-> Le Shem MiShmouel écrit au nom de son père, le Avné Nézer : lorsque Hachem fut prêt à donner la Torah à l’humanité, Il alla de nation en nation et l’offrit à chacune d’elles. Chaque nation demanda ce que contenait la Torah et on lui répondit qu’elle renfermait un commandement qui allait à l’encontre de sa nature. C’est pour cette raison que toutes les nations rejetèrent la Torah.
Cependant, le peuple juif accepta la Torah. Le Avné Nézer demande : pourquoi Hachem ne nous a-t-Il pas également dit quelque chose qui allait à l’encontre de notre nature?
Il répond qu’en fait, Il l’a fait. La Torah contient le commandement de la hagbala, se tenir à distance du mont Sinaï au moment du don de la Torah.
(Yitro 19,12 : "véhigbalta" = Tu limiteras = Fixe-leur des barrières qui leur servent de signes afin qu’ils n’approchent pas de la limite.
voir Yitro 19,9 & Rachi : "Nous voulons voir notre roi!" (et non recevoir les 10 Commandements par un intermédiaire)] et Shabbat 87a).
Cela va à l’encontre de la nature même du peuple juif, qui est de toujours aspirer à des sommets toujours plus élevés dans la quête spirituelle.
Selon cette idée de l’Avné Nézer, nous voyons que se satisfaire de notre état spirituel actuel est une tâche difficile, mais nécessaire.
Catégorie : Paracha
"Quand tu feras le dénombrement (כִּי תִשָּׂא אֶת-רֹאש Ki Tissa Et Roch) [littéralement : "Quand tu lèveras la tête»] des Bné Israël ... pour racheter leur âme" (Ki Tissa 30,12-15)
=> Pourquoi ‘compter’ (les Bné Israël) se dit-il littéralement ‘lever la tête’?
1°/ Le mot תִשָּׂא (Tissa) a ici le sens de ‘recevoir’… Quand tu voudras ‘recevoir’ le total de leur compte, pour savoir combien ils sont, ne les dénombre pas ‘par tête’, mais chacun donnera un demi-Shékel.
2°/ Lorsqu’on compte des individus et qu’on les organise en un groupe uni, ils s’élèvent et deviennent plus importants. Le particulier qui n’est pas dénombré manque de valeur et n’a pas d’influence sur la vie communautaire.
En revanche, le particulier compté et organisé devient un membre à part entière de la communauté à un impact sur le groupe. C’est la raison pour laquelle la Thora désigne le dénombrement par l’expression : "élever la tête".
[Avné Azel]
3°/ "Moché a dit à Hachem : ‘Souverain du Monde, comment élever le front d’Israël?’
‘Quand tu feras le dénombrement’ (Quand tu lèveras la tête) [l’argent de la tsédaka], lui répondit le Seigneur"
[Baba Bathra 10b – voir Baal Hatourim].
4°/ Le verset vient nous enseigner qu’Hachem demanda à Moché d’élever la "tête" des Bné Israël, c’est-à-dire d’élever leur niveau spirituel. Il fallait réorienter leurs priorités: les préoccupations matérielles ne devaient plus être le centre de leurs attentions.
[Mayan Hachavoua]
5°/ Il y a dans ce verset l’allusion que le tsadik doit parfois quitter ce Monde avant son terme ("Quand tu lèveras la tête" signifie : "Quand Tu feras mourir [le tsadik]", comme il est dit à propos du maître-panetier : "Trois jours encore et Pharaon te fera trancher la têteָ יִשָּׂא פַרְעֹה אֶת- ראשְׁך (Issa Paro Et Rochékha) et attacher à un gibet… -Béréchit 40,19), afin de racheter de la faute sa génération (Pour racheter leur âme). [Ohr ha’haïm haKadoch]
Aussi, le Alchikh enseigne-t-il : "Quand tu voudras nommer un dirigeant pour les Bné Israël, nomme celui qui est prêt à se donner entièrement et à sacrifier sa vie pour le peuple juif".
6°/ Chaque juif doit constamment se rappeler ses défauts, savoir qu’il n’a pas atteint la perfection et n’a encore rien accompli. Cette pensée le conduira à s’élever de plus en plus. "Quand tu feras le dénombrement כִּי תִשָּׂא אֶת-ראֹש [littéralement : "Quand tu lèveras la tête"] des Bné Israël" = si tu veux élever les Enfants d’Israël dans la voie du judaïsme, apprends-leur à «dénombrer (Lifkoudéhem לִפְקֻדֵיהֶם )» leurs défauts et ce qui leur manque (Nifkad נִפקָד).
