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"La terre que nous avons parcourue pour l'explorer est une terre qui dévore ses habitants" (Chéla'h Lé'ha 13,32)

-> Les habitants d'Israël avaient coutume de déposer leurs morts dans des cercueils et d'attendre qu'un juste ou une personnalité meure pour les enterrer en même temps.
Ainsi, le mérite de ce dernier les feraient tous accéder avec lui au monde à venir.

Par conséquent, lorsque Iyov est mort, il y a eu un grand nombre d'enterrements, ce qui a donné l'impression trompeuse que le pays tuait ses habitants.
Les explorateurs ont simplement vu l'enterrement de Iyov en même temps que beaucoup d'autres.
[le Sifté Cohen]

[Le Maharcha (sur Baba Batra 15a) dit que Iyov a protégé sa génération pendant sa longue vie, à l'image d'un arbre élancé et touffu offrant de l'ombre à tous]

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-> Si Moché n'avait pas envoyé les explorateurs, les enfants d'Israël auraient reçu la terre sans livrer aucune guerre.
[Sforno - Dévarim 1,21]

-> Selon un avis (Yérouchalmi Sotah 7,5), il n'y avait pas 12 explorateurs, mais 24 (2 par tribus).

-> Le verset 4, fait état du nom des explorateurs.
Selon le Ramban, ils sont cités par ordre d'importance (Kalev en 3e position et Yéhochoua en 5e).

Le Tsror haMor dit qu'ils sont énumérés selon la puissance de leur amour pour la terre d'Israël.
Selon le Sforno, c'est par ordre d'âge.

-> Le vin produit par la grappe géante de raisin a suffi pour les 40 ans de séjour dans le désert.
[midrach Chir haChirim 4,13]

[d'après certains, il a également servi pour les libations (nessakhim) offertes au michkan.
Les libations sont une mitsva donnée par Hachem lorsqu'Il vit le peuple regretter amèrement d'avoir fauter suite aux explorateurs, rentrant alors dans une grande tristesse. Il leur transmit cette mitsva de verser du vin sur l'autel, afin de les apaiser (nouvel mitsva, et le vin réjouit les gens tristes). ]

Selon le Min'ha Béloula, le volume de la grappe était de 9 200 litres, soit 2 tonnes.

-> Kalev et Yéhochoua n'ont rien ramené d'Israël.
Miraculeusement, il n'a fallu que 8 explorateurs pour porter la grappe de vin.
Un autre explorateur avait une figue et un autre une grenade.

-> Selon le Haamek Davar, les explorateurs n'ont jamais vu les géants mais seulement leurs enfants.

Le Yalkout Méor Aféla décrit comment un des enfants de ces géants a soulevé un explorateur et l'a mis dans sa poche, comme il l'aurait fait pour une sauterelle.

-> Selon le Kli Yakar, les explorateurs pensaient avoir l'air de sauterelles (cf. v.13,33), mais les géants les voyaient comme des fourmis (encore plus petits).
=> L'homme a tendance à se voir plus beau qu'il n'est réellement, et cela conduit souvent à ne avoir besoin de Hachem dans sa vie.

Pour le rabbi de Kotsk, ils n'avaient pas le droit de faire état du point de vue des géants, et ils n'auraient dû se soucier que de leur mission et non de l'impression qu'ils avaient produite sur les habitants du pays.
=> En faisant trop attention au regard environnant plutôt qu'à notre objectif dans la vie, on en vient à passer à côté de l'essentiel de notre vie.

Les explorateurs se sont laissés avoir par l'apparence extérieure du monde, plutôt que de se reposer sur la promesse donnée par Hachem, qu'Il les amènera sur cette terre d'Israël.
Un juif qui a de la émouna ne peut pas avoir un regard simple sur les choses, il se doit de regarder avec davantage de profondeur (certes les habitants d'Israël sont grands de taille, mais c'est un détail car Hachem est infiniment plus grand qu'eux!!)

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-> "Et nous fûmes à nos propres yeux comme des sauterelles et c'est ainsi que nous fûmes à leurs yeux" (Chéla'h Lé'ha 13,33)

-> Selon le Rav Mendel de Kotsk (Emet VéEmouna 496), le reproche essentiel qui fut adressé aux explorateurs résidait dans le fait qu’ils ajoutèrent à leurs paroles "et c'est ainsi que nous fûmes à leurs yeux". Car qu'importe à l'homme la manière dont il apparaît aux yeux des autres. Qu'il suive le chemin qu'il s'est tracé suivant ses propres aptitudes et les forces qui sont les siennes, sans se retourner à chaque fois pour regarder ce que l'on pense de lui. Que va lui ajouter ce qu'un tel pense à son sujet?

Le rav Elimélé'h Biderman ajoute :
Grâce à cette obstination à suivre la voie qu'il s'est tracée, l'homme se préservera des embûches et des mauvaises fréquentations qui sont en général, le fruit d'un manque de confiance en soi et d'une recherche de l'approbation d'un entourage qui n'est pas toujours souhaitable.
C'est face à une telle épreuve qu'il a été dit : "Et il s'en enorgueillit d'être dans la voie d'Hachem". Un juif doit veiller à ne pas être la victime passive d'un mauvais ami, mais proclamer au contraire avec fierté : "je suis quelqu'un d'important [un juif, un fils d'Hachem], il ne me sied pas d'être en compagnie de gens aussi misérables".

-> "Envoie pour toi des hommes" (Chéla'h Lé'ha 13,2)
Le rav Mendel de Kotsk commente allusivement en disant "renvoie de toi la société des hommes".
Il veut signifier par cela que l'on doit se garder de rechercher à tout prix l'approbation de la société, lorsque celle-ci est en contradiction avec les fondements du judaïsme. Aucune "sociabilité" ne justifie le moindre compromis dans ce qui touche à la crainte du Ciel ou aux règles de sainteté et de pudeur.

Le rav Elimélé'h Biderman ajoute :
Néanmoins, les Rabbanim soulignent que cela concerne une personne qui était jusqu'à présent "moitié homme, moitié ange". Un tel individu, en rejetant sa moitié "homme de société'' demeurera désormais entièrement ange. Mais celui qui était jusqu'à présent "moitié homme, moitié animal", gardons-nous de lui dire d'abandonner la société, car il demeurerait ainsi entièrement animal. Nos propos n'ont d'autre but que de se renforcer dans l'accomplissement de la Torah et de mitsvot mais pas lorsque cela conduit l'homme au but inverse.

-> Le midrach (Bamibar rabba 16,11) rapporte que Hachem pardonna aux explorateurs lorsqu'ils déclarèrent : "Nous fûmes à nos propres yeux comme des sauterelles", mais pas lorsqu'ils déclarèrent "c'est ainsi que nous fûmes à leurs yeux".
Hachem leur reprocha en effet : "Savez-vous comment Je vous ai fait apparaître à leurs yeux? Qui vous a dit que vous n'êtes pas des anges à leurs yeux?"
Ils s'attirèrent ainsi eux-mêmes leur châtiment : "Suivant le nombre de jours pendant lesquels vous avez exploré la Terre, 40 jours, une année pour chaque jour" (à savoir 40 ans d'exil dans le désert avant de pouvoir entrer en terre d'Israël et la mort de toute la génération).

-> Certes, la guémara (Sota 35a) enseigne que les explorateurs entendirent explicitement de la bouche des géants qui peuplaient la Terre "des fourmis se trouvent dans les vignes" (et d'après cela, pourquoi leur fut-il reproché "qui vous a dit que vous n'étiez pas des anges à leurs yeux?").
Néanmoins, le Sfat Emet explique qu'un homme entend suivant ce qu'il pense et s'il s'imagine être une fourmi, c'est ainsi qu'il entendra les gens parler de lui.
Le Sfat Emet écrit : "C'est parce qu'ils étaient misérables à leurs propres yeux, comme des fourmis, qu'ils apparurent de la sorte aux yeux des géants, car tout dépend du travail personnel de l'homme sur lui-même".

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-> "Tous les gens que nous y avons vus étaient gigantesques!" (Chéla'h Lé'ha 13,32)

Le nombre de géants avancé par les explorateurs était exagéré et selon Abarvanel, il n'y avait de géants qu'à 'Hevron et ils étaient seulement au nombre de 3.

-> "[Toute l'assemblée dit :] ... il vaut mieux pour nous retourner en Egypte!" (Chéla'h Lé'ha 14,3)

D'après certaines opinions, comme tous les égyptiens semblaient avoir péri à la mer Rouge, les enfants d'Israël croyaient qu'ils vivraient en hommes libres en Egypte.

Certains (midrach haGadol, Malbim, Ramban) disent que le peuple a dit : "... en Egypte, nous pourrons alléger un peu le joug que de la Torah nous impose et servir des dieux moins exigeants. Nous pourrons enfin vivre comme n'importe qui d'autres en Egypte."

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-> Les explorateurs (sauf Kalev et Yéhochoua) sont frappés par une épidémie prodigieuse.

Sans que rien ne l'ait laissé prévoir, leur langue enfle démesurément et, sortant de leur bouche, elle s'allonge jusqu'à leur ventre tandis que des vers grouillants s'en échappent pour pénétrer dans leur nombril.
Leur langue difforme et boursouflée et leur corps infesté par la vermine indiquent clairement que la mort des explorateurs, qui se sont servi de leur langue pour médire de la terre d'Israël, résulte de calomnies.

De plus, comme ils sont les seuls à mourir à ce moment, il est évident que ce sont leurs propos médisants qui ont causé leur perte.
[Abarbanel ; Targoum Yonathan ; Sité Cohen ; ...]

