Aux délices de la Torah

Pâtisserie spirituelle depuis 5771 - b'h
 

"Une personne doit savoir dans son cœur que tout est entre les mains d'Hachem ; Il peut changer la nature et modifier la destinée de quelqu'un.
Rien ne peut L'empêcher d'apporter une délivrance, que ce soit dans une grande mesure ou dans une petite mesure.
Même lorsque les ennuis sont proches, la délivrance d'Hachem est tout aussi proche, car Il est tout-puissant et rien ne Lui est impossible."
[Rabbénou Bé'hayé - Kad haKéma'h - citant Rabbénou Yona ]

"Chaque fois que les juifs louent Hachem, Il vient s'asseoir parmi eux, comme il est écrit : "Tu es le Saint, trônant sur les louanges d'Israël" (véata kadoch yochev téhilot Israël - Téhilim 22,4), ce qui signifie que chaque fois que les juifs prononcent des louanges, la présence Divine (la Chékhina) repose sur eux."
[Rabbi Shmouel - au nom de Rabbi 'Hanina - midrach Shir HaShirim rabba 2,2 ]

La prière est un zivoug (une union) avec la Présence Divine (Chékhina).
Tout comme il y a un mouvement au début de l'union, il faut également bouger (se balancer) au début de la prière. Ensuite, on peut rester immobile, sans bouger, attaché à la Chékhina avec une grande dvékout (union, attachement).

Grâce à vos balancements, vous pouvez atteindre un grand élan. Car vous vous dites : "Pourquoi est-ce que je bouge? Probablement parce que la Chékhina se tient sûrement devant moi."
Cela vous mettra dans un état de grand hitlahavout (enthousiasme, enchantement). [le désir, le plaisir d'être lié avec Hachem par la prière se réveille. ]
[Baal Shem Tov - Tsava'at haRivach - 68 ]

<--->

-> Les mots de la prière doivent être articulés (Bera'hot 31a).
Cependant, les mots ne sont que le corps de la prière ; son essence ou son âme est la kavana, l'implication mentale et la concentration.
La prière est "un appel puissant vers l'intériorité", la profondeur du cœur et de l'âme de l'homme cherchant l'union et l'absorption dans sa racine et sa source ultimes, c'est-à-dire la Chékhina.
La prière exprime ainsi le désir ardent de l'âme pour la divinité ("Mon âme a soif de toi, ma chair te désire" - Téhilim 63,3), "étant liée à l'amour d'Hachem, continuellement ravie par lui comme l'amoureux transi dont l'esprit n'est jamais libéré de sa passion ... comme Salomon l'a exprimé allégoriquement (Chir haChirim 2,5) : Je suis malade d'amour [pour Toi Hachem]" (Rambam - Hilkhot Téchouva 10,3).

-> Ainsi, dans la terminologie métaphorique de la Kabbale, la prière est un moment de "zivoug (union) avec la Chékhina" (voir Zohar II:200b et 216b ; cf. Kéter Shem Tov, sect. 16 et 362).

<--->

-> Lorsque vous souhaitez prier, mettez-vous d'abord dans un état de crainte révérencielle, car c'est la porte qui permet d'entrer devant Hachem.
Dites dans votre cœur : "À qui est-ce que je souhaite m'attacher? À Celui qui a créé tous les mondes par Sa parole, qui leur donne existence et les soutient."
[La prière est une union, face-à-face privé avec Hachem, ainsi] contemplez Sa grandeur et Son exaltation, et vous pourrez alors entrer dans les mondes célestes.
[Baal Shem Tov - Tsava'at haRivach - 66 ]

-> L'état de crainte ou de respect s'obtient en contemplant la majesté d'Hachem, ses œuvres et ses créations grandioses et merveilleuses, et en prenant conscience de sa propre insignifiance (Rambam - Hilkhot Yessodé Hatorah 2,1-2 et 4,12).
Cette contemplation est une condition préalable à la prière, car il faut être conscient "devant qui vous vous tenez" (Béra'hot 28b), c'est-à-dire "penser à la grandeur de Dieu et à la petitesse de l'homme" (Choul'han Aroukh - Ora'h 'Haïm 98,1).

