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"Et assemble toute la communauté à l'entrée de la Tente d'assignation" (Tsav 8,3)

Rachi nous explique que c'est l'un des événements : "où un espace réduit a accueilli un grand nombre."

Le Panim Yafot fait remarquer que le parvis du Tabernacle faisait 50 coudées de côté, et donc 2500 coudées de surface (50*50).
Or, selon le recensement effectué par Moché dans le désert, les Israélites étaient au nombre de 604 550 (cf.Bamidbar 3,32), et 22 000 lévi'im (Bamidbar 3,39), ce qui fait au total plus de 625 000.

La Michna (Avot 5,5) rapporte que lorsqu'il se trouvaient dans la cour, les enfants d'Israël se tenaient serrés, et étaient au large quand ils se prosternaient.

Or, pour se prosterner, une personne a besoin d'un espace de 4 coudées sur 1.
Cela signifie que quand Moché a ordonné au peuple de se rassembler "à l'entrée de la Tente d'assignation", il fallait une aire de plus de 2 000 000 de coudées carrées (625 000 * 4), soit 1 000 fois la surface réelle du parvis.

Il est à noter que selon l'opinion de Rabbi Méir, rapportée par le Midrach (Torat Cohanim - Chémini), lors de l'inauguration du Tabernacle, Moché a béni le peuple par les termes (Dévarim 1,11) : "Qu'Il ajoute à votre nombre 1 000 fois ce que vous êtes!"

Source (b"h) : issu du "talelei Oroth" du rav Yissa'har Dov Rubin

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-> Le Méam Loez (v.8,3) enseigne :
Lorsque Hachem ordonna à Moché de rassembler le peuple à l'entrée de la Tente d'assignation (Ohel Moéd), Moché lui répondit : "Maître de l'univers! Cet endroit ne mesure que 50 coudées sur 50! Comment une si petite surface pourrait-elle contenir tout le peuple?
Nous sommes 600 000 adultes et au moins autant de femmes et d'enfants!"
En effet, la Torah dit : "La longueur du parvis sera de 100 coudées et sa largeur de 50 sur 50" (Chémot 27,18).

Hachem répondit : "Ne t'en étonne pas, Je peux prendre le firmament semblable à la membrane d'un œil et l'étendre d'une extrémité de la terre à l'autre. Je dirai à Mon prophète : "Il étend le ciel comme un rideau et l'étire comme une tente d'habitation" (Yéchayahou 40,22).
Sache que des millions d'anges étaient présents au mont Sinaï. Ici aussi, par Ma parole, cet endroit s'étirera pour accueillir tout le peuple."

Avec l'aide de Hachem, le même miracle se produira à la résurrection [des morts].
Tous les humains, depuis la création d'Adam jusqu'à la fin des temps, reviendront à la vie et se retrouveront à Jérusalem.
La superficie de la ville sainte s'étendra sur l'ordre de D., comme il est écrit : "Étends l'endroit de ta tente et le rideau de ton Michkan. Étends, ne t'arrête pas" (Yéchayahou 54,2).

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+ "Assemble toute la communauté à l'entrée de la Tente d'assignation" (Tsav 8,3)

-> Moché devait réunir tout le peuple à la porte du Michkan, lieu qui était relativement étroit. Cela nous indique qu'Hachem a réalisé un miracle et un lieu plutôt étroit a pu contenir un grand nombre de personnes.
Mais pourquoi Hachem a-t-Il fait un tel miracle?

Hachem ne cherchait pas par cela à montrer Sa Force et Son Omnipotence. Il voulait en fait enseigner une leçon : l'homme doit se satisfaire de ce qu'il a. Même s'il n'a pas tout ce qu'il veut et qu'il ne dispose pas de l'aisance et la largesse dont il désire, il doit quand même se réjouir.
C'est pourquoi, la suite du verset dit : "C'est cette chose-là qu'Hachem a ordonnée de faire" = Cette chose-là, à savoir ce message d'apprendre à se contenter de peu, Hachem a ordonné de le faire, c'est à dire d'appliquer et de réaliser dans tous les domaines de la vie cet enseignement, et pas uniquement par rapport à ce rassemblement précis ici question.
['Hatam Sofer]

"[Et Yossef nomma son fils aîné Ménaché, ce qui signifie : ] car Hachem m’a fait oublier toutes mes peines et tout ce qui était dans la maison de mon père" (Mikets 41,51).

