhama (impureté spirituelle issue de nos fautes) avait disparu, et les âmes du peuple juif savaient d'elles-même exactement ce qu'on devait faire, même sans qu'on le lui dise.
Ensuite, le peuple juif a voulu le niveau supérieur de métsouvé vé'ossé, être ordonné de le faire et ensuite de le faire.
Lorsque l'on agit de cette manière, on se rapproche d'Hachem, c'est pourquoi ils ont dit "nichma", nous écouterons les mitsvot afin d'être au niveau de métsouvé vé'ossé (l'idée est que celui qui fait par obligation, et non pas choix et désir personnel, a davantage de mérite, car il y a un yétser ara supplémentaire. )

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-> Celui à qui il est commandé d’accomplir une mitsva et qui l’exécute est plus grand que celui qui accomplit le commandement sans y être obligé.
[guémara Kidouchin 31a]

On n’emporte avec nous que la tsédaka

"Lorsque vous prêtez de l’argent à Mon peuple (im kessef talvé ét ami), au pauvre qui est avec vous" (Michpatim 22,25)

-> Le rabbi de Kotzk (séfer Ohel Torah) explique ce verset en citant la michna (Pirké Avot 6,7) qui dit : "L’or et l’argent d’une personne ne l’accompagnent pas. Les seules choses qui l’accompagnent sont sa Torah et ses bonnes actions."

Le mot "talvé" (prêter - תַּלְוֶה), peut également signifier "accompagner". En conséquence, le verset pose une question : "Im kessef talvé et ami" = l’argent des gens les accompagnera-t-il (dans l’autre monde)?
Le verset répond : "ét ha'ani ima'h" = la seule chose qui sera avec lui est l’argent qu’il a donné aux pauvres.

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-> "Une personne ne peut pas être accompagnée d’argent. Mais elle peut l’envoyer à l’avance en donnant la tsédaka!" [rabbi de Kretchnifer ]

Naassé véNichma

+ Naassé véNichma (selon le Zera Chimchon)

Et ils dirent : "Tout ce que Hachem a dit, nous le ferons et nous l'accomplirons" (Michpatim 24,7)

-> La guémara (Shabbat 88a) rapporte que lorsque le peuple juif dit "nous ferons et nous accepterons" (naassé vénichma), une voix céleste proclama : "Qui a révélé ce secret à Mes enfants? Cette manière de servir Hashem est un secret que (seuls) les anges utilisent".

=> Le Zéra Shimshon demande : qu'y a-t-il de si extraordinaire dans l'attitude des anges pour que Hachem la qualifie de grand secret?

-> Le Zéra Shimshon explique que même si un non-juif peut étudier la Torah et la guémara (Sanhédrin 59a & Baba Kama 38a) et qu'il est alors assimilé à un Cohen Gadol, il reste néanmoins une différence.
Lorsqu'un non-juif étudie la Torah, il n'est pas tenu de le faire, mais il accomplit néanmoins ce qu'il sait être le désir d'Hachem. Dans ce contexte, il n'est pas confronté à la résistance du yétser ara qui, naturellement, tente d'arrêter ceux qui sont tenus d'accomplir les commandements.
Un juif se trouve à un niveau supérieur : il est tenu d'accomplir les commandements et les accomplit, annulant ainsi l'influence automatique du yétser ara qui s'oppose à celui qui est tenu par Hachem d'accomplir quelque chose. C'est pourquoi un juif reçoit une récompense pour son étude de la Torah et un non-juif n'en reçoit pas.

Bien qu'un juif reçoive une récompense pour ses actions, le niveau le plus élevé qu'un juif puisse atteindre est de servir Hachem sans que la récompense ultime soit ce qui pousse une personne à faire la volonté de Hachem. Au contraire, on doit servir Hachem simplement parce que Hachem nous l'a ordonné, comme l'enseigne les Pirké Avot (1,3).

La profondeur de la proclamation du peuple juif de "naassé vénichma" concernait cette disposition à faire la volonté d'Hachem.
Évidemment, ils devaient d'abord entendre les mitsvot d'Hachem afin de savoir quoi faire. Ils ne voulaient pas dire qu'ils serviraient Hachem avant même d'en avoir reçu l'ordre, car cela n'aurait aucun sens.
Leur déclaration "naassé vénichma" était plutôt une façon de dire qu'ils étaient prêts à servir Hachem comme quelqu'un qui Le sert de son propre gré, sans même en avoir reçu l'ordre.
Ainsi, "naassé" (nous ferons), avant "nichma" (nous écouterons), signifie que nous sommes prêts à servir Hachem comme quelqu'un qui n'a même pas reçu d'ordre, une telle personne ne sert clairement pas Hachem pour obtenir une récompense, car lorsqu'il n'y a pas d'ordre, il n'y a pas de yétser ara et donc pas besoin d'une récompense.
C'est ce que voulaient signifier les juifs par "nichma", ils étaient prêts à servir Hachem au plus haut niveau, sans être motivés par leur désir de récompense.

