Aux délices de la Torah

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Le discours de Bar Mitsva de Chimon et Lévi

+ Le discours de Bar Mitsva de Chimon et Lévi :

"Les 2 fils de Yaakov, Chimon et Levi, les frères de Dina, prirent chacun leur épée, marchèrent sur la ville (Chékhem) avec assurance et tuèrent tous les mâles" (Vayichla'h 34,25).

-> Le séfer Likouté Yéhouda cite en se basant sur le Sia'h Sarfé Kodech le commentaire du 'Hidouché Harim sur le verset.
Le 'Hidouché Harim explique pourquoi les habitants de Chékhem étaient passibles de mort. La halakha (Sanhédrin 58b) stipule qu' un idolâtre qui observe le Shabbat est passible de mort, car le Shabbat est un "ot" (אות - signe - Ki Tissa 31,13) seulement pour le peuple juif.
Un non juif qui utilise ce signe est considéré comme un voleur et un Ben Noa’h reçoit la peine de mort pour vol. Par conséquent, il en va de même pour la Brit mila, qui est également appelée un signe (Lé'h Lé'ha 17,11).
Si un non juif se circoncit lui-même non pas pour se convertir, il est passible de mort.

Les enfants de Yaakov dirent : "ce n'est qu'à cette condition que nous serons d'accord avec vous : si vous devenez comme nous, en circoncisant tout mâle d'entre vous" (Vayicla'h 34,15), pour se convertir et devenir des Juifs à part entière.
Maintenant, en ce qui concerne un converti, nous appliquons le concept de : le guèt et la main arrivent simultanément (גיטו וידו באין כאחד - Guittin 77b), et donc ils peuvent se circoncire eux-mêmes.
Cependant, les habitants de Chékhem se circoncirent pour leurs désirs, mais voulant rester non juifs. Aussi, ils furent passibles de mort pour avoir dérobé un signe distinctif exclusive du people juif.

Le 'Hidouché Harim note que Chimon et Levi avaient 13 ans à ce moment (Béréchit rabba 80) et ce 'hidouch fut leur dracha de bar mitsva.

Yaakov lisait des Téhilim

+ Yaakov lisait des Téhilim :

-> Le midrach (Béréchit rabba 68,11) affirme que Yaakov récitait des Téhilim dans la maison de Lavan.
Le Divré Yoël (Vayétsé) dit que Yaakov connaissait déjà le séfer Téhilim par prophétie, psaumes qui ne furent pas révélés avant le roi David.
Yaakov a imprimé cette puissance pour les générations en exil afin que le peuple juif survive et soit sauvé des difficultés.

-> Selon le rabbi Mendel de Kotzk, les Téhilim ne sont pas dans l'ordre arrangé par le roi David, sinon, ils auraient le pouvoir de la résurrection des morts.
Parce qu’il n'était pas approprié de donner aux gens un tel pouvoir, David réorganisa les chapitres des Téhilim. Malgré cela, toutes les délivrances peuvent être atteints en récitant les Téhilim.

Etre un Bné Israël = faire des efforts

+ Etre un Bné Israël = faire des efforts :

-> Le verset (Vayichla'h 32,29) nous dit, à propos de Yaakov combattant avec l'ange, que son nom fut changé en Israël car : "tu as lutté (ki charit - כִּי שָׂרִיתָ) avec le Divin et avec l'homme et tu as vaincu (tou'hal - תּוּכָל)".
Sur cette base, Yaakov devrait être appelé "tou'hal", puisqu'il vainquit l'ange.

Lutter contre les défis, c'est la vie. C'est pour cette raison que Yaakov fut appelé ישראל, un nom signifiant "lutter" comme dans כי שרית (ki charit) = car tu as lutté.
Yaakov n'est pas appelé "tou'hal" parce que cela signifie l'emporter et être victorieux.

Nous devons intérioriser cela car c'est pourquoi nous sommes appelés les בני ישראל (Bné Israël), puisqu'il s'agit de lutte, de combattre. La Torah ne se concentre pas sur les résultats (vaincre ou pas notre yétser ara) car on nous appellerait alors les Bné Tou'hal.
Le nom בני ישראל met en lumière que ce qu'Hachem attend de nous, c'est nos efforts. Nous devons faire de notre mieux pour réussir : luttez, luttez encore et combattez (votre yétser ara) sans jamais désespérer.

