Pâtisserie spirituelle depuis 5771 - b'h
 

"[Ainsi] fut achevé tout l'ouvrage du Michkan ... et les enfants d'Israël avaient fait selon tout ce que Hachem avait ordonné à Moché" (Pékoudé 39,32)

-> Ce verset, ne devrait-il pas tout d'abord dire ce qu'ils ont été ordonnés de faire, et ensuite que le Michkan a été achevé, et non l'inverse?

Le Alshich haKadoch (Torat Moché) répond que de nombreux aspects de la construction du Michkan étaient ignorés des juifs, Hachem devant les compléter Lui-même.
Malgré cela, D. leur donne le mérite comme s'ils l'avaient entièrement eux-mêmes.

=> Ainsi : "fut achevé tout l'ouvrage" par Hachem, et malgré cette réalité : "ils avaient fait selon tout ce que Hachem avait ordonné" = ils ont reçu le mérite pour la totalité du travail.

[=> dans la spiritualité, nous devons faire de notre mieux, et Hachem se chargera alors de compléter ce qu'il manque. Au final, Il nous créditera pour la totalité!]

<--->

-> Rachi (v.39,33) commente : "Aucun homme au monde n’aurait été capable de monter le Michkan, étant donné le poids des planches, que nul n’aurait pu dresser ...
Moché a dit à Hachem : "Comment pourrait-on le monter de la main d’un homme?"
D. lui a répondu : "Charge-t'en de ta propre main, et ce sera comme si c’est toi qui le montais!"
En fait, le Michkan s’est monté et dressé de lui-même."

-> "Notre devoir est seulement d'agir. Quant à la réalisation et à ses résultats, ils sont du ressort de Hachem.
Quand il nous incombe de faire une chose, notre rôle n'est pas de l'amener à sa réalisation, mais simplement d'agir!"
['Hafets 'Haïm]

=> Avec le Michkan, même si l'édification était humainement impossible, Moché n'en était pas pour autant dispensé d'agir. Et dès qu'il se mit à l'oeuvre, D. intervint et paracheva son action.
Bien qu'en fin de compte, le Michkan fut érigé de lui-même, le mérite en revint néanmoins à Moché précisément en vertu des efforts engagés.

<------------------->

"Vinrent tous les hommes portés par leur cœur, et tous ceux que leur esprit avait porté à la générosité" (Vayakel 35,21)

-> "portés par leur cœur" = cela désigne les personnes venues exécuter les travaux de tissage, de couture, de construction, ... nécessaire à l'édification du Michkan.

Les conditions de vie (en esclavage très difficile) en Egypte, n'avaient pas permis la formation d'artisans parmi les enfants d'Israël, personne ne les avait formés et ils n'avaient eu aucune possibilité de développer leur talent.
Malgré ce manque évident de qualification, certains d'entre eux, sentant qu'ils possédaient des aptitudes naturelles, "portés par leur cœur", ont senti le désir de se porter volontaires pour entreprendre ces diverses tâches, confiants dans le fait que D. les aiderait au mieux à accomplir Sa volonté.
[le Ramban]

-> Selon le rav Yérouh'am Lévovitz, il en est de même dans tout comportement en l'honneur d'Hachem, lorsque nous ne possédons ni les talents, ni les capacités nécessaires pour réaliser cette tâche.
En effet, si nous témoignons de notre profonde motivation et de notre envie de réussir un projet pour la gloire de Hachem, alors nous avons la certitude de recevoir les bénédictions d'une aide Divine et de la réussite, d'une façon qui dépasse nos rêves les plus fous!

-> A ce sujet, le 'Hafets 'Haïm (Vayakél 36,2) disait : "En spiritualité, il faut témoigner de son désir et de sa volonté du cœur, et alors nous aurons les capacités pour atteindre les buts spirituels."

Il donne l'exemple suivant : si quelqu'un désire dominer un traité talmudique particulier, en étant prêt à y investir les efforts nécessaires, alors Hachem va lui accorder une bénédiction du Ciel, et il aura alors les capacités dont il aura besoin pour l'acquérir.

<------>

Selon le Ohr ha'Haïm haKadoch, il y avait 2 types de donateurs :
-> les plus nobles, ceux qui étaient "portés par leur cœur" à donner au-delà de leurs moyens ;
-> et les autres, ceux que "leur esprit avait porté à la générosité", de bon cœur, dans la mesure de leurs moyens.

<------------------->

-> "Tout le travail du Michkan ... fut fini et ils firent comme Hachem ordonna à Moché, ainsi ils firent" (Pékoudé 39,32)

Le 'Hatam Sofer enseigne :
Si tout le travail du Michkan était fini, que restait-il encore à faire? De plus, le verset semble redondant : ''Ils firent... ainsi ils firent''.

En fait, une fois que tout le Michkan était constitué, il restait encore à le dresser et le mettre sur pied. Cela était essentiellement le rôle de Moché. Mais le peuple voulait malgré tout essayer eux aussi de dresser le Michkan.
Ainsi, "Tout le travail du Michkan ... fut fini", mais le peuple ne voulait pas s'en arrêter là. "Ils firent comme Hachem ordonna à Moché", à savoir ils essayèrent de toute leur force de dresser le Michkan, qui était le travail qu'Hachem ordonna à Moché. Mais malgré tous leurs efforts, il n'y arrivèrent pas.
Néanmoins, quand quelqu'un s'efforce de faire une mitsva, même s'il n'y arrive pas, Hachem lui compte comme s'il l'avait faite.
Aussi, Hachem considéra que "ainsi ils firent", comme s'ils firent cela. Mais, comme ils virent qu'ils ne réussirent pas à dresser réellement le Michkan, alors, "ils amenèrent le Michkan à Moché", pour que lui, il réussisse à le dresser.

<------------------->

-> "Tout le travail du Michkan ... fut fini, et les enfants d'Israël firent comme tout ce que Hachem ordonna à Moché" (Pékoudé 39,32)

Selon le principe qui dit que celui qui s'affaire à une mitsva est dispensé des autres mitsvot, ainsi tant que les juifs étaient occupés à fabriquer le Michkan, ils étaient dispensés du reste. Mais, quand "tout le travail du Michkan fut fini", alors ils pouvaient de nouveau s'occuper de toutes les autres mitsvot de la Torah.
Ainsi, ils "firent comme tout ce que Hachem ordonna à Moché" = c'est-à-dire qu'ils pouvaient de nouveau faire toutes les autres mitsvot qu'Hachem avait ordonnées à Moché.
[Imré Shefer]

Questions/Réponses – paracha Vayakél & Pékoudé

+ Questions/Réponses - paracha Vayakél & Pékoudé :

1°/ Sur la paracha Vayakel :
Rachi (Vayakél 35,27) rapporte que le mot : "princes" (nési'im - נְּשִׂאִם) est écrit sans les 2 "youd" qui devraient normalement y figurer (נשיאים).
Cette anomalie constitue un reproche implicite pour ces illustres personnalités, qui n'ont apporté leurs dons qu'une fois que tous les autres matériaux aient été fournis, en comblant alors la totalité du manquant à donner.
En effet, la réponse du peuple a été si généreuse qu'il ne restait presque plus rien à offrir.

C'est donc pour sanctionner leur "paresse" à apporter immédiatement leurs dons que la Torah orthographie incomplètement leur nom.
[lors de l'inauguration du Michkan, ils n'ont pas reproduit cette erreur en apportant immédiatement leur offrande]

=> Pourquoi est-ce particulièrement la disparition de la lettre "youd"?

-> Le Kli Yakar explique que les Nési'im ont fait preuve d'arrogance en se déclarant capables de fournir quoique la nation entière n'aurait pas réussie à donner.

Hachem dit : "Des yeux hautains et un cœur enflé d’orgueil, je ne puis les supporter" (Téhilim 101,5), et c'est pour cela qu'Il a retiré la lettre youd, qui est la seule lettre de Son Nom qui est présente dans leur titre de : "Prince" (Néssi'im), faisant allusion qu'Il ne réside pas avec les orgueilleux.

[de même : "L’orgueilleux repousse les pieds de la présence divine. Hachem dit à son sujet : Moi et lui, nous ne pouvons demeurer ensemble!" - guémara Sotah 4b]

-> Le 'Hidouché haRim enseigne que la 1ere faute des Nési'im était de s'être séparés de la communauté, en acceptant de donner qu'une fois que tout le monde aura déjà contribué.
=> En raison du fait qu'ils se sont séparés de la communauté juive, la lettre youd, qui symbolise : Israël (ישראל - Bné Israël = les juifs = yidden), s'est également séparé de leur titre.