-> Il semble que le père de Yossef l’ait formé pour qu’il soit saint et pur, afin qu’il se consacre uniquement à la avodat Hachem comme un nazir.
Yaakov pensait que la raison d’être de Yossef dans ce monde serait telle. Cependant, Hachem fit en sorte que Yossef accomplisse une mission tout à fait différente : diriger les affaires gouvernementales de l’Égypte. Il était nécessaire que Yossef oublie qu’il était destiné à être une personne sanctifiée, séparée du peuple.
Il accepta avec joie ce décret céleste ... Une fois qu’il eut intégré que cela lui avait été décrété par le Créateur, il fut alors en mesure de remercier Hachem de lui avoir accordé la force d’accepter sa nouvelle vocation : sanctifier le nom d'Hachem, sans penser qu’une telle mission était indigne de lui et qu’il aurait dû se conduire conformément à ce qu’on lui avait enseigné dans la maison de son père, c’est-à-dire mener une vie de sainteté.
[rav Moché Sternbuch - 'Hokhmah Vadaat ]

La confiance de Yossef

Le rabbi de Berditchev (Kédouchat Lévi) écrit que lorsque la Torah dit [à propos de Yosef] "et il est resté là en prison" (Vayéchev 39,20), c’est pour enseigner que Yossef n’a pas cherché à échapper à sa situation, car il avait été décrété par Hachem qu’il devait s’y trouver.
Cela est comparable au midrach (Shir HaShirim raba 1,1), qui commente le verset : "Vois un homme assidu dans son travail" (Michlé 22,29) en disant qu’il fait référence à Yossef, le louant d’avoir servi Potiphar de manière appropriée, méritant ainsi sa liberté.
Cela nécessite une explication : est-ce là un fait louable pour Yossef ? [N’est-ce pas simplement une question d’intégrité élémentaire?]
Le Sfat Emet (cité dans Sifté Tsadik) explique que la raison pour laquelle Yossef a pu servir Potiphar comme il se doit est simplement qu’il avait confiance que tout ce qui lui arrivait était la volonté d'Hachem, et qu’il acceptait les défis avec amour. S’il n’avait pas accepté la réalité et s’il avait cherché des moyens d’échapper à sa situation, il aurait immédiatement désespéré et aurait été incapable d’accomplir son travail fidèlement.
[Mi'hchat Chemen - paracha Vayéchev - p.223 ]

Yaakov et Lavan & l’enterrement de Rabbi Yéhouda haNassi

+ Yaakov et Lavan à l'enterrement de Rabbi Yéhouda haNassi :

-> Le Talmud de Jérusalem (Kilayim 89) raconte que lorsque Rabbi tomba malade et souffrit, les habitants de Tsipori promirent que celui qui annoncerait que Rabbi était mort serait passé au fil de l'épée.

Lorsque Rabbi décéda, Bar Kapara sortit la tête de la fenêtre. Sa tête était recouverte et ses habits déchirés. Il leur dit : « Les justes d'ici-bas et les archanges attrapent les Tables de la loi (allusion à Rabbi), mais ce sont les archanges qui se sont emparés d'elles ». Ils lui demandèrent :
Rabbi est-il mort? Il leur répondit: c'est vous qui l'avez découvert. Ils déchirèrent alors leurs vêtements. Le bruit qui retentit couvrit une distance de trois Milin.

Rabbi Na'hman au nom de Rabbi Mana a dit: de nombreux miracles eurent lieu ce jour-là. C'était le soir de Chabbat et tous se rassemblèrent dans les synagogues pour lui faire une oraison funèbre. Ils déposèrent son cercueil dans dix-huit synagogues et ils l'enterrèrent à Beth Chéarim. Le soleil resta dans le firmament, à savoir que le jour s'allongea, pour que chacun puisse arriver dans la maison de Rabbi, remplir un fût d'eau et allumer une bougie en son souvenir. Les gens commencèrent à souffrir de la situation. Ils se demandaient s'ils avaient ou non transgressé Chabbat. Une voix céleste sortit et dit: celui qui a peiné pour participer à l'oraison funèbre de Rabbi a le monde futur d'assuré, excepté le laveur, qui avait l'habitude de venir chaque jour chez Rabbi et qui n'est pas venu ce jour-là !