Joie & gueoula

"Cantique des degrés. Quand Hachem ramena les captifs de Tsion ... Hachem a accompli de grandes choses pour nous, nous étions joyeux (ayinou chémé'him)" (Téhilim 126,1-3).
Lorsque le machia'h arrivera, les non-juifs demanderont : "Quelle est cette grande chose que Hachem a accomplie pour le peuple juif pour qu'il soit à un tel niveau?"
Le peuple juif leur répondra : "Hachem a accompli cette grande action pour nous parce que pendant toute la durée de l'exil, nous avons été joyeux de tout ce qui nous est arrivé."
[rav Shimon Maryles de Yérouslav - Torat Shimon ]

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-> "Car vous partirez dans la joie" (ki bésim'ha tétséou - Yéchayahou 55,12).
Cela signifie que grâce à la joie, vous pouvez être délivrés de tous vos problèmes.
[rabbi Mendel Ména'hem de Kotzk - Emet véEmouna - p.8 ]

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-> Le machia'h viendra parce que le peuple juif servira Hachem avec passion, amour et joie.
[selon le maguid de Mézéritch et rabbi Bounim de Pschisha]

-> Le Zohar dit que si une personne se comporte avec un visage rayonnant [de joie] en bas, de la même manière, cela lui sera renvoyé d'en-Haut. Si elle se comporte avec tristesse, de la rigueur sera rendu d'en-Haut. [plus on se réjouit (par notre confiance en D.), plus du Ciel on nous donne des raisons de se réjouir. A l'inverse, plus on s'attriste, plus on nous envoie des raisons de nous attrister. ]
Selon notre service d'Hachem avec joie, notre joie attire la joie vers nous depuis le monde Supérieur.
Nos Sages (Sotah 11b) disent que grâce au mérite des femmes justes, le peuple juif a été délivré d'Égypte.
Il semble que lorsque le peuple juif a été exilé en Égypte avec des travaux éreintants et de la tristesse, cela a causé la même chose à la Chékhina ... Comme les femmes justes ont réjoui leurs maris avec les miroirs, elles ont également réjoui la Chékhina, et grâce à ce mérite, ils sont sortis de l'exil d'Egypte.
[Toldot Yaakov Yossef - parachat Vayikra]

[Voir Rachi (Vayakel 38,8) qui décrit comment les femmes juives en Egypte utilisaient des miroirs en cuivre pour se parer. Hachem louait grandement l'utilisation de ces miroirs, car les hommes juifs étaient épuisés par le travail physique en Égypte et avaient perdu leur désir de procréer. Les femmes se paraissaient pour devenir attirantes aux yeux des hommes, permettant ainsi la perpétuation du peuple juif.
(on voit qu'en remontant leur moral (malgré la situation d'esclavage très difficile), en leur redonnant le sourire, elles ont permis que du Ciel on envoie de belles choses, ce qui a mené à la libération d'Egypte. Or, la guéoula ultime est similaire à celle d'Egypte, ainsi en étant joyeux (même artificiellement), on provoque la Délivrance (collective et individuelle). ) ]

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-> Selon le 'Hozé de Lublin, dans les générations précédant la venue du machia'h, la relation des juifs avec Hachem sera construite principalement autour de l'amour d'Hachem, car cela tire davantage les cordes sensibles [de notre cœur] vers Hachem, plus que n'importe quelle autre chose.

-> Le rabbi Avraham 'Haïm de Zlotchov enseigne que lorsque les nations du monde verront notre passion et notre joie à accomplir les mitsvot (et en particulier, les mitsvot dont nous ne connaissons pas la raison), elles diront que si nous ne trouvions pas de douceur dans les mitsvot, nous ne pourrions jamais éprouver une telle joie à les accomplir. C'est ce qui, en fin de compte, rapprochera les nations non juives à la reconnaissance d'Hachem et de l'authenticité de la Torah.

