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"Voici les descendants de Aharon et Moché, au jour où Hachem s'adressa à Moché au Mont Sinaï. Et voici les noms des fils d'Aharon ..." (Bamidbar 3,1)

-> Ce passage ne mentionne que les fils de Aharon
Rachi explique que ce verset nous apprend qu'enseigner la Torah à un enfant, c'est comme lui donner la vie, comme l'avoir engendré (guémara Sanhédrin 19b).
Ainsi, en enseignant la Torah aux 4 fils de Aharon, Moché est devenu leur père spirituel, tout comme Aharon est leur père biologique.

-> Le Chla haKadoch ajoute que : "ce n’est pas seulement “comme si” il l’avait engendré, car son père et sa mère lui ont certes donné son corps, mais le Rav a en quelque sorte donné vie à son âme ... Heureux celui qui agit ainsi et apprend la Torah au fils d’un autre – et s’il le fait gratuitement, sa récompense est double."

-> "Tu l'enseigneras à tes enfants" (Vaét'hanan 6,7)
Rachi commente : Il se trouve que les élèves (talmidim) sont très souvent appelés des "fils".

-> Selon le Ohr ha'Haïm et le Kli Yakar, c'est au mont Sinaï que Moché est devenu leur père, quand D. courroucé par la participation d'Aharon à la faute du Veau d'or, s'apprêtait à détruire sa famille (Ekev 9,20).
Par ses prières, Moché a obtenu qu'Elazar et Itamar soient épargnés.
Rachi commente : "J’ai prié aussi pour Aharon" (Ekev 9,20) = [Moché dit: ] Ma prière a été efficace pour obtenir un demi-pardon : Deux [de ses fils] sont morts (Nadav et Avihou) et deux sont restés en vie [alors qu'il avait été décrété que tous les enfants de Aharon devaient mourir].

-> Rachi rapporte la guémara (Sanhédrin 19b) disant que l'on apprend de ce verset qu'enseigner la Torah à un enfant, c'est comme l'avoir engendré.
Les parents donne à le corps à leur enfant, et celui qui leur enseigne la Torah lui donne sa néchama (âme), puisque la Torah est la néchama du peuple juif.
Loué est celui qui apprend et enseigne aux enfants de son prochain la Torah. Celui qui le fait gratuitement reçoit une récompense qui est doublée.
[dans le : דרך חיים תוכחת מוסר - ל"ו]

-> Un élève est appelé "enfant" de son rabbi, par la sagesse qu'il reçoit de son rabbi.
Nous voyons d'ici l'énorme pouvoir de la parole [de la Torah que l'on enseigne], puisqu'elle a la faculté de créer des "enfants spirituels".
[Gaon de Vilna]

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-> "Quiconque enseigne la Torah au fils de son ami, l’Ecriture le lui compte comme s’il l’avait engendré" (guémara Sanhédrin 19b)

Rabbi David Pinto (Pa’had David) commente : Nous voyons de là que l’essentiel de l’engendrement, c’est de donner la spiritualité. Comme l’ont dit nos Sages (midrach Béréchit Raba 30,6) : "L’essentiel des engendrements des tsadikim sont les mitsvot et les bonnes actions". C’est cela le principal.
D’après cela, on comprend parfaitement cet enseignement de nos Sages (guémara Makot 22) : "Combien ils sont stupides, les gens qui se lèvent devant un séfer Torah et ne se lèvent pas en l’honneur d’un talmid ‘hakham", puisque l’essentiel de la Torah et de l’engendrement sont liés, et que tout est nécessaire pour s’élever dans la Torah. Alors évidemment il faut se lever devant un talmid ‘hakham, car c’est lui qui accomplit sa tâche par l’étude de la Torah et les bonnes actions.

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-> "Le fruit du tsadik est un arbre de vie ; et un sage acquiert des âmes" (Pri tsadik éts 'haïm, vélokéa'h néfachot 'hakham - Michlé 11,30)

Le Gaon de Vilna commente :
- "Le fruit du tsadik est un arbre de vie" = cela fait référence aux enfants, car si une personne laisse derrière elle des enfants, c'est comme si elle était toujours en vie ;

- "et un sage acquiert des âmes" = cela fait référence aux élèves (talmidim) d'une personne, qui sont un plus grand accomplissement que ses enfants, car les enfants se rapportent au néfech (la force de vie physique au sein d'une personne), tandis que les élèves se rattachent à la néchama (la force spirituelle intérieure qui va la pousser à être attirer vers Hachem et ses mitsvot).

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-> L'homme sans la Torah n'a aucun avantage par rapport à un animal.
Ce n'est que la connaissance de la Torah qui fait une distinction avec les animaux, et qui rend méritant d'être appelé un homme, car la Torah est l'objectif de la Création.
[Maharcha - guémara Sanhédrin 99b]

[Si les parents donne le titre d'être vivant, l'enseignant octroie celui d'homme.
Si les parents permettent la vie physique dans ce monde, l'enseignant permet d'obtenir la vie éternelle]

-> Nous pouvons réaliser des mitsvot uniquement de notre vivant.
Ensuite, cela n'est plus possible et nous n'avons plus la possibilité d'enseigner la Torah.
Cependant, celui qui a le mérite d'écrire de vrais livres, ne s'arrête pas de produire des "enfants" même après sa mort, puisqu'il a des élèves qui étudient la Torah de ses livres.

[le fait de soutenir l'édification/maintient d'une yéchiva, la publication de livres, ... sont d'autres moyens permettant d'avoir des mérites éternels!]

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+ Pourquoi est-ce que la Torah ne mentionne-t-elle pas également les enfants de Moché?

-> "Un homme de la maison de Lévi alla et prit une fille de Lévi" (Chémot 2,1)
Le Maharal fait remarquer que les noms des parents de Moché ne sont pas mentionnés. Pourquoi?

Moché était un [être humain] tellement spirituel que sa seule véritable connexion était avec Hachem.
Ainsi, en comparaison aux autres, c'est comme s'il n'avait aucun lien avec un être humain, même ses propres parents ou ses enfants. [Ce qui explique que ses enfants ne sont pas rapportés].
[Béer Moché]

-> Les enfants d'une personne, l'aide à se compléter.
Aharon était grand, mais ses enfants l'ont aidé à atteindre sa plénitude spirituelle (chlémout), et c'est pour cela que la Torah les mentionne pour dresser une image complète de la spiritualité de Aharon.
Cependant, Moché a atteint tout seul sa plénitude spirituelle, et il n'est ainsi pas nécessaire de mentionner ses enfants.
[Tsor haMor]

-> Les enfants de Moché ne sont pas rapportés ici, car ils n'ont pas mérité de prendre part à la sortie d'Egypte, et de traverser la mer Rouge avec le peuple juif. [les rejoignant ensuite avec Yitro et leur mère]
[Rabbénou Zé'haria]

-> Tous les juifs étaient considérés comme les enfants de Moché et de Aharon, car à la fois Moché et Aharon ont enseigné la Torah à toute la nation. En effet, Moché disait une halakha, et Aharon la répétait [au peuple].
En raison de cela, le peuple avait peur d'approcher Moché, posant directement les questions à Aharon.
[Sifté Cohen]

[puisque le lien de proximité n'était pas totalement à l'image de ses propres enfants (ex: peur d'approcher Moché), alors ses enfants ne sont pas mentionnés]

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-> "Voici les descendants de Aharon et Moché" (Bamidbar 3,1)

Rachi constate que la Torah ne mentionne juste après que les descendants de Aharon et non ceux de Moché.
Cela vient enseigner que celui qui apprend la Torah à son prochain, c’est comme s’il l’avait fait naître. Les enfants de Aharon étaient donc aussi enfants de Moché.

=> Mais pourquoi cet enseignement n’a été dit que pour les fils d’Aharon alors que Moché avait appris la Torah à tout le peuple?

En réalité, tout l’intérêt de dire qu’enseigner c’est comme enfanter, dépend du principe selon lequel le fils peut donner du mérite à son père. Ainsi, si un élève dépasse son Maître, il pourra aussi faire profiter de sa grandeur à son Maître parce qu’il est considéré comme son fils.