[Ohr Pné Moché]
7°/ Compter les Béné Israël c’est leur donner une importance, comme l’enseigne la guémara (Bétsa 3b) : "Une chose qui se compte ne s’annule pas".
Puisque le Peuple Juif constitue un seul corps dont la tête est Moché (ceci est vrai dans chaque génération), le compte des Béné Israël confère alors une élévation à leur "tête" (Moché).
Aussi, le midrach (Tan’houma Ki Tissa 3) enseigne-t-il : "Moché enseigna la Torah à tous les membres d’Israël et les éduqua aux mitsvot. Il leur donna l’ordre des sections hebdomadaires de la Torah qu’ils liront chaque Shabbath, chaque premiers jours du mois et à chacune des fêtes. Eux mentionneront Moché à l’occasion de chaque paracha.
Au sujet de la paracha de Shékalim (début de Ki Tissa), Moché dit : ‘Maître du monde, quand je décèderai, on ne me mentionnera plus’. Hachem lui répondit: ‘Par ta vie! De même que tu es bien là aujourd’hui, que tu leur donnes la Paracha de Chékalim et que tu relèves (Zokef) leurs têtes, il en sera ainsi chaque année quand les Enfants d’Israël liront devant Moi la paracha de Shékalim, comme si tu te tenais toi-même à ce moment et que tu relevais leurs têtes’. D’où le savons-nous? Du fait qu’il est écrit: ‘Ki Tissa Et Roch Béné Israël’ [Quand tu procèderas au dénombrement des Enfants d’Israël]. Il n’est pas dit ‘Tissa’ [Dénombre], mais ‘Ki Tissa’ [sous-entendu au futur]."
"Car c'est un peuple à la nuque raide (am kessé oréf ou), tu leur pardonneras" (Ki Tissa 34,9)
=> Comment comprendre ce verset ? En quoi le fait d'avoir la nuque raide, d'être entêtés et de n'écouter personne, devrait justifier qu'Hachem leur pardonne leurs fautes ? Cela paraît incompréhensible!
-> En fait, ce défaut que Moché a pointé, celui de l'entêtement et de la raideur, constitue justement la plus belle qualité du peuple juif. Ce peuple qu'Hachem aime tant, Il acceptera volontiers de lui pardonner toutes les fautes.
En effet, Hachem souhaite avoir un peuple qui acceptera Sa Royauté, Le serve, et accomplisse toutes Ses mitsvots. Or, le monde dans lequel l'homme vit est hostile à tout cela. Le monde comporte tellement d'épreuves.
D'une part, il y a toutes les tentations qui détournent le coeur du Chemin de Hachem. D'autre part, il y a toutes les difficultés qui compliquent énormément le Service Divin telles que la jalousie des nations, les problèmes de subsistance, le jugement des autres qui peuvent dédaigner celui qui se conforme à la pratique de la Torah. Sans compter le fait que devoir accomplir 613 mitsvot demande un courage exemplaire.
Mais qui pourrait se conformer à une telle mission? Qui pourrait surmonter toutes ces épreuves, ces tentations, ces difficultés?
Cela requiert une force, une détermination et un entêtement à toute épreuve! Il faut parfois déployer une énergie et un courage pour aller contre vents et marées, contre tout son environnement. Ne se laisser impressionner par aucune difficulté, ne s'émouvoir d'aucune humiliation, ne s'arrêter devant aucune appréhension.
Hachem a choisi le peuple juif pour cette mission, car Il sait que seul ce peuple a cette force. Il est prêt à avancer peu importe les doutes et les difficultés. Même quand le bon sens, la logique et les règles de la nature imposent qu'il faudrait raisonnablement renoncer, le voilà encore en train d'espérer, et de continuer dans sa voie. L'entêtement qui est le propre du peuple juif , garantit la réussite de ce défi si ambitieux et si difficile que d'être le peuple d'Hachem. Et suivre cette voie, peu importe les circonstances. C'est pour cela qu'Hachem l'a choisi.
Certes, cette qualité mène aussi à ses plus gros problèmes : le voilà en train de faire un veau d'or, ou se "révolter" contre son Créateur. Mais malgré tout, cette force-là, quand elle est bien utilisée, c'est celle qui lui donne la force de réussir dans tous ses projets, et qui assure qu'il pourra rester fidèle à Hachem, même contre toute logique.
"Tu rempliras la main de Aharon et la main de ses enfants" (Tétsavé 29,9)
=> Ce verset traite de l'inauguration et de l'introduction de Aharon entouré de ses enfants pour servir dans le Michkan. Pourquoi la Torah qualifie-t-elle cette inauguration avec la métaphore de "remplir les mains"?