-> La guémara (Sota 35a) dit que les explorateurs sont morts par leur langue (qui avait parlé négativement d'Israël), qui s'est allongée jusqu'à leur estomac.
Le Beit Yossef enseigne que cela s'est passé le 9 Av, mais qu'ensuite ils ont souffert de douleurs continues jusqu'à mourir le 17 Elloul.
Le Tour rapporte que certains ont l'habitude de jeûner le 17 Elloul en souvenir de leur mort.
[Le Choul'han Aroukh (Ora'h 'Haïm 580) liste les jours où l'on doit essayer de jeûner (en plus de ceux déjà ordonnés par nos Sages), en raison des tragédies qui s'y sont passées pour les juifs. Parmi eux, il y a le : 17 Elloul, jour où sont morts les explorateurs.
Le Beit Yossef explique certes ils sont définis comme réchaïm, mais néanmoins cela est considéré comme une tragédie car ils n'ont pas pu faire téchouva.

A l'image du 9 av, le 17 Elloul est une journée de pleurs pour les juifs pour toutes les générations. Ainsi, selon les historiens, la 2e guerre mondiale (et donc par association la Shoah) a commencé le 1er septembre 1939, qui était un 17 Elloul.]

-> Selon Rachi (Michlé 26,22), les explorateurs ont succombé à une affection de la cavité buccale et d'un gonflement mortel des intestins.

-> Selon le Magen Avraham (580,2), les explorateurs se sont repentis au dernier moment.
Le Sifté Cohen dit qu'ils ont accepté le châtiment sanctionnant leurs actes et reconnu qu'ils en méritaient un plus terrible encore pour leur faute.

-> La guémara (Arakhin 15a) enseigne :
"Vois comme la médisance est puissante! D'où le sait-on?
Des explorateurs.
Si eux, qui n'ont médit que des arbres et des pierres ont subi un tel destin, à plus forte raison en est-il ainsi de celui qui calomnie son prochain."

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-> Les plus sévèrement punis seront les 10 explorateurs, car ce sont les principaux responsables.
Non seulement ils ont médit de la terre d'Israël mais ils ont incité le peuple à fauter, et à cette catégorie de personnes, on ne donne pas l'occasion de se repentir.
"Ils termineront leur vie dans ce désert, c'est là qu'ils périront" (Chéla'h Lé'ha 14,35) : cette double expression (terminer sa vie ; périr) signifie que non seulement ils mourront dans le désert, mais aussi dans le monde futur ...
Ils avaient fauté par leur langue en disant du mal de la terre d'Israël située au centre du monde, alors mesure pour mesure, leur langue se gonfla de vers qui se déversèrent ensuite vers leur nombril, situé au centre de leur corps.
[Méam Loez - Chéla'h Lé'ha 14,29]

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+ Les conséquences de la faute des explorateurs :

Pendant 40 ans, le peuple va errer dans le désert.
[à ce moment, le peuple était déjà dans le désert depuis 2 années, que D. a comptabilité dans les 40 ans par amour pour nous!]

La présence divine continuera à résider parmi eux, mais la relation entre D. et Israël ne sera plus exactement la même.

-> La brise du nord, qui a maintenu une température agréable dans le camp, va cesser de souffler et il fera dorénavant si chaud que pratiquer la brit mila comportera un risque de danger mortel, au point que l'on ne pourra plus l'accomplir. [guémara Yébamot 72a avec Rachi ; Maharcha]

En conséquence, le peuple ne pourra plus apporter le korban Pessa'h durant le reste de son séjour dans le désert. [Sifrei]

-> Bien que D. réside dans le camp, Il n'adresse plus la parole ni à Moché ni à Aharon.
C'est seulement lorsque toute la génération coupable aura péri que D. se révélera de nouveau.
[Mékhilta Bo ; guémara Taanit 30b avec Rachi]

-> Chaque année, la nuit du 9 Av, tous les hommes de la tranche d'âge destinée à mourir (de 20 à 60 ans au moment des faits) creusent des tombes et s'y allongent pour la nuit.
Certains ne se réveillent pas, mais étant donné le niveau spirituel de la génération, leur corps de se décompose pas.

Lorsque ceux qui sont encore en vie se réveillent le 9 Av au matin, ils entendent une voix proclamer : "Que les vivants se séparent des morts!"
A ce moment, ils se lèvent et quittent leur tombe.

Ce cérémonial se répète tous les ans à la même date pendant les 38 années suivantes jusqu'à ce que les 600 000 hommes de cette tranche d'âge soient morts, une moyenne de 15 000 hommes par an.
[Pirké déRabbi Eliézer 41 ;Sifté Cohen]

-> Le 9 Av de la 40e année, le processus se répète, mais le matin les juifs découvrent que personne n'a péri.
Pensant avoir mal calculé la date du 1er jour du mois et que le 9 Av n'est pas encore arrivé, ils se couchent à nouveau dans leur tombe, mais au matin suivant tous sont encore vivants.

La même scène se répète jusqu'au 15 Av où l'apparition de la pleine lune leur assure définitivement qu'ils n'ont pas commis d'erreur et que le décret a vraiment pris fin.
Ce jour est marqué par une joie particulière, qui sera commémorée tous les 15 Av.
[guémara Taanit 30b avec Rachi et Tossafot]

-> D'une manière générale, seuls ceux qui atteignaient 60 ans mouraient.
Le Maharcha précise que tous les hommes concernaient par le décret divin creusaient quand même leur tombe car une minorité mourait avant d'avoir atteint cet âge.

-> Les juifs connurent la même mort que les explorateurs : un ver émergeait de leur ventre et pénétrait dans leur bouche, ce qui les tuait.
Ce terrible décret dura 38 ans, jusqu'à ce que toute la génération âgée de 20 à 60 ans (603 550 hommes) ait disparu.
Ainsi, chaque année, entre 15 000 et 16 000 hommes mouraient la nuit du 9 Av.
[Méam Loez - Chéla'h Lé'ha 14,1]

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-> Le rav Elimélé'h Biderman enseigne :
On ne peut décrire ni évaluer comment les juifs priaient chaque soir de 9 Av, la dévotion, le repentir qu'ils mettaient dans leurs supplications, comme nos Sages l'enseignent : "Repens-toi un jour avant ta mort!" (Pirké Avot 2,10), et à plus forte raison à ce moment-là (qui pouvait être le dernier jour de leur vie)
Néanmoins, cela n'empêchait pas que 15 000 hommes périssaient chaque année à cette date.
C'est que malgré l'immense crainte qui les étreignait, chacun pouvait encore penser (plus ou moins inconsciemment) : "Qui dit que cette année sera celle où je devrais mourir puisque "seulement" 15 000 parmi les Bné Israël périront cette année?"
Une telle prière ne peut annuler le décret.

En revanche, la dernière année (la 40e), alors que seuls les 15 000 derniers demeuraient vivants de toute la génération, ceux-ci prièrent des profondeurs les plus intimes/cachées de leur cœur.
Une telle prière est, elle, en mesure de déchirer les Cieux et d'annuler un décret fût-il scellé par un serment (comme l'avait fait Hachem).

[certains disent que les femmes ont tellement prié intensément devant la certitude que leurs maris allaient mourir (non Hachem, on veut qu'il reste parmi nous!), et cela jusqu'au 15 Av, que c'est une des raisons de la fête du 15 Av liée à l'amour.
Le rav David Touitou dit à ce sujet que Hachem leur a signifié : au lieu de prendre la vie de vos maris, j'accepte l'amour que vous vous portez l'un et l'autre, et c'est le 15 Av.]

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-> Le Sifté Cohen (Bamidbar 14,34) fait remarquer que D. a montré une grande miséricorde vis-à-vis de Son peuple.
En effet, si le le périple avait duré les 160 jours que ce parcours (de la visite de tout Israël) aurait normalement dû prendre, le peuple serait resté dans le désert pendant plusieurs générations.
S'il avait été plus court, les hommes âgés de 20 ans à l'époque, seraient morts avant d'atteindre la soixantaine.

Par ailleurs, en entendant que les enfants d'Israël avaient quitté l'Egypte, les Cananées ont déraciné tous les arbres de leur pays de crainte que les enfants d'Israël n'envahissent la région.
Ils ont également mis le feu à toutes les maisons, et il leur faudra 40 ans pour les reconstruire.
[Chémot rabba 20,15 ; 'Hatam Sofer]

-> Le 'Hovot Yaïr (responsa 250) dit que sur les 37 ans qu'il leur restait à passer dans le désert, ils n'ont creusé une tombe que 28 fois (le 9 Av tombant 9 fois un Shabbath, et il est interdit de creuser ce jour-là).
Selon d'autres opinions, les tombes étaient creusées la veille du 9 Av, ce qui résolvait le problème.

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-> Les femmes, qui n'ont pris aucune part à la rébellion, ne sont pas concernées par le décret divin et bénéficieront d'une longévité normale.
Un grand nombre de femmes a donc sans doute mérité de vivre assez longtemps pour entrer dans le pays.

Yéhochoua et Kalev sont les seuls homes âgés de 20 à 60 ans à avoir survécu dans le désert.

-> Selon le Sifté Cohen (Bamidbar 14,29), le érev rav n'a pas mérité d'être inhumé.
Lorsqu'on essayait d'enterrer l'un de ces pêcheurs, la terre vomissait son cadavre.

-> Selon Rabbénou Bé'hayé (Bamidbar 14,30), bien que Moché et Aharon n'aient pas mérité non plus d'être enterrés en terre d'Israël, ce sont eux qui mèneront les autres (ceux morts dans le désert) en Israël au moment de la résurrection des morts.

Rabbénou Bé'hayé (Dévarim 2,17) enseigne également que chaque année, Moché lui-même s'endeuillait pour ceux qui mouraient le 9 Av.

