Pâtisserie spirituelle depuis 5771 - b'h
 

"Tu donneras la bénédiction sur le mont Guérizim" (Réé 11,29)

=> La Torah annonce dans ce verset que les bénédictions seront dites en se tournant vers le Mont Guerizim et les malédictions vers le Mont Eval. Mais pour quelle raison la Torah relie-t-elle bénédictions et malédictions à ces 2 montagnes?

-> Rabbi Avraham Gourevitch répond à cette question en se basant sur un enseignement du midrash Talpiot qui dit que ces 2 montagnes avaient toutes les deux les mêmes conditions pour produire de la verdure. Le soleil éclairait ces 2 montagnes de la même façon et toutes les 2 avaient des cours d’eau qui s’écoulaient à leurs pieds. Et malgré tout, alors que le mont Guérizim était verdoyant toute l’année, le mont Eval quant à lui restait continuellement aride et desséché, sans la moindre verdure.
Cela vient transmettre le principe selon lequel la réussite ou l’échec, la bénédiction et la malédiction, ne dépendent pas uniquement de conditions naturelles extérieures. Ce sont essentiellement les propriétés intrinsèques, profondes et intérieures qui permettent de recevoir la bénédiction.

=> Ainsi, en méditant sur ce message de ces montagnes, on sera à même de comprendre que c’est le respect de la Torah et des mitsvot, c’est le raffinement de sa personne et de son intériorité, qui entraîne la bénédiction, et non les circonstances extérieures telles que la situation financière, familiale, environnementale ou autre.
Parfois, il peut nous arriver de penser que si notre vie était différente, si nous avions un autre travail, une autre famille, un autre environnement, nous aurions pu davantage nous investir dans la Torah et les mitsvot.
La leçon du mont Guérizim et du mont Eval vient nous rappeler qu’il n’en est rien. L’essentiel de la réussite dépend de notre intériorité. C’est en développant sa détermination et sa volonté, en raffinant ses traits de caractère, qu’on réussira et sera béni, même avec des conditions extérieures très défavorables. Et à contrario, même les meilleures conditions n’accorderont pas la réussite à ceux qui ne construisent pas leur intériorité.

"Ceci sera la loi du Métsora (sorte de lépreux) le jour de sa purification" (Métsora 14,2)

=> Pourquoi la Torah a-t-elle besoin de dire : ''le jour de sa purification'' et pas ''lors de sa purification''?

-> En fait, il arrive souvent qu'un fauteur qui souhaite se repentir, trouve le chemin trop long et trop difficile, ce qui a tendance à le décourager. Mais en réalité, il faut s'armer de courage et d'espoir, car selon la Torah, dès qu'un homme décide et désire sincèrement se repentir, même s'il est encore très entaché par la faute, à l'instant même où il aura pris cette ferme décision, il sera déjà considéré comme un Juste (tsadik) et il faut le voir comme quelqu'un de pur.
Le Métsora, qui a cette plaie du fait de ses fautes, est considéré comme pur en un seul jour, le jour même où il souhaite se purifier. Ce jour là est déjà ''le jour de sa purification'', même s'il est encore sali par la faute. Il n'a pas besoin d'attendre de finaliser complètement tout son repentir pour être pur.
[Béér Mayimm 'Haïm]

"Un feu perpétuel sera entretenu sur l’Autel ; il ne devra pas s’éteindre" (Tsav 6,6)

-> Le Talmud de Jérusalem (Yoma 4,6) commente ainsi ce verset : «Perpétuel – même le Shabbath ; perpétuel – même dans un état d’impureté".

