Aux délices de la Torah

Pâtisserie spirituelle depuis 5771 - b'h
 

Le Shéma du matin

-> Le Zohar (Vol.III, 186a) et les paroles du Arizal (Eitz Haim, Sha’ar 20, chapitre 4) indiquent que chaque jour, l’âme d’une personne ne se répand pas dans ses 248 membres tant qu’elle n’a pas récité le Shéma, qui contient 248 mots.
L'âme se répand alors dans tous ses membres, [et certaines personnes peuvent même le percevoir], comme on le voit dans le récit d’un jeune garçon qui dit à son ami : "A l’odeur de tes vêtements, je vois que tu n’as pas récité le Shéma".
L’idée est, comme nous l’avons écrit, que tant qu’une personne n’a pas récité le Shéma, son âme ne se répand pas dans tous ses membres, et si une personne mange ou boit avant de réciter le Shéma, elle affaiblit le pouvoir de l’âme sainte et renforce le pouvoir des forces de l’impureté (forces du mal).

Le verset "Écoute, Israël!" (Shéma Israël - שְׁמַע יִשְׂרָאֵל, יְהֹוָה אֱלהֵינוּ, יְהֹוָה אֶחָד) contient 25 lettres, tandis que "Béni soit l’honneur de Sa royauté" (barou'h chem kévod mal'houto - בָּרוּךְ, שֵׁם כְּבוד מַלְכוּתו, לְעולָם וָעֶד) contient 24 lettres.
Le total est de 49 lettres, ce qui correspond à la valeur numérique de הדם (adam - le sang).

C'est pourquoi le verset dit : "Tu ne mangeras pas au-dessus du sang" (lo to'hlou al adam - Kédochim 19,26). En d'autres termes, ne mange pas avant d'avoir récité le Shéma (les deux premières lignes du Shéma contiennent 49 lettres, la même valeur numérique que הדם, le sang).
Sinon, tu affaiblis les pouvoirs de la sainteté et tu renforces les forces de l'impureté.
[rabbi Yaakov Abou'hatséra - Pitou'hé 'Hotam - Kédochim 19,26 ]

Plus grave de fauter à Pessa’h que les autres jours de l’année

-> L'interdiction du 'hamets à Pessa'h est considérée comme plus stricte que les autres interdictions (voir Michna Broura 447,1). [combien faisons-nous d'efforts pour ne pas en avoir une miette en notre possession! ]
Le Pélé Yoetz (Pessa'h) va encore plus loin et affirme que toute faute commis à Pessa'h est plus grave que si elle était commise le restant de l'année.

Le rav Aharon Leib Steinman explique que Pessa'h est plus sacré que les autres Yamim Tovim (fêtes juives), et que certaines énergies spirituelles y sont présentes, permettant à une personne de se rapprocher d'Hachem. Si une personne n’en profite pas et commet une faute, elle sera punie plus sévèrement que le reste de l’année.

Dans la paracha Bo, Hachem donne la première mitsva au peuple juif : le kidouch ha'Hodech (sanctification du nouveau mois).
À l’époque du Temple, dès que deux témoins apercevaient un mince croissant de la nouvelle lune, ils couraient vers le Sanhédrin à Jérusalem et témoignaient qu’ils l’avaient vue. Ensuite, les juges sanctifiaient le nouveau mois en proclamant : "Mékoudach, mékoudach, mékoudach" (3 fois : c’est saint!).

De même, chaque fois que nous constatons une petite mitsva que nous avons accomplie, nous devrions courir vers Hachem avec une grande joie et Le remercier pour l’incroyable mérite d’avoir accompli cette mitsva. Malgré toutes ses imperfections, qui sont l’équivalent de l’éclipse de la lune au début du mois, la moindre parcelle de bonté dans la mitsva que nous avons accomplie brille de mille feux, et cela suffit pour que nous puissions dire : "Mékoudach" (nous avons la sainteté en nous!).
[rabbi Nathan de Breslev - Likouté Halakhot - Hachkamat HaBoker 1 ]