"Selon le nombre de jours que vous avez exploré le pays, soit 40 jours, un jour pour une année, un jour pour une année, vous porterez vos fautes durant 40 années" (Chéla'h Lé'ha 14,34)

-> Rachi (v.13,25) rapporte le mdirach Tan'houma :
"N'est-ce pas que le pays avait 400 parsa (1 600 kilomètres) sur 400 parsa.
Or, un homme moyen peut parcourir 10 parsa (40 kilomètres) par jour.
Il faut donc 40 jours pour traverser le pays de l'est à l'ouest et eux ont traversé (le pays) en longueur et en largeur.

[L'exploration aurait donc duré 80 jours.] Mais D. savait qu'il décréterait contre eux une année (de séjour dans le désert) par jour (d'exploration), Il leur a alors écourté le chemin."

=> D. dans sa bonté, a fait le miracle de contraction du chemin (kéfitsat hadéré'h) afin d'écourter de moitié le séjour dans le désert et entrer plus vite en Israël.

Mais, pourquoi lier la durée de la sanction à la durée de leur exploration (un jour par an)?

Rabbi 'Haïm Chmoulévitch dit que la faute des explorateurs n'est pas seulement la médisance (lachon ara), mais leur péché principal est d'avoir porté un regard dédaigneux sur la terre d'Israël, une vision déformée et négative qui est la racine de leurs propos médisants du pays.

=> Nous pouvons généraliser cet enseignement : la faute de lachon ara, de médire ou dénigrer quelqu'un, a pour racine un regard négatif et déformé sur son prochain.

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-> Cette attitude est contraire à l'esprit de la Torah dont le préalable est l'union des cœurs :
- Le fait que : "Israël campa [au mont Sinaï] comme un seul homme, d'un même cœur" (Rachi - Chémot 19,2) ;
- entraîna : "Etant donné qu'Israël a (finalement) détesté la discorde, aimé la paix et campé d'un même cœur, c'était le moment (opportun) de leur donner Ma Torah" [Déré'h Erets Zouta, à la fin]

=> Nous devons avoir un regard qui nous lie avec notre prochain (en se focalisant sur ses aspects positifs), plutôt que de nous diviser (en se focalisant sur ce qui nous semble négatif).

Papa Hachem est tellement heureux lorsqu'Il voit que Ses enfants s'aiment et s'entendent bien entre eux, qu'Il comble alors tout le monde de bénédictions.
["Pour fêter ça : c'est ma tournée de bra'ha pour tout le monde, et ce quelques soient vos mérites individuels!" ]
C'est ainsi que D. n'a donné son bien le plus cher (la Torah) qu'une fois qu'il y avait de l'unité.

[que c'est dur pour des parents de voir leurs enfants ne pas s'apprécier, ne pas s'entraider!]

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+ "Un jour pour une année, un jour pour une année" (Chéla'h Lé'ha 13,34)

Ce verset signifie que les Juifs furent punis de rester 40 ans dans le désert, en contrepartie des 40 jours d’exploration de la terre : un jour pour un an.

Un grand bien est sorti de là. En effet, quand Hachem pardonne les fautes des juifs à Kippour, le Satan vient accuser en disant que ce n’est pas juste qu’un seul jour puisse apporter l’expiation pour toute une année.
Alors, Hachem lui répond : "Mais quand J’ai puni les juifs en leur comptant un an pour un jour et en les faisant rester 40 ans dans le désert par rapport à 40 jours, à ce moment là, tu n’es pas venu argumenter que ce n’est pas juste. A présent aussi, cesse d’intervenir.
"

[Admour de Rouzin]

"Pourquoi le chapitre relatif aux explorateurs fait-il immédiatement suite à celui de Myriam?

Parce qu’elle a été punie pour avoir calomnié son frère, et ces dépravés, qui ont pourtant assisté à cet événement, n’en ont pas tiré la leçon." (Rachi - Chéla'h Lé'ha 13,2)

-> Le rav Aharon Leib Steinman (Ayélet haCha'har) dit qu'il est certes plus grave de parler négativement d'un être humain que d'un objet inanimé, mais les explorateurs aurait néanmoins dû apprendre de Myriam l'importance de prendre soin d'utiliser positivement son langage.

-> Le rav Shlomo Margolis (Darké haChlémout) enseigne que l'erreur des explorateurs a été de voir la terre d'Israël comme des pierres et des branches inanimées, et dans ce cas il n'y avait pas de leçon a retenir de la punition de Myriam.

Mais en réalité, la sainteté de la terre d'Israël rend chaque élément du pays aussi vivant et réel qu'un être humain.
A la différence du restant du monde, Israël n'est pas une vulgaire terre sans vie ...

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"Kalev fit taire le peuple à l'endroit de Moché et dit : "Nous monterons assurément et la conquerrons, car nous le pouvons certainement!" (Chéla'h Lé'ha 13,30)

Pourquoi est-ce particulièrement Kalev qui a essayé de réduire au silence les explorateurs, et non pas Yéhochoua pour lequel Moché a prié?

Selon rabbi Yéhouda Gross, une réponse est que Kalev était le mari de Myriam, et il a ainsi été témoin aux premières loges des conséquences dévastatrices du lachon ara, en étant témoin de ce que c'est passé avec sa femme.

Or, Rachi explique que ce qui a poussé les explorateurs à fauter c'est de ne pas avoir appris de l'épisode de Myriam.
C'est pourquoi, c'était spécifiquement à Kalev, qui était très sensible aux dangers du lachon ara, et qui a tout fait pour mettre un terme à cela.

"Moché les envoya ... c'était tous des hommes (anachim) de bien (considérés), chefs des enfants d'Israël" (Chéla'h Lé'ha 13,3)

-> Selon Rachi : "Le mot "anachim" désigne dans la Torah des hommes de bien, éminents et à ce moment là (à leur départ), ils étaient irréprochables."

-> Le Rokéa'h fait remarquer que les dernières lettres de : שְׁלַח לְךָ אֲנָשִׁים forment le mot : 'hakham, indiquant que ces hommes étaient des érudits.

-> Selon Ramban : "Ils (les explorateurs) étaient des chefs et des princes du peuple ... et ils n'avaient pas le même niveau (de sagesse).
Le plus respectable a été nommé en premier, car c'est par rapport à leur qualité personnelle qu'ils ont été cités (dans l'ordre décroissant) et non pas par rapport aux qualités de leur tribu."

-> Dans la liste de niveau décroissant des 12 explorateurs cités dans les versets 4 à 15, Kalev et Yéhochoua, qui ont été les seuls à avoir le mérite de ne pas médire d'Israël, occupent la 3e et la 5e place respectivement dans cette liste.

=> Comment en seulement 40 jours, les 10 explorateurs, dont certains avaient un niveau supérieur à celui de Kalev et Yéhochoua, ont pu chuter spirituellement si bas (Rachi : "ils dirent cela contre Hachem" - v.13,31)?

-> "D'après le Zohar (v.13,3), c'est la recherche des honneurs qui est la cause de la médisance du pays par les explorateurs, ce qui a entraîné leur mort et celle de toute la génération (du désert).
En effet, ils craignaient qu'en entrant dans la terre d'Israël, leur honorabilité diminuerait en perdant leur titre de prince des tribus d'Israël et que d'autres prendraient leur place."
[Ram'hal - Messilat Yécharim 11]

-> Leur souci est d'autant moins compréhensible qu'ils n'étaient pas des chefs de tribu de mille, mais des simples chefs de cinquante, comme l'explique le Baal haTourim (v.13,3) :
"Le mot המה (éma - eux) a une valeur numérique de 50 pour t'apprendre qu'ils n'étaient que des chefs de 50."

Rabbi 'Haïm Chmoulévitch (Si'ha 83) de commenter :
Combien de chefs de 50 existait-il dans le peuple d'Israël composé de 600 000 hommes adultes?

Il y en avait : 12 000!
Malgré leur position sociale peu importante (puisque assez commune), ils ont pourtant jugé que tout le peuple devrait demeurer dans le désert sans rentrer en Israël de peur que le "petit honneur" de chef de 50 dont ils jouissaient dans le désert soit diminué.

=> Nous voyons combien est grand le danger enfoui de la poursuite des honneurs.

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-> Rabbi Israël Salanter affirme que l'homme a tendance à justifier son attitude en couvrant ses volontés personnelles et intéressées par un voile d'attitude noble inspirée par son intellect, à l'exemple des explorateurs.
Seul Hachem peut savoir ce qui se trame dans les replis et profondeurs de nos cœurs.

Par exemple, les explorateurs ont justifié leur désir d'honneur par une volonté plus noble : "Les Cananéens ont entendu que nous allons conquérir le pays et ils vont cacher leur argent (et leur biens) ... Nous ne trouverons rien. La parole (la promesse) de D. serait alors annulée!" (Yalkout Chimoni Bamidbar 742).

[Hachem qui peut tout faire, va permettre aux juifs de trouver ces biens : "Quand Hachem ton D. t'aura conduit dans le pays qu'il avait juré à tes pères ... avec des maisons regorgeant de toutes sortes de biens" (Dévarim 6,10-11) ]

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+ "Les hommes qui étaient partis avec lui, dirent : "Nous ne pouvons marcher contre ce peuple, car il est plus fort que nous"." (Chéla'h Lé'ha 13,31)

-> En réponse à Kalév, les explorateurs s'écrièrent : "Tu dis des mensonges! As-tu vu davantage que nous? Nous affirmons que nous ne pouvons marcher contre ce peuple, car il est trop fort pour nous!"

En réalité, par les mots : Il est trop fort pour nous (miménou - מִמֶּנּוּ)", les explorateurs voulaient dire que le peuple à conquérir était trop fort pour Hachem Lui-même (miménou).
En effet, le nom de chaque lettre du mot : "miménou" contient 2 fois la même lettre : mém (מם), noun (נון), vav (וו).
Ainsi, le verset contient la double signification du mot miménou : "pour nous" et "pour Lui", cette dernière étant une offense contre Hachem.
[Méam Loez - Chéla'h Lé'ha 13,31]

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-> Pour troubler plus encore les esprits, l'ange du mal insuffla à ces hommes un sentiment d'humilité trompeur/illusoire, qui les conduisit à se demander s'ils étaient suffisamment méritants pour que Hachem opère des miracles en leur faveur durant les combats. Ces pensées eurent le pouvoir de faire paraître tous les avantages du pays comme des obstacles, inoculant en eux une profonde terreur.
Tel fut donc l'échec des explorateurs : ils tombèrent dans les filets de cette "fausse" piété tendus par le mauvais penchant ...