-> Rabbi Lévi Its'hak de Berditchev (Kédouchat Lévi) répond :
Les plaisirs physiques et matériels sont simples à obtenir. Les plaisirs spirituels en revanche, demandent bien plus d'efforts et de temps pour être appréciés. Mais la qualité du plaisir spirituel est inégalable à celle des plaisirs matériels.
D'une part, le plaisir matériel, ne profite qu'au corps. Il est plus limité dans son intensité et entraîne souvent déception, insatisfaction et frustration. Selon l'adage, si l'homme a acquis cent, il voudra 200.
D'autre part, le plaisir matériel ne profite qu'à la personne qui l'obtient. Seul, celui qui mange une belle pomme pourra en apprécier la saveur. Ce plaisir alimente l'Ego de l'homme et l'enferme sur lui-même. En revanche, le plaisir spirituel, celui de s'améliorer dans sa personnalité, rapproche l'homme de Hachem qui est Infini.
A chaque fois qu'un homme sera en contact avec l'infini, il éprouvera ce plaisir, et ne ressentira pas de manque.
Par conséquent, "remplir les mains de l'homme avec les plaisirs spirituels" sera un réel plaisir éprouvé.
Lorsque Moché s’est apprêté à introduire les Cohanim dans leur fonction, celle de servir Hachem et de s'approcher de Lui, Hachem a dit : "Tu rempliras les mains..." Pour bien insister sur cet acte : le Service Divin est la seule chose qui remplit les mains de plaisirs pour ceux qui s'y engagent. Même si il faut fournir des efforts, et que le ressenti de ce plaisir n'est pas immédiat, il faudra apprendre à être patient, et attendre le temps pour se désaccoutumer de l'attachement aux plaisirs matériels.
"Tu placeras... la Ménora face à la table, sur le côté sud" (Térouma 26,35)
=> Pourquoi la Torah trouve-t-elle nécessaire de créer un lien entre la Ménora et la table? Pourquoi ne se contente-t-elle pas d'indiquer simplement l'emplacement de la Ménora, en disant : "Tu placeras la Ménora sur le côté sud"?
En fait nos Sages nous apprennent que la Ménora est le vecteur de la sagesse, alors que la Table est celui de la richesse.
Ainsi, l'homme qui s'investit dans ses occupations matérielles et s'attelle à s'enrichir, pourrait penser que dans le temps qu'il consacre à son travail, il peut suspendre momentanément son lien avec la Torah. Pendant la temps du travail, il est au travail. Quand viendra le temps de s'occuper de ses devoirs religieux, il s'y consacrera alors. Il y a un temps pour tout.
Aussi, pour éviter cet écueil, la Torah prend soin de nous apprendre que la Ménora devait être placée face à la table. La sagesse de la Torah ne doit pas rayonner que dans les moments réservés à la spiritualité. Elle a aussi pour vocation d'éclairer l'homme même dans le temps où il se consacre à ses occupations matérielles. Le Service Divin est une affaire à temps plein. Chaque activité du juif devrait être dirigée selon la Volonté Divine.
Cela s'exprime tout d'abord par le fait qu'il devra veiller à respecter toutes les lois relatives au travail. Les lois liées à l'honnêteté (s'éloigner de tout vol ou mensonge), ainsi que les lois relatives au respect d'autrui, que l'on devra s'efforcer de préserver même en matière de commerce. Le fait de chercher à s'enrichir ne permet en rien de manquer de respect à son prochain d'une quelconque façon que ce soit.
Également, on oubliera pas les lois de bienfaisance, en réservant une part de notre salaire pour la charité.
Il devra aussi être éclairé de la lumière de la sagesse de la Torah pendant son temps de travail. Dès que cela lui sera possible, il cherchera toute occasion pour étudier un texte de Torah, ou même y méditer pendant qu'il s'affaire à son travail. L'un n'empêche pas l'autre. C'est d'ailleurs le sens de la Michna : "Belle est la Torah avec un métier". La Torah étant évidemment prioritaire sur le métier, on se serait plutôt attendu à entendre : "Beau est le métier avec la Torah", positionnant par là la Torah comme la base!
Mais nos Maîtres ont voulu suggéré que non seulement l'étude de la Torah est importante pendant les moments réservés à l'étude. Mais qu'en plus, cet étude est ô combien belle quand elle est réalisée "avec un métier", c'est-à-dire au moment même où on est occupé par sa profession. Même dans ce moment, on tâchera de rester connecté avec la Torah.
Si un homme se comporte ainsi et éclaire ses occupations matérielles par la lumière de la Torah, cela attirera vers lui la Bénédiction Divine, Qui lui accordera la réussite dans ses affaires.
