Pâtisserie spirituelle depuis 5771 - b'h
 

+ Il est écrit (Vayéra 18,6) : "de farine", puis il est écrit : "de pur froment".

Rabbi Its'hak déduit (de cette contradiction) que la femme a l'"oeil étroit" envers les invités, plus que l'homme ...
"Les anges lui dirent : Où est Sarah ta femme? Avraham répondit : Elle est évidemment dans la tente" (Vayéra 18,9).
Ce verset veut nous faire savoir combien Sarah (notre Matriarche) était une femme pudique et discrète.
Rav Yéhouda a dit au nom de Rav, ou selon d'autres, c'est rabbi Its'hak qui a dit : Les Anges savaient très bien que notre mère Sarah était dans sa tente, mais (ils ont posé la question) afin de la rendre encore plus chère aux yeux de son époux.
Rabbi Yossi fils de Rabbi 'Hanina a dit que c'était pour envoyer à Sarah la coupe (de vin) qui avait accompagné la bénédiction (après le repas).
[guémara Baba Métsia 87a]

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-> Avraham aurait demandé à Sarah de prendre 3 Séa de farine ordinaire, car il savait que la nature des femmes est de se conduire généralement envers les invités avec un "œil étroit".
Avraham préférait que Sarah pétrisse de la farine ordinaire en quantité suffisante pour rassasier ses visiteurs plutôt qu'elle pétrisse du pur froment en petite quantité qui ne rassasierait pas ses visiteurs.
Mais Sarah comprit que le pétrissage de la farine ordinaire n'était pas la volonté de son époux, et finalement elle a pétri 3 Séa de pur froment.
C'est le fait qu'Avraham ait demandé à son épouse de pétrir de la farine et non pur froment qui est la preuve de "œil étroit" de la femme par rapport aux invités.
[Ktav Sofer]

-> Le Maharcha explique ainsi :
Sarah a amené de la farine ordinaire (kéma'h) à la place du pur froment (solet) qu'aurait souhaité Avraham, connu pour sa générosité et son œil bienveillant du fait que dans le verset (Vayéra 18,7), Avraham parle peu ("J'irai prendre un morceau de pain") et fait beaucoup ("Il courut prendre 3 veaux").
On en déduit que Sarah avait "l'œil étroit" envers les invités.

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-> Selon Rabbénou Efraïm, les lettres finales des 3 mots de l'expression : chloch séïm kéma'h (3 séa de farine - שְׁלֹשׁ סְאִים קֶמַח) forment : saméa'h (joyeux - שמח)
Il y a ici une allusion au fait qu'Avraham a voulu effectuer cette mitsva d'hospitalité malgré les difficultés pour lui ce jour-là, avec joie, selon le verset : "Servez Hachem avec joie" (ivdou ét Hachem béSim'ha - Téhilim 100).

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=> Pourquoi les Anges ont-ils demandé : "Où est Sarah?", et comment expliquer la réponse d'Avraham?

-> Le Divré David enseigne :
Le but des Anges, en demandant à Avraham où se trouvait Sarah, qui était absente au repas, était de souligner sa pudeur afin de la rendre plus chère dans le cœur de son époux.
Avraham, étonné par leur question, a répondu : "hiné baOhel" (elle est dans sa tente, évidemment), car je sais que mon épouse est discrète et réservée.

-> Le Pardess Yossef écrit :
lorsque les Anges ont constaté la générosité d'Avraham, qui les a reçus avec largesse et d'un œil bienveillant, ils ont été étonnés : du fait qu'une femme a "l'œil étroit" avec les invités, comment l'épouse d'Avraham ne l'a-t-elle pas empêché de les servir copieusement?
Ils ont donc pensé qu'elle était absente à ce moment, ce qui a suscité leur question : "Où est Sarah ton épouse?"
Avraham, qui avait compris le sens de leur question, répondit : "Elle est dans la tente", c'est-à-dire Sarah n'est pas comme la plupart des autres femmes qui ferment leur main à la tsédaka et à l'hospitalité, car elle sait que ce monde-ci est provisoire, comme un Ohel (tente) qui est une demeure provisoire.

-> Nos A'haronim commentent :
Les 3 Anges avaient souvent entendu dans le Ciel des compliments sur la grandeur d'Avraham.
Quand ils descendirent sur terre pour lui rendre visite, ils virent un homme simple et discret, peu enclin à publier ses bonnes actions.
C'est pourquoi ils lui ont demandé : "Où est Sarah ton épouse?", afin de la rencontrer, espérant qu'elle soit plus bavarde et les informe des bonnes actions de son époux et de sa grandeur.
Avraham leur répondit : "Elle est dans sa tente", c'est-à-dire selon Rachi : elle est discrète et réservée, donc ne comptez pas sur elle pour vous raconter mes bonnes actions.

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=> Était-il nécessaire que les Anges cherchent à rapprocher Avraham de Sarah, alors qu'il s'agissait d'un couple uni?

-> Le rav 'Haïm Chmoulévitch (Si'hot Moussar 10) enseigne :
Selon rabbi Its'hak, les 3 Anges savaient que Sarah était dans sa tente en raison de son caractère pudique et discret.
Leur demande à Avraham : "Où est Sarah?" avait pour seul but de souligner à Avraham la pudeur de Sarah, afin de la rendre plus chère à ses yeux.
Ainsi, les Anges ont tenu, au nom de la recherche du Shalom (paix), à rapprocher encore davantage Avraham et Sarah en vantant la discrétion de Sarah.
Pourtant, Avraham et Sarah formaient un couple uni et soudé, et avaient un âge avancé et un niveau angélique.
Cette enseignement de la guémara veut donc nous apprendre qu'il n'y a pas de limite dans la recherche du Shalom dans un couple, même uni.