<--->

-> Lorsque vous priez, vous devez être comme détaché de la réalité physique, comme inconscient de votre existence dans ce monde [matériel]. (Choul'han Aroukh - Ora'h 'Haïm 98,1)
C'est-à-dire : "Lorsque j'atteindrai le niveau où je ne saurai plus du tout si je suis dans ce monde ou non, je n'aurai certainement plus peur des pensées étrangères. Car lorsque je serai détaché de ce monde, les pensées étrangères ne m'approcheront pas".
[Baal Shem Tov - Tsava'at haRivach - 62 ]

-> Le Baal Shem Tov (Kéter Shem Tov) définit cela (le fait de se détacher du monde matériel) ainsi : ne plus ressentir les sensations du corps et de ce monde ; tous les désirs mondains, sans parler des traits de caractère mauvais, sont méprisés dans le cœur et les yeux, et sont totalement dénués de sens au regard du désir ardent que l'on éprouve pour le Créateur.
Vos pensées ne sont tournées que vers les mondes célestes, vers la réalité spirituelle qui sous-tend toute chose, et vous consacrez votre esprit et votre âme à ces pensées.

Le yétser ara nous fait aborder nos fautes avec trop de rigueur (à postériori)

+ Le yétser ara nous fait aborder nos fautes avec trop de rigueur (à postériori) :

-> Lorsque vous vous engagez à servir Hachem, ne soyez pas trop pointilleux dans tout ce que vous faites. Agir ainsi n'est qu'une ruse du yétser ara pour vous faire craindre de ne pas avoir rempli votre obligation, afin de vous rendre déprimé. La tristesse, à son tour, est un obstacle immense au service du Créateur, béni soit-Il.

Même si vous avez commis un péché, [à D. ne plaise], ne soyez pas trop déprimé, de peur que cela n'empêche votre service d'Hachem. Soyez attristé par le péché et ayez honte devant le Créateur, et suppliez-Le d'ôter votre mal ; mais ensuite, réjouissez-vous dans le Créateur, car vous vous êtes pleinement repenti et avez résolu de ne plus jamais répéter votre folie.

Même si vous êtes certain de ne pas avoir rempli certaines obligations, en raison de divers obstacles, ne vous sentez pas déprimé (triste). Gardez à l'esprit que le Créateur "sonde les cœurs et les esprits" (Téhilim 7,10).
Il sait que vous souhaitez faire de votre mieux, mais que vous n'avez pas pu le faire. Renforcez-vous donc pour vous réjouir dans le Créateur.

Il est écrit : "Il y a un temps pour agir pour Hachem, ils ont annulé Ta Torah" (Téhilim 119,126). Cela implique que l'accomplissement d'une mitsva peut parfois entraîner une suggestion de péché. Dans ce cas, ne prêtez pas attention au yétser ara qui cherche à vous empêcher d'accomplir cette mitsva.
Répondez au yétzer ara : "Ma seule intention avec cette mitsva n'est que d'apporter satisfaction au Créateur".
Avec l'aide de D., le yétser ara s'éloignera alors de vous. Néanmoins, vous devez déterminer soigneusement dans votre esprit si vous devez ou non accomplir cette mitsva.

Tout ce que j'ai écrit sont des principes importants "plus désirables que beaucoup d'or fin". Chaque élément est un principe important.
[Baal Shem Tov - Tsava'at haRivach - 46]

<--->

-> Parfois, le yétser ara vous trompe en vous disant que vous avez commis un péché grave alors qu'il n'y avait en réalité aucun péché ou [au pire, vous avez enfreint] une mesure de rigueur de loi ('houmrot - pour ne pas en venir à fauter).
Son intention est que vous vous sentiez déprimé à cause de cela, et que vous soyez ainsi empêché de servir Hachem, à cause de votre tristesse.

