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"Vous craindrez, chacun, son père et sa mère, vous observez Mes Shabbath." (Kédochim 19,3)

Shabbath est appelé : "mariée" (kala : comme dans le chant : lé'ha dodi likrat kala : Va, mon bien-aimé, à la rencontre de la mariée), et le marié : c'est la communauté d'Israël.

Le 'Hafets 'Haïm de dire : Un marié qui est plein d'égards envers la mariée reçoit des cadeaux de choix de la part de son beau père.
C'est pourquoi : "D. bénit le 7e jour ..." (Béréchit 2,3)

"Le bouc portera sur lui tous leurs crimes" ( paracha A'haré Moth 16,22).

Un jour, pendant la sombre période des pogroms et des persécutions sous le régime tsariste, le 'Hafets 'Haïm leva les yeux vers le ciel et dit en pleurant :

"A l'époque du Temple, les péchés d'Israël étaient pardonnés grâce au bouc émissaire.
Depuis la destruction du Temple, nous n'avons plus de bouc émissaire, mais nous sommes en butte à des persécutions et des malheurs qui se renouvellent chaque jour.
Comment être un bon juif, comment pouvons-nous Te servir de tout cœur dans la détresse et dans de telles souffrances?

Non, Maître du monde, les juifs ne sont pas coupables!"

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Il est à noter que le 'Hafets 'Haïm a dit en 1930, au cours d'une entrevue avec un futur rabbin américain (de Baltimore) : "12 millions, c'est un jeu d'enfant. Dans une dizaine d'années, cela sera encore pire!"

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Quand les persécutions des nations recommencèrent après la 1ere guerre mondiale, le 'Hafets 'Haïm adressa cet avertissement :

"Le midrach raconte qu'après le décret de Pharaon : "Vous ne fournirez plus de la paille au peuple" (Chémot 5,7), les Égyptiens chassaient et frappaient les hébreux qui venaient leur demander de la paille.
D. savait pertinemment qu'Il allait finir par noyer les Égyptiens dans la mer, et il était nécessaire que ces mêmes Égyptiens montrent leur véritable visage pour qu'ils ne puissent pas dire : "Nous ne sommes pas coupables! Nous ne sommes pas responsables des meurtres et des persécutions des Hébreux" car, en vérité, ils y ont tous participé.

[Le 'Hafets 'Haïm de conclure : ] Bientôt, nos ennemis devront répondre des mauvais traitements infligés aux juifs.
Pour qu'ils ne puissent pas en rejeter la responsabilité sur les autorités du pays, D. a accordé à chaque peuple un régime autonome et démocratique, où les dirigeants de chaque pays peuvent être choisis et élus en toute liberté.

Dès lors, la responsabilité retombe sur l'ensemble de la nation et personne ne pourra se disculper au jour du jugement."

Essav & la tsédaka

+ Essav & la tsédaka :

-> Essav se présentait à son père, Its'hak, comme un homme vertueux. Il posait à son père des questions relatives à la loi juive.
L’une des questions qu’il posait était de savoir s’il fallait verser la dîme sur le sel. Pourquoi a-t-il choisi précisément une question concernant la dîme et non l’un des centaines d’autres commandements?

L’un des principes fondamentaux de notre foi est la croyance dans le monde à Venir.
Le monde à Venir comprend deux périodes. La première période commence après le décès d’une personne. À ce moment-là, l’âme se rendra au Gan Eden.
La deuxième période commence après l’ère messianique, lorsque nous vivrons et serons témoins de la résurrection des morts.
Au cours de ces deux périodes, une personne sera récompensée pour tous les commandements qu’elle aura accomplis durant sa vie.

Le seul commandement pour lequel nous serons récompensés pendant notre séjour dans ce monde concerne la charité (tsédaka) que nous pratiquons. La logique voudrait que si nous donnons notre argent, cela diminue notre richesse et nous rende plus pauvres.
Nos Sages écrivent que ce n’est pas le cas ; la récompense pour avoir fait la tsédaka est que Hachem nous bénira de son vivant en nous accordant une abondance de richesse, bien plus que ce que nous avons donné à la tsédaka. Et il nous est permis de mettre Hachem à l’épreuve pour voir si c’est bien le cas.