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-> b'h, également : Servir Hachem dans la joie & guéoula : https://todahm.com/2024/05/28/servir-hachem-dans-la-joie-gueoula

Les capacités de toute âme juive

"Et il fit un rêve : une échelle était posée sur la terre et elle atteignait le ciel" (Vayétsé 28,12).

-> Une personne peut penser qu'elle n'est que chair et sang, quelle est sa valeur, à quel niveau se trouve-t-elle?
Comme nous l'enseigne le Ohr Ha'haïm hakadoch, nous ne devons pas sous-estimer les capacités de l'âme, car l'âme qui réside en nous est un concept d' "une échelle posée sur la terre et dont le sommet atteint le ciel, et les anges d'Hachem montent et descendent dessus".
D'une part, l'âme (néchama) réside dans le corps ; d'autre part, sans le yétser ara, l'âme atteindrait le ciel.
Comment une personne peut-elle s'élever et acquérir toutes les grandes vertus? Grâce aux bonnes actions qu'elle accomplit.
"Et voici, les anges d'Hachem", ce sont les bonnes actions accomplies dans ce monde, et ils se tiennent à ses côtés lorsqu'il est jugé au ciel, comme le dit la Michna dans Avot : "celui qui accomplit une mitsva acquiert un défenseur". Les bonnes actions montent au-dessus et ainsi "descendent en lui", apportant la lumière à son âme. Heureux celui qui le mérite!

Soutenir la Torah = protection constante face au yétser ara

+ Soutenir la Torah = protection constante face au yétser ara :

"Réjouis-toi Zévouloun, dans tes sorties (chéma'h Zévouloun bétsété'ha), et toi, Yissa'har, dans tes tentes" (Vézot haBéra'ha 33,18).

-> Le 'Hida (Roch David - Vézot haBéra'ha) explique ce verset en se basant sur les mots de rabbi 'Haïm Aboulafia. Ce dernier, dans son Ets Ha’haïm (fin de Vayakel) enseigne que celui qui soutient un étudiant en Torah est aussi sauvé du yétser hara comme cet étudiant lui-même (la guémara (Kidouchin 30b) affirmant : "Hachem créa le yétser ara et la Torah comme antidote").
Il ajoute que celui qui aide financièrement l'étudiant mérite même quelque chose de plus grand. Celui qui étudie est protégé quand il étudie activement. Un Zévouloun jouit lui d’une protection continue contre le yétser ara.

Dans cette veine, le 'Hida explique : "Réjouis-toi Zévouloun, dans tes sorties" = ne crains pas l’influence du yétser hara même sans étude de la Torah. Pourquoi?
Car "Yissa'har, dans tes tentes" = la Torah de Yissa'har que tu supportes te protège constamment du yétser ara.

Fausse humilité

+ Fausse humilité :

-> L'orgueil est un mauvais trait de caractère, à tel point qu'Hachem dit : "Je ne peux pas être proche d'une personne orgueilleuse".
L'humilité est considérée comme l'une des plus belles qualités qui soient. Parmi toutes les grandes qualités et attributs de Moché, la Torah n'en retient qu'une seule : il était la personne la plus humble qui ait jamais vécu.

Bien que cela soit vrai, nous devons nous méfier extrêmement d'un sentiment de fausse humilité. Le yétser ara qui nous pousse à être orgueilleux est le même que celui qui nous pousse à croire que nous ne sommes pas capables de réussir [spirituellement] et que nous ne pourrons jamais contribuer à la société.

C'est cette préoccupation qui a conduit Moché à ajouter la lettre youd au nom de Yéhochoua, avant qu'il ne parte avec les 11 autres espions pour explorer le pays de Canaan.
Moché savait que son élève Yéhochoua était extrêmement humble. Et il craignait que le yétser ara ne s'en nourrisse et ne conduise Yéhochoua à croire qu'il n'avait pas la capacité de tenir tête aux espions s'ils revenaient avec un rapport négatif sur le pays.
[ rav Yonathan Eibshitz - Magen Ha'Elef ]