De plus, lorsque Sarah, sceptique, réagit ainsi à la nouvelle d'un futur enfantement : "Et (pourtant) mon mari est un vieillard" (Vayéra 18,12), Hachem rapporta différemment à Avraham les propos de Sarah : "Vais-je vraiment enfanter, alors que je suis si vieille" (Vayéra 18,13), même si Avraham s'était lui-même posé auparavant la question : "Quoi! Un (vieillard) centenaire engendrerait-il encore?" (Lé'h Lé'ha 17,17).

Pourquoi Hachem a-t-il modifié les propos de Sarah?
C'est parce que si Avraham avait pris connaissance de l'affirmation de Sarah : "Et mon mari est un vieillard!", il aurait pu être un tant soit peu froissé et cela aurait légèrement troublé le Shalom de ce couple, pourtant soudé.
Hachem veut nous enseigner l'importance d'éviter la moindre division et l'importance du Shalom dans un couple même uni.

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-> "Ils lui dirent : "Où est Sarah ta femme"? Il[Avraham] dit : "Elle est dans la tente"." (Vayéra 18,9)

-> Rachi rapporte la guémara (Baba Métsia 87a) affirmant que les anges savaient très bien où était Sarah, mais c’était pour mettre sa décence en valeur et pour la rendre encore plus chère aux yeux de son mari.

-> Le rav Shlomo Wolbe pose une question sur cet épisode. Quand on discourt devant de jeunes mariés, lors de leurs Chéva Bérakhot (repas de fête durant la semaine qui suit leur mariage), il est normal de chanter les louanges du ’Hatan et de décrire longuement les qualités de la Kalla. Ceci, pour cimenter les liens du nouveau couple. Mais Avraham et Sarah avaient respectivement 100 et 90 ans à cette époque.
On ne sait pas exactement à quel âge ils se sont mariés, mais cela faisait certainement plusieurs décennies. Après une telle période de vie commune, si la femme n’est pas appréciée par son mari, un tel compliment n’aidera pas à rétablir l’harmonie ...
=> Ainsi quel but y avait-il à rendre Sarah encore plus chère aux yeux de son mari en soulignant sa pudeur? De plus, Avraham était un grand tsadik, le pilier du monde. On n’exalte généralement pas son côté romantique. Comment comprendre l’intention des anges : à savoir de rendre Sarah chère à ses yeux?

D’après le rav Wolbe, ce passage nous enseigne que le fait de "rendre l’un des conjoints plus cher aux yeux de l’autre" est nécessaire durant toute la vie commune des époux.
Cette guémara nous enseigne que l’on peut être marié depuis 30, 50, 60 ans ou plus, avoir souvent été chéri par son conjoint, les liens des mariés doivent tout de même constamment être renforcés, intensifiés. Il est donc essentiel que les conjoints se chérissent toujours davantage.
En l’occurrence, ce sont les anges qui entrainèrent ce renforcement des liens entre Avraham et Sarah, mais nous déduisons de ces versets qu’il incombe au mari et à la femme de toujours s’efforcer de voir l’autre de manière positive, de lui vouer toujours plus de respect et de s’en soucier toujours plus.

-> L’histoire suivante sert de parfait exemple quant à l’attitude à avoir envers son conjoint.
Rav David Hirschovitz était un fervent disciple du célèbre roch Yéchiva de Mir, le rav ’Haïm Chmoulevitz. Lors d’un voyage en Erets Israël, il lui rendit visite et le rav Chmoulevitz l’invita à déjeuner chez lui. Lors du repas, l’attitude du Rav Chmoulevitz troubla son élève, car elle ne semblait pas adaptée au statut du rav.
Dès qu’il entra chez lui, ce dernier demanda à sa femme ce qu’elle comptait leur servir à manger. Puis, il s’attabla et mangea tout son plat, ne laissant aucun reste. Son assiette était redevenue toute propre. Il demanda à sa femme ce qu’elle avait mis comme épice pour que le repas soit si bon. Quand celle-ci lui répondit, il demanda à être resservi et il termina à nouveau son assiette. "Vraiment délicieux!"

Rav Hirschovitz n’en croyait pas ses yeux! Une fois la rabbanite sortie de la pièce, il demanda à son rav : "Que se passe-t-il? À Mir, vous n’étiez concentré que sur votre étude ; c’était votre seule occupation, jour et nuit, au point qu’il fallait parfois vous rappeler de manger! Et quand vous finissiez de manger, il fallait parfois vous rappeler de réciter la bénédiction qui suit le repas, parce que vous aviez oublié que vous aviez mangé ..."

Et là, 40 ans plus tard, le rav Chmoulevitz demandait la recette du plat et dévorait sa part! L’élève ne comprenait pas.
Le rav Chmoulevitz répondit :
"Sache que je suis un grand Maguid Chiour [conférencier] en Erets Israël. Je ne te raconte pas ceci par orgueil. J’ai travaillé sur ces cours pendant 40 ans, je les ai dispensés à Mir, en Europe et à Shanghai. Je les ai retravaillés, améliorés, lus et relus. Ces cours sont des mines d’or! Sache que quand un jeune élève de 17 ans vient me complimenter à la fin d’un cours en me disant qu’il l’a apprécié, cela me réjouit énormément, ma journée est complètement différente! Pourtant quels sont le niveau et les connaissances de ce jeune homme? Il ne saisit pas la profondeur de la question posée, sans parler de la clarté de l’interprétation du passage de guémara ... Malgré tout, son compliment me réjouit, il me fait du bien, car telle est la nature humaine ...