Or, Moché était plus grand que tout le peuple. Personne ne pouvait donc le dépasser. Le fait que tout le peuple, qui ont appris de lui, soient ses enfants n’avait donc pas d’intérêt, car ils ne pouvaient pas lui faire bénéficier d’une grandeur qu’il n’avait pas.
Cependant, Moché reconnut lui même que Nadav et Avihou, les fils de Aharon étaient plus grands que lui et Aharon. C’est donc à leurs propos qu’il est intéressant de signaler qu’ils étaient comme ses enfants, pouvant lui faire profiter de leurs grandeurs.
['Hatam Sofer]

-> Le Sifté ‘Hakhamim enseigne que Moché a reçu l'ordre de Hachem d'enseigner la Torah à toute la nation. Puisqu'il en avait un ordre explicite, il ne pouvait être considéré comme leur ayant donné la naissance en agissant ainsi.
D'un autre côté, il a choisi de lui-même d'enseigner individuellement la Torah aux enfant de Aharon, et pour cette raison ils étaient considérés comme ses enfants.

-> Le Netsiv dit que ce concept où l'on est considéré comme ayant donné naissance à celui à qui on a étudié la Torah, ne s'applique que pour la Torah Orale, qui est l'étude qui fait et créée véritablement une personne.

Moché n'a commencé à enseigner la Torah Orale à l'ensemble de la communauté juive que bien plus tard ("Moché commença à expliquer cette Torah" - Dévarim 1,5), et ceci explique pourquoi à ce moment tous les juifs n'étaient pas considérés comme ses enfants.
Cependant, puisqu'il avait déjà commencé à enseigner en privé la Torah Orale aux enfants d'Aharon, il était déjà considéré comme leur ayant donnés naissance.

-> Selon le Maharal, bien que Moché a enseigné la Torah à tous les juifs, il a sans aucun doute pris davantage de temps dans son emploi du temps surchargé pour étudier avec ses neveux, les enfants d'Aharon. Il a fait pour eux un effort supplémentaire en leur consacrant bien plus de temps et d'efforts qu'avec une personne "normale", en leur expliquant et révisant les leçons de la Torah avec eux.

Le Maharal dit qu'un parent est défini par sa volonté de fournir un effort supplémentaire. Un parent est toujours prêt à faire ce qu'il faut pour son enfant (peu importe le temps, les efforts nécessaires, ...).

Ainsi, le principe qu'enseigner la Torah à un enfant d'autrui, est considéré comme lui ayant donné naissance, ne s'applique que lorsque le rabbi/rav agit au-delà de ses simples obligations [d'enseignement, d'homme] et qu'il devient véritablement comme un parent de cet enfant.

"Les enfants d'Israël camperont, chacun sous sa bannière, selon les insignes de leur maison paternelle, à distance et autour du Ohel Moed, ils camperont" (Bamidbar 2,2)

-> Chaque bannière (de 3 tribus) possédait une couleur distincte [et, d'après le Targoum Yonathan, chaque bannière comportait les couleurs des 3 tribus qu'elle représentait]
Chaque tribu possédait également son propre drapeau, doté lui-même d'un emblème illustrant les traits dominants de son caractère.
Le drapeau de chaque tribau était de la couleur de la pierre la représentant sur le Pectoral du Cohen Gadol.
[Rachi]

-> Le midrach (Bamidbar rabba 2,10) enseigne que le campement d'Israël sur terre est la contrepartie de la Cour Céleste où le trône Divin est entouré de 4 groupes d'anges, à l'instar des 4 camps situés autour du Michkan.

-> "C'est des bannières (dégalim) du peuple juif que les nations du monde ont appris à faire des bannières/drapeaux colorés"
[midrach Bamidbar rabba 2,7 ]

-> Au-delà de l'unité, les bannières étaient le signe d'un amour de Hachem pour son peuple : https://todahm.com/2016/06/30/4611

-> "Les bannières ont cessé quand le peuple s'est dispersé à travers tout le pays pour le conquérir et ne campait plus autour du michkan. Par conséquent, la sainteté du camp d'Israël a cessé d'exister."
[Rachi - guémara Zéva'him 112b]

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-> "Le juste fleurira comme le palmier" (Téhilim 92,13)

"[Le palmier représente le peuple juif car] il ne contient pas de déchets : ses dattes sont mangées, ses feuilles sont utilisées comme loulavim à Souccot, ses branches séchées servent de sekha'h (toit) sur la Soucca, ses fibres sont torsadées pour faire des cordes, ses brindilles sont tressées en paniers et ses longues planches sont rabotées pour en faire des pièces de bois de soutient de la toiture.

De même, Israël ne contient pas de déchets : certains excellent dans la Torah, d'autres dans la michna, d'autre dans la Aggada, d'autres dans l'observance des mitsvot, d'autres dans les bonnes actions."
[midrach bamidbar rabba]

=> Les bannières mettaient en avant les qualités de chacune des tribus.

D'un côté, il faut suivre l'ordre de campement imposé par Hachem, mais d'un autre côté, chacun se doit d'utiliser au mieux ses particularités dans lesquelles il excelle.
Lorsque chacun est à sa place pour accomplir son rôle, n'empiétant pas sur celle d'un autre, ni ne le jalousant, alors la partition est sublime!

Tout comme chaque juif a une mission unique à remplir, chaque tribu a une tâche particulière à assumer.
L'unité du peuple juif et l'intégralité de ce que Hachem attend de nous ne peuvent être atteintes que si chaque individu remplit sa mission personnelle, sans usurper l'espace ou la tâche d'un autre (ex: par orgueil), car la mission de l'un ne correspond pas au caractère et au potentiel de l'autre.
Les bannières aident, par la visualisation, à se rendre compte de cela.

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-> Le rav Yaakov Kamenetsky (Émet léYaakov - Bamidbar 1,1) nous aide à comprendre la signification du Michkan.
Au début de la paracha de Bamidbar, la Torah montre le système d’identification de chaque tribu lors de leurs périples dans le désert. Chacune avait son propre drapeau, représentant son rôle et son caractère. Par exemple, un lion figurait sur le drapeau de Yéhouda, indiquant son statut de roi, le lion étant le roi des animaux.
Rav Kamenetsky souligne que ce système, pourtant simple, ne fut mis en place que lors de la 2e année après la sortie d’Égypte ; pourquoi fallut-il attendre un an entier pour l’instaurer?

Il répond que le Michkan aussi fut établi uniquement dans la 2e année qui suivit la sortie d’Égypte et il était impératif qu’il soit construit avant la mise en place du système des drapeaux. Pourquoi cela?
Le rav Kamenetsky explique que les divers drapeaux mettaient en relief de grandes différences entre chaque tribu. Les diverses couleurs et symboles connotent le mode de vie et les forces particulières à chacune. Par conséquent, le risque que les drapeaux entrainent séparation et divergence au sein de la nation juive était grand.
Chaque tribu avait sa propre philosophie et risquait de la canaliser vers des objectifs disparates, voire d’éventuels conflits entre elles. Pour éviter que cela se produise, il était primordial de garder un point de mire, rappelant aux tribus qu’elles ont toutes le même but : celui de la Avodat Hachem, même si les manières de l’atteindre sont différentes.
C’était l’un des objectifs principaux du Michkan : servir d’élément unificateur pour les divers éléments du peuple juif. Chacun a sa façon de voir les choses et divers rôles sont à remplir au sein de la nation, mais si tout le monde vise la même cible : celle de servir Hachem, nos différences n’ont aucune raison de se transformer en conflit ou en dissension. [au contraire elles sont des richesses, permettant au final d'encore mieux service Hachem]
Le rav Kamenetsky compare ceci au corps humain : les oreilles et les yeux ont des fonctions et des aptitudes très différentes, mais ne sont pas en compétition, parce qu’ils ont un objectif commun : ceux de permettre au corps humain de fonctionner correctement.

-> Le rav Yéhonathan Gefen ajoute :
Deux leçons primordiales sont à tirer de cela. Tout d’abord l’importance de l’unité au sein du peuple, mais savoir aussi qu’être uni ne signifie pas avoir les mêmes rôles et les mêmes forces que l’autre. Si c’était le cas, le peuple juif n’aurait pas pu remplir les myriades de responsabilités qui lui incombent en tant que Peuple élu. Certaines personnes sont plus aptes à étudier, d’autres à aider, d’autres encore sont douées pour l’enseignement, ...
De même, il existe différentes façons de servir Hachem, comme le montrent les diverses tendances et origines ; les Lituaniens, les ’Hassidim, les Sépharades, ...
Chacune donne sa propre saveur à la nation et contribue à sa Chlémout (perfection).