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-> Comment pouvons-nous discerner si ce que nous ressentons est un véritable sentiment d'humilité ou une fausse humilité?
Si ce que vous ressentez vous pousse à agir, alors vous savez que votre humilité est réelle et sincère.
Comme ce fut le cas pour Moché, qui était l'être humain le plus humble, mais il a tenu tête au Pharaon, le dirigeant le plus puissant de l'époque, et il a résisté à la révolte de Kora'h.
Si, cependant, l'humilité vous empêche de prendre position ou de vous atteler à la tâche, sachez que l'humilité que vous ressentez provient de votre yétser ara et qu'il s'agit d'un sentiment négatif qui doit être éradiqué.
[rav Yaakov Barber ]

La réussite des réchaïm à notre époque

+ La réussite des réchaïm à notre époque précédant la venue du machia'h :

-> Le 'Hafets 'Haïm (Shem Olam 2,12) explique le succès des réachïm avant l'arrivée du machia'h à l'aide de l'illustration suivante.
Un roi organisa un grand festin en l'honneur de son fils unique. Il invita tous ses amis et ministres et prépara un menu composé des mets les plus raffinés au monde. Le roi était toutefois dans le dilemme quant à ce qu'il devait faire de certains de ses serviteurs. Bien qu'ils le méprisaient secrètement, lui étaient déloyaux et agissaient contre ses intérêts, ils affichaient en apparence leur loyauté et lui rendaient certains services, et méritaient donc une récompense.
D'un côté, il ne voulait pas qu'ils participent à son festin spécial, mais d'un autre côté, il devait reconnaître leurs services. Il décida donc d'organiser un festin rien que pour eux, avant sa grande célébration. Ces serviteurs étaient ravis de la chance qu'ils avaient eue d'être invités par le roi à un repas aussi raffiné, et les fidèles serviteurs du roi se demandaient pourquoi celui-ci avait préparé ce festin impressionnant rien que pour ses serviteurs méprisés.
En vérité, la seule raison de ce festin était d'éviter d'avoir à les inviter à la véritable célébration. Rien de ce qui était servi à ce festin ne pouvait se comparer aux mets délicats qui étaient préparés pour ses véritables fidèles.

De même, le succès, la réussite des réchaïm avant la venue du machia'h n'a pour but que de les empêcher de partager le plaisir ultime que les tsadikim recevront lorsque le machia'h viendra. Alors, les réchaïm réaliseront leur grande perte et regretteront de ne pas avoir attendu et de ne pas s'être préparés pour ces jours.

-> C'est ce que Yéchayahou (65,13-14) a prophétisé : "Ainsi parle Hachem : "Voici, Mes serviteurs mangeront et vous aurez faim. Voici, Mes serviteurs boiront et vous aurez soif. Voici, Mes serviteurs se réjouiront et vous serez confus. Voici, Mes serviteurs chanteront dans la joie, et vous crierez dans l'angoisse et vous gémirez, l'esprit brisé".
Rachi explique : "Mes serviteurs sont les justes (tsadikim), et "vous" êtes ceux qui se rebellent contre moi".
Le Radak explique que "mes serviteurs mangeront" signifie que leur esprit percevra la sagesse et la connaissance suprêmes d'Hachem. Cette perception apporte du plaisir à l'âme, tout comme la nourriture et la boisson apportent du plaisir au corps.

-> "Le rire aussi causera de la douleur au cœur" Michlé (14,13).
Rachi explique que cela fait référence au rire que Hachem leur accorde [aux réchaïm] dans ce monde, qui sera une source de douleur pour eux à l'avenir, comme le dit le verset : "Et vous crierez dans l'angoisse" (Yéchayahou 65,14).