Ils affirmèrent en vérité que Hachem ne pouvait pas leur accorder la victoire, pour la simple raison qu'Il ne chasse une nation d'un pays qu'à partir du moment où Il en trouve une autre plus méritante. Or, comme les juifs avaient commis de nombreuses fautes, ils n'avaient aucune légitimité justifiant d'expulser les Cananéens de leur territoire ...

Nos Sages enseignent que le yétser ara se tient "aux portes du cœur" : parfois, il gonfle l'homme d'orgueil, le persuadant qu'il a déjà atteint la perfection et qu'il peut désormais se permettre de contredire ses parents ou ses maîtres ...
Dans d'autres circonstances, le yétser ara opte pour la voie opposée, comme il le fit avec les explorateurs ... il rappelle à l'homme les fautes de ses pères et ses propres écarts de jeunesse, et c'est ainsi qu'il parvient peu à peu à le remplir de désespoir et à le décourager.
Chacun devra bien garder à l'esprit les manœuvres dont use le yétser ara pour éviter de tomber dans ses filets.
[Léka'h Tov]

[on a vu que par les mots : Il est trop fort pour nous (miménou - מִמֶּנּוּ)", les explorateurs voulaient dire que le peuple à conquérir était trop fort pour Hachem Lui-même (miménou).
Or de même que nous devons avoir confiance en Hachem, nous devons avoir confiance en nous-même (puisqu'ayant une partie Divine en nous!).
En se rappelant l'infinie grandeur, miséricorde (ex: le pouvoir fou d'un mot/soupir de téchouva), ... de Hachem, nous en venons à être tamim (intègre, simple), à agir de notre mieux, sans se poser de question (on comprendra dans le monde à venir de Vérité), laissant la gestion du reste à papa Hachem (seul Lui peut et sait tout!).
Ainsi, au cours de notre vie il faut évoluer en équilibre avec ces 2 sentiments : je suis quelqu'un d'énorme, presque Divin (étant fait à l'image de D.), et pourtant je ne suis rien en propre dans le sens où tout ce que j'ai, provient et dépend à 100% de D. (je ne peux pas tout comprendre, je ne peux pas maîtriser, ...).]

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-> Le rav David Pinto (la voie à suivre n°938) enseigne :
"Sur le mode allusif, nous pouvons remarquer que les lettres finales des mots chela’h lekha (שְׁלַח לְךָ) forment le mot koa’h (force, pouvoir), tandis que si on inverse l’ordre des lettres de chela’h, on obtient ’halach (faible).
Ces 2 notions antithétiques nous livrent un précieux message. Hachem désirait signifier à Moché qu’en envoyant des hommes prospecter la Terre Sainte, il affaiblissait son pouvoir et celui du peuple.
Tentons d’expliquer en quoi cette exploration était synonyme d’affaiblissement.

Lorsque les enfants d’Israël traversaient le désert, ils vivaient à un niveau surnaturel. En effet, conduits sur le mode du miracle, ils étaient perpétuellement entourés par les nuées de gloire, qui avaient la propriété d’absorber les flèches ennemies, ce qui les dispensait du combat. Ainsi, en envoyant une délégation en reconnaissance du terrain à conquérir, ils se rabaissèrent au niveau de la nature, alors que Hachem avait prévu de leur faire hériter de la Terre promise de manière exclusivement miraculeuse. Mais la volonté qu’ils exprimèrent d’explorer le pays avant de le conquérir, comme le fait tout peuple avant de déclarer la guerre à un pays ennemi, prouva leur attachement indéniable à l’ordre naturel, ce qui modifia le projet divin initial et les contraignit à conquérir la terre à la manière de tous les humains.
D’où l’allusion qui se lit dans les mots chela’h lekha (שְׁלַח לְךָ) : l’exploration de la Terre Sainte revenait à un affaiblissement, puisqu’elle fit passer nos ancêtres d’une conduite miraculeuse à un vécu naturel.
[...]
Moché savait que telle était la volonté des enfants d’Israël, et il désirait leur enseigner une leçon, ainsi qu’à toutes les générations à venir : lorsqu’un homme ne se conforme pas aux directives du Créateur, il risque fort d’en pâtir. Car il n’existe pas d’échappatoire au projet divin, et quiconque veut jouer au plus fin avec Hachem, loin d’en retirer un quelconque intérêt, ne fait que se rendre coupable et mettre sa vie en danger.

Moché leur transmettait également un autre message : l’homme est responsable de ses actes et "on [le] mène dans la voie qu’il désire emprunter". Par conséquent, s’il démontre une volonté d’être conduit par une Providence surnaturelle, il le méritera. Par contre, s’il exprime une préférence à se restreindre aux lois de la nature, pensant pouvoir connaître ainsi le salut, Hachem lui retirera Sa Providence et lui laissera le loisir de s’en sortir par ses propres moyens, mais bien souvent, il en fera alors les frais."

"Moché les envoya du désert de Paran sur la proposition de Hachem ; c'étaient tous des notables (anachim), chefs des enfants d'Israël étaient-ils" (Chéla'h Lé'ha 13,3)

-> Rachi explique l'utilisation du terme "anachin", comme signifiant qu'au moment où ils sont partis ils étaient des justes et ils n'avaient aucune intention de parler négativement de la terre d'Israël.

Regardons de plus près les mots que Rachi utilise : "béota chaa kéchérim ayou".
=> Il semble nous signifier que les explorateurs étaient encore des justes pendant 1 heure après leur départ? Sur quoi se base-t-il pour affirmer cela?

Nous allons voir la belle réponse apportée par le rav Eizel Charif, alors qu'il n'avait que 8 ans.

-> "Selon le nombre de jours où vous avez exploré la terre, 40 jours, un jour pour une année, un jour pour une année, vous porterez vos iniquités, 40 ans, et vous saurez ce que [signifie] se détourner de Moi" (Chéla'h Lé'ha 13,34)

On a :
1 jour d'exploration = 1 année dans le désert ;
24 heures = 1*12 mois
=> 1 heure d'exploration = 1/2 mois dans le désert, soit 15-16 jours.

-> Le peuple juif a quitté l'Egypte le 15 Nissan, 1er jour de Pessa'h.
Il est entré en terre d'Israël le 10 Nissan (cf.Yéhochoua 4,19), ce qui correspond à 5 jours en avance par rapport au décret des 40 années dans le désert.

-> Rachi écrit (Dévarim 1,2) que si les juifs avaient mérité de traverser le désert directement pour aller en Israël (sans faire aucun détour), il aurait fallut 11 journées.
Cette période ne doit donc pas être comptabilisée dans la punition des explorateurs (40 ans d'errance).

=> Suite à ce constat, il ressort qu'il manque une période de 1/2 mois (16 jours) sur les 40 années.

Afin de résoudre cette difficulté, Rachi a conclu qu'ils avaient de bonnes intentions pendant la 1ere heure de leur mission, ce qui justifie la réduction de la peine pour cette durée.

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-> "Ils allèrent et revinrent trouver Moché et Aharon" (Chéla'h Lé'ha 13,26)

Rachi explique : "C’est pour comparer leur départ à leur venue. De même que leur venue était dans une mauvaise intention, leur départ était dans une mauvaise intention".

Apparemment c’est difficile, car Rachi lui-même (v.13,3) a expliqué qu’à ce moment-là ils étaient honnêtes
L'Admour rabbi Avraham Méïr de Gour donne l'explication suivante : nos Sages (guémara (Kidouchin 40) disent que Hachem joint une bonne pensée à l’acte, alors qu’il ne joint pas une mauvaise pensée à l’acte.
D’après cela, au moment où Moché a envoyé les explorateurs, même si leur départ était a priori dans une mauvaise intention, la mauvaise pensée n’avait pas encore été ajoutée à l’acte, donc à ce moment-là ils étaient honnêtes.
Mais une fois qu’ils ont mis leur mauvaise pensée à exécution et ont dit du mal de la terre d'Israël, la mauvaise pensée a déjà été ajoutée à l’acte, et c’est ce que dit Rachi : "C’est pour comparer leur départ à leur venue".

"Moché les envoya du désert de Paran sur la proposition de Hachem ; c'étaient tous des notables (anachim), chefs des enfants d'Israël étaient-ils" (Chéla'h Lé'ha 13,3)

-> Rachi fait remarquer que le qualificatif "anachim" (notables), révèle qu'au moment de leur départ en mission, ils étaient tous des justes.

[Il apparaît qu'ils n'avaient alors aucune intention de médire sur la terre d'Israël]

=> Comment comprendre que des personnages si importants ont si rapidement et radicalement mal tournés?

-> Le Maharal (Gour Aryé Dévarim 1,22) enseigne que le peuple juif dans son ensemble avait peur de la population résidant en Israël, au point qu'il ne pensait pas pouvoir la vaincre pour prendre possession du pays.
Les explorateurs ont été envoyés en tant que représentants du restant de la nation, et le principe est qu'un envoyé (chalia'h) devient influencé par les intentions de ceux qui l'envoient en mission.

La guémara (Kidouchin 41b) dit : "l'envoyé d'une personne est comme cette personne" (chlou'ho chel adam kémoto).

Bien qu'il y ait à ce sujet des débats en terme de loi juive, le Ohr ha'Haïm haKadoch (Chéla'h Lé'ha 13,2) explique que cela peut se comprendre de façon littérale.

