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Chaque juif est important aux yeux d’Hachem

+ Béchala'h - Chaque juif est important aux yeux d'Hachem :

-> Le Sfat Emet rapporte les paroles du midrach sur le verset : "Afin de couper la mer Rouge en morceaux" (Téhilim 136,13), à savoir : "La mer Rouge fut coupée en 12 morceaux, un pour chaque tribu", et il pose la question : "Que cela peut-il nous faire (à savoir : quelle utilité y avait-il à faire un aussi grand miracle)?"

Le Sfat Emet d'expliquer :
"C’est seulement pour nous faire savoir que chaque tribu était digne, à elle seule, que la mer s'ouvre pour elle, et plus encore, que chaque juif est, à lui seul, une raison suffisante de fendre, d'ouvrir, la mer Rouge.
C’est pourquoi il est écrit : "Tu as, par Ta force, mis la mer en miettes" (Téhilim 74,13), les miettes faisant allusion au fait que chaque membre du peuple d’Israël (chaque juif!) avait une part dans la mer Rouge."

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=> On voit de là, à quel point chaque juif(ve) individuellement est important aux 'yeux' d'Hachem, à quel point Hachem aime chacun, désire notre proximité et notre service divin unique.
[chaque matin (dans cha'harit), nous disons la chirat hayam, on doit s'imaginer comme traversant la mer Rouge, on peut alors avoir en tête que Hachem a ouverte la mer par mon seul mérite!
Plus nous développons notre conscience d'à quel point nous sommes précieux pour papa Hachem, le Maître du monde (on est Son enfant unique adoré, quoiqu'on fasse), plus on en viendra à vouloir Lui faire plaisir en faisant Sa volonté, avec joie, fierté et zèle. ]

Les anges portent chacune de nos bonnes paroles

+ Les anges portent chacune de nos bonnes paroles :

"Les portant sur ses ailes" (Haazinou 32,11).

-> Le Ohr ha'Haïm hakadoch explique en rapportant le Zohar citant : "La créature ailée rapportera les propos" (Kohélet 10,20). Le Zohar explique qu'il existe des anges connus sous le nom de "créatures ailées" (baal kénafayim) dont le travail consiste à amener au Ciel chaque bonne parole qui sort de la bouche d'une personne juive.

Le Ohr ha'Haïm explique que c'est la signification du verset ci-dessous (de Haazinou), selon lequel les anges porteront les bonnes paroles sur leurs ailes.
[cela témoigne d'à quel point Hachem apprécie chaque mot employé positivement. Contrairement à ce que l'on pense notre parole a un impact considérable dans le monde, ce qui doit nous rendre fier et responsable de l'utilise au mieux (pour construire et faire plaisir à Hachem, plutôt que pour détruire). ]

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-> voir aussi : Seuls les juifs sont dotés du pouvoir de la parole : https://todahm.com/2025/02/23/seuls-les-juifs-sont-dotes-du-pouvoir-de-la-parole

"Je suis Hachem, ton D., qui t'ai fait sortir du pays d'Egypte, de la maison d'esclavage" (Yitro 20,2)

-> Le midrach rabba déclare : "Je suis Hachem, ton D. Je vous ai fait sortir d'Egypte à condition que vous acceptiez Ma Dignité sur vous".

-> Le Sfat Emet dit que nous voyons ici que la sortie d'Egypte dépendait de notre acceptation de la domination d'Hachem sur nous. Lorsque nous avons accepté Sa royauté, nous avons reçu le pouvoir de quitter l'Egypte.

Nos Sages (Pirké Avot 7,2) disent : "On n'est un homme libre que si l'on est immergé dans la Torah".
La liberté que nous avons reçue lorsque nous avons quitté l'Egypte s'éveille chez une personne lorsqu'elle fait des efforts dans la Torah et accepte le joug du Ciel.

