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"Vous voici tous debout, aujourd'hui, devant Hachem, votre D." (Nitsavim 29,9)

-> Le midrach Tan'houma (Nitsavim 1) nous enseigne la puissance d'une communauté unie :
"Il est écrit : 'D. sera pour toi (Israël) une lumière permanente' (Yéchayahou 60,19)
Quand?
Lorsque vous formerez une assemblé unie.
[...]
Un faisceau (un assemblage) de roseaux, un homme ne parvient pas à briser l'ensemble, alors que chaque roseau (pris séparément) même un jeune enfant peut le briser.
De même, il se trouve qu'Israël ne peut pas être délivré tant qu'il ne forme pas un ensemble uni.
[...]
Lorsqu'ils sont unis (en un véritable 'klal'), ils bénéficient de la présence divine."

Ainsi, un individu, même de très haut niveau, est comparé à un seul roseau qu'il est facile à briser, même par un enfant.
Par contre, lorsque tous les individus s'unissent pour former un groupe, alors aucune force dans ce monde ne peut briser ce 'klal' (communauté), tant il est puissant, car la présence divine y règne alors.

De plus, le mérite de la communauté permet de bénéficier individuellement de la guéoula et de la présence divine, alors que de façon isolée nous n'en sommes pas forcément dignes.

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-> "Lorsqu'ils (les membres du klal Israël) s'unissent en un faisceau et que la paix règnent, D. est leur roi, et non pas lorsqu'ils sont en désaccord" (Rachi - Vézot aBéra'ha 33,5)

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-> "Quand il y a la paix dans tout le peuple, et qu'il n'y a aucune dissension, Hachem a pitié, et ne fait pas régner la stricte justice.
Même si tous les juifs étaient idolâtres, du moment que la paix est entre eux, la stricte justice ne les atteint pas."
[Zohar I,4b]

-> "Même si les juifs adorent les idoles mais sont en paix entre eux, Hachem dit que le Satan ne peut les toucher ... Grande est la paix, et détestable est la division."
[midrach Bamidbar rabba 11,7]

-> Rabbi Eliezer haaKppar a dit au nom de Rabbi : "Grande est la force de la paix, car lorsque les juifs juifs forment une seule unité, même s'il y avez eux de l'idolâtrie, la stricte justice ne les frappe pas."
[midrach Tan'houma - Choftim 18]

-> Quel a été le plus grave péché, celui de la génération du déluge ou celui de la génération de la tour de Bavel?
Les premiers n’avaient pas récusé le principe de l’existence de Dieu, les seconds l’ont récusé en entrant en guerre contre Lui.
Et pourtant les premiers ont été anéantis, alors que les seconds ne l’ont pas été!
C’est parce que la génération du déluge pratiquait le vol et se livrait à des violences, d’où sa destruction, alors que celle de la tour pratiquait l’amour et la fraternité, ainsi qu’il est écrit : "une seule langue et des paroles identiques" (Noa'h 11,1).
=> On peut en déduire que la division est haïssable et que la paix est la valeur suprême.
[Rachi - Noa'h 11,9]

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-> "Rabbi 'Hana dit au nom de Rabbi Chimon 'Hassida : 'Tout jeûne auxquels ne participent pas des pécheurs d'Israël n'est pas un (véritable) jeûne, car le galbanum ('helbona) a une mauvaise odeur et pourtant elle est comptée parme les (onze) composants de l'encens'. "
[guémra Kéritout 6b]

Ainsi, lorsque les justes (tsadikim) et les non justes (réchaïm) jeûnent ensemble, cette association (ce klal) confère une puissance d'efficacité à ce jeûne public : c'est une condition pour être exaucés.

L’ensemble des personnes présent à une prière s’appelle le : tsibour, dont les initiales renvoient à : tsadikim, bénonim et réchaïm.
=> Prier n’est pas une réunion d’élites, mais c'est une union de tout le peuple ensemble vers un but unique.

[à l'image de la joie d'un père qui voit tous ses enfants qui se retrouvent ensemble malgré leurs différences, Hachem prend tellement plaisir à nous voir unis, qu'Il en déverse largement Ses meilleurs bénédictions sur nous!]

-> Rabbeinou Bé'hayé (Ki Tissa 30,34) commente :
"L’encens vient nous enseigner que nous ne devons pas négliger les réchaïm et les fauteurs en les excluant de nos jeûnes et de nos prières.
Nos Maîtres ont d’ailleurs dit que toute assemblée exempte de fauteurs n’est pas une assemblée. En effet, le Nom de D. est exalté et sanctifié lorsque les réchaïm se repentent et viennent s’ajouter au nombre des tsadikim.
Si cela ne se produit pas, les tsadikim en sont incriminés au nom de la responsabilité qui incombe à chaque juif vis-à-vis de son prochain."

