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La sainteté du mont Moriah

+ La sainteté du mont Moriah :

"Prends ton fils, ton fils unique, celui que tu aimes, Its'hak ... offre-le en offrande sur une montagne que je te désignerai" (Vayéra 22,2)

-> Le Divré 'Haïm de Sanz pose la question suivante : il existe deux montagnes historiques : le mont Sinaï, sur lequel nous avons reçu la Torah, et le mont Moriah, sur lequel a eu lieu l'Akédat Its'hak.
Pourquoi le mont Moriah a-t-il été choisi pour accueillir le Temple plutôt que le mont Sinaï ?

Il répond : Un lieu où un juif a tendu le cou pour être sacrifié en sanctification du nom d'Hachem est encore plus saint que le lieu où Hachem s'est révélé à toute la nation et nous a donné la Torah.

Pardonner les péchés de ceux qui ferment les yeux sur les fautes des autres

+ Pardonner les péchés de ceux qui ferment les yeux sur les fautes des autres :

"Et Hachem dit : "Les cris de Sodome et Gomorrhe ... et leurs fautes sont très lourdes" (Vayéra 18,20)

-> Le séfer Tiféret Shlomo pose deux questions sur ce verset.
Premièrement, il ne dit pas qui criait à Sodome et Gomorrhe. Deuxièmement, pourquoi répète-t-il le fait que leurs fautes étaient "très lourdes" ?

Il répond qu'en plus de faire du mal aux étrangers, les habitants de Sodome se comportaient aussi cruellement les uns envers les autres et s'entre-tuaient même. Ainsi, ils criaient eux-mêmes lorsqu'ils étaient maltraités par leurs propres concitoyens de Sodome.

Le verset dit qu'Hachem "supporte les fautes et ignore les transgressions" (Mikha 7,18) .
Le Tiféret Shlomo explique que cela signifie qu'Hachem pardonne les fautes d'une personne si celle-ci ignore les transgressions des autres et traite ses semblables avec gentillesse.
Cependant, si des amis (tu aimeras ton prochain [juif] comme toi-même!) ne se traitent pas bien les uns les autres, alors le "poids" de leurs fautes est, pour ainsi dire, trop lourd à porter pour Hachem, et ils sont punis pour toutes leurs fautes.
C'est ce à quoi le verset fait référence lorsqu'il dit que les fautes de Sodome étaient "très lourdes".

Il utilise ce concept pour expliquer les paroles d'Hachem à Kayin : "Si tu t’améliores (tes actes), tu seras pardonné" (Béréchit 4,7).
Hachem disait que s'il s'améliore en étant bon envers autrui, alors ses fautes lui seraient pardonnés. C'est pour cette raison que Kayin s'est écrié : "Mon péché est trop grand pour être porté" (v. 4,13). Comme il avait tué son frère, il estimait que son péché était trop lourd et ne pouvait être pardonné.

Le séfer Tiféret Shlomo utilise également cette idée pour expliquer le verset : "Il n'est pas bon que l'homme soit seul. Je lui ferai une ézer kénegdo (compagne)" (Béréchit 2,8).
Il n'est pas bon pour un homme de vivre dans la solitude, car il n'aura aucun moyen d'être pardonné pour ses fautes. Il a donc besoin d'un ami, d'un prochain, à qui il peut se montrer gentil et qu'il peut tolérer, même s'il l'embarrasse, ce qui sera une source d'expiation pour lui.

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+ Subir un embarras expie :

-> Dans le même ordre d'idées, le Tomer Dévorah (chap.) écrit :
"Quelle est la meilleure forme de souffrance que l'on puisse avoir dans ce monde?
Celle qui ne l'empêche pas de servir Hachem. La forme la plus appréciée est celle où l'on est embarrassé par son ami mais où l'on ne réagit pas. Cela ne rend pas malade et ne sape pas les forces. Cela ne lui cause pas de manque de nourriture ou de vêtements, d'enfants ou d'une bonne vie. C'est pourquoi il faut le désirer.

Il faut se dire : pourquoi devrais-je jeûner, me frapper ou affliger mon corps, ce qui m'enlève ma force et ma capacité à servir Hachem? Il vaut mieux souffrir un embarras, qui ne m'enlève aucune de mes forces.
C'est pourquoi, lorsqu'on est humilié en public, il faut se réjouir."

=> Nous voyons dans ses paroles que si l'on réalisait à quel point un embarras peut nous purifier l'âme, on le rechercherait et paierait une fortune pour l'obtenir afin d'expier nos fautes.

La tsédaka qui sauve du jugement du Ciel

+ La tsédaka qui sauve du jugement du Ciel :

"Or, Avraham et Sarah étaient vieux, avancés en âge ; le cycle des femmes avait cessé pour Sarah" (Vayéra 18,11)

-> Après que les anges aient annoncé à Avraham qu'il aurait un fils, le verset dit : "Les hommes se levèrent et fixèrent leurs regards dans la direction de Sodome" (Vayéra 18,16).
Le Zohar (104a) déclare : "Rav Elazar dit : Venez voir comment Hachem agit avec bonté envers toute la création, et plus encore envers ceux qui suivent Ses voies. Même lorsqu'Il veut juger le monde, Il accorde à ceux qu'Il aime le mérite d'accomplir d'abord des mitsvot afin de protéger le monde et de le sauver grâce à ce mérite avant de prononcer le décret."

Le Zohar explique que lorsque Hachem aime une personne, Il lui envoie un cadeau. Quel est ce cadeau?
Il lui envoie un homme pauvre à qui elle doit faire preuve de bonté afin de gagner des mérites.
Lorsque la personne fait preuve de 'hessed envers l'homme pauvre, Hachem place sur elle un "fil de 'hessed" qu'Il attache à sa tête en signe que lorsque le jugement viendra sur le monde, les forces destructrices resteront loin d'elle.