Essav ne croyait pas au monde à Venir ; par conséquent, il ne pouvait y avoir de récompenses dans un monde inexistant. Aux yeux d’Essav, le seul monde auquel il pouvait croire était celui qu’il pouvait voir et toucher. La seule récompense accordée dans ce monde est celle qui découle du paiement de la dîme et de la charité. C’est pourquoi Essav interrogea son père au sujet de la dîme sur le sel.
[rav Yonathan Eibshitz - Tiféret Yéhonatan - Toldot ]

Kippour & fautes envers autrui

"Car ce jour fera expiation pour vous, pour vous purifier de tous vos fautes devant Hachem, vous serez purifiés" (A'haré Mot 16,30)

-> Tana Kama nous enseigne dans la guémara que les transgressions commises entre l'homme et Hachem sont expiées le jour de Yom Kippour tandis que les fautes commises entre les hommes ne sont pas expiées le jour de Yom Kippour, tant que l'on n'a pas reçu le pardon de son prochain.

Rabbi Éléazar Ben Azaria interpréta ce verset de la manière suivante : "De tous vos fautes devant Hachem, vous serez purifiés" (A'haré Mot 16,30).
Seules les transgressions commises "devant Hachem" (entre l'homme et Hachem) sont expiées le jour de Kippour tandis que les transgressions entre les hommes ne sont pas expiées ce jour-là, tant que l'on n'a pas reçu le pardon de son prochain.

Rabbi Akiva déclare : "Heureux soyez-vous Israël! Remarquez devant qui vous vous purifiez! Qui vous purifie? Votre Père qui est dans les cieux comme il est écrit : "J'ai aspergé sur vous de l'eau pure qui vous purifie." (Yé'hezkel 36,25) et il est également écrit : "Mikvé d'Israël, Hachem" -Yirmiyahou 17,13).
[guémara Yoma 85b]

=> Quelle est la différence entre l'opinion de Tana Kama et celle de Rabbi Éléazar Ben Azaria ; tous deux ont utilisé un langage totalement identique?

-> Le Rif, décisionnaire incontournable de la Loi, explique que Rabbi Éléazar Ben Azaria est venu ajouter un principe fondamental sur l'enseignement de Tana Kama. Selon lui, si l'individu ne s'est pas excusé envers son prochain du tort qu'il lui a causé, alors même les transgressions entre l'homme et D. ne seront pas expiées le jour de Yom Kippour.

Il déduit cette règle de notre verset : à partir de quand "ce jour sera une expiation pour vous de tous vos fautes devant Hachem?" En d'autres termes, quand seront expiées les fautes commises entre l'homme et partir du moment où vous commencerez à "vous purifier" entre vous sur les fautes commises entre les hommes.

Le Rif explique ensuite que Rabbi Akiva est en désaccord avec cette règle. Il pense que même si son prochain n'accepte pas son pardon, les transgressions entre l'homme et D. seront tout de même expiées car il n'y a pas de lien entre ces 2 catégories de fautes

Le décisionnaire de notre génération, le rav Ovadia Yossef écrit dans sa responsa que même d'après la lecture du Rif, la Loi suivra l'opinion de Rabbi Akiva. Il n'y a donc pas de lien entre les transgressions que l'homme commet vis-à-vis de son prochain et celles qu'il commet vis-à-vis d'Hachem.
Nous avons ainsi comme règle générale que la Loi (halakha) suive l'opinion de Rabbi Akiva lorsqu'il est en désaccord avec d'autres érudits. (Erouvin 46b ; Kétoubot 84b).

"Le lépreux avait comme punition l'exclusion des 3 camps, une situation que l'on peut expliquer ainsi : la lèpre surgissait à cause de la faute de la médisance pour notamment, avoir cherché chez l'autre des traces de Mal.

