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"Ensuite naquit son frère tenant de la main le talon et on le nomma Yaakov" (Toldot 25,26)

-> Rachi commente : c'est Hachem qui l’a appelé ainsi.

-> "Toutes les fois que Rivka [alors enceinte] se tenait près d'une synagogue ou d'une salle d'étude, Yaakov se débattait pour sortir, et chaque fois qu'elle passait à côté de temples païens, Essav courait et s'agitait pour émerger."
[midrach Béréchit 63,6]

=> Si même avant sa naissance Essav avait une telle tendance au mal (à vouloir rechercher les fautes et à servir de l'idolâtrie), comment alors pouvons-nous le considérer comme coupable de ses mauvaises actions?

-> Le Yichma'h Moché développe les idées suivantes :
Avant sa naissance, Yaakov était totalement bon et Essav complètement mauvais.
Au moment de la naissance, lorsque Yaakov a tenu le talon de son frère Essav, alors il y a eu un transfert réciproque de la naturalité de chacun.
Yaakov a reçu une dose de la méchanceté de Essav, et Essav a reçu une dose de la bonté de Yaakov.
C'est pourquoi après sa naissance, Essav est devenu responsable de ses actes, car il avait du bien en lui, et s'il le désirait il pouvait se focaliser sur ce bien et devenir un tsadik.

De son côté, en tenant le talon, Yaakov a reçu son yétser ara, qui est quelque chose de très précieux aux yeux d'Hachem.
En effet, Il ne manque pas d'anges au Ciel qui Le servent nettement mieux que les humains, mais Hachem prend un plaisir énorme lorsque les gens surmontent leur yétser ara pour le servir.
Une action dans la douleur, dans l'épreuve a beaucoup plus de valeur. Ainsi, lorsque nous surmontons les tests du yétser ara, Hachem est extrêmement fier de nous, et fait nos louanges face à tous les anges : "Regardez comment cette personne est incroyable! Elle me sert malgré les défis et les difficultés! Elle surmonte tous les obstacles et se dévoue à rester fidèle à Ma volonté".

[nos Sages utilisent souvent le multiple de 1 000 pour se rendre compte de la valeur d'une mitsva dans la difficulté. Imaginons que chaque prière prononcée dans la douleur équivaut à 1000 prières normales! Quelle opportunité!
Imaginons que momentanément on nous propose une tâche bien plus désagréable/douloureuse que d'habitude, mais en échange on nous multiplie par 1 000 notre rémunération. Est-ce qu'on s'en plaindrait ou bien qu'on profiterait de cette occasion?
Combien cela est davantage véridique sachant que les conséquences spirituelles vont nous accompagner pour une durée éternelle, et non éphémère! ]

Pendant sa vie, Essav avait pour tâche de suivre la partie de Yaakov qui était en lui.
Il devait faire preuve d'une grande humilité, en suivant et restant fidèle à la voie du bien de son frère.
Il n'y est pas parvenu, comme il est écrit : "'Essav dédaigna le droit d'aînesse" (v.25,34) [Rachi commente : Essav a "dédaigné" le service de D.]

Le travail de Yaakov durant sa vie était de se nettoyer de l'influence d'Essav.
Il y a réussi, comme il écrit : "un homme intègre, demeurant dans les tentes [de la Torah]" (v.25,27) = il a étudié la Torah dans la yéchiva de Chem et Ever, et il s'est ainsi purifié de l'influence d'Essav.

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-> Le Yichma'h Moché explique que les bénédictions ont le pouvoir de donner au bénéficiaire des forces pour surmonter son yétser ara.
Au début, Its'hak voulait bénir Essav, car il savait que Essav en avait besoin puisqu'étant "un homme sachant chasser, un homme des champs" (v.25,27).
De son côté, Yaakov était "un homme intègre, demeurant dans les tentes [de la Torah]" (v.25,27), et ainsi Its'hak pensait qu'il n'avait pas besoin de bénédictions.

Avec sagesse, Yaakov dit à son père : "Je suis Essav, ton premier né" (ano'hi Essav bé'horékha - v.27,19).

Le Yichma'h Moché explique que Yaakov disait à son père : "Père! J'ai également un aspect d'Essav en moi. Ce n'est pas comme tu le penses que mon service d'Hachem est facile pour moi, que je n'ai pas de tentations. Je combats également mon yétser ara. C'est une grande lutte aussi pour moi, et c'est pourquoi j'ai également besoin de tes bénédictions".

Its'hak a reconnu cela, en disant (v.27,22) :
- Its'hak a du bien en lui : "La voix est la voix de Yaakov" (akol kol Yaakov) ;
- mais également du mal : "et les mains sont les mains de Essav" = en effet, lorsque les mains de Yaakov ont touché le talon d'Essav alors elles sont en quelque sorte devenues des mains d'Essav, car il a reçu par cela une tendance au mal (son yétser ara).
=> Ainsi, Yaakov avait également besoin de bénédictions.

-> Lorsque Essav est venu pour recevoir les bénédictions et constatant la situation, il a dit à son père Its'hak : "il [Yaakov] m'a supplanté 2 fois déjà? II m'a enlevé mon droit d'aînesse et voici que maintenant il m'enlève ma bénédiction!" (v.27,36).

Its'hak a pu constater que Yaakov est capable de tromperie et de mensonge, ce qui signifie qu'il possède également un yétser ara, et Its'hak a alors été consolé d'avoir donné les bénédictions à quelqu'un qui en a besoin.

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+ Essav - un potentiel exploité négativement :

-> Il est écrit : "Les enfants se poussaient en son sein" (Toldot 25,22)

Rachi explique : "[Les enfants] se poussaient" = Quand elle passait devant l’entrée des lieux d’étude de la Torah de Chem et Ever, Yaakov s’agitait pour sortir [du ventre de sa mère] ... Quand elle passait devant des lieux d’idolâtrie, Essav s’agitait pour sortir"

Le midrach rapporté par Rachi semble impliquer qu’Essav était mauvais depuis le stade embryonnaire.
Certaines sources affirment que le yétser hara n’entre en l’homme qu’au moment de sa naissance, or selon ce midrach (rapporté par Rachi), Essav avait déjà un mauvais penchant très puissant, dans le ventre de sa mère.
[en ce sens, le Maharal (Gour Arié - Toldot 25,22) rapporte le verset décrivant le yétser hara : "La faute est tapie à l’entrée" (Beréchit 4,7), et commente : "à l’entrée" fait référence au moment où le bébé vient au monde.]

Le rav Nathan Weiss répond en analysant de plus près les mots de Rachi : celui-ci dit uniquement qu’Essav était attiré par les lieux où l’on s’adonnait à l’idolâtrie, mais il ne nous précise pas ce qu’il voulait y faire.
Cela signifie qu’Essav éprouvait une attirance innée pour ces endroits du Mal, mais qu’en grandissant, il aurait pu exploiter ce penchant de manière constructive ; la méthode la plus élémentaire pour y parvenir étant de démolir de tels lieux, plutôt que d’en être détruit spirituellement.

Nous voyons donc qu’Essav n’était pas encore mauvais dans le sein de sa mère. Il avait une prédisposition qu’il pouvait utiliser pour le bien ou pour le mal.

D’ailleurs, une analyse approfondie des sources rabbiniques décrivant les premières années d’Essav prouve que ce dernier possédait effectivement une grande capacité à combattre le mal.
La Torah décrit le jeune Essav comme "un homme qui savait piéger" (Toldot 25,22).
Le midrach (Beréchit rabba 63,10) nous fournit une explication de cette expression : il piégeait les criminels, par son discours ; quand ces derniers niaient leur implication dans un crime, il parlait avec eux, leur tendant des pièges de façon à ce qu’ils admettent la vérité.

Le Targoum Yonathan sur le même verset fait une révélation encore plus étonnante : Essav tua en réalité le chef des idolâtres, Nimrod. Il avait donc évidemment une capacité à abolir le mal.

=> Si Essav avait continué à canaliser son attirance naturelle pour le mal de manière positive, il aurait sans doute atteint de hauts niveaux et empli le rôle qu’Its’hak désirait pour lui.
Au lieu de cela, il se laissa entraîner par l’immoralité ambiante et devint un pécheur de la pire espèce.

Le midrach (Beréchit rabba 63,11) nous informe qu’un tout autre personnage du Tanakh avait une inclination similaire à celle d’Essav : le vertueux roi David. Quand Hachem envoya le prophète Chmouel oindre David pour le désigner roi, il vit qu’il était roux. La couleur rouge symbolise le meurtre et quand Chmouel vit que David avait ce tempérament, il eut peur qu’il devienne un assassin comme Essav. Hachem le rassura en lui disant que David utiliserait cette impulsion convenablement, l’employant quand la halakha (loi juive) le dicterait. En effet, David tua de nombreux ennemis du Klal Israël.

Nous avons vu que le penchant naturel d’Essav pour le mal ne lui réservait pas obligatoirement un destin de pécheur ; c’est en grandissant qu’il utilisa son libre arbitre de manière négative.

=> Cela nous enseigne une leçon importante quant à la façon dont une personne doit développer ses traits de caractère. Chacun de ces attributs peut être utilisé négativement ou positivement ; on peut choisir de les exploiter à des fins égoïstes ou de les canaliser de façon positive, pour accomplir la volonté d’Hachem.
[d'après un divré Torah du rav Yéhonathan Gefen]

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+ Grand est celui qui domine son penchant :

=> Comment comprendre que Yits'hak aimait tant Essav? Ignorait-il son impiété? Et ce au point de le privilégier par rapport à Yaakov, le tsadik, pour les bénédictions!