La guémara (fin du traité Taanit) nous permet de mieux comprendre cette idée. Elle affirme qu’à l’avenir, Hachem formera un cercle avec les hommes pieux (tsadikim). La Chekhina (Présence divine) sera au milieu et tout le monde pointera le centre en disant : "C’est Hachem en Qui nous avons espéré".
Les commentateurs analysent cette ronde formée par les tsadikim. Dans un cercle, chaque point est équidistant du centre. Aucun n’en est plus proche ou plus éloigné. Dans le futur, toutes les vaines discordes feront partie du passé. Hachem formera un cercle et en sera le centre et tous les vertueux de ce cercle, des divers "camps", montreront le centre du doigt et verront qu’ils servaient tous le même D. et en étaient équidistants.
Chaque point a une place différente sur le cercle, mais personne n’est plus rapproché que l’autre du milieu.

["Ils Me feront un Sanctuaire et Je demeurerai parmi eux" (Térouma 25,8) = on peut appliquer ce même pouvoir d'unification vers un objectif ultime. Nous devons savoir accepter qu'autrui aborde différemment que nous le chemin pour y parvenir, et en ce sens accepter et apprécier toute forme de service d'Hachem (tant que cela reste dans le cadre de la loi juive).
D'ailleurs, un juif ne doit pas être un robot (reproduisant machinalement ce qu'autrui fait), mais il doit vivre personnellement son judaïsme, en y mettant les sentiments qui font vibrer son cœur pour Hachem. Et en ce sens, chaque juif a à l'intérieur de lui ("Je demeurerai parmi eux") une approche unique, un relationnel unique avec son papa Hachem.]

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-> "Chaque homme selon sa bénédiction, il les a bénis" (Vayé'hi 49,28)

Le Or ha'Haïm haKadoch explique que la façon dont Yaakov a béni chacun de ses fils montre que les bénédictions convenaient à la personnalité et aux actes de chacun car chaque personne a un trait particulier qui la distingue de ses semblables.
Pour certains, ce trait peut être la prêtrise, pour d'autres la royauté, pour d'autres la Torah, la force, la richesse, le succès, ...

En bénissant ses fils, Yaakov inspiré par l'esprit prophétique a donné à chacun la bénédiction qui lui convenait en fonction de ses dispositions positives et négatives sans changer leur destinée.

=> Tâchons d'avancer dans la vie sous la bannière du peuple juif qui nous convient le mieux (être réellement soi-même), afin d'enrichir la collectivité par notre individualité.

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-> b'h, Nous allons voir un dvar Torah du Ben Ich 'Haï (Aderet Eliyahou - Balak 23,10).

Lorsque le peuple d'Israël était divisé selon des bannières, il y avait 4 groupes différents.
Le mot : ישראל a une guématria de 541. Si on le divise par 4, on obtient : 135, ainsi que 1 (représentant le fait que c'est le seul peuple véritablement uni).

Lorsque ces 4 groupes (valeur de 135) se tournent vers l'Unique, il invite le 1, et arrivent à 136, qui est la guématria de : kol (קול).
C'est une allusion au fait que la force d'Israël se tient dans sa "voix" lorsqu'il étudie la Torah (akol kol Yaakov - יעקב קול הקול - Béréchit 27,22).

Il y a 4 groupes de : "kol", comme les 4 niveaux de la Torah : le pchat, le rémez, le drach et le sod.

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+ "Bila'am leva les yeux et vit Israël camper selon ses tribus" (Balak 24,2)

-> "Cela fait allusion aux bannières. Il leva les yeux et dit : 'Qui est capable de toucher à ce peuple? Ils reconnaissent leurs ancêtres et les membres de leur famille! ...
Les bannières étaient à la fois une mesure de grandeur et une frontière pour le peuple juif"
[midrach Bamidbar rabba 2,4]

-> Les 12 tribus étaient répartis en 4 groupes, ayant chacun sa bannière.
Ce système de bannières a été établi par Yaakov, au moment où il a demandé à être enterré en Israël.
Il a alors enseigné à ses enfants l’emplacement de chacun au moment où l’on portera son cercueil.

Lorsque Yaakov a donné ses bénédictions à Ménaché et Ephraïm, il est dit : "II plaça Ephraïm avant Ménaché." (Béréchit 48,20).
Rachi commente : afin de placer Ephraïm avant Ménaché dans la formation des bannières.
C'est ainsi, que l’on trouve dans notre paracha : "La bannière du camp d’Ephraïm, avec ses légions, occupera le couchant … Près de lui, la tribu de Ménaché." (Bamidbar 2,18-20)

-> "[Au moment d'établir les bannières, Hachem dit à Moché :] Je ne dis rien de nouveau : leur place dans le camp leur a été attribuée par leur père Yaakov. Ils disposeront leur camp autour du michkan de la même façon que leurs pères se sont placés autour du cercueil de Yaakov pour l'emporter d'Egypte en terre d'Israël".
[midrach Bamidbar rabba 2,8]

=> La vision des bannières rappelait à chaque juif ses racines et sa généalogie, et cela transmet de la grandeur.
(à la vue de notre bannière, on vient à penser : étant un descendant direct des Patriarches, comment puis-je me comporter ainsi! ; ayant une telle ascendance, c'est sûr que je peux faire de grandes choses dans ma vie!).

Les bannières rappellent que nos désirs égoïstes passent au second plan, et que nos désirs doivent être en accord avec l'objectif commun : témoigner de l'honneur à Hachem.

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-> b'h : Un dvar Torah sur ce sujet : https://todahm.com/2013/10/27/panneau-dinterdiction-de-maudire

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-> "Rangés chacun sous une bannière distincte, d’après leurs tribus paternelles, ainsi camperont les enfants d’Israël ; c’est en face et autour de la Tente d’assignation (Ohel Moéd) qu’ils seront campés" (Bamidbar 2,2)

Le Ben Ich ‘Haï lit dans ce verset l'allusion suivante : Hachem promet à ceux qui s’impliquent dans la mitsva de tsédaka et veillent à apporter la subsistance à leurs frères pauvres et affamés qu’en retour, Il aura pitié d’eux et les rapprochera de Lui plus que tous.

Cet enseignement s’appuie sur celui de nos Sages (guémara Shabbat 104a) au sujet de la valeur symbolique des lettres Guimel et Dalet, faisant respectivement allusion aux mots gmoul (récompense) et dalim (pauvres).
Tel est donc le sens de notre verset : le terme minégued (en face - מִנֶּגֶד) peut être décomposé en min (de) et Guimel-Dalet, signifiant alors : "de cette sublime mitsva de gmoul dalim", de se soucier du gagne-pain des démunis, on aura l’insigne mérite de camper "autour de la Tente d’assignation", à savoir de jouir continuellement de la grâce et de la Miséricorde Divines.

"Tous les recensements des Lévi’im … chaque mâle âgé d’un mois et au-delà, furent de 22 000" (Bamidbar 3,30)

=> Pourquoi est-ce que la plus sainte tribu des Lévi'im est également la moins nombreuse?

-> Il est écrit : “à mesure qu’ils l’accablaient ainsi il se multipliait” (Chémot 1,12)
Rachi : Plus ils tourmentaient les juifs, plus ceux-ci se multipliaient.
Ainsi, le Ramban explique que puisque la tribu de Lévi était exempte de l’esclavage en Egypte, ils n’ont pas mérité la bénédiction de donner naissance à 6 enfants en même temps.
[n'étant pas persécutés, ils ne se sont pas multipliés de façon surnaturelle.]

-> Dans le texte, le Ramban (Bamidbar 3,14) écrit :
"Le nombre des Lévites est de loin inférieur à celui des autres tribus. Cela est très étonnant! Comment les plus fidèles serviteurs d'Hachem qui furent davantage bénis par Lui ne seraient-ils pas comme toutes les autres tribus?
La question prend encore plus de vigueur en sachant que si toutes les tribus furent recensées à partir de l'âge de 20 ans, les Lévites, eux, le furent à partir d’un mois. Et malgré tout, le compte des autres tribus est de loin supérieur à celui des Lévi'im.
Il me semble donc que cela vient confirmer ce qu'enseignent nos Sages : ‘La tribu de Lévi ne fut pas réduite à l'esclavage et soumise aux durs travaux en Egypte.’ Or, les Bné Israël eurent la vie amère à cause des Egyptiens ils voulaient de cette manière en réduire le nombre. C'est pourquoi Hachem les faisaient se multiplier pour contrecarrer ce décret, comme il est dit : ‘Plus on l'opprimait, plus il se multipliait et débordait’ (Chémot 1,12)
Cependant, les Lévi'im, eux, se multipliaient de façon ordinaire et leur nombre n'augmenta pas miraculeusement comme celui des autres tribus".