Un exemple de cela est que lorsqu'Hachem a voulu faire tomber Son jugement sur Sodome, Il a d'abord envoyé un mérite à Avraham, qui a servi à sauver son neveu, Lot.
C'est pourquoi il est dit qu'Avraham "s'est souvenu d'Avraham" et a sauvé Lot de l'enfer.
Il n'est pas dit qu'Il s'est souvenu de Lot, car Lot n'a été sauvé que grâce au mérite de la bonté d'Avraham envers les trois anges.

Le Zohar conclut en disant : "Une personne reçoit le mérite d'accomplir un acte de tsédaka (ex: financièrement, moralement, émotionnellement) à un moment où le monde est jugé afin qu'elle puisse être sauvée de ce jugement (la rigueur divine), comme il est dit : "La tsédaka sauve de la mort" (Michlé 10,2).

"Seule la terre des prêtres (de l'Egypte), il (Yosseph) ne l'a pas acquise" (Vayigach 47,22)

=> Alors que Yossef acheta toute l'Egypte, on peut se demander pourquoi n'a-t-il pas acheté également la terre des prêtres?

Le Chla haKadoch (Chné Lou'hot haBrit) explique :
En fait, quand Yossef fut accusé par la femme de Potifar d'avoir tenté de l'agresser, il fut au départ condamné à la mort. Seulement, parmi les juges se trouvaient des prêtres égyptiens, qui savaient que Yossef était en réalité innocent. Ils sont donc intervenus pour qu'on épargne sa vie.
Et finalement, il fut "seulement" emprisonné.
Pour témoigner sa gratitude à ces prêtres, qui ont agi pour lui sauver la vie, Yossef a laissé leur terre entre leurs mains et ne l'a pas acquise, au même titre que tout le reste de l'Egypte.
=> Ce comportement de Yossef vient enseigner l'importance de toujours témoigner sa gratitude à tout bienfaiteur.

"Où est la prostituée qui se trouve entre les sources sur le chemin?" (Vayéchev 38,21)

-> Ce verset peut être expliquée d'un point de vue de moral. Les termes que l'on a traduit par "entre les sources" se disent dans la Torah : "ba'énayim" (בעינים), qui signifie littéralement : "dans les yeux".

Dès lors, ce verset peut se lire ainsi :
"Où est la prostituée?" = c'est-à-dire, où se situe la cause première et essentielle de la débauche?
A cela vient la réponse : "Elle est ''dans les yeux'' sur le chemin!" = c'est-à-dire que quand un homme laisse ses yeux regarder tout ce qui se présente devant lui sur son chemin, dans la rue, alors il renforcera par là son mauvais penchant.
C'est alors que grandira en lui le penchant de la débauche. Comme le disent nos Sages : "L’œil voit, et le cœur convoite et désire".
[le Pshvorsker Rebbe - rav Yaacov Leizer]

Sans Hachem, nous n’avons rien!

"Its'hak sema dans ce pays-là et trouva cette même année, au centuple : tant le Hachem le bénissait" (Toldot 26,12)

-> Ce verset présente une particularité : tout d'abord "Its'hak sema (vayizra)", et ensuite : "il trouva" (vayimtsa - וַיִּמְצָא).
Lorsque quelqu'un plante, on ne peut pas dire qu'il trouve par hasard sa récolte.
La nature est telle que si nous plantons alors forcément et naturellement notre culture va se développer.
=> Pourquoi alors dire que Its'hak trouva sa récolte, et non plutôt qu'il la ramassa, cueillit.

-> Le Kédouchat Yom Tov répond que Its'hak a compris que toute chose est une trouvaille.
Nous ne méritons rien pas le simple pouvoir de notre main.
Ce n'est pas parce que je plante, que j'investis des efforts dans mont travail que j'ai forcément ma parnassa.
Pour Its'hak et tous ceux qui ont de la émouna, tout l'argent qu'ils gagnent est une trouvaille car c'est un cadeau du Ciel, sans rapport avec le travail effectué.

[la hichtadlout est une punition liée à la 1ere faute, où l'on se comporte comme si cela venait de nous, afin de dissimuler la réalité du miracle : Hachem nous donne en cadeau notre parnassa (faut faire attention à ne pas croire en la dissimulation, mais plutôt avoir en tête la véritable origine : Hachem).
J'ai travaillé très dur des jours et des jours, et au moment de la récolte, du jour de ma paie, je dois être tout étonné : Waou Hachem m'a fait un cadeau! Merci HM!!]

Le Kédouchat Yom Tov écrit :
"Il considère toute chose comme "trouvée", car il sait que l'abondance n'est pas le fruit de son propre travail.
[La réalité est qu'] absolument tout ce que l'on a vient des bénédictions d'Hachem."

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-> "Its'hak dit à son fils [Yaakov] : comment as-tu trouvé [l'animal] si rapidement?
[Yaakov] a répondu : Hachem l'a placé (ikra - הִקְרָה) devant moi" (Toldot 27,20)

=> Comment Hachem a-t-il pu placer l'animal devant Yaakov? N'est-ce pas Rivka qui le lui a donné : "va au menu bétail et prends moi deux beaux chevreaux [Rachi : le contrat de mariage lui permettait d'y prendre chaque jour 2 chevreaux]" (v.27,9)?
N'est-il pas en train de mentir à son père?