Chaque aspect du Sanctuaire matériel possède sa contrepartie dans le Sanctuaire intérieur de l’âme juive.
L’Autel sur lequel allait être installé le feu perpétuel était l’"Autel extérieur". Pour le juif, cela signifie que le feu de son amour pour D. doit s’exprimer ouvertement et se révéler.
Lors du Shabbath, la perception de D. est plus intense, plus dévoilée. Et cela conduit l’esprit à se retirer du terrestre et du profane. Mais atteindre ce niveau fait courir le risque de devenir sensible à une tentation.
On pourrait penser qu’avoir été si haut dans la perception de la présence de D. signifie avoir dépassé les limites de la passion et atteint le niveau de la contemplation. L’esprit qui affirme sa domination sur les émotions. Il n’a, se dit-il en lui-même, nul besoin du feu de l’amour.
C’est pour cet homme que le Talmud dit : "Il ne devra pas s’éteindre – même le Shabbath".

Et puis, on peut rencontrer l’autre extrême : l’homme qui a voyagé si loin sur la route de la séparation qu’il ne ressent aucun lien avec Hachem. A lui, le Talmud dit : "Il ne devra pas s’éteindre – même en état d’impureté".
Car le feu ne s’éteint pas. Une étincelle brûle toujours dans le tréfonds du coeur. Elle peut être ravivée pour donner une flamme. Et si elle est nourrie d’amour, elle brûlera perpétuellement.
Le Maguid de Mézéritch explique qu’au lieu de lire : "Il ne devra pas s’éteindre" (לא תכבה), on peut comprendre: "Il éteindra le ‘non’ (לא)" (לא תכבה).
La flamme de l’amour éteint la négativité. Elle permet au juif de franchir le seuil de l’engagement où il hésite, encore dans l’hésitation, en disant "non".
La remarque du Maguid met l’accent sur le fait que pour éteindre le "non", le feu doit être perpétuel. Il doit être nourri d’un attachement constant à la Torah et aux mitsvot avec joie et enthousiasme ...
Ainsi, ne faut-il jamais permettre à la flamme de l’amour de s’éteindre. Le "feu perpétuel", qui était préparé par l’homme, constituait une préparation, dans le Sanctuaire, pour le feu qui descendait du Ciel.
A ce propos, on peut lire dans le guémara (Yoma 21b) : "Bien que le feu descendît du Ciel, c’était un
Commandement pour l’homme d’apporter également du feu". C’était le réveil d’en bas qui suscitait une réponse de D.
Mais cette réponse ne venait que lorsque le feu d’en bas était parfait, sans défaut. L’homme reçoit la réponse de
D., non quand il se résigne à la passivité ou au désespoir, mais quand il atteint les frontières de ses propres capacités.

=> L’implication essentielle de tout ce qui précède est que chaque juif constitue un Sanctuaire pour Hachem. Ainsi, même s’il étudie la Torah, pratique les mitsvot, si le "feu perpétuel" manque, le Présence Divine ne peut résider en lui, car son Service n’a pas de vitalité. Plus encore, une trace d’Amalek subsiste encore : le "non" qui est la voix de la froideur.
Ainsi, ce n’est qu’en allumant le "feu" d’en bas que le "feu" divin peut descendre : la Révélation de D. dans le Monde, rapidement, de nos jours. 

[le Kollel - feuillet de la communauté de Sarcelles - Tsav 5781]

Les korbanot à l’époque du machia’h

"Et voici la loi de l'offrande de festin de paix (aChélamim) ... s'il l'offre comme offrande de remerciement" (Tsav 7,11)

-> Le Midrach (Vayikra Rabba Tsav 9,7) enseigne : "Tous les Sacrifices disparaitront dans les temps futurs mais le Sacrifice Toda (de remerciement - תודה) ne disparaitra jamais".
Le Sacrifice, dans le passé, permettait d’élever "l’Assemblée d’Israël" à sa source spirituelle située dans les Mondes supérieurs. Dans les temps futurs, la Lumière divine sera dévoilée pareillement dans ce Monde matériel et dans les Mondes spirituels (il n’y aura donc plus de "distance" qui sépare "l’Inférieur", l’homme du "Supérieur", D. ).
Ainsi, le Service des Sacrifices (Korban), qui s’apparente à celui du "rapprochement" (Kirouv) de l’homme vers D., n’aura-t-il plus lieu d’être dans le 3e Temple. [Séfer Halikoutim du Tséma’h Tsédek]