Le rav Elimélé'h Biderman ajoute :
Ce commentaire du Ramban constitue un grand principe dans la Torah, qui concerne chaque individu en particulier et la communauté en général : "Plus on l'opprimait, plus il se multipliait et débordait", vient enseigner que les épreuves et les vicissitudes de l'existence sont une préparation à un bien à venir.

-> Le Ohr ha’Haim haKadoch répond que lorsque Pharaon a décrété que tous les bébés mâles juifs soient tués, Amram (le père de Moché et responsable de la tribu de Lévi) a divorcé de sa femme, et le restant des Lévi’im ont suivi son exemple.
Bien que par la suite Amram s’est remarié avec sa femme, il se peut que de nombreux autres Lévi’im n’ont pas procédé de la sorte, et cela a entraîné que leur population était nettement moins nombreuse.

-> Le Beit haLévi suggère que puisque la tribu de Lévi était soutenue par les autres juifs, par le biais de donations de dîme (maaser), Hachem a fait en sorte que leur tribu soit la moins nombreuse pour ne pas accabler le restant de la nation.

[même si Hachem pouvait désirer davantage de juifs étudiant la Torah, cela ne devait pas se faire au détriment des autres juifs qui auraient alors davantage d’efforts à déployer pour venir en aide matériellement à leurs frères Lévi’im]

-> Le Nétsiv (HaEmek Davar) est d’avis que les Lévi’im étaient déjà choisis pour servir Hachem, et ainsi ils étaient jugés avec davantage de sévérité, entraînant que leur nombre global soit réduit en raison de leurs fautes, puisqu'étant punis immédiatement par la peine de mort.
Il commente également : Il y a un principe connu selon lequel toute chose qui est belle et chère, sa croissance dure plus longtemps et il est difficile de la matérialiser. C’est pourquoi la tribu de Lévi, qui était la plus noble, a grandi moins vite, jusqu’à ce qu’on arrive en Erets Israël.

-> Le rav El’hanan Wasserman (Kovetz Maamorim) écrit que Hachem a créé le monde de telle manière que tout ce qui est plus noble est également plus rare [à trouver].
De même que les animaux dépassent en nombre les êtres humains, de même il y avait davantage de non Lévi’im que de Lévi’im.

-> Rachi (Vayétsé 29,34) explique le petit nombre d’hommes de la tribu de Lévi par le fait qu’ils portaient l’Arche sainte et qu’elle causait de nombreux décès.

-> Le rav Its'hak Abrabanel enseigne :
"Il me semble que la quantité des bnei Israël était due à la providence Divine et répondait à un grand besoin. S’ils avaient été peu nombreux, ils n’auraient pas pu conquérir le pays et le cultiver, les bêtes sauvages auraient été plus fortes qu’eux. C’est pourquoi la providence Divine a voulu les multiplier de façon miraculeuse, car c’était une merveille que pendant les 210 ans où ils ont été en Egypte ils se soient tellement multipliés, au point de pouvoir conquérir le pays et l’occuper.
Mais comme la tribu de Lévi étaient destinée à se consacrer au culte sacré, et devait se nourrir du ma’asser car elle n’aurait pas de part dans la terre, la sagesse divine ne l’a pas multipliée autant que les autres tribus, car si les lévi'im avaient été nombreux, ils n’auraient pas eu de pain à manger ni d’endroit où s’installer, c’est pourquoi ils n’ont augmenté qu’en fonction de leurs besoins, c’est-à-dire en fonction de leurs attributions et pas davantage.

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-> Compte les enfants de Lévi ... à partir de un mois tu les compteras" (Bamidbar 3,15)

=> La fonction des Lévi'im étaient de garder le Michkan. Ainsi, comment un nourrisson de un mois peut-il garder quoi que ce soit?

Cela prouve que la garde du Michkan n’était pas une garde physique, par des gens physiquement forts, mais c’était spirituel.
Ce n’était pas par la force de leurs corps que les Lévi'im ont gardé le Michkan, mais par leur sainteté et leur grand niveau spirituel. Or, les Lévi'im disposent de ces dimensions déjà dès leur naissance.
[Avné Ezel]

Ceux qui pensent qu’il est possible de garder les biens de la nation juive uniquement par la force et l’exercice du pouvoir se trompent lourdement. Seule la sainteté des surveillants et leur force spirituelle sont en mesure d’assurer une protection contre toute calamité, dans l’esprit du verset : "Si Hachem ne garde pas une ville, c’est en vain que la sentinelle veille avec soin" (Téhilim 127, 1).

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-> "Ils garderont sa garde" (Bamidbar 3,7)

=> Ce verset indique que les Léviim étaient dénombrés dès l'âge de 1 mois, contrairement au reste du peuple juif, dénombré lui, à partir de l'âge de 20 ans. Les Léviim avaient notamment pour fonction d'effectuer la garde autour du Michkan, d'en assurer la protection. Mais comment un nourrisson âgé de 1 mois pouvait-il déjà assurer une protection quelle qu'elle soit?

Parce que les Léviim disposaient d'une sainteté intrinsèque dès leur naissance. Leur sainteté qui les caractérisait, faisait d'eux les responsables pour démonter, transporter, et rassembler le Sanctuaire sur le prochain campement. Ils avaient donc la responsabilité d'assurer la protection du Michkan.
Ce qui compte le plus pour qu'Hachem fasse résider Sa Présence Protectrice en Israël, est que les juifs se renforcent dans la sainteté. La protection physique est certes nécessaire, comme démarche naturelle pour bénéficier de la Protection Divine. Mais l'essentiel émane de la protection spirituelle. Une fois celle-ci assurée, la protection physique suivra. Sans la protection spirituelle, la protection physique fera défaut.

Même si tous les moyens naturels sont mis en place dans ce but. Mais lorsqu'un homme juif se consacre à l'étude de la Torah, à la prière, aux bonnes actions, tous ses actes spirituels constituent l'essentiel de sa protection.
La protection qu'un homme peut obtenir par sa sainteté, dépasse de loin la protection physique et matérielle (même s'il est armé). Car le Véritable Protecteur d'Israël, c'est Hachem.
De même, concernant la situation en Terre Sainte, il y a certes une nécessité que des soldats assurent la sécurité matérielle. Mais l'essentiel de leur réussite ne peut être obtenue que par le mérite des personnes parmi le peuple, qui veillent à la protection spirituelle. Elles assurent cette protection par un investissement spirituel accompli dans l'étude, la prière et les Mitsvot. Sans cette partie du peuple, la sécurité matérielle du pays ne peut plus être assurée.
[Avné Ezel - rapporté par le rav Mikaël Mouyal]

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+ "Par tête" (Bamidbar 1,2)

=> En revanche, pour le compte des Lévi'im, il n’est pas dit qu’il soit fait [un compte] "par tête". Pourquoi cette différence?

En réalité, la guémara (Ména'hot 37a) parle de l’existence d’individus qui ont 2 têtes. C’est ce qu’on appelle des siamois.
Seulement, nos Sages disent que ces individus ne peuvent pas vivre plus que 12 mois.

Ainsi, les juifs qui furent comptés à partir de 20 ans, pouvaient être comptés par tête, car ils n’avaient pas le risque d’avoir des siamois. [ne vivant que 12 mois maximum]
Mais les Lévi'im, qui étaient comptés depuis un mois, pouvaient avoir ce risque de compter un bébé avec 2 têtes. C’est pourquoi, il n’est pas dit qu’ils soient comptés par tête, pour ne pas qu’on compte pour deux ce genre de personnes.
['Hatam Sofer]

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-> "Pour ce qui est de la tribu de Lévi, tu ne la recenseras ni n’en feras le relevé en la comptant avec les autres enfants d’Israël" (Bamidbar 1,49)

=> Pourquoi les membres de Lévi ne devaient-ils pas être comptés avec ceux des autres tribus?

-> Rabbi David Pinto (la voie à suivre n°1033) enseigne :
"La Guémara (Baba Batra 121a) explique que la légion du Roi mérite d’être recensée à part.