Ce repas est comme l’un de ces cours pour ma femme. C’est toute son occupation et sa préoccupation : elle se soucie de moi et prépare tout ce dont j’ai besoin. Donc, pour lui faire plaisir, je mange ce qu’elle me sert avec appétit et plaisir. Je termine toute mon assiette. Mais je ne suis pas devenu glouton ; c’est son Chiour et je veux lui montrer que je l’apprécie."

Rav Chmoulevitz était alors marié depuis plus de 50 ans, mais il savait que tout individu a besoin d’être complimenté, peu importe le nombre d’années de mariages déjà célébrées.
Les Anges nous enseignent que la relation de couple se tisse et se développe sans cesse.

"Hachem se révéla à lui (Avraham) dans les plaines de Mamré, tandis qu'il était assis à la porte de sa tente, pendant la chaleur du jour" (Vayéra 18,1)

Quelle est l'intention de l'expression "pendant la chaleur du jour"?
Rabbi 'Hama bar 'Hanina répond : ce jour-là était le 3e jour après la circoncision d'Avraham (âgée de 99 ans) et Hachem vint prendre de ses nouvelles ; Il fit sortir le soleil de son écrin afin que ce tsadik ne soit pas dérangé par des invités.
[selon Tossefot Yom Tov (Shabbath 9), le 3e jour après la circoncision est le jour où celui qui est circoncis souffre le plus et est en danger, car il est dans un état de faiblesse. Cela justifie le choix de ce 3e jour par Hachem pour rendre visite à Avraham.
Ce jour-là était le jour de Kippour selon les Pirké déRabbi Eliézer ou était le 15 Nissan (le jour de Pessa'h) selon l'avis de rabbi Yéhochoua (dans guémara Roch Hachana 10a)]

Avraham envoya Eliézer (son serviteur) à l'extérieur, à la recherche de visiteurs, mais il n'en trouva pas .
Avraham lui dit : "Je ne te crois pas", selon le proverbe : un serviteur n'est pas crédible.
Avraham sortit alors lui-même et il vit Hachem devant la porte, selon le verset : "Ne te retire pas, je Te prie, d'auprès Ton serviteur" (Vayéra 18,3).
Cependant, Hachem vit qu'Avraham faisait et défaisait son pansement et Il pensa qu'il n'était pas convenable de rester.
De même, à propos du verset : "Il leva les yeux et vit, et voici 3 hommes étaient debout auprès de lui ; dès qu'il les vit, il courut à leur rencontre" (Vayéra 18,2) : au début, ils s'approchèrent d'Avraham, mais lorsqu'ils virent ses souffrances, ils se dirent qu'il n'est pas convenable de rester ici (ils repartirent et Avraham courut pour les ramener).
Qui étaient ces 3 personnages?
Il s'agit de (3 Anges) : Mikhaël, Gavriel et Raphaël : Mikhaël est venu pour annoncer à Sarah (la futur naissance d'un fils) ; Raphaël est venu pour guérir Avraham ; Gavriel est venu pour détruire Sodome.
Pourtant il est écrit : "Les 2 Anges arrivèrent à Sodome le soir" (Vayéra 19,1).
En fait Mikhaël accompagna Gavriel afin de sauver Loth, mais Gavriel détruisit seul Sodome, car il est écrit : "Il détruisit (au singulier) ces villes" (Vayéra 19,25), et non pas : "ils détruisirent (au pluriel) ces villes".
[guémara Baba Métsia 86b]

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=> Pourquoi Hachem se révéla-t-Il à Avraham? Pourquoi Avraham restait-il assis devant sa tente? Comment comprendre l'expression "dans la chaleur du jour"?

-> Le midrach (Béréchit rabba chap.47) dit :
La lettre vav du mot : vayéra (וירא - Il se révéla), du 1er verset (Vayéra 18,1), relie cette révélation Divine à la circoncision d'Avraham signalée dans le verset précédent (le dernier verset de Lé'h Lé'ha).
En effet, après la circoncision, Avraham craignait que ce signe distinctif dresse une barrière séparatrice entre lui et les autres gens et le confine dans un isolement social qui l'empêcherait d'exercer son 'hessed (sa bienveillance envers autrui).
C'est pourquoi Hachem se révèle à Avraham, pour lui faire comprendre que même si la circoncision le sépare des autres hommes, elle le rapproche de Lui et le rend digne de recevoir la visite d'Hachem qui vient demander de ses nouvelles.

-> Le midrach (Béréchit rabba chap.48) écrit :
Avraham était assis à la porte de sa tente, car bien que souffrant, il était à la recherche d'invités pour les rapprocher d'Hachem, en leur offrant l'hospitalité.
Rabbi Bérékhia fait remarquer que le mot : "yochev" (il était assis - יושב) est écrit sans le vav et se lit "yachav" (il s'assit - ישב) pour nous enseigner qu'Avraham allait se lever dès qu'il aperçut la présence Divine, mais Hachem lui demanda de rester assis et il se rassit.
Hachem lui dit : tu seras un signe pour tes descendants qui seront assis pour réciter le Shéma devant Ma Majesté, mais Moi, présent, Je resterai debout.

->Le Chaaré Sim'ha enseigne :
L'expression : Il était assis (yochev - יושב) est à prendre au sens figuré, c'est-à-dire qu'Avraham, malgré ses souffrances et la chaleur, conservait sa ligne de conduite habituelle, à la recherche de passants qu'il désirait faire entrer sous les ailes de la Présence Divine, aidé par l'hospitalité désintéressée qu'il offrait à tous.
Il agissait ainsi à la manière de la "chaleur du jour".
En effet, comme les rayons ardents du soleil, Avraham dispersait ses bienfaits à tous, sans discrimination.
De plus, il vit que la Présence Divine avait consenti à quitter les hautes sphères Célestes pour lui rendre visite à lui, simple mortel, et il l'imita en descendant lui-même de son haut niveau pour s'abaisser au niveau de ceux qui avaient besoin de son hospitalité sur les 2 plans : matériel et spirituel.