Le Sacrifice Toda sera offert aux temps messianiques car :
1°/ Le péché en Israël disparu, Les juifs devront remercier Hachem d’être protégés de la faute. [Pardes Yossef]

2°/ Le Sacrifice Toda viendra comme remerciement pour les miracles et prodiges de la Délivrance finale, lorsque le peuple juif sortira des 4 situations difficiles (qui obligent l’apport de ce Korban lorsqu’on échappe à l’une d’entre elles) [voir Rachi sur Tsav (7,12)] :
- la prison = l’Exil, par ses contraintes et ses souffrances, est comparé à une prison ;
- la traversée de la mer = allusion aux "eaux nombreuses» des soucis de la parnassa causés par l’exil ;
- la traversée du désert = symbole du danger et de l’hostilité que constituent les terres d’exil) ;
- et la maladie = les souffrances physiques et spirituelles du peuple juif en exil.
Par ailleurs, le Sacrifice Toda exprimera la reconnaissance (hodaa) et l’annulation devant Hachem qui prévaudront à l’époque messianique. [Likouté Si’hot]

La plupart des Sacrifices étaient apportés pour réparer la faute, y compris celui appelé Ola (Holocauste - עולה) que l’on apportait pour expier la "pensée du coeur" (pour la faute). Ainsi, puisque les juifs, dans les temps futurs, ne fauteront plus même par la pensée, les seuls Sacrifices qu’ils apporteront, seront les Sacrifices de Toda et de Chlamim (sacrifices de "Paix"), afin de remercier Hachem pour tout le bonheur qu’Il leur procurera.
Les Sacrifices individuels seront annulés dans le futur, car ils viennent réparer la faute. Ils n’auront donc plus de raison d’être lorsque le péché aura disparu d’Israël.
Aussi, seuls les Sacrifices "quotidiens et supplémentaires (Témidine et Moussafine)" (ces derniers étaient offerts, en plus des 2 Sacrifices "quotidiens", les jours de Shabbath, de Roch ’Hodech et de fêtes). [Yafé Toar]
C’est ainsi que nous pouvons comprendre les paroles du Rambam (Michné Thora Lois des Rois 11,1) : "Le roi machia’h se lèvera dans le futur, et rétablira la royauté de David ... on restaurera les Lois, à son époque, comme on les appliquait auparavant, on offrira des Sacrifices"
Le culte des Sacrifices aura alors la même signification que celui accompli par Adam harichone dans le Gan Eden avant la faute. [midrach Béréchit Rabba 16,5]

=> Comment expliquer que les Sacrifices liés à la faute (comme le Sacrifice de ‘Hatat – expiatoire – ou le Sacrifice de Acham – de culpabilité) disparaîtront à l’époque messianique alors qu’ils font partie intégrante des 613 mitsvot de la Torah qui se veut immuable?

On peut apporter 2 réponses :
1°/ Les non-juifs qui viendront se convertir d’eux-mêmes (en raison de la suspension des conversions après la venue du machia’h) apporteront les Sacrifices qu’apportaient les Juifs à l’époque du Michkan et des premiers Temples (incluant ceux liés à la faute).

2°/ Bien que l’accomplissement des Commandements relatifs aux "Korbanot" se fera principalement par l’étude la Torah dans les temps messianiques [car "étudier le passage de la Torah relatif au Sacrifice équivaut à offrir le dit Sacrifice" - voir guémara Ména’hot 110a], il n’empêche que de nombreux juifs apporteront des Sacrifices de ‘Hatat et de Acham pour expier leurs fautes commises durant l’Exil, à l’instar de Rabbi Elicha Ben Ichmaël [voir guémara Shabbat 12b] qui écrivit dans son carnet qu’il apporterait un Sacrifice de ‘Hatat bien gras, quand le Temple sera reconstruit, pour expier sa faute commise par inadvertance [Bien que d’après Rava (voir guémara Ména’hot 110a), l’étude de la Thora soit équivalente au "‘Hatat" lui-même, Rabbi Elicha Ben Ichmaël voulut fait preuve de zèle en s’engageant à apporter un véritable Sacrifice animal. [Ben Ich 'Haï - Ben Yéhoyada]