Vous devez comprendre cette ruse et dire au yétser ara :
"Je ne prêterai pas attention à la rigueur dont tu parles. Tu mens, car ton intention n'est autre que de m'empêcher de Le servir, qu'Il soit béni. Même s'il y avait réellement un degré de faute, mon Créateur sera plus satisfait si je ne prête pas attention à la rigueur que tu m'as signalée [pour] me rendre triste dans Son culte.
En fait, je Le servirai avec joie! Car c'est une règle fondamentale que je ne considère pas le service divin comme étant pour mon propre bien, mais pour apporter satisfaction à Hachem.
Même si j'ignore la rigueur que tu as mentionnée, le Créateur ne m'en tiendra pas rigueur, car je n'y prête pas attention uniquement pour ne pas être empêché de Le servir (ex: je me roule dans la boue de ma tristesse, plutôt que de se relever et de Le servir dans la joie, confiant qu'Hachem nous pardonnera et aidera pour la suite). Car comment pourrais-je renier Son service, même pour un instant!"

C'est un principe majeur dans le service du Créateur : éviter autant que possible la tristesse.
[Baal Shem Tov - Tsava'at haRivach - 44]

<--->

+ Précision :

-> Le Baal Shem Tov ne minimise pas le péché ni le remords qu'il requiert.
Il interprète : "Voici, D. chevauche un av (nuage) léger" (iné Hachem ro'hév al av kal - Yéchayahou 19,1) par : Hachem habite avec celui qui considère tout péché qu'il a commis comme "av" (épais, grossier), même s'il s'agit essentiellement d'une transgression légère. [Kéter Shem Tov - 398]

Ici dans les enseignements ci-dessus, le Baal Shem Tov met en garde contre les effets psychologiques du remords obsessionnel qui conduit à la tristesse. Être déprimé par ses lacunes spirituelles ou sa chute peut sembler louable, mais c'est en réalité contre-productif.
Comme l'enseigne le rav 'Haïm Vital (chaaré kédoucha), l'atsvout (tristesse ; mélancolie) est un trait de caractère désagréable, nuisible et répréhensible qui constitue un obstacle au service d'Hachem. Il faut donc l'éviter à tout prix.

Le remords pour une faute est nécessaire. Il fait partie de la téchouva. Mais cette mitsva de la téchouva doit être séparée de l'observance des autres mitsvot. Il y a un moment précis pour tout.
Lorsque l'obligation ou l'occasion d'accomplir une mitsva se présente, il faut s'y atteler avec empressement et joie, en mettant de côté toutes les autres préoccupations, et en particulier celle de son statut spirituel. Pensez à Hachem et non à vous-même.

"Éloigne-toi du mal et fais le bien" (sour méra vaassé tov - Téhilim 34,15).
Le rav Dov Ber de Mézéritch (Ohr haMéïr), disciple et successeur du Baal Shem Tov, l'interprète ainsi : lorsqu'il s'agit d'étudier la Torah et de servir Hachem, vous devez mettre de côté toutes les autres pensées, telles que les remords pour vos mauvaises actions passées ou votre sentiment d'inutilité personnelle, car celles-ci ne sont que des stratagèmes du yétser ara pour vous empêcher de remplir votre obligation présente.
Ainsi, "éloigne-toi du mal" (réel ou imaginaire), c'est-à-dire oublie maintenant ces pensées, "et fais le bien", c'est-à-dire accomplis tes obligations de manière appropriée, avec joie et enthousiasme.

En fait, ce principe est une prémisse établie par des autorités beaucoup plus anciennes : "Une personne ne doit jamais penser en elle-même : "Je suis un pécheur et j'ai commis de nombreuses transgressions ; à quoi cela me sert-il donc d'accomplir les mitzvot?"
Au contraire : si elle a commis de nombreux péchés, elle doit les contrebalancer par l'accomplissement des mitsvot.

De plus, la halakha (Rambam - Hilkhot Loulav 8,15), impose que nous réalisons les mitsvot avec une joie abondante, comme il est écrit : "Servez Hachem avec joie, venez devant lui avec des chants joyeux" (Téhilim 100,2).