Lorsqu'une personne accepte une mission et est d'accord d'en être l'émissaire, elle devient spirituellement connectée à celle qui l'a mandaté et influencé dans ses objectifs.

Ainsi, bien que les espions étaient eux-mêmes des justes dès qu'ils ont été envoyés en exploration, devenant les émissaires de toute la nation, ils se sont transformés pour devenir comme ceux qui les ont envoyés.

-> Par exemple, le 'Hafets 'Haïm a envoyé le rav Méïr Shapiro pour le représenter au 2e Knéssia Gédolah (congrès mondial de Torah - en 1929), ne pouvant pas s'y rendre personnellement.
Les rabbanim ont voulu l'honorer en le faisant intervenir en 1er, mais le rav Shapiro leur a demandé de passer à la fin afin de pouvoir bénéficier de l'influence du 'Hafets 'Haïm (l'ayant mandaté pour cette tâche), le plus longtemps possible.

-> Le 'Hatam Sofer fait remarquer que la Torah appelle parfois un émissaire par : mal'akh (un ange).
Pourquoi cela?

Si l'émissaire est influencé par celui qui l'a envoyé en mission, à plus forte raison lorsque l'initiateur est Hachem.
Ainsi, une personne agissant comme émissaire de D. mérite d'être dénommée : un ange (mal'akh).

"Nous avons crié vers Hachem et Il a entendu notre voix ; il a envoyé un émissaire (mal'akh) et nous a fait sortir d'Egypte" ('Houkat 20,16).

Il s'agit de Moché (cf.Rachi), et puisqu'il agissait comme un émissaire de D., il a mérité d'être appelé un : mal'akh.

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Cependant, la Torah est claire sur le fait qu'ils ont dû rendre des comptes pour ce qu'ils ont fait, au point de mourir tragiquement (v.14,36-37).
=> Puisque leur faute provenait de l'influence négative du peuple, pourquoi ont-ils été punis? Que pouvaient-ils faire d'autre?

Le 'Hidouché haRim explique qu'avant de partir, les espions n'auraient pas dû se voir comme des représentants de la nation, mais plutôt comme des émissaires de Hachem et de Moché.
Cette faute va avoir des conséquences décisives et fatales.

-> Le Sfat Emet enseigne que nous devons appliquer cela à notre vie quotidienne.
En effet, normalement nous faisons nos choix en fonction de ce qui nous semble être correcte et logique.
Cependant, lorsque nous nous engageons à ne pas agir selon nos motivations personnelles, mais uniquement parce que Hachem souhaite que nous le fassions, nous méritons alors une bénédiction et un succès énormes, car grâce à cela nous devenons, dans chacune de nos actions, des anges représentants Hachem.

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-> "Envoie pour toi des hommes" (Chéla'h Lé'ha 13,2)

-> Moché envoya les explorateurs pour visiter la terre sainte. Quand ils revinrent, ils présentèrent au peuple un rapport de leur visite. Quand on analyse le texte, on peut s'apercevoir qu'ils ne firent que dire ce qu'ils ont vu. Apparemment, ils n'ont fait que dire la vérité, ce que leurs yeux ont vu.
=> Où était donc la faute?

-> Le Rabbi Mendel de Kotsk explique que dire la vérité ce n'est pas se contenter de décrire la réalité telle qu'elle est. Car ne pas modifier la réalité c'est simplement ne pas mentir. Mais ce n'est pas encore dire la vérité. Ainsi, quelqu'un peut ne pas mentir, en décrivant la réalité telle qu'elle est, mais sans qu'on puisse encore affirmer qu'il dise la "vérité".
En fait, la vérité, c'est lire et interpréter la réalité en conformité avec la Parole d'Hachem. Si quelqu'un décrit une situation sans rien modifier à la réalité, mais que ses yeux humains lui laissent interpréter les faits de façon différente à la Parole d'Hachem, alors si c'est un homme de vérité, il fournira tous les efforts nécessaires pour s'ingénier à l'interpréter en conformité avec la Parole Divine, et pas selon ce que ses yeux humains le laissent comprendre.

Ainsi par exemple, un homme qui a travaillé durement et à reçu en rétribution un grand salaire, s'il se dit que c'est son travail qui lui a permis d'avoir ce salaire, ce ne sera pas la vérité, même si c'est ce qui paraît de la réalité. Car la vérité c'est qu'Hachem a béni son travail et c'est Lui Qui lui a envoyé le salaire, comme il est dit : "Il bénira toutes les actions de tes mains".

=> Certes, les explorateurs n'ont fait que décrire la réalité de ce que leurs yeux ont vu lors de leur visite de la terre, mais malgré tout ils ont commis en cela une grave faute. Leur erreur a été de ne pas avoir voulu investir des efforts pour mettre en accord cette réalité qu'ils ont vue avec la Parole d'Hachem qui avait dit que cette terre était une bonne terre. Ils ont décrit ce qu'ils ont vu, les géants, les fruits énormes, les nombreux enterrements, ..., ce qui a débouché à la conclusion évidente qu'ils ne pourront pas conquérir une telle terre.
Ce qu'on leur reproche c'est de ne pas s'être efforcé d'interpréter les mêmes faits, mais selon la Vérité de la Parole d'Hachem, comme l'ont fait Yéhochoua et Kalev qui proclamèrent : "Cette terre est très très bonne".
Ne laissons pas les apparences de nos yeux humains diriger notre jugement. Au contraire, c'est la vérité de la Torah qui doit orienter notre lecture de tous les événements de nos vies.

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+ Quand le mensonge se déguise en Vérité :

-> La paracha Chéla'h Lé'ha s'étend sur la faute des explorateurs. Rachi explique que le peuple se réunit autour de Moché et lui demanda d'envoyer des hommes pour explorer la terre Sainte. En cela, les Hébreux commirent une faute et leur requête déplut à Hachem. En effet, Il avait déjà annoncé que ce pays est une bonne terre. L'envoi d'explorateurs n'était donc pas justifié. Seulement, on peut s'interroger.
=> Pourquoi le peuple désirait-il tant envoyer ces hommes? N'avait-il pas confiance en Hachem qui avait promis que cette terre était bonne? Une telle hypothèse révélant un manque si grand de confiance en Hachem n'est pas envisageable!
D'autre part, il est dit (dans la paracha de Dévarim v.1,23) que cette demande du peuple plut même à Moché (qui dit : "La chose fut bonne à mes yeux"). Comment comprendre une telle chose? Surtout s'il s'agissait d'un manque de confiance en Hachem clair et évident?
Tout cela nous conduit à dire que la faute d'envoyer des explorateurs était bien plus fine que ce que l'on peut penser.

-> En fait, on sait bien qu'un peuple qui désire conquérir un pays et entreprendre une guerre, envoie au préalable des espions dans ce pays, pour identifier les différents chemins et déterminer la stratégie la plus adaptée pour cette conquête. Telle est la voie naturelle des choses.
Seulement, à l'époque, les Hébreux étaient accompagnés continuellement par la Présence Divine, qui réalisait pour eux des miracles constants. Certes, généralement la Torah demande à ce que l'homme adopte la voie naturelle, tout en plaçant sa confiance en Hachem qui est le Seul qui peut sauver. C'est ce que l'on appelle la Hichtadlout. Cependant dans la situation des Hébreux dans le désert, qui étaient entourés par des miracles manifestes d'Hachem, pour eux, exceptionnellement, ils devaient placer exclusivement toute leur confiance en Hachem sans procéder à aucune Hichtadlout.
C'est là que le peuple se trompa, en pensant que même à leur niveau, il fallait également procéder à une certain Hichtadlout. En effet, Hachem aime diriger le monde selon l'ordre naturel, pour préserver le libre arbitre de l'homme. De la sorte, quand Il réalise un miracle, Il cherche à le diminuer au maximum et à lui laisser le plus possible une apparence naturelle. Les juifs pensaient que dans leur démarche d'envoyer des explorateurs, ils suivaient cette Volonté Divine de cacher au maximum le miracle. Et en cela, ils pensaient même réaliser une mitsva.

Seulement, le fait que nos Textes voient dans leur démarche une erreur, cela révèle qu'au plus profond de leur coeur, de façon même imperceptible, ils manquaient quelque peu de confiance en Hachem et leur demande découlait en vérité d'une certaine tendance enfouie dans leur coeur à agir naturellement, non pas pour la mitsva, mais pour se rassurer, pensant que par là, ils sécuriseraient un peu plus la réussite de la conquête. Mais ce mauvais calcul relevait du subconscient. Ils étaient loin de s'avouer tout cela. Pour eux, dans leur esprit, ils pensaient réaliser leur mitsva de Hichtadlout pour cacher le miracle.
Il s'agissait donc d'une très fine erreur d'appréciation dans l'équilibre entre Hichtadlout et confiance en Hachem. Ils croyaient que leur Hichtadlout était louable, alors qu'en réalité, elle était superflue et venait pointer un léger manque de confiance en Hachem duquel ils n'étaient pas conscients.
Mais en réalité, ce n'est pas tout. Leur démarche était encore bien plus profonde que cela. Car, ils ne pensaient pas qu'il fallait procéder à une démarche naturelle (Hichtadlout) simplement pour connaître les chemins les plus adaptés pour la conquête. Ce n'est pas en cela qu'ils se trompèrent en pensant qu'il fallait agir. Car pour cela, ils avaient une totale confiance en Hachem et savaient fermement qu'Il allait les aider. Ce n'est pas en cela que leur mauvais penchant allait les induire en erreur. Il était sûr de ne pas réussir.