[d'après le feuillet de la communauté Sarcelles - Tsav 5782]

<----------------->

-> b'h, voir également sur ce verset : https://todahm.com/2020/03/24/13108-2

"Puisque vous n'avez pas eu confiance en Moi pour Me sanctifier aux yeux du peuple" ('Houkat 20,12)

-> Moché a reçu l'ordre de parler au rocher pour qu'll fasse sortir de l'eau. Sous le coup de l'emportement, il frappa le rocher au lieu de lui parler ; Hachem lui reprocha d'avoir manqué une occasion de sanctifier Son Nom.
Seulement, on peut s'interroger. Le peuple s'était déjà rendu compte à maintes occasions de la Grandeur d'Hacher et ils étaient bien convaincus que tous les miracles qu'ils ont vécus depuis 40 ans viennent d'Hachem. Ainsi, il est clair que quand l'eau sortit, le peuple avait évidemment compris que ce miracle venait d'Hachem.
=> En quoi le fait d'avoir frappé le rocher a-t-il donc représenté un manque de sanctification du Nom d'Hachem? En effet, tout le peuple avait bien-sûr compris que ce miracle venait d'Hachem.

Cependant cette conscience-là leur venait de leur perception intellectuelle. Seulement, au niveau du ressenti du corps, leurs yeux ont vu que Moché frappa le rocher et l'eau sortit. Cela laissa une trace au niveau de la sensibilité du corps que c'est le geste de Moché qui a entrainé que l'eau est sortie.
En effet, le corps est impressionné par ce qu'il perçoit par ses sens, même si cela s'oppose à ce qu'il perçoit par son esprit de façon évidente. Contrairement à l'intellect, le ressenti du corps n'est pas raisonné. Si le corps perçoit par ses sens une situation qui va à l'encontre de ses croyances, il en viendra à ressentir des sensations qui s'opposeront à ses convictions profondes.
C'est pourquoi, quand le peuple vit Moché frapper le rocher, leur corps reçut l'impression que c'est Moché qui a fait sortir l'eau. Et même s'ils savaient de façon claire par leur esprit que c'est Hachem qui a réalisé ce miracle, malgré tout le corps capta une impression qui eut la force d'atténuer leur foi, ce qui a manqué de sanctifier le Nom Divin.

=> On apprend de là qu'il n'est pas suffisant de s'appuyer et de compter sur ses convictions. Le comportement, ainsi que ce que l'on perçoit, que l'on voit, entend, ... doivent aussi aller dans le sens de ses croyances, car sinon malgré soi, le corps recevra un impact émotionnel qui affaiblira ses convictions. Il faut se garder de tomber dans le piège de dire : "J'ai la foi dans le cœur, c'est l'essentiel, même si je ne suis pas pratiquant", car les actes ont bien la force de marquer le ressenti, bien plus que ce que l'esprit comprend et croit intellectuellement.
[rav Mikaël Mouyal]

<--->

[naturellement nous sommes influencés par l'environnement dans lequel nous vivons, et en ce sens nous avons une vision des événements qui est celle de la société, et non d'après la Torah. Ainsi, nous devons travailler notre vision des choses, et autant que possible y voir Hachem derrière, avec de la gratitude, de la confiance, ...
En effet, il ne suffit pas d'intellectualiser de belles leçons sur la Présence d'Hachem (émouna, ...), mais il faut également le voir, le vivre, ... Chaque petit acte, témoigne de Sa présence totale et permanente, et nous renforce, nous attache, petit à petit avec Hachem.
C'est la seule façon de vivre concrètement juif, car même avec les plus belles pensées dans notre tête cela ne restera que potentiel, que intellectualité, que théorique, et non ressenti dans les profondeurs de notre être. ]

