Aux délices de la Torah

Pâtisserie spirituelle depuis 5771 - b'h
 

Lorsque l'on croit que c'est bon (puisque provenant d'Hachem), alors on méritera de voir que c'est bon.
[rav Elimélé'h Biderman ]

Hachem aime lorsqu'un juif se renforce pour accomplir Sa volonté (hit'hazkout), même si cela ne dure qu'un instant.
['Hazon Ich]

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[à l'inverse notre yétser ara cherche à nous convaincre : à quoi bon faire un petit effort, quel importance cela peut-il avoir aux yeux d'Hachem? ]

Un obstacle (dans notre vie) n’est pas fait pour nous briser.
Il est là pour révéler jusqu’où nous pouvons nous élever.
[le rabbi de Loubavitch ]

À une époque où l'Attribut divin de Rigueur (Guévoura - où il y a davantage de difficultés et de souffrances dans le monde), la seule façon d'être sauvé des troubles est d'accomplir des actes de bonté avec bienveillance.
['Hafets 'Haïm - Ahavat 'Hessed - chap.5 ]

Machia’h & période d’Elloul à Kippour

-> Le 'Hatam Sofer enseigne que pendant les 40 jours allant de roch 'hodech Elloul jusqu’à Yom Kippour, nous devons déverser notre "שיח"(sia'h - notre parole), devant Hachem, comme il est écrit : "vé’lifné Hachem yichpo'h si'ho" (Téhilim 102,1 - "déverse tes supplications devant Hachem").
[Hachem est particulièrement proche de nous pendant cette période (le Roi est dans le champ), on est vraiment "lifné Hachem". ]
Le nombre 40 (jours) a pour guématria la lettre מ (mèm).
En insérant un "מ" dans le mot "שיח", on obtient le mot "משיח".
Cela fait-il allusion à l’idée que le fait de nous adresser à Hachem pendant ces 40 jours rapproche la venue du machia'h.

Juif = image divine & protection spirituelle

Rabbi Akiva dit : "Bien-aimé est l’homme pour avoir été créé à l’image [d'Hachem] ; c’est un surcroît d’amour que de lui avoir fait savoir qu’il a été créé à l’image [d'Hachem], car il est dit : "Car c’est à l’image d'Hachem qu’Il créa l’homme" (Noa'h 9,6)."
[Pirké Avot 3,14]

=> Pourquoi la michna semble-t-elle répéter deux fois la même idée? Quelle est la différence entre le fait d’avoir été créé à l’image d'Hachem et le fait d’avoir été informé que nous avons été créés à Son image?

b'h, nous allons voir le magnifique commentaire du Zéra Shimshon (dans son Toldot Shimshon).

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+ L’enseignement fondamental du Zohar :

-> Le Zohar (I,191a) révèle une idée cruciale concernant le pouvoir protecteur de l’image divine. Il explique que, puisque l’homme est créé à l’image d'Hachem, les anges destructeurs s’éloignent naturellement de lui.
L’image divine sert de bouclier inhérent qui repousse les forces spirituelles nuisibles.

Cependant, le Zohar ajoute une mise en garde qui donne à réfléchir : lorsqu’une personne faute, elle perd cette image divine. Dans le domaine spirituel, elle n’apparaît plus comme un être créé à l’image d'Hachem (tsélem Elokim), mais plutôt comme un animal. Cette transformation la rend vulnérable aux anges destructeurs mêmes qui, normalement, l’éviteraient.
Le pouvoir protecteur de l’image divine est affaibli, voire entièrement perdu, à cause de la faute.

Cet enseignement établit un principe fondamental : notre protection spirituelle est directement liée à notre état spirituel.
Plus nous sommes proches de notre image divine originelle, plus nous sommes protégés contre les dommages spirituels.

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+ Les perspectives supplémentaires du Yalkout Shimoni :

-> Le Yalkout Shimoni (Téhilim 670) nous présente ce qui semble être des points de vue contradictoires sur la manière dont les juifs sont protégés lorsqu’ils voyagent.
Rabbi Yéhochoua ben Lévi affirme que lorsqu’une personne voyage, des anges marchent devant elle, proclamant à toutes les forces destructrices : "Faites place à celui qui ressemble au Roi!"
Ces anges annoncent en substance le statut élevé de cette personne et exigent qu’on lui témoigne du respect.