-> Le Séfer 'Harédim (mitsvat haTéchouva chap.4) enseigne :
"Même si une personne peut être déprimée à cause de ses fautes, elle doit être joyeuse au moment de servir Hachem, comme il est écrit : "Parce que tu n'as pas servi Hachem, ton D., avec joie et allégresse de cœur" (Ki Tavo 28,47). Cela s'applique à tout service d'Hachem, et à plus forte raison au service de la prière, qui est appelé "le service du cœur" (Taanit 2a)."

<--->

-> Le Ohr ha'Haïm haKadoch (Béaaloté'ha 11,18) dit que les larmes peuvent être le symptôme d'une résignation, signifiant un manque de foi en Hachem. Car la véritable foi et la confiance en D. doivent en elles-mêmes conduire à la joie et à l'allégresse (Réchit 'Hokhma - chaar ha'ahavah - chap.12).
Ainsi, au-delà de nos moments de difficultés où l'on déverse des larmes dans la prière comme signe de confiance que seul Hachem peut nous sauver, ou bien lors d'un processus de téchouva comme indication de notre sincérité, sinon notre service de D. doit être accompli avec joie.
[ainsi on doit cloisonner, en ayant de brefs moments intenses de tristesse (larmes) [pour téchouva, prier], et sinon on doit être joyeux sachant qu'on est entre les bonnes mains de papa Hachem. ]

Notre sainteté est impactée par les gens que nous voyons

+ Notre sainteté est impactée par les gens que nous voyons :

Ne regardez pas le visage des personnes dont les pensées ne sont pas continuellement attachées au Créateur, même lorsque vous leur parlez, car ce regard entachera votre âme.
En revanche, vous devez regarder les personnes dignes, c'est-à-dire celles dont les pensées sont attachées au Créateur, afin d'accroître la sainteté de votre âme.
[Baal Shem Tov - Tsava'at haRivach - 50]

<--->

-> La guémara (Méguila 28a) nous avertit de ne pas regarder le visage d'une personne racha.
De même, il ne faut pas utiliser les livres écrits par des personnes réchaïm, même s'ils contiennent des textes sacrés. [selon le séfer 'Hassidim (sct.249) et le rabbi de Mézéritch (Maguid dévarav léYaakov 52) ]

-> Le principe est que l'on est affecté par ce que l'on voit, en particulier lorsqu'on regarde avec intention.

"Celui qui prend à cœur les paroles de la Torah se voit débarrassé de nombreuses préoccupations mentales ... de préoccupations stupides, de préoccupations impures, de préoccupations liées au yétser ara ... de préoccupations liées à des choses futiles".
[Avot déRabbi Nathan - chap. 20 ]

Réflexions sur la prière (du Baal Shem Tov)

+ Réflexions sur la prière (du Baal Shem Tov) :

-> Parfois, vous pouvez prier très rapidement, car l'amour d'Hachem brûle très fort dans votre cœur et les mots coulent d'eux-mêmes de votre bouche.
[Baal Shem Tov - Tsava'at haRivach - 36]

-> Dans un état d'attachement intense [à Hachem] (dvékout), l'étincelle sacrée de la Chékhina inhérente à l'âme humaine s'étend parfois au point que des mots prononcés en découlent. Il semble alors que la personne ne parle pas d'elle-même, mais que les mots sortent de sa bouche d'eux-mêmes.
[Baal Shem Tov - Kéter Shem Tov 207]

<--->

-> Lorsque vous vous attachez à ce qui est en-Haut dans une prière silencieuse, alors vous méritez d'être élevé encore plus haut pendant cette prière. Nos Sages disent : "Celui qui vient pour être purifié sera aidé" (Shabbat 104a).
Grâce à cette prière, vous mériterez alors d'être élevé dans les hauteurs par vos pensées. Vous atteindrez ainsi un niveau encore plus élevé, celui d'être élevé dans les hauteurs même lorsque vous n'êtes pas engagé dans une prière.
[Baal Shem Tov - Tsava'at haRivach - 37 ]

