Aux délices de la Torah

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"Si le serviteur dit : "J'aime mon maître, ma femme et mes enfants, je ne veux pas sortir libre, son maître l'emmènera vers Elokim (dans le contexte : au tribunal)" (Michpatim 21,5)

-> Le séfer Kitvé Rama cite le rabbi de Kobrin qui explique que ce verset fait référence à une personne juive qui désire être un serviteur d'Hachem. Il dit qu'il "aime son maître", c'est-à-dire qu'il aime Hachem.
Il dit également qu'il aime sa "femme", c'est-à-dire la Torah, qui est considérée comme l'épouse du peuple juif (voir Michlé 9,5).
Il dit encore qu'il aime ses "enfants", c'est-à-dire les mitsvot (comme le dit Rachi dans Noa'h 6,9 : les bonnes actions d'une personne sont appelées "ses enfants").
Il déclare ainsi qu'il désire Hachem, la Torah et les mitsvot.

Il dit donc qu'il ne veut pas se libérer, ce qui signifie qu'il ne veut pas chercher d'excuses pour éviter d'observer la Torah et les mitsvot.
Le verset continue en disant que s'il fait cela : "Son maître le rapprochera d'Hachem (Elokim)". Hachem l'aidera à être capable de Le servir pour toujours.

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+ Hachem est obligé de soutenir ses serviteurs :

-> Le 'Hidouché haRim demande pourquoi l'esclave juif est puni si sévèrement. Il ne s'est vendu que parce qu'il était extrêmement pauvre et ne pouvait pas subvenir à ses besoins. Pourquoi est-il traité si durement et réduit à l'état d'esclave?

Il répond que l'individu mérite d'être puni parce que s'il avait accepté de servir Hachem dès le début, il ne se serait jamais retrouvé dans cette situation désespérée. En effet, Hachem prend soin de ceux qui observent la Torah.
Un maître a l'obligation de subvenir aux besoins de ses esclaves. Si une personne accepte d'être le serviteur d'Hachem, Hachem a l'obligation de la soutenir et de répondre à tous ses besoins.
Cela signifie que le fait que cette personne était si pauvre qu'elle n'avait rien est une preuve qu'elle n'avait pas accepté d'être l'esclave d'Hachem, et que par conséquent, Hachem ne la soutenait pas.

Adam et ‘Hava

+ Adam et 'Hava :

-> Quand l'âme a-t-elle été créée ?
Alors que la Torah indique clairement qu'Adam et 'Hava ont été créés le 6e jour de la Création, les âmes saintes de l'humanité ont été créées le premier jour de la Création.
Le 6e jour, elles ont été insérées dans les corps inanimés d'Adam et de 'Hava et, par conséquent, sont devenues vivantes.
[ rav Yonathan Eibshitz - Ahavat Yéhonatan - Shoftim ]

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-> L'âme entre dans le corps 40 jours après la conception. Le Talmud décrit le fœtus pendant les quarante premiers jours comme "une simple eau". Au bout de quarante jours, le fœtus commence à se former.
[ rav Yonathan Eibshitz - Ahavat Yéhonatan - Shoftim ]

Chaque mitsva = un acte d’amour d’Hachem

+ Chaque mitsva = un acte d'amour d'Hachem :

"La récompense d'une mitsva est une mitsva" (Pirké Avot 4,2).
Cela signifie que chaque mitsva comporte une mitsva supplémentaire, car elle permet de recevoir une récompense, et le fait de recevoir une récompense est en soi la réalisation de la volonté d'Hachem, car le but ultime de Hachem en créant le monde était de faire du bien à Ses créatures.
[Haflaah - Karnei Re'em - parachat Vaét'hanan ]

[on a facilement tendance à penser que les commandements sont comme une forme de "punition" car nous limitant dans nos désirs, nous obligeant à agir d'une certaine façon ..., mais en réalité chacun est une preuve d'amour d'Hachem. ]

