+ La Méguila (par le rav Wolfson) :
-> Contrairement aux autres séfarim du Tanakh, la méguila (qui est dans les Kétouvim), bien qu'elle soit appelée Séfer comme dans : "véni'htav baSéfer" (Ether 9,32), elle est également appelée lettre (iguéret) comme dans : "iguéret aPourim azot" (cette lettre de Pourim - Esther 9,29).
La double nature de la méguila a une incidence sur ses halakhot. Par exemple, le baal kriat (celui qui va la lire) ne roule pas la méguila comme un séfer Torah, mais l'ouvre entièrement comme une lettre (Méguila 19a).
Ses qualités sont à la fois celles d'un séfer et celles d'une lettre. Par exemple, un auteur publie un livre dans l'espoir d'attirer le plus grand nombre de lecteurs possible, mais il ne désigne pas de personnes spécifiques comme lecteurs visés ; toute personne intéressée par le contenu le prendra, le lira et l'étudiera. De même, la méguila contient des informations précieuses pour tout lecteur intéressé.
En revanche, une lettre s'adresse à une personne ou à un groupe de personnes spécifique et n'intéresse que celles-ci et personne d'autre. Mais elle présente un intérêt suprême pour elles (ex: une lettre d'amour, une lettre d'un enfant à ses parents pendant ses vacances loin d'eux).
La méguila est une lettre adressée à chacun d'entre nous, et chaque détail de celle-ci captive notre intérêt. La méguila est fascinante parce que c'est une lettre adressée par notre Père céleste à chacun d'entre nous en particulier.
Personne ne peut dire : "Le livre du roi? Qu'est-ce que cela a à voir avec moi?". La méguila s'adresse à chaque juif ; chaque mot est doux parce qu'il est personnel (comme écrit spécifiquement pour mon moi réel, mon âme).
Parce que chacun de nous trouve son nom sur son enveloppe : "[La méguilat] Esther trouve grâce aux yeux de tous ceux qui la voient" (Ether 2,15). Même si nous sommes tombés très bas spirituellement, une lettre peut voyager très loin. À Pourim, le Roi (le boss absolu : Hachem) tend la main à ceux qui sont rejetés en dehors des Nuées de gloire, en envoyant à chacun d'eux un message personnel.
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-> Cela explique un phénomène unique concernant la méguila. Alors qu'il existe un targoum (une traduction en araméen) pour tout le Tana'h, le targoum de la méguila est particulièrement long, et en outre, il existe un deuxième targum (le targoum shéni).
Une traduction fait sortir un texte des limites de sa langue d'origine. En particulier, l'araméen rend accessible aux profanes un contenu trop élevé dans le lachon kodech original. La méguila comporte beaucoup plus de targoum que tout autre séfer du Tana'h, car elle s'adresse à tout le monde.
[on peut ajouter sur ce sujet que : le Arizal (Likouté Torah - parachat Lé'h Lé'ha) note que תרגום (targoum) a la même gematria que תרדמה (tardéma - sommeil) soit 649. Dans le récit de Pourim, Haman a accusé les juifs d'être : yéchénim - yachnou (endormis par rapport aux mitsvot - Méguila 13b), et Hachem "dormait" en ce sens qu'Il n'était pas visible et actif sur la scène. ]
-> Pour accomplir la mitsva d'étudier la Torah, il suffit d'écouter ou de répéter les mots ; il n'y a aucune obligation de lire à partir d'un séfer Torah casher. Mais la mitsva de lire la méguila ne peut être accomplie qu'en la lisant à partir d'une méguila cashère, écrite avec de l'encre matérielle sur une peau d'animal, et c'est une obligation plus sérieuse encore que la lécture de la Torah.
En effet, il ne suffit pas que la méguila touche notre esprit ou même notre cœur. La méguila doit se manifester au niveau le plus bas, le plus physique (matériel), et y apporter la pureté.
Nous ressentons de la joie après la lecture de la méguila, car [grâce à cette lecture] non seulement notre âme a été élevée, mais notre corps a également été purifié.
Le 'Hatam Sofer note que les lettres מגילה (méguila) sont les premières que : להעביר גלולים מן הארץ (léaavir guiloulim min aarets - paroles que nous disons dans le Alénou léchabéa'h) = "pour enlever l'idolâtrie de la terre", car la lecture de la méguila débarrasse le monde de l'impureté.
La méguila a été écrite pour une génération qui avait commencé à se marier avec des non juifs. Aujourd'hui, alors que la plupart des juifs sont profondément enlisés dans l'impureté et que les mariages mixtes sont monnaie courante, nous avons désespérément besoin de la purification de la méguila.
[on ne se rend pas compte de ce qu'une 'simple' lecture de la méguila (faite selon la halakha) peut avoir comme impact en nous, et dans le monde entier! ]
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-> Habituellement, nous cachons les objets de kédoucha (sainteté). Nous fermons un séfer lorsque nous ne l'étudions pas, et nous gardons un rouleau de la Torah fermé entre les lectures ; même lorsque nous lisons la Torah, nous ne gardons ouverte que la partie qui est lue.
Nous cachons la sainteté afin que les forces d'impureté, si répandues dans notre monde matériel, ne s'opposent pas à nos réussites spirituelles.
Mais Pourim est différent. Nous goûtons un peu à l'avenir, lorsque les mondes les plus élevés purifieront les sphères les plus basses, apportant la sainteté partout.
Nous déployons donc la méguila, nous laissons sa lumière intense se répandre au maximum. Que chacun fasse l'expérience du fait que "laYéhoudim ayeta ora - il y avait de la lumière [spirituelle] pour les juifs - Esther 8,16).
Et, contrairement à toute autre lecture de la Torah, nous lisons la méguila non pas une fois, mais deux fois. Laissons la lumière de la méguila pénétrer à nouveau, élevant plus profondément le monde, le remplissant de divinité.
Nous gardons la méguila grande ouverte (pendant toute la lecture, à l'inverse du séfer Torah qu'on enroule au fur à mesure) pour une autre raison : afin que toutes sortes de délivrances (yéchouot) se manifestent.
Comme le dit le Maor vaChémech (Rimzé Pourim), nous avons parfois besoin [d'une personne importante comme] un roi pour promulguer des lois favorables aux juifs, c'est ce que nous avons dans la méguila. Parfois, nous avons besoin qu'un racha meure, cela se trouve également dans la méguila.
Si les juifs ont besoin d'argent, dans la méguila, Mordé'haï reçoit tous les biens d'Haman.
Alors bien sûr, nous n'enroulons pas la méguila, laissons chaque mot répandre au maximum sa bénédiction unique.
[en lisant le texte on réveille (réactive de nos jours) tous les belles choses qui y sont cachées, et en laissant ouverte la méguila on fait en sorte qu'elles se déversent le plus possible sur nous. ]
Nous écoutons attentivement chaque mot. Chaque mot crée un nouvel ange, un ange de Pourim, qui nous accompagnera tout au long de l'année.
Chaque mot porte ses secrets, ses délivrances et son pouvoir unique de purification.
Nous nous préparons à l'avance en nous familiarisant avec autant de commentateurs que possible. Nous voulons tirer le meilleur parti possible de la lecture de la méguila.
-> Le mot מגלה (méguila) a la même valeur que 3 fois le Nom d'Hachem (יהוה), soit 78.
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=> la méguila est une lettre personnelle adressée à chacun juif.
Sa sainteté purifie le monde, répandant la lumière et les délivrances.
[enseignements du rav Moché Wolfson]