"L'incroyance est un lourd fardeau pour l'homme et une grande souffrance.
Au contraire, le croyant jouit d'un soutien fort et stable ; sa vie est plus légère, car chez lui, tout est fondé et renforcé par sa foi, alors que le non croyant traîne la charge de doutes et d'hésitations qui l'accablent sans cesse."[Rabbi Na'hman de Breslev - sur Dévarim 1,12]
Catégorie : Paracha
"Si un homme fait un vœu à D." (Matot 30,3)
Le Baal haTourim fait remarquer que le mot nédarim (des vœux - נדרים) a une valeur numérique de 304, qui est la même que : "rotséa'h" (un assassin - רוצח).
Cela pour nous montrer que celui qui, ayant prononcé un voeu, ne s'y conforme pas, est considéré comme un meurtrier.
Telle est la signification de l'enseignement de nos Sages (guémara Shabbath 32b) : "Par suite de la profanation des vœux, l'homme voit mourir ses enfants en bas âge, et subit le décès de son épouse".
Source (b"h) : issu du "Talelei Orot" du rav Yissa’har Dov Rubin
"Voici les déplacements des enfants d'Israël qui quittèrent l'Egypte par groupes organisés sous la direction de Moché et Aharaon" (Massei 33,1)
Le Kétonot Or (8) cite le Midrach rapportant que, comme la délivrance d'Egypte a eu lieu par l'intermédiaire d'un homme, elle ne peut être éternelle et doit nécessairement être suivie d'un autre exil.
Dans le futur, la délivrance viendra par D. Lui-même et sera alors éternelle.
---> "Voici les déplacements des enfants d'Israël" (אֵלֶּה מַסְעֵי בְנֵי-יִשְׂרָאֵל)
Le Na'hal Kédoumim fait observer que les initiales de ces mots évoquent les 4 exils à venir :
-> Edom (אדום) = Rome, notre exil actuel ;
-> Madaï (מדי) = l'exil perse (sous A'hachvéroch) ;
-> Bavél (בבל) = la destruction du Temple par Nabuchodonosor, et l'exil en résultant ;
-> et Yavan (יון) = l'exile spirituel mené par les Grecs.
<---------------------------------->
-> "Voici les déplacements des enfants d'Israël" (אֵלֶּה מַסְעֵי בְנֵי-יִשְׂרָאֵל)
Le rav Weinberger rapporte un autre midrach disant : "élé kénéged élé" : ce "élé" (massé) vient en raison d'un autre "élé" (אֵלֶּה).
Ce midrach nous enseigne que si nous avons dû subir les 42 étapes dans le désert c'est à cause de la faute du Veau d'or.
Il est écrit : "Ils se sont fait un Veau en métal fondu, se sont prosternés devant lui et lui ont offert des sacrifices et ont dit : 'Voici les dieux, Israël (אֵלֶּה אֱלֹהֶיךָ יִשְׂרָאֵל) qui t'ont fait monter du pays d'Egypte'. " (Ki Tissa 32,8).
Le "élé" (de massé : les 42 déplacements) en réparation pour le "élé" (de la faute du Veau d'or).
Pourquoi cela?
Cette faute est venue d'un manque de émouna en Hachem, le peuple a dû alors se déplacer dans le désert car c'est un lieu où l'on est seul, où l'on n'a rien ni personne vers qui se tourner, si ce n'est Hachem : notre Père.
Le désert est un lieu vide, sans interférence matérielle pour mieux prendre conscience de la grandeur de D., c'est un lieu de tous les dangers (chaleur, serpents, scorpions, ...) dont les miracles évidents (manne, puits, nuées protectrices, climatisation, ...) permettaient de muscler notre gratitude, notre amour pour Hachem.
Quoi de mieux qu'un lieu où l'on est seul pour se rendre compte que D. est toujours présent pour nous chouchouter!
<---------------------------------->
+ Rachi sur ce verset (33,1) :
Pourquoi ces 42 étapes sont-elles énumérées?
Pour faire connaître les bontés de Hachem.
Car s’il est vrai qu’Il a décidé de déplacer [le enfants d’Israël] et de les faire vagabonder dans le désert, on ne peut pas dire qu’ils ont dû errer et vagabonder d’étape en étape pendant tous ces 40 ans sans jamais y trouver de repos. Car l’énumération qui va suivre porte sur 42 étapes, desquelles on en déduira 14, toutes parcourues pendant la 1ere année avant la faute des explorateurs ...
Il faut encore déduire 8 autres étapes qui ont été parcourues après la mort de Aharon, pendant la 40e année ... il en résulte que, pendant toutes ces 38 années, ils n’ont parcouru que 20 étapes ...