C'est pourquoi, lorsque nous disons la lecture du Shéma, après avoir accepté le joug de la Torah et des mitsvot, nous parlons de la sortie d'Egypte.
De même, nos Sages (Pirké Avot 3,5) disent : "Lorsque quelqu'un accepte le joug de la Torah, le joug du gouvernement et celui de gagner sa vie lui sont enlevés", car il devient un homme véritablement libre.

"Yitro dit : "Béni soit Hachem, qui vous a sauvés de la main de l'Egypte et de la main de Pharaon, qui a sauvé le peuple de dessous la main des égyptiens" (Yitro 18,10)

-> Le Tiféret Shlomo note que le peuple juif a certainement beaucoup loué Hachem après avoir été sauvé et avoir quitté l'Egypte, mais leurs louanges et leurs expressions de remerciement ne sont pas consignées dans la Torah.
Qu'y a-t-il de si spécial dans les louanges de Yitro pour qu'elles méritent d'être écrites dans la Torah?

Il explique que ce n'est pas grand-chose pour quelqu'un de prier pour lui-même ou d'être heureux lorsqu'il réussit. Il est beaucoup plus impressionnant que quelqu'un fasse une prière pour son prochain et se réjouisse de la réussite de ce dernier.
Si quelqu'un loue, remercie Hachem pour le succès de son prochain, c'est vraiment remarquable.

Lorsque le peuple juif a loué Hachem après avoir quitté l'Egypte, il l'a loué pour quelque chose qui lui était arrivé. Ce n'est pas si extraordinaire.
Mais lorsque Yitro a loué Hachem, il l'a glorifié pour avoir sauvé le peuple d'Israël, et non pour sa délivrance personnelle. Même s'il n'a pas participé au miracle, il était heureux pour le peuple juif.
Si quelqu'un remercie Hachem d'avoir sauvé quelqu'un d'autre, comme l'a fait Yitro, c'est vraiment impressionnant et digne d'être écrit dans la Torah.

-> b'h, voir également : Yitro - Se réjouir d'autrui, c'est amener sur soi les bénédictions : https://todahm.com/2023/04/13/se-rejouir-dautrui-cest-amener-sur-soi-les-benedictions

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-> "Yitro dit : "Béni soit Hachem (barou'h Hachem) qui vous a sauvés de la main de l’Egypte et de la main de Pharaon." " (Yitro 18,10)

-> "On a enseigné au nom de Rav Papias : "C’est une honte pour Moché et les soixante myriades (les 600 000 juifs qui étaient avec lui) de ne pas avoir béni (Hachem) avant que Yitro ne vienne et qu’il dise : 'Béni soit Hachem' (barou'h Hachem)"" (guémara Sanhédrin 94a).

-> Le Ktav Sofer s’étonne de ce commentaire : il est, en effet, explicitement écrit dans la Torah que Moché et les Bné Israël chantèrent un cantique sur la mer Rouge. Dès lors, en quoi le fait de ne pas mentionner l’expression "Béni soit Hachem" était-il important, et en quoi cela constitue-t-il une honte?

Pour y répondre, il rapporte le commentaire de Rachi (Yitro 18,9) : "vayi'had Yitro" = cela signifie que la nouvelle a causé que : "Yitro se réjouit" ou bien "Yitro frisonna" (vayi'had fait allusion à 'hidoudim = frisson) = "sa chair se couvrit de rides/frisson, par la peine de la perte de l’Egypte (suite à la mer Rouge qui a noyé les égyptiens)." [Yitro avait été un des 3 principaux conseillers de Pharaon, il avait donc un attachement avec l'Egypte]
Néanmoins, explique le Ktav Sofer, il se réjouit de la délivrance d’Hachem et il dit : "Béni soit Hachem qui vous a sauvés" (barou'h Hachem acher itsil ét'hem - Yitro 18,10).