[l'idée est qu'en faisant l'effort d'être attaché à Hachem par sa pensée, c'est être attaché par son être même (notre intériorité, essence), par notre âme. À ce niveau, la l'attachement avec Hachem (dvékout) demeure même lorsque l'on n'est pas engagé dans la prière.
Ainsi, nos moments de prière sincère nous permettent de redynamiser ce lien latent que nous avons avec papa Hachem, de telle façon que nous ne Lui sommes jamais vraiment séparés. ]

<--->

-> On a révélé au Baal Shem Tov qu'il n'a pas mérité ses révélations sur les questions célestes parce qu'il avait beaucoup étudié le Talmud et les codificateurs, mais parce que ses prières étaient toujours empreintes d'une grande kavana (dévotion). C'est grâce à cela qu'il a mérité d'atteindre un niveau si élevé.
[Baal Shem Tov - Tsava'at haRivach - 42]

[l'idée est que nous n'avons pas conscience d'à quel point notre vie, celle d'autres juifs, ainsi que le monde entier, pourrait être différent si seulement nous mettons davantage de cœur, de sentiments dans nos prières (plutôt que d'uniquement bouger les lèvres). ]

<--->

+ Les lettres hébraïques subliment le pouvoir de nos prières :

-> Les mystiques soulignent que les lettres de l'alphabet hébreu ne sont pas des symboles conventionnels pour les sons, mais qu'elles signifient, et sont chargées, des émanations divines, des lumières et des forces créatrices.
Selon la mystique juive, La simple vue de ces lettres sacrées stimule donc la kavana. Ainsi, le Arizal priait toujours à partir d'un sidour (à l'exception de la Amida qu'il récitait les yeux fermés).

-> "Fais une lumière pour la téva (arche) [et achève-la à (la largeur d'une) ama (coudée) en hauteur ...]" (Noa'h 6,16).
Le Baal Shem Tov explique :
Cela signifie que la téva (mot) [téva signifiant aussi "mot"] doit briller.
Ceci est compris par ce qui suit :
Chaque lettre (hébraïque) contient "des mondes, des âmes et la Divinité". Ceux-ci s'élèvent et s'unissent les uns aux autres, avec la Divinité. Les lettres s'unissent alors et se lient entre elles pour former un mot (téva), devenant véritablement unifiées dans la Divinité.
L'homme doit donc inclure son âme dans chacun de ces aspects (en ayant de la kavana). Tous les mondes seront alors unifiés en un seul et s'élèveront, ce qui procurera une joie et un délice incommensurables.
[Baal Shem Tov - Tsava'at haRivach - 75 ]

-> La concentration sur chaque mot [dans notre prière] doit être telle que le mot soit "illuminé et brille".
La dvékout avec Hachem consiste à attacher sa pensée et son intériorité au noyau spirituel des lettres de la Torah et de la prière, le noyau spirituel de la lumière de l'Ein Sof qui se trouve dans les lettres, un "attachement de l'esprit à l'esprit". [Kéter Shem Tov - sect. 44 et 94]

-> Selon le Baal Shem Tov (Keter Shem Tov - 284) :
"Lorsque vous priez ... concentrez toute votre pensée sur le pouvoir des mots que vous prononcez jusqu'à ce que vous perceviez comment les lumières [divines] contenues dans les mots s'illuminent les unes les autres, générant ainsi diverses lumières.
Les lumières des lettres sont les "chambres" d'Hachem dans lesquelles Il attire Ses émanations."
Ainsi, la concentration sur les mots conduit à l'unité avec leur divinité inhérente : un état de deveikut, d'attachement et d'adhésion à Hachem dont on ne veut pas se détacher.