-> Lorsque Hachem voit que les réchaïm font téchouva grâce à l'influence des personnes justes, alors Il nous traite avec davantage de miséricorde.
[Sifté 'hakhamim]

-> Le Nom Divin est grandement sanctifié lorsque les réchaïm font téchouva et désire s'élever vers le niveau des personnes justes.
[Prishah]

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-> A propos de la mitsva du loulav, il est écrit :
"Parmi les 4 espèces du 'loulav', 2 d'entre elles produisent des fruits (le loulav et l'étrog) et 2 d'entre elles ne produisent pas de fruits (le hadass et la arava) [...]
Chaque homme n'est acquitté (de la mitsva du loulav) qu'à condition que ces 4 espèces soient réunies ensemble."
[guémara Ména'hot 27a]

Par ailleurs, ce bouquet symbolise l'image des 4 composants du peuple juif, qui doivent être unis :
-> l'étrog : fruit parfumé, symbolisant celui qui s'investit dans les bonnes actions avec l'étude de la Torah ;
-> le loulav : fruit non parfumé, symbolisant celui qui a de bonnes actions mais sans étude de la Torah ;
-> l'hadass : sans fruit et parfumé, symbolisant celui qui ne s'investit pas dans les bonnes actions mais qui étudie la Torah ;
-> la arava : sans fruit et sans parfum, symbolisant celui qui n'a ni bonnes actions, ni étude de la Torah.

Ainsi, en unissant des espèces qui ont des fruits (des bonnes actions), avec celle qui n'en ont pas, nous proclamons la solidarité de tous les composants, où les qualités des uns viennent combler les lacunes des autres.

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+ "De ce pain de délice (la manne), cet homme a mangé" (Téhilim 78,25)

-> "Il s'agit de Yéhochoua pour qui la manne est descendue, autant que pour tout le peuple d'Israël" (guémara Yoma 76a).

Rachi explique que Yéhochoua recevait quotidiennement sa part de manne durant les 40 jours où, seul au pied de la montagne, il attendait le retour de Moché [à la limite permise, ne voulant pas rater une seule seconde le fait de profiter de sa sagesse].

L'expression : "autant que pour tout le peuple" ne signifie pas que Yéhochoua recevait la même quantité de manne que celle reçue par tout le peuple d'Israël dans le camp, car se serait un miracle sans utilité.
Alors que signifie cette expression?

Rabbi 'Haïm Chmoulévitch (Si'ha 51) donne la réponse suivante.
Du fait que la manne tombait dans le désert par le mérite de l'ensemble du peuple (klal), chaque individu n'avait pas besoin d'un mérite personnel pour en bénéficier.
Cependant, tout celui qui se séparait du klal, même d'une petite distance, ne pouvait bénéficier de la manne que par un mérite personnel, car il ne mange plus alors de la "soupière" du klal.

De même que la manne tombait dans le camp par le mérite de tout le peuple juif, elle tombait également auprès de Yéhochoua, isolé, grâce à son propre mérite égal à celui de tout le peuple : c'est le sens de l'expression de la guémara ci-dessus.

=> De ce cas particulier, on apprend bien l'importance pour nous de faire partie d'une communauté (klal) afin de pouvoir bénéficier du mérite collectif.

La prière collective est toujours acceptée, étant prise dans son ensemble.
La prière d'un individu seul entraîne l'analyse des mérites personnels de cette personne et le fait que la prière doit être parfaite dans sa kavana du début à la fin.

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Sur ce sujet de l'unité, on peut également voir :
- l'unité du pleuple juif : https://todahm.com/2016/10/18/lunite-du-peuple-juif
- ou plus largement : https://todahm.com/?s=ar%C3%A9vim

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-> "Chaque membre du peuple juif dépend du peuple tout entier, comme une feuille dépend de l'arbre sur lequel elle pousse.
Tant que la feuille adhère à la branche, elle tire sa nourriture de l'arbre.
Qu'elle s'en détache et elle se dessèche et meurt.

De même, chaque juif est nourri par le lien qu'il garde avec le peuple dans son entier.
S'il coupe ce lien, il perd de sa vitalité."

[Rav Wolbe - Alei Chour]

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-> "Lorsque le peuple juif souffre et qu'une personne se détache de la nation, les 2 anges qui accompagnent chaque homme posent les mains sur sa tête en disant : 'Puisse cette personne qui s'est séparée de la communauté ne pas assister à sa consolation'. "
[guémara Taanit 11a]

A l'inverse, cette guémara enseigne qu'une personne qui se prive volontairement de nourriture pendant une famine (pour s'identifier à ceux qui souffrent) sera sauvée d'une mort violente, et quiconque se prive pour partager la souffrance de la collectivité méritera de partager son soulagement.

Sur ce sujet (b'h) : https://todahm.com/2017/07/25/5419

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+ "Lorsque le jugement vient sur le monde, l'homme ne doit pas chercher à ce que son nom soit mentionné en Haut devant Hachem, car si son nom est mentionné, ses péchés sont rappelés et [le Tribunal céleste] l'examine avec plus de rigueur."
[Zohar - Noa'h 69b]

Ainsi, il est préjudiciable de se couper du reste du peuple juif.

Par exemple, en priant avec la communauté, le mérite du groupe fait que la prière passe et soit acceptée.
Mais lorsque l'on prie tout seul : la prière se doit d'être parfaite et on examine si l'on est méritant.

De même, selon la guémara (Avoda Zara 4a), un individu ne peut survivre à la colère de D., mais le peuple dans son ensemble est capable d'échapper à Sa colère.