Pour reprendre les mots du Ktav Sofer :
"Bien que Yitro eût de la peine pour les égyptiens, il comprit qu’Hachem ne commettait pas d’injustice et que tout ce qu’Il faisait, était pour le bien. C’est pourquoi il se réjouit de ce malheur de l’Egypte et il loua Hachem pour cela.
Or, c’est ce que nos Sages nous ont ordonné : "De même que l’on prononce une bénédiction sur le bien, on en prononce une sur le mal, afin de l’accepter dans la joie."

C’est ce que fit Yitro après que Moché lui eut raconté et que sa chair se rida tout entière. Il se ressaisit et dit : "Béni soit Hachem qui vous a sauvés".
Jusqu’alors, on ne retrouva pas chez les Bné Israël une telle attitude qui constitue à louer Hachem sur le malheur et pas seulement sur le bien.
Certes, ils Le remercièrent et Le louèrent pour le bien qu’Il leur avait fait en les faisant sortir d’Egypte et en fendant pour eux la mer Rouge. Néanmoins, sur l’esclavage en Egypte et les autres souffrances, ils ne
bénirent pas Hachem.
C’est le sens des paroles de nos Sages : "C’est une honte pour Moché et les 60 myriades (les 600 000 juifs) de ne pas avoir béni (Hachem) avant que Yitro ne vienne et qu’il dise : "Béni soit Hachem.""

Servir Hachem avec le feu du zèle, nous fait mériter Sa révélation

+ Servir Hachem avec le feu du zèle, nous fait mériter Sa révélation :

"Le mont Sinaï entier fumait parce qu'Hachem était descendu sur lui dans le feu, et sa fumée montait comme la fumée d'une fournaise, et toute la montagne tremblait énormément" (Yitro 19,18)

Il est écrit : "car Hachem, ton D., est un feu dévorant" (Vaét'hanan 4,24).
Le séfer Beit Aharon explique, au nom de son père, le rav Osher de Stolin que ce verset fait référence au "feu du peuple juif", dont nous faisons preuve lorsque nous servons Hachem avec passion.

De même, lorsque le verset dit qu'Hachem "est descendu avec le feu", cela signifie qu'Hachem s'est révélé à travers le feu créé par les personnes qui Le servent avec un cœur ardent et une passion brûlante pour la Torah, la prière et les mitsvot.

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-> Il est écrit : "donnons de la force à D." (ténou oz l'Elokim - Téhilim 68,35).
D'une certaine façon, lorsque notre relation avec Hachem est avec un feu ardent (ex: zèle, joie, fierté de faire Sa volonté), alors cela illumine Hachem d'un feu ardent, et Sa Présence nous est alors davantage révélée.
[de nombreuses personnes attendent une révélation du divin, avant d'être convaincus de suivre Sa volonté, mais la réalité est inverse : naassé = commence par agir pour Hachem avec pleins de bons sentiments, et alors nichma = ton "toi" intérieur entendra le divin. ]
Plus nous investissons notre cœur pour Hachem, plus notre cœur est ressent et est lié avec Hachem.

Aimer Hachem = ne pas agir avec Lui comme si c’était un étranger

+ Aimer Hachem = ne pas agir avec Lui comme si c'était un étranger :

"Tu n'auras pas d'autres dieux devant moi" (Yitro 20,3)

-> Le roi David dit : "Tu n'auras pas de dieu étranger et tu ne te prosterneras pas devant un dieu du dehors" (lo yiyé bé'ha el zal, vélo tista'havé lé'el né'har - Téhilim 81,10).
Le rabbi Mendel de Kotzk demande pourquoi est-il nécessaire que David dise cela. La Torah ne dit-elle pas clairement que nous ne devons pas avoir de dieux étrangers?

Il répond que le verset dans Téhilim doit être lu différemment. Il doit être lu comme suit : "Hachem ne doit pas être un étranger pour vous".