-> Le Zera Chimchon écrit :
"Tout le monde doit savoir que pour chacune de ses actions, il ne peut rien faire si cela n'est pas la volonté d'Hachem ... tous les gains ... ne sont que bonté de Hachem".

Ainsi, Yaakov a dit la vérité : bien qu'il l'a pris des biens de sa mère, il a vu qu'en réalité c'est Hachem qui le lui a préparé.
=> Même lorsque nous prenons quelque chose qui nous appartient, l'origine de pouvoir en bénéficier provient de Hachem, car nous ne pouvons rien avoir sans que D. émette un décret en ce sens.

-> Onkelos traduit en araméen les mots : "ki ikra Hachem éloké'ha léfanav" (Hachem l'a placé devant moi - כִּי הִקְרָה יְהוָה אֱלֹהֶיךָ לְפָנָי) par : "Hachem ton D. l'a préparé pour moi" (aré zamin Hachem élaa'h kadamaï - אֲרֵי זַמִּין יְיָ אֱלָהָךְ קֳדָמָי).

A plusieurs reprises Onkelos traduit : הִקְרָה (pris) par זמין (préparé).
Le terme "ikra" (הִקְרָה) signifie généralement quelque chose qui arrive par hasard, par accident.
Cependant Onkelos le traduit par : "zamin" (זמין - préparé), car même les choses qui semblent être le plus dues, qui nous arrivent le plus naturellement (j'ai fait des efforts, je l'ai acheté, ..., c'est normal que ce soit le mien!), et bien la vraie réalité c'est qu'elles nous sont toutes préparées par Hachem.

Hachem se cache tellement, que nous nous persuadons de tout faire nous-même.
Certes cela est nécessaire pour permettre d'avoir un libre arbitre, mais c'est également une bonté de D. pour nous éviter au maximum un sentiment de redevabilité infinie.
Ainsi, D. nous permet de faire une hichdadlout, mais en réalité c'est Hachem qui fait tout.
[ex: notre patron n'est qu'un conduit pour qu'Hachem nous transmette notre parnassa.]

[l'effort, le travail que nous faisons met en place le récipient, mais ce qui va y arriver dedans c'est Hachem qui le donne.
Chaque jour de paie nous devrions être aussi étonnés que de trouver une forte somme par terre dans la rue.]

[bien que D. nous comble constamment de cadeaux gratuits (indépendant de nos mérites), notre hichtadlout vient cacher cette bonté infinie de papa Hachem, et nous donne le sentiment à tort qu'on se débrouille tout seul, qu'on l'obtient par nous-même.]

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-> Quelqu'un qui a une bonne vision des choses ne perd jamais espoir.
En effet, pourquoi désespérer si c'est Hachem qui est celui qui permet toute chose (rien ne peut se passer sans décret Divin)?

Ceux qui désespèrent sont ceux qui pensent pouvoir agir uniquement par eux-mêmes.
Lorsqu'ils reconnaissent que leurs capacités sont limitées et insuffisantes, alors ils deviennent inquiets et perdent espoir.
S'ils avaient su qu'absolument tout vient d'Hachem, alors ils auraient également su qu'il y a toujours de l'espoir, car Hachem peut tout faire.
[d'après les enseignements du rabbi Mendel de Kotzk]

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+ "Its'hak sema dans ce pays-là et trouva cette même année, au centuple : tant le Hachem le bénissait" (v.26,12)

-> "C'est la bénédiction d'Hachem qui enrichit" (Michlé 10,22)

On a pu voir que le Kédouchat Yom Tov enseigne :
- "Its'hak sema dans ce pays-là" = l'effort que l'homme doit investir n'est nécessaire que pour s'acquitter de la malédiction originelle (comme un taxe à s'acquitter) : "C'est à la sueur de ton front que tu mangeras ton pain" ;
- "trouva cette même année, au centuple : tant Hachem le bénissait" = les 100 mesures que produisent la terre, lui fut octroyée comme cadeau du Ciel.

-> Le Séfer haBrit écrit sur ce sujet :
"Il ne sied pas à un homme sage et sensé comme toi de s'évertuer à investir dans ses besoins [plus que nécessaire], mais tu dois au contraire te renforcer dans la confiance en D.
Remets ta subsistance entre les mains d'Hachem et Il te nourrira moyennant un effort minime correspondant à tes forces sans que tu ne te sois forcé de t'évertuer du matin au soir par monts et par vaux et d'affronter de nombreux dangers sans répit, la nuit comme le jour.
De plus, tu ne te procureras pas cette subsistance par des moyens tortueux et tu ne te rendras pas coupable ...
Tu devras te reposer sur Hachem et Lui faire confiance.
Ainsi, dans tout ce que tu entreprendras avec intégrité et droiture, Il te bénira en retour".

Yaakov répondit : "C’est que Hachem ton D." m’a donné bonne chance"
Its'hak dit à Yaakov : "Approche que je te tâte, mon fils, pour savoir si tu es mon fils Essav ou non"
Yaakov s'approcha d'Its'hak, son père, qui le tâta et dit: "Cette voix, c'est la voix de Yaakov ; mais ces mains sont les mains d'Essav" (Toldot 27,20-21)

-> Rachi (v.21) commente : Its'hak s’est dit en lui-même : "Il n’est pas dans les habitudes d'Essav d’avoir à la bouche le nom de D."

-> Juste avant, Yaakov dit à sa mère : "Si par hasard mon père me tâte, je serai à ses yeux comme un trompeur, et au lieu de bénédiction, c'est une malédiction que j'aurai attirée sur moi" (Toldot 27,12)

=> Comment comprendre que Yaakov a dit le nom d'Hachem, au point où Yaakov a trouvé que : "Cette voix, c'est la voix de Yaakov "?