<----------------->

+ L'importance de l'exemplarité :

Moché frappa le rocher au lieu de lui parler. L’eau coula, mais D. dit à Moché que pour cette erreur, ni lui, ni Aharon n’entreraient en Israël, chamboulant ainsi tout le programme original qui devait mener au dévoilement du Machia’h.
=> Quelle fut donc la faute de Moché pour mériter une punition si grave?

-> Le Beit Yossef (rabbi Yossef Karo reçut, pendant une longue période, le dévoilement d’un ange (le Maguid) qui lui révéla les secrets de la Torah. Ceux-ci furent compilés dans le livre Maguid Mécharim.
Dans un passage se rapportant à notre paracha ('Houkat), le Maguid explique que le nombre impressionnant d’avis et d’opinions expliquant précisément la faute de Moché, prouve que l’accusation fut très pointilleuse. La faute était donc très minime mais Hachem fit preuve d’une grande intransigeance.

-> Le Ramban (v.20,8) explique que les Bné Israël levaient en permanence leurs yeux vers Moché pour apprendre de chacune de ses actions. Lorsqu’ils réclamèrent de l’eau, Moché s’énerva contre eux en les traitant de rebelles. Non seulement cela n’avait pas lieu d’être, mais encore, de par son rang de Chef du peuple juif, relevait de la profanation du Nom de D.
C’est ainsi que les Bné Israël apprirent que la colère n’était finalement pas si grave. Ce qui est bien sûr tout le contraire de la vérité puisque nos Sages enseignent que "celui qui se met en colère est considéré comme s’il servait une idolâtrie" (voir guémara Shabbath 105b).
Ainsi, celui qui sert d’exemple à d’autres doit-il donc s’efforcer de vérifier chaque parole ou chaque mouvement avant de s’exprimer.

-> Ceci est évidemment valable pour les les personnes influentes comme les dirigeants
communautaires ou les enseignants, mais s’applique aussi à chaque parent, qui sert de boussole et de repère à leurs enfants.
[en réalité, cela s'applique également à nous tous, car fréquemment autrui nous regarde pour prendre exemple (ex: si je parle à la synagogue, alors autrui peut se dire si lui parle alors pourquoi pas moi, c'est que c'est autorisé, justifié! Et inversement, si je viens à l'heure aux prières quotidienne/à une cours de Torah, autrui peut se dire si lui qui a mon âge (voir moins) vient à l'heure, alors pourquoi pas moi? )
Nous ne vivons pas dans un monde isolé, mais au contraire chacun de nos actes, paroles, sourire, ... influence autrui, et dans le monde à Venir nous verrons les répercutions que cela a pu avoir (décuplé par des effets domino!).]

[Mais poursuivons dans le cas des parents avec leurs enfants : ]
"L’exemple modèle" est la meilleure façon de transmettre à ses enfants l’éducation et les valeurs chères à nos yeux. Mais il y a un second côté à la pièce : les mauvaises actions et mauvais comportements sont aussi scrutés et assimilés par nos enfants. [quasiment rien n'échappe aux yeux de nos enfants, qui l'utiliseront pour se construire en bien ou mal ]
On raconte qu’un père alla prier avec son enfant chez le ‘Hazon Ich. L’enfant dérangea le cours de la prière et le père le réprimanda sèchement par une colère appuyée.
En terminant, le Rav appela le père et lui confia: "Tu as donné deux enseignements à ton fils qui le suivront toute sa vie : qu’il est interdit de parler pendant la prière, et qu’il est permis de s’énerver. J’ai un doute s’il a assimilé le premier, mais le second l’accompagnera longtemps!"