L'erreur d'appréciation était encore bien plus fine que cela. Le Midrach explique que quand le peuple demanda à Moché d'envoyer des explorateurs, Moché leur en demanda la raison. Alors ils expliquèrent qu'Hachem leur avait promis de leur faire hériter les richesses du pays. Mais, sachant que les Hébreux s'apprêtaient de conquérir le pays, les habitants risqueraient de cacher tous leurs trésors. Et cela risquait de compromettre la réalisation de cette Promesse Divine. Il convenait donc d'envoyer des explorateurs qui allaient identifier les endroits secrets et connaîtraient les lieux susceptibles de contenir les trésors. Et ainsi, cela permettra de réaliser la Promesse Divine et Son Honneur restera conservé.
Au niveau conscient, toute la démarche du peuple d'envoyer des espions était d'éviter une faille dans la sanctification du Nom d'Hachem, dans le cas où on ne trouverait pas les trésors. Ce n'était même pas de perdre l'occasion de s'enrichir qui les perturbait. Tout leur souci n'était que de préserver l'Honneur d'Hachem.
Entendant tout cela, Moché donna bien sûr son accord. Cette démarche lui plut.
Et malgré tout, Hachem identifia une faute. Car en réalité, Il perçut qu'au très fond de leur coeur, leur aspiration provenait d'un manque très fin de confiance en Hachem et d'une volonté imperceptible d'agir naturellement pour assurer leur conquête, pensant inconsciemment que leur action naturelle les aidera. Il s'agissait bien, à un niveau microscopique, d'un léger manque de confiance en Hachem. Et ce manque était si fin, que même Moché n'identifiait pas la faille. Tout paraissait provenir des intentions les plus pures.
Personne n'avait réussi à percevoir qu'une intention négative très fine se cachait.

=> Tout cela montre combien un défaut peut se dissimuler au point que même Moché puisse ne rien remarquer.
De plus, nous voyons aussi que la faute du peuple était d'une finesse telle qu'en apparence tout paraissait être une très grande mitsva, celle de rechercher à augmenter l'Honneur d'Hachem. Le peuple était à un niveau spirituel si haut que pour le tromper, le mauvais penchant (yétser ara) devait leur présenter l'erreur comme une grande mitsva. Car le penchant sait s’immiscer en finesse dans le coeur, présentant une Hichtadlout erronée comme si elle était voulue par Hachem. De plus, ne tentons surtout pas d'expliquer les fautes du peuple juif de l'époque de la Torah selon notre échelle, pensant que ces hommes pouvaient avoir des considérations simples et comparables aux nôtres.

==> Mais tout cela nous mène à nous interroger. S'il est possible de commettre des erreurs si fines sans s'en rendre compte, le danger est donc très grand. Comment pouvons-nous déterminer la vérité? Comment identifier l'erreur si tout peut paraître si parfait?
C'est qu'en fait, chaque homme est effectivement capable de connaître la vérité des choses, s'il le veut vraiment. En scrutant le fond de son coeur avec un regard authentique, en voulant vraiment connaître la vérité, on arrivera à l'identifier. Car le mauvais penchant ne peut pas recouvrir complètement la vérité. Même s'il peut présenter le mensonge comme une vérité, malgré tout, au fond de lui-même, l'homme sait que le droit chemin est encore plus vrai. Dans Sa Bonté, Hachem n'a pas permis au penchant de cacher totalement la vérité. Chacun peut, s'il le désire vraiment, discerner dans son coeur, la vraie vérité.

[ basé sur un enseignement du rav Eliyahou Dessler (Mikhtav MéEliahou) - rapporté par le rav Mikaël Mouyal]

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+ Grâce à la droiture, on se préserve de tout mal :

-> "Moché les envoya depuis le désert de Pharane sur l'ordre d'Hachem, tous des personnages considérables, chefs des Bné Israël" (Chéla'h Lé'ha 13,3)

-> Rachi : "A chaque fois que les versets comportent le terme ‘personnage’ (Ich), cela signifie qu'il s'agit d'une personne importante. A ce moment-là, ils étaient (encore) irréprochables".

=> Ce commentaire de Rachi est a priori étonnant : si les explorateurs étaient véritablement irréprochables, au point que la Torah elle-même en témoigne, comment se fait-il qu’ils tombèrent ensuite d’un niveau tellement élevé jusqu’aux extrémités de la bassesse?

-> Le Chem miChmouël (année 5677) rapporte l'explication suivante :
Rachi lui-même commente le verset "Sois droit avec Hachem ton D." (Choftim 18,13) : ‘Va selon Lui avec droiture, espère en Lui, et ne sonde pas l’avenir, mais tout ce qui t’arrivera accepte-le avec innocence (sans calcul). Et alors tu feras partie de Son peuple et tu seras Son partage’.
Le Chem miChmouël écrit que l'on peut donc en déduire, que l’inverse est aussi vrai : en ne se conduisant pas avec droiture, un juif s’exclut lui-même du peuple et du partage d’Hachem ...
Si les Bné Israël n’avaient pas perdu cette ‘Témimout’ (innocence et droiture) mais avaient poursuivi leur périple à travers la terre d'Israël, sans chercher à savoir comment ils parviendraient à la conquérir, il est certain qu’ils auraient réussi
, comme l’affirme Rachi (paracha Dévarim) : ‘S’ils n’avaient pas envoyé des explorateurs, ils (les Bné Israël) n’auraient pas eu besoin de leurs armes’.

Néanmoins, du fait qu’ils perdirent leur ‘Témimout’ et qu’ils tentèrent de sonder l’avenir, ils n’étaient désormais plus avec Hachem (‘Son peuple et Son partage’) et il n’est plus surprenant de voir à quelles extrémités ils arrivèrent ...
Car, sans l’aide d’Hachem, l’homme n’est en mesure de faire face à aucune épreuve.

-> Le Chem miChmouël écrit :
"il est écrit : "Sois droit avec Hachem ton D.", et Rachi d'expliquer : ‘alors tu seras Son peuple et Son partage’.
Une des conditions de la ‘Témimout’ est de ne pas (chercher à) sonder l'avenir et de ne pas s'ingénier à suivre son intelligence, mais de se soumettre à la volonté d'Hachem, à l'instar des Bné Israël lorsqu'ils s'écrièrent devant la Mer Rouge : ‘Nous ne comptons que sur les paroles du fils d'Amram (Moché)’.
Il est compréhensible qu'en disant : ‘Envoyons des hommes devant nous et ils espionneront la Terre pour nous’, ils s'écartèrent du chemin de la ‘Témimout’, et le Nom d’Hachem qui était avec eux, se retira d’eux".

-> Cela rejoint également ce que le ‘Hatam Sofer explique à propos du châtiment qu’Hachem décréta pour la faute des explorateurs :
"Dans ce désert ils finiront" (Chéla'h Lé'ha 14,35) = cela signifie qu’ils devraient s’attarder pendant 40 ans dans le désert jusqu’à redevenir droits, comme ils l’étaient au début, avec Hachem (l’expression "ils finiront" employée dans le verset est ‘itamou’ (יִתַּמּוּ) qui a la même racine que ‘Témimout’).
Cette ‘Témimout’ consiste également à savoir et à être convaincu que tout ce qui se déroule dans le monde est le fruit de la volonté Divine. Elle nous enjoint par conséquent à ne nous reposer que sur Hachem.

-> Les commentateurs de la ‘Hassidout (comme le Imré Emet et le Beit Israël) ont largement développé cette paracha des explorateurs. Elle nous enseigne qu’un homme ne doit jamais compter sur ses propres forces ni sur ses mérites personnels, c’est-à-dire sur ses mitsvot et ses bonnes actions dans le domaine spirituel, ou ses forces physiques dans celui matériel, et penser que grâce à eux, il pourra parvenir à ses fins.
Il devra enraciner profondément en lui-même le sentiment qu’il est entièrement démuni de toute force personnelle et ne peut rien accomplir sans décret céleste préalable, et que tout dépend de la volonté Divine.
Celui qui ne se repose que sur Hachem méritera son aide dans tous les domaines et tout ce qu’il entreprendra réussira. En revanche, l’homme qui ne se repose que sur lui-même est voué à l’échec.

C’est l’enseignement que l’on peut tirer des explorateurs. Ces derniers étaient les chefs des Bné Israël tant dans le domaine spirituel que matériel, et nous n’avons aucune notion de leur niveau : le Ramban (verset 4) écrit que la Torah les a énumérés selon leur importance en ordre décroissant.
Il en ressort d’après cela que Kalev Ben Yéfouné n’était que le troisième. Quant à Yéhochoua Bin Noun, il n’est mentionné qu’en cinquième position. Par ailleurs, ils étaient dotés d’une force physique hors du commun (cf. ce qu’explique le Ibn Ezra sur le verset 2), et ils se reposèrent sur la force de leur poignet pour conquérir la terre d’Israël. Néanmoins, lorsqu’ils y entrèrent et la parcoururent de part en part, ils furent saisis de crainte et tellement terrifiés qu’ils déclarèrent : "Il n'y a rien (à faire) car le peuple (de ses habitants) est fort et il est plus puissant que nous".
Seuls Yéhochoua et Kalev se considéraient comme insignifiants et savaient qu’ils ne possédaient rien par eux-mêmes, comme l’explique le Targoum Yonathan Ben Ouziel (sur le verset 13,16) : ‘Lorsque Moché vit l’humilité de Yéhochoua, il lui changea son nom de Hochéa en Yéhochoua’.
De même, Kalev alla se prosterner sur les tombeaux des patriarches afin de solliciter la miséricorde Divine, car il sentit qu’il ne possédait aucun mérite personnel et qu’il devait faire appel à celui de ses ancêtres.
Ce fut uniquement parce qu’ils se reposèrent sur Hachem qu’ils eurent la témérité de tenir tête aux autres explorateurs et d’affirmer courageusement : "Nous y monterons et nous la conquerrons car nous le pourrons".
Finalement, ce furent les seuls parmi les 600 000 Bné Israël de la génération du désert qui eurent le mérite d’entrer en terre d'Israël.