<--->

-> Le rav Zev Leff répond que les Nési'im ont mal compris tout l'objectif de donner au Michkan.
Ils pensaient à tord que Hachem avait besoin de ces contributions, et qu'ils viendraient ensuite offrir ce qu'il manquait.
Mais en réalité Hachem n'avait [personnellement] absolument pas besoin de ces objets, qui n'étaient que des opportunités offertes aux donateurs de se purifier et de s'élever.

[Hachem n'a besoin de rien. Lorsqu'Il nous demande un petit quelque chose, c'est en réalité une façon de nous donner le maximum en nous retirant la honte de tout recevoir gratuitement (le "pain de la honte"!).]

Ecrit avec un youd, le titre : נשיאים connote : "ceux qui portent".
Ecrit sans le youd, les voyelles peuvent être réarrangées et former : "ceux qui sont portés".

=> Le retrait du youd met en avant le fait que bien qu'ils pensaient porter le Michkan en comblant les manques, en réalité c'étaient eux qui étaient portés par le biais du mérite de la mitsva.

<--->

-> Le Gaon de Vilna donne la réponse suivante :
Sans aucun doute, de manière consciente les nési'im avaient l'intention de faire la meilleure chose, et ils s'engageaient même à apporter une éventuelle donation très importante (on donnera le montant qu'il manquera, quelqu'il soit!).
Cependant, profondément en eux, dans leur inconscient, leur motivation était moins pure et ils espéraient que le peuple donnerait la totalité de la somme requise, les laissant alors libres de toute obligation pratique, tout en ayant fait une proposition théorique très généreuse.

Pour prouver cela la Torah a retiré un "youd" de leur nom, car le "youd" est la seule lettre qui lorsqu'elle en est absente, passe inaperçue, puisque le mot est prononcé exactement de la même façon (avec et sans).

=> De la même façon, cela indique que leur défaut était d'une nature telle que, eux-mêmes n'en avait pas conscience, bien que présent dans leurs calculs.

<--->

-> Rachi : les chefs de tribu (néssi'im) ont dit : que la communauté apporte d’abord et donne ce qu’elle veut, et ce qui manquera nous le compléterons ... or comme ils avaient montré de la paresse au début, il manque une lettre au mot nessi'im.

-> Rabbi Soloveitchik s’étonne : le fait qu’ils n’aient pas apporté était dû à un calcul et était totalement désintéressé, c’était pour pouvoir apporter ce qui manquerait.
Et il répond : la Torah nous enseigne que quand nous devons faire une mitsva, tous les calculs du monde passent en second lieu. Comme les dons pour le Michkan étaient une mitsva, ils n’avaient aucune justification à tergiverser et à ne pas amener tout de suite.

-> Rabbi Réouven Grozowski propose une autre explication : Certes, les chefs de tribu avaient bien apprécié ce qu’il fallait pour le Michkan, mais ce n’était pas cela leur tâche.
Le rôle de quelqu’un n’est pas de réparer le monde et de compléter ce qui lui manque. L’homme doit s’améliorer lui-même, et dans ce travail-là, ce qui vient en tête est le zèle dans l’exécution.
"Une mitsva qui se présente à toi, ne la laisse pas passer" = Même quand les bnei Israël ont reçu l’ordre de donner pour la construction du Michkan, le but pour chaque personne n’était pas la construction elle-même, car Hachem n’a pas besoin d’aide pour construire le Michkan. C’était seulement un moyen pour l’individu de s’améliorer en donnant sa contribution. Et comme les chefs de tribu ont montré de la paresse envers cette mitsva, ils ont échoué.

-> Le ‘Hafets 'Haïm dit : S’il manque une lettre au nom des nessi'im, quand ils se sont mal conduits, il est certain que le côté positif va être encore plus grand quand ils se sont bien conduits.
Et effectivement, dans le passage de l’inauguration de l’autel dans la parachat Nasso, la Torah parle très longuement de l’offrande de chacun des chefs, et consacre même à chacun un paragraphe différent, sans les regrouper dans le récit, bien que leurs offrandes aient été identiques.
Cela nous enseigne combien est importante et chère devant Hachem une mitsva faite avec empressement avec toute la communauté, sans que personne se sente supérieur à l’autre et sans jalousie ni compétition.
Quand les chefs de tribu n’ont pas eu l’empressement de se joindre à la communauté dans leur offrande, il a manqué une lettre à leur nom, alors que quand ils ont tous apporté leur offrande avec empressement, la Torah leur a consacré une place particulière. Non seulement il n’a rien manqué à leur nom, mais chacun d’entre eux a même eu droit à un passage entier séparé.

<--------------------->

2°/ Sur la paracha Pékoudé :
Le midrach (Tan'houma 7) enseigne que Moché a tenu une comptabilité précise de l'utilisation de tous les matériaux qui avaient été donnés pour le Michkan, car certains juifs ont demandé où est-ce que l'ensemble de leurs biens ont pu partir, et si Moché n'en avait pas pris une partie pour lui.

=> Pourquoi une comptabilité similaire n'a-elle pas été réalisée par Aharon, qui a également pu collecter un montant important d'or pour ne réaliser qu'un petit Veau d'or?
[d'ailleurs la quantité d'or donnée pour le Michkan venait en réparation de celle investie pour la faute du Veau d'or]

-> Le rav Méïr Shapiro suggère ironiquement que la nature humaine est telle, que c'est uniquement lorsque l'on donne de l'argent pour des causes charitables et dans le but de réaliser une mitsva, que l'on va être très pointilleux, suspectant ceux qui s'en occupent et leur demandant des comptes précis.

-> Le rav Zalman Sorotzkin explique qu'au fond dans le cœur de tout juif, il y a un désir ardent de toujours faire la volonté de Hachem, de faire le bien.
Ainsi, lorsque l'on donne à une cause élevée comme l'était le Michkan, nous voulons que le moindre centime de notre contribution soit utilisé pour cet objectif (j'ai envie de réaliser la mitsva au maximum!), et c'est pourquoi ils ont demandé des comptes pour s'assurer à eux-mêmes que c'était bien le cas.
[il n'y avait aucune remise en cause de l'intégrité de Moché, mais plutôt un besoin d'entendre verbalement que leurs fonds étaient tous utilisés au mieux!]

Lorsque le yétser ara parvient à tromper quelqu'un en lui faisant donner à des causes pas très cachères, comme le Veau d'or, en réalité son être intérieur pleure son erreur, et c'est pour cela qu'il ne demande aucune preuve concernant l'utilisation de son argent.
D'ailleurs secrètement, il espère que celui qui a pris son argent va en garder pour lui-même, car cela va permettre de diminuer l'ampleur de la faute.

-> Suite à son explication, le rav Méïr Shapiro Meir offre une défense à au peuple juif.
Nos Sages disent : "Israël est saint. Lorsqu'on leur a demandé de faire un don pour le Veau d'or, ils l'ont fait. Lorsqu'on leur a demandé de faire un don pour le Michkan, ils ont donné".
Le rav Shapiro dit que cela peut être lu comme une question : "Lorsqu'on leur a demandé de donner pour le Veau d'or, ont-ils donné?"

En d'autres termes, les juifs n'ont pas réalisé qu'ils donnaient pour quelque chose d'interdit. On leur a dit que l'argent était nécessaire pour une bonne cause, pour créer un moyen d'adorer Hachem, et ils ont donc donné, comme s'ils pensaient qu'ils donnaient pour un Michkan.

-> Le yétser ara a trompé le peuple juif et lui a fait croire qu'il donnait pour le Michkan alors qu'il donnait en réalité pour le Veau d'or.
Cela nous enseigne qu'il ne faut pas écouter le yétser ara, même s'il semble nous dire de faire quelque chose de bien.

<--------------------->

3°/ Sur la paracha Pékoudé :
En ce qui concerne le Tsist (la Plaque frontale?) du Cohen Gadol, la Torah déclare : "ils y écrieront dessus : Kodéch l'Hachem (קֹדֶשׁ לַיהוָה)" (Pékoudé 39,30).
Pourquoi était-il nécessaire d'avoir plusieurs personnes pour y inscrire seulement 2 mots?

-> Selon les Mochav Zékénim, c'est parce qu'un des 2 mots inscrits était le Nom Saint de Hachem, et qu'il était nécessaire de l'écrire en présence de 10 hommes.

D'ailleurs ces commentateurs ajoutent qu'à chaque fois qu'un scribe écrivait le Nom Divin, comme pour les téfilin, mézouzot et Séfer Torah, il devait d'abord se tremper au mikvé et ensuite l'écrire avec la présence d'un minyan.
Cependant, le rav Moché Sternbuch note que cet avis est plutôt original, dans le sens où il n'est rapporté dans aucune autre source, ou par une autorité de la loi juive.