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-> "Ne soyez pas comme des serviteurs qui servent leur maître afin de recevoir une récompense ; soyez plutôt comme des serviteurs qui servent leur maître sans attendre de récompense" (Pirké Avot 1,3).
Cependant, la avoda qui est accomplie pour apporter de la joie à Hachem afin qu'Il puisse offrir une récompense, c'est là la avoda suprême."
[rav 'Haïm de Volozhin - Roua'h 'Haïm ]

[lorsqu'on fait une mitsva on permet à Hachem de nous déverser son amour pour nous, et nous en faisant une mitsva notre motivation doit être de permettre à Hachem d'exprimer cet amour, léchem chamayim, car c'est Sa joie : nous combler de bonnes choses (mais nous devons prier, agir pour lui donner la possibilité de le faire [ténou oz l'Elokim]). ]

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+ La notion d'agir lichma :

-> Le Abarbanel (Na'halat Avot) explique la ce Pirké Avot d'une manière différente : on ne doit pas servir Hashem pour recevoir une récompense dans ce monde-ci, mais on peut certainement servir Hachem pour recevoir une récompense dans le monde à Venir.
En effet, le problème lorsqu'on sert Hachem dans le but d'obtenir une récompense, c'est que si l'on rencontre des épreuves et des difficultés, on cessera de servir Hachem. Ceci n'est un problème que si l'on sert Hachem dans le but d'obtenir une récompense dans ce monde-ci, mais celui qui sert Hachem dans le but d'obtenir une récompense dans le monde à Venir ne sera pas découragé par les difficultés de ce monde.

De même, le rav Tsadok HaCohen (Divré Sofrim 4) dit que servir Hachem pour bénéficier de la lumière de la Chékhina est considéré comme servir Hachem complètement lichma.
Cependant, le Ram'hal (Messilat Yécharim - chap.19) affirme que même s'il est permis de servir Hachem dans le but d'obtenir une récompense dans le monde à Venir, ce n'est pas idéal. Idéalement, on devrait servir Hachem pour son honneur et rien d'autre. [éventuellement, on peut se focaliser sur le fait de faire plaisir à D. de pouvoir nous combler de bénédictions grâce à nos actions. ]
[chacun doit connaître et accepter son niveau du moment, en utilisant un lichma certes pas 100% parfait, mais qui nous permettra d'avoir davantage de motivation pour agir selon la volonté d'Hachem. ]

Faire téchouva annule les décrets difficiles

+ Faire téchouva annule les décrets difficiles :

"Et notre père a dit : "Retournez, achetez-nous un peu de nourriture" (chouvou chivrou lanou méat o'hél)" (Vayigach 44,25)

-> Le 'Hida (séfer 'Hadré Beten) écrit que "shouvou" (retournez), est un terme qui fait référence à la téchouva (comme dans Yirmiyahou 3,23).
Le verset dit que par la téchouva, "shivrou lanou" (achetez-nous). Le mot "lanou" (nous), a la même guématria que "Elokim", qui fait référence à la midda du jugement strict d'Hachem.
En d’autres termes, le verset dit que la téchouva peut annuler les décrets sévères et les jugements stricts, qui sont sur nous.

Quel type de téchouva permet d’annuler les décrets sévères?
"méat o'hel" (un peu de nourriture). Si l’on minimise la quantité de nourriture que l'on souhaite manger.
Le Magid Mécharim (Paracha Tétsavé) dit que si l’on minimise la quantité de nourriture que l’on voudrait manger et que l’on ne termine pas toute son assiette, on considère qu’on a apporté un korban.
Le séfer Tsiparon Shamir (ot 65) dit que c’est comme un jeûne.
Les Séfarim appellent cela "le jeûne du Raavad". Ce type d’affliction est une téchouva qui peut avoir le grand effet de supprimer les jugements stricts.
[on parle ici du fait que retenir ses envies dans ce monde (ex: en ne prenant pas la totalité d'un aliment qu'on désire manger) a beaucoup plus d’impact que tous les jeûnes et flagellations que l’on pourrait accomplir.
Ainsi, faire une téchouva sincère, complétée par un jeûne du Raavad, a la capacité d'annuler de mauvais décrets. ]

"Yéhouda s'approcha de lui et lui dit : "S'il te plaît, mon maître, que ton serviteur dise quelque chose à l'oreille de mon maître" (Vayigach 44,18)

-> Selon le midrach (Béréchit rabba 49,8), ce verset fait allusion à la prière.