-> Le Imré Emet répond que Yaakov a pensé : "Je suis prêt à m'habiller avec les vêtements d'Essav, et je suis prêt à prendre d'autres précautions, mais je refuse de m'abstenir de dire le nom d'Hachem.
Je pourrais ne pas recevoir les bénédictions, et risquer d'être maudit, mais je ne suis pas prêt à me mettre dans une situation où je me retiendrais de dire le Nom d'Hachem."

[Je suis prêt à renoncer à toutes les bénédictions que me réserve mon père Its’hak dans le seul but que le Nom d’Hachem demeure fréquent dans mes paroles!
Et de fait, ce mérite se maintint pour toute la descendance de Yaakov, comme il est écrit : "Il ne voit pas la faute chez Yaakov, ni la tromperie chez Israël, Hachem son D. est avec lui et l’affection du Roi est en lui" (Balak 23,21). Pourquoi Hachem ne considère-t-Il pas les fautes de Yaakov?
Parce que le Nom d’Hachem est avec lui et qu’il vit en présence de son Père Céleste à chaque étape de son existence.]

-> Le Chla haKadoch (Béaaloté'ha 9,20) dit : Lorsque nous prévoyons de faire quelque chose, nous devons dire : "si D. veut" (im yirtsé Hachem), et lorsque nous réussissons à le faire, nous devons dire : "grâce à l'aide de D." (béézrat Hachem), car de cette manière le Nom d'Hachem sera en permanence sur nos lèvres.
Il conclut : "En agissant ainsi, une personne internalisera et fixera dans son cœur les notions de base de la émouna, et cela amènera de la bénédiction dans sa vie."

Dans Balak (23,21) est écrit : Il [Hachem] n'aperçoit point de fautes en Yaakov [chez les juifs], il ne voit point de mal en Israël" car : " Hachem, son D., est avec lui" = le nom d'Hachem est constamment sur ses lèvres.
[ainsi, Yaakov n'a pas pris un risque, au contraire, en ayant la conscience que rien ne peut se faire sans Hachem, et il a reçu une aide Divine toute particulière]

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-> Le rav Elimélé'h Biderman enseigne :
Yaakov ne perdit rien à aller dans la voie de la émouna. Au contraire : il gagna grâce à cela toutes les bénédictions car s’il n’avait pas mentionné le Nom d’Hachem, Its’hak aurait été certain qu’il s’agissait de Essav, et il l’aurait béni avec l’intention exclusive de bénir Essav.
Mais à présent, il eut un doute et il bénit son fils en pensant qu’il s’agissait peut-être de Essav ou peut-être de Yaakov. Et grâce à cela, les bénédictions dont Yaakov bénéficia se réalisèrent.

-> Selon le midrach (Béréchit rabba 1,15) : "A cet instant [où il comprit que son frère était passé avant pour lui prendre les bénédictions de son père], Essav se mit à crier en disant : ‘Vois ce que m’a fait ce ‘Tam’ (homme intègre)!
=> A priori, cela est étonnant : pourquoi Essav mentionna-t-il ce qualificatif de ‘Tam’ précisément à ce moment-là ? Il aurait mieux convenu qu’il dise : ‘Vois ce que m’a fait ce trompeur!’

Le Ktav Sofer explique : ce fut justement grâce à son intégrité et à sa émouna que Yaakov ne renonça pas à mentionner le Nom d’Hachem, et que le doute surgit dans le coeur d’Its’hak permettant ainsi d’englober dans sa bénédiction l’éventualité qu’il s’agissait de lui. Il en résulte que grâce à son intégrité ('Tam'), Yaakov mérita que les bénédictions puissent prendre effet sur lui.

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-> b'h, divré Torah similaire : https://todahm.com/2015/06/23/3410-2

"Ils [Avimélé'h et son entourage] dirent : Pour voir, nous avons vu (rao ra'inou - רָאוֹ רָאִינוּ) que Hachem est avec toi ... concluons une alliance avec toi ... qu’un serment mutuel soit établi entre nous et toi" (Toldot 26,28)

=> Pourquoi le verset emploie-t-il une double expression : rao ra'inou (voir, nous avons vu)?
En effet, il aurait suffi de dire "Nous avons vu qu’Hachem est avec toi".

Certains commentateurs l’expliquent de la manière suivante :
tant qu’un homme reste entièrement attaché à la confiance qu’il place en Hachem , aucun mal ne peut l’atteindre, et sa foi entraîne au contraire un déversement d’abondance, de miséricorde et de bonté.
Même ceux qui cherchent à causer du mal aux tsadikim savent qu’ils ne pourront arriver à leurs fins que s’ils réussissent à les détacher de leur foi.

C’est dans ce but qu’Avimélekh s’ingénia à tourmenter Its’hak en faisant boucher les puits que les serviteurs de ce dernier avaient creusés et en le renvoyant finalement de sa terre. Tout cela dans l’espoir qu’Its’hak se plaigne un peu de la conduite d’Hachem et qu’il puisse alors l’exterminer (à D. ne plaise).
Mais Its’hak ne se laissa pas influencer par ces difficultés. Il conserva le même niveau de confiance en D., en étant convaincu que tout ce qui lui arrivait provenait d’Hachem qui dirige à Sa guise toutes Ses créatures.
En voyant cela, Avimélekh comprit qu’il ne parviendrait pas à faire perdre à Its’hak ne serait-ce qu’une once de sa foi et donc qu’il n’avait aucune chance de le combattre. Il décida plutôt de conclure une alliance avec lui.