Soupirer & crier intérieurement à Hachem

Parfois, nous avons l’impression de nous noyer dans un océan de tâches et de responsabilités dont nous devons nous occuper. Il semble que nous soyons esclaves des obligations liées au fait de gagner notre vie, d’élever une famille et de faire face à toutes les luttes physiques, émotionnelles et spirituelles de ce monde.
Dans ces moments-là, nous devrions faire ce que les juifs ont fait en Égypte : prendre une grande inspiration et soupirer devant Hachem ou L’invoquer du fond de notre cœur.
Même si nous n’avons pas de mots à dire, ces soupirs et ces cris éveillent la compassion de Hachem pour nous sortir de notre état d’exil.
En fait, le simple fait de soupirer et d’invoquer Hachem nous fait immédiatement nous sentir beaucoup mieux, car ce faisant, nous remettons tous nos fardeaux entre Ses mains.
[rabbi Nathan de Breslev - Likouté Halakhot - Roch 'Hodech 6 ]

La Délivrance se poursuit. La délivrance d’Égypte et la géoula complète du futur ne forment qu’un mouvement et une progression sans fin : l’action de la "main forte et du bras tendu" [d'Hachem], qui a commencé en Egypte, opère sans discontinuer à travers tous les événements.
[rav Avraham Its'hak HaCohen Kook - Orot Israël Ou'Tékhiyato 28 ]

En Egypte, le peuple d’Israël a célébré l’intégralité du Séder cette nuit-là, sous la même forme que celle que nous observons aujourd’hui, en racontant le récit de la sortie d’Egypte avec foi et certitude, avant même d’avoir quitté le pays.
[séfer Méor Enayim - chap.91 ]

Hachem ne nous demande que de faire ce qu'Il fait Lui-même.
Il nous dit d’ouvrir la porte lors de la nuit du Séder ; c’est donc qu’Il fait de même. À Pessa'h, Celui d’en-Haut (Hachem) ouvre toutes les portes et tous les passages à chaque juif.
La nuit du Séder, on peut atteindre les niveaux les plus élevés d’un seul bond
(et ce quel que soit le niveau où nous nous trouvons).
[rabbi de Loubavitch - Likouté Si'hot - vol.4 ]

Satisfaction du simple fait d’être juif

+ Gratitude & satisfaction du simple fait d'être juif :

-> Le rav Its'hak Hutner (Pa'had Its'hak - séfer hazikaron 71) attendait de ses élèves qu’ils aspirent à la grandeur, tout en soulignant l’importance de conserver un sentiment de satisfaction "dans un état d’être juif sans avoir atteint aucun niveau" (bé'matsav chél héyot Yéhoudi bli madrégot).
Il insistait que : le point de départ de la croissance et de l’identité spirituelle réside dans l’appréciation de ce que nous sommes, et non dans la lutte pour combler ce qui nous manque.

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[Rabbi Na'hman de Breslev exprime dans sa célèbre chanson : "Si un juif avait conscience de ce qu'est être juif, alors il serait joyeux et il danserait jusqu'à 120 ans!" (im yéhoudi aya yodéa ...).

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-> "Dayénou" est un poème (dans la Haggada) qui célèbre le cheminement et la patience, nous montrant comment apprécier chaque étape (badéré'h) de notre parcours. Le refrain "cela nous aurait suffi" (dayénou) signifie que chaque événement survenu au cours du long processus de la sortie d’Égypte était suffisant en soi pour susciter notre gratitude, même si son aboutissement final n’était pas encore visible à ce moment-là.
Nous pouvons exprimer notre gratitude pour chaque bienveillance que nous recevons, même si nous ne pouvons pas en voir la trajectoire finale. Chaque étape, chaque phase, a un sens en soi.

Le festin d’A’hachvéroch

+ Le festin d'A'hachvéroch :

-> "On buvait à volonté, sans aucune contrainte; car le roi avait recommandé à tous les officiers de sa maison de se conformer au désir de chacun" (Esther 1,8)

-> Rachi explique le sens littéral de cette phrase : A'hachvéroch s'est assuré que chaque personne [au festin] soit servie selon ses désirs.

La guémara (Méguila 12a) donne une autre interprétation. Les mots "laasot kirtson ich va'ich" signifient littéralement "selon le plaisir de l'homme et de l'homme", indiquant que le festin était servi selon la volonté de deux hommes. Quels sont ces deux hommes?
Mordé'haï et Haman, dit la guémara. Ils étaient responsables des échansons lors du festin et toutes les boissons étaient servies selon leur plaisir.

Le rav 'Haïm Kanievsky demande : pourquoi Mordé'haï a-t-il accepté de participer au festin d'A'hachvéroch? Après tout, Mordé'haï lui-même avait averti les juifs de ne pas assister au festin (midrach Esther raba 7,13)?