<--------------------->

+ Bonus :

-> "Tout l’or employé à cette œuvre, aux diverses parties de l’œuvre sainte" (38,24)

Le ‘Hida (‘Homat Anakh) rapporte au nom de rabénou Vidal haTsarfati : "Nos maîtres ont dit que le monde n’était pas apte à utiliser de l’or, et que celui-ci a donc été créé uniquement parce qu’il était nécessaire à l’œuvre du Michkan (Sanctuaire)."

C’est à cela que le verset fait allusion : "Tout l’or employé (créé)", dans le monde, ne l’a été que pour "l’œuvre", pour l’œuvre du Michkan.

"Comme Hachem l'avait ordonné à Moché" (Pékoudé 40,21)

-> Le Baal haTourim fait remarquer que la Torah insiste sur le fait que chaque aspect de la construction du Michkan a été fait exactement comme Hachem l'avait demandé à Moché.
C'est ainsi que les termes : "Comme Hachem l'avait ordonné à Moché" sont utilisés à 18 reprises dans la paracha Pékoudé, en allusion aux 18 bénédictions que nous récitons dans la amida de chacune de nos 3 prières quotidiennes.

<--->

-> "Pour quelle raison est-il répété à de nombreuses reprise : "Comme Hachem le lui avait ordonné" ?

Parce que les Bné Israël, en voyant que Moché ne construirait rien avec eux, commencèrent à le soupçonner : "Se pourrait-il que D. n'ait prescrit à Moché qu'un ouvrage rudimentaire, et que ce soit lui qui nous ait entraînés dans tout ce labeur?

Hachem répondit donc : "Parce que vous avez soupçonné Moché, J'inscris Mon Nom sur tous les ouvrages que Je lui ai ordonnés."
C'est pourquoi il est écrit à chaque fois : "Comme Hachem le lui avait ordonné."
[...]
En combien de mois l'ouvrage du Michkan fut-il achevé?

Rav Chmouël bar Na'hman dit : En 3 mois, Tichri, 'Hechvan, et Kislev.
Il resta démonté pendant les mois de Tévet, Chvat et Adar, et c'est le 1er Nissan qu'on l'érigea.
[...]
Pourquoi ne fut-il pas érigé immédiatement?

Parce que Hachem voulait associer la joie du Michkan à celle du jour où Its'hak naquit.
[...]
Mais les railleurs de la génération persiflaient et se moquaient en disant : "Voilà l'oeuvre du Michkan achevée, et on ne l'érige toujours pas!"

Mais ils ignoraient les pensées et les conseils de Hachem.
C'est à ce sujet que le roi David déclara : "Qu'elles sont grandes Tes œuvres, ô Hachem, infiniment profondes Tes pensées! L'homme dépourvu de sens ne peut savoir, le sot ne peut s'en rendre compte!" (Téhilim 92,5-7)."

[midrach Tan'houma Pékoudé]

<--------->

-> Le Beit haLévi enseigne :
La construction du Michkan vient racheter la faute du Veau d’Or, et pour lui l’essentiel de cette faute consiste en ce qu’ils ont voulu servir Hachem par leur propre sagesse et leur intelligence, avec des actes dont ils n’avaient pas reçu l’ordre.
C’est pourquoi dans la construction du Michkan, à propos de chaque chose il est dit qu’elle a été faite "comme Hachem l’avait ordonné".

Bien que Bétsalel ait su unir les lettres au moyen desquelles le Ciel et la terre ont été créés, et qu’il ait connu les allusions et les secrets du travail, malgré tout son intention était de faire uniquement la volonté de Hachem, et de la façon dont Il l’avait ordonné. C’est cela qui a fait l’expiation de la faute du Veau d’Or.

<--->

-> Le Ramban (dans Nasso) explique à propos du sacrifice des chefs de tribu pour l’inauguration de l’autel : Chacun a apporté la même chose, et la Torah revient 12 fois presque exactement sur les mêmes mots.
Le Ramban explique (au nom du Midrach) que bien que ç’aient été les mêmes sacrifices, chacun des chefs de tribus avait des intentions saintes différentes, c’est pourquoi tout méritait d’être écrit ...

Pour mériter la venue de la Présence Divine [dans le Michkan], il faut que tout soit saint et destiné au Ciel de la façon la plus parfaite. Et comme Moché et les bnei Israël avaient vraiment cette intention totalement désintéressée, il convient et il importe que chaque parole et chaque acte soit écrit individuellement ("Comme Hachem l'avait ordonné à Moché").

<------>

-> "Moché les bénit" (Pékoudé 39,43)

La construction du Michkan a été remplie de la manifestation de l’amour pour Hachem, de générosité et d’une haute sagesse, qualités supérieures qui ont fait mériter aux bné Israël que la Présence Divine repose sur le Michkan.
Pourtant, Rabbi Yé’hezkel Sarna fait remarquer que dès que le travail a été terminé, et que la Torah vient complimenter les volontaires et ceux qui ont fait le travail, elle n’a pas trouvé bon d’indiquer leur haut niveau de générosité ou de sagesse, mais uniquement qu’ils ont fait ce que Hachem avait ordonné à Moché.
=> Cela nous montre que de faire "comme l’a ordonné Hachem" est une qualité très haute, supérieure à toutes les autres, alors que toutes ces autres qualités sont seulement un moyen d’arriver au but de toutes les qualités : faire la mitsva de Hachem telle qu’elle a été donnée, "comme l’a ordonné Hachem".

"Voici les comptes du Michkan, Michkan de Témoignage, qui furent établis sur l'ordre de Moché" (Pékoudé 38,21)

-> La double répétition du terme : "Michkan" symbolise l'existence de 2 Michkan : un au Ciel et un sur terre.

Le mot "Michkan" provient du mot : "Moché'h", qui signifie : "tirer de", indiquant que le Michkan d'en-bas tire sa puissance et sa sainteté du Michkan d'en-haut.
[Rabbénou Bé'hayé]

-> "Est-ce qu'il existe vraiment une Jérusalem Céleste [qui correspond à la ville de Jérusalem sur terre et à son Temple]?
Oui c'est le cas.
[...]
Hachem a dit : Je n'entrerai pas dans la Jérusalem céleste, tant que je ne retourne pas au Jérusalem terrestre [au moment de la guéoula]."
[guémara Taanit 5a]

[dans le Ciel tout est prêt pour le 3e Temple, qui n'attend plus que notre comportement pour descendre immédiatement de nouveau sur terre.]

<------------->

-> Rachi commente : La répétition du mot : "Michkan" fait allusion à sa prise en gage (machkan) [par Hachem], lors des 2 destructions [du Temple] à cause des fautes d’Israël.

-> Dans le texte nous avons : "aMichkan, Michkan aédout" (du Michkan, Michkan de Témoignage - הַמִּשְׁכָּן מִשְׁכַּן הָעֵדֻת)

Rabbénou Bé'hayé de développer :
- Michkan (משכן) = guématria de 410, qui correspond à la durée d'existence du 1er Temple ;
- aMichkan (המשכן) = guématria de 415 + 5 (selon le principe permettant d'ajouter le nombre de lettres du mot) = 420 = la durée du 2e Temple ;
- aédout (העדת) = guématria de 479 = le Michkan a été construit durant la 2e année suivant la sortie d'Egypte, et il a duré pendant 479 années jusqu'à ce que le roi Salomon bâtisse le 1er Temple.

<------------->

-> La guémara (Yoma 21b) rapporte 5 choses qui étaient présentes dans le 1er Temple, mais pas dans le 2e :
- le Aron (l'Arche) avec les Lou'hot à l'intérieur ;
- le Ner Tamid (la faculté du feu des sacrifices à se brûler constamment et surnaturellement) ;
- la présence divine n’est pas revenue ;
- la prophétie a été perdue ;
- le Ourim véToumim, le 'Hochen du Cohen Gadol avait perdu sa capacité à répondre aux questions en s’éclairant miraculeusement.

-> "élé pékoudé aMichkan (המשכן), Michkan (משכן) aédout"

Selon le 'Hatam Sofer :
- on a : המשכן = le Michkan avec la lettre "hé" (ה) au début, faisant allusion au 1er Temple qui possédait 5 choses en plus ;
- puis : משכן = c'est relatif au 2e Temple, dans lequel il manquait ces 5 éléments.