On disait alors à cet homme, puisque tu es tellement fort pour rechercher des fautes, profite de ton éloignement pour réfléchir ... à tes propres failles."

[Rav Israël Salanter - Métsora]

"Puis le 7e jour, il se rasera tout son poil : sa chevelure, sa barbe, ses sourcils ... " (Métsora 14,9)

Ce processus concerne l'homme sur lequel sont apparues des plaies de lèpre.
Ces dernières proviennent principalement des 3 fautes majeures suivantes : l'orgueil, le lachon ara (médisance) et la mesquinerie.

Le Kli Yakar nous dit que c'est précisément à cause de cela, que le lépreux doit se purifier pour ses mauvais comportement :

-> Il se rase les cheveux = il a toujours eu la prétention d'être partout et à la tête de tout (orgueil);

-> puis, la barbe = en quelque sorte le rempart autour de sa bouche, qui ne l'a pas préservé de la médisance ;

-> et enfin, les sourcils = qui ne l'ont pas empêché d'avoir un comportement mesquin (car la mesquinerie s'exprime en hébreu par le terme : "tsarout aïn" : "œil étroit", à l'opposé de l' "œil large", généreux).

"Tout ce qui marche sur le ventre (ga'hon - גחון)" (Chémini 11,42)

La guémara Kiddouchin (30a) signale que le vav (ו) du mot ga'hon (le ventre), marque la moitié de la Torah d'après le nombre de ses lettres.

Le Rabbi de Gour (Rabbi Avraham Mordé'haï) de dire qu'un juif ayant déjà étudié la moitié de la Torah risque de s'enorgueillir, de se taper l'abdomen en disant : "Réjouissez-vous, mes entrailles, car j'ai étudié beaucoup de Torah!"
=> A ce juif, on dit donc d'être humble et de "ramper sur le ventre".

"Et la cigogne ('hassida)" (Chémini 11,19)

La cigogne fait partie de la liste des oiseaux interdits expressément à la consommation par la Torah (dans ce chapitre 11 de la paracha).

1°/ Rachi ('Houlin 63a) de nous enseigner :
"Pourquoi [en hébreu, la cigogne] est-elle appelée 'hassida?
Parce qu'elle est généreuse ('héssed) vis-à-vis des autres membres de son espèce et partage avec eux sa nourriture."

=> Si elle est tellement charitable, pourquoi fait-elle partie des oiseaux non cacher?

Le Rabbi de Rizhin de répondre que c'est parce qu'elle ne fait preuve de bonté qu'avec les membres de son espèce mais ne viendra jamais à l'aide des autres.
Pour le judaïsme, une telle 'qualité' n'a rien d'admirable.

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2°/ Dans son commentaire sur ce verset, Ibn Ezra fait remarquer que cet oiseau fait son apparition à des moments spécifiques de l'années.

Le Rabbi de Kotsk ajoutait : "Ceux qui se conduisent extérieurement avec 'hassidout ("piété") à certains moments de l'année (aux jours redoutables ou aux fêtes), sont comme la 'hassida. Ce sont des animaux impurs!"

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L'oiseau est appelé : 'hassida, car il fait du : 'hessed (des actes de bonté), et parce qu'il partage sa nourriture avec ses amis.

Le Talmud de Jérusalem (Baba Métsia 3,5) nous rapporte qu'une souris est mauvaise car lorsqu'elle voit un tas de graines, elle appelle tous ses amis pour en manger

Pourquoi la façon d'agir de la cigogne est appelée : "bonté", tandis que celle de la souris est caractérisée de : "cruauté", "méchanceté"?

La cigogne partage la nourriture qu'elle a amassé pour elle-même avec ses amis.

De son côté, la souris appelle ses amis à profiter du tas de quelqu'un d'autre.

Etre généreux avec ce qui appartient à autrui, n'est pas de la bonté, mais son contraire.