En d’autres termes, il s’agit de la tribu d’élite, jouissant d’une affection particulière de la part d’Hachem pour ne pas avoir pris part à la faute du Veau d’or. Ils étaient les dirigeants spirituels des Hébreux, ainsi que le souligne Moché : "ils enseignent Tes lois à Yaakov et Ta doctrine à Israël" (Dévarim 33,10).

C’est ce que souligne le Rambam (Hilkhot Chemita Véyovel 13,12) : "La tribu de Lévi a été distinguée des autres pour servir Hachem et enseigner à la multitude Ses voies rectilignes et Ses lois justes, comme il est dit : “Ils enseignent Tes lois à Yaakov”. C’est la raison pour laquelle ils ont été écartés de la vie séculière, ne participent pas aux guerres comme le reste du peuple et n’ont pas de patrimoine [en Terre Sainte], ils ne disposent pas librement de leur corps ; ils représentent la légion d’Hachem, comme il est dit : “Bénis, Hachem, sa troupe” (ibid., verset 11). Mais ils peuvent se prévaloir d’un lien privilégié avec Lui, comme il est dit : “Je suis ta part et ton héritage”."

Ce sont essentiellement les membres de Lévi qui brandissaient l’étendard de la Torah, et c’est pourquoi le Créateur a choisi de leur accorder une plus grande proximité.

Il me semble par ailleurs que le nom de cette tribu en souligne l’essence, puisqu’il est de même racine que le mot livouï, indiquant la notion d’accompagnement. Et, comme le note la Torah lors de la naissance de son père fondateur, "désormais, mon époux me sera attaché ... C’est pourquoi on l’appela Lévi" (Béréchit 29,34).
En d’autres termes, cette tribu, étant la plus honorable, avait droit au privilège d’"escorter" Hachem, de même que seuls les ministres les plus importants, qui occupent les postes-clés au sein du Royaume peuvent prétendre à l’insigne honneur d’accompagner Sa Majesté lors de ses déplacements.

Cependant, le Rambam ajoute, dans le passage cité plus haut : "En fait, ce n’est pas seulement la tribu de Lévi, mais tout homme qui choisit librement de se consacrer à se tenir devant Hachem, à Le servir et Le connaître, se sanctifie au niveau suprême de sainteté". Comme s’il appartenait à la tribu de Lévi ...

Mais comment peut-on le considérer comme tel alors qu’il appartient à une autre tribu?

Du fait de son aspiration intense à porter l’étendard de la Torah et à se consacrer à Hachem ainsi qu’à Sa Torah comme les autres membres de Lévi, il devient dès lors aussi honorable, important et digne d’être enrôlé dans la légion du Roi. Il mérite d’être considéré comme un descendant de Lévi, faisant partie de l’escorte royale."

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=> Pourquoi les Lévi'im marchaient-ils pieds nus?

-> Dans le midrach, nos Sages affirment que la tribu de Lévi était la plus digne du peuple juif, parce que ses membres, qui portaient les ustensiles du tabernacle, marchaient pieds nus, contrairement à ceux des autres tribus qui avaient des souliers.

Rabbi Chmouel Benzaken (Pri Ets Hagan), l’un des Rabbanim de Fès, demande en quoi le fait de marcher pieds nus était louable, alors que, dans la guémara (Shabbat 129a), il est écrit : "Rabbi Yéhouda affirme, au nom de Rav, que l’homme doit être prêt à vendre les murs de sa maison pour s’acheter des chaussures".
Rachi explique : "Il n’existe rien de plus humiliant que de marcher pieds nus dans la rue".

Il répond qu’on ne doit certes pas se mépriser, mais, si on le fait pour l’honneur Divin, alors c’est considéré comme une vertu, conformément aux paroles du roi David devant l’arche d'Hachem : "Et volontiers, je m’humilierai davantage et me ferai petit à mes propres yeux" (Chmouel II 6,22).
Telle est peut-être la signification de l’enseignement de la michna : "Tout celui qui respecte la Torah suscitera le respect des créatures" (Pirké Avot 4,6) = même celui qui bafoue son honneur, s’il le fait pour rehausser celui de la Torah, il en retirera le respect des autres. A l’inverse, quiconque se glorifie devant Hachem ne fait que se rabaisser.

=> C’est pourquoi nos Sages louent les membres de la tribu de Lévi, prêts à se rabaisser en marchant pieds nus, afin d’honorer le tabernacle par égard pour la Présence Divine qui y résidait.

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-> "Les Lévi'im seront à Moi, Je suis Hachem" (Bamidbar 3,45)

Le Ohr ha’Haïm haKadoch écrit que le verset se termine par "Je suis Hachem" parce que "le service de Hachem reviendra aux aînés dans l’avenir", mais avec tout cela, les Lévi'im ne cesseront pas d’être saints pour Hachem.
C’est pourquoi la Torah dit en allusion "les Lévi'im seront à Moi, Je suis Hachem", c’est-à-dire : de même que Mon Nom demeure à jamais, les Lévi'im seront à Moi à jamais.

"Depuis l’âge de 20 ans et au-delà, quiconque part pour l’armée en Israël, vous les compterez" (Bamidbar 1,3)

- Selon le Ramban : avant cet âge de 20 ans, l’homme n’est pas suffisamment fort pour affronter l’ennemi.

- Selon la guémara (Baba Batra 121b) : les hommes âgés de plus de 60 ans n’étaient pas inclus dans le dénombrement.

=> Est-ce que ceux qui étaient malades au point de ne pas pouvoir partir à la guerre étaient inclus dans le compte?

-> Le Sifté ‘Hakhamim écrit que les juifs (entre 20 et 60 ans) qui étaient maladies et incapables d’aller à la guerre, étaient quand même inclus dans le compte.

-> Le Gaon de Vilna et le Nétsiv ne sont pas d’accord, et sont d’avis que la capacité de servir dans l’armée était un prérequis pour être inclus dans le recensement, et cela explique pourquoi les mots : "quiconque part pour l’armé", sont répétés constamment en rapportant les détails du recensement.

-> Le Ohr ha’Haïm haKadoch suggère que ces mots ne sont répétés que pour nous apprendre qu’à ce moment tous les hommes au-delà de 20 ans étaient forts, en parfait santé et donc aptes à servir dans l’armée juive. La question ne se posait même pas!

"Pour la tribu de Réouven : 46 500 ... pour la tribu Chimon : 59 300 ... pour la tribu de Gad : 45 650 ... pour la tribu de Yéhouda : 74 600 ..." (Bamidbar 1,21-26)

Le recensement de toutes les tribus est un multiple de 100, sauf pour celle de Gad qui est un multiple de 50.
=> Est-il possible que chacune des tribus avait un nombre aussi précis, ou bien la Torah a-t-elle arrondi le total du recensement au 50 ou 100 le plus proche?

-> Le Imré Noam (cité dans le Chaaré Aharon 1,21) est d'avis que la Torah n'est pas précise sur les petits nombres, et il suggère que le recensement de chaque tribu a été arrondi à la centaine la plus proche.
Puisque la tribu de Gad avait précisément 45 650 personnes, ce compte ne pouvait pas être arrondi autrement.

Comme preuve que la Torah arrondi les nombres, il cite le commandement de compter le Omer : "vous compterez 50 jour" (Emor 23,16), alors que nous comptons réellement 49 jours.
De même, il est écrit que le tribunal condamnera une personne ayant transgressée un commandement négatif à : "40 [coups de fouet], il le frappera" (Ki Tétsé 25,3), mais en pratique selon nos Sages on doit en donner 39 coups.

Le Messekh ‘Hokhma (Bamidbar 3,16) est également du même avis.

-> Le rav 'Haïm Kanievsky (Déré'h Sichah) rapporte qu'au début il pensait que les nombres du recensement des tribus étaient arrondis, mais lorsqu'il a mentionné cela à son père, le Steïpler, il lui a répondu qu'un nombre écrit dans la Torah se doit d'être exact. Hachem doit avoir une raison au pourquoi Il a miraculeusement causé que chaque tribu était composée d'un tel total de personnes.

"Rangés chacun sous une bannière distincte, d’après leurs tribus paternelles, ainsi camperont les enfants d’Israël" (Bamidbar 2,2)

-> Le rav Aharon Kotler (michnat Rabbi Aharon) en déduit le principe suivant : toute démarche liée au service divin et aux règles de sainteté exige ordre et structuration.
Si l'ordre ne règne pas, les valeurs spirituelles les plus élevées risquent d'être corrompues.
En témoigne la guémara (Arakhin 11b) qui statue : "Un Lévi dont la tâche est de chanter et qui se chargerait de fermer une porte [rôle attribué à d'autres Lévi'im] serait passible de mort".