-> La dvékout signifie que lorsque vous prononcez un mot [en prière], vous le prolongez considérablement. En vertu de la dvékout, vous ne voulez pas lâcher ce mot, et par conséquent, vous le faites durer. [Tsava'at haRivach - 70 ]
Ainsi, lorsque nous prononçons un mot (un attachement/lien renforcé avec Hachem), nous le prolongeons longuement et ne voulons pas le lâcher. Il en résulte alors une communion intense, au point que "mon âme soupire et se languit après les parvis d'Hachem" (Téhilim 84,3). Il peut donc être naturel de mourir (kelot hanefech, expiration de l'âme qui se languit d'être proche d'Hachem [comme si elle veut nous quitter pour retourner à Sa source] ) après avoir récité seulement deux ou trois mots de la prière.

-> C'est une grande bonté d'Hachem que l'homme reste en vie après avoir prié.
Dans le cours naturel des choses, la mort devrait résulter du fait d'avoir épuisé toutes ses forces [dans la prière] en raison de l'effort intense fourni pour se concentrer.
[conscient de la grandeur d'une prière, on en vient tellement à vider tout notre cœur, notre intériorité à Hachem (qui est Le seul à pouvoir nous aider), que normalement en devrait en rendre l'âme. ]
[Baal Shem Tov - Tsava'at haRivach - 35]

-> Avant de prier, gardez à l'esprit que vous êtes prêt à mourir en raison de toute l'intense concentration (kavana) investie pendant la prière.
Certains se concentrent si intensément qu'il peut être naturel pour eux de mourir après avoir récité [seulement] deux ou trois mots devant Hachem.
En gardant cela à l'esprit, dites-vous : "Pourquoi aurais-je des arrière-pensées ou de l'orgueil dans ma prière alors que je suis prêt à mourir après deux ou trois mots?"
En effet, c'est une grande bonté de Dieu que de donner [à l'homme] la force d'achever la prière et de rester en vie.
[Baal Shem Tov - Tsava'at haRivach - 42]

Etudier des divré Torah = avoir son tsadik d’auteur en face de nous

+ Etudier des divré Torah = avoir son tsadik d'auteur en face de nous :

-> Nos Sages nous enseignent que lorsqu'on dit des paroles de la Torah, on doit imaginer que l'auteur de ces paroles se tient devant nous. [Yérouchalmi - Shékalim 2:8 ]

-> Rabbi Na'hman de Breslev enseigne : chaque œuvre d'un tsadik porte [dans ses lettres et ses combinaisons de mots] le visage et l'âme du Tsaddik. [Likouté Moharan I, 192 ]
Ainsi, même de nos jours, en étudiant les œuvres de rabbi Na'hman (et de même avec tout autre tsadik), il est possible de contempler directement le rabbi et de puiser dans sa sainteté.

<--->

-> b'h, pour approfondir ce sujet : https://todahm.com/2024/10/06/lincroyable-impact-detudier-la-torah

La grandeur de dire le nom d’un tsadik

+ La grandeur de dire le nom d'un tsadik :

-> Rabbi Na'hman de Breslev enseigne : le destin et la mission d'un homme dans la vie sont déterminés par le nom qui lui est donné. [Si'hot haRan n° 95]
Rabbi Na'hman enseigne également que l'essence de chaque personne est définie par une combinaison des lettres de son nom. [Si'hot haRan n° 44 ]

Le tsadik se voit confier une mission spéciale dans ce monde et son nom indique cette tâche. Lorsque le tsaddik accomplit sa mission, son nom inclut également ses réalisations.
Ainsi, Rabbi Nathan écrit : Le simple fait de mentionner les noms des tsaddikim fait ressortir leurs réalisations et donc leurs mérites. De plus, le fait de mentionner les noms des tsaddikim fait que leurs mérites nous sont attribués. [Likouté Halakhot - Nétilat Yadayim Li'Séouda 4:6 ]

-> Pour faciliter cela, Rabbi Nathan a compilé un livre dans lequel il a répertorié les noms des tsaddikim jusqu'à sa génération. Il l'a intitulé "Shémot HaTsadikim", et quiconque souhaite attirer la sainteté des tsaddikim sur lui-même peut réciter ces noms.