En entendant ces paroles, le laveur sauta du toit, tant sa peine était grande et il mourut ! Une seconde voix céleste retentit : « Même le laveur est invité au monde futur ! »

Le Ben Ich 'Haï (Ben Yéhoyada) soulève un problème (Kétoubot 103b) : qui a permis au laveur de se suicider ? On ne peut pas expliquer comme le Maharit qu'il sauta du toit, car il avait profané Chabbat. D'un côté, il s'agissait d'une faute involontaire, mais même cette faute, il ne l'avait pas transgressée puisque le soleil ne s'était pas couché. Et pour les enfants d'Israël qui souffraient, il ne s'agissait là que d'une crainte. Qui permit donc au laveur de se suicider ? Ce laveur était, en fait, un grand érudit.
Étant donné qu'il se rendait chaque jour chez Rabbi, il apprit donc forcément de lui les secrets de la Torah.

Il me semble qu'il ne s'est pas jeté du toit d'une grande hauteur. Il dut même faire en sorte de retomber sur ses pieds, sans subir de dommage. Il voulait juste se fouler le pied, pour expier sa faute de n'avoir pas accompagné Rabbénou Hakadoch à sa dernière demeure.
Mais Hachem le fit tomber sur la nuque, ce qui lui fut fatal ! Ce qui signifie qu'il n'avait pas eu l'intention de se suicider.

Je n'avais jamais compris ce passage du Talmud de Jérusalem : tous raccompagnèrent Rabbi, sauf le laveur. Quelle importance s'il n'avait pas participé à la Lévaya ?... J'ai cherché des années une explication, jusqu'à ce que je lise l'enseignement du Rama de Pano qui nous révèle que ce laveur était en fait Lavan Haarami.

Le Arizal nous enseigne que Rabbi est une étincelle de l'âme de Yaakov Avinou, c'est pourquoi il fut nommé Rabbi Yéhouda Hanassi.
Nassi sont les initiales de Nichmato Chel Yaakov Avinou. Puisque Lavan Haarami avait occasionné beaucoup de dommages à Yaakov Avinou, une voix céleste sortit en disant : celui qui participe à l'enterrement de Rabbi, étincelle de l'âme de Yaakov Avinou, est invité dans le monde futur, excepté le laveur, étincelle de l'âme de Lavan Haarami, qui l'avait fait souffrir.
[rav Barou'h Rozenblum]

"L'Honneur d'Hachem remplit le Michkan" (Pékoudé 40,34)

-> Nos Sages enseignent que Betsalel, qui a fabriqué le Michkan, avait connaissance des Noms Divins qu'Hachem a utilisés pour créer le ciel et la terre.
Le premier verset de la paracha de Pékoudé dit : « Voici les dénombrements du Michkan, Michkan de témoignage ». En hébreu, ce verset se dit : " אלה פקודי המשכן משכן העדות ".
Rabbi Lévi Its'hak de Berditchev (Kédouchat Lévi) dit que ce verset fait allusion à ces Noms Divins que Betsalel a utilisés pour fabriquer le Michkan. Quand on prend les premières lettres des mots : " אלה פקודי המשכן ", on obtient les lettres אפה de valeur numérique numérique 86, correspondant au Nom א-ל-ה-י-ם. Les dernières lettres, הין ont la valeur numérique 65, correspondant au Nom א-ד-נ–י.
Puis, quand on prend les mots " משכן העדות ", les premières lettres forment le mot מה de valeur numérique 45, correspondant au Nom Divin écrit ainsi : יוד – הא – ואו – הא .
Enfin, les dernières lettres, נת , de valeur numérique 450, correspondent à 10 fois ce Nom Divin de valeur numérique 45. Ainsi, tous ces Noms Divins éclairaient dans le Michkan et concouraient à faire résider la Présence Divine.
Le nombre total de tous ces Noms constituait la somme de 646 (86 + 65 + 45 + 450).
D'autre part, le mot Michkan (משכן), quand chaque lettre est écrit au complet, cela donne : מם שין כף נון.
La valeur numérique de toutes ces lettres s'élève également au chiffre de 646 (40+40+300+10+50+20+80+50+6+50 = 646).
Cela est en allusion dans le verset : "L'Honneur d'Hachem remplit le Michkan". L'Honneur d'Hachem fait référence à la sainteté des Noms Divins qui ont participé à la fabrication du Michkan, dont la valeur numérique s'élève à 646.
Quand le Michkan est rempli, c'est à dire que le mot Michkan est écrit de façon complète, chaque lettre étant écrite pleinement, cela donne la même valeur numérique : 646.
Ainsi, "L'honneur d'Hachem (646) remplissait le Michkan (646)".

Selon le Ramban, le bouc émissaire (séïr la'azazel) est un sacrifice offert, sur l'ordre de D., à l'Accusateur et aux forces du mal. Ce commentaire rejoint l'idée souvent exposée dans le Zohar, selon laquelle il faut parfois "composer" avec eux quand il est impossible de les combattre de front.