Le midrach (Bamidbar rabba 5,1) rapporte que tous les enfants de Lévi souhaitaient participer au transport de l'Arche, si bien qu'on assista à des accrochages entre plusieurs membres de cette tribu.
Une grande confusion s'ensuivit, l'atmosphère perdit en gravité, et l'Arche sainte eu égard à sa sainteté causa la mort d'un certain nombre d'entre eux.

Ainsi, par manque d'attribution des rôles, les lévi'im en vinrent à se disputer le privilège de porter l'Arche, entraînant de l'irrespect à la place de la solennité respectueuse.
L'édifice le plus saint au monde, devint aux yeux des hommes, la cause d'une conduite répréhensible.

=> C'est par le mérite de l'harmonie (suivre la partition Divine de la Torah) qui régnait parmi les enfants d'Israël qu'ils furent jugés aptes à recevoir la Torah .

[face au mont Sinaï : "comme un seul homme, animés d'un même cœur" => chaque juif était à sa place, à l'image d'un corps humain où chaque organe est à sa place, jouant son rôle unique et indispensable pour le bon fonctionnement global.]

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-> "L'absence d'ordre conduit à la confusion. Or, une personne confuse dans sa vie et dans son quotidien le sera aussi dans son service divin."
[rav Zoundel de Salant - rapporté dans le Tnouat haMoussar - tome I p.132]

-> "Dans la yéchiva du Saba de Kelm, l'ordre n'était pas considéré comme accessoire : il s'agissait d'une qualité fondamentale, du reflet de l'état moral de chacun.
Si quoique ce soit dans l'aspect extérieur d'une personne est inadéquat, c'est la preuve qu'elle souffre d'un problème intérieur.

Si ses affaires sont désordonnées, ses pensées le sont donc également.
Si quelqu'un ne veille pas à la propreté de sa maison, c'est qu'il néglige aussi la pureté de son âme.

A cet égard, dans la yéchiva de Kelm, le moindre manquement à l'ordre suscitait de véritables tollés.
Si un élève faisait preuve de nonchalance dans sa conduite, ou s'il n'accordait pas d'importance, par exemple, au fait que l'eau avait été renversée sur le sol, on en concluait qu'il était laxiste par nature, et qu'il ne faisait guère cas de la qualité de ses actes et de ses pensées.

Si untel ne rangeait pas convenablement ses chaussures à leur place, c'était la preuve qu'il était aussi brouillon et désordonné dans ses pensées et dans son comportement.

Un jour, le rav Sim'ha Zissel (le Saba de Kelm) alla rendre visite à son fils rav Na'houm Zéev. On raconte qu'en arrivant dans la ville (proche de Vilna), il se rendit directement à l'auberge où était installé son fils, et il vérifia l'état de sa valise.
C'est seulement après qu'il eut constaté que ses affaires étaient correctement rangées, qu'il alla retrouver son fils.

Le Saba de Kelm ne contrôla pas ses connaissances en guémara, il ne prit pas de renseignements sur sa conduite. En effet, la manière dont il prenait soin de ses effets personnels lui suffit pour savoir que tout allait bien pour lui."

[rapporté dans le Tnouat haMoussar]

"Hachem parla à Moché dans le désert du Sinaï" (Bamidbar 1,1)

-> Le midrach (Bamidbar rabba 1,7) cite les paroles de nos Sages :
"Avec 3 choses la Torah a été donnée : avec le feu, avec l'eau et avec le désert ... et pourquoi cela?
De même que ces 3 choses sont gratuites, libres pour tout le monde, de même les mots de la Torah sont libres pour tous."

-> Le midrach (Bamidbar Rabba 1,7) enseigne : La Torah a été donnée par l’intermédiaire de 3 éléments : le feu, l’eau et le désert. Pour quelle raison?
De même que ces trois éléments sont gratuits, de même la Torah est gratuite et appartient à celui qui la désire, comme il est écrit : "vous tous qui avez soif, venez aux eaux" (Yéchayahou 55,1).

Autre explication [du midrach] : La Torah a été donnée dans le désert, pour enseigner : "Celui qui ne s’abaisse pas au point d’être comme un désert [humble et ouvert à tous], est inapte à acquérir la Sagesse et la Torah".
C’est pour cela qu’il est écrit [au début de la paracha] : "Dans le désert du Sinaï" (Bamidbar 1, 1).
Aussi, la guémara (Erouvin 54a) enseigne : "Celui qui se comporte comme le ‘désert’ [sans fierté], qui est piétiné de tous, recevra la Torah en cadeau."

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-> Le Maguid de Doubno fait remarquer que le feu, l'eau et le désert, sont 3 qualités nécessaires pour toute personne souhaitant grandir en Torah :
- le feu = nous devons être enflammés dans notre service divin ;
- l'eau = nous devons être assoiffés de mots de Torah, comme nous pourrions l'être [de l'eau] en plein désert ;
- le désert : nous devons savoir se satisfaire de peu et se libérer du matérialisme, comme le désert (lieu vide et à l'écart de tout).
Chacun en fonction des besoins qui lui sont véritablement nécessaires : "Telle est la voie qui mène à la Torah : de pain et de sel tu te nourriras, de l’eau avec mesure tu boiras, sur le sol tu dormiras, une existence de peine tu vivras, et dans [l’étude de] la Torah tu te dépenseras." (Pirké Avot 6,4)

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-> Le Mahari Assad explique :
Pourquoi par l’eau? L’eau fait allusion à la fraîcheur. Quand l’homme court pour commettre une faute, qu’il soit refroidi et évite de la commettre.
Le feu symbolise la chaleur. Quand l’homme va faire une mitsva, qu’il la fasse chaleureusement.
Le désert (midbar) : quand on se trouve avec des gens qui disent (médabrim) des futilités (il ne s’agit pas de paroles interdites, mais seulement de choses futiles), qu’il reste assis en silence.

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-> Le Sfat Emet nous dit que le feu a pour particularité de tendre vers le haut. Il est allumé en bas et s’élève vers les hauteurs. A l’inverse, l’eau est un élément qui descend du haut vers le bas, du ciel vers la terre, comme la pluie. Enfin le désert, est un élément statique, constitué de sable.
Nous avons donc ici l’enseignement suivant : pour acquérir la Torah, il faut posséder le feu. C’est-à-dire l’enthousiasme et la joie. Cet enthousiasme a son point de départ sur terre, il naît en l’homme et va s’élever très haut, vers le Créateur. Indispensable, cet élan ne suffit pas toujours à s’élever. Il lui faut une aide du Ciel. Cette aide de D. est représentée par l’eau. Elle sera uniquement accordée en réponse à l’enthousiasme de l’homme. L’eau représente l’humilité. C’est seulement vers celui qui a conscience de sa condition et de ses lacunes que l’eau pourra se répandre. Comme on le sait, cette eau ne restera pas au point culminant, mais descendra vers le point le plus bas.
L’homme doit donc être enthousiaste ; mais ce feu intérieur ne doit pas se conjuguer avec l’orgueil. Plus on est humble, plus D. nous enverra son aide, à l’instar de Moché et du Mont Sinaï.
La troisième condition pour recevoir la Torah : prendre de la distance avec la matière. Cette distance, ce décalage, c’est le symbole du désert. Celui-ci représente la capacité de se défaire de tout ce qui fait écran entre nous et D. : c’est se séparer du matériel. Ainsi, c’est uniquement par ces 3 éléments que la Torah fut donnée jadis et c’est par leur intermédiaire que nous pouvons nous préparer au mieux au jour de Shavouot.

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-> Le Maharam (rabbi Shapira de Lublin) enseigne :
Ce qui caractérise le peuple d’Israël est que depuis le jour où il est devenu un peuple, il a toujours manifesté du dévouement pour la Torah et la foi.
Cette force et cette caractéristique du peuple d’Israël se manifestent essentiellement par 3 événements de leur histoire :
1°/ Avraham, l’ancêtre du peuple, a été jeté dans une fournaise ardente à cause de sa foi pure, qu’il répandait parmi les hommes. Il a ainsi implanté la force du dévouement absolu chez sa descendance après lui.
2°/ vient ensuite l'événement de la mer Rouge qui s’est fendue. Alors, un peuple entier a sauté dans la mer déchaînée, selon l’ordre de D., "qu’ils marchent".
3°/ les bnei Israël sont allés dans un désert aride rempli de bêtes nuisibles, de serpents et de scorpions, sans nourriture et sans eau, pendant longtemps, uniquement à cause de leur amour et de leur dévouement à D. et à Ses prophètes, comme le dit le verset : "Je me souviens pour toi de la générosité de ta jeunesse, de l’amour de tes fiançailles, quand tu M’as suivi dans le désert, un pays désolé" (Yirmiyahou 2,2).