<------------->

-> Il est dit deux fois le mot Michkan (משכן) pour faire allusion que le Temple d’ici-bas correspond exactement au Temple d’en-haut, comme il est dit : "Demeure (מָכוֹן) pour Ta résidence (Léchivtékha - לשְִׁבתְךְּ) que Tu as faite, Hachem" (Béchala'h 15,17).
מָכוֹן (Demeure) peut se lire מְכוּון (Mékouvane) orienté en face de "Ta résidence לשְִׁבתְךְָּ" [Midrache Tan’houma].
[A noter que le mot המשכן désigne le Temple Céleste, l’article "Le" (הַ) indique l’importance de ce Temple. Le mot משכן désigne le Temple Terrestre ; c’est pourquoi il est appelé "Michkan de Témoignage» car il témoigne de la Présence divine dans ce Monde inférieur, dans lequel D. y est "caché") [Likouté Si'hot].

-> Nos Sages disent que le Tabernacle (Michkan) est également appelé Sanctuaire (Mikdach).
On l’appelait Mikdach parce que les Bné Israël l’ont sanctifié (Kidchou) et s’y rassemblaient pour le Service sacré, et Michkan parce que D. y a fait reposer (Hichkine) Sa Chékhina.
Il est donc dit : "Ils me construiront un Sanctuaire (Mikdach - משכן), pour que Je réside (VéChakhaneti ושְָׁכנַתְיִּ) au milieu d’eux" (Térouma 25,8) – Le Sanctuaire (Mikdache), ce sont les Bné Israël qui le font, tandis que le Tabernacle (Michkan), Hachem le fait en y faisant reposer Sa Chékhina (d’où le fait que le mot Michkan soit mentionné 2 fois dans notre verset : une fois pour désigner le Mikdach des Bné Israël et une fois pour désigner le Michkan de D.)
[Chem miChmouel]

-> A propos du verset : "Les matériaux (apportés par les Béné Israël) suffirent et par-delà (le reste), pour l’exécution de tout l’ouvrage" (Vayakel 36, 7), Rachi commente : "Les matériaux qu’on avait apportés étaient suffisants à ceux qui accomplissaient le travail pour toute la construction du Tabernacle pour le faire, et pour qu’il en reste".
Ainsi, lorsque Moché décompta-t-il les prélèvements, il s’adressa au Peuple et leur dit : "J’ai fait telle et telle chose pour le Michkan, et avec le reste [des offrandes], j’ai fait [suite à la réponse d’Hachem, lorsqu’il Lui demanda quoi faire de l’excédent) un Michkan de Témoignage [michkan aédout] (pour les Paroles inscrites sur les Tables de Témoignage – c’est-à-dire une Maison d’étude – voir le Yafé Toar sur le midrach Yalkout).
C’est le sens de notre verset : "Voici les comptes du Michkan (relatifs aux prélèvements qui ont suffi à la construction du Tabernacle), (le reste ayant servi à la construction d’un) Michkan de Témoignage (c’est-à-dire un beit haMidrach)".
Le Zohar rapporte qu’Hachem demanda à Moché de n’utiliser que les dons des tsaddikim pour la construction du Michkan. Moché accepta tout de même, les dons de tous, afin de ne faire honte à personne, cependant, Hachem fit en sorte, de façon miraculeuse, que les offrandes des tsaddikim suffisent pour le travail du Michkane.
On comprend maintenant pourquoi est-il fait allusion à la destruction du Temple dans notre verset (comme Rachi l’indique) [alors que sa construction n’a pas encore eu lieu]. En effet, il s’agit d’une consolation pour ceux dont les offrandes n’ont pas été utilisées pour les travaux du Michkan : Nos Sages enseignent [guémara Méguila 29a] : "Qu’un jour viendra où les Synagogues et les Maisons d’étude [y compris celle de Moché] (principalement construites depuis la destruction du Temple et dans lesquelles réside la Chékhina) seront établies en Erets Israël (au sein même du 3e Temple – ce qui stipule dès à présent, la joie et la consolation – Maharcha)"
[Divré Yoël]

<------------->

-> A partir de cette répétition, Rachi affirme que les Temples ont été détruits comme gage, suite aux fautes d'Israël.
Pourtant, la Torah (Ki Tétsé 24,6) interdit de prendre en gage ce qui est vital pour l'existence d'une personne.
=> Comment Hachem a-t-il pu nous reprendre les 2 Temples, qui sont notre cœur et notre âme, lieux de focalisation de toute la vie juive! Comment D. a-t-Il pu les utiliser comme gages?

Selon le rabbi Avraham Twerski, la réponse est douloureuse mais réelle : est-ce que dans notre vie quotidienne nous ressentons que nous ne pouvons pas vivre sans le Temple?

Si nous les avons perdus, c'est parce que nous ne les apprécions pas suffisamment.
Si à nos yeux, ils auraient été vitaux, véritablement indispensables à notre vie, alors Hachem n'auraient jamais pu nous les retirer.

=> Ainsi, c'est à nous de jouer, en témoignant à Hachem par nos prières, nos larmes, ... à quel point nous avons besoin du Temple, à quel point il est crucial à notre existence même.
Alors, nous avons la certitude que Hachem nous le rendra immédiatement, car halakhiquement un gage sur un objet vital est interdit!

<--->

-> Le rav Zalmeleh de Volozhin fait un commentaire similaire.

La Torah (Michpatim 22,26) enseigne que si nous prenons à l'emprunteur un objet en gage sur le montant prêté, comme un habit, il faut lui retourner avant le coucher du soleil afin qu'il puisse s'en servir.
Il est écrit (v.26-27) : "Si tu saisis, comme gage, le manteau de ton prochain, au soleil couchant tu devras le lui rendre. Car c'est là sa seule couverture, c'est le vêtement de son corps, comment abritera-t-il son sommeil? Or, s'il se plaint à moi, je l'écouterai, car je suis compatissant."

=> Il en découle que si Hachem a pu nous prendre en gage les 2 Temples, c'est qu'à nos yeux nous avons trouvé des choses pouvant se substituer aux Temples.
Puisque nous ne pleurons pas véritablement pour le retour du gage, Hachem ne nous le retourne pas!
[en effet : "s'il se plaint à moi, je l'écouterai, car je suis compatissant"]

Le rav Zalmeleh ajoute que toute personne qui est sincèrement peinée par l'absence du Temple, et qui implore Hachem de tout son cœur de le ramener, alors elle méritera en cadeau du Ciel une bénédiction identique et la même présence Divine qu'elle recevrait si le Temple existait actuellement.

<------------->

+ Pourquoi est-ce que ce sujet apparaît précisément au moment du compte des matériaux utilisés dans la construction du Michkan?

-> Le rav Chimon Greenfeld (Zahav Shéva) répond qu'une chose qui provient d'une source totalement pure, ne pourra jamais entraîner de mauvaises conséquences.

Le midrach (Chemot rabba 51,1) nous enseigne que si Moché a eu besoin de détailler l'utilisation de tous les matériaux apportés pour le Michkan, c'est parce qu'il a entendu des juifs qui ont suggéré cyniquement qu'il avait pris certaines des donations pour lui-même afin de s'enrichir.
Pour prouver que tel n'était pas le cas, il a dû justifier de la bonne utilisation de chacune des ressources reçues.

=> Le fait que l'origine de la construction du Michkan a été souillée par de fausses accusations contre Moché, a entraîné que dans le futur il pourra être repris comme "gage", et c'est pour cela que cette idée apparaît ici.

[s'il n'y avait pas eu de soupçons sur l'honnêteté de Moché, les Temples n'auraient jamais pu être détruits, puisque provenant d'une origine totalement pure!]

"L'objectif du Michkan est d'enseigner que la Présence Divine peut résider partout dans le monde"
[rabbi David Feinstein - Kol Dodi - Vayakél]

=> Hachem se trouve partout où nous Lui permettons de venir.
Par exemple, si quelqu'un ne pense qu'à lui-même, au point où son "moi je" remplit tout son être, alors il ne reste plus aucune place pour que D. puisse venir (c'est complet!).
A l'inverse, plus nous nous faisons petit/humble, plus D. a alors de la place pour venir en nous et nous accompagner à tout moment dans notre vie, avec toute l'aide et les bénédictions qu'impliquent une telle proximité.

"Les enfants d’Israël observeront le Shabbath (véchamérou bné Israël), pour faire du Shabbath (laassot ét aShabbath) une alliance éternelle pour leurs générations" (Ki Tissa 31,16)

-> Le rabbi de Klausenbourg explique que dans le passé l'épreuve du peuple juif consistait à : pouvoir observer le Shabbath (chmirat Shabbath), mais de nos jours l'épreuve principale réside dans le fait de : faire du Shabbath un jour positivement spécial (laassot ét aShabbath).
En effet, nous devons en faire un jour unique : plein de joie, d'unité, de sainteté, ...