-> En fait, l'explication de cela est qu'en réalité, au niveau de son origine, Essav n'était pas du tout programmé ni prédestiné à devenir un racha. Seulement, il avait un travail spirituel à faire différent de celui de Yaakov.
Ce dernier devait servir Hachem en se rapprochant du bien et de la sainteté, par l'étude constante et approfondie de la Torah, et par une dévotion complète dans la prière. Il était "un homme intègre, qui réside dans les tentes" d'étude (voir Rachi).
En revanche, Essav avait une toute autre mission. Il devait combattre le mal et le recourber. Son travail était d'être confronté au mal qui était en lui, à travers des mauvaises tendances, pour le supprimer. Il devait aussi lutter contre le mal qui se trouve dans le monde, pour l'anéantir ou même le transformer en bien.
Essav avait donc tout un programme spirituel d'une valeur énorme. Il devait, avec son frère Yaakov, constituer deux faces d'une même pièce.
Yaakov par le renforcement du bien et Essav par la maîtrise du mal et sa réparation. A eux deux, ils allaient s'associer pour accomplir les deux parties du verset : "Ecarte-toi du mal et fais le bien".

Le travail de Essav était bien plus dur que celui de Yaakov, et aussi bien plus risqué.
Quand nos Sages nous disent que déjà à l'origine, dans le ventre de sa mère, Essav souhaitait sortir pour rejoindre les lieux d'idolâtrie, cela signifie qu'il avait en lui, certes, des tendances mauvaises. Mais cela ne fit pas de lui un racha. Bien au contraire. Il devait lutter contre toutes ces tendances pour les neutraliser et les corriger.
Et Hachem lui avait mis en lui toutes les forces nécessaires pour réussir dans ce travail.
Et s'il avait suivi le chemin qui devait être le sien, non seulement il aurait été un tsadik, mais il aurait été même encore plus grand que Yaakov. En effet, la grandeur d'un homme se mesure par rapport à la difficulté de son travail. Car celui qui réussit à remplir une mission plus dure, en ressort encore plus grand que celui qui surmonte une épreuve plus facile.

Si Hachem a créé Yaakov et Essav d'une même cellule, en tant que jumeaux, c'est qu'ils devaient mener une mission complémentaire.
Un midrach enseigne que la Torah a été donnée en Sivan, sous le signe des gémeaux, en référence à Yaakov et Essav, qui étaient jumeaux. Cela montre bien que Essav ne devait pas être écarté. Il devait compléter Yaakov dans le but de recevoir la Torah et se perfectionner dans la partie de dominer et de soumettre le mal.

Seulement, Essav n'a pas réussi sa mission et il s'est laissé influencer par le mal au lieu de le dominer.
La raison de son échec peut s'expliquer de la façon suivante. Le guémara enseigne que le seul remède contre le yétser ara c'est l'étude de la Torah. C'est uniquement l'étude qui permet de dominer le mal qui est en soi.
D'ailleurs le Messilat Yecharim ajoute qu'il n'existe aucun autre remède à part la Torah. Au point que quiconque souhaite utiliser une quelconque autre méthode qu'il considère comme efficace, se trompe amèrement.
Or, celui qui incarne l'étude de la Thora, c'est Yaakov. C'est lui qui est "assis dans les tentes (d'étude)". Ainsi, ce que l'on attendait de Essav était de se soumettre à Yaakov et d'accepter sa grandeur. Si Essav s'était plié devant Yaakov en le considérant comme Maître et en n'avançant que selon ses directives, alors il aurait bénéficié de la sainteté de la Torah de Yaakov et aurait été protégé des influences du mal.
C'est seulement alors qu'il aurait eu la force de mener à bien sa mission et de dominer le mal.
Mais au lieu de cela, il préféra se désolidariser de son frère et de se considérer comme indépendant. Il n'a pas su avoir l'humilité de se plier devant Yaakov et sa Torah. De ce fait, le mal le submergea et il échoua sa mission.
Et sur cet échec, il mérite sa punition.

Dans cette direction, le Zohar explique pourquoi Its'hak aimait particulièrement Essav. Its'hak incarne l'attribut de rigueur. Et il voyait dans la racine spirituelle de Essav celui qui lui ressemble. En effet, ce travail propre à Essav qui était de dominer et maîtriser le mal émane justement de la rigueur, puisqu'il s'agit d'être dur et rigoureux avec soi-même pour ne pas laisser le mauvais penchant prendre le dessus.
Ainsi, Its'hak reconnaissait son propre attribut en Essav. Or un homme affectionne particulièrement ce qui lui ressemble. Et même si Essav a échoué dans sa mission et s'est perverti, malgré tout Its'hak, dans sa grandeur, ne voyait en chaque chose que sa racine spirituelle. Il n'a donc vu en Essav que celui qui a la force de maîtriser et recourber le mal, c'est-à-dire celui qui détient l'attribut de rigueur, qui est le sien. Et comme il se reconnut dans la racine spirituelle de Essav, c'est pourquoi il l'aimait tant.

Et si Its'hak voulait donner les bénédictions à Essav et non à Yaakov, c'est parce qu'il savait que le travail de Essav est beaucoup plus dur et surtout plus risqué que celui de Yaakov. Essav, pour réussir sa mission, avait besoin de plus de force et de courage. C'est ce qu'il souhaitait lui transmettre par ces bénédictions.
Yaakov, quant à lui, qui devait vivre dans le bien pour le renforcer, était plus en sécurité. Il avait moins de risque.
Ainsi, Its'hak pensait que Yaakov avait moins besoin de force et de bénédiction pour y arriver.
Mais Rivka connaissait la réalité de Essav telle qu'elle était ici-bas. A savoir que Essav avait complètement échoué sa mission et s'était extrêmement corrompu. Essav avait gaspillé et même perdu son potentiel. Les bénédictions n'allaient donc pas l'aider. Au contraire, on peut même dire qu'elles risquaient de renforcer son égarement, par les forces que lui octroieraient les bénédictions.
Rivka savait bien que ces bénédictions ne pouvaient réellement revenir qu'à Yaakov.
[d'après le Sifté 'Haïm & d'autres commentateurs - rapportés par le rav Mikaël Mouyal]

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+ Le yétser ara : c'est la vie!

-> Avoir des tendances au mal (un yétser ara) n'est pas une honte, au contraire c'est un signe que Hachem désire que nous Le servions et qu'ainsi nous nous rapprochons de Lui.

"Le tsadik tombe 7 fois, et se relève ; mais les réchaïm sont effondrés par le malheur" (Michlé 24,16) = ainsi le fait de tomber dans la faute atteste que nous avançons dans la vie, tandis que le contraire signifie à priori que nous sommes anesthésiés, que nous vivons comme des somnambules, des morts vivants (à part de très très rares exceptions, il n'existe pas d'homme qui ne faute jamais!).

Le yétser ara nous fait sortir de notre suffisance, de notre paresse, afin que face au mur nous puissions sortir nos forces cachées. Après coup, nous le remercions car nous sommes alors des juifs meilleurs.

-> Au début de la paracha, lorsque Rivka voulait savoir pourquoi elle souffrait autant pendant sa grossesse, elle est allé au beit midrach de Chem (fils de Noa'h).

Chem a prophétisé que : "2 nations sont dans ton sein et 2 peuples sortiront de tes entrailles ; un peuple sera plus puissant que l’autre (oul'om mil'om yéémats)" (Toldot 25,23).

Le rabbi Yéhochoua de Belz explique : "Une nation sera plus forte en raison de l'autre".

Yaakov sera une personne meilleure grâce aux batailles que Essav va mettre sur son chemin.
Ainsi, les juifs grandissent des épreuves que les non-juifs et leur yétser ara va placer devant eux.

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-> Le jour où Avraham est mort, Nimrod est mort.
Le jour où Yaakov est mort, Essav est mort.
Le jour où Moché est mort, Bil'am est mort.
[midrach]

=> Que souhaite nous enseigner ce midrach?

Le Beit Israël de Gour répond que nous voyons que les réchaïm sont placés dans ce monde dans l'intérêt des tsadikim.
Hachem a créé Nimrod pour remettre en cause Avraham, et Hachem a mis Essav dans ce monde pour tester Yaakov.
Ainsi, lorsque Avraham et Yaakov meurent, il en est de même pour leur adversaire (Nimrod et Essav), car ces derniers ne vivaient que pour les premiers.

Le Beit Israël explique qu'en apparence Nimrod, Essav et Bil'am dérangeaient ces grands tsadikim (cela serait mieux sans eux!), mais en réalité ils étaient là pour les aider.
Ils sont venus dans ce monde uniquement pour eux.

Sans les remises en question que ces réchaïm ont placé devant eux, ces tsadikim n'auraient pas pu atteindre une telle grandeur.

=> Ainsi, les épreuves, les défis de la vie, ne sont pas des punitions de D., mais au contraire des opportunités de grandir, et d'apporter un plaisir beaucoup plus grand à Hachem.

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-> Hachem ne met son Nom que sur les tsadikim après leur mort.
C'est pourquoi, nous disons "Eloké Avraham" (D. d'Avraham), après la mort d'Avraham.
En effet, Hachem ne veut pas placer son Nom sur quelqu'un de vivant, car tant qu'il y a de la vie il y a des épreuves et personne n'a la garantie de rester tsadik dans le futur.
(n'ai pas [trop] confiance en toi avant ta mort [en baisant la garde face au yétser ara en pensant que c'est gagné]).

Il y a une exception à cela : "Je suis Hachem, le D. d'Avraham ton père et d'Its'hak" (Vayétsé 28,13).
Avraham était mort, mais Its'hak était encore vivant.
Rachi écrit : "nulle part dans la Torah, Hachem n’a associé de leur vivant Son nom à celui des tsadikim, en écrivant "Elokim d’un tel" ... Ici, cependant, Il a uni Son nom à celui de Its'hak, parce que sa vue s’était assombrie et qu’il était obligé de rester chez lui. Il était donc considéré comme mort, et son yétser ara l’avait quitté, [de sorte qu’il était devenu hors d’état de pécher] .

Cependant, Yaakov va dire : "Si le D. de mon père, le D. d'Avraham (éloé Avraham) et celui que révère Its'hak (pha'had Its'hak)" (Vayétsé 31,42).
Le Divré David (Taz) explique qu'il aurait été inapproprié à Yaakov de dire à son père : "éloé Its'hak".
En effet, cela impliquait que son père ne faisait plus l'objet d'épreuve du yétser ara, ce qui revenait à lui dire qu'il n'avait plus de raison de vivre, et un fils ne doit pas parler ainsi à son père.

