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"Quand vous viendrez en terre de Canaan, Je mettrai des plaies de Tsara'at dans vos maisons" (Métsora 14,34)

=> Pourquoi Hachem annonce-t-Il qu'Il va frapper les maisons de plaies de Tsara'at (lèpre) en terre de Canaan?

Idolâtres, les habitants de Canaan avaient construit leurs maisons au nom de leurs idolâtries. Ce qui a fait résider
l'impureté de l'idolâtrie dans leurs maisons. Lorsque les Bné Israël vont entrer en Terre Sainte et s'installer dans les demeures des Cananéens, Hachem dans Sa Bonté, et pour leur éviter de s'éloigner de Lui, ne les laissera pas vivre dans des maisons imprégnées d'impureté. Pourquoi?

Parce que l'impureté d'un lieu, influence les personnes qui y vivent.
Ainsi, Il frappera les maisons de plaies de lèpre pour qu'elles soient détruites. Elle seront reconstruites cette fois-ci au Nom de Hachem. La Sainteté de Hachem résidera dans leurs demeures.
Cela nous apprend que lorsqu'un homme est amené à construire une maison, il doit dire, au début de son projet : "Je fais cela pour le Nom de Hachem". Et de cette façon, une Sainteté Divine viendra s'y installer, apportant la bénédiction. Car tout dépend du départ. Si on sanctifie un projet, un lieu, en les réservant à Hachem dès le début, cela permettra d'y installer la Sainteté.
[d'après le Zohar]

Manger la spiritualité des aliments

Lorsqu’une personne mange, elle accomplit deux choses :
1°/ elle extrait l’essence spirituelle contenue dans la nourriture. Comme le dit le verset : "Afin de t’enseigner que l’homme ne vit pas seulement de pain, mais qu’il peut vivre de tout ce qu'Hachem décrète" (Ekev 8,3).
Ce n’est pas le pain en soi qui nourrit l’homme, mais bien la spiritualité qui imprègne la nourriture.
2°/ Le second objectif est la santé et le bien-être de la personne.
[rav Yonathan Eibshitz - Tiféret Yéhonatan - Vayéra ]

"Entrez ... dans l'Arche (téva)" (Noa'h 7,1)

Le commentaire du Baal Chem Tov sur ce verset est bien connu : l'âme descend dans ce monde, et une personne se préoccupe des nécessités de la vie, subvenant aux besoins de sa famille par le travail de ses mains. Elle se laisse envahir par le travail et les soucis de gagner sa vie, et c'est alors qu'elle peut se noyer.
Le meilleur conseil est d' "entrer dans la téva (un mot)" = Attachez-vous aux mots des prières que vous récitez et de la Torah que vous étudiez. Le mérite de cet attachement (dvékout) aux mots saints de la prière et de la Torah, dit le Baal Shem Tov, "vous, votre femme et vos enfants" seront assistés par D. dans tous leurs besoins.

Selon le Baal Shem Tov, l'attachement aux mots de la prière et de la Torah est l'un des meilleurs moyens d'atteindre les niveaux spirituels les plus élevés.
Le Baal Chem Tov dit : "L'attachement (dvékout) est la clé qui ouvre toutes les serrures."
Et ce [conseil] de s'attacher aux mots de la prière et de la Torah, s'applique à tout le monde. En effet, chaque juif, même le plus commun d'entre eux, peut faire l'expérience d'une dvékout le plus élevé.

Le Baal Chem Tov a enseigné que la foi simple et sincère avec laquelle un homme ou une femme juif ordinaire récite les Téhilim est le plus haut niveau de dvékout.
L'âme est la même pour tous. Cependant, pour les personnes éduquées et les érudits de la Torah, la dvékout ouvre les portes de la perception de la Torah.
Pour les gens ordinaires qui ne peuvent pas étudier, cela ne s'applique pas. Mais la dvékout sur les mots sacrés de la prière éveille la miséricorde Divine et apporte la délivrance à celui qui les récite.
En cela, l'homme et la femme juifs ordinaires sont égaux au plus grand sage de la Torah.
[lettre du Rabbi Yossef Its'hak de Loubavitch - citée dans Keter Chem Tov, Hossafot - Noa'h, 10]