L'essentiel du Shabbath est le : "brit olam" (l'alliance éternelle) avec Hachem, ce lien unique et incassable de proximité avec notre Papa, le Créateur et Maître du monde.

"Bétsalel exécutera avec Aholiav et tout homme sage de cœur que Hachem a doté (baéma) de sagesse et d'intelligence pour savoir et pour exécuter tout le travail de l'ouvrage du Sanctuaire." (Vayakél 36,1)

Le terme : "doté" (baéma - בָּהֵמָּה) possède les mêmes lettres que le mot : "un animal (bééma - בְּהֵמָה).
Le midrach (Chémot rabba 48,3) commente que nous voyons d'ici que même les animaux des personnes qui ont construit le Michkan étaient dotés de sagesse.

Le 'Hatam Sofer (Torat Moché) dit que cela était un message de Hachem à ces artisans du Michkan : "Ne devenaient pas arrogants, car toute la sagesse que vous avez pour faire le Michkan provient de Moi. Et au moment où Je le désire, Je peux même la donner à un animal!"

"Hachem dit à Moché : Prends pour toi des aromates (ka'h lé'ha samim) : du baume (nataf), de l'ongle aromatique (ch'hélét samim) et du galbanum ('helbéna) ... Tu en feras une composition d'encens" (Ki Tissa 30,24-25)

A la fin de la prière du matin, nous récitons les kétorét, un passage décrivant la confection de l'encens du Temple, et qui commence par ces versets de la paracha Ki Tissa (20,34-36).

Ce passage est précédé par une proclamation de foi en l'Unité de Hachem, le : én ké'loénou (il n'y a rien comme notre D.), én kadonénou, ...
=> Pourquoi une telle introduction est-elle nécessaire?

-> La guémara (Yoma 26a) rapporte qu'aucun Cohen n'avait le droit d'apporter les kétorét (encens) plus d'une fois dans sa vie. En effet, ce service Divin possède le pouvoir spécial d'engendrer des richesses à tous ceux qui ont le mérite de l'accomplir.
=> C'est pourquoi on ne pouvait le faire qu'une seule fois durant sa vie, afin de permettre au maximum de Cohanim de pouvoir partager cette opportunité unique.

-> En se basant sur cette guémara, le Noda biYéhouda (Ora'h 'Haïm 1,10) affirme que puisqu'une personne qui récite les passages traitants des sacrifices est considérée comme si elle les avait réellement offerts (guémara Méguila 31b), alors de la même façon lorsque nous disons le service des encens (kétorét) cela est une opportunité unique d'amener sur nous de la richesse.

D'ailleurs c'est tellement une réalité, que nos Sages avaient peur qu'une personne récitant les kétorét en vienne à s'attribuer personnellement sa bonne fortune (c'est grâce à mon travail, à mon intelligence, ... - ko'hi véotsém yadi).
=> Pour éviter cela, ils ont imposé qu'avant ce passage, nous devons déclarer à nous-même et au monde entier l'Unicité de Hachem. Il devient alors évident à nos yeux que La Source de la richesse que va nous faire mériter la lecture des kétorét est uniquement : Hachem!.

-> Rabbi Aharon de Lublin (dans son Or'hot 'Haïm) écrit : "l'offrande de la kétoret enrichit tous ceux qui l'étudient, et il se peut que de l'évoquer enrichisse également".

<------->

-> Rabbi Chimon bar Yo'haï dit : "Si les gens connaissaient la valeur de la paracha traitant des encens, ils en prendraient chaque mot et en feraient une couronne d’or.
Quiconque s’y intéresse devra méditer à l’acte d’apporter des herbes odoriférantes. S’il le fait chaque jour, il recevra une part dans ce monde-ci et dans le monde à venir, la mort se détournera de lui et du monde entier, il sera sauvé de tous les mauvais jugements de ce monde-ci, des mauvais esprits, du Guéhinom et du jugement d’une autre royauté.
Lorsque les encens montaient en une colonne de fumée, le Cohen voyait les lettres du nom de Hachem fleurir dans l’air et se joindre à cette colonne. Puis quelques chars saints l’entouraient de tous côtés et elle montait dans la joie."
[Zohar - Vayakel 218b]

-> Le Mabit (dans son Beit Elokim) explique que nous récitons le passage de la Torah relatif à la confection et à la composition de l'encens, car celui-ci détient le pouvoir particulier de faire cesser les épidémies et maladies.

<------->

-> Si on omet la lecture des sacrifices qui précède la prière du matin, en commençant par Barou'h Chéamar, on perd beaucoup.
La lecture des sacrifices est composé du passage de la Torah relatif au sacrifice quotidien (Tamid), d'un texte décrivant la manière de composer et d'offrir l'encens (Pitoum haKétorét) et d'une michna présentant les sacrifices en général (ézéou mékoman).
Quiconque les récite en tire un grand bénéfice, et est purifié des souillures des péchés accidentels commis chaque jour.
A moins d'un cas d'urgence, on ne doit pas oublier de lire ce texte. L'omettre sans raison, c'est se priver d'un profit immense.
[Méam Loez - Lé'h Lé'ha 15,8]

<--->

-> "Celui qui récite les Korbanot à la synagogue et dans la maison d’étude avec concentration est assuré par une alliance contractée avec le Ciel que tous les anges rappelant ses fautes (mauvaises actions) n’auront aucun droit de lui causer le moindre mal, mais seulement de lui prodiguer du bien.".
[rav Krouspédaï - Zohar (Vayéra 100b)]

<--->

-> Le rav Shlomo Zalman Auerbach a déclaré un jour que la lecture des Korbanot avant la prière de Min’ha possède la propriété miraculeuse d’épargner à celui qui s’y adonne d’avoir recours aux médecins.
On comprendra aisément d’après cela l’inanité de l’argument de ceux qui se dérobent à cette Mitsva en prétendant qu’ils n’en ont pas le temps. Car il en faut moins pour la lire que pour attendre son tour à une consultation médicale.

<------->

-> L'Autel d'encens est présenté après le Michkan et tous ses objets pour nous enseigner que parmi toutes les offrandes, nulle n'était aussi précieuse que l'encens. [Sifté Cohen]
[...]

Le mot "kétorét" (encens - קְטֹרֶת‎) forme les initiales des mots :
- kédoucha = sainteté ;
- tahara = pureté ;
- ra'hamin = miséricorde ;
- tikva = espoir.

=> Telle est précisément la fonction de l'encens : ajouter de la sainteté aux juifs et les purifier de leurs fautes. Alors Hachem éprouvait pour eux de la miséricorde, ce qui leur donnait espoir.
[Méam Loez - Tétsavé 30,6]

<------->

-> L'encens (kétorét) était plus important que les autres sacrifices, parce que tous les sacrifices étaient offerts en expiation d'une faute.
Quant à lui, l'encens n'était pas apporté à cause d'une transgression mais pour exprimer la joie.
Il est écrit : "L'huile et l'encens réjouissent le cœur" (Michlé 27,9).
Ce verset nous enseigne que l'huile de la Ménora et l'encens (kétorét) avaient principalement pour but de réjouir le cœur, de procurer de la joie.

L'encens apportait un autre bénéfice non négligeable : c'était un remède pour purifier les hommes de la faute.
Quiconque respirait le parfum de l'encens brûlé sur l'autel était porté au repentir. Son cœur était purifié de toutes les mauvaises pensées et de l'impureté du penchant au mal.

En cela, l'encens ressemblait à la plaque frontale du Cohen Gadol portant le nom Divin. Quiconque la regardait éprouvait une grande crainte sacrée et se repentait totalement. Le même effet se produisait pour quiconque respirait l'encens lors de sa combustion. Cela brisait le pouvoir de l'Autre Côté et l'empêchait d'accuser Israël.

C'est la raison pour laquelle l'endroit où on le brûlait était appelé un Autel (mizbéa'h).
[le mot "mizbéa'h" provient du mot hébreu "zéva'h", qui signifie abattre, pourtant] on n'y égorgeait pas de sacrifice.
L'encens avait la faculté de briser et d'abattre le pouvoir de l'Autre Côté.
Ce mizbéa'h d'encens était donc un lieu où l'Autre Côté était abattu. [Ramban]

L'encens est si important qu'il faut veiller à lire ce chapitre chaque jour, matin et soir, sans considérer cette lecture comme difficile.
Certes, elle prend un moment, mais procure une grande joie à Hachem.