Rabbi Na'hman enseigne que le fait de mentionner les noms des tsaddikim peut entraîner un changement de nature. [Séfer haMidot - Tsadik B:20]
En effet, depuis l'époque du Rabbi Na'hman, les 'hassid de Breslev ont vu comment la récitation du Shémot HaTsadikim leur a apporté l'aide d'Hachem d'une manière étonnante.

<--->

[si tel est déjà l'impact de dire le nom d'un tsadik, à combien plus forte raison d'étudier ses enseignements, et surtout de tendre à suivre son exemple dans notre manière de vivre. ]

Les tombes des tsadikim

+ Les tombes des tsadikim :

-> Il existe une ancienne coutume juive qui consiste à se rendre sur les tombes des tsadikim et à y prier pour avoir une délivrance d'Hachem, pour toutes nos difficultés personnelles et pour tout Israël (Ora'h 'Haim 581:4).
Yossef l'a fait lorsqu'il a été vendu comme esclave (par ses frères). En passant devant la tombe de sa mère Rachel, il s'est arrêté pour plaider sa cause. [Séder HaDorot 2216).
Kalev s'est rendu à Hébron pour prier sur la tombe des Patriarches, afin de ne pas être entraîné dans le complot maléfique des explorateurs opposée à une entrée en Terre Sainte (Rashi - Chéla'h Lé'ha 13,22).
Le guémara (Sotah 14a ; avec le Ein Yaakov - Sotah 54) enseigne : pourquoi la tombe de Moché Rabénou nous a-t-elle été cachée? La réponse est que si l'emplacement de sa tombe était connu des hommes, les juifs s'y rendraient pour prier, et ils seraient immédiatement délivrés de l'exil.
En fait, tout au long du Talmud, du midrach et du Zohar, nous trouvons des histoires similaires sur l'efficacité de la visite du lieu de sépulture de nos tsadikim.

-> Quelle est la raison de ces prières sur les tombes? Le Zohar (III:71b) pose la même question : Rabbi 'Hizkiya et Rabbi Yeisa voyageaient ensemble. Rabbi Yeisa demanda : "Quand le monde a besoin de pluie, pourquoi allons-nous prier sur les tombes des tsadikim?" Pour étayer son argument, il cita le verset : "Ne consultez pas les morts" (Choftim 18,11).
Rabbi 'Hizkiya répondit : "Oui, mais les morts mentionnés dans le verset font référence à ceux qui sont vraiment morts, les réchaïm. Quant aux tsadikim, ils sont toujours vivants".

-> Nos Sages (Baba Batra 16a) disent : Il est le Satan, il est le yétser ara (incitation à faire le mal), il est l'ange de la mort.
Ces 3 notions ne font qu'un. Quiconque suit sa mauvaise inclination s'unit au Satan et goûte ainsi à la mort.
Le Tsaddik, cependant, n'a rien à voir avec le yétser ara. Il est pur et saint. C'est pourquoi les tsadikim ne goûtent pas à la mort, ils sont toujours vivants. Ainsi, nos Sages enseignent que le patriarche Yaakov n'est pas mort (guémara Taanit 5b).
Le Zohar (II:174a) enseigne :
"Moché n'est pas mort. Comment cela peut-il être possible alors que le verset dit clairement : "Et Moché mourut" (Vézot haBéra'ha 34,5)?
Cela est vrai, mais sa mort n'est que relative à notre compréhension et à notre niveau de perception. De notre point de vue humain, il est effectivement parti, mais en réalité, il continue de vivre.
Cela vaut non seulement pour Moché Rabénou, mais aussi pour tous les tsadikim : ils ne connaissent pas la mort. Quiconque est complètement saint, la mort [telle que nous la connaissons] n'a aucun effet sur lui."