En revanche, nos Rabbanan proposent une perspective différente.
Ils disent que lorsqu’un juif voyage, un "masque" est placé devant les anges destructeurs afin de les empêcher de le voir. Plutôt que de proclamer son statut, cette approche le dissimule à tout danger potentiel.

=> À première vue, ces deux approches semblent se contredire. De plus, selon l’enseignement du Zohar selon lequel l’image divine repousse les anges destructeurs, pourquoi l’une ou l’autre de ces protections supplémentaires serait-elle nécessaire?
Si l’image divine constitue une protection suffisante, pourquoi avons-nous besoin d’anges qui font des proclamations ou de masques qui nous dissimulent à la vue?

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+ Comprendre les trois niveaux de protection :

-> La réponse réside dans la reconnaissance qu’il existe en réalité trois niveaux distincts de protection spirituelle, chacun correspondant à des états spirituels différents :

1°/ Premier niveau : la protection inhérente :
Avant qu’une personne ne faute, l’image divine en elle offre une protection complète et inhérente. C’est l’état originel de l’humanité, une condition dans laquelle les anges destructeurs nous évitent naturellement car ils reconnaissent l’image divine que nous portons. Cette protection ne nécessite aucun effort ni intervention supplémentaire ; elle découle directement de notre nature essentielle en tant qu’êtres créés à l’image d'Hachem.

2°/ Deuxième niveau : la protection par les mitsvot :
Une fois qu’une personne a fauté et que l’image divine en elle s’est affaiblie, une autre forme de protection devient nécessaire. C’est là qu’intervient l’enseignement de Rabbi Yéhochoua ben Lévi.
La Michna (Pirké Avot 4,13) nous enseigne que chaque mitsva qu’une personne accomplit crée un ange. Ces anges, nés de nos bonnes actions, nous accompagnent et nous protègent.

Lorsque Rabbi Yéhochoua ben Lévi décrit des anges proclamant "Faites place à celui qui ressemble au Roi", il fait référence à ces anges créés par les mitsvot. Ils agissent en tant qu’avocats (défenseurs) et protecteurs, proclamant notre lien avec Hachem malgré nos fautes.
Ces anges rétablissent essentiellement notre ressemblance avec le Roi grâce à nos actions positives, même lorsque notre image divine originelle a été compromise.

3°/ Troisième niveau : la miséricorde divine envers ceux qui ne la méritent pas :
L’enseignement des Rabbanan concernant le "masque" aborde une situation encore plus complexe : qu’arrive-t-il à quelqu’un qui a fauté et qui n’a pas accompli suffisamment de mitsvot pour se créer des anges protecteurs? Une telle personne serait normalement totalement exposée au danger spirituel.

Pourtant, la miséricorde d'Hachem s’étend même à ces individus.
Lorsqu’il existe un potentiel pour que le bien finisse par émaner d’une personne, lorsqu’il y a un espoir de repentance (téchouva) future et de croissance spirituelle, Hachem lui fournit un "masque" qui la dissimule aux anges destructeurs.
Cette protection ne repose pas sur le mérite, mais sur la miséricorde divine et la possibilité d’une rédemption future.

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+ La signification profonde du Pirké Avot ci-dessus :

-> Nous pouvons désormais comprendre la structure apparemment répétitive du Pirké Avot.
Lorsque Rabbi Akiva affirme d’abord que "l’homme est cher (bien-aimé - 'haviv adam) à Hachem parce qu’il a été créé à Son image", il fait référence à la protection inhérente qui découle de l’être lui-même.
C’est l’amour que Hachem manifeste à l’humanité par le biais de notre création même.

Mais lorsque la michna (Pirké Avot) ajoute que "l’homme a été informé qu’il avait été créé à l’image d'Hachem", elle met en évidence une dimension différente de l’amour divin.
Le fait qu’on nous ait révélé notre image divine signifie que nous pouvons œuvrer activement pour la préserver ou la restaurer par nos actions. Cette connaissance nous permet d’accomplir des mitsvot qui génèrent des anges protecteurs, démontrant ainsi l’amour indéfectible d'Hachem, même envers ceux qui se sont éloignés de leur état originel.

La michna met l’accent sur cette seconde forme d’affection car elle révèle quelque chose de profond sur la relation d'Hachem avec nous. Même lorsque nous fautons et perdons notre image divine inhérente, Hachem continue de nous aimer et nous offre des voies de protection et de rédemption par le biais de nos actions positives.