[En faisant partie d'un groupe, en étant utile à autrui, cela empêche de mauvais décrets de nous arriver : pour ne pas causer de préjudice aux autres par notre moindre implication, et parce que Hachem témoigne beaucoup plus de miséricorde envers la communauté.
Par contre, en restant isolé, nous ne bénéficions pas d'une telle protection. ]

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-> Le Maharal ('Hidouché Aggadot Kétoubot 68a) enseigne :
"Un homme qui en ignore [un autre ayant besoin de tsédaka] agit comme s'il n'était pas son frère et se sépare du peuple juif dont les membres forment une seule nation ...
Ainsi, s'il ignore le besoin de tsédaka et ne fait pas preuve de pitié envers d'autres juifs, il n'est pas considéré comme faisant partie du peuple juif."

-> La tsédaka peut se faire par de l'argent, par du temps, par de l'écoute, par des encouragements, ...

C'est impressionnant de voir les récompenses qui sont réservées à un acte nous obligeant à considérer tout juif comme son frère, comme faisant partie d'une grande famille (le lien de parenté ne peut pas être effacé!).
Plusieurs articles (b'h) sur ce thème : https://todahm.com/category/paracha/47-ree
Rester à l'écart dans sa bulle, c'est passer à côté de tellement de bénédictions, c'est passer à côté d'une vie juive.

On peut citer :
-> "La tsédaka est une des choses qui peut annuler un décret difficile au sujet d’une personne"
[guémara Roch Hachana 16b]

-> "3 choses annulent les mauvais décrets : la prière, la charité et le repentir"
[midrach Béréchit rabba 44,12]

"Moché appela Hoché‘a (הוֹשֵׁעַ) fils de Noun : Yéhochoua (יְהוֹשֻׁעַ)" (Chéla'h Lé'ha 13,16)

Moché a changé le nom de Hochéa en Yéhochoua, en y ajoutant un youd devant son nom originel.

Le Targoum Yonathan dit que Moché a effectué ce changement de nom après avoir vu l'humilité de Yéhouchoua.
Que vient voir l'humilité avec ça?

Le Ohev Israël explique, en se basant sur les paroles du Mabit, que la résurrection des morts se fera selon l'ordre alphabétique : ceux ayant un nom commençant par aléph revivront avant ceux ayant un nom commençant par la lettre bét, et ainsi de suite.

Si c'est ainsi, Moché en ajoutant la lettre "youd" devant la lettre "hé", a fait que Yéhochoua devra avoir une résurrection plus tardive que ce qu'il avait initialement (il est passé du rang 5 [hé] au rang 10 [youd]!).
=> Comment a-t-il pu lui donner un tel désavantage?

Le Targoum Yonathan répond en disant que Moché a ajouté la lettre hé, uniquement après avoir reconnu l'humilité de Yéhochoua.
En effet, selon nos Sages, toute personne véritablement humble bénéficie d'une résurrection des morts avant les autres, indépendamment de son nom, ce qui explique l'action de Moché.

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-> Moché changea le nom de Yéhochoua en y ajoutant un youd (de guématria : 10), car il vit par prophétie que Yéhochoua hériterait de 10 parts en terre d'Israël, celles des 10 explorateurs qui avaient diffamé la terre.
Kalev fut récompensé en recevant 'Hévron : "Et à Kalev ils donnèrent 'Hévron" (Choftim 1,20).
[Méam Loez - Chéla'h Lé'ha 13,4-16]

[le mot hébreu : Yéhochoua est équivalent à : Youd Hé Hochéa = D. sauve. => Moché pria Hachem d'aider Yéhochoua à résister à la calomnie des explorateurs.]

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-> Est-ce à penser que ces deux Justes : Yéhochoua et Kalev, étaient déficients dans leur foi, et qu’ils avaient besoin de prières spéciales pour ne pas tomber dans le complot posé par leurs "associés"?

De là, explique rav Yé’hezkel Levinstein, nous pouvons nous faire une idée du pouvoir de l’"influence sociale". Celui qui s’identifie et s’associe à un certain groupe en devient partie intégrante, au point qu’il lui est presque impossible de ne plus penser, parler ou agir comme les autres membres de cette assemblée.
Mais fort heureusement, immense est la force de la prière, qui empêche l’individu de décliner et de tomber dans l’abîme où ses compagnons tentent de le précipiter.

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-> La guémara (Taanit 21a) dit que Na’houm Ich Gam Zou fut appelé ainsi parce que quoi qu’il lui arrivât, même un malheur apparent, il disait toujours "cela aussi est pour le bien" (גם זו לטובה).
=> Si c’est le cas, alors pourquoi son nom était-il Na’houm Ich Gam Zou et non Na’hum Ich Gam Zou lé-tova?

-> Moché a changé le nom de Yéochoua, passant d’הושע (Hochéa) à יהושע (Yéhochoua).
Rav Chimchon Rafael Hirsch explique que le changement de nom porte un message implicite pour lui mais aussi pour ses compagnons car chaque fois qu’ils s’adressaient à lui par son nouveau nom, ils devaient eux aussi se souvenir du message véhiculé par ce nom et dans l’accomplissement de leur mission, ils ne devaient pas perdre de vue ce message. Ce nom leur indiquait que הושע est יהושע = c’est-à-dire que Celui qui nous a (déjà) sauvés dans le passé (הושע étant au passé), nous sauvera aussi à l’avenir (יהושע étant au futur).

-> Le rabbi Yéhochoua Alt dit qu'avec cela nous pouvons répondre à la question initiale.
Na’houm Ich Gam Zou a été appelé ainsi afin de mettre l’accent sur "gam zou" (זו גם) = c’est-à-dire que, tout comme dans le passé, Hachem était avec nous et que nous avez vu que c’était pour le bien, Il sera également avec nous à l’avenir.