-> Le rav Chimchon Raphaël Hirsch explique :
La chaleur du jour vient souligner qu'Avraham, malgré la douleur de la circoncision récente, ne recherche pas l'ombre, mais guette des voyageurs de passage qui souffriraient de l'ardente chaleur du soleil ce jour-là, afin de les inviter à l'ombre de sa tente.

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=> Pourquoi Avraham n'a-t-il pas cru à l'échec de la mission de son serviteur Eliézer?

-> Le Ben Ich 'Haï répond :
Lorsque Eliézer, le serviteur d'Avraham, revint bredouille de sa mission d'aller chercher des visiteurs, Avraham n'y a pas cru et l'a soupçonné de mentir.
Pourquoi ce soupçon?
Pourtant Eliézer était un tsadik, un 'hakham et puisait la Torah de son maître.
En fat, Avraham soupçonnait Eliézer de mentir avec une bonne intention, pour le bien de son maître : il voulait lui épargner tout dérangement lié à l'hospitalité de visiteurs en ce jour de chaleur ardente qui coïncidait avec le 3e jour de la circoncision de son maître, souffrant et faible.

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=> Pourquoi Hachem a-t-Il envoyé 3 invités alors qu'Il avait fait sortir le soleil de son écrin, afin de ne pas déranger Avraham?

-> Le Divré David enseigne :
Rachi dit, à propos du verset : "Hachem a sorti le soleil de son écrin, afin de ne pas fatiguer Avraham par la présence de visiteurs. Mais, voyant qu'Avraham avait de la peine, car aucun invité ne se présentait, Hachem lui envoya 3 Anges à forme humaine" (Vayéra 18,1).
Si Hachem ne voulait pas déranger Avraham en ce 3e jour après sa circoncision, en créant une chaleur excessive qui découragerait tout passant, pourquoi a-t-il finalement envoyé 3 invités à Avraham?
Il est impensable qu'Hachem ait modifié Sa volonté initiale.
En fait, Hachem a envoyé finalement les 3 personnages pour mettre en valeur le niveau élevé d'Avraham.
En effet, malgré son désir de faire du 'hessed et d'offrir l'hospitalité, Avraham était ce jour-là dans un état de cas de force majeure (oness) et était donc dispensé d'offrir l'hospitalité.
Or, quiconque a l'intention sincère de pratiquer une mitsva, mais en est empêché par un cas de force majeure, est considéré dans le Ciel comme s'il l'avait réalisée.
Cependant, Hachem vit qu'Avraham n'avait pas l'esprit apaisé, car sa volonté était de réaliser la mitsva d'hospitalité concrètement.
C'est pourquoi, Avraham s'assit à la porte de sa tente, sous un soleil ardent.
Hachem a alors fait venir auprès d'Avraham 3 Anges à figure humaine pour qu'il soit satisfait de réaliser concrètement l'hospitalité, sinon Il aurait envoyé des invités à l'apparence d'Anges.

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=> Pourquoi l'ordre de citation des 3 Anges : Mikhaël, Gavriel et Raphaël a-t-il été modifié lorsque la guémara (ci-dessus) explicite leur mission?

-> Le Ben Ich 'Haï écrit :
Au début la guémara cite les 3 Anges venus visiter Avraham dans l'ordre de niveau hiérarchique décroissant : Mikhaël, puis Gavriel et enfin Raphaël.
Par contre, lorsque la guémara cite les missions confiées à chacun d'eux, elle cite les 3 Anges dans l'ordre chronologique des missions à effectuer : Mikhaël, Raphaël et Gavriel.
En effet, Mikhaël est venu d'abord annoncer à Sarah la prochaine naissance de son fils unique Its'hak, puis Raphaël est venu guérir Avraham, ces 2 missions ont été réalisées le même jour, le jour de leur arrivée.
Ce n'est que le lendemain que l'Ange Gavriel détruisit la région de Sodome, c'est pourquoi la mission de Gavriel a été citée en dernier.

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=> La mission des 3 Anges auprès d'Avraham était-elle nécessaire?

-> C'est l'ange Mikhaël qui viendra sauver Loth et ses filles, grâce au mérite d'Avraham, avant que l'Ange Gavriel ne détruise la région de Sodome.
[Rambam - Vayéra 18,2]

-> Le rav Dessler (Mikhtav méEliyahou - tome.4) enseigne :
Nous comprenons la présence chez Avraham des 2 Anges de miséricorde : l'Anges Mikhaël pour annoncer la naissance d'Its'hak et sauver Loth, ainsi que l'Ange Raphaël pour guérir Avraham, afin de souligner le niveau de bonté ('hessed) et de miséricorde d'Avraham.
Mais la présence de l'Ange Gavriel, l'Ange de la rigueur chargé de détruire Sodome, n'était pas nécessaire chez Avraham dont la qualité de bonté est à l'opposé de la rigueur (midat hadine).
Cependant, sa présence chez Avraham vient enseigner que la rigueur n'est pas étrangère à la notion de bonté, comme le prouve Its'hak, caractérisé par la midat hadine, qui a pourtant fait preuve de 'hessed en priant pour le sauvetage des Bné Israël (cf. guémara Shabbath 89b).