=> Grâce à ces 3 épreuves, du "feu" de la fournaise, de l’"eau" de la mer Rouge et du "désert" où les bnei Israël ont marché avec dévouement pour suivre la parole de D., la Torah leur a été donnée comme une acquisition éternelle.
Ces 3 épreuves, sacrifices de soi, sont le gage le plus assuré de l’existence éternelle du peuple d’Israël.

=> Puisque le peuple juif a fait preuve de "messirout néfech" (don de soi) et d’émouna, pour chacune de ces épreuves, il a mérité la Torah comme possession éternelle, garantissant ainsi sa propre éternité.

[ainsi notre vie juive passent par de nombreux moments de joie/fêtes, mais également par des moments de sacrifices, qui sont certes difficiles sur le moment, mais au final de très belles choses en sorte (à l'image du don de la Torah).
Les épreuves nous permettent d'exprimer notre réel degré amour pour Hachem, notre fidélité en actes à son égard, et en les passant avec succès, Hachem nous comble d'infinies bénédictions en récompense. ]

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+ On ne peut recevoir la Torah sans émouna :

-> Rabbi Leibele Eiger (Torat Emet) enseigne :
La Torah raconte que ce fut dans le désert que D. se dévoila pour la première fois à Moché, ce qui marqua alors le début de la délivrance et de la sortie d'Egypte, comme il est dit : "Et Moché faisait paître le bétail de son beau-père Yitro, prêtre de Midian. Il avait conduit le bétail au fond du désert à la montagne de D., au mont 'Horev [autre nom du mont Sinaï]".
De même, le début de la préparation au don de la Torah eut lieu dans le désert, comme il est dit : "En ce jour-ci, ils (les Bné Israël) vinrent dans le désert du Sinaï ; ils étaient partis de Réfidim et arrivèrent dans le désert du Sinaï, et ils campèrent dans le désert" (Yitro 19,1-2).

Rabbi Leibele Eiger explique : le désert est un lieu impropre à l'ensemencement, au labourage et à la récolte.
Ce lieu évoque l'effacement de toutes les forces humaines et de toutes celles de la nature.
En effet, il est impossible d'y faire pousser le moindre végétal et donc, par conséquent, de s'imaginer que "c'est à la force du poignet que j'ai réussi". Au contraire, on y prend conscience qu'aucune force dans le monde n'existe en dehors
d'Hachem.
C'est à cette fin que le début de la délivrance eut lieu dans cet endroit, afin de suggérer que, lorsque l'homme se rend compte que le monde est à l'image du désert, il mérite alors la délivrance dans tous les domaines le concernant.
Car la émouna pure dans le fait que Hachem dirige le monde est en elle-même une raison d'amener la délivrance dans le monde.

Il en est de même du don de la Torah : lorsqu'ils arrivèrent au mont Sinaï et qu'ils réalisèrent qu'ils ne détenaient aucune force propre, les Bné Israël devinrent prêts à recevoir la Torah. Car recevoir la Torah dépend du niveau de émouna d'un homme.
Hachem, Lui-même, le déclara en effet, avant le don de la Torah (Yitro 19,4) : "Vous avez vu ce que J'ai fait à l'Egypte et comment Je vous ai portés sur les ailes de l'aigle et amenés jusqu'à Moi" = comme "Vous avez vu" et que le fait que c'est Moi qui ai tout fait ("ce que J'ai fait à l'Egypte et comment Je vous ai portés sur les ailes de l'aigle et amenés jusqu'à Moi") s'est imposé à vous comme une vérité, cela vous rend désormais aptes à recevoir la Torah.

C'est ainsi que l'on doit se préparer à recevoir la Torah, en enracinant en nous la émouna que personne n'est en mesure de faire quoi que ce soit, en bien ou en mal, à son prochain.
Pour reprendre les mots du Or Ha'haïm : "Par quel moyen l'homme doit-il se préparer à cette union (entre lui et la Torah)? En se faisant comme un désert, à savoir, en ayant toujours présent à l'esprit qu'il n'existe aucune autre force dans le monde susceptible de lui venir en aide, en dehors de la Source de toute chose et de tous les mondes".

-> De son côté, le rav Elimélé'h Biderman enseigne :
laTorah commence par les deux premiers commandements que nous avons entendus de la bouche même d'Hachem : "Je suis Hachem" et "Tu n'auras pas d'autre D. que moi", car c'est seulement une fois que l'homme possède cette foi, qu'il convient de lui ordonner tous les préceptes et toutes les lois.
C'est aussi pour cette raison qu'Hachem se dévoila à eux en tant que Maître Unique du monde dont l'Unicité n'avait aucun égal, comme il est écrit : "Et il t'a été ainsi montré afin que tu saches qu'Hachem est D., et qu'il n'y en a pas" (Vaét'hanan 4,35).
Et Rachi d'expliquer : "Lorsque Hachem donna la Torah, Il ouvrit les sept cieux, les cieux supérieurs comme les cieux inférieurs, et ils virent alors qu'Il était Unique, c'est pourquoi il est écrit : "Et il t'a été ainsi montré"."
=> Il est certain que Hachem n'ouvrit pas les cieux supérieurs comme les cieux inférieurs pour rien, mais seulement afin de renforcer la émouna et de l'enraciner dans le cœur de tout Israël jusqu'à la fin des temps, afin qu'ils soient aptes à recevoir la Torah.

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-> "Hachem parla à Moché dans le désert de Sinaï" (Bamidbar 1,1)

Le Midrach explique que la Torah a été donnée dans le feu, l'eau et le désert.
=> Comment comprendre cet enseignement? Et pourquoi la Torah ne parle clairement que du désert?

-> Le désert est un lieu rempli de nuisances. Comme le dit le verset : "Il t'a fait marché dans un grand et terrible désert où se trouvent serpents, vipères, scorpions et où sévit la soif où il n'y a pas d'eau pour étancher". Le Zohar explique que cela fait référence à de puissantes forces dans l'impureté et le mal. Toutes ces forces mauvaises, obscures et destructrices remplissent ce désert.
C'est dans un tel lieu qu'Hachem a choisi de donner la Torah. Pour nous enseigner que la Torah est si sainte et si parfaite qu'elle a la force d'agir sur les forces les plus mauvaises qui existent pour les supprimer et même les corriger. Même une personne corrompue et dépravée, remplie de vices et défauts, qui pourrait même être comparée à ce désert envahie de serpents, vipères et scorpions ainsi que toutes sortes de perversion de tout genre, s'il décide de s'investir dans l'étude de la Torah, celle-ci le transformera. Elle lui redonnera sa valeur d'être humain dans toute sa noblesse et sa grandeur. Et s'il cherche vraiment à se corriger, la Torah pourra même le hisser à des niveaux de sainteté inimaginable.

=> La Torah a été donnée dans un désert, car son action s'opère même sur une personne qui est semblable à ce désert. Mais de façon précise, cette action se divise en 2 parties : le feu et l'eau.
Tel le feu, la Thora a la force de brûler et réduire à néant toutes les impuretés et les vices d'un individu : anéantir serpents, vipères et scorpions du désert de l'âme humaine. Et telle l'eau, elle lui redonne vie et fraîcheur, elle étanche cette âme assoiffée de spiritualité dans ce désert aride. Certes, l'action de la Thora porte de façon globale sur le "désert" dans toutes ses facettes. Mais, dans le détail, cette action se subdivise en deux parties : le feu et l'eau.
[rapporté par le rav Mikaël Mouyal]

"Hachem parla à Moché en disant : Voici, J'ai pris les Lévi'im de parmi (mito'h) les enfants d'Israël" (Bamidbar 3,11-12)

-> Rachi commente : c’est aux premiers-nés qu’incombait le service, mais ils sont devenus inaptes lorsqu’ils ont péché avec le Veau d’or. Tandis que les Lévi'im, qui n’avaient pas adoré d’idole, ont été choisis à leur place.