"D. dit : 'Faisons l'homme à notre image, à notre ressemblance' ... c'est à l'image de D. qu'Il le créa" (Béréchit 1,26-27)

Rabbi Moché Cordovéro explique que le mot : image (tsélem - צלם) est dérivé du mot : ombre (tsél - צל).
Ainsi, dire que l'homme a été créé à "l'image de D." signifie que l'homme représente "l'ombre" d'Hachem projetée sur cette terre ; on comprend mieux alors le lien entre D. et l'homme.

"Hachem parla à Moché, après la mort des 2 fils d'Aharon" (A'haré Mot 16,1)

Le Or ha'Haïm (Béer Hétev), cite le Zohar, pour expliquer pourquoi au début de cette paracha on traite de la mort des fils d'Aharon, et juste ensuite du service de Yom Kippour :

"Quiconque s'attriste au sujet de la mort des 2 fils d'Aharon : Nadav et Avihou, et verse des larmes pour eux le jour de Kippour, verra ses fautes pardonnées et il est assuré de ne pas voir mourir ses enfants de son vivant".

[le Zohar ajoute également : "tant que le peuple juif est en exil et ne peut pas amener les 2 boucs expiatoires (sé'irim), les morts des 2 enfants de Aharon viennent en place de ces 2 sé'irim"]

Comment comprendre le fait que l'on doit pleurer pour des personnes que l'on n'a jamais connu, et qui sont mortes il y a des milliers d'années?

Nous allons apporter la réponse à cette question par le Rabbi 'Haïm Chmoulévitech (Si'ha 62), et nous allons voir b"h, qu'il y a beaucoup à en apprendre.

Il faut rappeler que Nadav et Avihou, âgés de 20 ans lorsqu'ils sont morts le 1er Nissan dans le Sanctuaire, avaient acquis un niveau spirituel égal à celui de Moché et Aharon.
S'ils avaient vécu jusqu'à 120 ans comme Moché et Aharon, ils auraient atteint un niveau si élevé qu'ils auraient rayonné et déversé dans le monde un flux puissant de spiritualité, dont il resterait des traces chez chacun de nous jusqu'à aujourd'hui.

Par leur départ prématuré, le monde a donc subi un grand dommage : un abaissement du niveau spirituel général, par rapport à celui dont le monde aurait pu bénéficier s'ils avaient vécu plus longtemps, que nous devrions ressentir même aujourd'hui, après plusieurs milliers d'années.

=> On doit verser des larmes sur Nadav et Avihou, non pas par affection, mais sur le fait que notre élévation sera limitée à cause de leur départ prématuré.
Ces pleurs, le jour de Kippour, réservé à la téchouva, prouveront ainsi notre aspiration à s'élever ; et cela amènera alors au pardon de nos fautes et au salut de nos enfants.

[Dans notre processus personnel de téchouva, il faut en arriver à pleurer sur toutes les occasions manquées qu'on avait d'amener des flux de bénédictions par nos actions.
Hachem, s'il te plaît, plus jamais cette perte de potentialité qui aurait permis de faire grandir le monde entier grâce à moi! Je veux véritablement et pleinement vivre!!]

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-> "Il (Ben Azaï) m'a dit ces mots : "Quel dommage pour ce Ben Azaï de ne pas avoir fréquenté Rabbi Ichmaël" (guémara 'Houlin 71a)

Rachi de commenter : "Il s'agit d'une perte et d'un dommage pour le monde, du fait qu'un étudiant (en Torah) avancé comme moi, Ben Azaï, n'a pas fréquenté Rabbi Ichmaël."

=> Une personne qui a des possibilités et des aptitudes, mais qui ne les utilisent pas au maximum, fait subir un dommage au monde tout entier.
La perte n'est pas seulement pour lui, mais pour toute la communauté.

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-> Rachi (guémara Sanhédrin 68a) explique pourquoi Rabbi Eliézer a prédit à Rabbi Akiva une mort plus pénible que celle de ses collègues :
"car ton cœur est largement ouvert (pour recevoir un grand flux de Torah), comme un vestibule, et si tu m'avais fréquenté, tu aurais pu apprendre davantage de Torah."

Effectivement, les romains ont déchiré la chair de Rabbi Akiva avec des peignes métalliques (cf.guémara Béra'hot 61b) et ont même osé vendre sa chair au marché (cf. guémara Ména'hot 29b).
Rabbi Akiva avait un niveau supérieur à Moché, comme lui même le dira lorsqu'il sera au ciel pour recevoir la Torah : "Maître du monde, tu possède un homme d'un tel niveau, et c'est à moi que tu confies ta Torah?" (guémara Ména'hot 29b).

Rabbi 'Haïm Chmoulévitech (Si'ha 62) affirme que malgré cela, puisqu'il aurait pu s'élever encore plus dans la Torah, en fréquentant Rabbi Eliézer (alors excommunié!), et qu'il ne l'a pas fait, il a occasionné une perte spirituel dans le monde spirituel et il en a été sévèrement sanctionné (Hachem étant très pointilleux avec les tsadikim).

=> Ainsi, la nécessité de s'élever en Torah est si fondamentale qu'il n'y a pas d'excuse valable à une occasion ratée de s'élever.