"Avraham courut vers le bétail ; il prit un veau, tendre et bon" (Vayéra 18,7)

Rav Yéhouda a dit au nom de Rav : un veau (une unité), tendre (un second veau) et bon (un 3e veau) ...
"Ensuite, il prit de la crème et du lait puis le veau qui avait été apprêté et le mit devant eux" (Vayéra 18,8).
C'est pour enseigner qu'Avraham présentait les plats (aux 3 invités) au fur et à mesure de leur préparation.
Pourquoi fallait-il 3 veaux? Un seul aurait suffi!
Rav 'Hanane bar Rava répond : c'est parce qu'Avraham tenait à ce que chaque invité mange une langue (de veau) à la moutarde.
Rabbi Tan'houm ben 'Hanilaï a dit : Un homme ne doit jamais modifier les coutumes du lieu où il se trouve ; c'est ainsi que Moché est monté au Ciel (durant 40 jours) et ne mangea pas ; de même les 3 invités d'Avraham (3 anges descendus sur terre) ont mangé.
Ont-ils vraiment mangé?
En fait, ils firent semblant de manger et boire.
Rav Yéhouda dit encore au nom de Rav : Tout ce qu'Avraham a fait lui-même (de ses propres mains) pour les Anges, Hachem le fit Lui-même pour ses enfants ; tout ce qu'Avraham fit faire par un délégué, Hachem le fit faire aussi par un délégué ...
On enseigne à l'école de Rabbi Yichmaël que 3 actes (d'hospitalité) d'Avraham ont valu à ses descendants 3 bienfaits :
- en récompense de la crème et du lait offerts, ses descendants ont bénéficié de la manne ;
- en récompense du fait qu'Avraham se tenait auprès d'eux sous l'arbre, ses descendants bénéficièrent des nuées protectrices ;
- en récompense de l'eau qu'Avraham fit apporter (à ses invités), ses enfants ont bénéficié de la source (puits) de Myriam.
[guémara Baba métsia 86b]

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=> Pourquoi Avraham a-t-il servi des langues de veau à la moutarde et d'où rav 'Hana le déduit-il?

-> Selon Rachi, Avraham a voulu recevoir royalement ses 3 invités. C'est pourquoi, il leur a servi à chacun une langue de veau à la moutarde qui est un plat de délices réservé aux rois et aux princes.
De plus, ce plat aiguise l'appétit et donne envie à l'invité de manger davantage, ce qui prouve l'œil bienveillant d'Avraham.
[Ben Ich 'Haï]

-> Bien que la Torah n'ait pas dit explicitement qu'Avraham leur a servi des langues de veau, il y a cependant une allusion dans ce verset de la paracha : "Je vais apporter une tranche de pain afin de restaurer votre cœur, ensuite vous poursuivrez votre chemin" (Vayéra 18,5).
Ainsi Avraham leur a permis de ne pas rester longtemps auprès de lui ; c'est pourquoi, il ne leur a pas donné à manger de la viande de veau qui aurait nécessité le dépeçage et le découpage en morceaux, mais il leur a servi la langue qui ne nécessitait pas ces opérations, afin de les servir plus rapidement.
[Rachbatz - Pirké Avot 1,15]

-> Le Maharcha écrit :
Il y a une allusion, dans l'expression : "ra'h vétov" (tendre et bon - רך טוב) qui qualifie le veau, au fait que la moutarde ('hardal - חרדל) a accompagné les langues de veau servies.
En effet, la guématria de : ra'h tov (רך טוב) est de 243, et c'est la même que le mot : 'hardal (חרדל) : 242 à qui on ajoute 1 (pour le mot lui-même - le kollel).

-> Le Kol Eliyahou enseigne :
Avraham a ajouté la moutarde aux 3 langues de veau afin d'adresser le message allusif suivant à ses invités : 3 qualités (midot) permettent de reconnaître si un homme (ou un invité) est convenable, et ces 3 midot se retrouvent dans les lettres du mot : bé'hardal (avec de la moutarde - בחרדל) :
1°/ Aimer les pauvres, car le mot בחרדל peut se lire : bo'her dal (il choisit et il aime le pauvre - בחר דל).
2°/ Se contenter de peu, car les lettres du mot בחרדל peuvent se réécrire : 'hadal rov (חדל רב), c'est-à-dire qu'il s'abstient de courir après la multitude de richesse.
3°/ Se soucier d'accomplir la Parole Divine, car les lettres du mot בחרדל peuvent se réécrire : 'harad lev (חרד לב), c'est-à-dire son cœur se soucie (tremble de bien accomplir les Commandements Divins (mitsvot).

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-> "Je prendrai une miche de pain et vous rassasierez votre coeur, ensuite vous passerez" (Vayéra 18,5)

-> Lorsqu'Avraham vit les anges, il pensa qu'il s'agissait d'Arabes venus se moquer de lui pour s'être fait à lui même la circoncision et ainsi avoir changé la création du Créateur.

Aussi Avraham leur dit : "Je prendrai une miche de pain", je veux vous répondre à l'aide d'une miche de pain. Celle-ci ne permet de rassasier le coeur qu'après avoir subi une transformation de son état initial qui était d'être sous forme de grains de blé et d'orge.
"Ensuite vous passerez" - vous changerez votre avis et votre façon de penser qui était la vôtre jusqu'à présent, car vous comprendrez que le sujet de la brit mila fait qu'il incombe à l'homme de se parfaire et de parfaire ce qui a été créé, et que cela est concrètement et vraiment la volonté d'Hachem.
[Tsor ha'Haïm]

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=> Les preuves apportées par rabbi Tan'houm pour justifier qu'un homme doit s'adapter aux coutumes du lieu où il se trouve sont-elles contestables?

-> Le Maharcha explique :
La preuve du principe énoncé par rabbi Tan'houm, qui a cité l'exemple de Moché qui n'a pas mangé durant 40 jours, peut être contestée. En effet, Eliyahou haNavi aussi n'a pas mangé durant 40 jours dans le désert, sur terre!
Cette objection peut être levée par le fait que Moché est monté au Ciel à 3 reprises durant 40 jours à chaque séjour sans manger : lorsqu'au premier séjour, il a constaté le miracle qui lui a permis de tenir durant 40 jours sans rien consommer, il n'aurait pas dû compter sur des miracles au second séjour et au 3e séjour et il aurait dû amener du pain et de l'eau.
Du fait qu'il n'a amené aucune provision ni à la seconde montée ni à la troisième, cela prouve qu'un homme ne doit pas changer les coutumes du lieu où il se trouve.