-> "Tu as mis de la joie dans mon cœur au moment où leur grain et leur vin étaient abondants" (Téhilim 4,8).
Pourquoi le roi David devrait-il ressentir de la joie lorsque les nations du monde ont du grain et du vin en abondance?
Le Yalkout Shimoni explique :
"Si Tu (Hachem) as béni les nations du monde, qui n'observaient que sept mitsvot, en leur accordant la paix [et l'abondance] dans ce monde, à combien plus forte raison nous accorderas-Tu Ta bonté, à nous qui avons reçu le commandement d'observer 613 mitsvot.
C'est pourquoi nous nous réjouissons de la prospérité des réchaïm, comme le dit le verset : "Tu as mis de la joie dans mon cœur au moment où leur grain et leur vin étaient abondants".
Rabbi Yéhochoua ben Lévi dit : Cela peut être comparé à un roi qui a organisé un grand festin. Il a invité des convives et les a fait asseoir à la porte du palais jusqu'à ce que le moment soit venu d'entrer dans la salle à manger. Ils ont vu des chiens sortir du palais avec des faisans dans la gueule, des têtes de volailles engraissées et des têtes de veau.
Ils se sont mis à dire : "Si les chiens mangent si bien, imaginez à quoi doit ressembler le festin lui-même!". Or, les réchaïm sont comparés à des chiens, comme le dit le verset : "Les chiens ont le visage effronté, et ils ont reçu tant de bénédictions et de bienfaits ; combien plus grands seront les bienfaits du peuple juif!" (Yéchayahou 56,11).

-> Cette idée se retrouve également dans le Tana Débé Eliyahou (rabba 22) :
"Cela (le succès des réchaïm) peut être comparé à un roi qui avait un grand palais avec une porte verrouillée que personne ne pouvait franchir. À l'extérieur du palais, il y avait une corniche sur laquelle se trouvaient des figues, des raisins et toutes sortes de fruits. Sur une autre corniche à proximité, il y avait de la nourriture, des boissons et toutes sortes de gâteaux et de mets délicats. Tous ceux qui passaient devant le palais disaient : "D'après la corniche qui s'étend depuis le palais du roi, on peut savoir ce qui se trouve à l'intérieur".
Ainsi, d'après les souffrances des tsadikim dans ce monde, on peut connaître la mesure de la punition des réchaïm dans le guéhinam.
Et à partir des bénédictions des réchaïm dans ce monde, nous pouvons apprendre la récompense des tsadikim dans le monde à Venir, comme le dit le verset : "Quelle est la bonté que Tu as réservée à ceux qui Te craignent, ..." (Tehillim 31:20) ; "Aucun œil ne l'a vue (la récompense des tsadikim), sauf Toi, Hachem" (Yéchayahou 64,3)."

-> C'est également ce que signifie la phrase que nous disons dans le Barou'h Shé'amar : "Béni soit Celui qui récompense généreusement ceux qui le craignent" (barou'h anoten cha'har tov liréav).
C'est précisément à ceux qui Le craignent que la récompense est bonne, car ils reçoivent leur récompense dans le monde à Venir.
Ceux qui ne Le craignent pas reçoivent leur récompense dans ce monde (éphémère) et sont ainsi privés de récompense dans le monde à Venir (éternel), de sorte que leur récompense ne peut être qualifiée de bonne.

-> A l'avenir, lorsque la vérité ultime sera révélée, nous ne pouvons imaginer la douleur que ressentiront les réchaïm lorsqu'ils réaliseront ce qu'ils ont perdu.
Tout comme il n'y a pas de plus grande joie que d'être proche d'Hachem et de ressentir Son amour intense pour nous, il n'y a pas de plus grande douleur que d'être rejeté et de se sentir éloigné d'Hachem.
[d'une certaine mesure, toute chose qu'on aurait pu faire (selon nos capacités personnelles) pour se rapprocher d'Hachem et qu'on n'aura pas fait, ce regret sera notre plus grande douleur après notre mort (sauf si téchouva avant). ]

C'est ce qu'écrit le Tana Débé Eliyahou (rabba 31) :
"Après que toutes les créatures du monde aient été créées, elles étaient dans un état de joie immense, comme si elles mangeaient et buvaient, rassasiées et extrêmement heureuses. Une fois que Hachem eut achevé la création du monde entier, Il les repoussa [loin de Lui], et elles crièrent, gémirent et pleurèrent toutes abondamment. Elles dirent devant Lui : "Maître de l'Univers, pourquoi nous as-Tu retirées de cet état de bonheur?"