-> En ce sens, Rabbi Na'hman de Breslev conseille : il est très bon d'aller sur la tombe du Baal Shem Tov et d'y prier. Le lieu de sépulture d'un tsadik est aussi saint que la Terre Sainte. Le verset dit : "Les tsadikim hériteront de la Terre" (Téhilim 37,29). Cela signifie que les tsadikim méritent que leurs lieux de sépulture aient le même degré de sainteté que la Terre Sainte elle-même. [Likouté Moharan II, 111 ]

-> Rabbi Nathan écrit : le tsadik est celui qui se consacre à révéler Hachem et Sa royauté autant qu'il le peut, et toute sa vie est consacrée à atteindre cet objectif. Ainsi, même lorsqu'il décède, il continue à désirer et à s'efforcer d'atteindre son but.
Mais dans les mondes supérieurs, il n'a aucun moyen d'y parvenir. C'est pourquoi le tsadik attend que quelqu'un vienne sur sa tombe et y prie. Lorsqu'une personne demande à se repentir (téchouva) et à revenir vers Hachem, alors le tsadik poursuit l'œuvre de sa vie : élever les gens vers Hachem et révéler encore davantage Son Royaume. [Likouté Halakhot - Min'ha 7:80 ]

-> C'est donc une très grande mitsva que de rechercher le salut de Dieu en se rendant sur les tombes des tsadikim. Y prier nous permet de nous lier au tsadik et même d'acquérir une partie de la sainteté du tsadik lui-même.
Être là-bas ouvre également une ligne plus directe pour nos prières : elles sont plus facilement élevées vers le ciel, car le tsadik a désormais plus de pouvoir que jamais.
Rabbi Nathan écrit : Rabbi Shimon bar Yo'haï était un tsadik phénoménal. En rédigeant le Zohar, il fut le premier tsadik à avoir reçu la permission de parler ouvertement de la sagesse ésotérique que nous appelons la Kabbale. Son départ de ce monde fut, et reste, une perte immense.
Pourtant, au lieu de déclarer le jour de sa mort, Lag BaOmer, jour de deuil rempli de remords, nous célébrons et nous réjouissons. Pourquoi cela?

La réponse, nous dit Rabbi Nathan, est que lorsqu'un tsadik décède, ses pouvoirs se multiplient. C'est ce que dit la guémara ('Houlin 7b) : "Les tsadikim sont plus grands après leur mort qu'ils ne l'étaient de leur vivant", et cela nous donne une excellente raison de célébrer.
Puisque Rabbi Shimon était déjà si énorme de son vivant, il va de soi qu'aujourd'hui, après avoir abandonné sa corporéité, sa capacité à accomplir les rectifications auxquelles il s'était efforcé d'aboutir durant sa vie est devenue encore plus puissante. [Likouté Halakhot - Hekhsher Kélim 4:4 ]

N'est-ce pas là une raison de nous réjouir? Aujourd'hui, près de deux mille ans plus tard, le pouvoir de Rabbi Shimon bar Yo'haï d'intercéder en notre faveur et de nous aider à nous rapprocher d'Hachem est encore plus grand que lorsqu'il était en vie.
Comme Rabbi Shimon l'a dit lui-même : "J'ai le pouvoir de corriger le monde entier ; je peux exempter le monde entier du jugement céleste" (Soucca 45b). Et, écrit Rabbi Nathan, cela vaut également pour tous les autres tsadikim.

<--->

-> Cela nous permet de comprendre la promesse que Rabbi Na'hman a fait de son vivant devant deux témoins (Rabbi Aharon de Breslev et Rabbi Naftali).
Il a dit : "Quiconque vient sur ma tombe, récite les dix psaumes du Remède général (tikoun haklali) et fait un don à une œuvre caritative en mon nom, même si ses péchés sont nombreux et graves, je ferai tout ce qui est en mon pouvoir, à travers toute la création, pour le purifier et le protéger ... Par ses péyot (boucles), je le tirerai hors du Guéhinam. Peu importe ce qu'il a fait jusqu'à ce jour, mais à partir de ce jour, il doit s'engager à ne plus retomber dans ses erreurs". [Si'hot haRan n°141 ; 'Hayé Moharan n°122 ]
[sur la tombe de Rabbi Na'hman, il faut d'abord mettre de côté les pièces pour la charité, puis réciter les dix psaumes, selon rabbi Yaakov Meir Schechter ]