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[l'essentiel pour un juif(ve) est de mettre des sentiments permettant d'entretenir une relation d'amour et de proximité avec Hachem (toute action même stupide (dans le cadre de la loi juive), est bonne pour cela!).
En effet, on peut très bien réaliser machinalement toutes les mitsvot, étudier de nombreuses heures la Torah, mais être froid et distant avec Hachem.
Est-ce que Hachem est tout proche de moi (dans mon cœur battant d'amour, de reconnaissance pour Lui), est-ce que je parle souvent avec Lui depuis mon intériorité (même pour des choses toute petite), ou bien mes lèvres bougent et mon cœur est pris par d'autres choses (plus importante?!) ?
Plus largement, qui est Hachem pour nous et quel relation de proximité souhaite-t-on nous développer avec Lui dans ce monde?
Oui c'est difficile (le yétser ara est là pour nous compliquer la tâche), mais après notre mort, il ne nous sera plus possible de muscler cet amour car la Vérité Divine sera totalement flagrante (l'amour se développant par l'effort [émotionnel, physique] pour autrui).

N'oublions pas que la première et la dernière lettre de la Torah forme le mot : "lev" (coeur), car le principal pour Hachem c'est qu'on agisse dans ce monde pour qu'Il puisse être le plus possible présent dans notre cœur, et non étranger (extérieur). ]

+ "Vous observerez donc mes lois et mes statuts, parce que l'homme qui les pratique obtient, par eux, la vie : je suis Hachem" (A'haré Mot 18,5)

-> Le midrach (Téhilim 56) explique : "pour marcher devant Hachem dans le pays de la vie, il s'agit de la terre d'Israël".

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-> "C'est la nostalgie pour le terre d'Israël, le pays de la kédoucha, le pays d'Hachem, où toutes les mitsvot sont accomplies et s'expriment dans leur forme achevée.
Et cette aspiration à révéler la qualité particulière de l'esprit de D., à lever la tête dans l'esprit de D., dans sa grandeur absolue, est ce qui stimule le cœur de chacun, et tous souhaitent s'unir à lui pour goûter le charme de sa vie."
[rav Avraham Kook - Orot]

-> "La terre d'Israël est particulièrement distingué par le D. d'Israël, et la conduite humaine ne peut être parfaite que dans ce pays ... le cœur et l'âme ne peuvent être parfaitement purs et sans tâche que dans ce lieu spécialement choisi par Hachem."
[Kouzari 5,23]
[ s'attacher pleinement avec Hachem, ne peut être réalisé qu'en terre d'Israël. ]

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-> Le rav Tsvi Fishman (rapportant le rav Avraham Kook) dit qu'en terre d'Israël, l'âme d'un juif en terre d'Israël va s'unir avec l'esprit Divin de la terre, provoquant une vie illuminée par la Torah et les mitsvot à son niveau de révélation le plus élevé.
[il en résulte une telle différence comparativement à un juif résidant en dehors d'Israël, que la terre d'Israël est appelé : la terre/pays de la vie = "artsot ha'Haïm" (Téhilim 116,9) ; "érets ha'haïm" (Téhilim 142,6). ]

La différence entre l’âme d’un juif et celle d’un non juif

+ La différence entre l'âme d'un juif et celle d'un non juif :

"Je ferai une distinction entre Mon peuple et ton peuple, c'est demain qu'aura lieu ce signe" (Vaéra 8,19)

-> Le Imré Emet (cité dans le séfer Likouté Yéhouda) explique ce verset en citant le Magen Avraham (46:10) qui dit au nom des Mékoubalim que nous faisons les bénédictions de "chélo assani goy" (qui ne m'a pas fait non juif) et "chélo assani aved" (qui ne m'a pas fait esclave) chaque matin pour remercier Hachem de ne pas avoir permis à un âme d'un non juif ou d'un esclave d'entrer dans notre corps pendant que nous dormions.

Il pose la question suivante : Comment une personne peut-elle savoir que l'âme d'un non juif n'est pas entrée dans son corps?
S'il est capable de bénir Hachem et de prononcer Son nom, c'est un signe clair que cela ne s'est pas produit.