On peut supposer que Mordé'haï a accepté d'aider afin de faire tout son possible pour sauver les juifs, dont il savait que beaucoup assisteraient inévitablement au festin, de toute transgression.
En tant que superviseur des échansons, Mordé'haï était au moins en mesure de s'assurer que le vin et la nourriture étaient casher dans la mesure du possible, afin d'épargner aux juifs toutes les transgressions qu'il pouvait (voir aussi Maharsha, Megillah 12a).

[ la guemara indique que chaque personne se voyait servir du vin provenant de sa province d'origine, et que chaque personne se voyait servir du vin plus vieux qu'elle-même, entre autres choses. Il s'agissait là de luxes que l'on ne trouvait nulle part ailleurs. ]

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+ "Les boissons étaient offertes dans des récipients en or, qui avaient diverses formes" (Esther 1,7)

-> Rachi explique que cela signifie qu'A'hachvéroch a fourni à ses invités des récipients avec de nombreux types (et formes) différents pour leurs boissons.
Mais pourquoi? Ne pouvaient-ils pas tous utiliser le même type de coupe?

-> La guémara (Méguila 12a) indique qu'A'hachvéroch offrait à chaque invité du vin provenant de sa province d'origine.
Rachi explique qu'A'hachvéroch se donnait tant de mal afin d'offrir à chaque invité ce à quoi il était habitué, afin que personne ne se sente contraint ou même mal à l'aise en buvant.

Il est donc logique qu'A'hachvéroch ait également souhaité servir chaque invité dans le type de coupe qu'il avait l'habitude d'utiliser, car différentes cultures sont à l'aise avec différentes coupes, comme l'affirme le midrach (midrach Abba Gurion 1) : "Les Mèdes ne boivent pas dans des fiole, mais plutôt dans des paniers".

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-> Le midrach (Pessikta Zoutrata) déduit de la description des récipients comme étant "divers" dans la Méguila que lors du festin d'A'hachvéroch, les récipients [en or] n'étaient pas réutilisés. Chaque boisson était servie dans un récipient neuf.

Pourquoi était-ce nécessaire?
Le rav 'Haïm Kanievsky explique que ce festin, le festin de sept jours réservés aux habitants de Shoushan? était principalement destiné aux juifs (voir Targoum au verset 5). A'hachvéroch a donc pris un certain nombre de mesures pour s'assurer que les juifs y assisteraient.
Par exemple, il a servi de la nourriture cashère (voir Maharcha - Méguila 12a). De même, il savait que les juifs ne mangeraient ni ne boiraient dans des récipients qui avaient été utilisés par des idolâtres. Il a donc servi chaque boisson dans un ustensile neuf, jamais utilisé.

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-> Nos Sages (Méguila 12a ; Esther raba 2,11) enseignent que les "divers récipients" (kélim chonim) mentionnés dans ce verset étaient des récipients provenant du Temple. Tout comme son prédécesseur, le roi Belthazar (Daniel 5,2-4), A'hachvéroch célébra en utilisant les récipients du Temple pour son usa0ge personnel.
La guémara (Méguila 12a) ajoute que lorsque A'hachvéroch utilisa ces récipients, une voix céleste proclama : "Les précédents [c'est-à-dire Bélthazar et son peuple] ont été détruits à cause de ces récipients, et tu les utilises à nouveau!"

Cependant, alors que Bélthazar a été puni (il a perdu la vie) après avoir utilisé les récipients sacrés, tout comme Vachti, A'hachvéroch semble avoir échappé à toute punition. Pourquoi a-t-il été épargné?

-> Le rav Shlomo Kluger propose l'explication suivante.
A'hachvéroch connaissait les principes selon lesquels Hachem inflige des punitions. Il connaissait le principe suivant : celui qui renonce à ce qui lui est dû [c'est-à-dire qui n'insiste pas pour exiger ce qui lui est dû] est pardonné pour ses fautes (Roch Hachana 17a).
Ainsi, pour se protéger de la punition, A'hachvéroch a accepté de renoncer à son honneur ; il a annoncé que la nourriture et les boissons servies lors du festin seraient également diversifiées : "kirtson ich va'ich", selon la volonté, le plaisir de chacun (verset 8).
Il savait, à juste titre, que ne pas insister pour qu'on obéisse (à sa volonté) lui épargnerait le châtiment divin.