-> Le Ben Ich 'Haï enseigne :
L'objection à partir de l'abstinence d'Eliyahou mentionnée dans ce verset : "Eliyahou mangea et but ; réconforté par ce repas, il marcha 40 jours" (Méla'him I 19,8), peut être ainsi levée : pour pouvoir traverser le désert de 'Horev sans provisions, Eliyahou a bénéficié miraculeusement d'une bénédiction dans ses intestins qui ne digéraient chaque jour qu'une partie du repas, tout en étant rassasié.
Par contre, pour Moché, c'était le contraire : le repas qu'il avait consommé avant sa montée au Ciel était déjà digéré avant les 40 jours de son séjour Céleste.

-> Selon le Maharal (Gour Ariyé), peut-être que les anges ont agi par respect pour Avraham, et non pas par obligation de suivre les coutumes du lieu.
[Il est écrit : "vayokhlou" (et ils mangèrent - ויאכלו - Vayéra 18,8), et Rachi explique : ils firent semblant de manger car les Anges comme les être Célestes, n'ont pas la possibilité de manger. Rachi s'est basé sur le fait que les lettres du mot ויאכלו réarrangées forment le mot וכאילו (oukéilou - comme si).
Ils plaçaient la nourriture dans leur bouche et elle était brûlée, car les Anges sont eux-mêmes du feu.]

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=> Les 3 bienfaits accordés aux Bné Israël dans le désert sont-ils dus au mérite d'Avraham ou aux mérites de Moché, Myriam et Aharon?

-> Notre guémara (ci-dessus), qui attribue à Avraham le mérite des 3 bienfaits (manne, puits d'eau et nuées protectrices) pour son hospitalité exemplaire, est en contradiction avec la guémara (Taanit 9a) qui attribue ces 3 bienfaits aux mérites respectifs de Moché, Myriam et Aharon.
=> Comment comprendre cette contradiction apparente?

[selon rabbi 'Haïm Chmoulévitch, pourquoi Avraham en offrant à ses invités de l'eau, de la crème et du lait, a-t-il eu un tel mérite dont ses descendants ont bénéficié dans le désert durant 40 ans? Qu'y a-t-il d'exceptionnel? Tout juif aurait servi à son invité de l'eau et même de la crème et du lait!
C'est vrai, cependant Avraham a donné à travers cette eau et ce lait toute son âme et tout son cœur ; et c'est cela qui lui a donné un tel mérite.]

-> Le Maharcha enseigne :
C'est bien par le mérite d'Avraham que l'on a bénéficié dans le désert de la manne, de l'eau et des nuées de gloire, mais durant une période courte. Cependant, par le mérite de Moché, de Myriam et d'Aharon, la récompense de ces 3 bienfaits s'est prolongée durant 40 années : c'est pourquoi, à la mort d'Aharon, les nuées protectrices ont disparu ; à la mort de la prophétesse Myriam, l'eau a manqué et à la mort de Moché, la manne cessa de tomber.

-> Le Ben Ich 'Haï écrit :
Initialement, Hachem a décrété ces 3 bienfaits aux descendants d'Avraham pour son mérite d'hospitalité, réalisables dans le désert à la sortie d'Egypte.
Mais les Bné Israël sont sortis d'Egypte "béyad rama" (avec un esprit hautain, selon le Targoum), et de ce fait, ils ont perdu le bienfait des nuées protectrices promises à Avraham.
Mais ces nuées les ont quand même enveloppés par le mérite d'Aharon.
De même, après épuisement des provisions de nourriture, la manne devait tomber du Ciel par le mérite d'Avraham en récompense de la crème et du lait amenés à ses invités ; mais du fait qu'ils se sont plaints à Moché : "Tu nous a fait sortir d'Egypte pour nous faire mourir de faim", ils ont perdu ce bienfait (la manne) promis à Avraham, mais la manne leur a quand même été donnée par le mérite de Moché.
Enfin, après épuisement de leur eau, ils ont perdu le mérite de l'eau promise à Avraham pour avoir dit : "Tu nous as fait sortir d'Egypte pour nous faire mourir", et c'est par le mérite de Myriam qu'ils ont obtenu le puits d'eau de Myriam.

-> Le rav 'Haïm Chmoulévitch (Si'hot Moussar 9) explique :
La différence apparente entre la guémara (Taanit 9a) et la guémara (Baba Métsia 86b) peut être levée grâce à cet exemple : un noyau est à l'origine de la croissance d'un arbre fruitier, mais sans terre, sans pluie et sans soleil, le noyau (la potentialité) ne pourra pas se développer pour produire l'arbre.
De même, l'acte d'hospitalité d'Avraham dans des conditions difficiles (chaleur, âge avancé, le 3e jour de sa circoncision).
Mais il a fallu attendre la génération de Moché, Myriam et Aharon qui ont apporté par leurs mérites la "terre", la "pluie" et le "soleil" et ont ainsi transformé en réalité la potentialité créée par Avraham.

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=> Pourquoi mentionner le nombre "trois" de bienfaits?