C'est pourquoi le verset dit : "Je ferai une distinction entre Mon peuple et ton peuple, c'est demain (matin) qu'aura lieu ce signe" = chaque matin, lorsque l'on récite les Birkat Hacha'har, la séparation entre un juif et un non juif devient évidente.

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+ Une transformation quotidienne :

-> Le Imré Emet ajoute que la raison pour laquelle le "Yid Hakadoch" (rabbi Bounim de Peschi'ha) était connu sous ce nom était qu'il se sanctifiait chaque jour pour s'élever à un nouveau niveau de sainteté qui était aussi loin au-dessus de son niveau précédent que la différence entre un juif et un non juif.

Ce concept est illustré par ce verset qui dit que la séparation entre un juif et un non juif est visible chaque matin, ce qui signifie qu'un juif est capable de subir une transformation chaque jour pour atteindre un nouveau niveau qui est aussi éloigné de son ancien niveau que la différence entre un juif et un non juif.

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-> Toute la création peut être classée en 4 catégories : les objets inanimés/minéraux, les végétaux, les créatures vivantes (animaux) et les êtres parlants (humains) (domem, tsoméa'h, 'haï, médaber).
Dans le Séfer haKouzari (4e hakdama du maamar 5), le rav Yéhouda haLévi ajoute une 5e catégorie : le peuple juif (am Israël).

=> Dans les mots du Kouzari : "Les plus bas (spirituellement) parmi les enfants de la Torah d'Hachem sont plus élevés que même les plus élevés parmi les nations qui n'ont pas la Torah. Car la Torah, qui vient d'Hachem, insuffle à l'âme les qualités et la nature des anges".

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-> En plus des quatre formes de création dans le monde : les inanimées (ex: les pierres), les végétaux (ex: les plantes), les êtres animés (les animaux) et les êtres parlants (les humains), il existe un autre type qui est plus élevé que tous les autres : le peuple juif, qui est plus pur à tous égards que toutes les autres créations.
[rav 'Haïm Vital - chaar Hakédoucha ]

[cette idée est reprise par le Ram'hal (dans son Déré'h Hachem 2:1, ainsi que dans son maamar ha'Hokma), ainsi que par le Chem miChmouël (Yitro)]

-> Les enfants de Yaakov se distinguent des autres peuples par des qualités divines, ce qui faisait d'eux, pour ainsi dire, une caste angélique.
[Kouzari 1:103]

"Hachem passa par-dessus la porte (d'entrée) et Il n'a pas permis au destructeur d'entrer dans vos maisons pour frapper" (Bo 12,23)

-> Le rav Barou'h de Mézhibozh (cité dans Botsina D'Néhora) explique ce verset en citant le midrach (Chir Hachirim rabba 5,3) qui dit qu'Hachem nous demande de Lui ouvrir une petite ouverture, de la taille du chas d'une aiguille, et qu'Il ouvrira ensuite pour nous une énorme porte de la taille d'une grande chambre.
Cela signifie que nous devons faire un petit effort de notre côté et qu'une fois que nous l'aurons fait, Il s'occupera du reste.

En Egypte, Hachem a vu que le peuple juif était tombé à un bas niveau et qu'il n'était même pas capable de faire cette petite ouverture. Par conséquent, Il n'a pas attendu que nous fassions notre part et Il a fait la première ouverture.
Ainsi, le verset dit qu'Il "a passé la porte", c'est-à-dire qu'Il a ignoré notre ouverture et l'a faite lui-même.