-> Les lettres du mots : Israël (יִשְׂרָאֵל) s'écrivent pleinement :
- le youd = יוד ;
- le shin = שין ;
- le réch = ריש ;
- le aléph = אלף ;
- le laméd = למד

=> Les lettres du milieu forment : לויים (Lévi'im).
La tribu de Lévi est bien située parmi (mito'h - מִתּוֹךְ) le milieu d'Israël.

Selon le rav Yossef 'Haïm Sonnenfeld, note 2 choses :
- bien que la tribu de Lévi soit la seule qui n'a pas reçu de territoire attitré en terre d'Israël, elle n'a pas une valeur moindre par rapport aux autre tribus.
Tout le peuple juif doit la considérer comme étant au milieu/parmi d'elle, et non comme une entité à part, car étant la seule à ne pas posséder de terre.

- par ailleurs, la tribu de Lévi est à un niveau spirituel plus élevé que le restant de la nation, et cela ne doit pas la conduire à se considérer comme étant à part du restant du peuple.
Elle est au milieu/parmi les autres, constituant un membre égal de la nation juive (chacun a un rôle unique et nécessaire à remplir pour parvenir à une réussite collective totale).

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-> Le 'Hidouché haRim enseigne :
La tribu de Lévi est devenue sainte après que Hachem a "retiré" la sainteté aux premiers-nés lorsqu'ils ont pris part à la faute du Veau d'or.
Cependant, les membres de la tribu de Lévi n'ont pas été les seuls juifs qui ont refusé d'adorer l’idolâtrie.
Cela est évident par le fait qu'uniquement 3 000 personnes ont été punies [par la mort après le Veau d'or].
Néanmoins, lorsque Moché est arrivé et a déclaré : "Que tous ceux qui sont du côté de Hachem viennent vers moi" (mi laHachem élaï), les Lévi'im ont été les seuls à y répondre.
C'est uniquement les Lévi'im qui ont été prêts à se saisir des épées et à mener la bataille contre l’idolâtrie, tandis que le restant des juifs a refusé de prendre part à cette "controverse".
C'est pour cela que seuls les Lévi'im ont été sanctifiés.

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-> "Prends les Lévi'im à la place de tous les premiers-nés israélites" (Bamidbar 3,40-45)

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-> "Voici que J'ai pris les Levi'im ... à la place des premiers-nés" (Bamidbar 3,12)

=> A l'origine, le service d'Hachem devait être le lot des aînés. Mais suite à la faute du veau d'or, ils ont perdu ce mérite qui revint alors aux Lévi'im. Mais pourquoi avoir puni particulièrement les premiers-nés cette faute, alors que tout le peuple y avait participé?

-> On raconte qu'une fois, le 'Hafets-'Haïm (qui était Cohen) essaya de convaincre un élève de s'engager dans une certaine cause de mitsva. Voyant son refus, le Rav lui dit : "Es-tu Cohen?" L'élève répondit par la négative. Alors le Rav lui demanda : "Pourquoi n'es-tu pas Cohen?" Surpris, l'élève lui dit que ses ancêtres ne sont pas Cohanim. Alors le Rav d'insister : "Et pourquoi ne sont-ils pas Cohanim?". Le disciple n'avait rien a répondre.
Alors le 'Hafets 'Haïm dit : "Quand Moché proclama suite à la faute du veau d'or : ''Qui est avec Hachem? Qu'il vienne vers moi!'' mes ancêtres sont venus mais pas les tiens. Ils ont donc perdu ce mérite éternel"

Les premiers-nés sont les plus influents des familles. S'ils avaient émis leurs désaccords à la faute du veau d'or, ils auraient pu l'empêcher. Mais suite à leur silence, cette faute a été réalisée.
Parfois, ne pas s'engager peut entraîner de fâcheuses conséquences et faire perdre une récompense éternelle

"Par dénombrement des noms" (Bamidbar 1,2)

=> Que signifie le fait que les juifs sont comptés par le nombre "des noms"?

-> De même qu’il y a 600 000 lettres dans la Torah, il y a aussi 600 000 âmes [primaires] dans le peuple juif. Ainsi, chaque âme a sa racine dans une lettre de la Thora.
[Zohar Chir haChirim maamar 2,51]

[d'ailleurs, le rav ‘Haïm de Volozhin (Néfech ha’Haïm 4,11) écrit : "La sainteté de chaque âme juive est littéralement la sainteté du Séfer Torah."
Même le juif qui nous semble le plus simple/le plus bas spirituellement, son service Divin est crucial pour la perfection et la rédemption de l'ensemble du peuple juif.
=> A l’image de chaque lettre de la Torah, tout juif est indispensable et d’une valeur infinie.]

-> Le Maharcha (guémara Béra’hot 21a) enseigne :
"La Torah entière est faite des Noms de Hachem.
Lorsqu’une personne étudie la Torah, c’est comme si elle mentionnait constamment le Nom de D., et Hachem vient alors la bénir."

-> En se basant sur ces enseignements, le 'Hidouché haRim dit que chaque juif, a sa racine dans la Torah, et est ainsi relié aux Noms Divins.
=> C'est pourquoi, pour parler du nombre de juifs, la Torah écrit : "Par dénombrement des noms" = en allusion aux Noms Divins auxquels tout juif est relié.

"La Tente d'Assignation (Ohel Moèd), le camp des Lévi'im, voyagera au centre du camp" (Bamidbar 2,17)

-> Le Ohel Moèd contenait le Aron (avec les Tables de la Loi), et il était au centre du camp.
Cela symbolise le fait que la Torah doit toujours être placée au centre de notre vie.

-> Le 'Hafets 'Haïm compare la Torah au cœur, qui pompe le sang dans tout le corps.
De même, la Torah fournit le sang spirituel, la force vitale, à toute la nation juive.

-> Le rav Yits'hak Hutner enseigne que le plus grand bienfait que l'on peut apporter aux juifs, c'est de s'asseoir et d'apprendre la Torah.
En effet, en étudiant la Torah, nous devenons une partie du cœur du peuple juif, et nous fournissons alors de la vie spirituelle pour tout le monde.

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-> "De même qu’ils campaient, ainsi ils partaient ..." (Bamidbar 2,17)

Nous rencontrons souvent des gens qui observent les 613 mitsvot, étudient la Torah, et font même très attention à tous les détails de leur conduite, mais dans quelles conditions?
Quand ils sont chez eux tranquillement installés, car alors ils peuvent organiser leur vie. Mais ce n’est pas le cas quand ils se trouvent en voyage, loin de chez eux, où ils n’ont pas la tête à tout cela.
Alors, ils risquent même de négliger de nombreuses mitsvot et de délaisser l’étude, car ils se trouvent des permissions à eux-mêmes.

La Torah nous dit ici :
"De même qu’ils campaient, ainsi ils partaient" = cela ne suffit pas d’être un juif intègre "quand on campe", quand on se trouve tranquillement à la maison, il faut aussi être un juif intègre et observer toutes les lois de la Torah au moment où l’on part.
Même dans ses voyages, l’homme doit se conduire de la même façon que chez lui. C’est là-dessus que la Torah (passage repris dans le Shéma) dit : "Tu en parleras quand tu es installé dans ta maison et quand tu marches en chemin" = quand tu marches en chemin tu dois être comme quand tu es installé dans ta maison.

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-> Souvent, les gens maintiennent leurs bonnes conduites et la rigueur dans leurs actions quand ils sont dans leur milieu habituel. Mais, quand ils sont en déplacement, loin de leur entourage, ils se permettent alors d'alléger certaines choses. Il est plus difficile de tenir à toutes ses exigences en voyage que chez soi.
Le verset fait allusion à cela. "Comme ils camperont, ainsi ils voyageront". Le comportement en voyage, quand on n'est pas dans son milieu, doit être le même qu'en campement, quand on est chez soi, sans baisser dans la rigueur de la pratique.
[Ateret Yéhochoua]

[on peut éventuellement commenter : "Comme ils camperont" = lorsque l'on est en public, face aux regards des gens que nous connaissons = nous avons tendance à agir extérieurement avec entrain, car les gens nous observent!
"ainsi ils voyageront" = lorsque nous sommes seul, sans ce regard des gens que nous connaissons, est-ce que nous allons garder ce même entrain dans l'accomplissement des mitsvot.
En effet, dans les 2 cas, Hachem nous observe de la même façon, mais est-ce que nous agissons pour Son honneur, Sa gloire, ou bien pour la nôtre (qu'est-ce qu'on va dire de nous!)?]