[De même que nous avons un cœur au niveau physique, nous avons un yétser ara au niveau spirituel, pour permettre notre vie et assurer notre vitalité dans ce monde]

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+ L'intensité des épreuves de la vie :

-> Il est très clair que Hachem tient le yétser ara avec une chaîne en fer, ne le laissant pas mettre à l'épreuve quelqu'un au-delà de ses capacités."
[Gaon de Vilna]

-> La guémara ('Haguiga 5) rapporte que Rabbi Yéhochoua ben 'Hananiya savait répondre aux questions des hérétiques (apirkorsim). Cela était important pour empêcher à des juifs d'être influencés par eux.

Lorsqu'il était sur son lit de mort, ses élèves lui ont demandé : "Que ferons-nous maintenant? Qui réfutera les hérétiques?"
Il leur a répondu : "lorsque les juifs perdent leur avocat/défendeur, leur sagesse [de ceux qui les attaques] se trouve réduite".

=> Ainsi, cette guémara nous illustre l'idée que les épreuves et les défis sont toujours en proportion des capacités des gens.
Ici une baisse de notre capacité à répondre à leurs questions de émouna, va entraîner une baisse de leur niveau de questionnement.

-> Une allusion à cela se trouve dans le Séder de Pessa'h : le Sage ('hakham), le racha, le simple (tam) et celui qui ne sait pas poser de question (chééno yodéa lich'ol).
Lorsqu'il y a des Sages, alors en face il y a des réchaïm.
Mais s'il y a un niveau de simple (tam), alors en face il y a une opposions qui ne sait pas vraiment poser des questions.

-> Le rav Elimélé'h Bidermen enseigne que parfois l'épreuve n'est pas que nous réussissions et surmontions le yétser ara, mais plutôt c'est un test pour mettre au grand jour à quel point le fait de faire la volonté de Hachem est important pour nous.

[c'est une sorte de baromètre de notre bita'hon, de notre niveau de fidélité dans la réalité et pas en paroles!]

Hachem souhaite nous voir prier, crier de tout notre cœur vers Lui, afin que nous réussissions la dure épreuve.
Même si nous pouvons échouer, ce qui compte c'est l'état d'esprit de faire de notre mieux, d'aller vers Hachem!

Lorsque notre yétser ara se réveille en nous, nous devons penser : "Qui sait si cette faute que le yétser ara me pousse à faire ne va pas bloquer des bénédictions que Hachem souhaite m'adresser? Je risque de perdre beaucoup si je cède à la tentation."

On peut aussi s'interroger : "Si quelqu'un me proposerai 100 millions pour que je surmonte cette épreuve du yétser ara, est-ce que je céderai?"
Cela nous permet de se rendre compte que nous pouvons souvent faire bien davantage que ce que nous faisons actuellement.

N'oublions pas que Hachem nous offre une récompense infiniment plus importante et surtout éternelle.
[mais pour permettre le libre arbitre la Vérité nous est dissimulée dans ce monde.]

"Its'hak implora Hachem, en face de sa femme, car elle était stérile" (Toldot 25,21)

-> Le Séfer haIkarim (4,18) enseigne que grâce à la prière on peut devenir une personne totalement nouvelle : meilleure et plus sainte.
C'est pour cette raison qu'une prière aide : puisqu'on monte de niveau, on devient une nouvelle personne, et alors le décret n'a jamais été émis sur nous.
Par exemple, si au Ciel on a décrété que quelqu'un devienne pauvre, s'il s'est amélioré par la téchouva et/ou par sa prière, alors ce n'est plus la même personne sur laquelle pesée un décret de pauvreté.
Ainsi, il peut alors devenir riche.

Le Séfer haIkarim écrit : "Dès le début c'était la volonté d'Hachem que le décret soit pour la personne à ce niveau précis. Mais si elle change de niveau, alors le décret change également."

Le Bné Yissa'har (Maamaré Shabbath 8,7) enseigne que la prière ne change par la décision de Hachem, mais plutôt : "lorsque nous prions, nous nous élevons à une place plus haute, et nous devenons alors une nouvelle personne. Et bien que Hachem a décrété quelque chose pour la personne précédente, par une prière à Hachem, qui est le Créateur de tout, nous devenons attachés à une place plus élevée et nous devenons une nouvelle essence.
Ce n'est pas qu'Hachem a changé son souhait, mais plutôt que concernant la personne qui est actuellement présente, le décret n'a jamais été placé."

Le Bné Yissa'har écrit que le décret d'Hachem vient avec une clause : que si la personne prie, alors le décret négatif est annulé et n'a plus de valeur.

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-> Nous pouvons alors comprendre pourquoi Sarah, Rivka, Ra'hél et Avraham étaient stériles, tandis que Its'hak, Yaakov et Léa ne l'étaient pas.

Avraham, Sarah, Rivka et Ra'hél sont nés de parents qui servaient des idoles. Afin de se détacher de ce lien avec l'idolâtrie, ils étaient stériles, car ils ont été alors obligés de beaucoup prier à Hachem pour avoir une descendance, et cette prière a fait d'eux des personnes nouvelles.

Le Shach dit par exemple que puisque Rivka était stérile, alors elle et Its'hak ont prié, et "elle est devenue une nouvelle création, au point qu'elle n'était plus appelée : la fille de Bétouel [son ascendance au sens large] ... [de même Lavan pour Ra'hél et Léa]
L'objectif était de nettoyer l'origine du peuple juif, pour qu'il n'y ait pas d'association avec les autres nations".

Its'hak et Yaakov n'avaient pas besoin d 'être stériles car ils sont nés de mère et père saints et purs.
Bien que Léa soit né d'un racha Lavan, elle a réussi à se changer par les intenses prières qu'elle a faite pour ne pas se marier avec Essav.
Grâce à ses prières, elle est devenue une nouvelle Léa, au point de ne plus avoir aucun lien avec son père Lavan

Le Shach écrit à ce sujet : "Il y avait une Léa qui était destinée à Essav, et c'était une autre Léa [que celle qui s'est marié à Yaakov]."

=> Tout cela doit nous inciter à faire téchouva, à prier autant que possible de tout son cœur, car à chaque fois nous devenons une personne nouvelle, plus proche d'Hachem, et nous évitons tout potentiel décret émis contre nous.

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+ "Its'hak implora Hachem, en face de sa femme, car elle était stérile" (Toldot 25,21)

-> Rachi commente : Its'hak se tenait dans un coin et priait. Rivka se tenait dans au autre coin et priait elle aussi.

=> Quelle prière a été la plus efficace?

La Torah écrit : "Hachem répondit à lui (vayéatér lo Hachem) et Rivka sa femme, devint enceinte (v.25,21).

Rachi commente : "[Hachem répondit] Par lui, et pas par elle, parce que la prière d’un tsadik fils de tsadik ne ressemble pas à celle d’un tsadik fils d’un récha."

=> Ainsi, Its'hak qui était un tsadik fils de tsadik, avait cette qualité de l'ascendance, qui a rendu sa prière plus efficace.

Cependant le Tsémé'h Hachem laTsvi explique que Rivka avait conscience d'avoir un défaut dans son ascendance, étant une tsadékette fille de racha, et cela l'a rendu très humble (elle s'est dit : ne pouvant bénéficier de l'aide de mes ancêtres, je dépend encore davantage de l'aide d'Hachem pour voir ma prière acceptée!).
Or, plus une personne est humble dans sa prière, plus sa prière a de la valeur.

Rivka priait pour que Its'hak puisse avoir des enfants, et Its'hak priait pour que Rivka puisse avoir des enfants.
[Its'hak priait pour que la prière de Rivka soit répondue par Hachem, et Rivka priait pour que la prière d'Its'hak soit répondue.]

"Hachem répondit à lui" = Hachem a répondu à Its'hak, et ce grâce aux prières de Rivka pour lui, et alors ils ont eu des enfants.
=> Ainsi, les prières de Rivka ont été plus efficaces, grâce à son humilité.

Le Tsémé'h Hachem laTsvi conclut que pour chacun d'entre nous, certes l'ascendance peut être un énorme plus pour nos prière, mais cependant (même pour un enfant de racha) la qualité d'humilité rend une prière incomparativement plus importante.

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-> Le Séfer haIkarim (4,16) assure que la prière de tout juif est efficace.

-> Le 'Hafets 'Haïm enseigne :
"Hachem aime chaque juif car nous sommes Ses enfants ...
Peut-être que vous affirmerez que Hachem m'aime [le 'Hafets 'Haïm] plus que Ses autres anfants, mais cela n'est pas vrai. Hachem aime chacun de Ses enfants d'une façon identique, et Il désire que nous allons vers Lui.
[D. nous aide indépendamment de nos actions, par le simple fait que nous sommes son fils!]

Peut-être que vous direz que vous avez des fautes qui empêchent Hachem de s'approcher. A cela, je répondrai qu'au contraire si vous avez des fautes, Hachem souhaite [encore plus] que vous vous approchiez de Lui et lui demandez pardon ..."
[à l'image d'un enfant qui revient après un long déplacement, le père est fou de joie de revoir son enfant adoré!]

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-> b'h, voir également : https://todahm.com/2021/09/11/la-priere-6

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-> "Its’hak implora Hashem au sujet de sa femme" (Toldot 25,21)

-> Le Ben Ich 'Haï (Toldot) nous enseigne :
"Le mot "no'hakh" (נֹכַח) employé dans ce verset et traduit par "au sujet" veut littéralement dire "face à" ou "par rapport à", et il vient nous dire qu’Its’hak n’a pas seulement prié pour Rivka mais a utilisé ici 2 "mérites" attribués à Avraham qu’il avait gagné grâce à 2 mitsvot particulières et dont le mérite avait été réservé pour sa descendance.
La première est celle d’avoir couru après le veau pour le cuisiner aux mala'him (anges) comme il est écrit : "Et Avraham courut au troupeau" (véél abakar rats Avraham - Vayéra 18,7).
La deuxième est la promptitude avec laquelle il s’est empressé d’accomplir la mitsva de l’Akéda, comme il est écrit : "Avraham se leva tôt le matin" (vayachkem Avraham baboker - Vayéra 22,3).