[rav Mikaël Mouyal]
"Dis aux Bné Israël : Qu’ils prennent pour Moi une Offrande" (vayikrou li térouma - וְיִקְחוּ לִי תְּרוּמָה - Térouma 25,2)
=> Quel est le sens de ces mots?
On peut citer :
1°/ Nos Sages affirment que chaque fois que D. prononce dans la Torah le mot "Li" (לִי - pour Moi), cela constitue une promesse éternelle, valable aux temps présents et aux temps Messianiques.
Ainsi, les éléments suivants ont-ils le privilège de l’éternité (midrach Tan’houma) :
a) Les Cohanim : "Ils seront des prêtres pour Moi" (Chémot 40,15).
b) Les Léviim : "Les Léviim seront à Moi" (Bamidbar 8,14).
c) Le peuple juif : "C’est à Moi qu’appartiennent les Bné Israël" (Vayikra 25,55).
d) Le Sanhédrin : "Rassemble pour Moi soixante-dix hommes parmi les anciens" (Bamidbar 11,16).
e) La terre d’Israël : "Car la Terre est à Moi" (Chémot 19,5).
f) Jérusalem : "C’est la ville que J’ai choisie pour Moi" (Mélah'im I 11,36).
g) La Royauté de David : "Car c’est un de ses fils qui sera roi pour Moi" (Chmouël I 16,1).
h) Le Temple : "Ils construiront pour Moi un Sanctuaire" (Chémot 25,8).
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2°/ Rachi commente les mots "pour Moi" : "li lichmi" (לִי לשְִׁמיִ - Pour moi), à Mon intention (pour Mon Nom).
3°/ "L’intention (la kavana) d’accomplir le Commandement uniquement parce que c’est la Volonté de D., pour Mon Nom, est supérieure à toutes les intentions, aussi profondes soient-elles".
[‘Hidouché haRim].
4°/ "Généralement, l’argent est quelque chose de bas mais si on le donne dans un but important (‘pour Mon Nom’), il s’élève à un niveau supérieur. Nos Sages disent : ‘Prendre signifie soulever (ou élever)’, et c’est pourquoi le verset emploie le mot : ‘Qu’ils prennent [qu’ils élèvent] pour Moi une Offrande’ et non : ‘Qu’ils me donnent une Offrande’» [Si’hot Tsaddikim].
5°/ Le Sfat Emet commentait ainsi le verset : "A Moi est l’argent, à Moi est l’Or, dit Hachem Tsévaot" (‘Hagaï 2,8) : "Hachem a-t-il besoin de se vanter que l’argent et l’or Lui appartiennent? Qu’est-ce qui ne Lui appartient pas?
En fait, Hachem enseigne au peuple juif que sa mission consiste à faire que l’argent et l’or soient ‘à Moi’, c’est-à-dire à les élever à D. par l’accomplissement des Commandements."
6°/ La lettre "Lamed" est la plus grande lettre de l’alphabet hébraïque ; elle symbolise l’immensité du ciel, tant sur le plan physique mais surtout dans sa dimension métaphysique : le monde spirituel du divin.
La lettre "Youd" est la plus petite lettre de l’alphabet ; elle symbolise la petitesse de la terre au regard de l’univers mais aussi la dimension limitée de l’homme.
La construction du Sanctuaire pour Hachem (Li - לִי – pour Moi) consiste à "marier" ces deux "Mondes" pour révéler l’unicité de D. dans Sa Création.
L’homme, de par sa nature, constitué à la fois d’un corps matériel et d’une âme spirituelle, est le mieux à même à réaliser un tel projet.
[d'après le Ben Ich ‘Haï]
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-> "Ils prendront pour Moi un prélèvement" (Térouma 25,2)
-> Rachi explique que ces offrandes que les Juifs devaient apporter pour la fabrication du Michkan devaient être offertes "pour Moi", c'est a dire "pour Mon Nom", à savoir épuré de tout intérêt personnel. Uniquement dans le but et l'intention de faire résider la Présence d'Hachem parmi eux.
Parfois il arrive que l'on accomplisse une mitsva avec un certain intérêt personnel, dans l'espoir de récolter une récompense, une réussite que l'on attend. Ce peut être dans l'intérêt de réussir dans une affaire, ou encore de recevoir de la reconnaissance des autres, ou même parce qu'on y trouve son compte, cette mitsva nous paraissant plus motivante.
Bien que dans tous ces cas, la mitsva restera valable, acceptée par Hachem et on s'en sera acquitté. Malgré tout, elle n'aura pas la force d'attirer la Présence Divine de façon dévoilée dans le monde. Le seul moyen de construire un Sanctuaire où la Présence Divine y sera ostensible, c'est d'accomplir Ses mitsvot "lichma" uniquement pour réaliser Sa Volonté et pas parce qu'on y trouve la sienne.