-> Le séfer Tiféret Shmouel explique qu'il nous enseigne que lorsqu'une personne humble vient prier Hachem, elle peut se sentir trop honteuse pour s'adresser à Lui. Elle peut se dire : "Comment oserais-je ouvrir la bouche et demander quelque chose à Hachem, compte tenu de la distance qui me sépare du bon chemin?"

Le Tiféret Shmouel nous dit qu'il faut bannir ces pensées et se fortifier pour s'approcher d'Hachem et lui dire : "S'il te plaît, mon maître ..."
[ "... que ton serviteur (moi-même) dise quelque chose à l'oreille de mon maître" = on doit s'imaginer qu'Hachem est toujours proche de nous, qu'Il désire et attend qu'on s'adresse à Lui ("à l'oreille de mon maître"). ]

Il faut savoir qu'il y a en nous un "morceau d'Hachem" (Eikha 3), et que par conséquent, même si l'on est indigne (par notre comportement, les fautes qu'on a pu faire), on possèdera toujours en nous une sainteté innée qui nous permet de parler à Hachem.

Tout le processus de téchouva peut être envisagé comme un rapprochement, à travers lequel nous démantelons toutes les barrières qui entravent notre amour inné pour Hachem.
En retour, Hachem élimine tous les facteurs qui empêchent Son amour pour Israël de s'épanouir.
C'est ce que le Téhilim (121,4) veut dire en appelant Hachem : "chomèr Israël" (le Gardien d'Israël) = Hachem garde et protège éternellement Son amour intérieur pour Israël, attendant toujours le moment où nous reviendrons vers Lui.
[Sfat Emet - Likoutim parchat Vayélé'h ]

Shofar = un retour à l’origine de l’univers

+ Shofar = un retour à l'origine de l'univers :

-> En produisant des sons en ce jour [de Roch Hachana], anniversaire de la Création [de l'homme], nous retournons à la source de toute parole articulée, et même à la source de toute vie et de toute existence : les paroles divines à travers lesquelles l'univers que nous connaissons a vu le jour.

Le Baal Shem Tov note que ces dix Paroles (assara maamarot nivra aolam) ont non seulement donné naissance aux différentes formes de vie que nous connaissons, mais qu'elles sont également devenues la seule source de pouvoir vital pour chaque facette de la création, et continuent à remplir ce rôle jusqu'à ce jour. Ainsi, les cieux continuent de se maintenir, des milliers d'années plus tard, grâce à la déclaration divine originelle : "qu'il y ait un firmament au milieu des eaux" (yéhi rakia béto'h amayim - Bérechit 1,6).

Tout au long de l'année, nous sommes préoccupés par la nature physique/matériel de l'univers, mais lorsque Roch Hachana arrive, le shofar nous permet de nous détacher des couches superficielles de notre existence et de revenir à la source et au soutien permanent de toute vie, la Parole de Hachem (sans rien venant en faire écran, séparation).
[Sfat Emet - Roch Hachana 5632 ]

L’ingratitude de la génération du Déluge

-> Le guémara (Sanhédrin 108a) nous enseigne que les gens de la génération du Déluge s'enorgueillissaient de l'abondance que Hachem leur avait octroyée.
Ils disaient ainsi : nous n'avons besoin de rien, même pas d'une goutte de pluie ! Nous avons des fleuves, des sources qui nous abreuvent!
Hachem dit : ils Me mettent en colère avec l'abondance dont Je les ai pourvus. Je vais les juger par elle, comme il est écrit : "Et Moi, Je vais amener sur la terre le Déluge"
(Noa'h 6,17).