C'est ainsi que les anges servent Hachem. Ils ne reçoivent aucune récompense pour leurs actions, mais cela ne les préoccupe pas. Ils servent Hachem sans même se soucier de la récompense.
Le peuple juif a reflété cette attitude lorsqu'il a dit "naassé vénichma", et c'est le secret auquel la voix céleste faisait référence.

"Voici les ordonnances que tu placeras devant eux" (Michpatim 21,1)

-> Rachi commente : "La paracha des dinim (lois) est juxtaposée à la paracha de l'autel dans la Torah pour nous enseigner que le Sanhédrin sera situé à côté de l'autel (dans le saint Temple)".

-> Le Maharal (Gour Aryé) enseigne :
Quel est le lien entre l'autel et le sanhédrin?
Le thème commun est qu'ils apportent tous deux la paix au monde. L'autel apporte la paix entre les juifs et Hachem, et le Sanhédrin apporte la paix entre les juifs.

Comment l'autel apporte-t-il la paix entre le peuple juif et Hachem?
Lorsqu'une personne faute, sa faute l'éloigne d'Hachem. Lorsqu'elle expie sa faute en se repentant et en apportant une offrande, sa relation avec Hachem est rétablie. En effet, la racine du mot "korban" (sacrifice) est karov (proche). Les sacrifices permettent de combler le fossé qui se creuse entre Hachem et le fauteur en raison de ses fautes.

On peut comparer cela à l'effet du Sanhédrin. Le Sanhédrin résout les conflits entre des personnes qui, autrement, n'étaient pas d'accord entre elles.
[ le Sanhédrin aide à maintenir la paix entre les hommes en réglant les différends, et c'est pour cette raison que le Sanhédrin est situé à côté de l'Autel. ]
Cette idée se retrouve dans la Mékhilta (Michpatim 21,11), qui déclare : "Pourquoi la mitsva des dinim a-t-elle été mentionnée en premier parmi toutes les mitsvot [qui sont mentionnées dans la Torah après le don de la Torah? Parce que lorsqu'il y a un différend entre un homme et un autre, il y a de l'hostilité entre eux, mais lorsque le différend est tranché, il y a de la paix entre eux".

La paix que le Sanhédrin apporte au sein du peuple juif est une condition préalable essentielle à la paix entre Hachem et les juifs. Les querelles entre juifs éloignent la Présence divine.
Les querelles entre juifs, ou entre un mari et une femme, sont un affront à la Présence divine qui réside parmi eux. En conséquence, le Talmud déclare que lorsqu'un homme divorce de sa femme, cela fait couler des larmes sur l'autel.
L'autel est au centre de la relation de l'homme avec Hachem. Lorsque le lien d'un homme avec sa femme est rompu, cela a également un impact sur sa relation avec Hachem, qui est symbolisée par l'autel.

Le concept selon lequel la paix avec Hachem dépend de la paix avec les autres hommes est symbolisé par l'interdiction de la Torah d'utiliser du métal pour tailler les pierres de l'autel.
La Mékhilta (Yitro 20,22) déclare : "Les pierres de l'autel n'entendent pas et ne voient pas. Cependant, parce qu'elles apportent la paix entre les juifs et Hachem, la Torah déclare : "N'agitez pas le fer (c'est-à-dire n'utilisez pas le fer pour tailler) sur elles".
Certes, celui qui apporte la paix entre un homme et un autre, ou entre un homme et sa femme, ou entre deux villes ou deux nations, sera à l'abri de la punition. Pourquoi le fer ne peut-il pas être utilisé pour tailler les pierres de l'autel?
La réponse est que la paix entre Hachem et les juifs, apportée par l'autel, dépend de la paix entre les hommes. Une épée (qui est faite de métal) signifie la désunion entre les hommes. Ainsi, l'interdiction d'utiliser du métal sur l'autel signifie que la désunion entre les hommes perturbe notre unité avec Hachem.