Pour cette raison, Avimélekh lui dit : "Voir, nous avons vu" = la répétition vient nous enseigner qu’il vit 2 choses : il vit Its’hak dans ses jours fastes et Hachem était avec lui. Et il le vit aussi dans ses jours d’obscurité et de voilement. Là aussi, il vit qu’Hachem était avec lui, et que dans chaque chose, Its’hak percevait l’expression de la Providence Divine.
Il préféra donc faire alliance avec lui, comprenant qu’il ne pourrait lui faire aucun mal.

Combien devons-nous croire en cette évidence : personne n’est en mesure de nous faire du mal car au contraire, le mal qu’il fomente contre nous, Hachem le transformera en bien et en bénédiction ...
Plus encore : lorsque le mal se transforme en bien, ce bien est encore plus grand car il provient de D. tout puissant et non d’un simple être humain.
[...]

Avimélé'h a dit : "Après avoir été témoin des miracles que Hachem a réalisé pour toi, je crois également en Hachem.
Ainsi, maintenant toi aussi tu ne peux pas me nuire, de même que je ne pouvais pas te nuire.
C'est pourquoi nous devrions faire une traité de paix."
[rav Elimélé'h Biderman]

[ => avoir de la émouna en Hachem nous donne un pouvoir de protection énorme. Ce principe s'applique à toute personne, même un grand racha (ex: Avimélé'h).]

Yaakov & Essav

+ Yaakov & Essav :

-> Le Saba de Novardok dit que Essav aurait pu gérer la matière comme son père l'espérait s'il avait réussi à surmonter sa tendance à se suffire du côté extérieur et superficiel des choses.
En effet, là est le danger de la matière : se laisser impressionner par elle, se laisser tenter par elle, en oubliant l'existence de l'intériorité.

Il fut donc appelé "édom" (rouge), c'est-à-dire celui qui oublie le sens des choses, et qui choisit de ne s'attacher qu'à la facette la plus superficielle et attirante de ce qu'il voit.
La matière n'est dangereuse pour Essav, que lorsqu'elle l'aveugle, qu'elle éblouit par sa couleur, sa saveur, et qu'elle n'est pas uniquement un moyen d'action dans ses mains.

S'il avait calmer ses ardeurs devant la matière, il aurait pu réussir à jouer le rôle que son père attendait de lui.

[ainsi, le jour du décès d'Avraham, où l'on doit réfléchir à l'aspect éphémère de ce monde et à l'importance d'investir dans notre monde à venir, la seule chose qu'a pu déclarer Essav est : "Donne-moi du rouge, du rouge!".
Il était totalement étranger à toute réflexion d'ordre spirituelle, le plus important étant la partie superficielle et extérieure de la matière (les lentilles rouges).]

En ce qui concerne Yaakov, Its'hak a choisi de l'éloigner de tout élément matériel car quand bien même cette matière ne l'attire pas et ne l'éblouit pas (à l'instar d'Essav), mais cependant elle l'empêche de se concentrer entièrement et intensément sur la Torah et les mtisvot.
Elle l'empêche de se concentrer sur l'intériorité puisqu'elle n'est qu'extériorité.

[Its'hak a validé sa bénédiction à Yaakov, en prenant conscience à postériori qu'Essav n'a pas été capable de gérer la matière car elle le trouble, tandis que Yaakov a su l'utiliser, avec simplicité, sans se laisser entraîner par elle.]

-> La raison pour laquelle Hachem n'a pas voulu donner les bénédictions de façon simple à Yaakov, c'est parce que la relation à la matière n'est jamais simple ; tout contact avec elle est une épreuve : d'une part elle nous déconcentre de notre Torah, de plus elle peut nous influer.

=> Chaque juif lorsqu'il va s'occuper d'une affaire matérielle doit sentir, qu'à un certain niveau, il s'habille avec les vêtements d'Essav ; il faut être très prudent avec elle et ne pas se sentir dans son élément naturel car nous sommes comparés aux poissons, et notre élément de vie c'est l'eau, c'est-à-dire la Torah et les mitsvot.
C'est pourquoi le jour où la matière est la plus présente, à Pourim, la loi juive nous demande de nous déguiser.

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-> Its'hak était parfaitement conscient du fait que Yaakov était un tsadik.
Néanmoins, il pensait qu'Essav convenait mieux à la tâche parce qu'il avait la capacité de sanctifier le profane et c'est pourquoi il voulait lui réserver la bénédiction matérielle.

Its'hak a donc dit à Essav de "préparer ses outils de chasse" = son épée et son arc, c'est-à-dire les ustensiles de ce monde, et "d'attraper du gibier pour préparer un repas".
Its'hak désirait qu'Essav se serve des éléments de ce monde pour préparer un repas digne de la table de son père, de nature entièrement spirituelle, comme le festin du Léviatan.

De son côté, Rivka se rendait compte qu'Essav n'était absolument pas qualifié pour la tâche que Its'hak lui réservait et elle comprenait qu'il fallait que ce soit Yaakov qui reçoive les bénédictions afin qu'il puisse hériter de 2 tables, celle de ce monde et celle du monde à venir.
[Chla haKadoch - Toldot Torah Ohr]

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-> Essav était si mauvais qu'il était même incapable d'imaginer que son comportement puisse être la source de ses problèmes. C'est pourquoi il regarda vers l'extérieur afin de rectifier la situation.
Selon lui, le problème était tout-à-fait extérieur à lui ...

Ce terrible défaut, à savoir l'incapacité à envisager chez soi le moindre défaut, se retrouve dans le nom même d'Essav.
Le nom d'Essav est lié au mot : "assouy" (qui signifie "accompli", "terminé"), ce qui veut dire qu'Essav ne voyait absolument aucune nécessité de s'amender car il se considérait comme un être parfait et accompli en tous ses points.