Dans ces 2 mitsvot on retrouve le nom de Rivka (רבקה), d’abord avec le veau (habakar – הבקר) puis pour l’Akéda, le matin (haboker – הבקר), mais dont les lettres sont dans un ordre différent.
C’est le sens de ce mot : "no'hakh" dans notre verset, c’est que Its’hak a prié pour Rivka mais en utilisant les 2 mérites d’Avraham qui sont en rapport avec le nom Rivka, qui sont le veau des mala'him et le matin de la Akéda."

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-> b'h, sur la notion du zèle dans les mitsvot & la rapidité avec laquelle Hachem va écouter nos prières : https://todahm.com/2021/09/10/la-paresse-la-nonchalance-un-grand-defaut

Le génie d'Avraham était de montrer aux gens à quel point ils sont déjà extraordinaires.
Par le fait de regarder l'étincelle de beauté et de bonté des individus, il leur montrait que le fait d'agir négativement n'est pas en adéquation avec leur véritable être [intérieur], et il les encourageait à revenir à leur essence pure.
[Chem miChmouël]

"Hachem avait béni Avraham en toute chose (bakol)" ('Hayé Sarah 24,1)

=> Que signifie "bakol"?
Selon rabbi Méïr, il fut béni (même) par le fait qu'il n'eut pas de fille.
Selon rabbi Yéhouda, il fut béni (en tout) puisqu'il eut (aussi) une fille.
D'autres disent qu'Avraham avait de telles connaissances en astrologie que tous les rois d'Orient et d'Occident se levaient tôt et se pressaient à sa porte.
Selon rabbi Chimon bar Yo'haï, Avraham portait une pierre précieuse suspendue à son cou ; tout malade qui regardait (cette pierre) guérissait aussitôt.
Lorsqu'Avraham mourut, Hachem suspendit cette pierre sur l'orbite solaire en accord, selon Abayé, avec le dicton : "Quand le jour se lève, le malade se porte mieux".
Autre explication de "bakol" : tant qu'Avraham était en vie, (son petit-fils) Essav ne se rebella pas (contre les Lois de la Torah), ou encore Ichmaël (son fils) se repentit du vivant d'Avraham.
[guémara Baba Batra 16b]

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-> Hachem a béni Avraham : bakol (en toute chose - בכל), mot qui a une valeur de 52, qui est la même que celle du mot : ben (בן).
Il y a donc une allusion au fait qu'Avraham a été béni en tout par des fils.
[Rachi - 'Hayé Sarah 24,1]

-> Selon le 'Hatam Sofer, les 3 lettres du mot בכל (bakol) s'écrivent pleinement : בית (bét), כף (kaf) et למד (laméd), et leur guématria totale est de : 586, la même guématria que le mot : Shofar (שופר).
Cette guématria commune fait allusion au fait qu'Avraham sera béni à travers un fils Its'hak, car la corne (Shofar) du bélier de substitution du sacrifice d'Its'hak servira aux sonneries du jour du don de la Torah et aux sonneries (du Shofar gadol) qui seront entendues le jour de la délivrance définitive.
C'est donc bien par son fils Its'hak qu'Avraham sera béni jusqu'à la venue de la guéoula.

-> Si Avraham avait eu une fille, ce ne serait pas une bénédiction selon rabbi Méïr.
En effet, il n'aurait pu la marier qu'avec un Cananéen qui est "maudit" ou bien l'envoyer dans son lieu de naissance chez Lavan et elle aurait vécu là-bas avec son époux dans une ambiance d'idolâtrie, car la femme est sous l'autorité de son mari.
Ainsi, Avraham n'a pas eu de fille afin de lui épargner ces soucis ce qui constitue une bénédiction.
[Rambam - 'Hayé Sarah 24,1]

-> Selon Rabbi Meïr, il fut béni [même] en cela qu’il n’eut pas de fille car il n’aurait pas pu la marier en raison du fait que les gens de sa génération étaient tous des idolâtres.
[‘Hidouché Guéonim]

-> Le Ets Yossef enseigne :
Ce n'est pas une bénédiction pour un père d'avoir une fille, d'après Ben Sira, car un père se soucie constamment pour sa fille et n'en dort pas la nuit : lorsqu'elle est gamine, il craint qu'elle soit séduite ; à l'adolescence, il craint qu'elle se débauche ; à sa majorité, il craint qu'elle ne trouve pas de mari (sans compter les soucis de réunir une dot pour la marier) ; une fois mariée, il craint qu'elle n'aie pas d'enfants ; âgée, il craint qu'elle pratique la sorcellerie.

Une question se pose contre rabbi Méïr : la mitsva de procréation (piria vérivia) n'est accomplie que si le père a au moins un garçon et une fille ; donc s'il n'a aucune fille il n'aurait pas réalisé le Commandement de procréation.
En fait, rabbi Méïr pense que si cet homme a voulu avoir une fille, mais il n'en a pas eu, cela est un cas de contre sa volonté (oness) et Hachem le considère comme s'il a accompli la mitsva de procréation, et de plus cet homme privé d'une fille est béni.

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-> Rabbi Yéhouda qui a affirmé qu'Avraham a engendré une fille (bat) n'est pas en désaccord avec rabbi Méïr qui a affirmé, au contraire, qu'Avraham n'a pas eu de fille.
En effet, la fille dont parle rabbi Yéhouda ne désigne pas ici une fille, mais une qualité (mida) d'Avraham désignée aussi : bat (fille).
[Ben Ich 'Haï]

-> La fille qu'aurait engendrée Avraham se distinguait par ses qualités remarquables. Elle était éminente au-dessus du niveau moyen des autres jeunes filles en toute chose, c'est pourquoi elle a été digne d'être appelée : bakol (en toute chose).

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=> Comment les rois d'Orient et d'Occident se pressaient-ils à la porte d'Avraham?

-> Le Maharcha enseigne :
Les connaissances astrologiques d'Avraham lui permettaient de "lire" dans les étoiles et les mazalot (constellations) les évènements futurs.
Sa réputation s'était étendue dans le monde et tous les rois d'Orient et d'Occident se pressaient à la porte d'Avraham pour le consulter et demander des conseils, d'autant plus que ses prévisions étaient infaillibles, contrairement aux autres astrologues dont les prévisions étaient parfois erronées.
Ainsi, l'expression "bakol" (par tous) peut signifier qu'Avraham était béni par tous les rois de la planète qui le louaient, ce qui constituait une bénédiction.

-> Le Maharal ('Hidouché Agadot) écrit :
Avraham ne "lisait" pas dans les étoiles, mais était doué d'un don prophétique qui lui permettait de prévoir les événements futurs, sans jamais se tromper, et il transmettait cette prophétie à ceux venus le consulter, afin qu'ils mettent de l'ordre dans leur vie.
Si le texte a parlé d'astrologie et non de prophétie, c'est parce que toutes deux prévoient l'avenir.

-> Le Rachba explique :
Les connaissances d'astrologie doivent êtres prises au sens figuré, c'est-à-dire qu'Avraham savait conduire avec de bonnes vertus (midot) et rapprocher du Ciel ceux qui l'approchaient.
De plus, il faut lire également l'expression : "tous les rois d'Orient et d'Occident se levaient tôt et se pressaient à sa porte" au sens figuré : les "rois" sont en fait les disciples de Sages (talmidé 'hakhamim) qui se pressaient aux portes (de Torah) d'Avraham du matin au soir.
C'est pourquoi, ils n'ont pas dit : les "rois" du nord ou du sud, mais les "rois" d'Orient (mizra'h = est) et d'Occident (maarav = ouest) en allusion à leur étude depuis le matin où le soleil se lève à l'est jusqu'au soir où le soleil se couche à l'ouest.

-> De son côté, le Ben Ich 'Haï commente :
L'astrologie ne doit pas être prise à la lettre, mais dans le sens d'une sagesse que possédait Avraham dans son cœur (bélibo).
Or le mot "libo" (son cœur) fait allusion aux lettres de son nom écrites en plein.
Ainsi, dans les lettres qui composent le nom Avraham (אברהם) écrites en plein : אלף (alef), בית (beit), ריש (rech), הי (hé) et מם (mém), les lettres finales forment : séfataïm (lèvres - שפתים).
Il y a ici une allusion au fait qu'Avraham déversait par ses lèvres sa grande sagesse enfouie dans son cœur.

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=> A quoi fait allusion la pierre précieuse curative suspendue au cou d'Avraham et le placement de cette pierre précieuse dans l'orbite solaire après son décès?

-> Le Maharcha dit :
Cette pierre précieuse avait le pouvoir miraculeux de guérir tous (kol) les malades venus consulter Avraham ; c'est en cela qu'il a été béni "par tous", selon rabbi Chimon bar Yo'haï.
Lorsqu'Avraham est décédé, cette pierre a été "suspendue" dans l'orbite solaire afin que les malades demandent leur guérison à Hachem directement.
Pour la même raison, dans la guémara (Pessa'him 56a), les rabbanim avaient caché le Séfer haRéfoua (livre de guérison), depuis l'époque de 'Hizkiyahou, afin que les malades implorent directement Hachem de les guérir.

[Comment cette pierre précieuse guérissait-elle les malades qui l'observaient, à l'époque d'Avraham, alors que la maladie n'existait pas encore et n'a été instaurée qu'à l'époque de Yaakov?
Rabbénou Tam répond que c'est la maladie qui précédait la mort qu'avait demandé Yaakov, mais la maladie guérissable existait déjà avant Yaakov, et en particulier à l'époque d'Avraham.]

-> Le Rachba enseigne :
La pierre précieuse curative suspendue au cou d'Avraham peut être lue au sens allusif.
Avraham qui possédait une sagesse "complète" sur le plan spirituel et sur le plan scientifique (astrologie), est comparé à une pierre précieuse.
En effet, la sagesse est comparée à une pierre précieuse dans ce verset : "Kohélet désirait trouver des paroles précieuses (la sagesse supérieure)" (Kohélét 12,10).
Avraham transmettait sa sagesse à autrui à travers son cou, c'est-à-dire par sa parole dont les organes sont au niveau du cou.
Ainsi, quiconque était malade dans son âme et dans sa foi guérissait par la sagesse de la parole d'Avraham comparée à une pierre précieuse.