-> Le ‘Hidouché haRim explique que :
"L’intention des explorateurs avait uniquement pour but le bien des Bné Israël. Ils virent que ces derniers résidaient dans le désert dans une situation idéale : ils étudiaient la Torah auprès de Moché, n’avaient aucun souci matériel, ni de nourriture, ni de vêtement, et ils se consacraient seulement au service d’Hachem en vivant du pain Céleste.
Craignant qu’en entrant en terre sainte, les Bné Israël se retrouvent plongés dans les soucis matériels inhérents à l’exploitation des champs, les explorateurs se mirent en danger pour eux en oeuvrant afin qu’ils s’attardent encore 40 ans dans le désert et puissent ainsi continuer à se nourrir de la manne.
Néanmoins, leur attitude ne trouva pas grâce aux yeux du Ciel, car un homme n’a aucun conseil à donner à Hachem et il doit présumer que la manière dont il est dirigé est la meilleure pour lui."

-> Dans la suite de son commentaire, le 'Hidouché haRim ajoute les mots qui suivent :
"Ce qui leur fut imputé comme une faute est qu'ils innovèrent des raisonnements de leur propre initiative alors qu'ils auraient dû suivre le chemin de la droiture et s'efforcer de se soumettre en suivant la voie de la ‘Témimout’, sans faire de calcul. Ils auraient dû penser qu’un homme doit servir Hachem de l’endroit où Il l'a placé".

"Envoie toi-même des hommes pour explorer le pays de Canaan" (Chéla'h Lé'ha 13,2)

Il y a une ressemble entre : "chéla'h lé'ha" et "lé'h lé'ha".
Rachi commente Lé'ha : "Pour ton bonheur et pour ton bien." (Lé'ha lé'ha 12,1)

=> Il semble que le fait d'envoyer les espions, qui a fini en désastre (morts + errance de 38 années supplémentaires dans le désert), a été en réalité quelque chose de positif, d'avantageux pour le peuple juif.

Comment comprendre cela?

b'h, Nous allons voir une réponse du rabbi David Feinstein.

-> "Le peuple pleura cette nuit-là" (Chéla'h Lé'ha 14,1)

Ces larmes ont eu des conséquences : "[D. dit : ] Vous avez pleuré sans raison ; J'établirai pour vous une raison de pleurer [ce jour là] pour les générations à venir."
[guémara Taanit 29a ; ainsi que Rachi sur Téhilim 106,27]

Cette nuit du rapport des explorateurs était celle du 9 av, et c'est ce jour là que les 2 Temples ont été détruits et que beaucoup d'autres tragédies touchèrent le peuple juif à travers l'histoire.

-> Le Baal haTourim fait remarquer que la guématria de : chéla'h (שלח) est de 338, et c'est une référence à l'année 3338 de la Création, durant laquelle le 1er Temple a été détruit.

-> "Mizmor de Assaf. Ô D., des païens ont envahi ton héritage, souillé ton Temple saint, réduit Jérusalem en un monceau de décombres." (Téhilim 79,1)

Un mizmor est normalement un chant pour exprimer notre gratitude et nos louanges à Hachem.
Ce Téhilim abordant la destruction du Temple, devrait plutôt être une "kina", une expression de notre tristesse et une lamentation.
Pourquoi le commencer par "mizmor"?

Nos Sages (midrach Béréchit rabba 42,3) enseignent que Hachem "a laissé éclater Sa colère sur le bois et les pierres", ce qui signifie qu'au lieu de détruire les juifs pour leurs fautes, Il a redirigé Sa colère sur le Temple et a expié nos fautes par sa destruction.

=> Ceci explique pourquoi Assaf a fait un chant de louanges à Hachem.

En reliant tout cela, rabbi David Feinstein dit que puisque cette destruction du Temple nous a été si bénéfique, et puisque qu'elle a été déclarée en raison de la faute des explorateurs, le terme lé'ha témoigne bien de : cela est à notre avantage.
[cela nous a évité de subir directement la colère de D.]

"Les prémices de vos pâtes (עֲרִסֹתֵכֶם), la 'Halla (חלה), vous prélèverez pour Hachem" (Chéla'h Lé'ha 15,20)

La pâte se dit dans le verset "arissa" (עריסה), qui signifie aussi le berceau.
Cela vient rappeler que dès le berceau, l'enfant doit être élevé pour le service d’Hachem.

On trouve cela en allusion dans le terme : 'Halla (חלה) :
- La lettre ח de valeur 8 : fait allusion à la mila réalisée le 8e jour.
- La lettre ל de valeur 30 : fait allusion au rachat du premier-né le 30e jour.
- Et la lettre ה de valeur 5 : fait allusion à l'initiation de l'enfant à la Torah, comme il est écrit : "A l’âge de 5 ans, on commence à lui apprendre la Torah (écrite)" (Pirké Avot 5,22).

[Ora'h lé'Haïm]

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-> Il est écrit à propos du prélèvement de la 'Hala : "Comme prémices de votre pâte (a’arissotékhem ‘hala), vous prélèverez un gâteau en tribut ; à l’instar du tribut de la grange, ainsi vous le prélèverez. Des prémices de votre pâte vous ferez hommage à l’Éternel dans vos générations futures" (Chéla'h Lé'ha 15,20-21)

-> Rachi explique : "Vous prélèverez de ses prémices, c’est-à-dire : Avant d’en manger la première portion (les prémices), il en sera pris un morceau comme prélèvement pour Hachem".

=> Quelle est l’importance de la mitsva de prélever la ‘Hala?

On peut citer les réponses suivantes :
1°/ La génération des Explorateurs croyait assumer existence idéale en consommant le "pain du Ciel", la Manne ; ils ne pouvaient concevoir de ne plus manger que le "pain de la Terre" après l’entrée en Canaan. C’est pourquoi il leur fut révélé qu’on pouvait parvenir à la Sainteté par le prélèvement des prémices sur la pâte, la חַלָּה (‘Hala) – la sanctification du pain quotidien. [Sfat Emet].

Par l’observance régulière du prélèvement des prémices de la pâte et des fruits, et de la dîme (Maasser) sur les produits alimentaires, le manger et le boire se colorent de Sainteté. En ce qui concerne la ‘Hala, son prélèvement est obligatoire, au regard de la Torah, qu’en Terre d’Israël et lorsque la Présence Divine réside dans Son sanctuaire.
C’est là les véritables prémices (Réchit - ראשית) qui correspond au "Commencement D. créa" (Béréchit Bara - בראשית ברא)", car c’est en vue du mérite futur de la ‘Hala, des Bikourim (prémices des fruits) et du Masser que le monde a été créé (midrach Béréchit Rabba 1)

[il est à noter que la mitsva de la ‘Hala procure la récompense du monde futur, comme l’indique, en allusion, les initiales de la phrase: "חלק לעולם הבא" (‘Hélek léOlam aba - une part dans le Monde futur) forment : חַלָּה ('Hala). ]

2°/ "La vie de l’homme est basée sur sa nourriture et pour la plupart des gens, la base de la nourriture c’est le pain. En nous donnant cette Mitsva (la ‘Hala) qui s’applique à notre pain quotidien, Hachem a voulu grandir notre mérite, afin que Sa Bénédiction s’attache à celui-ci ; il se trouve ainsi être à la fois nourriture du corps et de l’âme".
[Séfer Ha’hinoukh]

3°/ "Tout celui qui prélève la ‘Hala est béni d’Hachem, comme le dit le Prophète Ezéchiel: ‘…La première part de vos pâtes, vous la donnerez au Cohen, pour que la Bénédiction repose sur vos maisons’" [Yé'hezkiel 44,30].

4°/ L’homme ne doit pas dire : "Je vais profiter un peu de la vie dans ma jeunesse et quand j’aurai vieilli, je deviendrai quelqu’un qui craint D."
La Torah enseigne : "Comme prémices de votre pâte, vous prélèverez un gâteau en tribut" : au début de votre existence, dans votre jeunesse, vous devez sanctifier votre vie et l’élever vers les voies du Créateur. [Avodat Israël]

Le midrach enseigne : "Pourquoi la section relative à l’idolâtrie est-elle placée juste après celle de la ‘Hala?
Pour t’apprendre que quiconque accomplit le Commandement de prélever la ‘Hala, c’est comme s’il reniait l’idolâtrie".
Si un homme accomplit le Commandement de prélever la ‘Hala parce qu’il est convaincu que tout lui est donné de la main de D. et qu’il est donc tenu de prélever les prémices de ses biens en signe de reconnaissance, cela est en soi un reniement de l’idolâtrie. Il désavoue l’illusion que "c’est ma force et ma puissance qui m’ont fait obtenir toute cette richesse" (Ekev 8,17) qui est, en fait, la pire forme d’idolâtrie.
Un verset dit : "Leurs idoles sont l’argent et l’or, des œuvres de l’homme" (Téhilim 115,3) = leur idolâtrie s’exprime par le fait que l’argent et l’or sont à leurs yeux "les œuvres de l’homme".
[Avné Ezel]

5°/ Nos Sages appellent Adam : "la ‘Hala pur du Monde".
[à noter que les initiales, lues en l’envers, des trois derniers mots de: "vayéhi aadam lénéfech 'haya" ("Et l’homme devint un être vivant" - וַיְהִי הָאָדָם לְנֶפֶשׁ חַיָּה - Béréchit 2,7) forment le mot חַלָּה (‘Hala)].
Ceci signifie qu’Hachem l’a créé entièrement pur, sans désir mauvais. ‘Hava a fait perdre à Adam sa pureté première. A cause de son péché, lui-même et ses descendants ont été entraînés par leurs désirs physiques (même si la réalisation de ces désirs leur nuit).
La mitsva du prélèvement de la ‘Hala a le pouvoir de rendre à l’esprit la pureté qu’il a perdue en raison du péché de ‘Hava. [Tiféret Tsion]

On devrait prendre grand soin d’accomplir la mitsva de la ‘Hala. Pour fruit de sa négligence, la famine vient sur le monde, tandis que son observance apporte à la maisonnée, la Bénédiction matérielle. [midrach haGadol]

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-> Le Ben Ich 'Haï fait remarquer que les 3 mitsvot spécifiques aux femmes : 'halla (חלה), nidda (נדה), nér hadlakat (l'allumage des bougies [de Shabbath] - הנר הדלקת) ont les 1eres lettres qui forment : 'Hanna (חנה), qui est le nom de la femme dont les prières pour son fils ont servi de modèle de prière.
En effet, les moments les plus opportuns pour qu'une femme prie c'est lorsqu'elle accomplit ces mitsvot spéciales, qui ont la capacité unique de générer de la sainteté dans sa maison.