"Ils eurent foi (vayaaminou) en Hachem et en Moché Son serviteur" (Béchala'h 14,31)

-> J'ai appris de mon maître, le Baal Shem Tov, que le terme "croyance" désigne l'attachement mystique de l'âme à Hachem.
[Toldot Yaakov Yossef - Ki Tavo ]

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-> La émouna n'est pas vraiment lorsque tout va bien, que l'on comprend et apprécie ce qu'il se passe, mais c'est plutôt lorsque les circonstances sont difficiles, qu'on ne comprend pas, que c'est dur (voir injuste), ... Malgré ces sentiments qui nous éloignent d'Hachem, on dépasse notre perception, notre compréhension personnelle d'humain, et on se jette dans la dimension du divin, on s'attache à Hachem, lui faisant confiance qu'Il gère tout pour le meilleur.

Investir le bien que nous donne Hachem, dans du bien

+ Investir le bien que nous donne Hachem, dans du bien :

"Dis aux Bné Israël qu’ils Me prélèvent une offrande (térouma) de la part de quiconque y sera porté par son cœur. Vous recevrez mon offrande" (Térouma 25,2)

-> Le rabbi de Grodzhinsk (séfer Divré Elimélé'h) explique ce verset en citant le rabbi de Berditchev (Kédouchat Lévi - Vayichla'h 32,13) : "Et tu as dit : Hétev étiv ima'h (Je ferai certainement du bien avec vous). Il explique que l'expression "hétev étiv" signifie que le bien qu'Hachem fait au peuple juif conduit toujours à davantage de bien. Par exemple, lorsque Hachem fait du bien aux juifs en leur donnant de l'argent, ils font du bien avec cet argent en donnant de la tsédaka et en faisant du 'hessed avec cet argent.

Dans le même ordre d'idées, le rabbi de Grodzhinsk explique ce verset en disant que le mot "térouma" est utilisé pour se référer à la bonté qu'Hachem donne au peuple juif. Hachem dit de "prendre pour moi" cette bonté, ce qui signifie que lorsqu'il nous donne quelque chose, nous devons le lui "rendre" en l'utilisant pour la tsédaka et la 'hessed (bonté).

Le verset poursuit en disant qu'il faut le prendre "de toute personne qui est "yidvénou libo" (sera porté par son cœur)". Il traduit cela par des personnes qui ont reçu un don de la part d'Hachem. Ces personnes, à qui Hachem a donné de l'argent, doivent le lui rendre par la tsédaka et le 'hessed.

Nous pouvons apprendre de ces mots que lorsque Hachem donne à une personne quelque chose de bon, la principale raison pour laquelle Il le fait est que cette personne doit pouvoir l'utiliser pour aider les autres. Il n'est pas censé garder l'argent enfermé à la banque. Au contraire, il est censé l'utiliser au profit de ceux qui ont besoin de tsédaka et de 'hessed.

"Ce sont là les descendants d'Aharon et de Moché" (Bamidbar 3,1)

-> La descendance principale et véritable des tsadikim réside dans leurs bonnes actions. (midrach Béréchit raba 30,60)

Si une personne saisit toute la profondeur de ce sujet, elle comprendra que c’est bel et bien vrai, non seulement dans un sens abstrait, mais aussi d’une manière très concrète, car, comme nous le savons : "Pour chaque mitsva qu’une personne accomplit, un ange (défenseur) est créé" (Pirké Avot 4,10).
Il est évident qu’un ange est supérieur à un être humain ; par conséquent, la descendance créée par les bonnes actions d’une personne est supérieure à sa descendance physique ...