La sainteté impressionnante du Séder

+ La sainteté impressionnante du Séder :

-> Le séfer Marbé 'Haïm (chap. 4) écrit :
Cette nuit est extrêmement merveilleuse. La nuit du Seder, le monde est illuminé comme par la lumière cachée (ohr haganouz) des six jours de la création qui a été mise de côté pour les tsadikim.
Il n’y a aucune nuit de toute l’année qui soit comme cette nuit, qui est un moment propice destiné à s’élever et à se rapprocher d'Hachem. C’est la nuit dont la sainte Torah dit (Bo 12,42) qu’elle est "une nuit protégée pour qu'Hachem les fasse sortir du pays d’Égypte".
C’est la nuit qui est protégée pour les Bné Israël pour toutes les générations.

Il dit que le concept de "sortie d'Egypte" est renouvelé chaque année à Pessa'h. Cette nuit-là, chaque juif peut être délivré de toute situation difficile et chaque juif est protégé par Hachem.

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-> Le Zohar (II, 40b) déclare :
"Il est prescrit de raconter le récit de la sortie d’Égypte ... Hachem se réjouit de cette histoire.
Il rassemble toute la Cour céleste et leur dit : "Allez écouter les louanges [qui sont récitées] là-bas".
Ce récit transperce les firmaments du ciel et donne de la force à leur Maître. C’est pourquoi quiconque raconte longuement le récit de la sortie d’Égypte est loué devant la Cour céleste.
Hachem est loué à travers elle, comme il est écrit : "Israël, en qui je me glorifie" (Yéchayahou 49,2)."

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+ Garder Hachem à l’esprit à tout moment :

-> Le Chlah Hakadoch écrit ce qui suit au sujet de la sainteté de Pessa'h :
"La sainteté de cette nuit, avec toutes ses halakhot et ses coutumes, est extrêmement élevée.
Cette nuit-là, Hachem nous a choisis parmi toutes les autres nations et nous a sanctifiés par Ses mitsvot. Il convient donc à chacun de veiller à ne prononcer aucune parole profane cette nuit-là et d’enseigner cela aux membres de sa famille. Rien ne doit interrompre, ne serait-ce qu’un instant, l'attachement d’une personne avec Hachem. Au contraire, il faut se plonger uniquement dans les mitsvot de la nuit et raconter l’histoire des miracles à sa famille."

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+ Sans purification préalable :

-> Le Séfer Yisma'h Israël se demande pourquoi le Séder commence par "Kadech" et se poursuit par "Our'hatz". Il explique qu’il semblerait qu’Our'hatz doive venir en premier, car une personne doit d’abord se laver de ses fautes pour pouvoir ensuite prononcer "Kadech" et se sanctifier.

Il répond que lorsque Hachem nous a fait sortir d’Égypte, Il nous a élevés d’un niveau très bas vers les plus hautes sommets. Il n’a pas attendu que nous nous purifiions de nos fautes avant de nous sanctifier.
De même, chaque année à Pessa'h, une personne peut atteindre un niveau élevé même si elle n’a pas lavé tous ses péchés au préalable. Hachem nous offre un cadeau en ce jour qui nous permet de faire Kadech avant Our'hatz.

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-> Le rav Ména'hem Mendel de Rimanov dit que la nuit de Pessa'h, on peut atteindre l’état parfait de émouna en Hachem. Et si l’on veille à s’immerger profondément dans des pensées saintes la nuit de Pessah, on peut atteindre l’état parfait de émouna que tout le peuple d’Israël a atteint lorsqu’il a quitté l’Égypte. C’est un fait éternel qui s'applique chaque année.

-> La nuit du Seder est l’occasion d’atteindre une émouna tangible et d’autres accomplissements spirituels nobles. C’est un moment où chacun doit se considérer comme s’il avait réellement quitté l'Egypte, et c’est une nuit de protection contre les forces maléfiques, durant laquelle nos Accusateurs tombent, impuissants.
Nous devons saisir cette incroyable opportunité et nous transformer véritablement.
[rav Moché Sternbuch]

-> Pessa'h est appelée "zman 'hérouténou", le moment de notre liberté, car c’est le moment où nous avons quitté l'Egypte et où nous avons été délivrés de l’esclavage pour accéder à la liberté éternelle.
Chaque année, lorsque cette nuit arrive, c’est également un moment de liberté spirituelle, et cela représente une occasion de nous libérer de tous les désirs physiques et des tendances matérialistes qui nous enchaînent.
Nos Sages disent que la seule personne véritablement libre est celle qui se consacre à l’étude de la Torah, et la liberté que nous avons acquise cette nuit-là il y a tant d’années fait de cette nuit un moment propice pour nous libérer du yétser ara.
[rav Moché Sternbuch]