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-> Quel que soit notre niveau actuel, il y a une obligation de progresser de saisir toute occasion qui s'offre à nous de s'élever.

Il n'y a pratiquement pas de limitation à notre élévation spirituelle, comme l'affirme Rech Lakich (midrach Vayikra rabba 24,9) :
"Un verset proclame : 'Tu seras constamment (rak) au-dessus (de tout)' (Ki Tavo 28,13).
L'on pourrait croire que votre niveau atteindra le Mien, ainsi le verset précise : 'seulement' (rak), ce terme limitatif précise que Ma grandeur (dit Hachem) dépassera (toujours) la vôtre.

Un autre verset proclame : "Soyez saints!" (Kédochim 19,12).
L'on pourrait croire que votre degré de sainteté atteindra le Mien, ainsi le verset précise : "car Je suis saint', Ma sainteté restera (toujours) supérieure à la vôtre."

=> Chacun a la nécessité et l'obligation de s'élever spirituellement, en permanence, au point qu'on aurait pu en arriver à nous "confondre" avec Hachem, tellement on serait élevé, et que D. Lui-même a besoin de nous préciser (par 2 fois!) qu'on ne pourra pas arriver à Sa grandeur.

Notre yétser cherche par tous les moyens à nous faire monter le moins possible, car il sait mieux que personne que nous pouvons aller très très haut.

Hachem nous pousse à ne jamais désespérer de notre apparente petitesse, car Il nous a tous créé dans ce monde de telle façon que nous pouvons arriver à Lui ressembler, par nos actions, pas à pas, jour après jour.

=> A nous d'exprimer en réalité toute cette grandeur qui se cache en nous à l'état de potentiel ...

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-> Quand la justice d'Hachem frappe ceux qui Lui sont consacrés, Il est redoutable, et glorifié (guémara Zeva’him 115a).
[D. est sévère sur l'épaisseur d'un cheveu avec les tsadikim.]
Que feront ceux qui sont remplis de fautes?

Le cœur de l’homme fond devant l’ampleur de ses fautes, qui sont trop nombreuses pour être comptées, sa culpabilité va jusqu’au ciel, et il pleure sur la mort des tsadikim.
Il se joint à la douleur de leur père Aharon, le saint de Hachem, qu’il lui arrive une chose pareille, il fait rentrer la crainte dans son cœur de pierre, il supplie Hachem et se repent, et Hachem a pitié de lui et accepte son repentir, surtout quand c’est par le mérite de ces tsadikim
[Maté Efraïm, 619]

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-> Le Messé'h Hokhma enseigne :
Yom Kippour rachète déjà parce que c’est un moment de miséricorde.
La mort des tsadikim est aussi un moment de miséricorde, D. Se réjouit de ce que vient vers Lui un tsadik pur et Il le rachète (Moed Katan 25b). Mais à la condition que ce soit comme à Yom Kippour, car la crainte de Yom Kippour est une expiation quand on le respecte, mais celui qui méprise Yom Kippour et le tient pour un jour ordinaire, Yom Kippour ne le rachète pas.
De même si l’on respecte le tsadik, sa mort est un rédemption, mais si l’on méprise le tsadik dans son cœur, sa mort ne rachète pas.

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-> "Hachem parla à Moché, après la mort des 2 fils d'Aharon" (A'haré Mot 16,1)

Rabbi David Pinto (la voie à suivre n°571) enseigne :
Pourquoi la Torah parle-t-elle 2 fois de la mort des deux fils d’Aharon, alors que ce fait a déjà été longuement et explicitement raconté dans la parachat Chémini (10,1) ...

La raison ... est pour montrer combien la mort des tsadikim est importante aux yeux d'Hachem.
Les Sages ont dit (guémara Roch Hachana 18b) qu’elle équivaut à l’incendie du Temple, c’est pourquoi elle est sans cesse évoquée devant Hachem, en particulier quand ils disparaissent en tant que sacrifice et expiation pour les juifs, parce que ceux-ci doivent en tirer la leçon pour toutes les générations ...

C’est pour cela qu’on lit aussi ce passage de la mort des fils d’Aharon à Yom Kippour, pour nous montrer que non seulement la mort des tsadikim est un rachat, mais que l’évocation de leur mort est aussi un rachat pour toutes les générations.
En effet, on ne peut pas se fier uniquement au repentir, car qui peut se porter garant que ce repentir vient vraiment du fond du cœur?
En plus de la sainteté du jour, on s’efforce donc que le peuple entende parler de la mort des tsadikim et les pleure, ainsi il leur sera pardonné.
Et sur quiconque se lamente de la mort des tsadikim, Hachem : "Ta faute a été enlevée et ton péché est expié" (Yéchayahou 6,7).