"Ce sont là les descendants d'Aharon et de Moché" (Bamidbar 3,1)
Les anges créés à partir des actions de Moché et d’Aharon étaient plus grands que tous les autres anges créés à partir des bonnes actions d’autrui, et ils étaient certainement plus grands que la descendance physique de Moché et d’Aharon.
[rabbi Yaakov Abou'hatséra - Pitou'hé 'Hotam - Bamidbar 3,1]

Bamidbar – La force de l’unité

+ Bamidbar - La force de l'unité :

-> Les cinquante premiers versets de la paracha Bamidbar sont consacrés au recensement des Bné Israel par Moshé et Aharon.
Le Ramban (Bamidbar 1,3) souligne qu'au lieu de se voir dire : "tispor" (comptez), Moché et Aharon se voient ordonner : "tifkédou" (se souvenir, prendre note). Hachem leur a donc demandé de ne pas compter directement la nation, mais plutôt de collecter un demi-shekel auprès de chaque individu, prenant ainsi note de chacun d'entre eux.

Moché et Aharon ont dû utiliser cette méthode car la Torah interdit de compter directement les juifs.
Rabbénou Bé'chayé (Ki Tissa 30,12) explique que cette interdiction protège l'individu.
Lorsque des individus sont comptés et donc distingués, leurs fautes le sont aussi et ils sont susceptibles d'être punis.
En revanche, lorsqu'une personne fait partie d'un groupe, ses défauts sont moins visibles [au Ciel]. Cela est dû au fait que la nouvelle entité formée par les individus est entièrement bonne.
[ce concept est souligné par le fait que le mot "tsibour" partage la même guématria que ""לֹא הִבִּיט אָוֶן בְּיַעֲקֹב" ([Hachem] n'a pas vu d'iniquité dans [les enfants de Yaakov] - Balak 23,21). La communauté (tsibour) dans son ensemble est sans faute. ]

Le Ramban (Bamidbar 1,45) explique que grâce au fait que chaque personne est incluse dans le collectif, alors chacun en partage ainsi ses mérites.

Cette différence entre le fait d'être distingué du tsibour et celui d'être inclus en son sein a également des ramifications halakhiques.
La guémara (Avoda Zara 4b) stipule que pendant les trois premières heures de la journée de Roch Hachana, on ne doit pas faire la prière de Moussaf en l'absence de l'assemblée.
Puisque Hachem juge durant cette période, Il pourrait évaluer les actions d'un individu et rejeter sa prière. Cependant, si une personne prie avec une assemblée, les nombreux mérites de celle-ci la protégeront.
De même, les Tossafot (Roch Hachana 16a) demandent pourquoi nous continuons à prier pour la guérison et d'autres choses semblables tout au long de l'année si tout est décrété à Roch Hachana. Ils répondent que la prière communautaire peut annuler n'importe quel décret.
C'est pourquoi, explique le Zohar, lorsque le prophète Elicha a proposé d'intercéder pour la femme Shounamite le jour de Roch Hachana, celle-ci a répondu : "J'habite parmi ma nation" (Méla'him II 4,13). Elle disait : "Ne me mets pas à part, car le tsibour est encore plus puissant que la prière du prophète d'Hachem."
[rabbi 'Haïm Chmoulévitch - Si'hot Moussar, 5733:18]

-> également, sur le fait de prier avec la communauté : https://todahm.com/2016/12/27/prier-avec-la-communaute

-> Le mot "vayakél" (et il s'est rassemblé) partage la guématria que "mikvé" (soit 151), le moyen qui permet à quelqu'un de devenir pur (en s'y immergeant).
Ainsi, lorsque des individus s'unissent, une nouvelle entité pure est formée. Cet assemblage sans faute possède des pouvoirs extraordinaires.
[rav David Rosman]

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+ Se préparer pour Shavouot :

-> Le début de la paracha Bamidbar nous enseigne l'importance de l'unité. Il n'est donc pas étonnant que le Tour (Ora'h 'Haïm 428) indique que cette paracha doit être lue avant Shavouot. En fait, elle est presque toujours lue le Shabbath précédant immédiatement ce Yom Tov.
L'unité des Bné Israel est cruciale à Shavouot, lorsque nous célébrons notre acceptation de la Torah.
Avant de recevoir la Torah, "Israël campa au pied de la montagne" (Yitro 19,2). Rachi note que la Torah utilise le singulier "vayi'han" (il a campé), au lieu du pluriel "vaya'hanou" (ils ont campé), parce que les Bné Israël étaient tellement unis au mont Sinaï que c'était comme s'ils ne formaient qu'une seule personne.
Le Tossefot Rabbénou Efraïm ajoute que "bamidbar Sinaï" (dans le désert du Sinaï) a la même guématria (378) que "béshalom" (en paix).