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+ Pourquoi la Mishna ne mentionne-t-elle pas le troisième niveau? :

-> Il est à noter que la michna n’aborde pas explicitement le troisième niveau de protection : la miséricorde divine accordée à ceux qui n’accomplissent aucune mitsva.
Cette omission est significative et intentionnelle. La michna met l’accent sur l’amour qu'Hachem témoigne à ceux qui s’engagent activement dans la croissance spirituelle et l’accomplissement des mitsvot.
Bien qu'Hachem protège certainement même les fauteurs invétérés par miséricorde et dans l’espoir d’un éventuel repentir de leur part, cette protection ne trouve pas sa source dans la même réalité que celle accordée à ceux qui préservent leur image divine ou s’efforcent de la restaurer par l’accomplissement des mitsvot.
La michna nous enseigne l’affection particulière réservée à ceux qui participent activement à leur développement spirituel.

-> Nous ne sommes pas des bénéficiaires passifs de la protection divine, mais des participants actifs à son maintien et à son renforcement. Plus nous préservons notre "image divine" (tsélem Elokim) en évitant la faute, et plus nous accomplissons de mitsvot pour créer des anges protecteurs, plus notre protection spirituelle devient forte.

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[ => Même si nous avons fauté et que nous nous sentons éloignés de notre image divine originelle, nous ne sommes pas abandonnés. Grâce à une téchouva sincère et à l’accomplissement des mitsvot, nous pouvons créer de nouvelles formes de protection et rétablir notre lien avec Hachem. ]

Lorsqu’on se tient debout pour prier, on doit s’imaginer que l’on se tient debout au Ciel.
[Rambam - Michné Torah - Hilkhot Téfila 5,4 ]

=> le Rambam n'aborde pas une attitude destinée à une élite pieuse, mais il s'adresse à tous les juifs sans exception. On doit faire l'effort de s'imaginer réellement quitter ce monde pour se trouver au Ciel.

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[selon rabbi Na'hman de Breslev, avoir de la émouna dans le domaine de la prière, implique que l'on est certain qu'Hachem se trouve en face de nous, écoutant et désirant chacun de nos mots de prière.
(plus on se renforce et on vit cette réalité, plus c'est le signe que notre émouna se renforce dans ce domaine) ]

L'essentiel à comprendre (pour tout juif), c’est qu'Hachem t’aime et veille (constamment) sur toi.
[rav 'Haïm de Volozhin - Roua'h 'Haïm 6,1 ]

Chaque cœur humain est un fragment du cœur unique qui est là-Haut.
[Ram'hal - Adir BaMarom, 241]
[kol alévavot chébékhol anachim, énam ella 'helek min alev azé (chélémala)]

La Torah c’est aussi prendre soin de sa santé

Il est écrit dans les textes de nos Sages que la mitsva "Vous prendrez grand soin de vos âmes" (Vaét'hanan 4,15) constitue un avertissement tant pour l’âme que pour le corps, et qu’il nous incombe de veiller à la santé de notre corps tout autant qu’à celle de notre âme.
Cette mitsva fait partie des mitsvot que l’on a tendance à négliger et auxquelles nous n’accordons pas suffisamment d’attention aujourd’hui.
[rav Michel Twerski]

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+ Quelques exemples de nos sages récents :

-> Le rav 'Haïm Ozer Grodzinski (1863-1940), chef de file de la communauté juive européenne avant la Shoa, avait reçu du 'Hafets 'Haïm la recommandation de prendre particulièrement soin de sa santé, "car ta santé, c’est la santé du peuple juif".
Conformément à cette mise en garde, alors que tout le monde assistait aux funérailles du 'Hafets 'Haïm en 1933, le rav 'Haïm Ozer resta chez lui car il avait un léger rhume (même s’il était certainement, plus que quiconque, conscient de la grande mitsva que représentait le fait d’honorer le 'Hafets 'Haïm).

-> Le rav Ben Zion Halberstam (1874-1941), le rabbi de Bobov, était extrêmement soucieux de sa santé.
Il a suivi le même régime alimentaire équilibré pendant plus de quarante ans et pratiquait la natation ou la marche pour faire de l'exercice.

