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"Et le jour où apparaîtra de la chair vive, l’individu sera impur" (Tazria 13,14)

-> Rachi commente : "Et le jour : le texte nous enseigne qu’il y a des jours où tu peux procéder à l’examen et d’autres où tu ne peux pas. De ce verset, nos Sages ont dit qu’on laisse au jeune marié les 7 jours qui suivent le festin [du mariage avant d’examiner s’il y a cas de lèpre] sur lui-même, son vêtement ou sa maison."

=> Néanmoins, comment comprendre qu’un jeune marié puisse être atteint de lèpre, alors que celle-ci sanctionne un péché et que, le jour du mariage, tous les péchés sont absous?

-> Le rav de Kaziglov explique que, après que Hachem a pardonné ses fautes au ‘hatan, il a le statut d’un tsadik. Dès lors, D. se montre extrêmement pointilleux à son égard, comme Il le fait envers les justes, si bien que de très légers manquements peuvent lui être reprochés. Ceux-ci peuvent le rendre passible de lèpre, mais il ne sera examiné qu’après les 7 jours suivant son mariage.

->Certains commentent que le jour du mariage les fautes des mariés sont pardonnées.
Mais à l'image de Yom Kippour, il ne s'agit que des fautes vis-à-vis d'Hachem, car pour celles vis-à-vis d'autrui nous devons leur demander pardon.

"Si tout (le corps) est devenu blanc, il est pur" (Tazria 13,13)

=> Comment comprendre que quand les tâches de Tsaraat (sorte de lèpre) blanches recouvrent une partie du corps, le lépreux est impur, mais quand elles recouvrent tout son corps, il est pur?

-> Le Chaaré Sim'ha dit qu'on peut le comprendre d'après l'allusion suivante :
Si quelqu'un a de mauvais comportements, mais qu'en parallèle, il a des qualités, cette personne est plus dangereuse que celui qui est complètement mauvais, et il faut encore plus s'en éloigner. En effet, celui qui a des qualités, les gens voient en lui un certain modèle sur certains points et risquent de se laisser influencer par lui et alors de capter aussi ses défauts. Pour éviter ce danger, il convient de s'en éloigner.
Mais celui qui est entièrement mauvais, les gens ne voient en lui aucun exemple et ne vont pas être influencer par lui. Il n'est donc pas autant nécessaire de l'écarter.
Ainsi, celui qui est complètement atteint de Tsaraat, allusion à celui qui est entièrement impur et mauvais, il est ''pur'', c'est-à-dire qu'on n'a pas tellement besoin de l'écarter et de l'éloigner, car tous savent qu'il n'y a rien à tirer de lui et sa mauvaise influence sera donc neutralisée.

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-> "S'il est tout entier devenu blanc, il est pur" (Tazria 13,13)

=> La couleur blanche pour une plaie est signe d'impureté. Mais quelqu'un qui est tout blanc, sera pur. Comment le comprendre?

-> En fait, le mal et l'impureté n'ont pas de réalité de par eux-mêmes. Le mal n'existe que du fait que soit mélangé en lui un peu de bien.
Ainsi, nos Sages disent qu'un mensonge a besoin de contenir un peu de vérité pour se maintenir. Mais quand le mal se révèle de façon totale, et que tout le bien qui y est contenu disparaît, cela conduit à sa propre autodestruction.
Quand l'impureté devient totale, elle disparaît d'elle-même. Sans un peu de vérité et de bien, le mensonge et le mal ne peut tenir.
[d'après le rav Dessler - Mikhtav méEliyahou]

-> Les tâches blanches sur la peau étaient un signe d'impureté de Tsara'at (la lèpre). Malgré tout, la Torah dit que si toute la peau du corps devient blanche, alors la personne est pure. Comment comprendre cela?

En fait, Hachem a créé le Mal et l'impureté pour laisser place au libre arbitre. En réalité, le Mal n'a pas d'existence propre. Il n'existe que pour laisser place à l'épreuve et permettre ainsi à l'homme de choisir le Bien.
L'homme vit une lutte intérieure contre le Mal. C'est ainsi qu'il a plus de mérite et donc une plus grande récompense. A chaque fois qu'il se confronte au Mal, le but est de lutter contre pour choisir le Bien.
Tout le Mal ne vient que voiler le Bien, pour laisser place à l'épreuve. En fait, le Mal n'a été créé que pour être écarté et donner toute la valeur au Bien. Qu'il y ait du Mal total, sans aucune parcelle de Bien, cela n'est donc pas possible.
Dans un cas pareil, où le Mal se renforce au point de prendre toute la place, ce Mal disparaît aussitôt. Car il n'existe que pour mettre en valeur et donner du mérite au Bien. C'est pourquoi, un corps entièrement rempli d'impureté de Tsaraat, estautomatiquement pur. Cela nous apprend à ne pas craindre le Mal, car même pleinement renforcé, il n'est voué que à disparaître.
[d'après le rav Dessler - Mikhtav méEliyahou]