"Ce sera quand il fautera et sera coupable" (Vayikra 5,23)

-> Nos Sages disent que le terme : "véaya" (ce sera - והיה), est un mot qui implique de la joie.
[d'ailleurs, les lettres permettent de former le Nom d’Hachem (יהוה)]
=> Mais en quoi est-ce joyeux qu'un homme faute?

-> En fait, la joie s'exprime dans le fait qu'un homme qui a fauté en prenne conscience et reconnaisse sa faute. Car c'est seulement ainsi qu'on peut se repentir et corriger sa faute. Mais le déni du péché éloigne l'homme de sa réparation.
C'est une grande joie pour un homme d'être capable d'avouer ses tords et de pouvoir reconnaître ses erreurs.
[Divré Chalom]

-> Pour le Michkan : "Tous, hommes et femmes, ce que le cœur portait à offrir pour les divers travaux que Hachem avait prescrits par l'organe de Moché, les Bné Israël en firent l’hommage spontané à Hachem" (Vayakel 35,29)

-> Pour le Veau d'or : "tout le peuple qui se dépouilla" (Ki Tissa 32,3)

=> Comment comprendre que pour le Michkan seuls ceux qui y "étaient portés par leur cœur" offrirent leurs dons, mais pour le Veau d'or c'était "tout le peuple qui se dépouilla"?

-> Le rav Yonathan Eibschutz donne l’explication suivante :
Lorsque Moché appela les Bné Israël à apporter des offrandes pour la construction du Michkan, même le Erev Rav voulut contribuer en amenant des offrandes afin d'avoir aussi une part dans sa construction. Mais les Bné Israël s'y opposèrent : "Ceux qui nous ont fait fauter au Veau d'Or n'auront pas de part dans la construction du Michkan".
Cependant le Erev Rav attendait son tour, chacun avec son or, son argent, son cuivre. Les Bné Israël manifestèrent leur mécontentement.
Un délicat s’éleva alors : pouvions-nous "perdre" le Michkan de tous les dons du Erev Rav, sous prétexte que les Bné Israël ne voulaient pas qu'ils participent? Beaucoup d'or et tous les autres matériaux allaient être perdus!
Les Bné Israël décidèrent, malgré tout que le Erev Rav ne donnerait rien. Ils combleraient eux-mêmes la perte.
Ils firent donc l'inventaire de tout ce que le Erev Rav avait l'intention de donner : la quantité d'or, d'argent, ... et ils les renvoyèrent chez eux.
Et chaque Bné Israël apporta de ses propres biens afin de compenser la perte.
C'est ce que signifie le verset : "Tous hommes et femmes" : c'est le Erev Rav!

-> Le 'Hida nous livre l'enseignement suivant : Lorsque la quête pour la construction du Michkan eut lieu, il n'y eut pas une seule personne qui regretta d'avoir donné, même lorsque certains offrirent plus que d'autres.
C'est ce que signifie le verset : "Tous, hommes et femmes, ce que le cour portait à offrir" = depuis leur première intention de donner jusqu'au moment où ils apportèrent leur don, tout se fit avec un zèle et dévotion parfaite.
Personne ne changea d'avis, ni ne regretta entre temps!
[lorsque les juifs ont pu donner au Veau d'or cela n'était pas de tout cœur. En effet, c'est seulement pour une mitsva qu'un juif peut donner entièrement car tout juif a une intériorité qui restera toujours pure, sainte.
En ce sens on célèbre la réalisation de mitsvot, mais jamais il n'y aura de célébration pour avoir fait une faute.]