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[si l'on veut éviter d'avoir des périodes de déluge dans notre vie (nous poussant au final à nous tourner vers Hachem), il faut autant que possible remercier et avoir de la gratitude envers Hachem (même quand tout va bien, même sur les petites choses routinières de la vie), pour les bontés qu'Il nous octroie en permanence. ]

Shofar – Hachem va s’asseoir sur Son Trône de miséricorde

+ Shofar - Hachem va s'asseoir sur Son Trône de miséricorde :

-> En appelant la miséricorde divine, nous citons fréquemment le Téhilim (103,13) : "kéra'hem av al banim ri'ham Hachem al yéréav" (en tant que père est miséricordieux envers ses enfants, ainsi Hachem a fait preuve de miséricorde envers ceux qui le craignent).
... nous exigeons Hachem d'être miséricordieux envers nous pour des raisons similaires qu'un père le serait avec un enfant. Tout comme un parent est un attachement envers son enfant qui est immergé dans le plus grand trésor spirituel, la Torah, nous implorons également Hachem d'épargner notre composante la plus spirituelle, notre âme ...

Comment une créature mortelle peut-elle surmonter toutes les exigences du monde matériel et être conscience du potentiel impressionnant de son âme ?
Le Shofar est l'un des instruments les plus puissants pour nous permettre de nous attaquer à nos âmes, comme nous les disons immédiatement après le premier ensemble de coups de shofar : "achré a'am yod'é téroua" (Heureux est celui qui connait la Téroua - Téhilim 89,16) = celui qui acquièrent une compréhension du potentiel de son âme à travers le son de Téroua (son du shofar).

En écoutant le shofar à Roch Hachana, Hachem a pitié de l'âme comme un parent aurait sur un enfant, et comme le conclut le midrach (Yalkout Chimoni Vayikra 645) : "Il se lève de Son trône de jugement et s'assoit sur son trône de miséricorde".
[d'après Sfat Emet - Roch Hachana 5646 ]

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-> La tâche accomplie par le shofar est de "rappeler" à Hachem la Torah, qu'Il a donnée à Son peuple sur fond de sonnerie du shofar (au mont Sinaï). C'est peut-être le mérite de la Torah évoqué par le shofar qui pousse Hachem à se lever de Son trône de justice et à "s'asseoir" sur Son trône de miséricorde.
[...]
Conscient que l'univers ne pouvait exister sur la base d'une justice stricte, Hachem décida de donner au peuple juif la Torah, la plus grande source de miséricorde.
[...]
En nous honorant de Ses commandements, en nous parlant au Sinaï, Hachem a également rendu possible Sa miséricorde envers Israël.
Le Talmud fait souvent référence à la Torah comme "ra'hamana" (Le Miséricordieux), car la Torah est le catalyseur qui pousse Hachem à être miséricordieux.
Le shofar, qui renforce l'engagement du peuple juif envers la Torah, évoque le mérite éternel de la Torah qui amène Hachem à s'asseoir sur le Trône de la Miséricorde.
[Sfat Emet - Roch Hachana 5664 ]

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-> Alors que toute l'humanité pourrait louer Hachem, le shofar, qui ne produit aucun son, rappelle à Hachem la relation particulière qu'Il entretient avec Israël.
Il rappelle la voix de Yaakov (kol Yaakov) et le shofar du mont Sinaï.
Grâce au shofar, les prières d'Israël pénètrent dans les profondeurs du ciel.
[Sfat Emet - Roch Hachana 5648 ]

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-> Alors que les juifs avaient toujours conservé leur foi en Hachem, au mont Sinaï, ils ont pris conscience de Sa présence et de Sa puissance qui imprégnaient chaque fibre de leur être.

A Roch Hachana, toute la nation juive passe devant Hachem pour être jugée, accompagnée de la voix éternellement puissante du shofar. Tout comme les sons du shofar d'Hachem que nous avons entendus au mont Sinaï ont stimulé une conscience intuitive de Sa présence, de même, lorsque Hachem entend les sons de notre shofar à Roch Hachana, Il ressent une proximité intuitive avec nous, Son peuple.
[Sfat Emet - Roch Hachana 5652 ]

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-> La capacité du shofar à transmettre nos prières directement à Hachem réside peut-être dans la nature même de sa "voix", qui consiste en des sons sans paroles.
La parole humaine résulte toujours d'un processus de réflexion prémédité, tandis que les sons sont innés. Ainsi, le fait que nous offrions nos prières à Hachem à travers le son inarticulé du shofar, plutôt que par la parole articulée des humains, exprime notre reconnaissance que même notre capacité à parler est un don divin.