Avoir du bita’hon est notre trésor

+ Avoir du bita'hon est notre trésor :

"Parle, Je t'en prie (daber na) aux oreilles du peuple : qu'ils demandent chacun à son ami et chaque femme à son amie des ustensiles d'argent et de ustensiles d'or" (Bo 11,2)

-> La guémara (Béra'hot 9a) déclare : Le mot "na" (נָא) évoque toujours une demande. Hachem a dit à Moché : "Je te demande d'aller dire aux Bné Israël d'emprunter aux égyptiens des objets d'or et d'argent afin qu'ils ne disent pas que j'ai promis à Avraham que sa descendance serait asservie, et je l'ai fait, mais j'ai ensuite dit qu'ils repartiraient avec un grand trésor, et je ne l'ai pas fait".

Les commentateurs ont du mal à comprendre cela. Hachem n'avait-il besoin de leur donner ce trésor que pour que les nations ne disent pas qu'il n'a pas tenu sa promesse? N'avait-Il pas à accomplir Sa promesse de toute façon?

Le rabbi de Lisk (séfer A'h Pri Tévoua) répond que lorsque le peuple juif a quitté l'Egypte, il avait une émouna complète en Hachem et en Moché. Ils ont fait pleinement confiance à Hachem et l'ont suivi dans le désert aride avec la foi inébranlable qu'Il les mènerait vers un bon endroit, et Hachem a témoigné qu'Il se souviendra toujours de leur bita'hon inébranlable en Lui.
[ voir Yirmiyahou 2,2 : "Ainsi parle Hachem [au sujet des Bné Israël] : "Je te garde le souvenir de l'affection de ta jeunesse, de ton amour au temps de tes fiançailles, quand tu me suivais dans le désert, dans une région inculte" ]

En vérité, personne n'est plus riche que celui qui possède la émouna et le bita'hon.
Le 'Hovot haLévavot écrit que celui qui possède du bita'hon est dix fois plus riche qu'un alchimiste qui sait comment transformer la poussière en or. La raison en est que cet alchimiste sera toujours inquiet que le gouvernement découvre qu'il transforme la poussière en or. Il a également peur de tomber malade et de ne pas pouvoir profiter de sa richesse. Même s'il possède tout l'argent du monde, il n'est pas certain d'en tirer le moindre bénéfice.
En revanche, celui qui a du bita'hon est toujours convaincu qu'Hachem s'occupera de tous ses besoins.

Étant donné que le peuple juif avait du bita'hon lorsqu'il a quitté l'Egypte, il était très riche. Hachem s'en rendit compte et sut qu'Il avait tenu Sa promesse de leur accorder la richesse.
Même s'ils n'avaient pas de richesse monétaire, le bita'hon qu'ils avaient valait bien plus.
Cependant, les nations du monde ne le savaient pas et ignoraient que la promesse pouvait être accomplie de cette manière. C'est pourquoi Hachem a dit à Moché qu'il devait dire au peuple de prendre littéralement des trésors aux égyptiens afin que les non-juifs ne pensent pas qu'il n'avait pas tenu sa promesse.

La raison pour laquelle Hachem leur a demandé d'emprunter l'or et l'argent était qu'ils ne devaient pas les acquérir de manière soudaine et absolue. Puisqu'ils ne faisaient que l'emprunter, ils devaient s'inquiéter que les égyptiens puissent les poursuivre pour les récupérer, et ils devaient renforcer encore plus leur bita'hon qu'Hachem les sauverait.
Ce n'est qu'après la chute des égyptiens qu'ils réalisèrent qu'ils garderaient les trésors et qu'ils leur appartenaient depuis qu'ils les avaient pris.

-> Le rav Moché de Lelov explique que la raison pour laquelle Hachem a dit à Moché que le peuple devait emprunter les ustensiles en or et en argent, plutôt que de les prendre directement, était qu'il devait être "endetté" auprès des Égyptiens et qu'il aurait ainsi peur de retourner en Égypte à cause de sa dette.
[en enlevant ce plan B, cette option, ils ne restaient plus qu'un échappatoire à l'armée d'égyptien venant sur eux et la mer agitée de l'autre, ils devaient s'en remettre de tout cœur à Hachem. ]