-> Le Alchikh haKadoch explique la chose de cette façon : Tous les juifs de la génération du désert se disaient: "Si j’en avais eu les moyens, j’aurais tout offert tout seul! Seulement, je n’en ai malheureusement pas les moyens! J’ai déjà apporté le maximum".
Or, lorsqu’un homme a des bonnes pensées de cette sorte, Hachem lui compte comme s’il avait réellement accompli l’acte!
C’est ce à quoi le verset fait allusion : Tous, hommes et femmes, ce que le cœur portait à offrir (la totalité) ... les Bné Israël en firent l'hommage spontané à l'Eternel (qu'Il considéra comme effectif)" = c'est comme s'ils avaient chacun tout apporté!
[lorsque l'on désir vraiment donner l'infini à Hachem, alors Il considère comme si l'on avait donné l'infini. Ainsi, quoique les Bné Israël aient pu donner pour le Veau cela reste insignifiant en comparaison.
(bien que donnant extérieurement l'intériorité pure du juif ne le voulait pas vraiment, et donc ils n'aspiraient pas à cela à 100%)]

"Ils se sont vite écartés de la voie que je leur avais ordonnée" (Ki Tissa 32,8)

-> A priori le mot "vite" employé ici est superflu et il aurait suffi d’écrire "ils se sont écartés", sans rien ajouter.
Mais en fait, cela fait allusion à ce qu’enseignent nos Sages (guémara Shabbat 105b) : "Telle est la manière d’agir du yétser ara : aujourd'hui, il te dit 'fais ceci', le lendemain, il te dit : 'fais cela', et ainsi de suite jusqu'à ce qu'il te dise : 'livre toi à l'idolâtrie' et qu'il aille s'y livrer".
Hachem dit à Moché : "Dans le cas présent (à l'occasion du Veau d'or), il s'est produit quelque chose d'inhabituel puisqu'ils se sont écartés vite, d’un seul coup, du droit chemin en tombant de très haut jusqu'au tréfonds de l'abîme".
Cela ne faisait en effet que peu de temps qu’ils s’étaient tous tenus autour du mont Sinaï et qu’ils s’étaient écriés : "Tout ce que D. a dit, nous le ferons et nous le comprendrons". Ils étaient alors parvenus au summum de leur niveau spirituel, à tel point qu’il est écrit à propos de ce moment : "J’ai dit (Hachem) : vous êtes tous des créatures célestes, des êtres supérieurs" (Téhilim 82,6 - cf. guémara Avoda Zara 5a).
Comment, dans ces conditions, purent-ils trébucher ainsi, tomber d’aussi haut et arriver aussi bas au point de proclamer à propos du Veau d’or : "Voici ton D., Israël"?
Cela ne fut rendu possible que par la venue du Satan qui bouleversa le monde et le plongea dans les ténèbres et la confusion générale en proclamant : "Moché est mort, c’est pour cela que la confusion règne dans le monde!" (Rachi).

Grâce à ce désordre, le yétser ara parvint à perturber l’esprit des Bné Israël et à troubler leur raison, ce qui les conduisit ainsi à une telle faute.
S’ils s’étaient efforcés de garder leur sang-froid, en se renforçant dans leur émouna, le Satan (yétser ara) n’aurait jamais pu les faire tomber des cieux au plus profond de l’abîme.
Cela nous enseigne l’importance de se ressaisir lorsque la situation paraît voilée et obscure, et de ne pas céder à la confusion au point de perdre sa sérénité d’esprit. Mais, au contraire, il convient de se renforcer vaillamment dans sa émouna malgré toutes les difficultés et les épreuves.

[ainsi d'une manière générale le yétser ara ne va pas nous tenter à descendre brusquement de niveau spirituel, mais petit par petit, il va déminuer notre productivité spirituelle.
Par contre, lorsque nous traversons des moments particulièrement obscurs, durs, dans notre vie, alors dans la tempête émotionnelle cela peut être un moment où le yétser ara va nous faire trébucher fortement d'un coup.
Ainsi, dans nos périodes "tranquilles" nous devons constamment muscler notre émouna, et dans nos moments difficiles nous devons faire les efforts de le mettre en pratique pour nous assurer un calme d'esprit, ce qui nous permettra de mieux traverser la situation sans risquer une chute brutale (en plus des bénédictions pour avoir témoigner d'une émouna en Hachem à l'inverse de la nature humaine).]