Quand un homme se soumet à Hachem en accomplissant Ses mitsvot, il plie par cela son "moi", qui ne fait donc plus écran au dévoilement d'Hachem. Certes ce travail est difficile, car il demande un certain renoncement de sa volonté en faveur de celle d'Hachem. Mais c'est ainsi que l'on méritera en contrepartie de ce sacrifice, d'attirer la sainteté Divine dans son coeur.
Ce qui nous permettra de ressentir Sa Proximité dans nos vies. Et il n'y a rien de plus agréable que de sentir Son coeur s'ouvrir et se rapprocher d'Hachem. C'est ainsi qu'après coup, on se rendra compte qu'en vérité, le sacrifice que l'on a fait, de renoncer à sa volonté en faveur de la Sienne, a bien valu le coût.
Le plaisir de se sentir plus proche d'Hachem dépasse de loin tous les intérêts que l'on aurait souhaité obtenir dans l'accomplissement de la mitsva. Ainsi, pour fabriquer un Sanctuaire, pour attirer la Présence Divine parmi nous, et la ressentir dans nos coeurs, les offrandes devaient être apporter "pour Hachem", en renonçant à son intérêt personnel.
C'est uniquement cet effort qu'Hachem attend de nous. Tout le reste est entre Ses Mains, de nous renvoyer en échange Ses Bénédictions, qui découleront naturellement du fait qu'Il résidera parmi nous.
[rav Mikaël Mouyal]
"Lorsqu'un homme (adam - אדם) aura sur la peau de sa chair" (Tazria 13,2)
Le Ach Pri Tévoua nous offre un beau commentaire basé sur le mot : adam.
En hébreu, les termes caractérisant un être humain (une personne) ont tous un singulier et un pluriel.
Ainsi, on a :
-> Ich (איש) qui est singulier ; et anachim (אנשים) qui est pluriel ;
-> guéver (גבר) qui est le singulier ; et guévarim (גברים) qui en est le pluriel.
-> Seul le mot: Adam (אדם) n'existe qu'au singulier.
Nos Sages (guémara Yébamot 61a) nous enseignent que c'est seulement le peuple juif qui est appelé : adam (אדם), car ce n'est que parmi le peuple juif qu'il existe un sentiment intrinsèque d'unité, qui conduit au fait que toutes les individualités de la nation se fusionnent en une seule, unifiée.
Cette guémara (Yébamot 61a), nous rapporte les paroles suivantes de Rabbi Chimon bar Yo'haï :
"Vous [les juifs] êtes appelés :"homme", tandis que les nations du monde ne sont pas appelées : "homme". "
Rabbi Meir Shapiro nous enseigne que cela n'est en rien dénigrant pour les non-juifs, mais c'est plus un état de fait, une caractéristique propre au peuple juif.
"Tous les juifs sont responsables les uns des autres" (guémara Shavouot 39a)
Le Rabbi de dire :
"Telle est la différence : certainement les non-juifs sont des personnes, mais seulement la nation juive a un sens de l'unité, et a profondément ancré en elle un sentiment de préoccupation chacun envers l'autre, qui fait que tous les individus forment un seul "homme". (ké ich é'had)
Les non-juifs sont des humains, seulement les juifs sont "un homme". "
Revenons à notre verset : "Lorsqu'un homme (adam - אדם) aura sur la peau de sa chair".
Une des causes premières de la lèpre est la calomnie, la diffamation (guémara Arakhin 15b).
La calomnie est une conséquence de la division.
Ainsi, le calomniateur remet en cause le sens du terme : adam, c'est-à-dire l'aspect d'unité propre au peuple juif.
Sa punition est la lèpre, qui nécessite sa séparation des autres, son retrait temporaire de la société.
Cela va lui donner l'occasion de contempler dans sa solitude les conséquences de sa division.
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-> "Alors que l'homme est désigné généralement pas un de ces 4 noms : ich, énoch, guéver, et haAdam, qui incluent : les juifs et les non-juifs, le nom Adam désigne exclusivement l'homme juif, d'après le verset : "Vous, Mes enfants, vous êtes désignés Adam" (Yé'hezkel 34,31)."
[Tossefot - guémara Yébamot 61a]
-> Le Maharal (Nétsa'h Israël - chap.10) enseigne :
"A la Création du monde, Adam a été créé en dernier, après toutes les autres créatures minérales, végétales et animales.
Adam vint donc parfaire la Création et devint ainsi la créature essentielle de l'existence dans le monde, jusqu'à la sortie d'Egypte.
A ce moment, la naissance du peuple juif devint la dernière création de Hachem et devint alors, au sein de l'humanité, le peuple essentiel dans le monde (am ségoula), puisqu'aucune nation n'a été créé après ce peuple.