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"Voici les ordonnances que tu placeras devant eux" (Michpatim 21,1)

-> Rachi commente : "De même que [les 10 Commandements] viennent du [mont] Sinaï, ces [mitsvot] viennent aussi du Sinaï".

-> Le Maharal (Gour Aryé) enseigne :
Comme nous le savons, toutes les mitsvot viennent du mont Sinaï. Cependant, il était nécessaire que la Torah déclare que les michpatim, les ordonnances, proviennent également du Sinaï, car ces mitsvot régissent le commerce et les relations interpersonnelles.
Toutes les nations ont des lois pour maintenir la société civile. Ainsi, nous aurions pu croire que les michpatim ont été promulguées par Moché pour le bénéfice de la société civile et qu'elles ne sont pas d'origine divine.
C'est pourquoi la Torah nous informe que les michpatim proviennent également du mont Sinaï et ne sont pas moins divines que les autres mitsvot de la Torah. En effet, tout bénéfice pour la société civile est accessoire et ne constitue pas l'objectif premier de ces mitsvot.

Ce qui précède souligne l'importance de porter les litiges monétaires devant un tribunal rabbinique plutôt que devant un tribunal non juif. Lorsqu'une personne porte son litige devant un tribunal rabbinique, elle reconnaît la supériorité des michpatim divines de la Torah. À ce titre, cette personne est considérée comme ayant porté son litige devant Hachem, comme le dit la Torah : ki hamichpat l'Elokim hou" (les michpatim sont pour Hachem).

En revanche, celui qui porte un litige devant un tribunal non juif implique que les michpatim de la Torah sont d'origine humaine et non divine. Il dit que les michpatim sont simplement destinées à maintenir la société civile, et que par conséquent, il n'y a pas de différence entre un tribunal rabbinique et un tribunal non juif, que D. nous en préserve.

"Et tout le peuple répondit à l'unisson : "Tout ce que D. ordonnera, nous le ferons" " (Michpatim 24,7)

La Torah comporte 613 mitsvot.
Certaines ne concernent que les Cohanim, d'autres dépendent de circonstances particulières (ex: le rachat du 1er né) et d'autres ne s'effectuent qu'en Israël et ne concernent donc pas les personnes qui vivent ailleurs.

=> Comment une personne peut-elle donc accomplir tous les commandements de D., puisque certaines mitsvot ne peuvent être observées par tout le monde?

Rabbi Méïr Sim'ha répondit :
"Lorsque l'on accomplit la mitsva de mettre les téfiline à son bras, le bras n'est pas seul à recevoir le mérite de la mitsva, mais l'ensemble de la personne qui forme un tout indissociable.

Lorsque les juifs sont reliés les uns aux autres pour ne former qu'une seule unité, chaque mitsva accomplie par l'un d'entre eux est créditée au bénéfice du peuple en son entier.

Le simple juif (le non Cohen) reçoit le mérite d'une mitsva accomplie par un Cohen, la personne dont le 1er né n'est pas de sexe masculin partage la mitsva de rachat du 1er né avec celui qui l'a accomplie, et celui qui vit en dehors d'Israël partage les mitsvot de ceux qui y vivent.

Personne ne peut former un tout à lui seul.
Nous dépendons tous les uns des autres."

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-> "Tous [les juifs] sont responsables les uns des autres."
(guémara Sanhédrin 27b -> chékoulam arévim zé bazé)

Crainte & amour d’Hachem – Transcendance & immanence

+ Crainte & amour d'Hachem - Transcendance & immanence :

"Vous vous prosternerez à distance" (Michpatim 24,1)

-> Pour ainsi dire, il y a 2 aspects à D., c'est-à-dire en ce qui concerne la façon dont Il se rapporte à la création : distant et proche, c'est-à-dire transcendant et immanent.
Il est distant, car, comme nous le croyons, la lumière du Ein Sof (l'Infini) est primordiale et précède toutes les autres formes d'existence. C'est pourquoi aucune créature ne peut le comprendre.
Il est impossible à la faculté de penser de Le saisir, puisque la pensée elle-même est une création et que Hachem a précédé toute la création.
Aucun ange céleste, aucun ofan ou séraphin ne peut même Le comprendre, car Il est au-delà de toute compréhension. C'est ce que nous voulons dire lorsque nous disons qu'Il est loin : Il est éloigné de toute compréhension.