L'encens est supérieur à la prière.
Comme on le sait, les prières remplacent les sacrifices, mais l'encens était plus important que toutes les offrandes. Donc l'encens était supérieur à toutes les prières.
De plus, c'était un grand remède pour purifier l'homme de la faute. [Tour - Ora'h 'Haïm - citant le Rama et Roch]

[Le Zohar (Vayakél p.218) dit que : Les Kétorét brisent le yéster ara de tous les côtés ... Il n'y a rien de plus aimé devant Hachem que les Kétorét.]

Rabbi Chimon bar Yo'haï dit dans le Zohar (Vayakél p.218) : si les gens savaient quelle importance revêt la lecture du passage Pitoum haKétorét devant Hachem, ils prendraient chaque mot de ce passage et le poseraient sur leur tête comme une couronne d'or.
Quiconque dit le Pitoum haKétorét quotidiennement, matin et soir, lentement, sans en omettre le moindre mot, et en comprenant ce qu'il récite, est protégé de tout accident, des mauvaises pensées et d'une mort violente.
Il peut être sûr de ne connaître aucun mal de toute la journée. Il sera également protégé de la punition du purgatoire et aura une part au monde futur.

En période d'épidémie, il n'y a pas de meilleur remède que la Kétorét, ce présent que l'ange de la mort a donné à Moché lorsqu'il est monté recevoir la Torah.
L'ange de la mort devint son ami et lui révéla le mystère de l'encens et la façon de l'utiliser pour faire cesser une épidémie. [guémara Shabbath 89a]
Réciter simplement le passage concernant l'encens est également susceptible d'enrayer une épidémie.
[...]

On ajoutait à l'encens une herbe appelé "maalé achane".
Cette herbe avait la propriété de faire monter la fumée comme une colonne sans qu'elle ne se disperse ni à droite ni à gauche.
Personne ne connaissait cette herbe à part les membres de la famille d'Avtinos.
Eux seuls étaient capables de fabriquer l'encens selon la tradition transmise par leurs ancêtres et qu'ils ne révélaient à personne. [guémara Yoma 38a]
[...]

On relit ce passage de Pitoum haKétorét, à la fin de la prière du matin bien qu'on l'ait récité plus tôt.
En effet, pour qu'une prière soit acceptée, elle doit être dite avec une grande concentration sans autres pensées car nous ne voulons pas que les forces extérieures aient le pouvoir de s'y attacher.
Si l'on a des pensées étrangères, ces forces peuvent s'attacher à elles, et au lieu d'être bénéfique, la prière risque d'être nuisible car elle ajoute des forces à l'Autre Côté.
Le fait de réciter le Pitoum haKétorét à la fin de la prière constitue un antidote à cela et permet d'annuler toutes les forces susceptibles d'accuser la prière d'un homme.
Il est donc important de le dire de nouveau bien que cela suppose de passer un peu plus de temps à la synagogue.
Cela peut rectifier l'office tout entier.

De nombreuses personnes ont coutume de dire le Pitoum haKétorét à l'issue du Shabbath, après la Havdala.
Cela est également efficace pour briser les klipot néfastes et faire connaître à l'homme le succès dans toutes ses entreprises de la semaine à venir.
[...]

Il faut lire les Pitoum haKétorét dans un Siddour. Cette lecture revient à faire brûler de l'encens dans le Temple.
Si on le récite de tête, on risque d'omettre l'un des ingrédients ce qui reviendrait à faire brûler de l'encens incomplet, faute passible de mort.
Pour la même raison, il est bon de compter les onze parfums sur ses doigts en les lisant afin de n'en omettre aucun.
[Méam Loez - Ki Tissa 30,34&36]

<------->

-> Hachem considère qu'un homme étudiant les sections relatives aux sacrifices se trouve, pour ainsi dire, au Temple et apporte le sacrifice.
Lorsqu'une personne prononce les sections décrivant les sacrifices, son haleine est considérée comme le feu que le Cohen gadol plaçait sur l'autel pour brûler l'offrande.
Ce souffle monte en Haut et rejoint le Feu surnaturel semblable à celui qui descendit du ciel pour s'assembler au feu que le Cohen Gadol plaçait sur l'autel.

[Méam Loez - Vayikra 1,1]

<------------------------------------------->

-> Celui qui dit la Kétorét à la fin de la prière éloigne la mort de sa maison.
[Zohar - Pin'has 224a]

<------->

-> Le Zohar (vol.I,100) enseigne :
Rabbi Pin'has dit : Une fois pendant que je voyageais, j'ai rencontré Eliyhaou haNavi, et je lui ai demandé : "Dis-moi quelque chose qui aide les gens".
Eliyahou haNavi m'a répondu : "Dans le Ciel, il y a des anges qui ont pour mission de rapporter les fautes de la nation juive devant le Trône de Hachem. Lorsque les juifs récitent les Korbanot (dont les Kétorét) ... avec kavana, ces anges doivent alors dire de bonnes choses sur les juifs."

Le Zohar rapporte également que Hachem a fait un pact (brit) que si les juifs rentrent dans les lieux d'études, synagogues, et y lisent les Kétorét avec kavana, alors la plaie va cesser.

<--->

-> Il est écrit dans le Zohar (Vayakél p.218) [que le Méam Loez rapporte en partie ci-dessus] :
Rabbi Chimon bar Yo’haï a dit : si les hommes savaient combien la récitation de la kétoret a d’importance aux yeux d'Hachem, ils la réciteraient avec attention, en séparant distinctement tous les mots comme les ornements d’une couronne en or. Et quiconque veut y prêter toute son attention doit réfléchir à ce que c’est que l’offrande de la kétoret ; s’il y met toute sa concentration chaque jour, il aura une part dans ce monde-ci et dans le monde à venir, la mort le fuira et fuira le monde, et il sera sauvé de tous les mauvais décrets qu’il y a en ce monde-ci, des mauvaises choses, du Guéhénom, et des décrets des puissances étrangères."

-> A un autre endroit (Zohar ‘Hadach, 67), Rabbi Chimon bar Yo’haï témoigne qu’il y a un décret devant Hachem qui stipule que quiconque examine et lit chaque jour le passage sur la kétoret sera préservé de tout acte de sorcellerie, et de tout accident, des mauvaises pensées, des mauvais décrets et de la mort, ne subira aucun dommage pendant toute cette journée-là, et que les forces de l’impureté ne pourront rien contre lui.

Il est toutefois important de mentionner la remarque qui se trouve à la fin des propos du Zohar : "Il y faut beaucoup de concentration".

<------->

-> Le Méam Loez (Pin'has 28,8) écrit :
Nous trouvons [une relation entre l'offrande des sacrifices et leur récitation] dans le passage de l'alliance entre les morceaux (Béréchit 15).
Avraham demanda à D. : "Si Mes enfants fautent, quel mérite les attachera en ce monde?"
D. répondit : "Le mérite des sacrifices"
"Tant que le Temple existe, certes. Mais que feront-ils lorsqu'il n'y aura plus de Temple?
"S'ils étudient les chapitres relatifs aux sacrifices, Je considérerai qu'ils ont réellement offert les sacrifices et Je pardonnerai toutes leurs fautes".

Ceci démontre clairement l'importance de la lecture des passages de la Torah concernant le sacrifice quotidien (tamid), le pitoum hakétorét et le chapitre "ézéhou mékoman" de la guémara, ainsi que les passages des Maamadot que nous récitons chaque jour.
Ils sont une source de vie et constituent un remède efficace pour nos fautes à condition de les réciter posément, en comprenant, chaque mot.

Il faut prendre cela à cœur, en particulier ceux qui sont souvent négligents et omettent ces parties de l'office, en partie ou en totalité, afin de gagner du temps pour vaquer plus tôt à leurs occupations quotidiennes.
En commençant la prière par le "Baroukh Chéamar", ils renoncent à un remède prodigieux qui ne coûte rien et qui permet d'obtenir le pardon.
Il est insensé de croire qu'en prenant son temps pour réciter ses prières, l'homme subira une perte financière.
Serait-il possible que D. diminue les revenus d'un homme parce que ce dernier prie, et qu'Il récompense par la réussite matérielle l'omission d'une partie de l'office?

<------------------------------------------->

-> Depuis la destruction du Temple de Jérusalem, les Sages ont institué la lecture du passage de la Torah concernant l'offrande journalière : "vaydaber Hachem el Moché lémor : tsav et béné Israël ..." jusqu'à "iché réa'h ni'hoa'h l'Hachem", car la prière du matin est en parallèle au korban tamid du matin.