-> Le 'Hazon Ich (1878-1953), modèle par excellence du talmid 'hakham, savait et enseignait que la douceur de la Torah est incomparable à tout plaisir terrestre (matériel), exhortant même ses élèves : "Abstenez-vous de manger des mets raffinés, car c’est une dégradation qui entrave votre progression dans l’étude".
Pourtant, conscient que l’exercice physique est bon pour le cœur, il marchait tous les jours. Il nageait également de temps à autre dans l’océan, affirmant : "Dix minutes suffisent!" pour revitaliser le corps et clarifier l’esprit.

-> Le rav Yé'hezkel Levenstein (1885-1974) mangeait avec modération : avant de se mettre à table, il déterminait la quantité de nourriture dont il avait besoin ; il mangeait lentement et faisait une pause de quelques minutes au cours du repas, simplement pour exercer sa maîtrise de soi.
[cela suit le Rambam (Michné Torah - Hilkhot Déot) : "La suralimentation excessive est un poison pour la santé du corps et constitue l’une des principales causes de maladie." ]

-> Le rav de Brisk, le Rav Its'hak Zev Soloveitchik (1886-1959), marchait régulièrement, y compris une longue promenade le jour de Yom Kippour. Lorsqu’on lui demanda pourquoi il quittait la synagogue le jour le plus sacré de l’année, il répondit : "Si c’est une mitsva de marcher tous les autres jours de l’année pour ma santé, n’est-ce pas également une mitsva le jour de Yom Kippour?"

-> Le rabbi de Satmar, le rav Yoel Teitelbaum (1887-1979), était connu pour manger lentement et avec modération.

-> Le rav Aharon Kotler (1891-1962) mangeait avec une grande maîtrise de soi, s’arrêtant toujours avant d’être complètement rassasié. Il était également très attentif aux conseils des médecins. Lorsque son médecin lui recommandait d’arrêter de consommer certains aliments, tels que le choulent et le raifort, il s’y conformait.
Si un médecin lui prescrivait de prendre ses médicaments toutes les quatre heures, il regardait sa montre et les prenait précisément toutes les quatre heures. Lorsque le vaccin contre la polio fut disponible en 1956, le Rosh Yeshiva fut l’un des premiers à Lakewood à se faire vacciner.

-> Le rav Yaakov Kamenetsky (1891-1986) était connu pour faire régulièrement de l’exercice et pour être très attentif à son alimentation, suivant strictement le régime alimentaire du Rambam ou les prescriptions de son propre médecin.
Son biographe rapporte : "Le voir suivre son régime à base de légumes crus ... c’était comme observer l’avodah du Cohen Gadol le jour de Yom Kippour, tant Reb Yaakov prenait au sérieux la mitsva consistant à veiller sur sa santé, "nichmartem méod lé'nafchoté'hem" (vous prendrez grand soin de vos âmes)."

-> Le rav Shlomo Zalman Auerbach (1910-1995) suivait une alimentation saine, comprenant du pain complet et beaucoup de légumes.

-> Le rav Elazar Ména'hem Man Shach (1899-2001) se nourrissait selon les principes alimentaires du Rambam. Lorsqu’il apprit que le pain complet était plus sain que le pain blanc, il se mit immédiatement à ne manger que du pain complet, y compris le Shabbat.
Il était également connu pour encourager ses élèves à manger en pleine conscience et avec une grande gratitude.

-> Le rav Yaakov Yitzchok Ruderman (1901-1987) aurait eu dans son sous-sol un vélo d’appartement muni d’un support à livres (stender). Il avait également l’habitude de marcher quotidiennement pendant des heures tout en révisant ses études. (on ignore s’il considérait la marche elle-même comme bénéfique pour son étude ou s’il le faisait simplement pour la solitude, mais le fait est qu’il marchait.)

-> Le rav Yéhouda Davis (1907-1997), l’un des innovateurs et éducateurs de yeshiva les plus influents d’Amérique, interdisait les aliments frits dans sa yéchiva, exigeait de ses talmidim (étudiants) qu’ils fassent de l’exercice tous les jours et, dès les années 1950, avait interdit de fumer.

-> Le rav Shimon Schwab (1908-1995) marchait régulièrement et veillait à avoir une alimentation saine, comprenant notamment beaucoup de légumes. Conscient de l’attrait des aliments malsains, il apprenait à ses enfants à s’habituer à des repas réguliers afin d’éviter le piège de la poursuite de la taava.