Nous voyons que la guématria de "Essav" est égale à celle du mot "shalom" (376), qui signifie "paix" et "entier".
Car Essav était en paix avec lui-même. Il était incapable de ressentir cet appel que tout être humain ressent naturellement au moins une fois dans sa vie : celui de reconnaître son imperfection et d'essayer de s'améliorer.

Par exemple, lorsqu'il entra chez son père Its'hak et vit que Yaakov avait déjà reçu les bénédictions spirituelles, tout son monde s'écroula : il resterait à jamais subordonné à Yaakov et à ses descendants.
A cet instant précis, Essav aurait dû réaliser qu'il était en cause et que ce malheur ne s'abattait sur lui qu'à cause de ses propres méfaits.
Pourtant, il ne se tourna pas vers sa propre personne mais vers les autres membres de sa famille ; à ses yeux le problème prenait sa source chez eux et non chez lui.
Essav se dit qu'il a commis une erreur en épousant des filles de Canaan, étant donné qu'elles avaient été maudites à jamais (Béréchit 9,25). Ce devait être là la raison pour laquelle le sort s'acharnait contre lui.

Il se tourna donc vers son oncle Yichmaël afin de trouver une nouvelle épouse (Toldot 28,9) ; Yichmaël étant lui (aussi un descendant d'Avraham et ayant bénéficié de sa propre bénédiction, épouser l'une de ses filles aurait certainement le pouvoir de restaurer sa chance, pendait-il).
Essav avait ainsi l'intention de tuer Yaakov, et il espérait le voir s'affaiblir sur le plan spirituel suite à sa rencontre avec Lavan.

=> Il ne prit pas la peine de considérer ses actes pervers, tout ne venait que de l'extérieur (ex: c'est à cause de l'ascendance de ma femme!).

-> Quiconque appelle Avram [son premier nom, au lieu de Avraham] transgresse un commandement positif.
Mais quiconque appelle Israël Yaakov [Israël est le nom que Yaakov reçut de D.] n'a rien transgressé, car même la Torah l'appelle ainsi par la suite.
[guémara Béra'hot 13a]

Le mot "Yaakov" signifie "talon" ...
Le Avné Nézer (père du Chem miChmouël) explique : même après être devenu Israël, Yaakov continua de voir en lui un "talon". Pour lui, la seule manière de vivre une existence pleine de sens consistait à s'auto-analyser et à s'auto-améliorer constamment.
Et s'il était désormais Israël aux yeux de Hachem et des hommes, il demeura le même Yaakov à ses propres yeux.

=> Nous devons apprendre de là, la différence entre Yaakov et Essav.
L'erreur fatale d'Essav consistait à son refus de se remettre en cause et de s'amender aux aléas de l'existence. [tout n'est qu'extériorité!]
Quant à Yaakov, qui nous sert d'exemple jusqu'à aujourd'hui, il comprit que le secret d'une existence accomplie réside dans l'aptitude à scruter ses actions et à modifier son comportement en fonction des circonstances. [tant qu'on vit, c'est qu'il nous reste à parfaire notre intériorité]
[Chem miChmouël - Toldot 5672]

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-> Le Toldot Yaakov Yossef dit que :
- le nom Yaakov vient de ékev : talon = c'est une allusion au fait que Yaakov pensait toujours au talon, au résultat final de toute chose.
[ex: nos Sages nous conseillent de s'interroger avant tout acte : au final, qu'est-ce que j'y gagne? qu'est-ce que j'y perds?]

Tandis que que Essav (faire) = implique une impulsivité, une action immédiate sans considérer les conséquences.

Cela s'illustre au moment du plat de lentilles :
- pour Essav qui toute sa vie ne pensait qu'à l'instant présent, alors la réalité présente (olam azé) avait plus d'importance à ses yeux, au point qu'il a donné un plat de lentilles en échange du monde futur.

D'après le rav Elimélé'h Biderman, il était paresseux, en demandant à Yaakov de lui verser dans la bouche la soupe de lentilles. Il ne voulait même pas faire l'effort de prendre une cuillère, ou bien de lever et verser la soupe lui-même, ce qui prouve à quel point il était paresseux.
De plus dans la Torah, il demande à avoir de ce plat rouge (adom) sans poser de question sur son contenu. Cela témoigne de son inconscience, de son impulsivité à dévorer la matérialité.

[certes sur le moment il a pu assouvir sa faim, au détriment du droit d'aînesse, mais plus tard il va souffrir des conséquences, et il va crier : "II m'a enlevé mon droit d'aînesse" (Toldot 27,36).

Au-delà de l'aspect spirituel, cela peut s'appliquer par exemple à ceux qui vont manger trop de nourriture non saine, et qui vont en être malade par la suite.]

- une personne sage va regarder plus largement (plutôt que d'être prisonnière de ses pulsions du moment), elle a conscience du caractère éphémère de ce monde, qui n'est qu'un lieu de passage permettant de construire notre monde éternel.
La guémara (Tamid 32a) dit : "Qui est sage? Celui qui voit ce qui va arriver".

Ainsi, Yaakov renvoie au "talon", car il avançait pas à pas, action après action, vers le monde futur (olam aba), tandis que Essav (qui signifie "accompli", "terminé") faisait du surplace, se considérant déjà au terminus de sa vie (reniant le monde à venir).

[lorsque l'on regarde ce monde extérieurement on a l'impression qu'il y a des lois de la nature, mais quand on regarde à l'intérieur, à la source de toute chose, on y découvre Hachem. C'est là la différence entre Yaakov et Essav, arriver à voir dans toute situation, en toute chose, son intériorité, sa finalité, faire la volonté de D.]