Le Rama de Pano enseigne que même après la destruction du Temple, chaque jour Pin'has, qui est lui-même Eliyahou haNavi, effectue l'offrande de ce Korban sur le lieu du Temple, car même s'il est détruit, la kédoucha de cet endroit ne l'a pas quitté.

-> Le rav Aharon de Karlin recommande de ne pas sauter le passage des korbanot et la kétorét, car cette lecture purifie l'homme de pensées étrangères et lui ouvre les portes de la prière.

-> Rabbi Moché Makhir (auteur du Séder Hayom - au 15e siècle) écrit qu'il est bon de lire la Kétoret dans un parchemin et avec ferveur 2 fois par jour, le matin et à min'ha. Ceci offre une véritable protection et la bénédiction, et il affirme : "J'en suis garant" (Kaf ha'Haïm 132,23 - au nom du 'Hida).

Rabbi Moché Makhir (que le 'Hida qualifie de "saint Rav") écrit : "celui qui se soucie de sa vie a intérêt à s’efforcer au maximum de le faire, d’écrire tout cela sur un parchemin casher, dans une écriture carrée, et de le lire une fois le matin et le soir, avec toute l’intention qui convient, et je suis garant que cela entraînera pour celui qui le fait avec attention la bénédiction et la réussite dans tout ce qu’il entreprendra.
Il s’enrichira, il n’en arrivera jamais à la pauvreté, comme on l’a constaté chez les Cohanim : tout Cohen qui méritait d’offrir la kétoret une fois n’avait plus besoin de l’offrir une 2e fois. Il en va de même pour celui qui lit ce passage avec précision et attention tous les jours comme il convient, le matin et le soir ; il méritera d’avoir une subsistance abondante sans aucun doute."

-> L'auteur du Téchouvot Vé'anhagot indique une segoula dont il a entendu parler par les anciens de Jérusalem : "qu’on écrive sur un parchemin le passage sur la kétoret avec toute la baraïta, qu’on le dise 2 fois par jour, qu’on lise le passage qui se trouve dans la Torah avec la cantillation, et qu’on dise toute la baraïta calmement, sans se presser." Avec l’aide de D., on méritera d’être délivré et de voir ses vœux exaucés.
D'ailleurs, il y est rapporté l'exemple d'un couple qui n'avait pas eu d'enfants, et dont le jeune homme a mérité d'avoir une grande famille grâce à cette ségoula.

<------------>

-> Une réparation du lachon ara : la récitation du passage sur les Kétorét.
[rabbi Na'hman de Breslev - Séfer haMidot - lachon ara]

-> La guémara (Zéva'him 88b) eneigne :
D'où sait-on que l'encens (kétoret) exerce une expiation?
Car il est écrit : "Il posa les kétoret et il fit expiation sur le peuple" (Kora'h 17,11).
Il a été enseigné dans le beit hamidrach de Rabbi Ichmaël : quelle faute est-elle expiée par les kétoret?
Que vienne une chose secrète pour expier un comportement secret.

-> La confection de l'encens était tenue secrète et seuls quelques initiés la connaissaient.
La guémara (Yoma 38a) nous rapporte :
la famille d'Avtinas détenait le secret de la confection des kétoret que l'on faisait au Temple. Ils refusèrent catégoriquement d'enseigner leur savoir-faire de qualité. En effet, lorsqu'ils préparaient l'encens, la fumée qui s'élevait dans le ciel était aussi droite qu'une colonne de marbre.
A chaque fois qu'une femme entrait dans cette famille de renom, elle devait accepter de ne plus jamais se parfumer afin que les gens du peuple ne pensent pas que cette odeur agréable provienne de l'encens du Temple.

<--->

-> La guémara (Shabbath 89a) enseigne :
lorsque Moché monta dans les hauteurs, tous les anges l'affectionnèrent et lui offrirent des cadeaux. Même l'ange de la mort lui offrit un cadeau, comme il est écrit : "Il posa les kétoret et il fit expiation sur le peuple" qui est suivi immédiatement dans la Tora par le verset : "Il s'interposa entre les morts et les vivants et l'épidémie s'arrêta". Si l'ange de la mort ne lui avait pas révélé ce secret, comment l'aurait-il su?"

-> Rabbi Tsadok haCohen explique cet enseignement :
l'ange de la mort transmit à Moché un secret capital. En effet, l'ange de la mort fait périr les êtres humains principalement à cause de la faute de la médisance. L'ange lui confia que les kétoret représentaient le remède métaphysique contre les épidémies qui provenaient de la médisance.

-> Le roi David s'exprime ainsi à propos de notre sujet : "Quel est l'homme qui souhaite la vie, qui aime la longévité des jours pour goûter le bonheur? Préserve ta langue du mal et tes lèvres des discours perfides ; éloigne-toi du mal et fais le bien, recherche la paix et poursuis-la" (Téhilim 34,13).

<--->

-> Le Zohar (Vayéra 100b) rapporte qu'Eliyahou haNavi transmit à Rabbi Pin'has une annonce faite parmi les légions célestes et entendue par les anges de destructions : "Lorsqu'une épidémie frappe le monde, et que les Bné Israël entrent dans les synagogues et les maisons d'études, qu'ils prononcent le passage des kétoret avec une intention sincère et le décret de mort sera annulé".

-> Le Tsror ha'Haïm (Ki Tissa) ajoute qu'il est néanmoins impératif de saisir un point essentiel : la lecture des kétoret n'est efficace que si l'homme préserve sa bouche des paroles de médisance et s'abstient d'en écouter.
Si l'homme n'est pas attentif et ne se repentit pas, la lecture des kétoret n'aura aucun effet.
Cela ressemble à un homme qui désire se purifier et s'immerge dans un mikvé en tenant un animal impur dans sa main (guémara Taanit 16a).
Les kétoret n'apporteront pas l'expiation nécessaire à l'arrêt de l'épidémie si nous ne rectifions pas nos comportements.

<--->

-> Le Zohar explique que l'un des ingrédients qui constituent l'encens (kétoret) est le 'helbéna. Son odeur est désagréable et il représente le mauvais penchant.
Le terme : 'helbéna (חלבנה) a la même valeur numérique que le nom de Haman (המן) soit 95, qui est le symbole absolu du mal.
Hachem dit à Moché : prends le 'helbena et mélange-le avec les 10 autres ingrédients des kétoret afin de camoufler sa mauvaise odeur. L'odeur ainsi dissimulée annule les forces de l'nage de la mort et endigue l'épidémie.

Il est rapporté également dans le Zohar (Béréchit 170a) une histoire au sujet du Rav A'ha qui se rendit dans une petite bourgade en Israël où une épidémie décimait les habitants. Ayant pris connaissance de sa présence en ville, les dirigeants lui rendirent visite en lui expliquant la situation.
Rav A'ha leur dit : choisissez parmi vous 40 tsadikim. Divisez-les en 4 groupes de 10 et positionnez-les aux 4 points cardinaux du village. Ils firent selon ses paroles et l'épidémie s'arrêta aussitôt.

"Prends pour toi des aromates : du nataf, du ché'hélét et du 'helbéna ... ils seront tous égaux en poids" (Ki Tissa 30,34)

-> Nos Sages déduisent que 11 ingrédients entraient dans la fabrication de l'encens, qui était offert 2 fois par jour (le matin et l'après-midi) sur l'Autel, à l’intérieur du Michkan.
Le parfum de l'encens symbolise le devoir et le désir d'Israël de servir D. de la façon qu'Il agrée.

-> Alors que toutes les senteurs des encens dégageaient une bonne odeur, la 'helbéna était la seule qui avait une mauvaise odeur.
Rachi (citant la guémara Kéritot 6b) commente : la Torah l’a inclus dans la composition de l’encens afin de nous apprendre à ne pas tenir pour indigne de nous, dans nos réunions de jeûnes et de prières, la présence de pécheurs d’Israël, lesquels doivent au contraire être comptés comme étant des nôtres.

Mais pourquoi cela?

-> Une des explications est que lorsque les réchaïm s’associent aux prières des autres personnes, alors la prière de ces derniers s'en trouve renforcée.
En effet, même si ces personnes ne sont pas assez méritantes, cependant comparées aux réchaïm, leurs défauts deviennent insignifiants, et en comparaison elles sont considérées comme très méritantes.
=> C'est ainsi que lorsque les réchaïm s’associent aux prières, cela renforce le mérite des autres et leurs prières ont plus d’impact.