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-> "Il se rasera, mais ne rasera pas la partie affectée" (Tazria 13,33)

-> Le Séfer Ha’Hinoukh voit dans cette mitsva la leçon de morale suivante :
"Cela vient nous insinuer qu’il faut supporter toute la peine ou tout le châtiment envoyé par Hachem sans protester. On ne doit pas croire qu’il y a une possibilité de les annuler et de les cacher aux autres, il faut seulement supplier D. de nous guérir."

-> "Et la plaie, il ne la coupera pas" (Tazria 13,33)

Dans le cadre du thème des plaies, la Torah interdit de gratter la plaie pour l'enlever. Si un homme est frappé d'une tâche de Tsaraat (sorte de lèpre), il lui est interdit de tenter de l'effacer. Pour quelle raison?

Le Séfer ha'Hinoukh explique que la Torah enseigne là que quand Hachem met l'homme à l'épreuve, ce dernier ne doit pas se révolter contre Lui, ni chercher à s'échapper du Décret Divin qu'il refuse d'accepter. Au contraire, l'homme devrait plutôt se remplir de émouna (foi) et accepter que le monde est dirigé par Hachem pour le Bien.
Même si les Décisions Divines ne vont pas dans le sens de la volonté personnelle de l'homme éprouvé, Hachem sait ce qui est bien pour lui. En lui causant des souffrances, Il lui fait vivre cela pour obtenir un Bien meilleur.
L'homme devrait parvenir à faire confiance à Hachem, exactement comme s'il faisait confiance à un grand médecin lui imposant des traitements douloureux avec une promesse de guérison. Hachem assure à l'homme éprouvé, la guérison en finalité. Alors, l'être éprouvé saura accepter ce que Hachem lui envoie, même si c'est douloureux, car il saura que Hachem recherche son véritable bien. Quand Hachem veut accorder à l'homme une grande lumière spirituelle, quand Il veut le rapprocher de Lui, si l'homme n'est pas prêt à recevoir ce Bienfait, il ne saura pas faire bon usage de ce Cadeau Divin. Et ce cadeau pourra le détourner du bien.

Ainsi, Hachem envoie au préalable certaines difficultés qui lui causent de la peine. Et de cette façon, s'il accepte la Volonté d'Hachem avec confiance, cette démarche permettra de le préparer et le construire en vue de recevoir ce don de Hachem, dans les meilleures conditions.
Mais, le critère est de ne pas se révolter ni de se débattre pour échapper à la Décision Divine. Si l'homme éprouvé accepte de recevoir ce que Hachem lui envoie, s'il est conscient que Hachem est le Roi du monde, et nul ne peut échapper à Sa Royauté, alors cette acceptation le préparera à recevoir le Bien que Hachem lui destine. En revanche, l'homme qui se révolte envers Hachem, exprime implicitement une forme de réaction de rejet : "Ecarte-Toi de moi!"
Refusant ainsi la préparation que Hachem lui fait vivre pour le rapprocher de Lui et lui accorder ce Bien. L'interdiction de retirer la plaie de Tsara'at vient nous enseigner que l'attitude à adopter devant les épreuves, est l'acceptation de la Volonté Divine, avec la confiance que Hachem prépare notre Bien.
Cela ne s'oppose pas aux démarches naturelles pour régler le souci. Mais l'essentiel se trouve dans la émouna. Ensuite, Hachem saura "habiller" Sa Délivrance à travers les voies de la nature.

Il doit crier "Impur, impur!" (Tazria 13,45)

-> Nos Sages (guémara Shabbat 67a) expliquent : "Le lépreux doit informer les autres de sa souffrance."
Rachi commente : "Il doit le faire lui-même."

=> Pourquoi le lépreux devait-il informer le public de son état, plus que les autres malades?

L’auteur du Midrach Yonathan nous éclaire en s’appuyant sur l’interprétation de Rachi du verset : "D. entendit la voix du jeune homme" = "Nous en déduisons que la prière du malade lui-même vaut mieux que celle d’autrui pour lui".