Même les grandes nations, mentionnées avant la sortie d'Egypte telle que Amon, Moav et Essav ont précédé la Nation d'Israël. Cela justifie la dénomination Adam réservée aux Bné Israël.
-> b'h, également au sujet de l'appellation Adam :
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Lors de la traversée de la Mer rouge, un des miracles de D. était que chaque tribu traversait dans un canal qui lui était propre, et la paroi séparant chacun de ces canaux était transparent.
On peut se demander : quel en était l'intérêt?
Nos Sages de répondre qu'au sein du peuple juif, il y a un tel sentiment d'unité, d'interdépendance, que D. a fait que chacune des tribus pouvait voir les autres, afin qu'aucune n'en vienne à s'inquiéter du sort de l'autre.
=> Il y a les égyptiens à mes trousses, j'essaie de sauver ma vie, et b"h, j'arrive à fuir ... mais ma joie, mon soulagement ne peut réellement éclater que si chacun de mes autres frères juifs est aussi en train de se sauver de la mort.
"D. s'adressera à Moché et lui dit : "Voici quelle sera la loi pour le lépreux le jour de sa purification, on l’amènera au Cohen"(Métsora 14,1-2)
-> Le Maguid de Douvno enseigne :
"Lorsqu'un homme se laisse aller à la médisance, c'est, en général, parce qu'il ne se rend pas compte de la puissance de la parole.
Il se dit : je n'ai rien fait d'autre que de parler, mais je n'ai entrepris aucune action.
Or, si l'homme était conscient de l'importance considérable de la parole humaine, et s'il savait que toute parole qui porte préjudice à son prochain crée, au ciel, un accusateur aussi bien contre l'homme dont on a parlé mais aussi contre celui qui a parlé, il y a de fortes chances pour qu'il se soit gardé de dire le mal.
C'est le sens du midrach rabba :
"Ne dis pas : je vais dire du mal de quelqu'un mais personne ne les saura.
D. te dira la chose suivante : Sache que je vais envoyer un de mes anges, il t'accompagnera partout et notera tout ce que tu diras sur ton prochain".
C'est pourquoi, celui qui répand la calomnie doit savoir l'important cosmique des paroles qu'il lance dans le monde : il est frappé de lèpre : lorsqu'il est amené au Cohen, il constate qu'une seule parole de ce dernier décidera de son sort.
Tant que le Cohen ne prononce pas le mot "impur!", il n'est pas frappé d'impureté même si tout le monde peut voir qu'il est couvert de lèpre.
(Michna Négaïm, chap.3)=> Celui qui répand la médisance doit apprendre ainsi le pouvoir étonnant que possède chaque mot que l'homme émet : ceci devra le rendre infiniment plus prudent dans chacune de ses expressions.
[ Le 'Hafets 'Haïm de dire que c'est une belle illustration de l'affirmation du roi Salomon : "La mort et la vie sont au pouvoir de la langue" (Michlé 18,21) ]
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-> "Quiconque répand la mauvaise langue, est frappé de la lèpre ... car la médisance est pire que le meurtre.
Le meurtrier ne tue qu'un individu, tandis que le médisant en tue 3 : celui qui la profère, celui qui l'écoute et celui auquel elle porte atteinte."
[Midrach Tan'houma, Métsora 2]-> "D'elle [la langue] sort le bien et d'elle sort le mal.
Lorsqu'elle est bonne, il n'y a pas meilleure qu'elle, et lorsqu'elle est mauvaise, il n'y a pas pire qu'elle."
[midrach Vayikra Rabba, paracha 33]
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-> Le midrach Vayikra Rabba (paracha 16,2) rapporte l'histoire d'un colporteur qui allait de ville en ville vendant un antidote qui donne de la vie.Rabbi Yannaï voulut en acheter, et le vendeur sortit alors un livre de Téhilim est lu :
"Quel est l'homme épris de vie, celui qui aime les jours pour voir le bien?
Protège ta langue du mal, et tes lèvres de la duperie ; écarte-toi du mal et fais le bien, recherche la paix, poursuis-la" (Téhilim 34,13-14).
[...]
Rabbi 'Haggaï ajouta :
"Le roi Salomon n'avait-il pas déjà proclamé : "Celui qui surveille sa bouche et sa langue, protège son âme des tourments". (Michlé 21,23)=> C'est pourquoi Moché prévient le peuple d'Israël en leur disant : "Voici la loi du lépreux" (métsora), c'est-à-dire la loi de celui qui dit le mal (motsi ra).
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-> "Sache que la lèpre provient de la médisance, car Myriam,qui était une femme d'une grande sainteté, a été frappée de la lèpre pour avoir dit du mal de Moché.