-> La guémara a cité les bienfaits et nous savons donc qu'ils sont au nombre de trois.
Pourquoi alors notre aggada précise-t-elle que les descendants d'Avraham ont bénéficié de trois bienfaits (le nombre "trois" est inutile)?
En fait la précision du nombre "trois" vient nous enseigner un 'hidouch (élément nouveau) du fait que les 3 mérites d'Avraham ont été réalisés de façon groupée, une action rattachée à l'autre, sans interruption, de même, par le principe de réciprocité (mida kénégued mida), nous bénéficierons des 3 bienfaits ensemble dans le désert.
C'est ainsi que lorsque l'eau s'est tarie dans le désert au décès de Myriam, aussitôt elle est revenue, afin que l'eau, la manne et les nuées protectrices se maintiennent ensemble (sinon, on aurait terminé le séjour dans le désert avec 2 bienfaits seulement).
De même, au décès d'Aharon, lorsque les nuées protectrices ont disparu, aussitôt elles ont réapparu afin que les 3 bienfaits demeurent ensemble et qu'il ne reste pas 2 bienfaits seulement.
C'est pourquoi le texte a précisé "trois" bienfaits.
[Ben Ich 'Haï]

Lé’h Lé’ha = moment propice pour acquérir les vertus d’Avraham

+ Lé'h Lé'ha - moment propice pour acquérir les vertus d'Avraham :

-> Le 'Hidouché haRim (Imré Harim’- Lé'h Lé'ha) rapporte au nom du Talmud Yérouchalmi (Chékalim 2,5) que "celui qui cite un enseignement au nom de son auteur devra considérer que celui-ci se tient devant lui". Car l’enseignement inédit que l’auteur a innové fait partie intégrante de son âme (sa néchama) et lorsque l’on étudie ce qu’il a enseigné, sa néchama en est toute illuminée.

Cette paracha est celle qui décrit l’enseignement qu’Avraham a diffusé dans le monde. Cette pourquoi en cette semaine l’âme d’Avraham illumine donc le monde de sa lumière spirituelle.
L’heure est dès lors propice de s’inspirer de la qualité de ‘Hessed (de bienfaisance) et des autres vertus qui caractérisent notre patriarche, et de compter de ce fait parmi "les disciples d’Avraham" au sujet desquels la michna enseigne qu’ils possèdent "un regard bienveillant (ayin tova), un esprit humble et une âme modeste" (Pirké Avot 5,19).

"Hachem dit à Avram : Va pour toi" (Lé’h Lé’ha 12,1)

-> A la Yéchiva de Kotsk, on enseignait : le premier commandement qui fut ordonné à Avraham fut : "Lé'h Lé'ha" (Va pour toi"), parce que c’est la première chose qu’un juif doit se dire : "Sors de là où tu te trouves, ne demeure pas au même endroit!"
Et chacun sait parfaitement quels sont les points qui l’empêchent de progresser spirituellement. C’est donc à chacun d’entre nous que s’adresse le commandement : "Lé'h Lé'ha".

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=> Comment se fait-il que l’épreuve de "Lé'h Lé'ha" est écrite dans la Torah, alors que celle de Our Kasdim (Avraham fut jeté dans la fournaise ardente pour avoir refusé de se prosterner à Nimrod) ne l’est pas (et même d’après les Richonim qui pensent que Our Kasdim fait partie des 10 épreuves d’Avraham, néanmoins, elle n’est pas écrite explicitement dans la Torah)?

Certains répondent à cette question par une allusion : nombre de personnes en allant dormir le soir seront prêtes à accepter sur elles le joug Divin avec amour en faisant don de leur vie.

Le Noam Elimélé'h (dans son Tzetel Katan) écrit : "Un homme dans son lit peut s'imaginer qu’un feu immense brûle devant ses yeux dont les flammes s’élèvent jusqu’au Ciel, et qu’il brise sa propre nature en se jetant dans la fournaise pour sanctifier le Nom Divin. Néanmoins, tout cela se passe pendant la nuit. Mais lorsqu’arrive le matin et que le réveil lui ordonne de se lever et lui suggère "Lé'h Lé'ha et sors de ton lit !", plus personne n’est là pour écouter la voix du réveil!"

C’est pour son importance particulière que l’épreuve de Lé'h Lé'ha est mentionnée dans la Torah.
[le lever du matin n'est qu'un exemple d'habitude]
En effet, les gens ont tendance à laisser planer leur esprit dans les sphères élevées, étant prêts à "mourir pour Hachem" (à l'image de Our Kasdim), mais qui, lorsque vient le moment d’agir (va pour toi - lé'h lé'ha), continuent à dormir!
C’est à eux que s’adressent Lé'h Lé'ha, pour leur dire : "Commence à bouger!".

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[notre yétser ara a tendance à nous laisser tranquillement dans notre zone de confort, tandis que Hachem attend de nous que nous allions exploiter nos potentialités dans la réalité, que nous tendions à être la meilleure version de nous même!
Mais pour cela : "lé'h lé'ha!" = on doit quitter une zone de confort (notre terre natale), vers une destination inconnue (un "moi" qui est devenu meilleur!).]

+ [Hachem a dit : ] "Ne crains point Avram : Je suis un bouclier pour toi" et pas uniquement le tien, mais aussi celui de tes descendants, pour peu qu’ils se vouent à Ma Torah comme tu t’y es voué. Je serai alors leur bouclier, comme il est dit : "La parole de Hachem est infaillible, Il est le bouclier de quiconque espère en Lui" (Chmouel II 22, 31).
[midrach Tan’houma - Lé'h Lé'ha 11]

"Voici les engendrements de Noa’h, Noa’h était un homme juste et droit dans sa génération" (Noa'h 6,9)

-> Le Ben Ich 'Haï a expliqué ce verset d’après le verset : "comme l’eau reflète le visage, ainsi le cœur de l’homme répond à l’homme" (Michlei 27,19).
De la même façon que l’homme se conduit envers le prochain, le prochain se conduit envers lui.
L’exemple de ce phénomène est l’eau. L’image de l’homme se reflète dans l’eau sans altération, avec une exactitude parfaite, ainsi exactement la conduite de l’homme se reflète dans le rapport de la société et de l’entourage envers lui.