Au moment où Avraham quitta ce monde, il n'y avait plus personne capable comme lui de transmettre la foi en Hachem.
C'est pourquoi Hachem "suspendit" cette sagesse (pierre précieuse) dans l'orbite solaire ou la voûte céleste, de façon que si l'homme réfléchit au nombre et aux trajectoires des étoiles et des planètes, il pourra atteindre une certaine sagesse et accéder à la connaissance de D., comme l'avait fait Avraham.

-> Le Ben Ich 'Haï (Ben Yéhoyada) explique que la "pierre précieuse" était une force spirituelle de sainteté que possédait Abraham, avec laquelle il réussissait à convertir même les plus récalcitrants des idolâtres.
Ce pouvoir spirituel confié à Abraham, permettait de guérir celui qui souffrait d’une "maladie de l’âme".
Lorsqu’Abraham mourut, D-ieu suspendit la "pierre précieuse" dans le soleil, pour les temps futurs, comme il est : "Et pour vous qui révérez Mon Nom, se lèvera le soleil d’équité, portant la guérison dans ses rayons" (Malakhi 3,20).

-> Le Séfer Akédat Its’hak (Béréchit Chaar 4) nous apprend que la "pierre précieuse" suspendue au cou d’Abraham venait évoquer le fait qu’il énonçait des perles de sagesse qui coulaient de sa bouche avec une voix sortant de sa gorge (cou) ; il guérissait ainsi spirituellement toutes les âmes malades qu’il avait faites à ‘Haran, en les faisant "entrer sous les ailes de la Présence Divine".

-> Le Maharam Shick écrit :
L'homme est un monde en miniature (olam katan) : la tête symbolise le monde supérieur spirituel (rou'hani) et le corps symbolise le monde inférieur matériel (gachmi).
Le cou de l'homme relie ces 2 mondes.
La pierre précieuse portée au cou d'Avraham, symbolise la sagesse qui est la meilleure voie pour l'homme pour relier et faire co-exister les 2 mondes spirituel et matériel.
C'est cette voie qu'Avraham enseignait aux idolâtres, afin de guérir leur âme.
Au décès d'Avraham, Hachem a placé cette sagesse dans l'orbite solaire qui fait le trait d'union entre les 2 mondes.

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=> Quelles sont les 5 fautes d'Essav après la mort de son grand-père Avraham? Pourquoi ce nombre 5?

-> La guémara (Baba Batra 16b) explique que du vivant d'Avraham, Essav le respectait et s'efforçait de refouler sa tendance à l'immoralité et son instinct meurtrier.
Cependant, le jour même de la mort d'Avraham, Essav se sentit "libéré" et donna libre cours à ses instincts. Il commit 5 transgressions : il tua (Nemrod), il commit un acte d'adultère avec une jeune fiancée, il renia Hachem (kafar ba'ikar), il nia la résurrection des morts, et il méprisa le droit d'aînesse.

-> D'après la guémara (Béra'hot 10a), rabbi Chimon dit : "L'âme est comparée à Hachem dans 5 domaines : ils remplissent le monde ou le corps ; ils voient et sont invisibles ; ils nourrissent le monde ou le corps ; ils demeurent purs ; ils résident en un lieu secret.
Que l'âme qui possède ces 5 qualités, vienne glorifier Hachem qui possède ces 5 mêmes qualités!"

Se basant sur cela, le Maharal commente : chacune des 5 qualités de l'âme lui confère un pouvoir d'établir un lien avec Hachem. Ainsi, par ces 5 transgressions, Essav a défait totalement le lien qu'il avait avec Hachem : il est sorti complètement de sous les ailes de la Présence Divine, contrairement à ceux qui commettent une ou deux transgressions et qui maintiennent malgré tout un certain lien avec Hachem.

-> Le Ben Ich 'Haï dit :
Avraham a quitté ce monde à 175 ans, soit 5 ans avant l'âge prévu de 180 ans (date de décès de son fils It'hak), afin de ne pas assister aux 5 transgressions graves de son petit-fils Essav.

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=> Quelles preuves a-t-on qu'Ichmaël se soit repenti au moment de la mort d'Avraham?

-> Lors de l'Alliance des morceaux (brit ben habétarim), Hachem promit à Avraham : "Toi, tu rejoindras tes pères en paix ; tu seras inhumé après une vieillesse heureuse" (Lé'h Lé'ha 15,15).
Rachi commente qu'ainsi Hachem a annoncé ici à Avraham une vieillesse heureuse, c'est-à-dire que son fils Ichmaël se repentira de son vivant et que son petit-fils Essav ne se livrera pas au mal de son vivant.

-> Dans la guémara (Baba Batra 16b), Rabbi Yo'hanan apprend qu'Ichmaël a fait téchouva du vivant de son père Avraham, à partir de ce verset : "Its'hak et Ichmaël ses fils l'inhumèrent" ('Hayé Sarah 25,9).
Pourquoi Its'hak est-il nommé en premier?
C'est parce que, bien qu'Ichmaël fût son aîné, Ichmaël s'était repenti et avait fini par reconnaître qu'Its'hak avait la préséance sur lui, et de plus Ichmaël a reconnu la vente du droit d'aînesse qu'il contestait auparavant.

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-> b'h, également sur ce verset : https://todahm.com/2015/12/26/4099-2

"Tu n'as pas épargné ton fils unique pour moi" (Vayéra 22,12)

-> On peut s'interroger car c'est l'ange qui dit cette phrase à Avraham, et non Hachem. Il aurait dû donc dire : "Tu n'as pas épargné ton fils unique pour Lui", c'est-à-dire pour Hachem, et non "pour moi" l'ange!
En fait, nos Sages enseignent que chaque mitsva qu'un juif réalise crée un ange.
C'est l'ange créé par la mitsva d'Avraham prêt à sacrifier son fils, qui lui apparut et s'adressa à lui. Il lui prouva qu'en réalité, même s'il n'avait pas sacrifié son fils concrètement, malgré tout il s'était acquitté complètement de son obligation. La preuve est que l'ange qui fut créé était parfait et d'une extrême sainteté.
Cela est donc le signe que la mitsva qui l'a créé était complète.

C'est ce que dit l'ange : "Tu n'as pas épargné ton fils unique pour moi", ou plutôt, littéralement : "miméni" (de moi - ממני) = c'est-à-dire que "de moi", de ma sainteté et de ma perfection, tu peux avoir l'assurance que ta mitsva est complète.
[Gaon de Vilna]

"Il (Avraham) vit l'endroit de loin" (Vayéra 22,4)

-> Le mauvais penchant dit à Avraham que cet ordre d'Hachem de sacrifier son fils est un service Divin très élevé et très haut, et qu'Avraham n'est pas au niveau de l'accomplir.
Il lui montra que ce service Divin était vraiment loin de lui, il lui fit voir cet endroit de loin. Et par cela, le mauvais penchant lui rendit l'épreuve bien plus difficile.
Le yétser ara se comporte ainsi avec chaque personne, montrant combien la pratique de la Torah et le service Divin est loin d'elle et que l'on n'est pas au niveau de les réaliser. Mais il faut malgré tout combattre cette illusion et se renforcer dans le service d'Hachem, conscient qu'elle est fait pour soi.
['Hidouché haRim]

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-> Au moment où Avraham s'apprêtait à réaliser l'ultime épreuve du sacrifice d'Yits'hak, il marcha vers le mont Moriah, et après 3 jours de marche, la Thora dit qu'il vit l'endroit de loin. On peut s'interroger sur le sens d'une telle précision.
Quel intérêt y a-t-il de nous informer sur le fait qu'Avraham vit de loin le lieu de l'épreuve ?

-> Le 'Hidouché haRim explique qu'en fait, l'essentiel de la difficulté d'une épreuve vient du fait qu'au moment où Hachem met un homme devant l'épreuve, Il lui enlève tout son enthousiasme habituel dans le service d'Hachem ainsi que toute la clarté qu'il a d'ordinaire concernant sa compréhension de la vérité de la Thora et d'Hachem. Au moment d'une épreuve l'homme se retrouve sans l'Aide Divine habituelle qui lui facilite d'ordinaire le travail. C'est comme si Hachem s'éloignait de lui.
L'homme peut se sentir dépourvu, seul, sans ses ressources habituelles qui lui permettent d'ordinaire d'avancer sereinement. Il est dans une sorte d'obscurité. Et là, il doit faire face et résister aux attaques du mauvais penchant pour rester fidèle à Hachem et sa Torah.
Cela concerne toutes les sortes d'épreuves. Que ce soit au niveau de la foi, qu'au niveau des tentations au niveau des pulsions. Au moment où le mauvais penchant se renforce, l'homme se retrouve sans ces ressources habituelles, sans toute sa clarté, sa compréhension, son élan et ses forces habituelles, au point qu'il devient très vulnérable, il est même dans un certain danger spirituel.

Dans une telle situation, le remède essentiel qui peut sauver de la chute, c'est la crainte d'Hachem que l'homme a renforcé dans son coeur. Un homme qui développe régulièrement sa peur devant Hachem, peur devant Ses punitions et devant les souffrances que provoque la faute, au moment de l'épreuve, même si tous ses acquis disparaissent, cette peur elle, reste. Et c'est elle qui le sauvera, car un homme qui a peur de la faute, même si le mauvais penchant se renforce, il ne fautera pas, car il redoutera terriblement les conséquences. Au moment où il devait surmonter l'épreuve de la Akéda, Avraham également a connu cet état.
Son élan habituel, sa compréhension de la Grandeur d'Hachem et Sa clarté de la Vérité l'ont quitté et se sont éloignés de lui. Sinon, cela aurait été bien plus facile.
"Il vit l'endroit de loin" = et il dut puiser dans ses ressources de crainte divine pour surmonter cette épreuve. C'est pourquoi, après l'épreuve, Hachem proclama : "Maintenant Je sais que tu crains Hachem". C'est cette crainte qui sauve l'homme dans l'épreuve. D'où l'importance cruciale de la développer régulièrement, au jour le jour, pour qu'elle soit prête et en éveil au moment d'une épreuve.