D’après cela, on comprend également pourquoi ils ont apporté un bouc en expiation et non une autre bête.
En effet, le bouc [Azazel] pour Hachem vient apaiser le Créateur pour qu’Il se souvienne de la mort des tsadikim et que par leur mérite Il pardonne les réchaïm d’Israël qui ont commis des fautes. Et aussi qu’Il pardonne à ceux qui sont considérés comme des tsadikim.
En effet, on sait qu’il n’existe pas de tsadik sur terre qui ne fasse que du bien sans jamais fauter (Kohélet 7,20), et qui sait s’il ne s’appelle pas racha aux yeux de D., bien qu’il soit considéré et se considère lui-même comme un tsadik?
Car Hachem se montre extrêmement exigeant (littéralement : jusqu’à l’épaisseur d’un cheveu, ké’hout asséara) avec ceux qui Lui sont le plus proche (guémara Yébamot 121b).
C’est pourquoi le "bouc" (séïr) vient racheter les fautes qui sont considérées comme telles par ce jugement de "l’épaisseur d’un cheveu (séara)".
Maintenant, on comprend pourquoi il fallait justement des boucs et non des moutons ou d’autres animaux.

Si l’on veut demander pourquoi Sa sagesse a accepté que la mort des tsadikim rachète les bnei Israël, il faut dire qu’en fin de compte, le tsadik quitte ce monde le moment venu, ainsi qu’il est dit : "La fin de l’homme est de mourir" (guémara Béra'hot 17a), et pour que sa mort ne soit pas en vain, la sagesse Divine a décrété qu’elle rachète les juifs.
Or quand les juifs se repentent, c’est par amour, les fautes volontaires deviennent pour eux des mérites, et comme c’est la mort du tsadik qui a provoqué leur repentir, il devient associé aux mérites qui sont apparus pour la communauté d’Israël ...
C’est ce qu’ont dit les Sages (guémara ‘Houlin 90b) : "Les tsadikim sont plus grands dans leur mort que dans leur vie". Cela veut dire que par leur mort, ils méritent que les fautes de toute la communauté d’Israël soient rachetées, en conséquence de quoi tout le monde se repent [par amour] et les fautes délibérées deviennent des mérites, donc les tsadikim ont une part dans cette récompense, et ils continuent à s’élever dans le monde à venir [et ce à chaque fois que l'on se rappelle d'eux!]."

"Tu désireras ton mari, mais c'est lui qui dominera" (Béréchit 3,16)

=> En quoi consiste exactement cette malédiction pour 'Hava?

-> Le Nétsiv (haEmek Davar) explique la malédiction d'une manière qui nous éclaire sur la dynamique d'une femme. Les hommes ont le sens de l'indépendance. Ils peuvent continuer à vivre même s'il y a des gens avec qui ils ne peuvent pas s'entendre. Ils peuvent toujours garder leur propre estime de soi.
Ils peuvent être indépendants. Même en ce qui concerne la relation d'un homme avec sa femme, lorsqu'il est insulté, il peut encore rebondir, parce qu'il connaît sa valeur personnelle.

Cependant, Hachem a créé les femmes différemment. Hachem a maudit 'Hava pour qu'elle cherche toujours à trouver grâce aux yeux de son mari. Si elle ne se sent pas valorisée aux yeux de son mari, son estime de soi s'effritera. Elle ne peut pas créer sa propre valeur. Le respect de son mari à son égard est essentiel.
Elle doit se sentir désirée et respectée.
Existe-t-il une plus grande malédiction que celle-là, ne pas avoir de valeur personnelle indépendante, voir sa valeur personnelle dépendre de la façon dont les autres la perçoivent?

-> Le Steipler écrit dans une lettre aux avré'him que les femmes deviennent physiquement malades si elles ne se sentent pas dignes. Certains hommes ne comprennent pas pourquoi leur femme ne semble pas être dans son assiette ou se sent toujours malade. Il est possible qu'il ne s'agisse pas d'une maladie physique, mais d'une maladie émotionnelle.

-> Le rav Don Segal a été interrogé au sujet d'une femme qui ne pouvait pas se lever du lit. Il a dit au mari de commencer à complimenter sa femme sur de petites choses tout au long de la journée. En peu de temps, sa femme est redevenue normale. Quel est le secret? Il n'y a pas de secret. Depuis le début, sa maladie était due à un sentiment d'abattement, et non à une affection physique.

-> Ra'hel a appelé son premier fils Yosef. Rachi explique (Vayétsé 30,23) qu'avant qu'elle n'ait un enfant, son mari la blâmait pour tout incident survenu dans la maison, et que maintenant, avec Yosef à ses côtés, elle pouvait lui reprocher certains incidents.
Est-ce la raison pour laquelle Ra'hel attendait si longtemps un enfant, afin de lui faire porter le chapeau?
En gardant à l'esprit l'explication selon laquelle une femme dépend tellement du respect de son mari que, sans lui, elle a l'impression de ne rien valoir, nous pouvons comprendre Rachi. Elle a besoin de ce respect plus que tout, et si quelque chose venait à le menacer, elle se sentirait inutile.

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[par ailleurs, selon nos Sages, si tu décharges ta femme de sa malédiction : "mais c'est lui qui dominera", elle la respectant et l'honorant comme une reine, alors Hachem te déchargera de ta malédiction : "tu mangeras à la sueur de ton front", en te donnant plus facilement ta subsistance, ainsi que pleins d'autres bénédictions. ]

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+ La compassion :

-> Le fait qu'un homme sache que sa femme dépend de lui devrait lui inspirer de la compassion. Puisqu'elle dépend de son mari, il ne peut pas la laisser tomber. De la même manière, nous disons souvent dans la prière que nous dépendons d'Hachem, et seulement d'Hachem, pour notre salut.
Lorsque nous montrons à Hachem que nous dépendons de Lui, et de Lui seul, Hachem se sent obligé de prendre soin de nous. Un homme devrait ressentir la même chose pour sa femme.