Et c'est un signe pour tous ceux qui propagent la calomnie.
[le Sifri, 481]
-> "Ceux [qui médit de son prochain] provoque une scission entre 2 hommes (par sa médisance), c'est la raison pour laquelle la Torah dit : "Il demeurera isolé, sa résidence sera hors du camp" (Vayikra, Tazria, 13,46). "
[guémara Arakhin 16b]
-> Le rav Zalman Sorotskine explique cette guémara :
"Le médisant pense que le monde n'a été créé que pour lui, que son prochain le vole et le dépouille de tout ce qui lui appartient en propre.
La haine le ronge, la jalousie le tenaille : les autres le gênent et il n'aspire qu'à les écarter de son chemin.
Un tel individu mériterait de mourir d'une épidémie devant D., comme ceux qui médisent de la terre d'Israël.
Cependant, les cieux le prennent en miséricorde et changent sa peine : il est frappé de la lèpre, un châtiment aussi dur que la mort."
-> Rabbi Israël Salanter a dit :
"La médisance est interdite essentiellement parce que tout son but est de rechercher le mal et les tares uniquement chez l'autre.
C'est la raison pour laquelle on dit au calomniateur : "Si tu es tellement fort pour découvrir les fautes des autres, sors hors du camp, isole-toi avec toi-même jour après jour et tu pourras ainsi découvrir tes fautes et tes défauts à toi, qui ne sont pas des moindres ..."
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+ "Quand vous serez arrivés au pays de Canaan, dont je vous donne la possession, et que je referai naître la plaie lépreuse dans une maison du pays que vous possédez" (Métsora 14,34)
"Que fait D.?
Il frappe de plaies la maison de l'homme et celui-ci en sortant ses ustensiles dévoile aux yeux de tous [ses biens] et tous de parler.
N'as-tu pas prétendu : Je n'en ai rien?!
Voyez la quantité de blé dont il dispose, d'orge et de dattes ...
C'est la raison pour laquelle Moché avertit le peuple d'Israël et lui dit : Quand vous serez arrivés au pays de Canaan ... je referai naître la plaie lépreuse dans une maison du pays que vous posséderez"
[Yalkout Chimoni, Métsora, 14]
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+ "Celui à qui la maison appartient viendra et déclarera au Cohen, en disant : "Il m'est apparu comme une plaie (kénéga) dans la maison"." (Métsora 13,35)
-> Pourquoi le propriétaire devait-il dire : "Comme une plaie" et non "une plaie" ?
-> Seul le Cohen peut le faire (Rachi), et il faut s'exprimer avec modestie en disant : "Je ne suis pas sûr" (Divré David).
-> C’est que cette plaie qui a atteint la maison, préparait un grand bien puisque quand on détruisait la maison suite à la plaie, on trouvait les trésors qu’avaient enfoui les Canaanéens qui habitaient avant.
Ainsi, certes c’était une plaie, mais elle cachait un grand bien. C’était donc "comme une plaie", on pouvait croire extérieurement que c’était une plaie et un malheur, mais en vérité ce n’était pas une plaie mais plutôt un bienfait d’Hachem.
[Guélilé Zahav]
=> De même dans la vie, il ne faut jamais dire que c'est une mauvaise chose (puisque c'est forcément Hachem qui l'a décrété sur nous!), certes c'est peut être amer/désagréable sur le moment, mais au final il en découlera des trésors, une grande richesse pour notre vie.
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-> "Et Je mettrai des plaies de Tsaraat (lèpres) dans les maisons" (Métsora 14,34)
Rachi explique que les habitants de Canaan avaient caché les trésors des Hébreux, sous les murs des maisons, pour ne pas qu'ils soient retrouvés. Mais Hachem a envoyé des plaies dans les maisons, pour faire détruire les murs et que les juifs retrouvent leurs trésors. Mais on peut s'interroger. Nos Sages enseignent par ailleurs que les plaies émanaient de fautes commises.
=> Comment concilier la sanction pour des fautes avec le fait que Hachem envoie les plaies pour restituer les trésors aux Hébreux?
En fait, quand un homme faute, il renforce le mal dans le monde. Pour expier cette faute, Hachem envoie des punitions. En réalité la punition n'est rien d'autre que le Mal renforcé par la faute de l'homme. Ce même mal de cette faute se retourne contre lui pour le faire souffrir. De cette façon, ce mal se dissout et sa faute est réparée.
C'est le sens des plaies que Hachem a envoyé sur les murs des maisons. C'est le mal de la faute qui se manifeste à l'extérieur et fait souffrir l'homme.