-> Le Ohr ha'Haïm haKadoch ajoute que ce n'est pas une simple coïncidence historique que les Bné Israël aient atteint l'unité à ce moment-là. La Torah nous enseigne plutôt que l'unité est une condition préalable à la réception de la Torah.
Il est tout à fait approprié de lire cette paracha, qui met l'accent sur l'unité, avant Shavouot, lorsque nous recevons notre portion de Torah pour l'année à venir.

-> Le Bein Haftara léParacha met en avant selon l'encyclopédie Talmudis, presque chaque semaine de l'année a de multiples coutumes quant à la haftorah qui doit être lue (ex: tel passage pour les achkénazés, tel pour les séfarades). Pour les parachiyot Kédochim et Massé par exemple, il existe 10 coutumes différentes!
Cependant, il y a un Shabbat où toutes les communautés juives lisent la même haftora = c'est lors de la paracha Bamidbar.
Cette exception est peut-être la façon dont Hachem nous aide à nous unir le Shabbat qui précède Shavouot.

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+ Le kidouch Lévana :

-> L'étude de la Torah ne se limite pas à l'acquisition de connaissances. Il s'agit d'entrer en contact avec Hachem de la manière la plus profonde qui soit. Essentiellement, apprendre la Torah revient à accueillir la Ché'hina.
Par conséquent, l'unité requise pour recevoir la Torah est également une condition préalable à l'accueil de la Ché'hina. En effet, le Zohar affirme que la Ché'hina ne réside parmi les juifs que lorsque nous sommes unifiés.

Puisque la paracha Bamidbar est lue avant Shavouot, qui a lieu au début du mois de Sivan, le kidouch Lévana est récité à peu près au même moment.
La guémara (Sanhédrin 42a) dit qu'il faut se lever pour le Kidouch Lévana afin "d'honorer la Ché'hina qu'on salue".
La Guemara ajoute : "Mareimar et Rav Ashi étaient mikatfi et béniraient la nouvelle lune".
Le Yad Rama explique que ces sages âgés se tenaient debout en s'appuyant sur les katfi (épaules) de leurs assistants.

Un autre avis : selon le Bach (Tour OH 426:2), Mareimar et le Rav Ashi honoraient la Ché'hina en se tenant debout, épaule contre épaule, tout en récitant la bénédiction. Se tenir ensemble signifie l'unité, et lorsqu'une nation salue son Roi dans cet état, c'est un grand honneur pour Lui.

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+ Amener la guéouala :

-> Pour mériter la guéoula, nous avons besoin d'unité.
Le Chla haKadoch (Vayé'hi - Déreh 'Haïm To'hachot moussar 3) explique que c'était l'intention de Yaakov Avinou lorsqu'il a demandé à ses fils de se rassembler afin qu'il puisse leur révéler le moment où tous les exils prendraient fin. (Vayé'hi 49,1 - Rachi)
Il demandait à ses fils de se rassembler, de s'unir, comme condition de la guéoula.

[ Sur la base de cette explication, le Chla haKadoch résout une difficulté soulevée par les Richonim. Après la mort de Yaakov, les frères de Yossef l'informent que leur père lui a ordonné de leur pardonner (Vayé'hi 50,16).
Les Rishonim demandent où ce commandement apparaît-il.
Le Chla haKadoch suggère qu'il est implicite (dans Vayé'hi 49,1). Puisque Yaakov recherchait l'unité, il leur demandait de se pardonner les uns les autres. ]

-> Le Maharal (Nétsa'h Israël 1) note que גלה (exil) ne diffère de גאל (rédemption/guéoula) que par une seule lettre. Lorsque les juifs sont unis, cette unité est représentée par la lettre alef, dont la guématria est un, et ils sont dignes de la rédemption.
Cependant, lorsqu'ils perdent leur sens de l'unité, la lettre alef se transforme en hé. Cette lettre, dont la guématria est cinq, représente la dispersion des juifs aux quatre coins du globe et même en son centre. Lorsque nous manquons d'unité, le résultat est l'exil.