C’est ce que dit le verset ici : "Voici les engendrements de Noa'h", la Torah nous dit en allusion que si l'homme est agréable (mot se disant en hébreu : noa’h) envers les autres, agréable (noa’h) dans ses attitudes et ses bonnes actions, dans son langage et sa conduite, les engendrements de ses actions seront également agréables (noa’h), l’entourage et la société seront également agréables envers lui.

Le Ben Ich 'Haï écrit que le mot noa'h (נח), est fait des mêmes lettres que 'hen (charme - חן), pour nous dire en allusion que de cette façon on plaira à tous ceux qui vous voient.

"Voici les engendrements de Noa’h, Noa’h était un homme juste" (Noa'h 6,9)

-> Rachi : les engendrements des tsadikim sont leurs bonnes actions.

-> Le Beit Yaakov enseigne :
Tout homme a l’habitude de dire qu’il ne se donne du mal que pour ses enfants, afin qu’ils grandissent et qu’ils soient de bons juifs et des bnei Torah.
Quand ces enfants deviennent adultes, de nouveau ils ne font pas attention à eux-mêmes et disent aux aussi qu’ils ne se donnent du mal que pour leurs enfants. Si bien qu’on aimerait bien voir un fils digne de ce nom ...

C’est pourquoi le verset dit : "Voici les engendrements de Noa’h, Noa’h" = Noa’h ne s’est pas négligé pour travailler uniquement pour ses enfants, mais il s’est considéré lui aussi comme un fils et s’est donné du mal pour s’élever lui aussi.
C’est lui-même qui était ce fils digne de ce nom, qui a compris qu’il avait le devoir de servir Hachem.
C’est la signification de l’explication : "les engendrements des tsadikim sont les bonnes actions", les tsadikim voient leurs bonnes actions comme s’ils étaient eux-mêmes des fils.

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-> Rabbi El'azar Azkari (auteur du Sefer 'Haredim, du chant Yédid Néfech, et élève du Arizal) avait l’habitude de dire :
Bien qu’un juif doive s’empresser d’engendrer des fils pour servir Hachem, il doit surtout s’empresser d’être lui-même une plante agréable aux yeux de Hachem, agréable par ses bonnes actions, car alors le Maître du jardin trouvera bon d’en faire sortir d’autres plantes qui lui ressemblent.

C’est pourquoi quand la Torah énumère les engendrements de Noa’h, elle raconte d’abord que c’était un homme juste qui marchait avec Hachem, et que c’est ainsi qu’il a donné des engendrements.

"Au commencement, D. créa le ciel et la terre" (Béréchit 1,1)

La Torah a été écrite avec 22 lettres saintes par lesquelles Hachem a créé Son univers.
On y trouve une allusion dans les initiales des mots du premier verset de la Torah : "Au commencement, D. créa le ciel et la terre" (Béréchit bara Elokim et hachamayim véet haaretz - בְּרֵאשִׁית בָּרָא אֱלֹהִים אֵת הַשָּׁמַיִם וְאֵת הָאָרֶץ).
Si l’on rassemble les initiales, on obtient une valeur numérique de 22, tout comme le nombre de lettres qui composent la Torah.

Le Ben Ich ‘Haï explique que c’est pour cette raison que de nombreuses prières suivent l’ordre de l’alphabet : afin d’y inclure les 22 lettres saintes avec lesquelles le monde a été créé et par lesquelles la Torah a été donnée, et que nous soyons sauvés par ce mérite.

Une allusion à cette idée apparaît dans le verset : "Remets ta destinée à Hachem ; confie-toi à Lui : Il fera le nécessaire" (Téhilim 37,5) :
-> "Remets ta destinée à Hachem" = tu dois prier D., c’est-à-dire selon l’ordre des lettres qui précèdent celles du Nom de D.
La lettre "youd" est précédée du "tét" ; le "hé" est précédé du "dalet " ; le "vav" du "hé" ; et le "hé" du "dalet".
La valeur numérique de l’ensemble de ces lettres est égale à 22.
-> Si tu agis ainsi, "confie-toi à Lui : Il fera le nécessaire", et Il écoutera ta prière.

"Hachem organisa en une femme la côte qu’Il avait prise à l’homme" (Béréchit 2,22)

-> Dans les bénédictions du matin, la femme dit : "Béni sois-Tu … qui m’as créée selon Sa volonté."

L’auteur du Séfer Avné Zikaron interprète cette bénédiction ainsi :
la femme loue D. de l’avoir créée femme. En quoi est-ce préférable?
Quand Il voulut créer l’homme, Il consulta les anges, afin de nous enseigner l’obligation d’un plus grand de consulter un plus petit (Rachi). C’est donc comme si les créatures célestes avaient participé à la création de l’homme. Or, celle de la femme résulta exclusivement de la volonté divine, d’où la signification profonde de la bénédiction qu’elle prononce quotidiennement.

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-> "Hachem organisa en une femme la côte (atséla - הַצֵּלָע) qu’Il avait prise à l’homme" (Béréchit 2,22)

-> En réorganisant les lettres du mot "atséla" (une côte - הַצֵּלָע), on obtient : "laétsa" (au conseil - לעצה).
Quelle est la signification de cela?
Le sens devient clair lorsque nous examinons la guémara (Baba Métsia 59a) : "Si ta femme est petite, penche-toi pour lui parler et prendre conseil d'elle".

En d'autres termes, un mari doit écouter "au conseil" (לעצה) de sa femme, qui a été formée à partir de sa côté (הַצֵּלָע).
[le 'Hida]