D'autre part, D. est proche, car, comme nous le croyons, Hachem remplit tous les mondes (il se trouve à l'intérieur de tous les mondes, il entoure tous les mondes, et aucun endroit n'est vide de Lui), car "toute la terre est remplie de Sa gloire". C'est son aspect immanent.

Le peuple juif est tenu de croire aux 2 aspects : qu'Hachem est à la fois distant et proche.
C'est le sens profond des versets : "Que la paix soit sur ceux qui sont loin et sur ceux qui sont proches, dit D." (Yéchayahou 57,19). Il s'agit des justes qui croient que Hachem est à la fois lointain et proche, et en réponse à ces personnes qui manifestent cette croyance appropriée en D., alors D. accorde toutes sortes de bienfaits à ce monde.

Il existe deux émotions fondamentales : la crainte et l'amour.
Nous ne craignons que ce qui nous dépasse. En réponse à la transcendance de D., nous ressentons de la peur ou de la crainte. Mais en réponse à la proximité de D., nous ressentons de l'amour.
Sur cette base, le verset dit : "Vous vous prosternerez" = puisque le peuple juif craignait Hachem "à distance". Le mot "à distance" (méra'hok) peut être interprété comme signifiant "en raison de" : C'est parce qu'on a pris conscience de la distance de D. que le peuple juif a atteint la crainte de D.

On peut aussi expliquer le verset comme suit : Le Arizal (Pri Ets 'Haïm - chaar kriat séfer Torah 10) écrit qu'en prononçant les mots de la prière Alénou léchabéa'h qui disent "Et nous nous prosternons" (ana'hnou michta'havim), nous devrions être conscients qu'en nous prosternant, nous attirons dans le monde une abondante générosité de la part de l'Infini.
C'est le sens profond de notre verset : "Vous vous prosternerez", ce qui signifie, puisque la prosternation fait allusion à l'abaissement de quelque chose, qu'il a été dit au peuple juif d'attirer une abondante générosité "de loin", c'est-à-dire en raison de leur conscience de la dimension transcendante d'Hachem, ce qui les amène à Le craindre.
[rabbi Lévi Its'hak de Berditchev - Kédouchat Lévi ]

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-> La conscience de la transcendance de D. nous amène à le craindre ; la conscience de son immanence nous amène à l'aimer.

Plaisir d’Hachem dans notre Avoda

+ Comment vérifier si Hachem tire du plaisir de votre Avoda :

"L'apparition de la gloire d'Hachem était comme un feu dévorant au sommet de la montagne aux yeux des Bné Israël" (Michpatim 24,17)

-> Le rabbi de Berditchev (Kédouchat Lévi) explique que lorsqu'une personne sert Hachem correctement, elle lui procure un grand plaisir par sa Torah et ses mitsvot.

Si quelqu'un veut faire un test pour déterminer si sa avoda procure du plaisir à Hachem, il peut procéder comme suit :
S'il constate que son cœur brûle d'un désir constant de servir Hachem, et qu'elle a une forte envie d'accomplir Sa volonté, il peut être certain qu'Hachem tire du plaisir de son avoda.
C'est la raison pour laquelle il est aidé par le Ciel et qu'il reçoit des pensées et des sentiments saints dans son cœur.

C'est le sens du verset "l'apparition de la gloire d'Hachem". Comment une personne peut-elle savoir si Hachem tire du plaisir d'elle?
S'il ressent l'apparition de la gloire d'Hachem en lui et s'il ressent "un feu dévorant" dans son cœur.

Craindre Hachem quand personne d’autre n’est là

+ Craindre Hachem quand personne d'autre n'est là :

"Vous servirez Hachem, votre D., et Il bénira ton pain" (Michpatim 23,25)

-> Le séfer Ohr laChamayim cite le verset : "Vous craindrez Hachem, votre D." (Vaét'hanan 6,13), et explique que lorsque personne n'est là, et que l'on est seul avec Hachem, on doit quand même Le craindre. C'est là la véritable crainte d'Hachem. Lorsque l'on a ce niveau de crainte d'Hachem, on mérite d'être capable de Le servir correctement.

C'est également la signification de ce verset : "Vous servirez Hachem, votre D." = si personne d'autre n'est présent et que l'on est seul avec Hachem, et que l'on continue à Le servir, il s'agit là d'un véritable service d'Hachem. Si l'on fait cela, Hachem "bénira ton pain".
Cela signifie également qu'Hachem mènera ses batailles pour lui (car le mot "la'hmékha" peut signifier "ton pain" ou "tes guerres"), et qu'Il assurera ses victoires.