Le Mal de la faute est ainsi désintégré. Quand l'homme voit ces plaies sur les murs, il réalise qu'il a commis des fautes graves. Et s'il décide de se repentir sincèrement, à ce moment là, la faute se transforme en mérite. Comment comprendre cela?
Quand un homme commet une faute, il investit dans cet acte des forces profondes qui relèvent de l'impulsivité de son être. Car toutes les fautes émanent des forces impulsives. Or, ces forces sont plus puissantes que les forces de la réflexion. Quand un homme commet des fautes, ces actes l'éloignent de Hachem, car ce sont ses pulsions qui prennent le dessus sur sa raison.
Ainsi, pour rétablir l'équilibre, redonner à la sagesse et la raison leur suprématie, Hachem envoie des punitions, qui, en faisant souffrir l'homme, le purifient de son impulsivité.
Mais s'il fait téchouva, s'il se repent sincèrement, profondément et décide de s'investir dans le service de Hachem, alors toutes les forces impulsives qu'il a développées en lui dans le cadre de ses fautes, vont être investies dans la Sainteté. Son Service Divin sera alors réalisé avec plus de profondeur et d'émotions. Ces forces négatives, ces pulsions non canalisées, apportent à son service Divin une dimension très élevée, lorsqu'il les investit dans la Torah.
C'est pourquoi, l'homme qui se repent est encore plus grand que le Juste qui n'a jamais fauté. Grâce au repentir profond, les plaies qui apparaissent sur les murs et concentrent le Mal investi dans la faute, se transforment à présent en trésors.
Lorsque les murs sont détruits, on y trouve des trésors de Sainteté. Ce sont les forces très élevées, emprisonnées dans le Mal du fait des fautes, qui se libèrent de cette impureté par le repentir. Alors, les plaies elles-mêmes se transforment pour devenir de grands trésors.
[rapporté par le rav Mikaël Mouyal]
L’amour de la mitsva/matsa …
+ L'amour de la mitsva/matsa ...
-> "Le peuple porta sa pâte avant qu'elle fût levée, attachés à leurs vêtements sur leurs épaules" (Chémot - Bo 12,34)
-> "Sur leurs épaules, bien qu'ils aient eu beaucoup d'animaux de bât (servant au transport de leurs biens), manifestant ainsi leur amour pour les mitsvot"
(la Mekhilta sur ce verset)
-> Le Rav Réouven Melamed (Mélits Yochèr) nous enseigne :
Nous savons que les enfants d'Israël ont quitté l'Egypte "avec de grandes richesses" (Béréchit - Lé'h Lé'ha 15,14), constituées par de l'or et de l'argent.
Ils ont pourtant chargé ces biens matériels sur leurs animaux, et ont pris sur leurs propres épaules les restes de matsa et de maror (de la nuit du Séder) .
Ces simples "restes" de mitsvot leur étaient plus précieux que l'argent et l'or!
De même que nous devons chérir toute occasion d'observer une mitsva, nous devons aussi porter dans nos cœurs tout objet qui a été utilisé pour l'une d'elles, même si elle a déjà été accomplie.
Heureux celui sert son Créateur dans la joie!"
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-> Le rav Schechter enseigne que les vêtements que les juifs ont pu prendre aux égyptiens pouvaient négativement les affecter, puisque provenant d'un environnement rempli d'impuretés, d'immoralités. Comment éviter que cela ne déteindre sur eux?
Le midrach Tan'houma rapporte que les juifs possédaient tous de très nombreux animaux. Bien qu'ils pouvaient les utiliser pour porter la matsa, ils ont témoigné de l'amour pour la mitsva en les porter sur leurs épaules.
En utilisant les habits égyptiens pour emballer les matsot, les impliquant dans la mitsva, cela a permis d'élever ces vêtements, retirant leur impact négatif, et les rendant utilisables pour la suite.
Le 'Hizkouni affirme que les juifs désiraient les luxueux vêtements des égyptiens afin de pouvoir les revêtir en l'honneur des jours de fête (Yom Tov).
Rabbénou miBarténoura ajoute que c'était peu être afin d'être mieux habillés lors du don de la Torah.
[les habits les plus impudiques, car trop courts, étaient donnés aux enfants.]
"Et si une personne faute par inadvertance ... si sa faute qu'il a commise lui est révélée, il apportera son offrande ..." (Vayikra 4,27-28)
Lorsqu'ils ont vu les ruines du Temple, Rabbi Yéhochoua a dit : "Malheur à nous. Le lieu qui expiait nos fautes est détruit."
Comme il est écrit : "Je (D.) prends plaisir à la bonté et non au sacrifice" (Ochéa 6,6). "
[ Avot déRabbi Nathan - chap.4 ]