Mais Rav Soloveitchik (dans 'Al Hatechouva) donne au commentaire de Ramban une signification plus rationnelle. D'après lui, le juif pratiquant endure deux sortes de souffrances.
Les unes proviennent du «sacrifice (consenti) pour l'Eternel», à cause de son entêtement à servir D. malgré les difficultés économiques ou sociales. Les autres sont symbolisées par le bouc émissaire jeté du haut d'un précipice ; ce sont les fautes ou le manque d'enthousiasme dans la pratique des mitsvot, qui le mènent sur la voie de la perdition. Quand la personne se repent, Hachem assimile aussi ces dernières souffrances à "un sacrifice pour l'Eternel" qui lui apporte expiation.

Le sacrifice d’un Cohen célibataire n’est pas agréé

+ Le sacrifice d'un Cohen célibataire n'est pas agréé :

-> "Quand un homme apportera un sacrifice" (Vayikra 1,2) vient exclure un Cohen qui n'est pas marié ; son sacrifice n'est pas agréé et il est privé des bénédictions.
Il n'est pas un homme à part entière et la Présence divine ne réside pas sur lui car il est comme un infirme, disqualifié pour le Service, puisqu'il est "amputé" de sa moitié.

Ainsi, Nadav et Avihou, les deux premiers fils d'Aharon, périrent de mort violente pour avoir apporté «un feu étranger" (Chémini 10,1-2) alors qu'ils n'étaient pas mariés.
Selon Rabbi Aba, c'était d'autant plus grave qu'ils avaient brûlé de l'encens, qui est le sacrifice de la plus haute valeur.
[Zohar - Vayikra 5b]

"Mais la colombe ne trouva pas de lieu de repos pour la plante de son pied" (Noa'h 8,9).

-> Le midrach (Béréchit rabba 33,6) commente que si cette colombe, que Noa'h avait envoyée depuis l'Arche, avait trouvé un lieu de repos pour la plante de son pied, elle ne serait pas revenue.
Le midrach dit ensuite qu'elle s’est dispersée parmi les nations, mais n’a trouvé aucun repos.
Si le peuple juif avait trouvé le repos parmi les nations (ex: dans leur matérialité, vision du monde), dit le midrach, il ne serait pas revenu.
[rav Moché Sternbuch]

L’influence de Pharaon

-> Le Pharaon est mort depuis longtemps, alors comment aurions-nous pu rester ses esclaves?

Pharaon incarnait une forme d’idolâtrie dans laquelle le dirigeant du pays est déifié. Il a connu un succès surnaturel : tout l’argent du monde affluait vers l'Egypte, qui devint le centre du commerce et de la culture internationaux. Si Hachem n’avait pas délivré nos ancêtres, alors nous, nos enfants et les enfants de nos enfants serions encore asservis à cette forme d’hérésie, dans laquelle les dirigeants règnent comme des dieux, ne laissant aucune place à la souveraineté d'Hachem.

Les effets de cette forme d’hérésie persistent encore dans notre monde. Les gens pensent que le gouvernement peut réellement déterminer les réalités économiques, militaires et sociales, alors qu’en vérité, "le cœur du roi est entre les mains d'Hachem" (Michlé 21,1), et que les dirigeants politiques n’ont aucun pouvoir réel.
[rav Moché Sternbuch]

Egypte & La main puissante d’Hachem

+ Egypte & La main puissante d'Hachem :

-> Que signifie le fait que Hachem nous a fait sortir d'une main forte (yad 'hazaka)? Pourquoi Hachem a-t-il eu besoin d'une main forte pour nous sortir d'Egypte?

Le concept de main forte ne s'applique qu'en cas d'une personne forte contre une autre personne forte.
L'un doit dominer l'autre avec sa grande puissance, et cette puissance est nécessaire lorsque son adversaire est également puissant.
Face à Hachem, rien ne peut Lui être comparé, alors pourquoi Hachem a-t-il eu besoin d'utiliser Sa main puissante, forte?

La main puissante que Hachem a utilisée n'était pas contre les égyptiens mais contre la midat ha'din (attribut de Rigueur), qui cherchait à poursuivre le peuple juif. La midat hadin disait à Hachem : "Tu aimes les jugements équitables, alors pourquoi [le peuple juif] est-il différent de ces autres adorateurs d'idoles (ovdé avoda zara)?" [les juifs étaient similaires aux égyptiens, en servant des idoles. ]
C'est la main forte que Hachem a utilisée pour repousser la midat hadin pour le bien des Avot.
[Alchikh haKadoch]