En réalité, tous les efforts d'Israël sont directement dus aux bénédictions de Hachem et ne sont en aucun cas le résultat de nos propres efforts.
En entendant le shofar d'Israël, avec son message implicite que nous lui devons tout ce que nous avons, la miséricorde d'Hachem est éveillée pour épargner ses enfants.
[Sfat Emet - Roch Hachana 5648 ]

Torah & Hachem souffre beaucoup plus que nous de nos propres souffrances

+ Torah & Hachem souffre beaucoup plus que nous de nos propres souffrances :

-> Parfois, une personne peut avoir l'impression que son existence ne sert à rien. Sa vie est une souffrance. Sa journée consiste à gérer sa douleur. Son observance des mitsvot s'en trouve gravement compromise.
À la fin de sa journée, la seule chose qu'elle a l'impression d'avoir accomplie, c'est d'avoir réussi à passer le cap de la journée. Au bout d'un certain temps, inévitablement, la perception que l'on a de soi-même peut devenir très négative.
On peut avoir l'impression d'exister pour rien, de ne rien accomplir et de ne rien apporter au monde.
Comment une telle personne est-elle censée réagir face à de tels sentiments?

Le midrach (Eikha rabba- Pesichata 24) raconte que lorsque Hachem a détruit le Temple, il s'est mis à pleurer (voir aussi Béra'hot 59a).
L'ange Matat a supplié Hachem d'arrêter de pleurer, disant qu'il était honteux pour le Roi de pleurer devant ses serviteurs.
Matat proposa alors de pleurer pour Hachem, car cela serait moins déshonorant.
Hachem répondit qu'il voulait pleurer, et que si Matat ne le lui permettait pas, Il se cacherait dans un endroit où Matat ne pourrait pas entrer et continuerait à pleurer seul.

Quelle est la profondeur de ce midrach? Quelle honte y a-t-il à ce qu'Hachem pleure, et que signifie le fait que Matat ait proposé de pleurer pour lui et qu'Hachem se soit caché?

Hachem ressent la douleur de chaque juif. Lorsqu'un juif souffre, Hachem souffre avec lui et ressent sa douleur, littéralement.
Si cela est vrai, comment se fait-il que la souffrance d'un juif demeure? On pourrait imaginer que si quelque chose blessait le roi, il le détruirait (Hachem peut tout faire!). Comment notre douleur peut-elle continuer à nous blesser si elle blesse également le Roi?

L'idée est qu'Hachem ne se contente pas de souffrir avec nous, mais qu'Il souffre plus que nous.
Quelle que soit l'intensité de notre souffrance, nous sommes limités, et donc notre douleur l'est aussi.
Hachem est infini et, par conséquent, Sa souffrance est également infinie.
Nos capacités limitées ne nous permettent pas de comprendre l'étendue de la douleur d'Hachem lorsque nous souffrons. Chaque fois qu'un juif souffre, Hachem souffre infiniment puisque Sa douleur, comme Lui, est sans limite.

Cela étant, Sa douleur est tout simplement trop grande pour ce monde fini.
Hachem pleure, mais ses larmes ne peuvent entrer. Il pleure, mais Son cri infini n'a aucun effet sur ce monde fini.
C'est ce que l'ange Matat a exclamé comme étant honteux. Comment le Roi peut-il pleurer de douleur et pourtant Sa souffrance continue? Il est honteux que le Créateur du monde soit blessé, et continue d'être blessé, par le monde même qu'Il a créé.

Matat a proposé de pleurer à la place d'Hachem. Le travail d'un ange est de faciliter l'entrée de l'influence infinie d'Hachem dans ce monde fini. Matat a proposé de le faire et d'éradiquer ainsi la source de la souffrance d'Hachem.