-> Le rav Avigdor Miller (1908-2001) avait cessé de manger du gâteau au chocolat afin d’apprendre à maîtriser ses taavot.
Il effectuait également une marche quotidienne de 90 minutes, qu’il expliquait ainsi : "S’il nous est ordonné de transgresser le Shabbat pour sauver une vie afin que cette personne puisse observer davantage de Shabbath, nous sommes d’autant plus tenus de marcher pour rester en bonne santé et observer davantage de Shabbath."
Lorsqu’on lui a demandé si les étudiants de yéchiva devaient faire de l’exercice, il a répondu : "Oui, ils devraient marcher d’un bon pas pendant trente minutes chaque jour."

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-> Le rav Yossef Shalom Eliyashiv (1910-2012), connu pour agir en toutes circonstances dans le strict respect de la halakha (loi juive), vouait un immense respect aux médecins. Lorsqu’un médecin qui s’occupait de lui lui demanda : "Qu’aimez-vous manger?", le rav Eliyashiv répondit : "Que voulez-vous dire? Je mangerai tout ce que vous me direz de manger." (ce qu'il y a de mieux pour ma santé)

-> Le rav Pin'has Scheinberg (1910-2012) veillait scrupuleusement à manger sainement et avec modération. Bien que son régime alimentaire ait évolué au fil des ans, il visait entièrement à optimiser sa santé, en incluant des aliments riches en vitamines, du poisson et des œufs "tous les jours", et en jeûnant jusqu’à midi (bien que le jeune intermittent puisse être une mode actuelle, le rav faisait au mieux pour sa santé).
Bien qu’il évitât les sucreries en général, pour s’entraîner à maîtriser ses envies (taavot), il lui arrivait parfois de manger une tablette de chocolat par petites bouchées.

-> Le rav Mordé'haï Gifter (1915-2001) disait : "Si vous restez assis au même endroit toute la journée sans faire d’exercice, votre cerveau ne fonctionnera pas correctement."
À Cleveland, il encourageait les étudiants à jouer au ballon et demandait à certains d’entre eux de s’engager à faire vingt minutes d’exercice par jour.
Il encourageait les étudiants mariés à se rendre à la yeshiva à vélo plutôt qu’en voiture.
Lui-même marchait lorsque son emploi du temps le lui permettait, et lorsque ce n’était pas le cas, il lançait avec humour : "Rav Israël Salanter était un vrai mensch : quand son médecin lui a dit de faire de l’exercice, il l’a écouté. Si seulement que je sois un tel mensch!"

-> Le rav Yaakov Weinberg (1923-1999) a appris à ses enfants à manger avec beaucoup de gratitude. Il disait souvent qu’une personne qui mange lentement mange naturellement moins.
Il a fumé pendant des années ; en 1982, lorsque le ministre de la Santé des États-Unis a publié son rapport sur le tabagisme et le cancer, le rav Weinberg a arrêté de fumer en déclarant : "Maintenant que c’est officiellement dangereux, je n’ai plus le droit de continuer."

-> Le rav Aharon Yéhouda Leib Shteinman (1914-2017) abordait la nourriture avec une immense maîtrise de soi : à quelques exceptions près, il limitait la consommation de pain, de viande et de vin au Shabbat et aux Yom Tov ; il ne mangeait jamais de sucreries ; et, d’une manière générale, il mangeait avec modération. Il jeûnait également régulièrement lorsque cela était possible (il définissait le terme "possible" comme n’étant pas nuisible, ni à la santé ni à l’étude).
Il a dit un jour : "Je ne comprends pas pourquoi les gens mangent des bourekas. Trop de margarine, ce n’est pas bon pour la santé. Pourquoi quelqu’un mangerait-il quelque chose de mauvais pour la santé?"

-> Le rav Ovadiah Yossef (1920-2013) marchait chaque jour pendant trente minutes, calculant ce temps en fonction de la durée qu’il lui fallait pour réciter les Pirké Avot de mémoire.

-> Le rav Shlomo Brevda (1931-2013) mangeait avec beaucoup de réflexion ; il ne consommait que les types et les quantités d’aliments dont il estimait avoir besoin, et sa manière de manger était lente et digne.

-> Le rav Moché Twerski (1955-2014) accordait une attention extrême à ce qu’il mangeait, ne mettant dans sa bouche que ce qu’il jugeait nécessaire pour une santé optimale. De plus, il mangeait avec modération et laissait toujours un peu de nourriture dans son assiette.
Il estimait que la marche était très importante pour la santé, et disait à son fils : "C’est très bon pour toi! Et ne t’inquiète pas en pensant que c’est une perte de temps. Profite de ce temps pour réfléchir et étudier. Certaines de mes meilleures idées sont celles que j’ai formulées en marchant."
Il se souciait également beaucoup de la santé d’autrui.