"Je me suis dit : seulement il n'y a pas de crainte d'Hachem dans cet endroit et ils me tueront du fait de ma femme" (Vayéra 20,11)

-> Un homme ne doit pas imaginer qu'on puisse être une personne civilisée et raffinée avec uniquement pour base des valeurs humanistes. Quand il manque la crainte d'Hachem, il faut savoir qu'en réalité il manque aussi l'humanisme.
Un homme ne peut pas être ''humain'' sans ''crainte d'Hachem'', même s'il est civilisé et qu'il dispose de toutes les autres qualités et sagesses.
Avraham avait constaté qu'en Pelichtim il ne manquait que la crainte d'Hachem, c'est à dire qu'il y avait toutes les autres qualités sauf celles-ci, comme il est dit : "Seulement il n'y a pas de crainte d'Hachem dans cet endroit", c'était la seule chose qui manquait. Et malgré tout, sans cela, "ils me tueront du fait de ma femme".
Car sans crainte d'Hachem, il n'y a pas d'humanité. Tout prétexte pourra transformer l'être ''civilisé'' en bête cruelle et criminelle.
[Malbim ; rabbi El'hanan Wasserman]

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-> Le rav El’hanan Wasserman a fait une telle remarque en 1935, au début du pouvoir nazi en Allemagne, au moment où fut invité à parler devant les élèves du Séminaire rabbinique de Berlin.

"Il n’y a seulement pas de crainte de D. en ce lieu et l’on me tuera à
cause de ma femme" (v.20,11) = apparemment, l’expression de ce verset "il n’y a seulement pas de crainte de D." est étonnante, car cela signifie que d’autres choses il y a bel et bien.
Mais cela nous enseigne qu’Avraham a vu dans ce pays beaucoup de belles choses, comme une instruction avancée, une culture et des arts développés. Il manquait seulement une seule chose, "la crainte de D.". Et là où il n’y a pas de crainte de D., toutes ces valeurs ne valent pas plus qu’une fine pellicule, et il y a tout à fait lieu de craindre "on me tuera".

Dès ce moment-là, en 1935, Rabbi El’hanan Wasserman voyait dans son esprit le pays de la culture occidentale "éclairée" se transformer en un pays de bêtes sauvages.

"Hachem s'éleva au-dessus d'Avraham" (Lé'h Lé'ha 17,22)

-> Le sens simple de ce verset est qu'après lui avoir parlé, Hachem s'éleva, c'est à dire qu'Il se retira.
Mais, on peut aussi expliquer qu'Avraham était tellement pieux et servait Hachem avec tellement de force, en diffusant Sa Connaissance dans le monde entier, qu'Hachem s'est élevé et s'est trouvé ''grandi'' grâce à Avraham.
De par le travail d'Avraham, Hachem s'éleva.
[Beit Its'hak]

Quelques leçons d’Avraham

+ Quelques leçons d'Avraham (Vayéra) :

1°/ Ne pas imposer ses propres exigences aux autres :

La paracha Vayéra commence par le récit de la bonté ('hessed) incroyable qu’Avraham fit avec les 3 anges. Tout de suite après, on nous relate la visite des anges à Sodome et la façon dont cette ville fut détruite ensuite.

Le rav Yaacov Kamenetsky (Emet léYaakov) fait une remarque quant à la juxtaposition de ces 2 incidents : tous 2 mettent l’accent sur la l’accueil réservé aux invités (hakhnassat or’him).

L’histoire d’Avraham est l’exemple type de l’attitude à avoir lorsqu’on reçoit des invités et la façon optimale de subvenir aux besoins de ces derniers. Nous voyons comment Avraham ignore son propre état de santé, n’épargnant aucun effort pour mettre ses invités le plus à l’aise possible.

Immédiatement après, la Torah nous mène vers la ville de Sodome et nous montre l’antipathie de ses habitants pour cette même mitsva, la hakhnassat or’him. Nous voyons que la vie de Loth est menacée parce qu’il nourrit et loge des visiteurs étrangers.

=> Pourquoi la Torah insiste-t-elle sur le contraste marqué entre Avraham et les habitants de Sodome?

Le rav Kamenetsky propose une réponse basée sur un autre aspect de l’épisode de Sodome. Hachem dit à Avraham qu’Il prévoit de détruire Sodome à cause du manque total d’égards que ses habitants témoignent l’un envers l’autre. Avraham s’inquiète infiniment pour ces mauvais gens et implore Hachem de les épargner. Ses paroles sont dites avec tant de force qu’il doit introduire sa requête en demandant à Hachem de ne pas se fâcher du fait qu’il parle avec autant de franchise.

Le rav Kamenetsky explique que la Torah nous montre ici une facette du niveau incroyable d’Avraham dans les relations entre un homme et son prochain (ben adam la’havéro ).
En général, lorsqu’une personne excelle dans un trait de caractère, elle est particulièrement exigeante quant au comportement des autres personnes dans ce domaine. Par conséquent, elle a tendance à les juger très sévèrement s’ils semblent montrer une faille dans cette qualité.

Prenons pour exemple un homme qui fait très attention à manger du pain à séouda chelichit (le 3e repas du Shabbat) : il aura tendance à mal considérer ceux qui se contentent de manger des fruits pour séouda chelichit.

La Torah juxtapose l’épisode montrant la grandeur de la hakhnassat or’him d’Avraham et la position abjecte de Sodome à ce sujet, puis elle montre comment, malgré tout, Avraham plaide en leur faveur et supplie Hachem de juger Sodome avec miséricorde.
Cela montre qu’Avraham n’est pas tombé dans le piège du yétser hara qui nous incite à juger autrui avec rigueur dans les domaines où nous excellons. En dépit de l’immense fossé entre son ‘hessed (bonté) et celui de Sodome, il se fait beaucoup de souci pour leur bien-être.

=> Nous apprenons de l’explication du rav Kamenetsky qu’il n’est pas facile de considérer favorablement les faiblesses d’autrui dans les secteurs qui sont nos points forts. Pourquoi est-ce si difficile?

Le rav Yehonathan Geffen explique que quand une personne excelle dans une bonne mida (qualité), il lui est très difficile de comprendre qu’une autre puisse être moins méticuleuse dans ce domaine.
Par exemple, si quelqu’un est très ponctuel, il aura beaucoup de mal à s’expliquer le retard constant de ses camarades.

Il est évident pour lui que le fait d’être retardataire témoigne d’un manque de considération vis-à-vis d’autrui. Son travail consiste à admettre que chacun a des points forts différents et qu’il existe certainement des domaines dans lesquels il est bien plus faible qu’un autre.
De plus, il lui faut se souvenir de la michna dans avot qui nous dit : "Ne juge pas ton prochain avant de te tenir à sa place". Cela nous enseigne que les traits de caractère de l’individu sont liés aux circonstances de sa vie et qu’il est alors impossible de juger l’autre, car nous ne savons pas comment nous aurions réagi si nous avions été dans sa situation.

=> En intériorisant cet enseignement, nous arrivons à reconnaître que chacun a ses propres points forts et lacunes et qu’il ne convient donc pas d’être contrarié des imperfections d’autrui dans les domaines où nous-mêmes excellons.

Au début de la paracha Vayéra, nous trouvons un autre exemple montrant la grandeur d’Avraham dans ses relations avec les personnes se situant à un niveau inférieur au sien. La Torah décrit avec force détails, le délicieux repas qu’Avraham proposa à ses visiteurs.
Le rav Yissa'har Frand souligne qu’Avraham lui-même était certainement peu intéressé à manger de tels mets. Néanmoins, il n’imposa pas son niveau personnel d'éloignement du monde physique à ses invités et n’épargna aucun effort pour leur servir un repas délicieux.

=> Il existe plusieurs façons d’imposer ses propres désirs à autrui de manière négative. Par exemple, quelqu’un peut être très propre et soigné, ce qui est évidemment une qualité permettant de vivre selon un ordre. Cependant, il est fort probable qu’à un moment dans sa vie, il se trouvera une situation où il devra s’accommoder avec d’autres personnes, tel un camarade de chambre, un conjoint, ou ses propres enfants. Ceux-ci n’aspireront peut être pas à une propreté aussi rigoureuse dans la maison. Il risque d’être frustré par leur attitude et exiger que l’endroit soit rangé et nettoyé selon ses propres "normes de propreté".
Dans ce scénario, cet individu impose sa façon de faire aux autres, ce qui semble être un comportement injuste vis-à-vis d’autrui. Une personne maniaque doit plutôt accepter que les autres ne puissent pas garder la maison aussi propre qu’elle le voudrait. Si elle se sent incapable de vivre correctement dans de telles conditions, elle doit se charger personnellement de maintenir la propreté de la maison selon ses impératifs.

==> La grande bonté d’Avraham Avinou est légendaire. Le rav Kamenestky nous enseigne ici un autre aspect de son extraordinaire ben adam la’havéro : il n’imposait pas ses propres exigences aux autres personnes et ne faisait pas preuve de sévérité à leur égard.

[b'h, à nous ses descendants de suivre autant que possible son exemple!]

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2°/ Savoir gérer les succès comme les défaites :

-> Durant sa vie, Avraham dut faire face à de nombreuses épreuves, qui furent parfois brillamment réussies et qui, d’autres fois, se terminèrent d’une manière qu’il n’avait pas envisagée. Sa façon de réagir nous enseigne comment nous conduire quand nous sommes couronnés de succès et lorsque nous subissons un revers.

L’épreuve la plus marquante fut certainement celle de la Akéda, lors de laquelle il reçut l’ordre de sacrifier son fils unique sans en comprendre la raison. Avant de tuer Its’hak, un ange l’appelle : "Avraham, Avraham!" (Vayéra 22,11) et l’informe du fait que l’épreuve a été surmontée avec succès et qu’il méritera par conséquent d’avoir une descendance comparée aux étoiles du ciel (Vayéra 22,17).
Le midrach Yalkout Chimoni explique la répétition du prénom Avraham. Chacun a 2 facettes : l’une terrestre et l’autre céleste. L’image terrestre correspond à ce que l’on fait dans ce monde et l’image céleste fait référence à ce que l’on peut devenir si l’on exploite pleinement son potentiel.
Après cette 10e épreuve, Avraham réalisa son plein potentiel, les 2 facettes étaient identiques. Le "Avraham" du Olam Hazé était le même que le "Avraham" idéal du Olam Haba. Il a alors atteint la perfection spirituelle.