Le Zohar s’interroge : pourquoi le lépreux est-il appelé "enfermé"?
Il répond : parce que l’accès à sa prière est fermé dans le ciel.
[impact du lachon ara sur nos prières : https://todahm.com/2018/12/09/limportance-de-garder-sa-langue-4e-partie ]
C’est la raison pour laquelle il doit renseigner les gens sur son état, afin qu’ils prient en sa faveur. Quant aux personnes atteintes d’une autre maladie, il est préférable qu’elles prient elles-mêmes.

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-> "Et ''impur impur'' il criera" (Tazria 13,45)

=> Le lépreux criera qu'il est impur pour que les autres puissent s'écarter de lui. Mais pourquoi la Torah répète deux fois le mot "impur"?

-> Cela fait allusion au fait que quelqu'un qui impute un défaut sur les autres, cela indique qu'il a ce défaut en lui-même. On ne voit le mal chez les autres que si on a ce mal en soi.
Ainsi, ce verset peut être lu ainsi : "Et l'impur, ''impur'' il criera" = celui qui est impur, criera à l'encontre des autres qu'ils sont impurs. On ne criera ''impur'' à l'encontre d'autrui que si on est impur soi-même.
[Chla haKadoch]

Avant tout, juger selon le bénéfice du doute

+ Avant tout, juger selon le bénéfice du doute (Tazria - Métsora) :

-> Lorsque l’homme ne parvient pas à déceler la vérité pure, comme Hachem en est capable, il ne juge pas positivement son prochain et médit de lui.
Tel est le lien existant entre les 3 parachiot : Tazria, Métsora et A’haré Mot, dont les initiales forment le mot émèt.
Après la mort (a’haré mot), l’homme réalisera combien il s’est trompé en prenant la vérité pour le mensonge et inversement.
Par exemple, il pensait bien faire en médisant d’autrui, du moment qu’il ne disait que la vérité à son sujet. Arrivé au monde futur, il réalisera son erreur grossière et les immenses dommages causés à son prochain par ses paroles, outre le fait qu’en médisant, il a aussi entraîné le départ de la Présence divine de son être.

La Guémara (Pessa’him 50a) rapporte l’histoire de Rabbi Yéhochoua ben Lévi qui, après être revenu du monde de la Vérité, le décrivit à son père comme un "monde à l’envers", où les individus honorés dans ce monde ne le sont pas, tandis que ceux qui ne l’étaient pas sur terre y jouissent d’une grande estime.
Le jugement du monde futur est extrêmement subtil et l’homme est scrupuleusement jugé en fonction de chacune de ses moindres conduites terrestres.

Il est très difficile de savoir pourquoi untel a agi d’une certaine manière ; si l’on s’efforce de le juger selon le bénéfice du doute, on pourra supposer qu’il a été contraint d’agir ainsi à cause d’un cas de force majeure.
Nos Sages nous mettent en garde : "Ne juge pas ton prochain tant que tu n’es pas arrivé à sa place" (Pirké Avot 2,4).
Si on était à sa place, on en aurait sûrement fait de même. Par conséquent, en le blâmant pour cet acte, on transgresse l’interdit de médisance, puisqu’on octroie à autrui un défaut qu’on possède soi-même.

Tel est le lien étroit existant entre ces parachiot.
Celui qui sème (tazria) de la médisance devient lépreux (métsora) ; ayant publié le blâme de son prochain, il est puni de lèpre. Il ne trouvera la réparation de son péché qu’après sa mort (a’haré mot), seule celle-ci lui apportant l’expiation.
En effet, tout homme porte en lui l’image Divine. Or, en médisant d’autrui, on lui retire la grâce qu’il trouvait aux yeux de la société.
Personne ne veut plus le regarder, comme s’il était mort, privé de son image Divine. Ceci corrobore les propos de nos Sages (guémara Arakhin 15b) : "La médisance tue 3 personnes : celui qui la prononce, son auditeur et l’homme auquel elle se rapporte".

[d'après rabbi David Pinto - la voie à suivre n°1183]

"Observez les gardes de Hachem et vous ne mourrez pas" (Tsav 8,35)

Le souvenir de la mort et la peur du jugement céleste est l’un des moyens assurés que nous conseillent les Sages pour veiller constamment aux gardes de Hachem, et s’éloigner de la faute.
Par exemple : "Regarde 3 choses et tu n’en viendras pas à la faute ... et où tu vas".

=> Alors pourquoi l’homme est-il si loin de ressentir le jour de la mort, et de la connaissance concrète que la vie doit s’arrêter un jour?