Réfléchissons-y. Si une personne sent que quelqu'un ne l'aime pas, elle se sent bouleversée. Si la personne qu'elle ne parvient pas à satisfaire est son professeur ou une personnalité éminente, son désarroi est encore plus grand. Alors, à quel point le désarroi d'une personne qui, en raison de ses mauvaises actions, ne trouve pas grâce aux yeux d'Hachem est-il plus grand?
La souffrance et la détresse qu'elle ressentent dépassent de loin celles de toute autre personne. Comme l'écrit Rabbénou Yona : "Quel avantage y a-t-il [pour l'âme d'une personne] avec tout ce qu'elle acquiert [tout ce qu'elle accomplit et fait] si elle est mauvaise aux yeux de son Maître?" (Shaaré Teshuvah 1,10).

En ce sens, le Ohr Ha'haïm Hakadoch (Nasso 5,15) cite nos Sages : "La raison pour laquelle les eaux inférieures sont appelées "pleureuses" est que lorsque Hachem a divisé les eaux ... les eaux qui sont restées en dessous pleurent et se lamentent de ne pas avoir mérité d'être proches du D. vivant."

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-> Notre devoir est donc de nous renforcer et d'attendre encore un peu jusqu'à ce que nous atteignions enfin la fin, c'est-à-dire l'arrivée du machia'h. Tout comme le passager d'un train qui ne doit pas être tenté de descendre à une gare précédente, car cela lui ferait perdre tout ce qui l'attend à sa destination finale. Il vaut certainement la peine d'attendre encore dix minutes pour atteindre la prochaine et dernière gare.

Si nous ne ressentons pas cette urgence à aller jusqu'au bout, c'est parce que nous sommes en exil depuis si longtemps que nous nous sommes habitués à être méprisés. Nous sommes incapables d'imaginer la grandeur qui nous attend à l'époque du machia'h, et nous n'apprécions donc pas ce qui nous attend dans un avenir proche.

Joie & nos prières

+ Joie & nos prières :

-> Nos Sages (Béra'hot 32b) disent que toutes les portes [du ciel] sont verrouillées, sauf les portes des larmes.
Si les portes des larmes étaient fermées, nous ne pourrions pas entrer. Car les larmes sont l'expression de la tristesse, et il serait difficile d'entrer par une porte qui est fermée [un état de désespoir éloigne, obstrue, notre lien d'Hachem).
Cependant, avec la joie, on peut toujours entrer.
[ rav Sim'ha Bounim de Pschisha - Guilyon Chémouat Halévi ]

-> De même, le rav Moché Leib de Sassov dit : "[certes] les portes des larmes ne sont pas verrouillées, mais la joie est encore plus grande que cela : elle brise [et transperce] les portes et les murs."

-> Le Baal Shem Tov (Tzsvaat HaRivach 45)" écrit :
"Les larmes sont très mauvaises pour une personne, car il faut servir Hachem spécifiquement avec joie. Cependant, si les larmes proviennent de la joie et de notre attachement (dvekout) envers Hachem, alors elles sont très bonnes".

-> Bien que le Chlah Hakadoch (Béchala'h - Torah Ohr 4) écrive que deux forces peuvent empêcher les prières d'atteindre Hachem : la folie et la tristesse ; il est dit au nom de rav Hershele Spinker que si l'on pleure en pensant qu'Hachem est infiniment miséricordieux et qu'il prêtera attention à ses larmes, celles-ci ne sont pas considérées comme des larmes de tristesse.

-> Le Arizal (Shaar Hakavanot) décrit ainsi la nécessité de la joie pendant la prière : "Il est interdit à une personne de prier dans un état de tristesse ... On doit plutôt être dans un état de joie aussi grand que possible ... L'aspect principal de l'obtention du roua'h hakodech repose essentiellement sur cette question, que ce soit pendant la prière ou lors de l'accomplissement de toute autre mitzvah ...
Ne dépréciez pas ce sujet (l'importance d'être joyeux, par exemple en priant), car la récompense est grande."

-> Le 'Hatam Sofer (Orot - Chémot p.26) développe davantage cette idée : "Lorsqu'une personne renonce à tout espoir de mettre en œuvre une stratégie pour échapper à ses problèmes ... et sait que nous dépendons entièrement d'Hachem, alors l'impact des problèmes sur cette personne s'affaiblit, sa tristesse diminue et sa prière peut être reçue (au Ciel)."