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+ Mauvaises épouses :

-> Le rav Its'hak Sher dit : Nous constatons souvent que certains hommes ont ce que l'on pourrait appeler de "mauvaises" épouses.
Il a demandé : "Qui a fait en sorte que ces femmes soient comme ça? Leurs maris."

Ils ne connaissent pas le Rambam (Hilkhot Ichout 15,19) qui dit qu'un mari doit respecter sa femme plus qu'il ne se respecte lui-même et l'aimer comme il s'aime lui-même.
Parfois, un mari peut se sentir victime. Il peut s'apitoyer sur son sort et sa situation, alors qu'en réalité, c'est lui le coupable. Il ne traite pas sa femme comme elle a besoin d'être traitée.

-> En réalité, ce Rambam nécessite des explications supplémentaires.
Qu'un homme aime sa femme comme il s'aime lui-même est compréhensible, surtout si l'on se réfère au fait qu'elle est une partie de son mari ; par conséquent, il doit l'aimer de la même manière qu'il s'aime lui-même. Mais qu'est-ce que cela signifie qu'un mari doit respecter sa femme plus qu'il ne se respecte lui-même?
Le Maharcha (guémara Yébamot 62b) explique que cela signifie qu'il devrait lui acheter des vêtements plus beaux que ceux qu'il s'achèterait à lui-même.
La plupart d'entre nous ont la mentalité suivante : "Ce qui est bon pour moi est bon pour toi". Nous jugeons ce dont les autres ont besoin en fonction de nos propres besoins.
Ce n'est pas le cas dans le mariage. Un mari doit juger ce dont sa femme a besoin en fonction de ses besoins à elle et non en fonction des siens.

"Les Bné Israël se trouvaient dans le désert et découvrirent un homme qui ramassait du bois le jour du Shabbat" (Chéla'h Lé'ha 15,32)

-> Nos Sages (voir Tossafot Baba batra 119b) disent que le ramasseur de bois avait transgressé le Shabbath pour l'amour du Ciel. Son objectif était de faire connaître le fait que, bien que D. ait décrété que le peuple juif mourrait dans le désert, il était toujours obligé d'observer la Torah et les mitsvot.

Cela semble étonnant. Comment cette explication justifie-t-elle la profanation du Shabbath?
Nos Sages (guémara Shabbath 105b) expliquent cependant que celui qui, le Shabbath, effectue un travail dont le résultat n'est pas nécessaire est exempt de punition.
Ici aussi, l'individu n'a pas ramassé le bois parce qu'il en avait besoin, car il n'en avait absolument pas besoin. Au contraire, il avait à l'esprit que le nom de D. devait être sanctifié à travers lui. Par conséquent, le travail n'était pas nécessaire pour son résultat direct. Par conséquent, le ramasseur de bois n'a pas du tout profané le Shabbath.
Néanmoins, il fut tout de même lapidé parce que les observateurs ne pouvaient pas savoir quelles étaient ses intentions (dans son cœur).
[rabbi Lévi Its'hak de Berditchev - Kédouchat Lévi ]

"Quand le Suprême donna leurs lots aux nations, quand Il sépara les enfants de l'homme, Il fixa les frontières des peuples, basé sur le nombre des Bné Israël. Car ce peuple est la part de Hachem ; Yaakov est la mesure de Son héritage" (Haazinou 32,8-9).

-> Le Targoum Yonatan ben Ouziel (Haazinou 32,8-9) et les Pirké DéRabbi Eliézer (chap.24) en donnent l'explication suivante :
A l'époque de la Tour de Babel, Hachem fut mécontent de l'humanité en tant qu'unité et Il décida de diviser les peuples du monde en nations individuelles. Puisqu'il y aurait finalement 70 personnes [juives] qui descendraient en Egypte avec Yaakov, Hachem choisit de créer 70 nations différentes. [c'est le sens de : "Il fixa les frontières des peuples, basé sur le nombre des Bné Israël"]
Hachem rassembla ensuite tous les anges de service et lança une sorte de loterie. Chaque ange choisirait une nation dont il serait responsable et qu'il superviserait. Hachem inscrivit 71 noms pour la loterie (peuple juif et les 70 autres), et chaque ange en tira un au sort.

Quand vint le moment pour Hachem de désigner Sa nation, il choisit Avraham et ses descendants : "Hachem sélectionna le peuple juif" (ki 'hélék Hachem amo Yaakov 'hévél na'halato).
Et Hachem fut ravi du choix qu'Il fit à la loterie, comme il est dit : "Ma part est une part agréable" ('havalim naflou li banéimim - Téhilim 16,6).
L'ange Mikhaël félicita ensuite Hachem pour Son choix. Une fois les 70 nations sélectionnées, Hachem conféra à chacune d'elles une langue différente. Chaque nation avait son ange gardien, et le peuple juif devint la part d'Hachem.

Davantage de dépendance à Hachem en terre d’Israël

+ Davantage de dépendance à Hachem en terre d'Israël :

-> En terre d'Israël, la Providence Divine (hachga'ha) est ressentie plus vivement que dans n'importe quelle autre terre. En fait, nous constatons que ce phénomène a été le motif profond derrière la faute des explorateurs (méraglim).
Ils comprenaient que l'implication d'Hachem dans leur vie personnelle augmenterait lorsque les Bné Israël atteindraient terre d'Israël et ils cherchaient à éviter cela, comme nous allons l'expliquer.