[Beit Shmouël Aharon]

<----->

-> "Rabbi 'Hana dit au nom de Rabbi Chimon ‘Hassida : Tout jeûne auxquels ne participent pas des pécheurs d’Israël n’est pas un (véritable) jeûne, car le 'helbéna a une mauvaise odeur et pourtant elle est comptée parmis les (onze) composants de l’encens."
[guémara Kéritout 6b]

L’ensemble des personnes présent à une prière s’appelle le : tsibour, dont les initiales renvoient à : tsadikim, bénonim et réchaïm.
=> Prier n’est pas une réunion d’élites, mais c'est une union de tout le peuple ensemble vers un but unique.

[à l'image de la joie d'un père qui voit tous ses enfants qui se retrouvent ensemble malgré leurs différences, Hachem prend tellement plaisir à nous voir unis, qu'Il en déverse largement Ses meilleurs bénédictions sur nous!]

-> Rabbeinou Bé'hayé commente :
"L’encens vient nous enseigner que nous ne devons pas négliger les réchaïm et les fauteurs en les excluant de nos jeûnes et de nos prières.
Nos Maîtres ont d’ailleurs dit que toute assemblée exempte de fauteurs n’est pas une assemblée. En effet, le Nom de D. est exalté et sanctifié lorsque les réchaïm se repentent et viennent s’ajouter au nombre des tsadikim.
Si cela ne se produit pas, les tsadikim en sont incriminés au nom de la responsabilité qui incombe à chaque juif vis-à-vis de son prochain."

-> Lorsque Hachem voit que les réchaïm font téchouva grâce à l'influence des personnes justes, alors Il nous traite avec davantage de miséricorde.
[Sifté 'hakhamim]

-> Le Nom Divin est grandement sanctifié lorsque les réchaïm font téchouva et désire s'élever vers le niveau des personnes justes.
[Prishah]

<----->

Il est intéressant de constater que les réchaïm, les fauteurs sont :
-> à la fois exclus du compte du minyan, puisqu'il y a déjà 10 juifs justes (la 'helbéna venant comme la 11e épice).
Cela représente la nécessité de maintenir une séparation, une zone de sécurité, pour qu'ils ne nous influencent pas négativement.

-> mais également ils sont indispensables, car sans eux nous n'arrivons pas aux 11 épices nécessaires pour confectionner l'encens du Service Divin.
Cela signifie qu'à nos yeux ils ne sont jamais rejetés : ce sont nos frères dans le besoin spirituel, et nous aspirons de tout notre cœur à ce que la mauvaise odeur du 'helbéna se transforme en une épice de bonne odeur.

=> Il y a cette dualité à maintenir pour les impacter positivement, sans risquer de s'affaiblir soi-même à leur contact.

<----->

-> Le Kli Yakar apporte l'explication suivante.
Une personne n'a pas le droit de s'affliger elle-même inutilement. C'est pourquoi, une personne juste ne devrait pas selon la loi se permettre de jeûner en réponse à une tragédie, car sa droiture l'empêche d'être tenu responsable pour tout malheur.
Ainsi, la seule justification pour les justes est d'incorporer des personnes moins justes qu'elles, afin de pouvoir jeûner pour elles (le peuple d'Israël étant lié), ce qui rend leur alors autorisé le fait de s'affliger.

[d'une certaine façon, quelque soit notre niveau spirituel, nous jeûnons en espérant que tout juif situé à un niveau inférieur au nôtre pourra évoluer vers davantage de spiritualité.
Un jour de jeûne est certes une remise en question personnelle, mais également l'expression de notre désir intense que tout autre juif, même le plus grand racha, puisse se débarrasser de sa partie mauvaise pour mettre au grand jour toute sa beauté interne latente.]

<----->

-> En se basant sur la guémara (Shabbath 89a), le Mabit (dans son Beit Elohim) enseigne qu'après que Moché ait reçu la Torah au Ciel, tous les anges lui ont offert des cadeaux. Même l'ange de la mort lui a donné quelque chose : la 'helbéna, indispensable à la réalisation des encens.
Celle-ci est la seule des 11 épices entrant dans la composition de l'encens à dégager une mauvaise odeur, mais en se joignant aux autres la senteur se transforme en une aussi douce et agréable que les autres.

Dans une communauté dont les membres sont bons et droits en leurs cœurs, et qu'ils accomplissent un retour sincère et complet vers Hachem (minyan d'épices de bonne odeur), alors l'ange de la mort ne peut exercer sur eux aucune emprise (aucune accusation, mauvais décret).
Bien au contraire, ce sont eux qui le dominent et le soumettent au point que lui-même répond : "Amen", exactement comme la 'helbéna, individuellement malodorante, mais qui non seulement ne sent pas mauvais avec les 10 autres épices, mais va contribuer à la diffusion d'une bonne odeur globale.

<------------------------------------------>

+ Si on a le choix entre soit prier dans un minyan composé que de personnes vertueuses, ou bien prier dans un minyan qui comprend des réchaïm, lequel doit-on choisir?

-> Le rav Aharon Leib Steinman n'est pas certain, mais il écrit qu'il est quand même préférable de prier dans un minyan de personnes uniquement vertueuses, à l'image des encens qui sentaient encore mieux sans la 'helbéna.

-> Le Séfer 'Hassidim enseigne que nous devons faire attention à ne pas prier à côté d'un racha, car cela va entraîner d'avoir de mauvaises pensées durant notre prière et la présence Divine s'éloignera de nous.

"Personne ne convoitera ta terre quand tu monteras pour paraître devant Hachem, ton D., 3 fois par an" (Ki Tissa 34,24)

Ceci est l'un des plus grands miracles cachés promis explicitement par la Torah.
b'h, regardons cela plus en détail.

-> La guémara (Pessa'him 8b) affirme que cela s'applique également aux animaux sauvages qui ne convoiteront pas nos possessions pendant notre absence au Temple : "Ta vache va brouter dans le pâturage et aucun animal sauvage ne l'attaquera. Tes poulets seront libres dans leur poulailler et aucune fouine/belette ne leur fera de mal."

-> A ce sujet, le midrach rabba (Chir haChirim 7,1) rapporte les histoires suivantes :

1°/ Une fois un juif est parti à Jérusalem pour Yom Tov, et par inattention il avait oublié de fermer sa maison à clé.
A son retour, il a trouvé un serpent enroulé autour de la poignée de sa porte, décourageant toute personne à essayer d'y entrer.

<----->

2°/ Une fois un juif est parti pour les Yom Tov, et il avait oublié par mégarde sa récolte de blé empilée dans le champ.
C'est ainsi que tout le fruit de son difficile travail, toute sa fortune à venir pouvait être prise par chacun des passants à proximité.
A son retour de Jérusalem, il a été accueilli par une patrouille de lions qui avaient surveillé sa récolte en son absence.

<----->

3°/ Une fois, un juif qui était parti pour les Yom Tov, avait oublié de rassembler ses poulets dans le poulailler, les laissant libres et sans aucune protection.
A son retour de Jérusalem, il a retrouvé des carcasses de chats sauvages à proximité, sans aucune explication si ce n'est que Hachem surveille ceux que Le servent.

<----->

4°/ Il y avait 2 frères juifs vivants à Ashkelon, qui avaient des voisins non-juifs qui attendaient l'occasion de se remplir les poches en prenant la richesse de leurs voisins juifs.
Ils ont ainsi comploté entre eux : "Lorsque les juifs iront à Jérusalem pour prier, nous viderons leurs maisons de tous les objets de valeur".

A leur retour du pèlerinage pour la fête, les 2 frères ont rendu visite à leurs voisins non-juifs afin de leur donner des cadeaux qu'ils avaient ramener pour eux de Jérusalem.
Leurs voisins semblaient alors confus : "D'où viennent ces cadeaux? Vous êtes partis quelque part?"
Les juifs de répondre : "Bien sûr! Nous nous rendons toujours à Jérusalem pour la fête".

Les non-juifs leur ont demandés : "A quelle date êtes-vous partis? Quand êtes-vous revenus? "
Suite à leur réponse, ils étaient perplexes, et ils ont dit : "Mais alors pourquoi durant toute cette période nous vous avons vu entrer et sortir de chez vous comme à l'accoutumée?"

La vérité devient claire : Hachem avait envoyé des anges qui ressemblaient et qui agissaient comme ces 2 frères juifs, faisant paraître qu'ils étaient toujours présents chez eux, protégeant leurs biens de leurs voisins jaloux.

Les non-juifs se sont alors exclamés : "Béni est le D. des juifs. Vous ne L'abandonnez pas et Il ne vous abandonne pas. Vous avez mis votre confiance en Lui, et Il a envoyé Ses anges pour vous protéger."

=> Avec la perte du Temple, nous avons perdu de tels miracles aussi évidents aux yeux de tous : juifs et non-juifs.