Quant à Rabbi Tan'houma, il propose une autre explication midrachique : Cela ressemble à un roi dont le fils avait été malade et qu'il avait conduit à un endroit éloigné pour le faire soigner. À leur retour, le père s’est mis à énumérer toutes leurs étapes : "Ici nous avons dormi, ici nous nous sommes rafraîchis, ici tu as eu des maux de tête, ..."
"On mêlera de l'eau vive dans un vase" ('Houkat 19,17)
Rav Méir Shapira de Lublin explique :
Le peuple d'Israël est comparé à l'eau, au même titre que l'eau peut se répandre et couvrir d'immenses espaces, fertiliser des déserts, ébranler des montagnes, creuser des chemins, et ce, malgré la présence d'obstacles importants.
Quand cela se passe-t-il?
Lorsque le peuple d'Israël correspond à l'état liquide.
Mais lorsqu'il est dans un état "gelé", il n'a aucune force.
Ainsi, il en va d'Israël ; par le dynamisme et l'enthousiasme, tout est possible, mais dans une situation de gel et de froid, il est impossible d'atteindre quoique ce soit.
"Si un homme fait un vœu à D. ou s'impose par un serment une interdiction à lui-même, il ne peut violer sa parole : tout ce qu'a proféré sa bouche, il doit l'accomplir." (Matot 30,2-3)
Nos Sages ont exprimé leur opposition aux vœux :
-> "L'homme qui prononce un vœu est comme un homme qui s'attache un collier (une chaîne en fer) au cou"
[guémara Yérouchalmi Nédarim 9,1]
-> "Toute personne prononçant un vœu, même lorsqu'elle le réalise, est nommée pêcheur"
[Rav Dimi, frère de rav Safra - guémara Nédarim 77b]
-> Rabbi Tsvi Hirch de Vadislav (père de rabbi Bounam de Pshisché) disait :
"L'homme qui prononce un vœu doit chaque fois qu'il accomplit son vœu avoir le même niveau de ferveur et d'enthousiasme qu'il avait au moment où il a prononcé son vœu.
Car, dans la plupart des cas, les promesses prononcées dans l'enthousiasme et le feu de l'action, sont par la suite réalisées la "tête froide"."
[=> Un vœu doit non seulement être tenu, mais en plus, être réalisé avec la même force qu'on a eu au moment de le faire. ]
<----------->
-> Si une personne fait le voeux de réaliser quelque chose, ses mots deviennent un commandement qu'elle se doit d'accomplir, comme si c'était une mitsva de la Torah.
Cela démontre à quel point sont importants les mots d'une personne aux yeux d'Hachem.
[rabbi Its’hak de Vorka]
"Il n'y a pas d'autre joie que le fait d'habiter en terre d'Israël"
[Or ha'Haïm - Ki Tavo (28,47) -> En sim'ha éla bichivat érets Israël ]
Hachem fait preuve de bonté même envers les réchaïm
+++ Hachem fait preuve de bonté même envers les réchaïm :
"[le Cohen dit à la femme : ] Que D. fasse de toi une malédiction et un serment parmi ton peuple, quand D. fera ..." (Nasso 5,21)
=> Nous devons comprendre pourquoi il a été ordonné au Cohen d'avertir une femme soupçonnée d'adultère : "Que Dieu te rende maudite si tu es coupable."
La Torah ne nous dit-elle pas qu'aucun mal ne vient de D.? (Eikha 3,38)
-> L'explication semble être la suivante :
Parfois, Hachem punit les réchaïm, mais Son nom n'est pas sanctifié par cette punition, par exemple, une punition a été infligée pour le mal, mais personne n'est conscient que la punition Divine a été infligée en raison d'un comportement racha.
Dans d'autres cas, D. punit les réchaïm et Son nom est sanctifié par ce châtiment, c'est-à-dire que les gens se rendent compte que le châtiment a été infligé aux réchaïm à cause de leur méchanceté.
Dans ce cas, les jugements sont en fait une bonté pour les réchaïm, puisque les réchaïm servent à sanctifier le nom d'Hachem. Leur permettre de servir dans ce rôle est une bonté, car cela permet la possibilité que leurs âmes soient ainsi élevées.
C'est également l'allusion faite dans le verset "Israël vit la grande main"(ayad aguédola - Béchala'h 14,31).
Normalement, le terme "grande main" fait allusion à l'Attribut d'amour bienveillant d'Hachem (Tikouné Zohar 55 (89a)).
Si tel est le cas, quel acte d'amour bienveillant a été accompli ici lorsque les égyptiens ont été noyés dans la mer Rouge?
Pour répondre à cette question, le verset explique : "La nation vit D.". Par conséquent, les égyptiens qui étaient punis ont servi de moyen pour sanctifier le nom d'Hachem ; en fait, il s'agissait d'un acte de bonté à leur égard.