Mais Hachem n'a pas voulu cela. Si Matat avait pleuré pour Hachem, les larmes d'Hachem auraient effectivement pénétré dans le monde et détruit la source de la douleur.
Mais il n'était pas temps de mettre fin à la souffrance du peuple juif. Hachem était prêt à souffrir, infiniment, pour notre bien.
Hachem dit à Matat qu'il se cacherait dans une chambre intérieure où personne ne pourrait le voir, et qu'il pleurerait dans la solitude. De cette façon, ses pleurs ne seraient pas honteux.

Et aujourd'hui, Hachem réside dans cette chambre intérieure, pleurant sur le Temple détruit et sur la douleur de chaque juif.
Cependant, nos Sages (Shabbath 88a) révèlent qu'Hachem n'est pas seul dans sa chambre intérieure. La Torah est appelée " 'hemdaé génouza", un trésor caché. Où est-il caché?
Dans la chambre intérieure d'Hachem. Hachem est isolé avec la Torah dans sa chambre intérieure, pleurant seul.

La Torah est le moyen d'accéder aux larmes d'Hachem et de les canaliser dans notre monde fini. Plus nous nous efforçons d'observer la Torah, plus nous créons un pont, un canal, entre Sa chambre intérieure et notre monde, à travers lequel Ses larmes peuvent couler.
Le monde fini ne peut supporter Sa douleur et Ses larmes infinies. Comme le goutte-à-goutte d'un tube intraveineux, les larmes d'Hachem pénètrent dans ce monde par le canal, que nous créons et débarrassent le monde de la source de Sa souffrance, notre souffrance, puisqu'Il a mal parce que nous avons mal.

Celui qui s'efforce d'observer la Torah débarrasse le monde de la souffrance, et chaque tentative affecte le monde.
Même si quelqu'un n'a rien accompli d'autre dans sa journée, s'il a essayé d'avoir de la émouna, de faire des prières, d'être agréable aux autres, d'étudier la Torah (et d'accomplir les mitsvot), ... Il ne s'agit pas d'une existence inutile.

L'essentiel est d'essayer, d'essayer encore et de continuer à essayer. Plus on essaie de se rapprocher de la Torah, plus le canal de la chambre d'Hachem s'élargit, et plus la douleur dans ce monde s'atténue.

La guémara (Taanit 15a) dit que la coutume lors d'un jour de jeûne, était de sortir le Aron haKodech, l'Arche dans laquelle les rouleaux de la Torah sont conservés, de la synagogue dans la rue et de prier près de lui.
Le Zohar (vol.3,71a) écrit qu'en cas de calamité, ils allaient encore plus loin et sortaient la Torah de l'Aron pour prier à côté d'elle. La raison en est qu'en temps de calamité, la Torah est la clé de notre salut, de notre délivrance.
La Torah est avec Hachem dans Sa chambre cachée, et à travers la Torah, les larmes d'Hachem sont canalisées, et le monde souffre moins.

Apprendre à considérer ses tentatives de croissance comme des éléments constitutifs d'un monde meilleur peut aider à changer la perspective de l'existence, qui n'est plus inutile, mais profondément significative et pleine de sens.
Alors que la journée peut être remplie de souffrance et qu'il faut y faire face, les tentatives d'évoluer malgré cela changent littéralement le monde d'une manière très réelle, peut-être d'une manière que peu d'autres personnes peuvent faire. En effet, une telle vie est tout sauf inutile.

[rav Kalonymos Kalman Shapira - le rabbi de Piaseczno - Aish Kodech - Michpatim (Shékalim) 5702 (1942) ]

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-> Il peut être difficile de comprendre comment, d'une part, Hachem ressent et connaît la souffrance de chaque juif, mais d'autre part, Il souffre infiniment lorsqu'un juif souffre. S'Il souffre infiniment, Il ne ressent pas vraiment ce que nous ressentons, Il souffre infiniment alors que nous souffrons finiment.
Néanmoins, Il ressent notre douleur et sait exactement ce que nous traversons, malgré le fait que notre douleur soit finie. Comprendre comment cela fonctionne, c'est comme essayer de saisir n'importe quel détail d'Hachem et de l'infini, c'est totalement hors de portée.