Source (b"h) : compilation personnelle du 'houmach Artscroll + du "Talelei Orot" du rav Yissa’har Dov Rubin + traduction personnelle issue du "Védibarta Bam" du  rabbi Moshe Bogomilsky

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-> Le rabbi Yéhochoua Gefen enseigne au sujet de la cigogne :
La ’Hassida est égoïste, elle n’est concernée que par ses égaux, alors que la loi de ’Hayékha Kodmim est basée sur un sens de responsabilité : nous avons un devoir vis-à-vis de nous-mêmes et de note famille ; leurs besoins sont donc prioritaires, et le fait de les négliger serait une entorse au règlement de la Torah.
Cela n’enlève rien au privilège que l’on a d’aider tout juif dans le besoin ; mais cela nous donne une échelle de valeurs ; nous sommes prioritaires, avec notre conjoint et nos enfants ; puis on fait passer les autres membres de notre famille, nos amis, de notre communauté, avant les étrangers.

Le non-respect de cet ordre des priorités peut avoir de graves conséquences. On raconte qu’un enfant issu d’une famille pratiquante s’était éloigné de la voie de la Torah et s’engageait dans certaines activités très douteuses. Un organisme spécialisé décida de s’occuper de ce garçon et de le placer une famille chaleureuse et bienveillante qui lui porterait l’affection et l’attention dont il manquait.
On trouva une famille d’accueil tout à fait appropriée, réputée pour son ’hessed débordant envers les membres de sa communauté. Quelle surprise quand on découvrit que l’enfant en question n’était autre que le fils de ces mêmes gens. Ses parents étaient tellement intéressés et occupés à aider les autres qu’ils négligèrent les besoins de la personne envers qui ils avaient la plus grande obligation. C’est un très grand challenge pour toute personne qui souhaite œuvrer pour la collectivité.
D’autre part, cela ne signifie pas qu’il faut négliger toute personne qui ne fait pas partie de notre famille. L’un n’empêche pas l’autre ; au contraire, le ’hessed à l’égard d’autrui peut être un outil très bénéfique dans l’éducation de nos enfants, cela peut leur inculquer certaines qualités, telles que la générosité ou l’empathie. Si l’équilibre est gardé, le ’hessed peut cibler plusieurs bénéficiaires.

"Et les anciens d'Israël." (Chémini 9,1)

Rabbi Akiva a enseigné : "Israël est comparé à un oiseau.
De même que celui-ci ne peut voler sans ses ailes, de même Israël ne peut rien accomplir sans ses anciens." (Vayikra Rabba 11,8)

Le rav 'Haïm Shmoulevitz note que cette similitude établie spécifiquement pour Israël montre que, par leur nature même, les nations diffèrent profondément de notre peuple.

-> De même que les animaux non volatiles sont à même d'accomplir dûment leurs missions sans ailes, et que celles-ci leur seraient totalement inutiles, de même les nations du monde peuvent-elles remplir leurs rôles sans "anciens".

-> Mais Israël, quant à lui, est comparé à un "oiseau" : s'il perd ses ailes, il est privé d'un élément vital et se retrouve dans un état plus grave que les autres animaux, car il ne peut même plus marcher.

=> Telle est la nature profonde de notre peuple : Nous détacher de nos "anciens" nous fait perdre notre principe vital et nous rend incapables d'agir/d’œuvrer.

 

Source (b"h) : issu du "Talelei Orot" du rav Yissa’har Dov Rubin

"Voici la loi de l'offrande d'élévation" (Tsav 6,2)

Le midrach (Vayikra Rabba 7,2) enseigne que lorsque l'on se repent, c'est comme si on était monté à Jérusalem, qu'on avait reconstruit le Temple et l'Autel, et qu'on y avait apporté tous les sacrifices mentionnés dans la Torah.

Par ailleurs, il est écrit dans la guémara (Yérouchalmi Yoma 1,5) : "Toute génération dans laquelle le Temple n'a pas été reconstruit est considérée comme si elle l'avait détruit."

=> Ainsi, chaque juif doit lui-même être un temple : s'il se sanctifie, le temple qu'il incarne reste saint ; s'il faute, il le souille.
En se repentant, il se reconstruit donc et recrée un temple en lui-même.