Comment aurions-nous réagi dans une telle situation? Une pointe de fierté aurait été normale, naturelle. Ou au moins un sentiment d’allégresse, de joie ...
Or, la réaction d’Avraham fut très différente. Juste après la Akéda, le verset dit : "Avraham retourna vers ses jeunes hommes, ils se levèrent et allèrent ensemble vers Béer-Chéva" (Vayéra 22,19).
Le mot "ensemble" prouve qu’Avraham se sentait au même niveau, avec les mêmes sentiments que les jeunes hommes (Eliezer et Ichmaël). Ceux-ci n’avaient pas vu la Akéda, ils n’avaient rien ressenti de cet événement magique, grandiose. Avraham voyagea avec eux, comme s’il n’avait pas non plus expérimenté un moment spécial, comme s’il n’avait pas surmonté l’épreuve la plus difficile de sa vie.
Sans fierté ni exaltation, il retourna à Béer Chéva pour poursuivre sa sainte mission : celle d’apprendre à tout le monde à voir et à ressentir la Présence Divine.

L’être humain a tendance à vouloir se reposer sur ses lauriers après avoir réussi une tâche difficile. Il aurait été logique qu’Avraham veuille profiter d’un moment de répit à la suite d’une telle épreuve. Donc, quand il apprit la mort de sa femme, dès son retour, et qu’il dut affronter les nombreuses difficultés qui se présentèrent à lui pour enterrer Sarah, il aurait pu se sentir frustré et se plaindre. Mais il surmonta une épreuve supplémentaire, celle d’accepter d’autres souffrances, même après voir atteint son potentiel.
=> Cela nous donne une autre dimension de la grandeur d’Avraham ; non seulement il resta humble, mais il fut prêt à faire face à de nouveaux challenges.

Et comment réagit-il aux échecs?
Quand Hachem informa Avraham de Son projet de détruire Sodome à cause du mauvais comportement de ses habitants, ce dernier implora longuement en leur faveur, arguant que s’il y avait 50 justes, toute la ville devait être sauvée, suppliant ensuite pour 40 éventuels hommes dignes, jusqu’à ce qu’il lui soit annoncé que l’endroit ne comptait même pas 10 personnes vertueuses (Vayéra 18,23-32).
À la fin du débat, lorsque le décret fut émis, la Torah précise : "Hachem s’en alla quand Il termina de parler à Avraham et Avraham revint à sa place" (Vayéra 18,33).
Que signifie ce verset, quelle leçon peut-on tirer de la 2e partie de la phrase?

Lors d’une réunion dans laquelle une décision contraire à l’avis du Steipler et de Rav Chakh fut prise, ce dernier en fut très déçu. Il avait tant œuvré et bataillé pour cette cause, que ce revers le démoralisa complètement.
Le Steipler envoya un messager chez Rav Chakh pour lui parler du verset précité : "Avraham revint à sa place" = lorsque l’on fait son possible pour sauver une situation et que l’objectif n’est pas atteint, on a le devoir de reprendre ses activités, ses engagements comme si rien de fâcheux ne s’était passé.
Un manque de succès ne justifie en aucun cas l’abandon de son œuvre sacrée, il doit émuler Avraham qui "revint à sa place" et continuer de diriger le peuple juif comme avant.
Rav Chakh comprit le message et reprit les rênes du Klal Israël.

La remarque du Steipler nous aide à tirer leçon de l’attitude d’Avraham à la suite d’un échec : il réalisa qu’il avait fait de son mieux pour atteindre son objectif, mais quand il échoua, il ne laissa pas la déception le gagner et l’empêcher de poursuivre sa mission.

=> Ainsi Avraham excella dans sa façon de réagir aux réussites autant qu’aux défaites. La qualité qui lui permit de surmonter toutes ces épreuves est sans doute sa grande modestie. Celle-ci lui évita de se sentir hautain ou complaisant devant la gloire et démoralisé quand ses entreprises n’étaient pas menées à bien.

[d'après un divré Torah du rav Yehonathan Geffen]

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-> "Hachem se retira ... et Avraham revint à son endroit" (Vayéra 18,33)

La Torah raconte qu'une fois avoir terminé sa discussion avec Hachem pour implorer le sauvetage des villes de Sedom et que sa demande n'a pas pu être exaucé, alors "Avraham revint à son endroit". Mais que signifie cette phrase?
Si c'est pour nous dire qu'Avraham retourna dans sa maison, la Torah a-t-elle besoin de nous préciser une telle information?

-> Le Divré Yé'hezkel explique qu'Avraham s'est efforcé par tous les moyens de prier pour sauver les villes de Sedom. Il commença par invoquer le mérite de 50 justes, puis 45, puis 40... Quand il réalisa que même un nombre de 10 justes ne s'y trouvaient pas et que rien ne pouvait y faire, le décret allait tomber, ses prières ne seraient pas exaucées et tous ses efforts allaient s'avérer être vains, alors on aurait pu imaginer qu'Avraham en ressentirait une certaine déception et tristesse. Il aurait été compréhensible que son moral et sa joie habituelle en soient affectés. Tous ces efforts, toutes ces prières pour rien!
Mais la Torah est venue nous apprendre qu'il n'en fut pas ainsi. "Avraham revint à son endroit", il revint à son état habituel, le même qu'il avait avant toute cette discussion. Il reprit son service d'Hachem avec la même joie et le même entrain que d'habitude. Le fait que ses prières n'ont pas été exaucées ne l'a pas affecté. Mais comment comprendre cela?

C'est que l'homme a certes le devoir de s'efforcer de prier et d'implorer Hachem pour bénéficier de Ses Bénédictions et de Ses Bontés. Mais il n'a pas un devoir de résultat. Avraham a fait pleinement son devoir, prier et implorer le plus qu'il pouvait. Mais une fois que cela n'a pas ''marché'', que ses prières n'ont pas annulé le décret, la suite n'était plus son affaire. Il savait qu'Hachem est Bon et Juste, Ses Voies sont Droites.
L'homme a certes le devoir de prier. Mais s'il constate que sa demande n'est pas exaucée, il ne doit ni s'attrister ni se décourager. De son côté, il a fait ce qu'il devait. Pour le reste, il doit faire confiance en la Droiture d'Hachem et savoir qu'Il n'est pas obligé d'exaucer ses prières.

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3°/ Faire participer ses enfants pour les initier aux mitsvot :

-> "Avraham courut au troupeau, choisit un veau tendre et gras et le donna au serviteur, qui se hâta de l'accommoder" (Vayéra 18,7)

Rachi de commenter : C’était Ichmaël, pour l’initier aux mitsvot, [en l’occurrence à celle de l’hospitalité].

Avraham a laissé dans les gênes juifs la mtisva de l'hospitalité.
Mais nous pouvons également constater que les arabes sont aussi connus pour leur hospitalité, qui provient de cet événement avec Avraham.

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4°/ Importance des efforts, et non du résultat :

-> Au début de la paracha Vayéra, Avraham reçoit 3 invités, qui s’avèrent être des anges. Il leur prépare un repas extrêmement raffiné avec un empressement exemplaire.
Mais, comme l’explique le midrash, finalement les invités n’ont rien mangé de tout ce festin! En effet, les anges ne mangent pas. Ils firent semblant de consommer ce qu’Avraham leur proposa.

La Torah nous décrit en détails toute la bonne volonté d’Avraham de bien nourrir ses invités, ainsi que tous les efforts qui s’y ajoutèrent. Mais, finalement, le résultat était nul. Rien ne fut mangé.

=> La Torah veut nous enseigner par là que tout ce que la Torah attend, ce qu’elle considère comme la vraie réussite de l’homme, c’est la volonté et l’effort. Mais absolument pas le résultat.
Deux personnes qui étudieraient un passage de Torah. Le premier comprend ce passage de suite sans effort. Le deuxième, après avoir fait de son mieux et après avoir recherché de tout son être à comprendre, n’a malheureusement pas compris. Le plus méritant, c’est bien le deuxième.
La Torah encourage la volonté, car c’est tout ce qui est entre les mains de l’homme.
Le résultat et la réussite finale appartiennent à Hachem. Ce n’est pas ce que la Torah demande le plus à l’homme. Ce qui est exigé de l’homme, c’est de faire ses actions avec cœur et enthousiasme. C’est cela qui lui est compté, bien plus que l’action finale.

De même l'épreuve de la Akéda ne servait qu’à apprécier la volonté d’Avraham. Non seulement, à la fin, Hachem a envoyé un ange pour arrêter Avraham et l’empêcher de réaliser le sacrifice dans les faits. Mais en plus, même dès le départ, Hachem ne voulait pas qu’Avraham sacrifie son fils.
Ce qu’Hachem recherchait, c’était seulement de voir jusqu’à où irait la bonne volonté et l’abnégation d’Avraham. Si dans son cœur, il aimait tellement Hachem qu’il serait même prêt à lui offrir son fils, contre toute logique. Mais, jamais Hachem n’avait envisagé le passage à l’acte.
Toute cette épreuve, qui constitue un mérite énorme pour le peuple d’Israël dans toutes les générations, n’était qu’un moyen d’éprouver la volonté et l’amour d’Avraham. Et justement, Avraham a surmonté cette épreuve et est allé avec l’intention de sacrifier son fils avec empressement ("Il se leva tôt le matin").

=> Le début et la fin de notre paracha viennent nous apprendre ce point fondamental. L’essentiel de ce qu’Hachem attend de l’homme, c’est la volonté, l’amour et l’empressement.
Il est vrai que l’homme ne doit pas se contenter de la volonté. Il doit chercher au maximum de réaliser sa volonté et de la transformer en acte. Avraham a fait de son mieux pour vraiment nourrir ses invités et vraiment sacrifier son fils. Mais, la réalisation finale ne dépend que d’Hachem. Ce qu’Hachem attend de l’homme, c’est qu’il mette toute sa volonté dans l’acte.