C'est le sens profond du verset "Que D. fasse de toi une malédiction et un serment parmi ton peuple". C'était aussi un acte d'amour et de bonté pour la femme, car à travers elle, le nom de Dieu a été sanctifié et le peuple l'a craint. C'est ce que nous dit le verset : Par cette femme, le grand Nom de Dieu sera sanctifié, et ce sera donc un acte de bonté pour elle.
[rabbi Lévi Its'hak de Berditchev - Kédouchat Lévi - Nasso 5,21]
<--->
=> Même le châtiment divin d'un racha est en fin de compte un acte de bonté et de bienveillance Divines à l'égard de son auteur.
L’ouverture de la mer Rouge
+ L'ouverture de la mer Rouge (par le rabbi de Berditchev) :
-> Dans tous les mondes, du plus haut au plus bas, la lumière et la vitalité sont continuellement puisées dans le Créateur béni, à chaque instan, afin de soutenir leur existence. Car si cette lumière et cette vitalité cessaient d'animer les mondes, ne serait-ce qu'un instant, à D. ne plaise, ils cesseraient tous d'exister et seraient comme s'ils n'avaient jamais existé. Comme le dit le Zohar (tikouné Zohar intro 17a) : "Si Tu t'éloignais ne serait-ce qu'un instant, ils cesseraient d'exister".
C'est pourquoi, à tout moment et à chaque instant, la lumière et la vitalité sont puisées, comme nous le mentionnons dans nos prières : "Celui qui renouvelle dans Sa bonté continuellement, jour après jour, l'acte de la Création" (amé'hadech bétouvo bé'hol yom tamid maassé béréchit).
Chaque chose qui existe reçoit sa lumière et sa vitalité en fonction de sa taille et de sa capacité à recevoir. Par conséquent, chaque détail de l'existence doit être continuellement soutenu, dans son essence et sa forme, tout comme il a été créé au cours des 6 jours de la Création.
Nous allons maintenant expliquer le miracle de la division de la mer Rouge. Lorsque la mer Rouge s'est fendue, elle s'est transformée en terre ferme (voir Téhilim 66,6), car la lumière et la vitalité nécessaires à son maintien à l'état liquide lui ont été retirées. À ce moment-là, sa lumière et sa vitalité sont sorties de ce monde. Par conséquent, son essence même en tant que substance fluide a cessé d'exister.
En conséquence, la mer se fendit et se fragmenta, car elle était privée de sa lumière et de sa vitalité.
[la mer se divisa en 12 chemins, un pour chaque tribu (Pirké déRabbi Eliézer 42 ; Tan'houma Béchala'h 10). ]
C'est pourquoi le miracle de la division de la mer Rouge est le plus grand de tous les miracles. Car en plus de constituer un changement de nature dans ce monde inférieur, quelque chose d'entièrement nouveau et de merveilleux, qui ne s'était jamais produit depuis la création de tous les mondes, s'est produit. Il y eut un renversement de l'ordre de descente de tous les mondes qui avait été établi dans la nature depuis l'époque de la création.
Car, comme on le sait, chaque monde a une dimension de mer et de terre ferme. De même que dans le monde inférieur, la mer physique s'est transformée en terre ferme, de même dans tous les mondes spirituels supérieurs, la dimension correspondante de la mer s'est transformée en terre ferme. Tout cela s'est produit parce que leur lumière et leur vitalité se sont élevées aux niveaux les plus élevés.
[bien que le texte n'explique pas ce que signifie "transformer la mer en terre ferme" dans un sens spirituel, l'implication est que les niveaux qui sont normalement cachés ("mer") sont devenus révélés ("terre ferme"), similaire à la façon dont les commentaires (voir Mochné Torah Méla'him 12,5) interprètent le verset : "car la terre sera remplie de la connaissance de D. comme l'eau recouvre le fond de la mer" (Yéchayahou 11,9).
[rabbi Lévi Its'hak de Berditchev - Kédouchat Lévi - Pessa'h ]
Ne voir que le bien de la terre d’Israël
+ Ne voir que le bien de la terre d'Israël :
"Laisse-moi traverser, je T'en prie, que je voie le bon pays qui est de l'autre côté du Jourdain, cette bonne montagne du Lévanon" (Vaét'hanan 3,25)
-> Le rav Ména'hem Mendel de Kotzk explique que Moché priait à Hachem que s'il méritait d'entrer en terre d'Israël, il ne devrait voir que ses bienfaits et, contrairement aux méraglim (explorateurs), il ne devrait rien remarquer de mauvais.
La raison pour laquelle nous devons nous souvenir chaque jour de la sortie d'Egypte, c’est pour intérioriser le fait que même si une personne se sent prisonnière du désir ou des ténèbres, elle ne doit pas désespérer. Elle doit faire confiance à Hachem, sachant que personne n’est plus prisonnier que les Bné Israël en Egypte, et que Hachem les en a fait sortir.
[rav Tsadok haCohen de Lublin - Tsidkat Tsadik - Pessah 24 ]