Aimer le bien, haïr le mal

+ Aimer le bien, haïr le mal :

"Si vous suivez Mes décrets, si vous observez Mes commandements et si vous les mettez en pratique" (Bé'houkotaï 26,3)

-> Le Zéra Shimshon pose la question suivante : pourquoi la Torah doit-elle dire la même chose de trois manières différentes?
À première vue, suivre les décrets d'Hachem, observer Ses commandements et les accomplir reviennent au même. Si tel est le cas, pourquoi la Torah le répète-t-elle de trois façons différentes?

Le Zéra Shimshon explique que pour qu’une personne accomplisse correctement la volonté d'Hachem, elle doit à la fois aimer le bien et haïr le mal.
Car si une personne manque d’amour pour les mitsvot, même si elle veille à ne pas fauter, elle manquera à l’accomplissement des commandements positifs de Hachem.
Il en va de même dans l’autre sens. Même si une personne aime les mitsvot, si elle n’apprend pas à haïr la faute, elle finira par tomber dans la faute.

Sur cette base, le Zera Shimshon réinterprète le verset susmentionné.

La seule façon d’en venir à "les accomplir", comme il est mentionné à la fin du verset, est d’apprendre d’abord à haïr tout ce qui s’écarte de la volonté de Hachem, "suivez Mes décrets" (détestez tout ce qui va à leur encontre), et de développer un amour pour les mitsvot, "observez Mes commandements" ; alors, en effet, "vous les accomplirez".

Ainsi, le verset ne répète pas trois fois la même idée, mais enseigne plutôt la disposition d’esprit nécessaire pour pouvoir observer correctement la Torah.

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=> Afin d'avoir l'équilibre nécessaire pour servir Hachem comme il le faut, nous devons mépriser tout ce qui va à l'encontre de Sa volonté et aimer ce qu'Il aime.

"Si ton frère s'appauvrit et qu'il te tend la main ; aide-le, soutient le ainsi que l'étranger ou le résident temporaire qui vivent avec toi. Tu ne lui prendras pas de lui ni d'intérêts, ni profits. Tu auras la crainte de ton D., ton frère vivra avec toi" (Béhar 25,35-36)

-> Le Ohr ha'Haïm haKadoch commente :
Si ton frère s'appauvrit = cela parle du "souffle Divin" qui réside en réside en nous, et veut par cela le réanimer. C'est ce que dit le verset : "si ton frère s'appauvrit" faisant appel au souffle de vie spirituel que D. a placé au fond de nous pour nous donner la vie éternelle.
L'homme qui constate qu'il ne brille pas en Torah, et n'excelle pas dans les mitsvot, c'est cela signifie qu'il s'est appauvri, car dans l'absolu la pauvreté, c'est être pauvre en Torah et mitsvot.

Et qu'il tende sa main = c'est-à-dire que sa lumière et sa majesté sont ternis. "ima'h" (avec toi) c'est-à-dire à cause de toi, du fait qu'il réside avec toi, il s'est éteint, effondré. Car sa nature est de briller et de t'éclairer jusqu'à l'autre bout du monde.

Et D. désire que tu lui rendes le souffle qu'Il t'a donné à la naissance, parfait et sans aucune imperfection au moment de quitter ce monde.
Comme il est écrit : "le souffle reviendra" (Kohélet 12,7), nos Sages interprètent que tu le lui rendras parfait comme lorsqu'Il te l'a donné.

C'est ce qu'il ordonne en disant "soutiens-le!" = c'est-à-dire lorsque l'homme s'efforce de faire téchouva, il lui redonne sa place dans les mondes spirituellement élevés. Car la seule chose qui peut raviver ce souffle et lui redonner son rôle primordial, c'est le repentir!

L'étranger et le résident temporaire = les maitres de la Kabbale nous ont dévoilé qu'il y a des âmes que D. greffe à l'homme pour des raisons particulières, cela est le secret du "ibour néchama".
Certains résident chez un homme afin de participer avec lui à l'application d'une mitsva et ainsi il mérite de réparer ce qu'elles n'avaient pas fait dans une vie précédente.
D'autres s'installent pour des raisons que seul D. connait ; de cette manière-là, ces âmes peuvent recevoir leur réparation.