Rabbi Yossef Chlomo de Poniewitz répond que c'est parce que l’âme qui se trouve dans le corps est éternelle et vivra toujours, et elle n’a pas la possibilité de ressentir cette réalité que la vie s’arrêtera un jour.
C’est pourquoi nous trouvons que le Roch (Or’hot ‘Haïm) écrit : "Souviens-toi toujours de la mort, et prépare des provisions pour la route", car l’âme ne sent pas le passage du temps, elle est au-dessus de lui, et c’est seulement par une réflexion perpétuelle que l’homme est capable de comprendre et d’assimiler cette idée.

"Quiconque s’efforce d’étudier la Torah, c’est comme s’il avait offert tous les sacrifices du monde devant Hachem".
[Zohar III 159a]

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-> Il répondit à Moché : “Ils [les juifs] étudieront la Torah et ceci leur apportera le pardon plus encore que tous les sacrifices du monde".
[Rabbi Yo’hanan - Zohar (Vayéra 100,1)]

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-> "Parle à Aharon et à ses fils, ainsi qu’à tous les enfants d’Israël, et dis-leur : Voici la parole que l’Eternel m’a ordonné de dire (…) » (A'haré Mot 17,2)

-> Hachem savait que le Temple viendrait à être détruit. Aussi posa-t-Il le principe suivant : tant que le Temple existe et que vous y apportez des offrandes, vos fautes sont expiées, mais en l’absence de Temple, comment les expierez-vous?
En vous consacrant aux paroles de Torah, comparées aux sacrifices et qui font expiation pour vous, ce à quoi fait allusion la tournure "Voici la parole (zé hadavar)".
Ce qui nous renvoie également aux indications du prophète : "Armez-vous de paroles (dévarim)" (Hochéa 14,3).
[Midrach Tan’houma]

"Voici la loi du acham (l'offrande délictive), il a une sainteté supérieure" (Tsav 7,1)

-> Si quelqu’un s’imagine qu’il n’a pas de défaut et qu’il est net de toute faute, cela signifie qu’il n’a pas pris sur lui-même le joug du Royaume des Cieux.
Le Nézer Yossef (rabbi Yossef Lalzar) dit que cela se trouve en allusion dans le verset : "Voici la loi du acham" = qu’est-ce qui provoque que l’homme faute et soit coupable (achem)?
La pensée qu’"il a une sainteté supérieure" = cette idée qu’il est un juste parfait, c’est elle qui provoque la faute.

"Pour séparer entre l’impur et le pur… si une femme engendre et donne naissance à un mâle" (Chémini 11,47)

=> Pourquoi ce verset, qui est le dernier de Chémini, précède-t-il immédiatement la parachat Tazria?

Rabbi ‘Hiya bar Abba dit au nom de Rabbi Yo’hanan : Celui qui fait la havdala sur du vin à la sortie du Shabbat aura des fils mâles, ainsi qu’il est écrit : "pour séparer entre l’impur et le pur", et tout de suite après : "si une femme engendre et donne naissance à un mâle".
[guémara Chevouot 18b]

"La Torah qui n’est pas étudiée avec crainte et amour ne s’envole pas vers le haut"
[Tikouné Zohar]

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-> Le Ben Ich ‘Haï rapporte l’histoire d’un grand sage qui est entré au beit hamidrach et y a vu beaucoup d’élèves en train d’étudier par le "pilpoul" de façon acérée, mais il a compris que tous étudiaient la Torah avec un but ultérieur.
Il leur a dit : Je vois le beit hamidrach rempli de Torah jusqu’à ras bord, et les élèves se réjouirent de ces paroles, car ils pensaient qu’il parlait pour leur faire un compliment.
Quand le sage vit qu’ils n’avaient pas compris ses paroles, il leur dit : Sachez que le souffle de l’étude monte devant Hachem, car la Torah s’appelle "feu" et la nature du feu est de monter. Mais si l’étude a des raisons intéressées, le souffle de la Torah n’a pas la force de monter, car d’en haut on le repousse, et il reste dans le beit hamidrach.
C’est pourquoi j’ai dit que je vois le beit hamidrach rempli de Torah ...

Le Ben Ich 'Haï dit que ceci se trouve en allusion dans le verset (Tsav 6,2) : "voici la loi (Torah) sur l’offrande de l'élévation" (Torat aOla - תּוֹרַת הָעֹלָה - litt. la Torah qui monte), c’est-à-dire que la Torah de la meilleure qualité "c'est l'offrande d'élévation" qui monte (olé) immédiatement en haut et n’est pas repoussée vers le bas. A une condition, qu’elle soit "sur le feu de l'Autel" = que l’étude se fasse avec enthousiasme et pour l’amour du Ciel uniquement.