-> Le Dayan Asher Zelig Weiss (né en 1953) marche quotidiennement et fait très attention à ce qu’il mange.

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-> Prendre soin de sa santé constitue, tant du point de vue halakhique que logique, est un fondement du service d'Hachem.
[rav Réouven Feinstein ]

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-> "Il faut éviter l'excès dans la nourriture et la boisson ; il convient plutôt de manger et de boire uniquement pour le maintien et la santé du corps, afin qu'il puisse servir l'âme, de sorte que chaque repas puisse être un repas de mitsva."
[Michna Béroura 170,45 ]

-> Le Rambam (Michné Torah - Hilkhot Déot) enseigne que préserver la santé de notre corps fait partie de l’obéissance aux directives d'Hachem.
Il y écrit par exemple :
"La suralimentation excessive est un poison pour la santé du corps et constitue l’une des principales causes de maladie. La plupart des maladies sont causées soit par la consommation d’aliments nocifs, soit par le fait qu’une personne se remplit l’estomac (totalement, sans s'arrêter avant d'être plein), même avec des aliments bénéfiques.
C’est ce qu’a dit le roi Salomon dans son livre des Proverbes (Michlé) : "Celui qui garde sa bouche et sa langue se préserve des ennuis. Sa bouche, de manger ce qu’il ne devrait pas, et sa langue, de tenir des propos malveillants.""

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-> Le rav Israël Salanter (1810-1883) a un jour demandé à ses élèves si trois étoiles étaient apparues, signe que la nuit tombait. Lorsqu’ils répondirent par l’affirmative, il sortit un comprimé et l’avala. Ils lui demandèrent alors quel était le rapport entre ce comprimé et l’apparition des trois étoiles.
Il répondit : "Il nous est ordonné par la Torah d’obéir à nos médecins" (Choulkhan Aroukh - Yoré Déah - 336).
Le suicide ne se limite pas à un acte instantané, commis à l’aide d’une arme à feu, mais englobe également le fait de désobéir aux conseils du médecin et, ce faisant, de raccourcir notre espérance de vie, ne serait-ce que d’un mois, d’une semaine, d’un jour, voire d’une heure ou d’une minute!

Si cela résulte d’un relâchement de notre part, consistant à ne pas respecter les consignes de santé, nous serons tenus pour responsables d’avoir commis, en fin de compte, un suicide.
Puisque mon médecin m’a dit de prendre un comprimé pendant la journée et un autre la nuit, toute la rigueur de la halakha s’applique à ses conseils et s’il a dit "la nuit", je dois prendre le comprimé la nuit. J’ai donc attendu l’apparition des trois étoiles pour savoir, d’un point de vue technique et selon la Torah, quand c’est la nuit."

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-> "Une personne ne peut atteindre son plein potentiel spirituel que si elle est physiquement forte"
[rav Shimshon Rafaël Hirsch (1808-1888) - sur Chéla'h Lé'ha 13,16]

=> Tout ce qui est relatif à la mitsva d'être en bonne forme (physique, morale) est vital, car cela va nous permettre d'exprimer le meilleur de nous-même.
[on comprend pourquoi le yétser ara cherche tellement à nous faire traiter cette mitsva avec légèreté, voir à croire que nous perdons notre temps lorsque nous prenons soin (nécessaire, et non superflu) de nous.
Nous accomplissons une mitsva de la Torah (qui va en plus illuminer nos autres mitsvot, relation avec autrui et nous-même)! ]

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=> ainsi d'une manière générale on aura des comptes à rendre : est-ce que si on avait tenu notre corps en meilleure santé (ex: sommeil, nourriture, sport, ...), on aurait pu avoir de meilleures midot, on aurait pu mieux servir Hachem, avec une prière et une étude de meilleure qualité, par exemple?
Sinon on fait pas de notre mieux pour "Vous prendrez grand soin de vos âmes" (Vaét'hanan 4,15), alors on pourrait être responsable de suicides spirituelles (ex: opportunités gâchées car pas en état moral, physique, car on a pas assez pris soin de nous), voir réel (en vivant moins longtemps, ou dans un moins bon état).