Dans notre génération où c’est essentiellement les résultats qui comptent, nous devons nous inspirer de cette leçon de notre paracha Vayéra pour encourager et féliciter nos enfants, simplement pour leurs efforts, et ce, même si dans la réalité, ils n’ont pas réussi.
Ce que la Torah reconnaît le plus, ce sont les efforts. Certes, nous devons avoir l’ambition de réaliser et réussir ce que l’on fait. Mais malgré tout, la réalisation, c’est l’affaire d’Hachem.
Quant à l’homme, l’essentiel reste sa volonté. N’oublions pas qu’Hachem recherche le cœur. Ce qui appartient le plus à l’homme, c’est son cœur et sa volonté.
[basé sur laTorah vélaMoadim]

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5°/ Limiter le perfectionnement de son âme pour permettre celui d'autrui :

-> Hachem dit : Vais-Je cacher à Avraham ce que Je fais ... car Je sais qu’il ordonnera à sa maison et à ses fils après lui de suivre la voie de Hachem pour apporter à Avraham ce qu’Il lui avait dit (Vayéra 18,17)

-> Il faut comprendre : On ne trouve chez aucun prophète que Hachem ait d’abord regardé s’il était digne de recevoir la prophétie ou non. C’est seulement à propos d’Avraham qu’il est dit que Hachem a pour ainsi dire regardé et estimé s’il devait cacher quelque chose à Avraham ou non.
=> On se demande pourquoi cette apparente hésitation à révéler la prophétie à Avraham.

Le ’Hatam Sofer répond à cela dans le Pitou’hé ’Hotam (introduction au Chout ’Hatam Sofer, Yoré Déa) :
Naturellement, si Avraham était au niveau de la prophétie, la prophétie ne lui serait pas refusée, mais il n’était pas vraiment arrivé à un tel niveau de prophétie, car il n’avait pas le temps de s’isoler pour méditer. En effet, il était sans cesse occupé à enseigner à des élèves et il était très mêlé aux gens pour les attirer sous les ailes de la Présence Divine.
Comme il était constamment en compagnie de personnes de moindre envergure, il ne lui restait pas le temps de s’isoler dans la pensée pour atteindre une pareille prophétie.

Mais Hachem, qui connaît les coeurs et les âmes, a dit : N’est-ce pas Mon serviteur Avraham? Il n’est pas possible de lui cacher quoi que ce soit, car toute la raison pour laquelle il manque de préparation à la prophétie est uniquement qu’il se donner du mal en Mon honneur. C’est pour Moi qu’il néglige son âme, et cela le prive du niveau de la prophétie, par conséquent il n’est pas possible que ce tsadik perde à cause de son travail.
C’est pourquoi sa récompense sera que malgré l’insuffisance de sa préparation à la prophétie, Je lui révélerai tous les secrets et Je ne lui cacherai rien.

Le ‘Hatam Sofer conclut : Il faut en tirer la leçon. Si quelqu’un dit : "Mon âme aspire à Hachem, je désire me rapprocher de Lui, mais comment pourrais-je faire si je diminue mon étude et le perfectionnement de mon âme pour perfectionner celle des autres?", la réponse est qu’il n’en est pas ainsi.
Rien n’est impossible à Hachem, toi tu dois faire ce qu’Il t’a ordonné, enseigner au peuple, et Lui de Son côté remplira ton âme d’une connaissance parfaite, et t’accordera en peu de temps d’atteindre des niveaux encore plus hauts que tu ne l’aurais pu par ton intelligence.
Là-dessus et sur des choses semblables, les Sages ont dit : "Bien que la prophétie ait été prise aux prophètes, elle n’a pas été prise aux Sages" = Ils veulent dire par là que Hachem révèle Ses secrets à ceux qui Le craignent et les mystères de Sa Torah selon leurs désirs et leurs aspirations.

[ -> L’enseignement du ’Hatam Sofer concerne tout le monde, chacun à son niveau.
(La façon de mettre ceci en pratique varie énormément en fonction de plusieurs facteurs. Il est fondamental de prendre conseil auprès d’un Talmid ’Hakham pour savoir quelle voie suivre, selon les circonstances.)
Bien entendu, cela ne veut pas dire qu’il faut délaisser complètement le travail sur soi et l’étude de la Torah, mais chacun se retrouve, à un moment ou à un autre, devant une opportunité d’aider autrui. On éprouve alors une certaine appréhension, certes compréhensible, de devoir faire quelque chose qui sera nuisible à notre développement personnel, mais au contraire, c’est finalement ce qui nous permettra de réaliser notre plein potentiel.

(imaginez la joie de papa Hachem lorsqu'il voit que nous faisons du bien éternel à son enfant (un juif). Ne nous comblera-t-Il pas des meilleures bénédictions en retour, indépendamment de nos mérites et fautes!)]

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-> "Hachem s'éleva au-dessus d'Avraham" (Lé'h Lé'ha 17,22)

Le sens simple de ce verset est qu'après lui avoir parlé, Hachem s'éleva, c'est à dire qu'Il se retira.
Mais, on peut aussi expliquer qu'Avraham était tellement pieux et servait Hachem avec tellement de force, en diffusant Sa Connaissance dans le monde entier, qu'Hachem s'est élevé et s'est trouvé ''grandi'' grâce à Avraham.
De par le travail d'Avraham, Hachem s'éleva.
[Beit Its'hak]

Sarah dit : "Qui eût dit à Avraham que Sarah allaiterait des enfants?" (Vayéra 21,7)

Le pluriel : "des enfants" suscite la question : Combien d'enfants Sarah a-t-elle allaités (alors qu'elle n'a eu qu'un fils)?
Rabbi Lévi répond : le jour où Avraham sevra son fils Its'hak, il fit un grand festin.
Tous les peuples du monde médisaient : "Voyaient ce vieux et cette vieille qui ont trouvé un enfant (de père et de mère inconnus) dans la rue et qui prétendent que c'est leur fils. De plus, ils organisent un grand festin pour confirmer leurs propos (et nous convaincre)."

Que fit Avraham?
Il invita tous les grands personnages de l'époque et Sarah notre Matriarche invita de son côté leurs épouses. Chacune vint avec son jeune enfant, mais sans leur nourrice.
Un miracle se produisit et elle put ainsi allaiter tous les enfants de ses invités (ce qui explique le pluriel dans le verset cité).
Cependant, les gens continuaient à jaser en disant : "Si Sarah âgée de 90 ans a enfanté, est-il possible qu'Avraham âgé de 100 ans ait pu engendrer?"
Aussitôt la physionomie du visage d'Its'hak se modifia et il ressembla à Avraham.
Les gens s'exclamèrent alors : Avraham a bien engendré Its'hak.
[guémara Baba Métsia 87a]

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-> Le Maharcha enseigne :
Avraham a tenu à organiser un festin le jour du sevrage de son fils Its'hak afin de publier ce miracle : non seulement Sarah a enfanté à l'âge de 90 ans, mais, de plus à cet âge avancé elle a pu allaiter cet enfant durant 24 mois sans interruption ; preuve en est de ses excédents de lait qui lui ont permis d'allaiter tous les nourrissons présents à ce festin.
D'ailleurs, c'est intentionnellement que les princesses étaient venues à la réception sans leurs nourrices, dans l'intention de railler Sarah en prouvant publiquement qu'elle n'avait pas de lait et qu'Its'hak n'était pas son fils.
Hachem a protégé l'honneur de Sarah par ce nouveau miracle de lait abondant qui jaillissait pour nourrir tous ces nourrissons.

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=> Pourquoi Hachem fait-il ressembler Its'hak à son père Avraham 2 ans après, et non pas dès la naissance?

-> Le Ben Ich 'Haï enseigne :
Pourquoi Hachem a-t-il laissé durant 2 ans les gens jaser sur Avraham et Sarah et n'a-t-Il pas coupé court à ces railleries en faisant ressembler le visage d'Its'hak à celui d'Avraham dès la naissance d'Its'hak?

Nous pouvons répondre à partir de ce récit rapporté dans le midrach (Bamidbar rabba 9,34) :
"Un roi est venu questionner rabbi Akiva : je suis noir et ma femme est noire ; elle a donné naissance à un garçon blanc ; dois-je la condamner à mort pour m'avoir trompé?
Rabbi Akiva lui demanda : Dans les tableaux de ta maison, sont-ce des personnages blancs ou des personnages noirs qui sont peints?
Il répondit : "blancs".
Rabbi Akiva lui dit alors : "Durant votre union, ton épouse a dû observer ces tableaux, et c'est pourquoi elle a donné naissance à un fils blanc qui est bien votre fils".

Ainsi, si Its'hak ressemblait à son père Avraham depuis sa naissance, du fait que Sarah avait été élevée par le roi des Philistins Avimélé'h, les gens auraient attribué la paternité d'Its'hak à Avimélé'h. En effet, malgré la ressemblance d'Its'hak à Avraham, ils auraient pu dire que Sarah pensait à ce moment à l'image de son époux Avraham, pour justifier cette ressemblance, mais ils ignoraient qu'Avimélé'h n'avait jamais approché Sarah (cf. Vayéra 20,6) grâce à l'intervention Divine.
C'est pourquoi, Hachem n'a fait ressembler Its'hak à Avraham que plus tard, afin que tous reconnaissent qu'Avraham était bien son père.

[Le Ben Ich 'Haï cite une autre raison du retard du miracle de la transformation du visage d'Its'hak pour ressembler à celui de son père. ]
A la naissance d'Its'hak, il fallait qu'il n'y ait aucune ressemblance entre Avraham, lié à la qualité du 'hessed (bonté), et Its'hak lié à la qualité de guévoura (rigueur).
Cependant, quand Its'hak fut sevré (cesse de s'alimenter en lait), il fallait "adoucir" la rigueur d'Its'hak, en le faisant ressembler à son père Avraham, afin qu'il intègre la qualité de bonté de son père.