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=> Pourquoi les Lois des Offrandes de farine, des libations et de la ‘Hala sont-elles juxtaposées à l’épisode des Explorateurs?

On peut citer les raisons suivantes :

1°/ A la suite de l’affaire des Explorateurs et du châtiment infligé à la génération, un esprit d’affliction et de dépression s’empara du Peuple. Il se plaignit en disant : "Peut-être nos enfants commettront-ils quelque autre péché, et eux non plus n’entreront pas en terre d'Israël. Notre peuple n’arrivera alors jamais dans le Pays". Hachem ordonna à Moché : "Va, et encourage les juifs attristés", "Maître de l’Univers", demanda Moché, "comment les réconforterai-je?" "En leur enseignant la Torah", répondit Hachem, "instruis-les dans la mitsva des libations [une mesure de vin était apportée avec le Sacrifice et était versée dans les cavités de drainage situées à la base de l’Autel – une Offrande de farine, huile et sel était également apportée et consumée entièrement sur l’Autel] et du prélèvement de la ‘Hala de la pâte [celle-ci était sainte et devait être donnée au Cohen].
La mise en pratique de ces mitsvot est (essentiellement) liée à la terre d’Israël.
Ainsi, les juifs reprendront espoir, étant assurés que leurs enfants entreront en terre d'Israël".
[Tana DéBé Eliahou Rabba 29]

La consolation fut également pour les pères eux-mêmes, car, comme l’enseigne la guémara (Sanhédrin 90b) : "De quel Texte de la Torah déduit-on la Résurrection des Morts? Il est écrit : ‘[Cette Terre] que Hachem a juré à vos ancêtres de leur donner’ (Ekev 11,9). Il n’est pas dit : ‘De vous donner’ mais ‘De leur donner’ [eux qui sont déjà morts]", Hachem leur assura qu’ils se relèveront à la vie et hériteront de la Terre d’Israël (et pourront ainsi eux-mêmes accomplir les mitsvot liées au Pays). [Or ha'Haïm haKadoch].

2°/ Les Bné Israël ont péché en calomniant la terre d'Israël, à cause du vin que les Explorateurs en avaient rapporté (voir Chéla'h Lé'ha 13,23). Hachem, dans Sa Miséricorde, enseigna aussitôt aux juifs la mitsva de Nissoukh Hayaïn (ניסוך היין), libation de vin, afin de permettre d’expier leur péché dont le vin en était la cause. [Tsror haMor]
(Si la mitsva de la libation figure en premier lieu, bien que celle de la ‘Hala lui soit antérieure, c’est parce que la libation de vin concerne l’Autel sacré tandis que la ‘Hala se rapporte au pain quotidien – Lémaala Lémata).

3°/ Le passage relatif aux libations et prélèvement de la ‘Hala est juxtaposé à l’épisode des Explorateurs, afin de fortifier le coeur des enfants endeuillés et de les consoler en leur faisant savoir qu’ils rentreront, contrairement à leurs pères, en terre d'Israël et qu’ils offriront là-bas des Sacrifices (accompagnés de libations et d’offrandes de farine). [Rabbénou Bé’hayé]

4°/ Tout de suite après la faute des Explorateurs, les Bné Israël reçurent la mitsva de prélever la ‘Hala afin de mériter que la bénédiction règne dans leurs maisons, comme il est dit : "la première part de vos pâtes, vous la donnerez au Cohen, pour que la bénédiction repose sur vos maisons" (Yé'hezkel 44,30). [Sforno]

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-> b'h, voir également : https://todahm.com/2021/09/09/32631

"Moché appela Hoché‘a (הוֹשֵׁעַ) fils de Noun : Yéhochoua (יְהוֹשֻׁעַ)" (Chéla'h Lé'ha 13,16)

Moché a changé le nom de Hochéa en Yéhochoua, en y ajoutant un youd devant son nom originel.

Le Targoum Yonathan dit que Moché a effectué ce changement de nom après avoir vu l'humilité de Yéhouchoua.
Que vient voir l'humilité avec ça?

Le Ohev Israël explique, en se basant sur les paroles du Mabit, que la résurrection des morts se fera selon l'ordre alphabétique : ceux ayant un nom commençant par aléph revivront avant ceux ayant un nom commençant par la lettre bét, et ainsi de suite.

Si c'est ainsi, Moché en ajoutant la lettre "youd" devant la lettre "hé", a fait que Yéhochoua devra avoir une résurrection plus tardive que ce qu'il avait initialement (il est passé du rang 5 [hé] au rang 10 [youd]!).
=> Comment a-t-il pu lui donner un tel désavantage?

Le Targoum Yonathan répond en disant que Moché a ajouté la lettre hé, uniquement après avoir reconnu l'humilité de Yéhochoua.
En effet, selon nos Sages, toute personne véritablement humble bénéficie d'une résurrection des morts avant les autres, indépendamment de son nom, ce qui explique l'action de Moché.

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-> Moché changea le nom de Yéhochoua en y ajoutant un youd (de guématria : 10), car il vit par prophétie que Yéhochoua hériterait de 10 parts en terre d'Israël, celles des 10 explorateurs qui avaient diffamé la terre.
Kalev fut récompensé en recevant 'Hévron : "Et à Kalev ils donnèrent 'Hévron" (Choftim 1,20).
[Méam Loez - Chéla'h Lé'ha 13,4-16]

[le mot hébreu : Yéhochoua est équivalent à : Youd Hé Hochéa = D. sauve. => Moché pria Hachem d'aider Yéhochoua à résister à la calomnie des explorateurs.]

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-> Est-ce à penser que ces deux Justes : Yéhochoua et Kalev, étaient déficients dans leur foi, et qu’ils avaient besoin de prières spéciales pour ne pas tomber dans le complot posé par leurs "associés"?

De là, explique rav Yé’hezkel Levinstein, nous pouvons nous faire une idée du pouvoir de l’"influence sociale". Celui qui s’identifie et s’associe à un certain groupe en devient partie intégrante, au point qu’il lui est presque impossible de ne plus penser, parler ou agir comme les autres membres de cette assemblée.
Mais fort heureusement, immense est la force de la prière, qui empêche l’individu de décliner et de tomber dans l’abîme où ses compagnons tentent de le précipiter.

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-> La guémara (Taanit 21a) dit que Na’houm Ich Gam Zou fut appelé ainsi parce que quoi qu’il lui arrivât, même un malheur apparent, il disait toujours "cela aussi est pour le bien" (גם זו לטובה).
=> Si c’est le cas, alors pourquoi son nom était-il Na’houm Ich Gam Zou et non Na’hum Ich Gam Zou lé-tova?

-> Moché a changé le nom de Yéochoua, passant d’הושע (Hochéa) à יהושע (Yéhochoua).
Rav Chimchon Rafael Hirsch explique que le changement de nom porte un message implicite pour lui mais aussi pour ses compagnons car chaque fois qu’ils s’adressaient à lui par son nouveau nom, ils devaient eux aussi se souvenir du message véhiculé par ce nom et dans l’accomplissement de leur mission, ils ne devaient pas perdre de vue ce message. Ce nom leur indiquait que הושע est יהושע = c’est-à-dire que Celui qui nous a (déjà) sauvés dans le passé (הושע étant au passé), nous sauvera aussi à l’avenir (יהושע étant au futur).

-> Le rabbi Yéhochoua Alt dit qu'avec cela nous pouvons répondre à la question initiale.
Na’houm Ich Gam Zou a été appelé ainsi afin de mettre l’accent sur "gam zou" (זו גם) = c’est-à-dire que, tout comme dans le passé, Hachem était avec nous et que nous avez vu que c’était pour le bien, Il sera également avec nous à l’avenir.

"Les Bné Israël se trouvaient dans le désert et découvrirent un homme qui ramassait du bois le jour du Shabbat" (Chéla'h Lé'ha 15,32)

-> Nos Sages (voir Tossafot Baba batra 119b) disent que le ramasseur de bois avait transgressé le Shabbath pour l'amour du Ciel. Son objectif était de faire connaître le fait que, bien que D. ait décrété que le peuple juif mourrait dans le désert, il était toujours obligé d'observer la Torah et les mitsvot.

Cela semble étonnant. Comment cette explication justifie-t-elle la profanation du Shabbath?
Nos Sages (guémara Shabbath 105b) expliquent cependant que celui qui, le Shabbath, effectue un travail dont le résultat n'est pas nécessaire est exempt de punition.
Ici aussi, l'individu n'a pas ramassé le bois parce qu'il en avait besoin, car il n'en avait absolument pas besoin. Au contraire, il avait à l'esprit que le nom de D. devait être sanctifié à travers lui. Par conséquent, le travail n'était pas nécessaire pour son résultat direct. Par conséquent, le ramasseur de bois n'a pas du tout profané le Shabbath.
Néanmoins, il fut tout de même lapidé parce que les observateurs ne pouvaient pas savoir quelles étaient ses intentions (dans son cœur).
[rabbi Lévi Its'hak de Berditchev - Kédouchat Lévi ]