"Offrez votre sacrifice du bétail" (Vayikra 1,2)

Le Tiférét Chlomo (rabbi Chlomo de Radomsk) explique ce verset par un raisonnement a fortiori : Si une simple bête, quand un juif l’appelle explicitement "sacrifice" (korban), devient consacrée d’une sainteté supérieure au point que son sang sera répandu à l’endroit le plus saint, à plus forte raison s’il dit sur lui-même : "Je prends sur moi d’être consacré à Hachem à partir d’aujourd’hui", il est évident qu’une sainteté supérieure repose sur lui.

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-> "Lorsqu’un homme, parmi vous, apportera un sacrifice à Hachem, c’est d’une bête d’entre le gros bétail ou le petit bétail que vous apporterez votre sacrifice" (Vayikra 1,2)

-> Le Tiférète Chlomo apporte à ce verset l’explication suivante :
La Torah vient ici, dit-il, nous enseigner que lorsqu’un homme désire se rapprocher d’Hachem, il s’inspirera de la "bête" que l’on offrait en sacrifice. En effet, celle-ci, qui était un animal, et qui demeure tel quel dans son essence, se voit cependant empreinte d’une sainteté immense au point d’être élevée au degré de Kodech Kodachim ("saint des saints").
Et tout cela uniquement parce que l’homme a prononcé quelques mots et a dit : "Qu’elle soit un holocauste." De là, on peut déduire la force que l’homme possède à travers sa parole, en particulier lorsqu’il prononce des paroles de Torah ou des prières, celles-ci conférant à sa propre personne une grande sainteté.

Pour reprendre ses propres mots :
"Lorsqu’un homme parmi vous, apportera un sacrifice à Hachem » s’explique ainsi : lorsqu’un homme ne ressent dans son existence aucune proximité avec Hachem, il pensera au fait que ses paroles ont le pouvoir de sanctifier une bête et la rendre apte à être offerte en sacrifice, bien que cet animal ne subisse en lui-même aucun changement et demeure tel qu’il était. Cependant, la parole énoncée par l’homme est imprégnée d’une sainteté extrême et c’est elle qui fait que cette bête soit consacrée à Hachem. L’homme pourra dès lors en déduire l’intensité de la sainteté qui réside en lui, et combien plus lorsqu’il s’agit d’une parole de Torah ou de prière.
C’est le sens du verset : "Lorsqu’un homme parmi vous, apportera un sacrifice à Hachem", à savoir lorsqu’il désirera se rapprocher d’Hachem, "c’est d’une bête", autrement dit il s’inspirera de la bête, afin de comprendre la sainteté que lui-même détient grâce à sa parole, et "c’est (de cela) que vous apporterez votre sacrifice", car Hachem se suffit que vous soyez pour Lui un sanctuaire où Il puisse faire résider Sa présence.

C’est à ce propos que certains tsadikim expliquent le verset (Amos 4,13) : "Car voici qu’Il forme les montagnes, crée le vent et raconte à l’homme sa conversation", que nos Sages (guémara ‘Haguiga 5a) commentent : "Même une conversation légère entre lui et sa femme, on lui rappellera au moment du jugement" et y voient une allusion à la prière, car "le terme (שיחה - si'ha - conversation) suggère toujours (dans la Torah) la prière" (guémara Béra'hot 26b).
Cela signifie, d’après cela, qu’au moment du jugement, après qu’un homme aura achevé son existence, on lui rappellera et on lui montrera combien il aurait pu influencer les choses grâce à sa prière, et on lui reprochera de ne pas avoir utilisé ce précieux présent que Hachem a offert à Ses créatures.

-> Le Toldot Yaakov Yossef (paracha Ekev) témoigne avoir entendu de la bouche du Baal Chem Tov qu’une humilité exagérée a pour effet d’éloigner l’homme du service d’Hachem. Lorsqu’il se sent trop inférieur, l’homme ne peut, en effet, concevoir que sa prière et son étude de la Torah soient sources d’abondance dans tous les mondes, dont même les anges se nourrissent. Car s’il en était convaincu, combien servirait-il D. avec joie et crainte et combien se sentirait-il comblé.
Il veillerait alors à chaque mot, à chaque lettre, et à chaque accent tonique, afin de les prononcer comme il se doit. Cela constitue une réponse à tous ceux qui prétendent : "Après avoir tellement fauté, ma prière ne monte plus
dans les hauteurs."
Cet argument découle d’une humilité déplacée et d’une perspective erronée, car Hachem entend la prière de chaque créature!