Le verset dit : "Vos cadavres resteront dans ce désert, vous tous qui avez été dénombrés, tous tant que vous êtes, âgés de vingt ans et au-delà, parce que vous vous êtes plaints contre Moi.
Vous n'entrerez pas dans la terre sur laquelle J'ai levé la main en jurant de vous y installer, à l'exception de Kalev ben Yéfouné et de Yéhochoua bin Noun" (Chéla'h Lé'ha 14,29-30).

Le Nétsiv de Volozhin se demande pourquoi la Torah mentionne-t-elle dans ce verset que Yéhochoua et Kalev ne faisaient pas partie de la rébellion. Après tout, leur absence d'implication dans la faute des méraglim est claire dès le début du passage, qui décrit en détail comment ils ont essayé de calmer la rébellion et de parler du grand mérite d'hériter de la terre d'Israël.
Le Nétsiv donne une réponse surprenante à cette question. On aurait pu penser que malgré leurs bonnes intentions, Yéhochoua et Kalev étaient en fait complices de la rébellion.

Le Nétsiv suggère que la principale plainte de la nation était qu'elle ne voulait pas que ses moyens de subsistance dépendent directement d'Hachem.
Ils ne voulaient pas d'une relation aussi intense avec Lui, dans laquelle ils devraient compter sur Lui seul pour leur subsistance.
Lorsque Yéhochoua et Kalev ont dit aux Bné Israël (v14,9) : "Ne vous rebellez pas contre Hachem. Vous ne devez pas craindre le peuple de ce pays, car il est notre pain", ils transmettaient le message qu'en terre d'Israël, la bataille pour la terre dépendrait principalement de l'aide divine plutôt que de leur propre capacité à se battre.
Lorsque le peuple entendit cela, il n'apprécia pas l'idée d'être aussi dépendant d'Hachem et sa rébellion ne fit que s'intensifier.

La Torah nous dit que, bien que la réponse de Yéhochoua et de Kalev ait attisé la rébellion au lieu de l'étouffer, ils avaient fait ce qu'il fallait en soulignant la vérité sur la Terre sainte.

Nous voyons donc que le véritable motif de la rébellion des méraglim était leur prise de conscience du fait que ce n'est qu'en terre d'Israël qu'une personne a une relation aussi étroite et intime avec Hachem, ce qui la rend constamment dépendante de Lui.
Les espions (méraglim) trouvaient cela trop intimidant pour être supporté.

Ne pas s’attrister sur nos niveaux spirituels avant de prier

+ Ne pas s'attrister sur nos niveaux spirituels avant de prier :

-> La paracha précédente (Dévarim 3,22) se termine par ces mots : "Ne les craignez pas, car Hachem votre D. combattra pour vous".
La Torah poursuit ensuite en disant que Moché a prié Hachem à ce moment-là.

Le Tiféret Shlomo explique le lien entre ces 2 versets en disant que la Torah nous enseigne comment prier correctement. Lorsque le yétser ara voit qu'une personne est sur le point de commencer, il tente de l'en empêcher en la persuadant qu'elle est trop fauteuse et trop basse pour parler à Hachem.

Il faut ignorer cette affirmation. Lorsqu'on prie, il ne faut pas penser à sa bassesse spirituelle. Il ne faut pas s'attrister de nos fautes passées. Il faut plutôt les oublier et se concentrer sur nos prières.
On peut toujours revenir plus tard et faire téchouva pour ses fautes, mais ce n'est pas le moment d'y penser.
Le Tiféret Shlomo ajoute que cette idée est suggérée par les paroles de nos Sages : "én ma'avirim al hamitsvot", ce qui signifie qu'il ne faut pas penser à ses fautes pendant qu'on accomplit des mitsvot.

Il ajoute que c'est la raison pour laquelle nous récitons les "Pessouké DéZimra" au début de la prière.
Si les mots "Pessouké DéZimrah" signifient littéralement "versets de louange", le mot "zimra" peut aussi signifier "élaguer" ou "couper". Cela indique que nous utilisons ces prières pour nous débarrasser des forces impures qui nous entourent, en préparation à la prière de la Amida.

Par conséquent, les versets peuvent être interprétés comme Hachem nous disant de ne pas craindre les forces du mal qui tentent de nous perturber et de nous empêcher de nous approcher de Lui pour Lui parler. Nous n'avons rien à craindre, car Hachem les combattra pour nous, afin que nous puissions L'approcher par la prière et L'implorer pour nos besoins. Et Il entendra nos prières.

Il est dit, au nom des tsadikim, que le yétser ara ne tente jamais de rappeler à quelqu'un ses fautes alors qu'il est en train de manger ou de boire. Elle ne lui dit jamais qu'il est indigne de savourer son repas. Il n'intervient que lorsqu'une personne prie, afin de l'en empêcher. C'est la preuve qu'il cherche simplement à le tromper et à le duper pour qu'elle ne prie pas.

Rabbi Na'hman (Si'hot haRan 299) enseigne : "En donnant vingt pour cent de ses revenus à la charité, on accomplit la mitsva" (Vaét'hanan 6,5) : "Tu aimeras Hachem, ton Dieu, avec toutes tes possessions".