-> "Et Haman prit les vêtements et le cheval" (Esther 6,11).
Mordé'haï dit : "Cet homme est venu pour me tuer". À ce moment-là, Mordé'hai s'enveloppa dans un talith et se leva pour prier. Haman arriva, s'assit devant lui et attendit qu'il ait fini de prier" (guémara Méguila 16a).
Haman n'interrompit pas sa prière au milieu, car il pensait que Mordé'hai priait certainement dans la tristesse, et que les prières dans la tristesse ne sont pas exaucées ; si Haman interrompait ses prières [en lui annonçant les honneurs que lui avait accordés A'hachvéroch], il reprendrait ensuite et prierait une seconde fois, et après avoir entendu la nouvelle, il prierait certainement avec une grande joie, ce qui serait très désirable [aux yeux d'Hachem].
[Ben Ich 'Haï - Ben Yéhoyada - Méguila 16a ]

-> Selon cette idée, nous pourrions expliquer pourquoi Esther n'a pas souhaité révéler le complot d'Haman à A'hachvéroch lors du premier festin qu'ils ont partagé ensemble : Haman était alors dans un état de joie, et Esther savait qu'elle ne parviendrait pas à le renverser. Elle a donc attendu le deuxième festin, lorsque Haman était dans un état de chagrin.

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-> Hachem souhaite constamment accorder ses bienfaits à Son peuple, Israël, mais la force du mal (sitra a'hra) bloque les canaux de l'abondance.
Cependant, chaque fois qu'un juif est animé de joie, celle-ci écarte les obstacles qui empêchent l'abondance de se manifester. Alors, Hachem, dans son infinie miséricorde et sa bonté, accorde d'abondantes bénédictions à Son peuple, Israël.
[rabbi Lévi Its'hak de Berditchev - Kédouchat Lévi - Vayétsé ]

-> Le rav Shlomo Kluger interprète le verset "Hodou l'Hachel ki tov, ki léolam 'hasdo"(Louez Hachem, car Il est bon ; Sa bonté est éternelle - Téhilim 118,1), comme signifiant : Louez Hachem en toutes circonstances et dites qu'Il est bon, alors vous mériterez de voir que Sa bonté est éternelle.
La reconnaissance de la bonté infinie d'Hachem est précisément la force qui peut vaincre la force de Rigueur Divine.
C'est pourquoi le Tiféret Shlomo explique qu'Esther a envoyé des vêtements à Mordé'haï et lui a dit d'essuyer la cendre sur son front, car si elle parvenait à le réjouir malgré les circonstances désastreuses, cela permettrait d'annuler la force de Rigueur/jugement (din).

Etre pris dans les désirs mondains empêche naturellement une personne de voir la vérité. Mais au-delà de cela, il existe un puissant esprit d'impureté qui possède le fauteur et s'accroche à lui comme un chien. Cet esprit le trouble afin qu'il perçoive les ténèbres comme la lumière. Il l'attire vers tout ce qui est mauvais et éloigne de lui tout ce qui est bon et saint.
Même si la vérité de la foi en Hachem lui était prouvée, il serait incapable de percevoir la vérité et la sainteté, car il est totalement possédé par les forces du mensonge et de l'impureté.
[le Steïpler - 'Hayé Olam 1,25 ]

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-> Les gens seront influencés par leur désir d'une matérialité sans limites, au point de nier l'existence d'Hachem. Leurs désirs corporels les rendront aveugles à la vérité de la foi en Hachem, car croire en Hachem exigerait qu'ils renoncent à leurs activités immorales.
Le rav El'hanan Wasserman (Kovetz Maamarim 1) écrit qu'il est impossible pour une personne de ne pas être influencée par un pot-de-vin, même s'il lui est donné à son insu.
Et cela est certainement vrai avec le pot-de-vin considérable que constituent les plaisirs mondains (de ce monde) qui corrompent les pensées d'une personne. C'est ce que disent nos Sages (Sanhédrin 63b) : "Israël n'adorait les idoles que pour se permettre l'immoralité publique".