C'est ce qu'écrit le verset "l'étranger et le résident temporaire, qui vivent avec toi!", faisant appel aux deux sortes d'âmes qui peuvent se greffer à l'homme, sans qu'il en soit conscient. Lorsque tu t'efforces de faire téchouva tu leur redonnes vie.

Et faut faire attention à ne pas affaiblir ce souffle et ces âmes qui sont en toi c'est ce que la Torah ordonne "ne lui prends pas" c'est le bien qui est en eux, et de quelle manière? En lui demandant des intérêts.

Et tu craindras ton D.! = car ces âmes sont une partie de la lumière divine et il faudra les rendre parfaites à Celui à qui elles appartiennent.
Il nous demande aussi "ton frère vivra avec toi !" = c'est-à-dire tu devras lui restituer en lui donnant une vitalité plus intense que lorsque tu l'as reçu. Et ce grâce au service divin auquel tu te livres.
Bien que nos sages ont dit de le lui rendre comme au moment où D. te l'a donnée, c'est cela le minimum auquel l'homme doit aspirer, mais il est de son devoir de souhaiter faire mieux encore.

"Parle aux Bné Israël : quand vous entrerez dans la Terrre, ... vous sèmerez votre champ pendant six ans" (Béhar 25,2-3)

-> Le Zéra Shimshon souligne que le verset commence au pluriel, "lorsque vous entrerez dans le pays" (ki tavo'ou él aarets), puis passe au singulier, "pendant six ans, vous semerez votre champ" (tizra sadé'ha).
Pourquoi la Torah procède-t-elle ainsi? La formulation et le temps de ces versets auraient dû rester soit entièrement au pluriel, soit au singulier, puisque Moché s’adresse au peuple juif dans son ensemble et que l’une ou l’autre formulation aurait pu convenir.

De même, il semble que la Torah ordonne à l’individu de travailler son champ, alors qu’en réalité il n’y a pas de mitsva de travailler la terre pendant les six années précédant la Chemita. La seule mitsva est que la terre doit se reposer la septième année.
Pourquoi la Torah formule-t-elle le commandement d’une manière qui donne l’impression que la mitsva inclut également le travail de la terre pendant les six années précédant la Chemita?

Le Zéra Shimshon explique cela comme suit.
Lorsque le machia'h viendra, le peuple juif n’aura plus à travailler. Son travail se fera tout seul. C’est ainsi que le monde avait été conçu avant qu’Adam Harichon ne mange de l’Arbre de la Connaissance.
De même, chaque fois que le peuple juif accomplit la volonté de Hachem, il est béni en ce que sa terre sera cultivée par d’autres en son nom (voir guémara Béra'hot 35b).
[selon la guémara (Shabbath 30b) : "Rabban Gamliel a enseigné que lorsque le Machia'h viendra, le sol de la terre d'Israël est appelé à donner des miches de pain déjà faites et des vêtements de laine fine,]

Cependant, si un individu n’agit pas comme il le devrait, il est tenu de cultiver sa propre terre. En effet, il n’a pas le droit de compter sur le même miracle que ses voisins et il ne lui est pas permis de rester les bras croisés et de faire peser ses besoins sur la collectivité. Il doit donc faire le nécessaire pour subvenir à ses propres besoins.
C’est pourquoi le verset commence au pluriel, car le repos de la terre est une mitsva pour tous. Et si le peuple juif fait ce qu’il doit faire, la terre sera toujours en état de repos, car elle accomplira son propre travail sans avoir à être travaillée par des humains ni par d’autres nations pour le compte des juifs.

Cependant, la Torah passe au singulier lorsqu’elle explique comment chacun doit cultiver son champ, car il peut en effet y avoir une personne qui est tenue de cultiver son propre champ et de ne pas compter sur la bénédiction dont bénéficie la nation dans son ensemble, puisqu’elle n’est pas juste (tsadik) ; elle est donc tenue de cultiver son champ et doit effectivement le faire.

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-> sur cette notion d'effort à faire, de Chemita & Shabbath : https://todahm.com/2016/05/08/49860