-> Le rabbi de Piaseczno dit : "Lorsqu'un homme (juif) souffre, que dit la Chékhinah? Malheur à ma tête. Malheur à mon bras ... (guémara 'Haguiga 15b). Et dans les livres saints, il est dit que bien plus qu'un juif(ve) ne souffre, Hachem souffre, pour ainsi dire, de la souffrance que cette personne endure.
Et peut-être [la raison pour laquelle Il souffre plus est] que puisqu'Il est infini ... par conséquent, Sa souffrancedue aux problèmes d'Israël est également infinie".

-> L'ange Matat, est une forme abrégée de son vrai nom, conformément à l'instruction du Arizal (chaar Hamitsvot - Chemot 11b) de ne pas se référer aux anges par leur nom complet, à l'exception de ceux dont les noms sont également des noms de personnes (voir Kav HaYachar 56).
Les anges sont les êtres qui permettent à l'influence infinie d'Hachem de pénétrer et d'affecter ce monde fini (voir Ram'hal - Adir Bamarom).
C'est exactement ce que Matat propose de faire.

-> Selon le rabbi de Piaseczno : "Puisque Sa douleur [à Hachem], pour ainsi dire, est infinie et plus grande que le monde, elle est par conséquent incapable d'entrer dans le monde [fini], et le monde n'en est pas ébranlé [c'est-à-dire Sa douleur]."

-> En ce sens, le rabbi de Piaseczno dit également :
"[Si les larmes d'Hachem entraient dans le monde,] le monde entendrait Ses cris et exploserait. L'étincelle de Sa douleur pénétrerait dans le monde et Ses ennemis seraient consumés.
... [on voit que malgré la souffrance d'Hachem sur notre grande souffrance dans l'exil actuel, le monde continue d'exister.] La raison en est que Sa douleur infinie est trop grande pour entrer dans ce monde fini. C'est pourquoi l'ange dit : "Je pleurerai pour Toi, et Tu n'auras plus besoin de pleurer" (l'ange serait le conduit pour canaliser les larmes d'Hachem dans ce monde fini, détruisant la douleur, la souffrance, qui cause Ses larmes, la douleur que nous traversons,] à ce moment-là, Hachem n'aurait plus besoin de pleurer."

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-> La guémara (Shabbath 88a) ne dit pas que la Torah est cachée dans la chambre intérieure d'Hachem, mais seulement qu'elle est une 'hemda génouza, un trésor caché.
Le rabbi de Piaseczno fait référence à ce qu'il a écrit dans la paracha précédente (dans son livre Aich Kodech - Yitro 5702), où il déduit l'emplacement de la Torah du fait que la guémara l'appelle un "trésor caché" plutôt que de dire qu'elle est cachée dans un beit guéniza, une "cachette".
La différence est que quelque chose appelé 'hemda guénouza est essentiellement caché, au-delà de ce monde par sa nature même, et non pas rangé dans un beit guéniza, qui ne fait que le dissimuler à l'œil.
Le midrach dit ici que l'endroit où Hachem "va" parce qu'Il est infini et au-delà de ce monde, essentiellement, c'est dans Sa chambre intérieure. Par conséquent, c'est là que doit se trouver la Torah, puisqu'elle est également cachée.

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-> "gam ki élé'h bégué tsalmavét" =même si je marche dans la vallée de l'ombre de la mort,
"lo ira ra = je n'ai pas peur du mal qui est ici.
Il y a cependant une chose qui est tout simplement trop difficile à supporter : "ki ata imadi" = que Toi, Hachem, Tu es avec moi dans cette déchéance, dans ma douleur, et que Tu es lié à moi dans ce exil humiliant ...
Que la Chékhina doive souffrir d'une telle indignité et d'une telle bassesse (par ma faute).
[rabbi Israël de Rouzhin - sur le Téhilim 23 ]

[à un niveau individuel comme collectif, notre principal souffrance vient du fait que nous entraînons Hachem à en souffrir également.
(de même lorsque nous fautons nous causons de la peine à Hachem qui voit les dégâts dans tous les mondes et les réparations nécessaires (en éloignement dans le monde à Venir et en souffrance par exemple, sauf téchouva). A l'inverse, lorsque nous faisons Sa volonté, nous Lui générons de la joie et de la fierté. ]