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-> Le 'Hovat haLévavot (Chaar 'Hechbon haNéfech 3,25) écrit :
"On doit faire un 'hechbon néfech et penser à quel point nous aimons beaucoup ce monde-ci, à quel point notre amour pour les plaisirs de ce monde (olam azé) est tellement supérieur à notre amour pour le monde futur (olam aba).

Nous devons essayer de déraciner notre amour pour ce monde, afin d'y mettre à la place de l'amour pour le monde à venir.
On réalise cela en pensant à la finalité des 2 mondes ...
Un sage se dit : "De même que le feu et l'eau ne peuvent pas coexister ensemble dans un même récipient, de même dans notre cœur il ne peut pas coexister en même temps un amour [intense] pour [ce que propose] ce monde-ci, et le monde futur."

-> Si l'on a sur nous un regard plein d'humilité (Yaakov -> talon : membre le plus bas du corps), alors on pourra terminer sa vie en tant qu'Israël (symbolisant un juif accompli).
Ce monde-ci avec toutes ses réalités va disparaître un jour, et il est donc sage d'investir sur des choses qui vont durer éternellement.

Le 'Hafets 'Haïm fait remarquer qu'on investit tellement pour avoir de quoi vivre dans ce monde-ci, et si peu pour avoir de quoi évoluer dans notre monde à venir, alors que cela devrait être l'inverse.

Il est important de préciser que lorsqu'un juif utilise ce monde pour atteindre un super monde futur, alors il gagne également ce monde-ci.
Par exemple, on peut citer la émouna qui nous permet de prendre la vie avec joie et positivisme. [en plus de faire la mitsva de la émouna!]
Ceux qui ont la émouna sont joyeux car ils savent que tout est pour leur bien, et ils ont confiance que Hachem va très les en sortir.

[quelqu'un qui a émouna n'est jamais seul, puisqu'Hachem est toujours là, tandis que sinon on se sent seul, dépassé, plein de questions, d'inquiétudes, ...
Avec la émouna, la vie a toujours bon goût, tandis qu'en son absence elle peut être sans goût, voir dégoûtante, même si on possède beaucoup de biens.]

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-> Le rav Avigdor Miller dit que Yaakov (ékev - talon) était rempli d'humilité et il se sentait ne pas mériter les bienfaits de Hachem.
Même s'il a eu une vie difficile, il se focalisait sur le positif, acceptant de ne pas comprendre, et que c'est déjà très bien, vu que je ne mérite rien normalement.
Il avait une attitude de : gam zou létova (cela aussi est pour le bien).
[avoir de la gratitude envers D. = tout n'est pas un simple dû!
On ne fait pas 2 choses en même temps. Ainsi, j'apprécie ce que j'ai, plutôt que de me plaindre éternellement de ce que je pourrais avoir]

Mais également, il est écrit : "Un moment de téchouva (retour vers D.) et de bonnes actions dans ce monde a plus de valeur que tout le monde futur.
Et un moment de bonheur dans le monde futur est meilleur que tout ce monde-ci." [Pirké Avot 4,22]

Ainsi, on a beau avoir toute la richesse du monde, touts les honneurs, tous les plaisirs de ce monde, et bien cela n'est rien par rapport à un instant de Torah ou de téchouva que les descendants de Yaakov peuvent profiter dans ce monde ci.

En ce sens, le Ohr ha'Haïm haKadoch (Ki Tavo 26,8) enseigne :
"Le vrai bien est la Torah. Si les gens goûtaient la douceur et la bonté de la Torah, ils en deviendraient fou, et ils courraient passionnément après elle.
Une maison remplie d'or et d'argent ne serait alors rien à leur yeux, car la Torah a en elle toutes les bontés de ce monde".

On peut ajouter que selon nos Sages les efforts qu'un juif investit dans la Torah, les bonnes actions, vont venir se déduire des efforts, des souffrances qu'il aurait dû avoir dans la matérialité de ce monde.

=> Ainsi, Essav doit souffrir sans raison, tandis que Yaakov le fait avec du sens : celui de faire dans la joie la volonté de D. par la Torah et les mitsvot.

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-> On a : Yaakov qui "demeurant dans les tentes" et Essav "un homme des champs".
La différence entre une tente et l'extérieur, est que dehors il n'y a pas de murs, de limites.

Le Yétev Lev dit que cela décrit une différence entre Yaakov et Essav.
Yaakov s'est imposé les limitations de la tradition juive afin de rester dans le domaine de la sainteté, tandis qu'Essav a vécu sans limites, sans barrières personnelles, tout lui était permis.

L’humilité permet de recevoir les bénédictions

+ L'humilité permet de recevoir les bénédictions : (paracha Toldot)

-> Le midrach (Béréchit rabba 65,11-15) dit que lorsque Yaakov est allé voir son père pour lui amener la nourriture : "il était courbé, pleurant et son cœur fondait comme de la cire".

-> Le rabbi de Koziglov (séfer Erets Tsvi) explique à quel point cela devait être humiliant pour Yaakov, lorsqu'il a dû s'habiller comme Essav afin de recevoir les bénédictions.
En effet, Yaakov avait conscience de la grandeur de son père, et celui-ci avait sûrement de bonnes raisons de préférer Essav à lui, pour lui donner les bénédictions aux conséquences énormes pour lui et sa descendance.

A quel point Yaakov a dû être dévasté de se sentir un moins aimé que Essav.
Yaakov étudiait et priait à la maison d'étude, et malgré cela Its'hak semblait aimer davantage Essav.