<--->

-> On retrouve également le même thème dans un enseignement du Sfat Emet (5646) qui demande pourquoi nos Sages fixèrent la fête de Pourim le jour où les Bné Israël se reposèrent de la bataille contre leurs ennemis (le 14 Adar pour les villes ouvertes et le 15 Adar pour les villes fortifiées) et non le jour où le miracle de la victoire eut lieu (le 13 Adar).
Il y répond de la manière suivante : "En fait, le but d’Amalek lorsqu’il livre bataille est d’enlever au juif sa sérénité d’esprit, comme il est écrit à son sujet : "Il te rencontra en chemin ... Ce sera lorsqu’Hachem ton D. t’aura donné le repos de tous tes ennemis alentour (...) que tu effaceras le souvenir d’Amalek" (Ki Tétsé 25,18-19).
Ce qui suggère que lorsque les Bné Israël accédèrent au repos, leur sérénité leur permit d’effacer davantage le souvenir d’Amalek que la bataille elle-même. C’est pourquoi il est écrit (dans la Méguilat Esther) qu’ils fixèrent la fête de Pourim le jour où "ils se reposèrent de leurs ennemis", car c’est par ce repos de l’esprit qu’ils le tuèrent".

[Source : b'h, divré Torah du rav Elimélé'h Biderman]

"Car l'homme ne peut Me voir et vivre" (Ki Tissa 33,20)

=> Pourquoi le fait de voir Hachem entraînerait-il la mort?

-> Le rav Eliyahou Dessler (Mikhtav méEliyahou) propose une explication basée sur la morale :
Hachem a créé l'homme pour lui donner le libre arbitre. Placé devant le choix de faire le bien ou le mal, quand il se renforce et fait le bien, cela lui accorde un vrai mérite. C'est pour cela que l'homme a été créé.
Mais celui qui verrait Hachem, serait alors confronté à la Vérité et, devant une telle révélation, en perdrait le libre arbitre. Sa vie n'aurait alors plus de raison d'être. L'homme qui voit Hachem ne peut donc plus vivre.

[en ce sens tant que nous sommes vivants dans ce monde nous avons un espace pour le "doute", on ne peut pas totalement voir clairement Hachem, libre arbitre oblige. Et notre yétser ara va user de cette corde pour faire que nous n'utilisions pas pleinement nos potentialités, pour que nous fautions, ... ]

"Et toi, tu parleras à tous les sages de coeur que J'ai rempli de sagesse et ils feront les vêtements de Aharon" (Tétsavé 28,3)

-> Le sens simple de ce verset est que Moché devait parler aux sages pour leur dire de faire les vêtements.
Mais on peut aussi expliquer autrement cette parole. Il devait leur dire justement qu'Hachem les a rempli de sagesse. En effet, même quelqu'un de brillant peut ignorer ses qualités, ce qui l'empêchera de mettre en pratique ses talents. Mais, quand on loue et que l'on vante la valeur d'une personne, on peut ainsi éveiller ses aptitudes, et il pourra ainsi réaliser des merveilles.
C'est pourquoi, Hachem dit à Moché : "Tu parleras à tous les sages de cœur" et tu leur diras "que Je les ai remplis de sagesse". Ainsi, ils prendront conscience de leur valeur et de cette façon, "ils feront les vêtements de Aharon", comme il se doit.
Grande est la force de paroles de louange et d'encouragement pour révéler les dons d'une personne.
[d'après le 'Hatam Sofer]

[on apprend de là l'importance de complimenter, d'encourager autrui (dont ses proches : femme, enfants, ...).
Plus on instille en autrui l'idée qu'il est quelqu'un de bien, qu'il a de belles capacités internes, plus ensuite il voudra agir en conséquent en les révélant au grand jour [tu vois tu avais raison!] (plutôt que de se reposer dans l'idée du yétser ara "je ne vaux rien, je ne suis rien, c'est déjà pas mal ce que je fais ...").]