Le rabbi de Koziglov dit que c'est tous ces sentiments (plus ou moins conscient) d'humilité qui ont rendu Yaakov méritant de recevoir les bénédictions.
En effet, il y a un principe : Hachem accorde Ses bénédictions aux humbles.

=> Le contexte a rabaissé Yaakov, ce qui l'a rendu très humble (ex: il ne pouvait même pas se dire c'est normal, cela me revient de droit grâce à mon étude de la Torah, mes prières, ...), et il était alors un beau et grand réceptacle pouvant contenir les énormes bénédictions de son père.

Le rabbi de Koziglov dit également qu'à chaque fois que nous traversons un moment humiliant [en l'acceptant : sans se révolter contre Hachem, contre la personne qui nous l'inflige], cela va purifier énormément notre âme.
[en plus de créer un grand réceptacle permettant de recevoir les bénédictions d'Hachem]
C'est grâce à cela que Yaakov est devenu pleinement méritant de recevoir des bénédictions aussi énormes!

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-> Le rav Elimélé'h Biderman enseigne sur ce sujet : l’aptitude d’un homme à recevoir les bénédictions de Yaakov (qui englobent tous les bienfaits matériels et spirituels ensemble) se mesure à sa disposition à se soumettre et à son humilité. Car les actes des Patriarches sont un signe pour leurs descendants.

-> Le Kli Yakar explique d’après cela la raison pour laquelle Yaakov fit passer Efraïm avant l’aîné Ménaché lorsqu’il les bénit. Il est en effet écrit alors : "Lui aussi (Ménaché) sera un peuple et lui aussi sera grand, cependant son petit frère (Ephraïm) sera plus grand que lui".
Le Kli Yakar écrit :
"Car Hachem choisit particulièrement les petits. Et ceux qui possèdent cet aspect de petitesse, Il les élève pour en faire des myriades, comme il est écrit : "Ce n’est pas parce que vous êtes plus nombreux que tous les peuples qu’Hachem vous a désirés, car vous êtes la minorité" (Vaét'hanan 7,7), ou encore : "Le petit deviendra des milliers et le cadet un peuple puissant" (Yéchayahou 60,22).
Cela se réalisa d’ailleurs dans toute la descendance d’Avraham : Yichmaël son aîné fut disqualifié au profit d’Its’hak, Essav l’aîné d’Its’hak au profit de Yaakov, Réouven l’aîné de Yaakov au profit de Yossef, Ménaché l’aîné de Yossef fut béni en seconde place après Ephraïm."

-> "Voyez le parfum de mon fils comme le parfum d’un champ béni par Hachem" (Toldot 27,27)
Rabbi Leïbelé Eiguer (Torat Emet) explique que lorsque Yaakov pénétra chez Its’hak vêtu de la tunique somptueuse de Essav, son coeur était brisé. Le parfum exquis que Its’hak sentit à ce moment-là était précisément dû à ce coeur contrit.
La bonne odeur qui se dégageait de Yaakov à cet instant le fit s’exclamer : "Voyez le parfum de mon fils comme le parfum d’un champ béni", les herbes aromatiques du champ contiennent en permanence leur parfum, néanmoins, lorsque l’on en brise la tige, celui-ci se dégage davantage.
Il en est de même chez chaque juif : lorsque son coeur se brise, une odeur exquise se dégage de son âme avec une intensité redoublée. La prière qui provient de ce coeur contrit, elle aussi, est beaucoup plus acceptée.

-> "Its’hak s’épancha en prières au sujet de sa femme" (Toldot 25,21)
Rachi : "(Its’hak) s’épancha (vayétar) en prières : il abonda en prières avec insistance."
A priori, nos Sages font remarquer, il semble que seulement Its’hak dut faire autant d’efforts dans sa prière et non Rivka. En effet, comme elle était une tsadékète fille d’un racha (Bétouël), son coeur était brisé en pensant à ses origines. Dès lors, sa prière monta directement au Ciel. En revanche, étant tsadik fils de tsadik, Its’hak n’avait pas le coeur aussi brisé que le sien.
Pour cette raison, il dut redoubler d’efforts dans sa prière.

[bien que nous n’ayons pas la moindre idée du niveau d’Its’hak, il nous est permis toutefois de réfléchir à notre propre situation. Et d'en tirer l'énorme puissance d'avoir un coeur brisé, d'être vraiment humble.]

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-> "Hachem répondit à lui" = Hachem a répondu à Its'hak, et ce grâce aux prières de Rivka pour lui, et alors ils ont eu des enfants.
=> Ainsi, les prières de Rivka ont été plus efficaces, grâce à son humilité.

Le Tsémé'h Hachem laTsvi conclut que pour chacun d'entre nous, certes l'ascendance peut être un énorme plus pour nos prière, mais cependant (même pour un enfant de racha) la qualité d'humilité rend une prière incomparativement plus importante.
[le divré Torah complet se trouve : https://todahm.com/2021/11/07/33589 ]

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-> Nos maîtres nous ont enseigné qu'Its'hak et Rivka se sont rendus au Har Hamoria pour prier là-bas. Il lui ligota les mains et les pieds en arrière et supplia que le ventre qu'elle lui présentait ainsi devant lui puisse recevoir des enfants. Grâce à cette prière au Har Hamoria, Rivka guérit.
Its'hak se mit, ainsi que son épouse, dans cette situation délicate dans le but d'augmenter la kavana de son cœur vis-à-vis de la stérilité de sa femme. [augmentant ainsi leur humilité, leur totale dépendance envers Hachem]
[rav Yissa'har Chmouëli Beniahou]

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-> L'humilité permet d'avoir une grâce aux yeux d'Hachem : https://todahm.com/2022/11/17/37889